Département : Bouches du Rhône et Var  Distance : 210 km en 2 étapes km  Dénivelé + : 3100 m m  Difficulté  : Moyenne

 

Aimez-vous les cocktails ? … Si c’est le cas nous vous conseillons le gravel bike … Une dose de routier, une louche de sentier, un soupçon d’urbain voilà la recette pour partir à la découverte de presque tous les territoires. Et si vous êtes amateurs de nouveautés du genre un peu « scout toujours » avec un léger goût pour l’aventure vous aurez, avec ce gravel bike, le moyen de vous transporter sur les chemins de nombreuses  découvertes.

En descendant le vallon du marbre, aux pieds de la Sainte Victoire, Patrick a l’impression d’être dans le shaker  de ce fameux mélange «  Je fais moi aussi parti du fameux cocktail. Mon Lapierre Crosshill  rebondi de pierre en pierre en me renvoyant dans les bras et les jambes de belles secousses ». Ils sont partis, Pierre et Patrick, pour un petit périple du type « je découvre le voyage en gravel ».

« Départ Aix en Provence, arrivée Port Fréjus : récit d’un parcours en gravel à travers les massifs de la Sainte Victoire, de la Sainte Baume et des Maures par la ligne de crête. »

Et si on allait au Roc en Gravel ?

Vous avez sans doute déjà emprunté l’autoroute A8, qui conduit l’été de nombreux vacanciers avides de soleil vers les plages du Var.« Une partie de cet axe m’est devenue familière entre Aix-en-Provence et Fréjus … »  nous indique Patrick «  Elle est bordée de paysages sauvages et déserts, qui contrastent  incroyablement avec l’agitation des villes desservies par ce ruban de bitume. Je me fais souvent conduire, et j’en profite pour regarder les à-côtés  de la « Provençale ». À gauche cette majestueuse Sainte-Victoire posée sur la barre du Cengle, puis à droite le dessin des crêtes de la Sainte-Baume et enfin le magnifique massif des Maures. Devant ce paysage qui défile j’imagine à chaque fois des parcours que j’essaie de tracer sur des sentiers entrevus trop rapidement au travers des vitres de la voiture. Tiens là ça devrait passer … Et là-haut comment peut-on contourner ces rochers ? … »

Il y a un an Pierre et Patrick découvraient le gravel bike lors d’essais de vélos dans l’Estérel pendant le Roc d’Azur. Ce vélo polyvalent, avec ses pneus renforcés, ses freins à disque, son large guidon, … les a séduit. Serait-ce la clé pour ouvrir la porte des pistes aperçues non loin de l’autoroute A8 ? Est-ce le moyen d’aller à vélo d’Aix à Fréjus pour assister au Roc d’Azur 2016 en traversant ces superbes paysages ? … Le projet émerge autour de quelques mousses à une terrasse de Port Fréjus avec l’équipe T&N au moment du Roc 2015. Au départ l’idée était de revenir l’an prochain en partant de chez Patrick qui habite à Aix. Patrick a commencé à tracer sur des sentiers, DFCI et routes l’itinéraire et son ami Pierre séduit par l’aventure, décide de l’accompagner.

Ces deux-là ont déjà partagé pas mal d’aventures à pied et à vélo et ils tombent d’accord sur les grandes lignes. Pierre et Patrick ; malgré quelques périodes d’interruption, ont toujours fait du vélo et tout pratiqué, que ce soit en course sur route, cyclo-cross, triathlon, vtt, rando course. Le vélo reste pour eux un outil alliant pratiques sportives, découvertes, voyages et rencontres.

Tendance gravel et bike packing

On en parle beaucoup dans les magazines de vélo et bien sûr sur Track & News : la tendance est de voyager léger en mode « Fast biking ». Alors s’agit-il d’une nouvelle donne ou d’un effet de mode plus éphémère ?

On peut voir dans le gravel comme la concrétisation d’un vélo « universel » ; le bike packing qui lui est souvent associé apporte un coup de jeune face à l’utilisation de randonneuses chargées de lourdes sacoches. En fait, il n’est plus besoin d’avoir un vélo spécial doté de renforts et de porte-bagages : il suffit de prendre son vélo de tous les jours et d’accrocher sur son cadre quelques « sacs » pour partir voyager simplement.

Track & News
Les vélos utilisés avec leurs sacoches de type « bike packing » – photo ©T&N

Nos deux « néo-voyageurs », n’ont pas l’ambition de réaliser un exploit sportif, mais tout simplement de vivre une itinérance à vélo entre copains sur un magnifique parcours loin du bruit et de la fureur des routes en cette période estivale.

Ils font le choix du confort : pas de toile de tente, ni de popote dans les sacs : c’est à l’hôtel qu’ils vont dormir, avec douche et dîner en fin d’étape. L’aventure a ses limites …

Le voyage commence derrière l’écran

Le projet a mûri tranquillement et il est devenu le « fil rouge » des échanges téléphoniques réguliers entre les deux compères. Après de longues soirées à tracer sur Openrunner l’itinéraire idéal, mixant secteurs « gravel » et petites routes, ils réussissent à mettre au point un parcours théorique, sans véritablement savoir ce qu’ils vont trouver sous leurs pneus : l’IGN ne dit pas tout ! … Ce tracé, sur une base Top 25, est devenu au fil des échanges le scénario du voyage et en même temps grâce à la visu « satellite » il en dessine une ébauche de décor. Deux étapes seraient nécessaires pour les apprentis voyageurs à vélo. Aix jusqu’à Pierrefeu du Var pour un tronçon de 108 km avec les deux premiers massifs : Sainte Victoire et Sainte Baume. Pierrefeu jusqu’à Fréjus, pour la plus longue partie gravel sur les crêtes des Maures, pour 99 km. Les répétitions pouvaient commencer … Un tour de Camargue de 110 km pour valider les sacoches de « bike packing » et des recos des premiers tronçons muni d’un GPS TwoNav Anima pré-chargé des traces issues d’Openrunner.

Le matos est validé, ils auront pour voyager 2 nouveautés gravel 2017 à tester durant ce périple : le GIANT Revolt 1 et le Lapierre Crosshill 500. Côté sacoches un jeu Adipura pour le Lapierre et un jeu Miss Grape pour le GIANT. Côté textile des tenues claires et légères pour lutter contre les rayons du soleil : maillots Rapha et Ozio qu’ils porteront pendant les 3 jours de vélo. On n’oublie pas le boulot de test et la production d’articles pour Track & News.

Dans les sacs de selles : une simple tenue légère de ville, un maillot de bain, une trousse de toilette, une paire de tongs. Étant donné la météo, on a fait l’impasse sur les coupes-vent mais il y avait largement la place pour ajouter un change. Dans les sacs de cadres : cartes, chambres à air, pompe, antivol, trousse à outils, barres énergétiques.

Dans le sac de potence, appareil photos, Gorilla pod et quelques bricoles et dans les poches des maillots : les téléphones portables, porte-monnaies et papiers.

Le GPS sera fixé sur la potence du GIANT.

Deux jours de trip

Pour deux jours de voyage il faut quand même compter 4 jours au total :

  • Le « prologue » pour préparer l’équipée avec des vélos neufs et « inconnus » qu’il faut régler pour ajuster la hauteur de selle, la position de la potence, vérifier le bon fonctionnement des vitesses et faire un essai de chargement avec les sacs. Il est prévu pour cette première sortie de faire un petit tour vers la Ste Victoire de 60 km.
  • J1 : une première étape entre Aix-en-Provence et Pierrefeu du Var.
  • J2 : deuxième étape entre Pierrefeu et Port Fréjus.
  • L’épilogue avec le retour en TER depuis la gare de St Raphael-Valescure jusqu’à Marseille puis un trajet en vélo après un petit tour sur le vieux port et le Mucem avant de rentrer à Aix-en-Provence.

C’était la théorie mais comme vous le savez : rien ne se déroule jamais comme prévu … Le prologue sera écourté et se résumera à une sortie de deux heures vers le viaduc de Roquefavour.

Pierre arrive de Paris en TGV le lundi soir ravi de retrouver Patrick et Monique chez eux à Aix. Le vélo Lapierre arrive avec un jour de retard et pas dans la bonne taille le mardi matin vers 10 h et il faudra pister le livreur TNT qui devait livrer les sacoches manquantes envoyées par notre partenaire Vélocoop.

Track & News
Les Gravel bike sont prêts au départ pour demain avec les sacoches – photo ©T&N

La tension monte et le tour de chauffe prévu autour de la Sainte-Victoire est compromis. Finalement, tout rentre dans l’ordre seulement l’après-midi du mardi : les sacs sont bien là et on va se débrouiller avec le vélo XL pour géant envoyé par Lapierre ! …

Track & News
Un prologue vers l’aqueduc de Roquefavour et la côte de Ventabren – photo ©T&N

C’est au soleil déclinant, après avoir chargé et sanglé les sacs, que l’on se lance dans la circulation des sorties des bureaux en direction du viaduc de Roquefavour. Pierre pédale sur le Lapierre sans véritablement y trouver ses marques malgré les derniers réglages. On va faire avec.

Cartographie des parcours

 

J1 Aix-en-Provence – Pierrefeu du Var : 108 Km 1700m de D+

Départ devant chez Patrick, Monique, son épouse, immortalise ce grand moment par une petite photo souvenir.

Track & News
photo ©T&N

Km 3 : Cours Mirabeau … Cette sortie d’Aix est la promesse d’un beau voyage. L’air est frais et la lumière du soleil s’accroche parfaitement sur ce cours Mirabeau.

Track & News
photo ©T&N

On pourrait siffloter la petite chanson de Dutronc « Paris s’éveille » sauf qu’il n’est pas 5 h mais 7 h et que l’on n’est pas à Paname mais à Aix. La circulation est quasi inexistante, les services de la voirie viennent de passer la balayeuse et une partie du centre ville est fermée à la circulation … La Mairie aurait-elle tout prévu pour le passage de nos deux vélos …

Track & News
photo ©T&N

Patrick a enfourché le Lapierre laissant à Pierre le Giant Revolt plus conforme à sa taille. Dans cet emploi du temps perturbé les deux voyageurs n’ont pas eu le temps de trouver la carte papier Top 25, bretelle de secours, nécessaire à la navigation de l’étape du J2. La recherche de cette carte sera le fil rouge d’une quête impossible par la suite …

Track & News
Le barrage du Bimont – photo ©T&N

Km 13 Barrage du Bimont … et première piste Gravel … Quand on vous dit que rien ne se passe comme prévu. Les risques d’incendies majeurs en cette période de juillet interdisent l’usage des chemins et pistes … Il en coûte 135 € aux contrevenants … Pour ce premier tronçon vu l’heure matinale on va braver l’interdiction. Le coup d’œil sur la « Sainte » mérite cette prise de risque.

Track & News
La Sainte Victoire dans le soleil du matin – photo ©T&N

Km 16 : L’étrange vallon du marbre … On passe devant d’anciennes carrières d’extraction de marbre.

Track & News
Le vallon du marbre – photo ©T&N
Track & News
Un secteur protégé avec un affichage réglementant l’accès au massif – photo ©T&N

Km 20 : Saint-Antonin. C’est la grosse difficulté de la route Cézanne, avec ses 3 gros lacets façon route de montagne En haut, on ne pourra pas prendre le sentier PR tracé initialement, car les voisins « vigilants » n’hésitent pas à barrer la route aux randonneurs en cas de risques d’incendies : ils protègent leurs habitations.

Km 22 : Parking de la Coquille … Patatras : Patrick se retourne pour voir si Pierre est bien derrière. C’est la chute … Le mec et le vélo ressortent tous les deux cabossés.

Track & News
Après Saint Antonin la belle récompense est de descendre au travers de la barre du Cengle … Une fois en bas on peut admirer : on était là-haut … photo ©T&N

Km 30 : la petite chapelle de Saint-Privas est plantée au milieu de la petite route. On se demande si il faut la traverser pour ressortir à vélo par l’arrière.

Track & News
Dans les vignes du lieu-dit Cadenet – photo ©T&N

Km 33 : On emprunte un passage original dans les vignes de Cadenet … on vient « buter » sur l’autoroute A8 et on passe sous un tunnel qui ne mène nulle part. Sans doute un ouvrage d’art imaginé en bureau d’études par un ingénieur un peu rêveur …

Km 36 : On traverse Trets à la recherche de la D12 …

Track & News
En haut du « Petit-Galibier » – photo ©T&N

Km 44 : Pas de la Couelle c’est le « petit Galibier » local avec ses nombreux lacets… Patrick, qui avait reconnu avec son copain Alex certains passages du parcours a prévenu Pierre : ça grimpe …

Track & News
Le vrai nom du « Petit Galibier » est le Pas de la Couelle … 525 m – photo ©T&N

C’est le lieu préféré des cyclistes locaux qui viennent ici trouver une maquette à échelle réduite des lacets alpestres. Ils l’ont baptisé le « Petit Galibier ». Ce n’est qu’une grosse côte de 4 km avec quelques épingles mais largement plus musclée que celles que Pierre grimpe habituellement en Ile-de-France.

Track & News
C’est la dernière cote … de la matinée – photo ©T&N

Km 43 : vers Saint-Zacharie : la côte n’en finit pas. « Une dernière grosse cote ! … » lance Patrick à la sortie du village de Saint-Zacharie pour rejoindre le plateau de la Sainte Baume. Sa phrase se termine avec l’arrêt brutal de son vélo à cause de la chaîne qui tombe entre les rayons et le grand pignon. Le diagnostic est rapide : la patte de dérailleur a été tordue lors de sa chute et le dérailleur n’est plus en ligne pour assurer le passage correct de la chaîne sur le dernier grand pignon.

Track & News
Patte de dérailleur tordue sur le Lapierre – photo ©T&N

Nous n’avons pas de grosse pince dans la trousse pour réparer : Patrick va devoir se passer du 32 dents pour affronter la fin du parcours. C’est peut-être la dernière côte mais elle est vraiment très longue. Pierre, peu habitué aux pentes un peu longues, est un peu dans le dur.

Km 63 : La Sainte Baume et la salade du pèlerin en terrasse. Nous sommes enfin sortis de cette côte de Zacharie pour un grand bout de faux plat descendant aux pieds de la Sainte Baume et de la grotte de Sainte Marie Madeleine. L’hôtellerie de la Sainte Baume, qui borde la route, et surtout sa terrasse ombragée est incontournable pour une pause déjeuner des « pèlerins » que nous sommes. Pierre choisi la « salade du pèlerin » pour rester dans le ton. Il n’ira pas jusqu’à enfiler la robe de bure …

Km 70 : On traverse la belle forêt domaniale de Mazaugues. Un peu d’ombre après le déjeuner ça fait du bien. Cette forêt ancestrale a des allures de forêt primaire. Elle abrite de nombreuse « glacières » nous allons nous arrêter à la Glacière du Gaudin (Km 72). Ce n’est pas un nouvel arrêt bistro, mais le témoignage d’une activité ancienne. Le commerce de la glace existait dans les estaminets bien avant l’arrivée du Coca. D’abord marché local – car la glace voyage très mal – elle est devenue une marchandise qui traversera les océans. On récoltait de la glace en Amérique du Nord pour l’expédier en Europe par bateau. La production de glace artificielle à partir du début du vingtième siècle va tuer ce marché. La glacière du Gaudin, que l’on peut visiter, est l’un des derniers témoignages de cette ancienne époque où l’on fabriquait de la glace « naturelle ». Elle a été construite en 1880 et a cessé son activité très rapidement face à la concurrence des réfrigérateurs.

Track & News
La glacière du Gaudin dans la forêt de Mazaugues … l’épaisseur des murs garantissait une température intérieure très basse. photo ©T&N

L’endroit du Gaudin a été choisi pour son froid particulier en hiver, conjonction de l’altitude, du vent, de l’orientation et de l’ensoleillement et d’une alimentation naturelle en eau. Sur ce site la glacière est une tour couverte aux murs de pierre très épais de 23 m de haut et 18 m de diamètre. Elle permettait de stocker pour l’année la glace produite par 3 bassins d’une surface totale de 5000 m2 et de 15 cm de profondeur.

Pour en savoir plus sur l’histoire de la glace il existe un petit musée à visiter à Mazaugues, hélas celui-ci est provisoirement fermé.

Km 98 : Rocbaron il fait soif … Un pause boisson à une terrasse équipée de brumisateurs … On oubliera la liaison Roquebrussane – Rocbaron. La départementale très empruntée n’est pas propice à la circulation des vélos. On s’accorde cette petite pause coca, sur une terrasse équipée de brumisateurs, avant de remonter le petit col qui marque la bascule vers Puget-Ville pour s’extraire de Rocbaron devenue cité dortoir de Toulon.

Track & News
Belle descente vers Puget Ville – photo ©T&N

Km 104 : Puget-Ville : quelle belle descente ! Il n’y a plus une seule voiture, ce sont de longs virages qui s’enchaînent. Au loin, on aperçoit certainement Hyères. On ne voit pas la mer, mais elle est présente par son odeur qui se mêle aux senteurs de la garrigue.

Km 107 : Pierrefeu du Var … On cherche vainement un point presse en ville ? Le vent est de face pour cette ligne droite finale avant d’entrer à Pierrefeu. Nous n’avions pas noté que ce village affiche un point culminant à 150 m au niveau de la chapelle de Ste Croix. En partant de 50 m au pied du village c’est définitivement la dernière côte de la journée que l’on gravira à pied pour s’offrir un point de vue panoramique. On prend livraison de notre chambre à l’hôtel « La clé des songes » : tout un programme et avec ce que l’on a admiré toute la journée les songes seront sûrement très beaux. Une promenade à pied dans le village pour visiter un village où le commerce de proximité disparaît. On ne trouvera pas notre Top 25 mais Patrick va retrouver le monument consacré à la bataille de Dixmude. Son grand-père était l’un des rares rescapés de cette bataille meurtrière. A la fin de sa vie il rêvait de venir résider ici à la maison de retraite des anciens fusiliers marins.

Track & News
Une bonne adresse à Pierrefeu : la Clé des Songes – photo ©T&N

On prend nos quartiers à notre hôtel et on déguste un excellent dîner préparé par le fils de la maison qui fait ses études de cuisinier dans une célèbre école parisienne. Bonne adresse à Pierrefeu à conserver : l’hôtel « La clé des songes » est nickel, on a pu garer nos vélos et on a superbement bien mangé avec un pichet de rosé très sympa à boire.

J2 Pierrefeu du Var – Port Fréjus : 97 Km 1400 m D+

C’est en pleine forme que nous quittons l’hôtel après un solide petit déjeuner pour reprendre notre périple. C’est une route peu encombrée qui nous mène à Collobrières. Le parcours initial ne passait pas par là, nous devions grimper par la Tuilière progressivement par une piste DFCI dans les vignes et rattraper la crête des Martel en direction de Notre dame des Anges.

Km 14 Collobrières, on fait les courses … enfin on essaie : n’ayant pas trouvé de carte top 25 IGN à Pierrefeu nous avons opté pour un passage par ce village pour un petit « shopping » avant de monter à la chapelle par une petite route goudronnée. Déception, peu de commerces sont ouverts à 8 h. On ne trouvera ni la Top 25 ni la fameuse crème de marron de la Confiserie Azuréenne que Pierre voulait rapporter à sa petite fille Léonie.

http://www.confiserieazureenne.com/fr/eboutique.asp. On va tout de même profiter du petit marché et se venger en dégustant d’excellents brugnons de la production locale.

Track & News
Collobrières route de Notre Dame des Anges – photo ©T&N

Km 27 Notre Dame des Anges, c’est encore loin le sommet ? On peine un peu pour identifier cette petite route qui part discrètement au nord du village pour nous faire grimper au ciel de ND des Anges. Pas un quidam qui parle français mais surtout qui connaît cette chapelle et le chemin qui y conduit. Un jardinier de la première heure nous sauve la mise, l’accent local est très marqué mais l’homme connait la direction à prendre. En route dans la pente, et ça grimpe toujours avec des virages. Le doute s’installe au moment où on se met à descendre : serait-on arrivé au sommet ? Et si on faisait un coup de GPS ? Pas de chance on l’a laissé allumé les jours précédents et sa batterie est vide … plus de son et pas d’image.

La forêt devient plus épaisse, châtaigniers mais aussi chênes-liège, nous sommes au pays de la châtaigne et du bouchon. Ce n’est pas le loup qui apparait dans un virage mais des ouvriers écorceurs car c’est en juillet et août que l’on fait la récolte du liège. Nous n’aurons pas plus d’informations sur cette activité que sur la chapelle de ND des Anges. Aucun ouvrier ne parle français. Circulez, il n’y a rien à dire, décidément on cumule les mauvaises rencontres. La cadence de pédalage est au plus bas lorsque qu’un cycliste passe proportionnellement à la vitesse de la lumière dans la descente. Dans un bref instant il a le temps tout de même de répondre à cette question qui nous hante : elle est où cette chapelle ? La réponse s’évanouit dans le prochain lacet de la route : vous y arrivez ! …

Track & News
Sur les marches de Notre DAme des Anges – photo ©T&N

C’est vrai, la voilà cette fameuse chapelle. Mais c’est surtout la tour hertzienne en béton qui apparaît en premier plan. Est-ce que cet édifice religieux serait sponsorisé par des opérateurs télécoms ? L’espace de ciel de son cloître est mangé en arrière-plan par la tour et ses paraboles.

Track & News
La tour hertzienne défigure le Cloître – photo ©T&N

L’un des frères franciscains, occupé à balayer, nous indique gentiment où se trouve un robinet d’eau potable sur le mur du sanctuaire. C’est l’heure de faire quelques photos et de remettre à niveau nos bidons vidés dans la montée.

Track & News
Le plein des bidons – photo ©T&N

Km 32 Col des Fourches, on ne passe plus ! … La suite du parcours est goudronnée et balisée pour un circuit cyclo qui ne ressemble pas à ce que nous avions vu sur les cartes. Plus de GPS, pas de carte l’embranchement suivant nous rassure. Le circuit cyclo et son goudron redescend nous l’abandonnons pour suivre la piste DFCI vers la ligne de crête. Un panneau d’avertissement sur les fermetures du massif: pour risques sévères d’incendie est daté du 20 juillet : nous sommes le 21 par défaut on décide que c’est « open ». À nous la ligne des crêtes jusqu’à la Garde-Freinet.

Track & News
Route des crêtes – photo ©T&N

Km 36 Nicolas … On trouve un drôle de marquage sur une citerne à l’embranchement de la descente vers Valescure … Il se trouve que le fils de Pierre se prénomme Nicolas.

Track & News
On attend le Nicolas sauveur … ce graphe n’est pas de nous … photo ©T&N

Km 53 La Garde-Freinet … c’est une autre salade. On revient à la civilisation, la piste DFCI s’interrompt pour laisser place à une petite route en descente vers la Garde-Freinet. C’est la pause déjeuner. On ose la terrasse d’un restaurant sans client alors que les autres sont pleines, pour notre grand bonheur. Le patron met en avant sa carte de produits frais. Et c’est vrai les deux salades qui arrivent sur la table sont royales et la fraîcheur des produits est évidente. C’est la bonne adresse si vous passez à La Garde.

Track & News
Le restau Kiosk place du marché à la Garde-Freinet : une bonne adresse – photo ©T&N

Km 57,5 : 352 m le col Vignon : un col pour rire … Patrick est formel, plus de côte. La digestion après cette pose déjeuner se fait en conditions idéales, faux plat descendant hormis ce petit col du Vignon histoire de rire.

Km 73 : 226 m Col de Gratteloup un autre col, tout en descente. Encore un beau bout de parcours, la mer se dévoile par intermittence tout au long d’un superbe ruban d’asphalte dans une succession de courbes conduisant au col du Gratteloup.

Km 83 Col de Bougnon souvenirs du Roc que Pierre a couru autrefois en tandem avec son fils : Le Col du Bougnon marque la fin du massif des Maures et le passage dans les Petites Maures. Il se joue ici tous les ans à l’occasion du Roc d’Azur la réputation de nombreux riders : à pied en poussant le vélo ou sur la selle pour les plus costauds ?

Track & News
La plage de Fréjus Port … on regrette déjà les paysages sauvages que l’on vient de traverser – photo ©T&N

Km 97 Port Fréjus on a failli faire « j’irais dormir sur la plage ». On a volontairement zappé le passage dans les Petites Maures pour emprunter le goudron embouteillé jusqu’a Fréjus. Les images d’une boisson fraîche et d’une douche ont comme effet immédiat de faire tourner les jambes plus vite. Là encore ce ne sera pas comme prévu. L’hôtelier a pris notre réservation pour le lendemain, en attendant une solution acceptable qui ne soit pas une paire de duvets sur la plage on repart avec nos vélos et nos sacs pour un bord de mer bien décevant.

J3 : le retour …

L’hôtel de « backup » qui nous a recueilli dans notre infortune s’est avéré parfait. Les vélos ont dormi sur la très spacieuse terrasse de la chambre et nous dans un lit, la douche était parfaite tout comme le petit déjeuner.

Track & News
Les vélos ont dormi sur le balcon – photo ©T&N

Direction la gare SNCF pour le TER qui va nous emmener à Marseille St Charles. Voyage sans histoire et débarquement pour un tour vers le Vieux Port. Découverte des nouveaux aménagements portuaires et du MuCem. Le soleil est toujours de la partie. Il ne reste plus qu’à trouver la porte de sortie de cette ville très animée pour retrouver le chemin des écoliers qui va nous amener à Aix.

Track & News
Marseille … et si on embarquait – photo ©T&N

Plus de carte, plus de GPS, seulement un Smartphone pour éviter les bretelles d’autoroutes et autres voies rapides. Un tout autre sport qui va s’avérer un peu plus long que prévu mais suffisamment rapide pour assister devant la télé à l’exploit du français Bardet sur l’étape du Tour.

Et si c’était à refaire

Vous avez sans doute senti dans notre récit que nous ne sommes pas des aventuriers aguerris ? La longue quête d’une Top 25 manquante a émaillé notre récit … Voici donc ce qu’il faut vérifier, pour ne pas faire les mêmes erreurs que nous, si vous aussi vous êtes tentés par l’aventure :

  • Munissez-vous d’une carte … un GPS ça tombe en panne et en plus quand vous ne le chargez pas : il ne marche pas …
  • Le GPS … vérifiez son niveau de charge : c’est la moindre des choses …
  • Les chutes en vélo : ça arrive … Pensez aux pansements et au désinfectant pour réparer le « vernis » et à quelques outils de base pour réparer vos montures.
  • Préparez votre parcours et prenez des repères … De ce point de vue Openrunner est l’outil idéal pour la route et les pistes. Fond sur Top 25, pourcentage des pentes, récupération des fichiers gpx ou tcx pour les charger sur vos GPS…
  • Vérifiez vos réservations pour éviter le gag que nous avons eu à Fréjus … En plein mois de juillet nous aurions pu coucher à la belle étoile.

En si c’était à refaire c’est : OUI … Le vélo de Gravel « passe-partout » avec un bagage léger est le compagnon idéal pour ce genre de balade. Pour plus long il faudra gonfler le bagage mais les sacoches de Bike Packing complétées par une sacoche de guidon peuvent facilement emporter 40 litres.

Nos bonnes adresses :

Nos équipements

Vélos de Gravel

Sacoches

Fournies par le spécialiste Velocoop

  • Adipura
  • Miss Grape

Textiles

  • Maillots Rapha et Ozio … 3 jours les mêmes sans odeur et bien climatisés
  • Cuissards Short+ ALP-X PRO 2 en 1 de GORE Bike Wear
  • Casquettes Rapha
  • Chaussures de MTB Specialized

PARTAGER
Article précédentLe Vercors pour un grand tour d’Aiguille en 5 jours
Article suivantEscapades en Gravel dans les monts du Vaucluse
Aix-en-Provence - Après la création de Running Café, la co-fondation de Track & News Patrick remonte sur le vélo en créant Bike Café. Il adore rouler sur route et sur les chemins du côté de la Sainte-Victoire. Il collabore en freelance à la revue Cyclist France. Affectionne les vieux vélos et la tendance "vintage". Depuis sa découverte du gravel bike en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties "off road" dans sa belle région de Provence.