AccueilSur le zincBrèves de comptoirComme un lundi : les plaques d’égout s’enfoncent dans le sol !

Comme un lundi : les plaques d’égout s’enfoncent dans le sol !

L’édito de Bike Café

C’est le constat que je fais ce matin, en opérant un nouveau gymkhana pour éviter ces plaques que la voirie locale a semées sur le parcours qui me ramène en centre-ville. Elles s’enfoncent dans le sol et tantôt, je les contourne par la droite, mais parfois, elles sont trop proches du trottoir et l’évitement par la gauche s’impose. C’est là que je prends le risque de me faire emporter par un “frôleur”. Ici la règle d’un mètre d’écart avec un cycliste est interprétée de façon curieuse. Certains automobilistes pensent que la base de calcul sont les roues de nos vélos, oubliant qu’on a un guidon… Il est préférable parfois d’encaisser le passage dans le trou créé par cette plaque foreuse, plutôt que de risquer l’accrochage. Pourtant, la route a été refaite il y a deux ans ! Quelle est cette force qui les attire ainsi vers les profondeurs de la terre ? Mystère ! Heureusement, mes balades matinales se font le plus souvent sur des routes de campagnes – royaume des fosses septiques ou encore des cabanes au fond du jardin – dénuées de plaque d’égout.

plaques d'égout
Photo réelle (ce n’est pas de l’IA) d’une des plaques qui jalonnent mon chemin de retour vers le centre d’Aix-en-Provence – photo Patrick VDB

Dans ma recherche un peu curieuse des causes pouvant expliquer cette fuite en profondeur, je me mets à imaginer un tas de raisons. Le poids de ces plaques (entre 45 kg et 136 kg), le passage des poids lourds, le manque de solidité des fondations… J’ai même été jusqu’à penser que c’était l’asphalte qui gonflait, faisant croire que les plaques s’affaissaient. Je n’ai pas trouvé d’explication logique. Ayant eu déjà affaire aux services de la voirie de ma ville, je n’ai même pas envisagé d’aller les questionner sur le sujet. Arrivé à cet endroit de l’édito, j’ai dû perdre quelques lecteurs, qui ont sans doute trouvé que j’étais à côté de la plaque, mais attendez un peu : l’histoire n’est pas finie ;-). Il est temps que je vous dise où je veux en venir. 

En effet, la parabole de la plaque d’égout s’applique sans doute aussi au marché du vélo. Depuis plusieurs années il s’enfonce et paradoxalement on nous dit que l’usage progresse. La première hypothèse de cette baisse ressemble à celle de l’asphalte qui gonfle : le vélo public, les vélos d’occasion, les sorties de cave et la réparation ont remplacé les achats de vélos neufs. Ce phénomène créé un creux dans un marché traditionnel du vélo. La seconde est la suppression de soutien et le manque de fondation, comme dans le cas de la plaque d’égout peu soutenue : suppression des aides à l’achat, manque de volonté politique. La troisième serait le poids : effectivement le prix moyen d’acquisition a presque doublé depuis 2019 accompagné d’une montée en gamme née lors de la période post covid. Quand quelque chose s’enfonce, il faut comprendre que les raisons peuvent être multiples.

Au Bike Café, nous n’avons pas de compétence en matière de voirie pour élaborer un projet urbain visant à aplanir la situation, mais nous avons quelques idées pour rendre nos routes cyclables et agréables. Suivez notre rubrique « Partir rouler » elle vous conduira sur des routes et chemins où il n’existe pas de plaque d’égout.     

Patrick.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

Patrick
Patrick
Patrick Van Den Bossche a créé les blogs Running Café, Track & News, puis Bike Café. Curieux invétéré, dénicheur de tendances, il adore mettre en lumière les personnalités et les anonymes du petit monde du vélo. Il collabore régulièrement à la revue Cyclist France et affectionne les vieux vélos et la tendance "vintage". Depuis sa découverte du gravel bike en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties sur route et sur chemins autour de la Sainte-Victoire.

4 COMMENTAIRES

  1. alors qu’en suisse ou en allemagne, étant frontalier, ces plaques ne semblent pas bouger d’un poil, aucune impression d’obstacle lorsqu’on les franchies.
    cherchez l’erreur
    .

  2. Cela ^’arrive d’utiliser mon second porte bidon comme porte bombe de peinture de peinture fluo et de tagguer tout ce qui rend la route dangereuse, n’en déplaise aux automobilistes aixois et à ceux qui organisent la “défaite annuelle du vélo”.

    • Ah Ah … Alors c’est toi !… Je suis passé samedi matin à l’endroit où j’avais pris ces photos et j’ai vu ce marquage fluo autour de ce plaques foreuses. Je me suis dit ça y est la voirie a pris la mesure du problème mettant en demeure l’entreprise de refaire ce boulot carrément torché. Mince ce n’était pas eux … Mais ta démarche de Picasso du bitume va peut-être alerter, de façon plus importante que mon édito, notre Mairie aixoise à l’approche des élections municipales 😉

  3. Depuis le temps que les plaques d’égouts existent, on peut postuler que les cahiers des charges techniques pour la réalisation de tels équipements sont prévus pour que les plaques ne s’affaissent pas. Le phénomène ne peut qu’être la conséquence du non-respect des cahiers des charges techniques. Comment expliquer que les travaux commandés (et payés) ne soient pas conformes ? Les hypothèses de réponses à cette question ont un point commun : la relation entre les services techniques des collectivités et les entrepreneurs qui réalisent les travaux. Pendant plusieurs années, dans ma commune, l’adjoint en charge de la voirie était un cadre retraité de la société Colas …

    Sur la question de l’évolution du marché du vélo, je suis surpris qu’on soit surpris. Les professionnels déplorent évidemment la baisse, mais pour moi, la cause me semble aussi limpide que prévisible : le marché du vélo a connu au début des années 2020 une croissance très forte, inhabituellement forte. La demande a même été momentanément supérieure à l’offre au moment du COVID et les délais étaient rallongés. Le VAE, produit nouveau, s’est largement imposé comme le poids lourd (sans jeu de mots) du marché, en volume mais surtout en valeur. Même chose pour le gravel (dans une mesure moindre).
    La réalité est que désormais, les clients sont équipés de vélos récents (ceux achetés depuis cette “euphorie” largement dopée aux subventions). Un vélo étant un bien durable, la croissance qui a eu lieu les années passées était en grande partie une “avance de consommation”. Il y a bien eu aussi une augmentation du nombre d’usagers (et donc pas uniquement du renouvellement) mais on a atteint un plateau, ce qui signifie que le nombre de NOUVEAUX pratiquants baisse, et donc les ventes de vélos avec.
    En résumé, nous avons assisté à une accélération conjoncturelle du renouvellement les dernières années + une augmentation du nombre de clients également conjoncturelle liée aux politiques cyclables volontariste des municipalités en début de mandat qui ont “forcé un grand nombre d’urbains à passer au vélo (l’utilisation de la voiture étant devenue chère et compliquée au quotidien) et désormais, les cyclistes sont équipés pour quelques années. Leur nombre se stabilisant, il y peu de nouveaux acheteurs : la demande baisse.
    Je pense que les professionnels sérieux, même s’ils ne le disent pas, avaient tout à fait prévu ce qui se passe.

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