S’attaquer au col de l’Iseran n’est pas une mince affaire, c’est le plus haut col des Alpes Françaises avec une altitude de 2 770 m, (coordonnées GPS : 45° 25′ 02″ N 7° 01′ 53″ E ), il relie la vallée de la Maurienne à la vallée de la Tarentaise par son versant le plus à l’Est, et exige d’avoir une bonne condition physique pour ne pas trop souffrir dans les derniers kilomètres.

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Vue sur les glaciers dans l’ascension altitude de 2500 m – photo ©Fred

Décryptage complet de son ascension côté Maurienne.

D’ou partir ?

Plusieurs options s’offrent à vous.

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Bonneval-sur-Arc avec la route du col au-dessus – photo ©Fred

C’est la première question à se poser, le plus simple serait de partir de Bonneval-sur-Arc. Ce village préservé, qui est l’un des plus beaux villages de France, marque le « terminus » de la Haute Vallée de la Maurienne.
Au-delà ce sont les glaciers de La Vanoise et au-dessus du village la route grimpe à flan de montagne pour vous emmener vers le col, qui est fermé environ 7 mois de l’année.

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Ruelles de Bonneval-sur-Arc – photo ©Fred

Ce village de montagne typique, avec ses ruelles étroites pour couper le vent, ses maisons en pierres et ses toits en lauzes (grosses pierres plates de plusieurs dizaines de kilos), connaît une affluence touristique importante l’été pour la découverte de la montagne mais aussi en raison de son axe de liaison entre les 2 vallées.
L’hiver l’accès est dégagé depuis la Maurienne mais pas toujours facile, ce qui lui confère un certain charme de par son isolement, son calme, son côté authentique et reclu … on a l’impression d’arriver au bout du monde … et ça fait parfois du bien !

Certains anciens du village sont là pour rappeler la dureté de la vie en montagne en évoquant avec le sourire « il y a certaines années où il neige tous les mois à Bonneval ».

L’ascension depuis Bonneval-sur-Arc.

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L’entrée dans Bonneval-sur-Arc – photo ©Fred

1800 m, c’est l’altitude de départ, celle du village où l’on pourra se restaurer ou boire une bonne bière à la descente.
On trouve facilement de quoi se garer, il sera préférable de stationner quelques kilomètres en amont ou alors de faire un aller-retour de 3-4 kilomètres dans la vallée pour s’échauffer car la première partie du col est raide.

Depuis Lanslebourg / Lanslevillard / Termignon

Les autres options sont juste pour allonger le trajet, on peut partir de Lanslebourg ou Lanslevillard, 2 points de départ pour aussi s’attaquer au col du Mont Cenis.

Mais au départ de l’une de ces 2 localités, vous aurez à franchir le Col de La Madeleine qui culmine à 1746 m, beaucoup moins connu que son grand frère qui relie la vallée de la Tarentaise à la vallée de la Maurienne et pointe à 1 993 m.

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Col de l’Iseran au départ de Termignon – photo ©Fred

Un col insignifiant mais qui rappelle que l’on est déjà en montagne, une fois cette difficulté franchie, on attaque la longue vallée glaciaire avec souvent le vent dans le dos.
On passera le village de Bessans, célèbre pour le ski de fond et le biathlon avant d’arriver à Bonneval-sur-Arc.
Depuis Lanslebourg l’aller / retour au col de l’Iseran fait environ 66 km, il permet de bien faire tourner les jambes avant d’attaquer le « gros morceau ».

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Le village de Termignon – photo ©Fred

Depuis Termignon, où il est aussi facile de se garer à l’entrée du village, le compteur affiche 78 km (A/R), sans plus de difficulté, juste une petite ascension de 1,5 km à la sortie du village vous met dans le bain mais c’est ensuite roulant jusqu’à Lanslebourg.

Place à l’ascension

Et maintenant place à l’ascension du plus haut col des Alpes … 2770 m.

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Les premières rampes du col de l’Iseran – photo ©Fred

Dès le départ de Bonneval le ton est donné, les pourcentages sont autour de 8%, une première longue ligne droite à flan d’alpage permet de vite prendre de la hauteur, un premier virage pour à nouveau un kilomètre complet qui vous amène à l’entrée du Parc National de la Vanoise.
On entre alors au cœur du massif de la Vanoise, on passe la barrière des 2 000 m, un long kilomètre presque plat pour changer de versant, là encore c’est le royaume des marmottes qui sont au bord de la route ou sur leur promontoire à vous regarder passer.

Dès lors, la pente s’élève et c’est un pourcentage moyen de 8% qui vous attend.

3 grands lacets avec des vues à couper le souffle sur les glaciers situés au-dessus de Bonneval pour atteindre l’altitude de 2500 m, là aussi le souffle commence à venir ralentir la progression, mais par chance on arrive sur un faux plat à flan de route.

Ça y est on entre dans le minéral, fini les fleurs, place aux derniers névés et aux cailloux.
Devant vous se dresse la dernière rampe, et elle n’est pas des moindres, les 3 derniers kilomètres avec un pourcentage affiché à 10%, il faudra alors prendre son temps et bien respirer car l’oxygène se fait rare.

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10% de pente 2 km avant le sommet du col de l’Iseran – photo ©Fred

Un dernier lacet au niveau du glacier de Pissaillas, où l’on peut skier jusqu’au 14 juillet, et c’est la délivrance, le col le plus haut de France est votre succès du jour.

En général, il ne fait pas très chaud en haut et le col est souvent balayé par le vent.

Il est préférable de le faire le matin pour éviter les orages et il faut penser à bien se couvrir (prendre un bon coupe-vent et des manchettes, jambières, gants et un bandeau sont parfois bien appréciables à la descente), il ne faut pas oublier que l’on perd 1° tous les 180 m et qu’avec le vent les températures ressenties sont souvent en-dessous de 10°C.

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Col de l’Iseran 11 km avec vue sur les glaciers – photo ©Fred

Enfin, l’hypoxie (raréfaction de l’oxygène avec l’altitude), joue un rôle sur la performance et peut mettre certains coureurs en difficulté, il est souvent conseillé de s’acclimater et pourquoi pas d’aller faire 2 jours avant un col au-dessus de 2000 m comme le Mont Cenis ou le Galibier pour habituer l’organisme à cette haute altitude.

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Les derniers mètres avant le col et ses murs de neige jusqu’en juillet – photo ©Fred

La descente du col est rapide, le revêtement est très bon et permet vraiment de se faire plaisir si on est un bon descendeur.

Il faudrait quand même être très prudent, car l’été ce col est très fréquenté par les motos et les camping-cars qui parfois regardent autant le paysage que la route.

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La présence de motos dans l’ascension au-milieu des vélos – photo ©Fred

Pour rejoindre son point de départ, rien de bien compliqué, juste ne pas oublier à bien s’hydrater et s’alimenter pour éviter l’hypoglycémie après Bonneval, la route est encore longue….avec souvent le vent de face.

Conclusion

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photo ©Fred

Le col de l’Iseran ne se prend pas à la légère, c’est un col d’une grande difficulté en raison de l’altitude, de la météo, de la pente.
Il faudra bien se préparer et ne pas négliger la tenue vestimentaire, l’alimentation et l’hydratation. Une bonne préparation ou le fait d’avoir grimpé 2-3 cols de moindre altitude rendront la tâche plus facile.

En terme de braquet, un 34 x 25 permet de faire l’ascension mais si on veut « assurer le coup » dans les 3 derniers kilomètres une cassette en 11 x 28 permet d’avoir une petite sécurité.

Bonne route et prudence.

2 COMMENTAIRES

  1. Le col de l’iseran est probablement le plus haut col des Alpes du Nord, mais pour l’ensemble des Alpes (nord & sud) il s’agit du col de la bonnette (2802 ou 2807m selon les panneaux). Le col de la bonnette Restefond est situé dans les Alpes de Haute-Provence, au-dessus de Barcelonnette & Jausiers. Je vous le recommande vivement il est magnifique (paysage lunaire). Attention aux coups de vent qui peuvent rendre dangereux l’ascension & a fortiori la descente!
    Bonne continuation ,
    David

    • Non il s’agit bien de l’Iseran, nord et sud confondus… Le col de la Bonette culmine à 2715 m, la route de la Cime de la Bonette passe à 2800 m, mais il ne s’agit pas d’un col.

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