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Le Tourmagne, un challenge gravel bikepacking passionnant

Dans l’univers bouillonnant du gravel bikepacking et de ses épreuves florissantes, le challenge du Tourmagne propose une épopée différente et passionnante. L’aventure du Tourmagne retrace le parcours à « bécane » à travers la France en 1897 de deux amis : Léon Giran-Max et Marie-Antoine Barret. Matthieu Brunet, de la société Zefal, a eu l’idée de faire revivre ce périple sous la forme d’une trace gravel permanente de 950 km et 10 000 m de D+ entre Melun et Nimes. Chaque participant pourra ainsi mettre ses roues dans celles de ces deux précurseurs du cyclotourisme.

L’emploi du terme « épopée » pour qualifier ce challenge donne le ton. Epopée : « Long poème ou récit de style élevé où la légende se mêle à l’histoire pour célébrer un héros ou un grand fait » ou encore « Suite d’évènements historiques de caractère héroïque et sublime ». Ces deux définitions collent parfaitement à l’aventure du Tourmagne qui retraçe ce parcours. Léon et Marie-Antoine ont retranscrit leur voyage dans un manuscrit. L’un écrivait chaque jour le récit des folles aventures vécues sur les routes ou plutôt chemins de l’époque, l’autre croquait ces tranches de vie épiques de la France de la fin du 19ème siècle. Ce manuscrit a été déniché par le père de Matthieu, Patrice Brunet passionné de bicyclette et collectionneur.

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Mais d’ailleurs comment se présentait elle, cette France fin 19e, afin de planter le décor de cette belle aventure ?

La France cycliste de la fin du 19ème siècle

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Le vélo a déjà sa « forme » moderne en 1897

La France de la fin de ce siècle est évidemment bien différente de celle d’aujourd’hui. Elle traverse la seconde révolution industrielle qui a débuté en 1870. C’est l’avènement de l’électricité et le début de l’automobile. La France vit la « Belle Époque », à la charnière des deux siècles, où elle connait ses plus grands bouleversements culturels et techniques dans une ambiance d’insouciance, de gaieté et de foi dans le progrès.

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La classe et l’insouciance de la Belle Epoque… à vélo déjà, photo Tourmagne

Une bicyclette déjà « moderne »

La bicyclette, quant à elle, s’est déjà quelque peu développée depuis 1870. Les bécanes utilisées ressemblaient déjà au vélo d’aujourd’hui, du moins dans leur grande ligne, leur forme et leur usage : un cadre et une fourche en acier, des roues de taille identique à l’avant et à l’arrière, dotées de pneus en caoutchouc (inventés en 1888 par Dunlop) et équipées de chambres à air (inventée par Michelin en 1891) et d’une transmission par chaîne.
La principale différence avec les bicyclettes « modernes » réside dans le fait que la transmission est mono-vitesse : un pédalier doté d’un plateau, un pignon et une chaîne.

Parallèle historique intéressant, notons que la valve Presta a été inventée à Paris par E.Sclaverand en 1880. La société Sclaverand n’est autre que l’ancêtre de la société Zefal, dirigée depuis 5 générations par la famille Brunet qui est à l’origine de ce Challenge, nous le développerons plus loin.

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Les valves Sclaverand, appelées ensuite et encore de nos jours valves Presta, Photo Tourmagne

Les freins commencent à apparaître et on appelle ces vélos « modernes » des vélos dits « de sécurité ». Bien plus sécurisant aussi par leurs roues de dimension raisonnable et égale par rapport au grand-bi qui fait fureur dans la bourgeoisie, mais n’est pas très pratique pour arpenter les chemins !

Des centaines de cadreurs œuvraient dans chaque recoin de la France. Saint-Étienne est à l’époque le centre névralgique du cycle.

Le cyclotourisme, une nouvelle façon de voyager en plein développement

La pratique du vélo « voyage » appelé cyclotourisme se développe peu à peu en France dès les années 1870. Léon et Marie-Antoine font partie du Touring Club de France (TCF). C’est une association française créée en 1890 à Neuilly-sur-Seine sous l’impulsion de Paul de Vivie dit Velocio, le pape du cyclotourisme, accompagné par un groupe d’amis vélocipédistes. Son but était le développement du tourisme à vélo puis sous d’autres formes. Ces fondateurs souhaitaient le développement de la bicyclette comme loisir accessible au plus grand nombre et également comme moyen de déplacement.

L’âge d’or des chemins en graviers !

Des chemins empierrés parfaits pour la randonneuse de l’époque et nos gravels actuels, photo Tourmagne

Sur quel revêtement roulait-on ? La première moitié du XIXe siècle a été une grande époque pour la voirie : l’entretien des routes impériales, puis royales, était déjà bien organisées, avec des cantons et des cantonniers permanents dont les tâches sont précises et le travail surveillé.
Le procédé Mac Adam qui a fait ses preuves en Angleterre commence à être utilisé mais fait l’objet de quelques controverses : il comporte des chaussées moins épaisses, en supprimant l’encaissement et le gros blocage de Trésaguet (du nom d’un ingénieur des ponts et chaussées qui est le premier à avoir appliqué une approche scientifique dans la construction des routes), mais elles sont établies au-dessous du sol naturel, avec des matériaux d’empierrement concassés, bien calibrés et propres, pour rendre leur couche à peu près imperméable.
La technique est encore améliorée avec le développement progressif de l’emploi des rouleaux compresseurs. Parmi les autres progrès on installe des poteaux de signalisation aux carrefours et, à partir de 1844, on procède périodiquement au recensement général de la circulation pour bien connaître les besoins. Puis on n’a plus guère touché aux routes, par suite de l’extension continue du réseau de voies ferrées.

En 1897, les routes hors agglomération étaient donc, pour leur immense majorité, des chemins empierrés, remplaçant le pavé. Un paradis pour le gravel et nos deux amis équipés de randonneuses en acier !

Pour immortaliser ces périples sur ces routes « blanches », pas tellement d’autres choix que de « croquer » ces tranches de vie et de voyage. Certes la photographie existait déjà, mais elle était réservée à une élite. Il était surtout difficile trimballer ces encombrants et fragiles appareils sur le vélo !

Difficile d’emmener cet appareil photographique dans sa sacoche. Moins pratique que le smartphone !

Un voyage épique et pimenté

Le décor de l’épopée est planté et peut paraître idyllique, mais le voyage était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. Moins confortable, moins sûr et, au final, certainement bien plus pimenté ! Attaques de chien, accueil rustre des habitants des villages traversés, revolver à la ceinture, faune plus développée qui peut à tout moment traverser devant les roues du cycliste… Sans compter la difficulté à se ravitailler en eau et nourriture et trouver de quoi réparer son vélo en cas de besoin.
Traverser la France à bécane était un véritable exploit pour nos deux compères. Surtout sur ces machines sans vitesses et en si peu de temps.

Une véritable aventure que de voyager à vélo en 1897

Mais ils pouvaient se revigorer en prenant un ou plusieurs verres d’alcool ou de vin, dont les bienfaits étaient mis en avant pour « nourrir la force et la vigueur pour parcourir de longues distances ».

Léon et Marie-Antoine faisaient donc vraiment partie des premiers pionniers de la bicyclette. L’esprit du voyage à bicyclette n’a donc jamais disparu au fil du temps grâce au cyclotourisme qui s’est développé et perdure. Le gravel bikepacking est une variante et apporte une touche différente et contemporaine.

Mais revenons-en à nos moutons et au Challenge du Tourmagne.

La genèse du challenge du Tourmagne

Patrice Brunet, passionné de bicyclette et collectionneur, a trouvé ce manuscrit en désuétude chez un libraire parisien. Matthieu Brunet, son fils et actuel dirigeant de la société ZEFAL, aux côtés de son frère Aurélien, vous explique tout dans ce podcast avec Matthieu de Bike Café.

Podcast avec Matthieu Brunet

Comme aime à le rappeler Matthieu, pas question de laisser moisir cette « pépite ». La famille décide de rééditer elle-même ce récit et de redonner vie au manuscrit grâce à Serge Laget. Le récit reprend vie dans un livre « De Paris à la Méditerranée en 1897 à travers l’Auvergne à bécane ». Ce livre n’est pas commercialisé, mais pas de panique, vous aurez un moyen de vous le procurer en participant au Challenge du Tourmagne !

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Le manuscrit réédité que vous gagnerez à une condition : réaliser le parcours des deux compères, photo Tourmagne

Matthieu, entouré des salariés de Zefal et d’une bande de copains, cyclistes évidemment, a décidé de faire revivre cette épopée en proposant ce beau challenge qui vous mènera sur la trace historique des deux compères.
Cette aventure se dresse dans la droite ligne de cette entreprise historique française, basée à Jargeau près d’Orléans dans le Loiret. Matthieu et Aurélien Brunet sont la cinquième génération aux rennes de l’entreprise qui emploie une centaine de salarié, conçoit 100% de ces produits et en fabrique environ 60% sur le territoire national. Zefal, créé il y a plus de 140 ans, n’est autre que l’inventeur de la valve Presta comme évoqué plus haut, de la pompe Solibloc, de la pompe haute pression et de la mini pompe télescopique au début du VTT. Les équipes de Zefal se passionnent pour le gravel et la longue distance depuis quelques années.

Et évidemment, le gravel, la randonneuse des temps modernes, est le vélo le plus adapté pour réaliser ce challenge puisque la trace emprunte tantôt des petites routes bitumées, tantôt des pistes et chemins.

Le parcours

Pratiquement 1000 km et 10 000 de D+, un sacré beau challenge du nord au sud !

Pourquoi le Tourmagne ? Car la Tour Magne sera le point d’orgue du parcours à votre arrivée à Nîmes. Et le Crocodile est l’emblème de la ville de Nîmes.

Grâce au travail de Matthieu qui a essayé de coller au maximum à la route originelle en s’appuyant sur les récits et les croquis, la trace ne traverse pas moins de onze départements, de Melun à Nîmes. Elle a été reconnue maintes fois, modifiée et améliorée depuis un an et demi. Elle sillonne des routes et chemins aux paysages et à la géologie changeante. Résultat : pratiquement 1000 km de plaisir pour plus de 10 000 m de D+.

Le départ a lieu de la gare de Melun, de là où nos deux compères sont partis.

Un départ urbain de la gare de Melun, km 0, puis rapidement une entrée dans la forêt de Fontainebleau

A peine 3 km et vous serez déjà hors des sentiers battus avec la traversée de la forêt de Fontainebleau.

La forêt de Fontainebleau vous plonge déjà dans un univers particulier, photo Tourmagne

Vous longerez la Loire avec une petit crochet bienvenu à Sancerre.

Puis Nevers, Moulins, le petit village typique de Charroux. Un bel échauffement déjà de 400 km et apparaîtront alors les premiers contreforts du Massif Central.

L’entrée dans le Massif Central, le début du dénivelé qui vous fera prendre de la hauteur, photo Tourmagne

Arrivée à Clermont-Ferrand, place de Jaude, avec une petite halte au café vélo local, Tempo le repaire cycliste.

Vous entrez alors dans le vif du sujet. Après avoir longé l’Allier, arrive le Cantal avec sa beauté, sa plénitude et sa rudesse ancestrale : Murat, Saint-Flour et l’arrivée au viaduc de Garabit qui enjambe la Truyère et ses gorges aux allures de paysage écossais. Magique.

Mais entre ces villes plus connues vous traverserez nombre de petits villages typiques et accueillants.

Puis vient la Margeride en Lozère avec le passage au point culminant de la trace, le col du cheval mort à 1454 m d’altitude. Il vous ouvrira les portes des Cévennes.

Vous entrerez alors dans le Gard pour vous laisser glisser jusqu’à Nîmes sur les 100 derniers kilomètres. Avec une arrivée à la Tour Magne, point d’orgue de ce voyage historique revisité de 950 km et plus de 10 000 m de dénivelé.

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La Tour Magne à Nîmes, le point d’orgue de ce périple, photo Tourmagne

Les modalités

Le Challenge est gratuit. Et libre : vous partez quand vous voulez, même si la belle saison est évidemment la plus propice (hiver déconseillé!) et vous irez à votre rythme (même si un minimum de 50 km par jour est requis, ça devrait aller !). Seuls impératifs : s’inscrire sur le site pour prévenir de son départ, c’est plus sympa, suivre la trace fournie à 98% minimum et avoir un GPS donc pour l’envoi des traces enregistrées, ce qui attestera de votre participation. Enfin, réaliser un petit texte et envoyer une belle photo de votre aventure.

Toutes les modalités sont sur le site du Challenge du Tourmagne.

Alors, choisissez-bien votre période pour réaliser cette belle aventure et espérons que la météo soit magnanime pour atteindre la Tour Magne à Nîmes !Vous pourrez alors recevoir et vous plonger dans ce livre passionnant et vous remémorer votre périple à travers le regard des deux compères.

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Hugo
Hugo
Habitant la Sarthe mais chtimi d’origine, Hugues devient passionné de VTT dès l’apparition de ces machines à plaisir dans les années 80. Son bonheur est de rider dans la nature en forêt en partant du pas de sa porte de préférence. Hugues est un pratiquant VTT, fatbike, gravel, cyclo, bikepacking…Sa devise : peu importe la monture et le niveau pourvu qu’on ait l’ivresse. Passionné par les vélos en acier, il a une attirance pour les artisans du cycle, les cafés vélos et l’univers du vélo en général.

2 COMMENTAIRES

  1. […] Découvre l’épopée du Tourmagne, un périple en gravel bikepacking inspiré du voyage à vélo de Léon Giran-Max et Marie-Antoine Barret en 1897 à travers la France. La société Zefal a remis leur parcours au goût du jour sous la forme d’une trace permanente de 950 km et 10 000 m de dénivelé entre Melun et Nimes. Cette aventure, qualifiée d’épopée, retrace la vie épiques de la France du 19ème siècle, tel un long poème racontant les événements historiques qui célébraient les exploits des héros de l’époque. Le Tourmagne offre une belle découverte de la France grâce au gravel bikepacking. Lire l’article […]

  2. […] Dans cet article intitulé « Le Tourmagne, un challenge gravel bikepacking passionnant », publié sur Bike Café, l’auteur nous présente une aventure unique dans le monde du gravel bikepacking. Le Tourmagne est un défi qui retrace le parcours de deux amis cyclistes, Léon Giran-Max et Marie-Antoine Barret, à travers la France en 1897. Matthieu Brunet, de la société Zefal, a eu l’idée de recréer ce périple sous la forme d’un itinéraire gravel permanent de 950 km et 10 000 m de dénivelé positif, reliant Melun à Nîmes. Cette épopée permet aux participants de suivre les traces de ces pionniers du cyclotourisme. L’article met l’accent sur l’aspect passionnant de ce défi et souligne l’importance de l’épopée comme moyen de célébrer les héros du cyclisme. Lire l’article ici […]

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