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Glacier Cycles Macaron, le bon compagnon

Derrière Glacier Cycles se cachent deux amis, Alexandre et Bastien, deux passionnés de vélos tout terrain qui souhaitaient tout simplement se créer le vélo parfait. Depuis 2017, et le premier Dirt soudé au fond du garage, leurs idées et leur savoir-faire ont mûri et la marque Glacier Cycles est devenue une réalité en 2020. Elle représente le reflet de leur vision du vélo : durable, solide, performant et esthétique.

Alexandre et Bastien dans leur ancien atelier – Photo Glacier Cycles

Tout récemment installés dans leurs nouveaux locaux d’Aix-les-Bains, ils fabriquent de façon artisanale et assemblent en micro-série une gamme composée d’un vélo de dirt, le Croissant, d’un enduro, le Baguette et enfin d’un gravel, le Macaron.

Il est important de préciser que nous parlons de fabrication artisanale et locale ici. De la conception à l’assemblage, tout est fait à l’atelier. Tous les cadres sont soudés sur place, du véritable « Proudly handmade in the Alps ». Une approche qui leur permet également, en parallèle de leurs vélos de micro-série, de proposer une offre 100% sur mesure. La possibilité de s’adapter parfaitement à vos souhaits pour une machine unique.

Macaron frais sorti de l’atelier – Photo Glacier Cycles

Steel is Real !

Malgré l’omniprésence du carbone dans l’industrie du vélo, l’acier revient peu à peu dans les conversations. L’offre proposée par certains fabricants et par un réseau dynamique d’artisans avance aujourd’hui une alternative très intéressante. Notamment dans le milieu du gravel où les qualités intrinsèques de ce matériau trouvent toutes leur place.

Steel is real ? Oui, l’acier fait viscéralement partie de l’histoire cycliste. Les moins jeunes d’entre nous se rappellent tous avoir rêvé devant des productions arborant les glorieux noms de Reynolds ou Columbus. Mais l’histoire de ce matériau ne s’est pas arrêtée à ces souvenirs désuets et les grands faiseurs ont su évoluer. Je vous invite d’ailleurs à relire l’article de Laurent Biger sur le BAAM Argh (essai du gravel BAAM Argh) dans lequel il nous parle de Reynolds et de ses produits.

L’italien Columbus, que nous retrouvons aujourd’hui, est un autre grand acteur historique de l’acier. Remettant toujours l’ouvrage sur le métier, il a lui aussi perfectionné ses produits au fil des années avec des nuances toujours plus fines et compétitives. Columbus propose aujourd’hui une large gamme permettant de répondre aux souhaits de tous. Elle couvre tous les usages, du gravel de bikepacking cherchant la robustesse, au routier le plus léger nécessitant les tubes les plus fins.

Cadre en Columbus Zona – Photo Glacier cycles

Le Columbus Zona, dont il est question sur le Macaron, est une nuance d’acier au chrome Molybdène (25CrMo4) à épaisseur variable (double ou triple épaisseurs). C’est un acier permettant un bon équilibre entre rigidité et confort avec une bonne tenue en fatigue. Columbus le présente comme un choix adapté à une utilisation offroad, idéal pour un gravel polyvalent et robuste.

Au déballage

À l’ouverture du carton, ce vélo me flatte l’œil et me rassure quant à sa versatilité et son accessibilité mécanique. Un beau cadre construit dans les Alpes avec des choix techniques intelligents.

Sorti du carton – Photo Benjamin Bodot

Un boitier BSC ainsi qu’un passage de câblerie externe à la douille de direction et au boitier de pédalier sont des gages de facilité d’entretien. Le cadre peint par thermolaquage dispose de nombreux points de fixation pour de la bagagerie, des garde-boues et un porte bagage. Tout est également prévu pour l’ajout d’un dérailleur avant.

Une somme de détails qui personnellement me plaisent. Ce vélo a été réfléchi pour être fiable, s’entretenir sans prise de tête et s’adapter.

Un vélo versatile – Photo Glacier Cycles

L’équipement proposé sur ce vélo suit la même logique. On y remarque tout de suite une fourche Columbus en carbone dotée de points de fixation. La transmission est assurée par un solide groupe Shimano GRX mécanique, alors que Ritchey assure la fourniture de la tige de selle, de la selle, de la potence et du cintre (un Ritchey VentureMax WCS dont les imposantes dimensions vont bousculer mes habitudes).

Côté roues, nous trouvons une paire de jantes DT Swiss GR531db en aluminium montée sur des moyeux DT240 ainsi que deux Hutchinson Touareg en 40 mm de section. À noter que ce cadre est annoncé pour permettre une monte jusqu’à 45 mm de section : du fiable et solide. Vis-à-vis du poids, tout complet sans pédales, je mesure 10 kg tout rond pour ce montage en taille L. Un résultat tout à fait honorable à mon sens.

La géométrie

La géométrie est assez proche d’autres cadres acier de gravel que sont par exemple les Fairlight Secan ou Genesis Croix de fer.
Une partie avant qui devrait être plutôt permissive avec un top tube de bonne longueur et un angle de direction de 71 degrés. La partie arrière tranche avec la concurrence avec des bases courtes de 425 mm, promesse de dynamisme au roulage et d’une bonne réactivité à la relance.

Une géométrie intéressante qui devrait être agréable dans le cassant et dans laquelle transparait le passif tout-terrain des géniteurs.

Trêve de palabres, allons rouler !

À l’attaque des chemins, je découvre un vélo très plaisant. La piste déroule et le vélo avale parfaitement les irrégularités avec facilité, sans solliciter excessivement son pilote. L’angle ouvert de la direction et les caractéristiques mécaniques de l’acier jouent ici et donnent un ressenti très agréable.

Photo Rachid Wissad

Dans les raidillons en danseuse, je ressens une bonne réactivité du vélo qui répond très vite grâce à ses bases courtes. Je retrouve également ce qui me fait aimer l’acier, ce moelleux au pédalage. Le cadre vous accompagne sous les coups de pédale en se déformant latéralement. Il vient ensuite renvoyer cette énergie en sens inverse pour vous accompagner à la remontée de la pédale. Un effet élastique qui lisse le point mort lorsque la pédale est en bas en vous relançant à chaque fois.

J’en entends certains me répondre que ce n’est pas le plus efficace pour la transmission de puissance à la roue. Mais c’est une sensation tellement agréable au pédalage et surtout confortable lorsque la forme commence à décliner. Le vélo vous accompagne sans venir vous casser les jambes. Attention, il n’est pas pataud pour autant. Le vélo est très vivant sous la pédale et c’est extrêmement plaisant. On n’est pas là sur un bout de bois qu’il faut cravacher pour en tirer des sensations, mais sur un cadre amusant qui vit et qui répond très bien à vos sollicitations.

Quand le chemin devient plus cassant et que les ornières et les racines apparaissent, le vélo continue de suivre sa trace avec assurance. Je me prends très vite à jouer dans les obstacles et sauter toutes les marches et bosses. Ce vélo est un super franchiseur. On sent bien ses gènes tout terrain et on s’amuse véritablement à son guidon. Il se place correctement et pardonne assez bien les excès d’optimisme. Il se révèle dans cet exercice et me voilà à appuyer de plus en plus en chassant toutes les aspérités de la piste.

De retour sur la route, je tente de pousser un peu. Le vélo réagit assez rapidement à mes sollicitations. Une sensation de stabilité avec un comportement assez agréable et facile. Ce n’est assurément pas un routier et nous ne sommes pas sur son terrain de prédilection. Mais le vélo répond bien à mes envolées et je ne me sens pas exagérément collé à la route. Une paire de roues plus légères l’aiderait aussi dans cet exercice et changerait mon ressenti.

Photo Rachid Wissad

Accompagner mes enfants au pumptrack m’a permis de venir chatouiller son côté joueur. L’avis fait dans les chemins s’est vite confirmé. Le vélo est amusant et facile à emmener dans les bosses, le plaisir est immédiat. Il réagit bien et pardonne mes approximations. Je me retrouve très vite à accélérer pour enrouler les obstacles toujours plus vite. Je finirai en sueur, coupant l’effort bien avant d’avoir trouvé ses limites dans cet exercice.

Qu’en conclure ?

Au fur et à mesure des jours, mon ressenti se confirme sur ce vélo qui a décidément de quoi se faire aimer. Que ce soit lors de courtes sorties à l’attaque ou sur de plus longues traces à travers les chemins, c’est un plaisir à rouler. Il engloutit la piste sans sourciller et a toujours répondu présent sous les coups de pédales. Je ne me suis jamais senti dépassé par le vélo dans le sens où il ne m’a pas fait souffrir de ma méforme au petit matin ou me sentir dépassé dans les monotraces techniques. C’est un vélo parfait pour aller se perdre dans les chemins plusieurs jours. Le long de la route du sel par exemple, une trace alpine de plusieurs jours cheminant entre la France et l’Italie sur des pistes qui peuvent être assez cassantes.

Quelle que soit la longueur de la sortie et le temps que vous passerez dessus, ce Glacier Macaron est un excellent camarade. Il répondra présent quand l’envie se fera sentir d’aller rigoler tout en restant facile sur des sorties au long cours.

Dans les collines niçoises au petit matin – Photo Benjamin Bodot

Le Macaron est conçu pour vous accompagner partout et longtemps. Une géométrie rassurante qui sait être réactive aux coup de pédales et extrêmement capable dans le cassant. Des choix de conception et de composants orientés vers la fiabilité et la versatilité. Un vélo solide qui sait rester simple et accessible mécaniquement et qui saura évoluer suivant vos envies.

Vue sur la mer depuis le fort de Revère – Photo Benjamin Bodot

C’est un vélo que j’ai beaucoup apprécié. Ce n’est pas le premier vélo que vous croiserez au coin de la rue, et il démontre bien le dynamisme de petits artisans dans la proposition de produits efficaces, intelligents, différents et très attachants.

Un vélo avec lequel j’ai pris beaucoup de plaisir – Photo Benjamin Bodot
  • Prix du cadre : 1990 € TTC sans fourche
  • Prix des vélos complets : Glacier Macaron

Glacier Macaron, caractéristiques

RÉFÉRENCEGlacier Macaron
CADREAcier Columbus Zona soudé au TIG
FOURCHEColumbus Futura Cross+ Carbone avec 6 inserts de chargement, pivot 1″ 1/8 – 1″ 1/2 (tapered)
DÉRAILLEUR ARRIÈREShimano GRX RD-RX822
MANETTESShimano GRX ST-RX610
PÉDALIER et PLATEAU40 dents – max admissible 44 dents
BOITIER de PÉDALIERFormat BSC (fileté)
CASSETTEShimano CS-M7100 (SLX) 12 vitesses 10-45 dents
CINTRE et POTENCERitchey VentureMax et potence Ritchey Trail
ÉTRIERS DE FREINSShimano GRX BR-RX400
DISQUES DE FREINSShimano RT70 160 mm avant et Shimano RT56 S 160 mm arrière
ROUESJantes DT Swiss GR531db sur moyeux DT Swiss 240
PNEUSHutchinson Touareg 700 x 40 mm – max admissible 700 x 45 mm
SELLERitchey Classic
TIGE DE SELLERitchey Comp 27,2 mm
POIDS10 kg en taille L (vérifié, sans pédale et en montage tubeless)
Benjamin Bodot
Benjamin Bodot
Ingénieur en mécanique et amoureux de la petite reine sous toutes ses formes, Benjamin aime autant rouler que travailler sur ses vélos. Son éclectique collection oscille entre la randonneuse en acier des années 70, le routier en carbone, le pignon fixe et le gravel. Amateur de longues sorties en groupe ou en solo, il s’aligne plusieurs fois par an sur des courses d’ultra distance qu’il finit régulièrement dans le top 5, il a notamment gagné l’édition 2025 du BikingMan X au Maroc. Sur son vélo toute l’année, il a la chance de profiter de la météo et du relief niçois pour naviguer entre mer et montagne et parcourir près de 300 km par semaine sur routes et chemins.

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