Va-t-on avoir la réponse à l’éternelle question qui anime les débats au sein des pelotons et qui revient toujours au moment de changer de vélo… « Quelle selle choisir ? … » Car même si nous sommes tous différents, il y a bien un souci qui nous embarrasse : l’inconfort périnéal.

La performance et le confort peuvent-ils cohabiter ?  

Quand on m’a proposé de tester les selles ISM, j’étais plutôt enthousiaste car j’ai eu du mal à me faire à ma dernière selle de contre la montre. Et j’étais plutôt content à l’idée que le flux sanguin fonctionne à nouveau normalement au niveau du périnée :  endroit stratégique pour un organe qui m’est cher … .

On prend un temps fou à choisir son vélo, la taille, la couleur, … mais il faudrait sans doute se pencher plus longuement sur le choix de la selle. En effet, c’est quand même cet objet qui va supporter une grande partie de notre poids et qui va conditionner notre confort sur le vélo.

ISM : une vision différente

ISM est une marque réputée mais finalement peu répandue dans nos contrées. Elle a acquis ses lettres de noblesse dans le milieu du triathlon et dans ce monde où le périnée est plutôt mis à rude épreuve (bec de selle’s style). Notons au passage que, depuis quelques années, ISM est la selle la plus représentée sur le championnat du monde de Triathlon à Hawaï …

. Voir ci-dessous le podium des équipements :

  • ISM : 599
  • Fi:zi’k : 401
  • Specialized : 295

Source : http://lavamagazine.com/2014-kona-bike-count-results/

L’idée fondatrice d’ISM est de séparer le bec de selle en deux parties afin de soulager les tissus mous du périnée, en venant prendre appui sur les ischions.  Mais pas seulement car, la partie au milieu et à l’arrière est très travaillée pour favoriser la répartition sur les ischions (comme je l’ai évoqué précédemment) ET sur les parties environnantes, ce qui est une très bonne idée. Les masses en appui sont ainsi mieux réparties sur un champ plus large et du coup la pression est moins forte … CQFD.

Allez, vous avez été sage, je vous la montre ! …

Adamo Attack : le changement c’est…maintenant !

Condition du test : 600 km. Tout type de terrain. Vélo Specialized Venge Pro. Utilisation 50 à 100 km. Ancienne selle : Specialized Toupe.

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Comparée à ma Spé Toupe

Caractéristiques :

  • Revêtement cuir.
  • Rails en un alliage de titane.
  • Insert en gel.
  • Poids : env. 315 g.
  • Dimensions : L : env. 270 mm – I : env. 110 mm/

Impression :

J’ai choisi de commencer le test avec le modèle « Attack », car d’après les retours que m’avaient fourni certains cyclistes qui l’utilise, elle semblait être le bon compromis pour celui qui change en partant d’une selle classique pour aller vers le format ISM.

Après quelques kilomètres à bidouiller avec mon multi-outil en suivant les instructions de la marque, j’ai retrouvé les réglages qui allaient bien, et je n’y ai plus touché jusqu’à la fin de test. Prenez le temps d’effectuer cette adaptation c’est important.

Les débuts sont déroutants quand ça fait 20 ans que l’on pose ses fesses d’une certaine façon et que nos petits récepteurs envoient une info du type « Houla … là, là, … c’est quoi ce changement ? … » Cette selle est plus « présente » dans l’entre-jambes et elle oblige à quelques ajustements lorsqu’on se rassoit. Finalement il m’aura fallu 150 / 160 km pour perdre la « mémoire » de mon ancienne assise. À l’échelle d’une saison c’est rien du tout ! …  Je conseillerais donc aux néo-propriétaires de ce type de selle de se laisser le temps pour intégrer sereinement cette adaptation.

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Finalement, pour cette première selle, je sors convaincu du confort apporté. Le périnée est très peu sollicité, l’envie de se lever pour le soulager n’est plus apparue. Elle a rempli son contrat ! …

Il faut avoir l’esprit ouvert pour ne pas se focaliser sur la comparaison avec l’ancienne selle qui bien sûr n’aura rien à voir. Ce fut mon cas. Et après des sorties de 100 km, assis, avec du bec de selle, de la relance assis : aucun soucis ! Finalement même avec un cuissard avec une peau de chamois bon marché c’est passé (cf. Mon vieux cuissard pour aller au taf bon pour être reformé …)

Le truc sympa c’est qu’avec sa forme, j’avais tendance à faire une petite bascule de bassin qui permet de moins tirer sur les lombaires car on a plus à « protéger » l’avant. Solution intéressante pour ceux qui ont la « barre » sur les lombaires après plusieurs heures de vélo .

Prix : 210 €

http://www.rotorfrance.com/ism/ism-attack

La Time Trial : Ce n’est pas la taille qui compte

Condition du test : elle est arrivée après les 600 km parcourus avec l’ « Attack ». J’étais donc un peu préparé à la forme de la selle et je n’ai pas eu à faire d’adaptation sensorielle. Je me suis donc contenté de 400 km avec des sorties de 60 à 100 km sur du plat et des parcours vallonnés. Pas de col. Vélo Myrock Mana CLM. Ancienne selle : Fizik Arione tri 2.

Caractéristiques :

  • Possède un rembourrage léger en mousse et en gel et des rails en alliage de titane.
  • Longueur : 245 mm, largeur : 130 mm..
  • Poids 280 g.

Impression

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Montée sur mon Myrock Mana de CLM

C’est la selle que l’on trouve le plus fréquemment sur le circuit de triathlon US et principalement à Hawaï. Parmi les 1900 gars les plus forts du monde sur longue distance (pour être objectif il faut enlever à la louche les 100 premiers qui n’ont pas toujours le choix du matos : sponsors obligent) la plupart prennent cette selle en premier choix (devant Fizik) … Ce constat m’a fait réfléchir …

Feu ! … On part pour les premiers tours de roue. Déjà habitué à l’ergonomie ISM avec mon test préalable sur l’Attack, je ne suis pas perdu. Le nez raccourci et coupé en biseau donne un véritable confort en position aéro. Et comme tout l’intérêt de ces vélos est de passer un maximum de temps dans cette position pour réaliser un meilleur chrono, ça me plait !

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Alors, même remarque, attendez vous à quelques ajustements à réaliser au niveau position  sur les premiers kilomètres car les rails sont légèrement rehaussés par rapport aux selles classiques : donc clé allen dans la poche O-BLI-GA-TOIRE !

Le confort de la selle permet d’envisager autrement de passer les distances en « tri » : 40, 90 et à fortiori les 180 km de vélo.

En termes de tenue : les petites chamoisines des trifonctions passeront sans soucis.

Malgré une position plutôt allongée (13° angle tronc / cuisse), je n’ai subi aucune contrainte. La seule étant de se réajuster pour bien se caler en cyclisme. Elle ne posera aucun problème en triathlon car on ne se relève que très rarement pour relancer.

Niveau esthétique je la trouve un peu en dessous de l’Attack et de la Fizik, mais elle compense diablement par son efficacité : donc je valide également.

Prix : 200 €

http://www.rotorfrance.com/ism/time-trial

Conclusion

N’ayant pas de problème chronique avec mon périnée mais juste les inconforts habituels des cyclistes, c’est une jolie surprise pour moi de découvrir une approche différente sur cette partie du vélo qui intéresse généralement très peu la R&D des marques.

Je ne peux bien sûr pas comparer ces selles ISM avec d’autres marques qui proposeraient des principes identiques car je n’en ai jamais eu sous les fesses. Ce que je peux vous dire, c’est que mon Arione tri et ma Spé sont bien moins confortables pour cependant quelques grammes de moins.

Alors à part les « light-weenies » qui vont aller chasser le pouilléme de gramme cette selle peut vous intéresser. Très souvent les revendeurs en proposent en test, l’idéal est toujours de vous faire votre propre opinion, pour ma part c’est avec regret que j’ai vu repartir la Time trial après avoir terminé mon test …

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    J’aurais des questions à poser à l’auteur de cet article sur le modèle Attack testé :
    – Avez-vous favorisé une installation à l’horizontale ? Légèrement inclinée vers l’avant ou l’arrière ?
    – Avez-vous modifié la hauteur de votre tige de selle ?
    – Avez-vous eu des courbatures après les premières sorties ?

    Laurent

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