Le chiffre 7 est à la fois magique et symbolique. Issu de l’addition du 3, symbole céleste de la Trinité, et du 4, symbole de la matérialité terrestre (les 4 points cardinaux), le sept est également symbole de « l’union du Ciel et de la Terre ». La semaine a 7 jours, l’arc-en-ciel est composé de 7 couleurs, la gamme diatonique est constituée  de 7 notes, les centres d’énergie (ou « chakras ») du Yoga sont au nombre de 7, l’astrologie traditionnelle compte 7 planètes. Sans compter les 7 Mercenaires, les Sept Samouraïs, le jeu des 7 familles, … bref la liste est longue, … et je ne me risquerais pas à aller jusqu’aux 7 nains, tant ces 7 Majeurs sont impressionnants avec leur D+  de géants.

Les 7 majeurs, c’est quoi ?

C’est une confrérie, qui propose à ses membres d’entrer dans la légende des 7 majeurs. Elle propose, à ceux qui veulent l’oser, de défier 7 géants des Alpes franco-italiennes dont les sommets sont tous situés à plus de 2000 m d’altitude. Cette épopée cyclo montagnarde, longue de 360 km, comporte plus de 10 000 m de dénivelé positif. Elle est devenue au fil des années, une sorte de «graal» que les cyclistes veulent atteindre pour enrichir leur palmarès.  Vars, Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, Lombarde, Bonette, ces 7 cols majeurs appartiennent à la légende du cyclisme.

Récit des 7 Majeurs
La Casse déserte de l’Izoard appartient à la légende du cyclisme – photo Stéphane

Théâtre d’exploits et de défaillances, quelques unes des plus belles pages du Tour de France et du Giro y ont été écrites. Enchaîner ces 7 monstres sacrés en moins de 24 heures, tel est le challenge à relever, pour devenir « Grand Maître » de la confrérie des 7 Majeurs. Il faudra être affuté pour être à la hauteur du défi …

7 majeurs
Le profil des 7 majeurs : impressionnant

Stéphane est devenu « Maître »

Stéphane Pochat, le patron du magasin Culture Vélo de Marseille, est un cycliste accompli. Il se consacre depuis 2 ans à des épreuves de longues distances à vélo. Il est tombé dedans grâce à Chilkoot « J’ai découvert cet univers là grâce à Luc Royer et aux aventures Chilkoot qu’il propose aux cyclistes. J’ai participé à bon nombre d’épreuves qu’il a organisé. Pour les 7 Majeurs, c’est Thierry Saint-Léger qui m’a mis cette idée là en tête lors de la dernière Born to Ride. Je connaissais déjà cette épreuve de nom, mais je ne connaissais pas les dénivelés et les kilomètres … J’ai dit oui et puis voilà je me suis lancé », m’explique Stéphane. Finalement les dates de Stéphane et de Thierry ne coïncidaient pas. Stéphane a dû avancer la date et il s’est élancé seul dans l’aventure et ces 7 majeurs ne l’ont pas vacciné du vélo … au contraire.

« Mon rendez-vous avec Thierry n’a pas pus se faire et du coup c’est la première épreuve ultra que je fais seul, et j’ai adoré. Je me suis confronté seul à la météo : j’ai eu de la pluie, de l’orage, de la chaleur, … J’ai dormi à peu près 1 h – 1h30. J’étais seul dans la nuit avec ma machine et c’est ça qui m’a beaucoup plu », me déclare Stéphane, qui a pris goût à cette solitude cycliste et qui fera la BTR l’an prochain en solitaire.

La Confrérie des 7 Majeurs compte 3 grades :

  • Grand Maître (intégralité du parcours des 7 majeurs réalisé dans un délai maximal de 24 heures)
  • Maître (intégralité du parcours réalisé dans un délai maximal de 48 heures)
  • Membre (grimper chacun des 7 cols entre juin et octobre d’une même année)

Stéphane termine en 26 heures « C’est à l’arrivée que j’ai compris que si on voulait la faire en moins de 24 heures, il ne fallait pas du tout dormir », précise Stéphane.

Des grands moments

Récit des 7 Majeurs
7 Majeurs en haut du col Agnel éclairé par le phare du vélo – photo Stéphane Pochat

Il y avait plein de cols que je n’avais jamais montés. Un des premiers fait marquant de mon périple a été la montée nocturne du col d’Agnel. Je l’attaque à 22 heures le soir ; c’est la nuit noire, l’avantage c’est qu’on, est peinard : il n’y a plus de motos, ils sont normalement tous à l’apéro ou en train de manger. Mais là, subitement, une vingtaine de motos qui dévalent le col de nuit m’arrivent dessus me faisant penser à une descente aux flambeaux comme on en voit parfois au ski. J’ai juste le temps de saisir ma Gopro pour filmer ce moment puis me replonger dans la nuit, pour finir tout seul à 2700m sous un ciel étoilé. L’arrivée devant cette grosse pierre, où sont gravés les noms : France – Italie restera elle aussi gravée dans ma mémoire.

La suite avec la descente, toujours de nuit, vers l’Italie restera un beau souvenir. Je m’installe plus bas à Chianale en Italie, avec mon petit duvet, et là un orage me réveille il me faut d’urgence trouver un abri. Je décide finalement de repartir vers 3 heures du matin, et dans la descente j’ai failli percuter 2 chevreuils, perdus au milieu de la route.

Récit des 7 Majeurs
Col de Sempeyre

L’enchaînent avec le dur col de Sempeyre (voir photo de couverture) sera récompensé par un superbe lever de soleil. J’en prends plein les yeux : c’est superbe. Sur la fin du col je rejoins Jean-Yves Couput et son copain Laurent, il y a là-haut une lumière fabuleuse.

Le 5 ème col va laisser des traces

Récit des 7 Majeurs
Col de la Fauniera : pluie et vent

Là je sens que ce 5ème col de la Fauniera va laisser des traces. J’arrive en haut encore en bonne forme mais les conditions ont encore changé : c’est la pluie et le vent avec des petits coups de cul à 18% … ça va peser.

Récit des 7 Majeurs
Les cols sont souvent très décorés par des monuments à la gloire du vélo

Je ne reste pas longtemps en haut, j’attaque la descente puis la vallée pour aller entreprendre la montée de la Lombarde sous un soleil éclatant. J’essuie 2 coups de moins bien dans la longue montée de 24 kilomètres. Je profite du paysage et j’arrive vers 13 heures en haut.

Récit des 7 MajeursRécit des 7 Majeurs
Col de la Lombarde

Reste la Bonette : le gros morceau … et je me dis que ça va être dur. Je ne connaissais pas ce col, on n’en voit jamais la fin. Je l’ai fait au mental et la descente vers Jausiers sera la sublime récompense.

Récit des 7 Majeurs
La Bonette … un sacré final.

J’ai très bien récupéré … 26h30, pour ce challenge : parti à 16 heures le samedi je suis arrivé à 18h30 le dimanche.

Voilà le récit de Stéphane qui illustre ce que sont les 7 majeurs. Il a au passage découvert de nombreux cols qu’il n’avait jamais roulé, en finissant dans un temps remarquable mais qui ne lui confère que le statut de « Maître » de cette confrérie de cycliste, qui chaque année s’enrichit de nouveaux membres. Cet article donnera peut-être des idées à d’autres grimpeurs de cols …

Infos sur : http://www.les7majeurs.com/

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