Bernal et les fils de la CordillèreIls viennent chaque année animer les étapes de montagne lors des grands tours cyclistes européens : ce sont les fils de la Cordillère. Sur la couverture du livre de Guy Roger s’affiche en grand le dernier de leurs héros : Bernal, mais ce livre est avant tout l’histoire de ces coureurs Colombiens, qui depuis Cochise Rodriguez bouleversent la hiérarchie convenue du cyclisme international.

En Colombie, depuis des générations, le vélo est le moyen de passer de montagnes en vallées. On y recense 20 millions de vélos et le vélotaf n’est pas là bas un concept, mais une réalité quotidienne. Dans ce contexte dès l’âge de 13 ans un certain Nairo Quintana effectuait quotidiennement 1000 m de D+ dans un sens et dans l’autre sur les 16 km sur le trajet qu’il devait emprunter pour aller à l’école.

Le livre de Guy Roger est un ouvrage de référence et une mine d’informations sur ces fils de la Cordillère, plutôt discret sur leur vie et peu bavards devant les micros. Cet ouvrage comporte deux parties : la partie 1 (88 pages) est consacrée à Bernal le vainqueur surprise du dernier Tour de France, la partie 2 concerne ceux qui lui ont montré la voie. L’auteur connaît parfaitement son sujet et ce livre m’a appris beaucoup de choses. On s’intéresse peu à ces coureurs « saisonniers » qui sont très discrets dans les courses classiques, mais qui brillent dès que les courses prennent de l’altitude sur plusieurs jours.

Cet ouvrage est une belle découverte et je vous invite à lire.

Informations

Bernal et les fils de la Cordillère
Bernal et les fils de la Cordillère

Pitch de l’éditeur

Depuis un siècle, la Cordillère est la source de toutes les vocations cyclistes qui se sont envolées ou effondrées entre Bogota et Medellin. À Zipaquira, cité proche de la capitale, c’est entre les eucalyptus du Parque de la Sal, à 2800 m, qu’un gamin de 8 ans, prénommé Egan, s’est découvert à VTT, une vocation qui l’a propulsé sur la plus haute marche du podium du Tour de France 2019. Il se confie longuement dans ce livre.

Mais le jeune Egan Bernal est aussi l’héritier d’une dynastie de grimpeurs fameux aux destins extraordinaires. Cochise Rodriguez, recordman de l’Heure et fidèle équipier de Felice Gimondi, Lucho Herrera, meilleur grimpeur du monde des années 80, enlevé par les FARC après sa carrière, Fabio Parra, l’Homme de fer, Patrocinio Jimenez, mineur au fond d’un puits de charbon à l’âge de 10 ans, Martin Ramirez, bourreau de Bernard Hinault, en 1984, dans un Dauphiné d’apocalypse, Alfonso Florez, vainqueur du Tour de l’Avenir 1980, assassiné par des sicarios, Cacaito Rodriguez qui se levait à 4h du matin pour aller s’entraîner, Mauricio Soler, maillot à pois du Tour 2007, miraculé et handicapé pour le restant de ses jours après une chute d’une gravité extrême, Nairo Quintana dont les tests d’effort à 18 ans étaient supérieurs à ceux d’un autre colombien, âgé de 30 ans, Santiago Botero, champion du monde contre la montre 2002. Même les frères Pablo et Roberto Escobar ont tenté un jour leur chance dans le peloton.

On ne peut les citer tous mais Rigoberto Uran, Superman Lopez, Fernando Gaviria, ont grandi eux aussi sur les pentes de la Cordillère, territoire Comanche pour les Européens, Bernard Hinault, Laurent Fignon, Luc Leblanc, Charly Mottet, Pascal Simon et récemment Julian Alaphilippe, venus la défier.

Ce sont ces moments de vertige, au bord du gouffre que l’auteur raconte sous forme de petites nouvelles, à travers des personnages, magiques, un peu borderline, humbles ou phénomènes, rencontrés au fil de ses voyages. Tout cela dans le décor grandiose de sa Majesté la Cordillère où s’entrecroisent des hommes épris de religion, des narcos, des FARC, tous réunis par l’amour du cyclisme.

À propos de l’auteur

Guy Roger, ancien journaliste de L’Équipe, est spécialisé dans le cyclisme. Il a voyagé de nombreuses fois en Colombie.

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