Dans le monde de l’ultra-distance, l’éclairage n’est pas un simple accessoire : c’est le garant de la sécurité, de la vitesse et du moral quand la nuit s’installe pour de bon. Jusqu’ici, choisir une lampe Exposure Lights, c’était accepter l’excellence technique mais aussi la contrainte d’un chargeur propriétaire. Laurent nous en parlait déjà en 2022 dans un article dédié à l’éclairage gravel, alors voyons les évolutions apportées depuis sur cette Exposure lights Toro 16.

La quête du faisceau parfait
Avec la nouvelle Exposure Lights Toro 16, la marque britannique semble avoir entendu les prières des cyclistes nomades. En intégrant enfin la recharge via USB-C, Exposure Lights modernise son icône pour l’inscrire dans une nouvelle ère de polyvalence. Mais la vraie prouesse réside ailleurs : malgré une batterie massive et une puissance de feu, la Toro réussit à conserver un poids contenu annoncé à 260 g. C’est cet équilibre rare entre la performance d’un phare de rallye sans l’encombrement d’une batterie déportée qui a attiré mon attention.


Mon idée est simple :
Tester cette lampe sur deux terrains radicalement différents
Le vélotaf : 200 km hebdomadaires où la fiabilité et la simplicité de recharge sont essentielles.
L’aventure en mode Ultra : des traces de 300 à 500 km où chaque gramme compte et où l’autonomie devient la priorité absolue.
Premier contact : l’orfèvrerie industrielle Made in UK
Avant de parler lumens, il faut parler de l’objet. Exposure Lights est une institution dans le monde du cyclisme outre-Manche. La marque conçoit, teste et fabrique tous ses éclairages directement au Royaume-Uni, dans le West Sussex. Cette maîtrise totale de la chaîne de production se ressent immédiatement. Le niveau de finition “industriel chic” n’a rien à envier à la rigueur allemande.

Le corps est taillé dans un bloc d’aluminium 6063, conçu pour encaisser la boue et les vibrations. Un point crucial pour l’aventure : la Toro 16 affiche une certification IP67. Elle est donc totalement protégée contre la poussière et peut supporter une immersion temporaire, de quoi affronter les pires orages sans l’ombre d’une inquiétude.
Le souci du détail est partout :
L’affichage OSD+ : à l’arrière, l’écran OLED utilise la technologie “OMS” (Optimised Mode Selector) pour afficher le temps de batterie restant et le mode sélectionné.


Le support QR (Quick Release) : un bijou d’ingénierie qui permet de clipser/déclipser la lampe en une seconde via une gâchette rouge anodisée. En option, vous pourrez choisir le support adapté à votre set up.
Zéro câble : tout est intégré. Le poste de pilotage reste propre, un vrai soulagement avec une sacoche de cintre.



Sur le terrain : l’intelligence au service du cycliste
C’est en dynamique que la Toro 16 révèle son véritable caractère. Sur le papier, la puissance est impressionnante, mais sur le terrain, c’est la technologie Reflex 2.0 qui change la donne. Plutôt destinée au off road, La TORO 16 s’accommode très bien de l’asphalte.


La technologie Reflex 2.0 : un copilote invisible

Le principe est simple mais redoutable : des accéléromètres et des capteurs de température analysent votre vitesse et le relief pour adapter l’intensité jusqu’à 3850 lumens.
En montée : Vous roulez lentement, la lampe baisse son intensité pour économiser la batterie.
En descente : Vous prenez de la vitesse, la Toro “booste” instantanément le faisceau pour vous offrir une vision lointaine et sécurisante.


Mais cette puissance est aussi protégée par l’ITM (Intelligent Thermal Management). Ce circuit interne breveté surveille la température des LED en temps réel. Si la lampe chauffe trop (à l’arrêt par exemple), l’ITM réduit subtilement la puissance pour préserver la durée de vie de la batterie et des composants. Dès que le flux d’air refroidit le corps de la lampe, la puissance revient instantanément.
Deux visages : ville et aventure
En mode Vélotaf (45 km) : sur mes trajets quotidiens, la Toro m’offre une sécurité active. J’utilise souvent le mode DayBright (DB : un flash puissant). Sa visibilité est telle que j’ai remarqué que les voitures s’écartaient davantage à mon approche. Le faisceau large permet de bien balayer les bas-côtés, un point crucial pour anticiper une portière ou un piéton.


En mode Ultra (300-500 km) : le faisceau est particulièrement “propre” : il n’y a pas de point chaud central qui fatigue l’œil à la longue, mais une nappe de lumière homogène qui enveloppe la route. L’absence totale de câbles me permet de changer de position de mains sur le cintre sans jamais être gêné. Ce détail qui devient un argument majeur après 15 heures de selle.
Autonomie et Recharge : le nerf de la guerre
Sur un test de longue distance, la gestion de l’énergie est souvent une source de stress. Avec la Toro 16, Exposure Lights a enfin levé le dernier verrou qui freinait encore certains aventuriers : la connectique.
L’USB-C : le Graal du Bikepacker
Le passage à l’USB-C est la vraie révolution de ce modèle. Plus besoin de s’encombrer d’un chargeur spécifique : un seul câble suffit désormais pour le téléphone, le GPS et l’éclairage.

Surtout, cette connectique universelle implique un avantage majeur en bikepacking : on peut enfin recharger la lampe directement depuis une powerbank. Cette flexibilité permet d’envisager des sorties de plusieurs jours en autonomie totale, en rechargeant la Toro lors d’une pause ou même en roulant si le terrain le permet.
Un temps de charge record :
Pour une batterie aussi généreuse de 12 000 mAh, le temps de recharge est crucial. Grâce au chargeur 40W fourni, la Toro 16 repasse de 0 à 100% en seulement 3h15. En ultra distance, c’est un luxe incroyable : le temps d’un long dîner ou d’une courte sieste, et vous voilà reparti pour une nuit complète avec le plein d’énergie.


La lampe fait aussi office de powerbank de secours via la fonction Smart Port+, permettant de dépanner un GPS ou un dérailleur électrique en fin de parcours. Côté gestion, l’écran OSD+ permet de moduler l’intensité (OMS) avec précision pour tenir d’une nuit blanche engagée jusqu’à 36 heures en mode survie.

Validée par l’élite de l’Ultra-Distance
Si mon test confirme les qualités de la Toro 16 pour un usage mixte, il suffit de regarder la tête de course des épreuves les plus prestigieuses pour comprendre la réputation d’Exposure Lights. La marque est devenue, presque naturellement, le choix privilégié des cadors de la discipline.
On retrouve ainsi ces éclairages sur les vélos des maîtres de l’ultra :
Alex McCormack : la nouvelle pépite britannique qui rafle tout sur son passage (Vainqueur de l’Atlas Mountain Race 2025, de la Hellenic Mountain Race 2025, 2ème de le Silk Montain Race 2025 et recordman de la Highland Trail 550). Pour maintenir des vitesses de pointe sur les sentiers techniques, la clarté du faisceau est son arme absolue pour rouler sans s’arrêter. Je le remercie de m’avoir envoyé deux de ses montages en détail.



Adrien Liechti : notre référence francophone (suisse), explorateur insatiable et machine de guerre (Vainqueur de l’inaugural Hellenic Mountain Race et de l’Ascend Armenia). Adrien est connu pour son minimalisme. S’il embarque une Exposure lights (ou deux !), c’est que chaque gramme est justifié par une performance sans faille. Merci à lui également de partager un de ses montage réalisé par le fabuleux Vélo Mario.

Le fait de voir ces champions enchaîner les victoires avec une lampe (ou deux!) Exposure Lights sur le cintre est le test de torture ultime. Ils recherchent exactement ce qu’offre cette Toro :
- une fiabilité absolue sans câbles qui lâchent sous l’effet des vibrations,
- une gestion intelligente de l’énergie pour ne plus avoir à manipuler ses boutons en pleine descente,
- et désormais, cette recharge USB-C qui simplifie leur logistique de course.
Verdict : la Exposure Lights Toro 16, l’investissement ultime ?
Après plusieurs centaines de kilomètres à jongler entre le bitume urbain et les sentiers isolés, le bilan est sans appel. La Toro 16 n’est pas seulement une mise à jour technique, c’est une réponse concrète aux besoins des cyclistes qui refusent de choisir entre pragmatisme et performance. Dans la vidéo ci dessous, vous découvrirez les dernières nouveautés 2026.
On a aimé :
- L’USB-C et la charge rapide : la fin d’une ère propriétaire. Pouvoir recharger 12 000 mAh en 3h15 ou via une powerbank, change la vie en bivouac ;
- L’intelligence Reflex 2.0 : on l’oublie, et c’est là sa plus grande force. La gestion de la puissance est totalement transparente.
- La robustesse IP67 & ITM : avec 3850 lumens protégés contre l’eau, la poussière et la surchauffe, c’est un achat pour dix ans.
- L’affichage OSD+ : un véritable tableau de bord indispensable pour gérer son effort nocturne à la minute près.
On a moins aimé :
- L’investissement : un prix élevé, mais amorti par la durabilité et la fabrication “Made in UK” ;
- Le support propriétaire : bien qu’excellent, il impose d’équiper chaque vélo d’un support dédié si l’on veut passer la lampe de l’un à l’autre en un clic.
Conclusion : pour qui ?
Cette Exposure Lights Toro 16 s’adresse selon moi au cycliste exigeant qui veut une lampe unique pour tout faire.
Elle est trop puissante pour du simple vélotaf urbain ? Peut-être. Mais sa capacité à sécuriser vos trajets quotidiens le matin tout en étant capable de vous guider à travers une épopée de 500 km le week-end en fait un outil d’une polyvalence rare. Pour ceux qui, comme moi, cherchent à rationaliser leur équipement sans sacrifier la fiabilité, la Toro 16 est sans doute la meilleure lampe “tout-en-un” du marché actuel.

Prix de la lampe testée : 355 € (attention aux frais de douane depuis le Brexit)
Site fabricant : Exposure lights



