Léon est une marque française qui propose depuis plusieurs années une gamme complète de vélo sur mesures en titane. La gamme Gravel n’est pas en reste puisque très tôt, David Robert son fondateur, a su apposer subtilement son empreinte à cette pratique émergente. J’avais pu le rencontrer l’été dernier dans son atelier installé dans les Vosges, mais nos agendas respectifs n’avaient pas permis la mise en place d’un essai. C’est désormais chose faite avec celui de ce GraAll, le dernier né de la gamme Léon, avec lequel j’ai pu parcourir très exactement 719 km à travers le Var.

Test du GraAll Cycles LEON
C’est avec ce GraAll, le dernier né des Cycles LEON, que j’ai pu parcourir très exactement 719 km à travers le Var – photo Laurent Biger

La dénomination GraAll provient de la contraction de Gravel & Allroad. Dans la gamme Léon, ce modèle viendra donc se placer entre le Genus (route) et le Larage (gravel). Un ambitieux programme que nous confirme la géométrie de ce cadre. Des bases très courtes (405mm), tout en offrant de généreux passage de roues. C’est entre autres la jonction entre les bases et le tube de selles en forme de fer à cheval qui permet de réussir ce pari technique. Cette pièce de titane de forme plate est censée favoriser la souplesse verticale du triangle arrière, tout en conservant au cadre suffisamment de rigidité latérale. La finition n’est pas en reste, avec de discrètes et belles soudures.

Test du GraAll Cycles LEON
La finition n’est pas en reste, avec de discrètes et belles soudures. – photo Laurent Biger

Personnalisable, outre la taille qui sera réalisée sur mesure, l’acquéreur peut choisir entre différents formats de douilles de direction. Un plus non négligeable, car nous sommes nombreux à être de plus en plus précis sur nos désidératas techniques. Le boîtier de pédalier est pour sa part désormais imposé en format T47, décidément de plus en plus en vogue.

La géométrie globale, outre les bases courtes déjà évoquées, fait immédiatement penser aux productions de l’américain GT et son fameux concept de « triple triangle ». Un concept qui a fait ses preuves et qui est repris par beaucoup de marques, moyennant quelques adaptations d’ordres esthétiques et techniques.

Test du GraAll Cycles LEON
La géométrie globale, outre les bases courtes déjà évoquées, fait immédiatement penser aux productions de l’américain GT et son fameux concept de « triple triangle ».

Ce modèle d’essai était livré avec un très bon équipement. On trouve notamment des roues en carbone DUKE World Runner, un pédalier ROTOR avec plateau ovale, un groupe SRAM Force et de beaux périphériques Ritchey WCS et Haero Carbon. Des périphériques bien pensés et parfaitement adaptés à notre usage grâce à leurs qualités de filtration, bien réelles sur la gamme WCS de Ritchey.

Test du GraAll Cycles LEON
Des périphériques bien pensés et parfaitement adapté à notre usage – photo Laurent Biger

Ce vélo était équipé de pneu routier tubeless de 32 mm. Un montage en adéquation avec la philosophie « Allroad » de ce GraAll. Néanmoins, souhaitant allez chercher les limites de ce vélo hors des routes, j’ai rapidement monté des Hutchinson Black Mamba Tubeless de 38 mm. Un montage prévu par ce cadre, qui accepte sans sourciller des pneus jusqu’à 42 mm.

Test du GraAll Cycles LEON
Ce cadre, qui accepte sans sourciller des pneus jusqu’à 42mm – photo Laurent Biger

Maintenant chaussé pour aller sereinement sur les pistes du massif des Maures, il est temps de vous relater mon ressenti à son guidon. Pour un cadre qui se veut orienté « Allroad », j’ai été très agréablement surpris par ses aptitudes « Offroad ». La douille de direction et la fourche (ENVE sur cet exemplaire) font preuve d’un excellent guidage, mettant en confiance dès les premières descentes.

Une sensation agréable de précisions, pour laquelle l’excellent cintre en carbone Ritchey n’est pas étranger grâce à un drop parfaitement adapté à la position d’un cycliste Gravel en descente. Descendre rapidement des pistes et sentiers en Gravel reste un exercice délicat, voire périlleux, où les périphériques (entre autres) relèvent d’une importance capitale dans le pilotage …  L’angle de direction de 71° apporte la stabilité nécessaire et participe grandement à ce sentiment de sécurité.

Test du GraAll Cycles LEON
J’ai été très agréablement surpris par ses aptitudes « Offroad » – photo Denis Cauvin

Les bases très courtes apportent inévitablement des relances efficaces, bien aidées avec les roues performantes et légères de ce montage. Un montage relativement léger, puisque le vélo a été pesé à 8,5 kg, incluant mes pédales, deux portes-bidons et cette monte pneumatique en 700 x 38 mm.

En conséquences, et malgré cette fameuse plaque en forme de « fer à cheval » évoquée plus haut, la filtration de ce cadre reste relativement ferme. Pour un usage purement Gravel j’entends bien ! Car sur route, les quelques sorties que j’ai pu effectuer en utilisant la monte de pneus routiers en 32 mm mettent en avant de belles aptitudes de ce côté, faisant de ce GraAll une monture particulièrement adapté à un usage routier de type « Endurance ».   À fortiori, avec cette transmission dotée d’un plateau de 44 dents et d’une cassette 10-42, procurant une allonge suffisante sur le bitume.

Test du GraAll Cycles LEON
Sur route des crêtes en Léon GraAll – Photo Denis Cauvin

En conclusion, j’ai pris beaucoup de plaisir à rouler sur ce GraAll, mais pas forcément là où je l’attendais, puisque je l’ai surtout apprécié sur de rapides pistes où la rigueur de son cadre et de ses équipements apporte beaucoup de précisions dans le pilotage.

Ce dynamisme engendre néanmoins quelques concessions niveau confort si on le compare (injustement) à des Gravel typés « Aventure ». Sur route, loin de démérité grâce à de réelles aptitudes à l’endurance, il aura peut-être plus de mal à s’imposer face à une concurrence très aiguisée sur ce créneau. Le compromis est un art difficile mais nécessaire dans l’univers du Gravel. Ayant sa propre approche, Léon signe avec le GraAll un condensé de son savoir-faire en la matière.

  • Prix public du cadre : 1700 €
  • Fouche ENVE : + 500€
  • Fourche 88 : + 240€

Poids de ce montage, avec pédales, deux portes bidons et pneus de 38 mm : 8,5 kg

Infos sur le site des Cycles LEON

 

LEAVE A REPLY