Chez Rondo, il y a plein de vélos ! Après le Ruut, le HVRT, voici quelques nouveautés qui viennent enrichir le catalogue 2020. On pensait que la marque polonaise allait se cantonner au gravel Ruut qui se déclinait en différents matériaux autour de sa célèbre fourche twintip .. Et bien non, car déjà en 2019 nous avons eu une première surprise avec le polyvalent HVRT que nous avons testé sur Bike Café. Cette année voici de nouvelles sorties du chapeau du magicien polonais : une randonneuse baptisée Mutt … Nous ne sommes pas dans les rayons d’Ikea, comme pourraient laisser penser les noms choisis par Rondo pour ses vélos. En fait, nous sommes sur le terrain du test, en compagnie de Jean-Marc, alias ImaSu, que les membres de Gravel Bike France connaissent bien. À noter que Rondo a également sorti cette année un nouveau gravel le Bogan ST aux allures de monster gravel équipé de pneus en 2.1, mais c’est une autre histoire et peut-être un autre test à venir.

Finalement, en cherchant bien, le mot « Mutt » n’a rien de suédois, et si on le traduit de l’anglais ça signifie « cabot », un chien qui aurait hérité de plusieurs races. C’est un peu le cas pour ce vélo qui possède les gênes d’un routier, comme on appelait ces vélos autrefois – les gênes d’un gravel, vision du vélo plus moderne et tendance – et enfin les gênes d’une randonneuse, plus classe, issue de la noble lignée du cyclotourisme Audax.

Test du Rondo MUTT ST
C’est donc ce vélo que Jean-Marc est allé chercher fin février – photo ImaSu

Le premier vélo arrivé en France chez l’importateur Tribe Sport Group, est un MUTT version cadre en acier (ST). C’est donc ce vélo que Jean-Marc est allé chercher fin février pour le tester. Il est en acier Tange, mais on le trouvera également au catalogue Rondo un Mutt en version cadre alu.

Visuellement, c’est une réussite, la peinture est superbe. Les gardes-boue assortis sont bien intégrés et enveloppent des roues de 650 généreusement chaussées. Le vélo dégage un aspect compact qui donne envie de sauter en selle et rouler.

Une randonneuse chez Rondo ! …

Laissons Jean-Marc nous expliquer sa découverte.

Ce vélo pourquoi ? C’est ce que j’ai voulu le découvrir en roulant en effectuant 600 km avec. La géométrie générale place le Mutt entre un vélo de route et un gravel. Son usage de type  « endurance » est marqué par ses dimensions et ses angles.

Le cadre est en acier Tange Prestige, cette série de tubes haut de gamme de la marque japonaise est une référence depuis de nombreuses années dans l’industrie et l’artisanat du cycle. Moins connus que les tubes Reynolds et autre Columbus, de nombreux cadreurs les ont utilisés pour construire de très beaux vélos.

Rondo MUTT ST
Présentation du Rondo MUTT ST – Le retour de la randonneuse de « papa » re-visitée par Rondo. Gardes boue, roues de 650 et pneus de 47, pédalier sub-compact, freinage hydraulique, … on sent qu’on peut rouler loin et longtemps.

On retrouve comme sur tous les vélos Rondo la fourche twintip (A) carbone permettant d’avoir 2 géométries/comportements du vélo en modifiant la position de la roue avant. Le cadre et la fourche sont équipés d’inserts permettant de monter des portes bagages (B).
On trouve le groupe Shimano 105 la version double d’un pédalier FSA 48/32 (C) et une cassette Shimano 11×32. De quoi pouvoir affronter les longues ascensions et/ou gérer ses efforts pour les longues sorties vélo, chargé en mode bikepacking .

Les roues sont spécifiques à la marque, c’est un modèle 650B (D) avec les jantes aluminium superlight : bon choix. Les pneus sont des WTB 650 x 47 (E) différenciés : Horizon à l’arrière et Byway à l’avant possédant des crampons sur les cotés. Bien vu pour la sécurité et le contrôle lors des sorties hors routes. Ils sont protégés par des gardes-boue (F) particulièrement protecteurs et peints comme le cadre.

Test du Rondo MUTT ST
Quelques détails du Rondo MUTT ST – photos ImaSu

Le début …

Petite sortie de 40 km pour prendre le vélo en main et roder les plaquettes. Tout de suite je me suis senti bien posé sur ce vélo sur les petites routes sinueuses. Il donne envie de rouler pour profiter des paysages. Il est confortable et très maniable. En montant un petit col, sans avoir envie de forcer, je teste le groupe Shimano 2×11 qui est un vrai plaisir d’utilisation. Je passe mon temps à changer de vitesses pour conserver un bon rythme sans me fatiguer.

Test du Rondo MUTT ST
La descente du col se fera tranquille pour bien m’habituer au freinage – photo ImaSu

La descente du col se fera tranquille pour bien m’habituer au freinage. Le vélo est facile à piloter et il n’y a pas de vibration, ni de bruit au niveau des gardes-boue. L’intégration de leurs fixations sont bien conçues et on les oublie carrément. J’aime bien le look randonneuse qu’ils procurent au vélo.

Les sorties suivantes se feront sur des parcours mixant petites routes, secteurs urbains, pistes cyclables et quelques longs bout de tout droit.

Test du Rondo MUTT ST
Test du Rondo MUTT ST – photo ImaSu

Je commence à comprendre le pourquoi …

Et c’est dans ces conditions de roulage bien différentes que j’ai pris la mesure du pourquoi un tel vélo ? Une sensation de confort et de sécurité permanente, rouler sans se poser de question, que se soit sur les petites routes dégradées, sur les pistes cyclable jonchées de débris, affronter les chicanes et les dénivelés du revêtement. Idem en ville où il faut toujours être vigilant au milieu de la circulation, aux passages piétons, plaques d’égouts etc … Merci aux gros pneus et au freinage performant du groupe 105.

Test du Rondo MUTT ST
Test du Rondo MUTT ST sur les petites routes dégradées – photo ImaSu

Pendant les sorties 100% route que j’ai fait à son guidon, j’ai  toujours eu cette sensation de confort, mais pas que ! … Ce vélo est agréable et il n’est pas fait seulement pour rouler tranquille en regardant les paysages. On prend plaisir à emmener du braquet et malgré ses presque 10 kg, il permet de tenir une bonne moyenne sans avoir à rougir face à un pur coursier taillé pour la route, l’ensemble cadre/fourche est réactif, on se plait à relancer en sortie de virages et dans les les rond points.

J’ai toujours pu suivre les cyclistes que j’ai rencontré pendant mes sorties, sur le plat, dans les montées à 4-5% qui se passent facilement sur le grand plateau. Cela en a surpris plus d’un ! … Déjà le vélo se remarque visuellement par sa peinture et ses gardes-boue. J’ai souvent eu droit à des questions : le plus souvent  » C’est quoi ce vélo ?  » Il n’y a peut être que dans des longs cols, où il faudra baisser le rythme et jouer avec les vitesses. Ce vélo ne peut pas jouer dans la même catégorie qu’un pur vélo de route léger. Mais cela permet de toujours garder son rythme en s’économisant pour la prochaine ascension.

Test du Rondo MUTT ST
Test du Rondo MUTT ST – photo ImaSu

Par contre dès que la pente s’inverse, c’est un régal. À la fois maniable et précis dans les trajectoires. On prend plaisir à mettre de l’angle dans les virages, sans se poser de questions. Si bien que j’ai fait mon record de vitesse dans la descente d’un col que je fais régulièrement depuis 5 ans et sans avoir la sensation d’avoir pris des risques. Sans doute les bienfaits de l’inertie et l’apport des gros pneus.

À l’assaut des pistes

Me connaissant, je n’allais pas me contenter de faire de la route avec ce vélo. L’appel des DFCI est trop forte dans ma région. Grand bien m’en a pris. Ce Mutt est également très plaisant sur les pistes. Le groupe 105 en version double fonctionne très bien et l’étagement permet de monter partout où je suis passé. Les roues de 650 avec le pneus de 47 semi slick sont suffisantes au niveau motricité et grip.

Test du Rondo MUTT ST
Test du Rondo MUTT ST sur les DFCI – photo ImaSu

La géométrie compacte et la nervosité de l’ensemble cadre/fourche est un régal dans les parties sinueuses comme pour relancer en sortie de virage. En descente, j’ai pu rouler sereinement sans être tout le temps sur les freins hydrauliques ( qui sont très agréables au toucher et niveau puissance). Seuls les pneus slick et la fourche carbone très rigide m’ont rappelé à la réalité de la véritable vocation de ce vélo.
J’ai fait plusieurs sorties mi-route mi-piste avec ce « Cabot » et c’est ce que j’ai vraiment aimé faire avec ce vélo .

Pour conclure

Après 600 km au guidon de ce Mutt, qu’est ce qui ressort de ce vélo ? En premier lieu sa polyvalence. Ce vélo, prévu pour faire de la longue distance, est parfait pour cette utilisation : la position est confortable mais aussi suffisamment sportive. L’ensemble cadre/fourche nerveux, permet aussi de rouler vite avec ce vélo. Les roues de 650 avec les gros pneus de 47 sont vraiment un plus pour le confort et pour la sécurité. Cela permet de rouler sereinement sur les mauvais revêtements et réagir dans l’urgence en cas d’obstacles. C’est certainement aussi un plus quand on roule la nuit pour les mêmes raisons et en mode voyage avec le vélo chargé .
Et pour cette utilisation longue distance/voyage, les gardes-boue livrés d’origine apportent un plus.
Alors qu’est ce que l’on pourrai rajouter ? certainement des prolongateurs de cintre pour varier les positions pendant les longues heures au guidon de ce vélo .

Je verrais bien aussi ce vélo pour une utilisation vélotaf.

Mais ce qui m’a le plus agréablement surpris avec ce vélo c’est sa capacité à rouler sur les pistes. Et bien oui alors que ce vélo serait pour une utilisation 80% route et 20% pistes. J’aurais tendance à rééquilibrer ce pourcentage à 60/40, voir 50/50. Car avec ce vélo je me suis senti autant à l’aise sur les chemins qu’avec des purs gravel … Et à chaque fois que je rejoignais une route la position et la réactivité de ce vélo le rendait plus plaisant à rouler qu’un gravel.

Pour l’optimiser il suffirait d’enlever les gardes-boue, de faire un montage tubeless des pneus et il serait parfait pour mon utilisation .
Alors c’est quoi ce Mutt ? et bien un vélo randonneuse au sens noble du terme qui permet à tout un chacun de l’utiliser selon ses envies.

Caractéristiques

  • Pédalier : FSA « OMEGA COMPACT » – 48-32
  • Transmission : Shimano 105 11v
  • Cassette : Shimano  11-32
  • Chaîne : Shimano HG701
  • Freins : Schimano 105″(BR-R7070) – hydraulique – disque 160
  • Selle : Fabric Scoop Flat
  • Tige de selle : 27.2 mm RONDO en alu  Longueur 350 mm
  • Roues : RONDO « Superlight » 650b
  • Pneus : WTB 47mm Byway à l’avant – Horizon à l’arrière
  • Cintre : RONDO « Route » – Taille S (400 mm) M/L (420 mm) XL (440 mm)
  • Potence : Type A-Head RONDO – longueur S (80 mm) M (90 mm) L (100 mm) XL (110 mm)
  • Poids : 9,9 kg

Prix : 2159 €

Infos sur le site de Tribe Sport Group

4 COMMENTAIRES

  1. Merci pour ce test.
    Vous mentionnez dans votre test « une fourche équipée d’inserts permettant de monter des portes bagages » mais je ne vois aucun inserts sur vos photos au niveau la celle-ci.
    Pouvez vous me confirmer que cette dernière en dispose bien ?

    Merci d’avance

  2. Au début des années 90, j’ai eu 2 Specialized Stumpjumper en cadre Tange Prestige. Ils avaient un arrière très pur-sang, prompt à la ruade (bon les bases étaient ovalisées verticalement …).

  3. Bonjour, et merci pour ce test très intéressant ! Sauf erreur je n’ai pas vu d’appréciation sur le systèmes 2 positions de roues sur la fourche, et ses incidences sur le comportement du vélo. Avez-vous testé ?

    • Bonjour , je n’ai pas testé sur ce vélo , mais je l’ai fait auparavant sur le gravel Ruut de chez Rondo et on ressent vraiment une différence de comportement . Ce n’est pas un gadget , cela permet de mieux adapter le vélo au terrain et à ce que l’on recherche comme sensations à son guidon

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