Le bikepacking vous connaissez ? … Bien sûr, et vous êtes désormais très nombreux à scratcher sur vos vélos ces curieuses sacoches. On vous voit, façon baroudeur, enfourcher votre vélo ainsi équipé pour partir à l’aventure. Le cyclotourisme de papa, avec les grosses sacoches pendantes de part et d’autre des randonneuses, a été revisité grâce à cette bagagerie plus légère et plus fun qui s’adapte facilement à toutes les formes de cadres.

Les modèles de sacoches « catalogue » sont nombreux : de cadre, de selle, de guidon, … le choix est vaste. Mais voilà nos envies de custom, de sur-mesure, de singularité nous poussent à chercher le meilleur pour notre vélo. Il est vrai que les problématiques vont être bien différentes selon la forme du cadre slooping ou droit, entre un petit voyage avec pause le soir en gîte ou à l’hôtel et le baroud en pleine nature avec bivouac. La sacoche se veut parfois urbaine, on la souhaite assortie aux couleurs du vélo, étanche, … d’autres ont envie d’y fixer une veste ou des tongs par un cordon élastique … Les besoins sont nombreux et les réponses sont multiples.

Les nouveaux couturiers du Bikepacking

Ils ont commencé à coudre pour eux leurs premières sacoches. Puis ils en ont fait pour les copains et petit à petit leur réputation s’est construite par le bouche à oreille et surtout par les réseaux sociaux. Je les appelle les « rookies du Bikepacking » car ils viennent de se lancer dans cette activité, dans laquelle ils apportent une certaine fraîcheur créative.

Atelier Rebié

Atelier Rebié création de sacoches de bikepacking
L’Atelier Rebié

Aymeric a commencé un peu comme les autres à faire des sacoches pour lui et pour ses copains. « J’avais un rack sur mon vélo et j’avais besoin d’un sac à poser dessus et j’ai commencé comme ça …», me dit-il. Il y prend goût et la demande autour de lui a vite grossi.

Atelier Rebié création de sacoches de bikepacking
Aymeric de l’Atelier Rebié – photo Tim Bsn

Aymeric faisait ça à côté de son boulot au début. « Quand j’ai quitté mon travail, ça s’est structuré petit à petit, j’ai acheté une machine à coudre semi-industrielle, je me suis amélioré sur le sourcing des matières premières et j’ai répondu à des demandes de plus en plus complexes », m’explique Aymeric qui trouve dans sa petite entreprise le besoin d’indépendance qu’il cherchait dans le travail. Aymeric travaille principalement avec du Cordura et au début il a beaucoup observé ce qui se faisait aux US où les créateurs de sacoches avaient quelques longueur d’avance sur nous en matière de bikepacking.

Atelier Rebié création de sacoches de bikepacking
Atelier Rebié créations

Avec Aymeric la démarche est simple et le contact se fait via les réseaux sociaux. Très prochainement il va lancer une boutique en ligne pour vendre aussi des produits sur étagère. Il est ouvert à toutes les propositions et demandes particulières. Il dira si il peut le faire et dans quel délai. « Je suis assez ouvert et même ça m’intéresse bien d’essayer différentes choses comme ce que j’ai fait récemment pour Seb le Fatteux qui voulait une grosse sacoche de cadre. J’ai été ravi d’être sollicité pour ce projet. Ça s’est passé pendant le confinement et j’ai travaillé sans patron avec seulement des photos », me dit Aymeric.

Atelier Rebié création de sacoches de bikepacking
Atelier Rebié sacoche de guidon

Aymeric est installé à Bordeaux centre et en attendant la boutique en ligne, vous pouvez retrouver l’Atelier Rebié sur facebook : https://www.facebook.com/atelierrebie/

Copra

Copra Bikepacking
Copra Bikepacking

Copra Bikepacking fabrique des sacs et accessoires personnalisés pour les amateurs de vélo et les aventures en plein air. Chaque produit est fabriqué sur commande, à la main, à Paris. C’est Timothée qui a créé cette marque « À la base je suis designer de formation. Je dessine du mobilier et j’avais déjà commencé à travailler sur du textile cycliste dans le cadre de mon projet de diplôme. Et puis les choses évoluant, j’ai commencé à rouler en gravel et bikepacking et j’ai eu besoin de matos un peu spécifique et je ne trouvais pas mon bonheur. Du coup j’ai acheté une machine, un peu de tissu et je me suis mis moi-même à fabriquer mes propres sacoches », m’explique Timothée. Comme Aymeric, de l’atelier Rebié, il en réalise pour les copains, il fait son site internet, met en place une page Instagram en novembre 2018 et les contacts sont arrivés de partout : France, Europe et au-delà …

Copra Bikepacking
Copra Bikepacking

Les clients de Timothée sont plutôt des cyclistes confirmés qui ont des besoins assez spécifiques. En ce moment il reçoit pas mal de demandes de cyclistes d’ultra avec notamment des sacoches pour les prolongateurs, mais Timothée touche à toutes les disciplines du vélo … Il travaille avec du Cordura « Ce n’est pas forcément le plus léger, mais c’est le plus agréable à travailler pour moi. J’essaie d’éviter les matières un peu trop plastiques et légères genre Dyneema. Je préfère la résistance plutôt que chasser les grammes », m’explique Timothée.

Copra Bikepacking
Copra Bikepacking

Retrouvez les créations de Timothée sur son site https://www.coprabikepacking.com/

Le Rouquin qui roule

Les rookies du Bikepacking
Création Le Rouquin qui roule

Le rouquin est irlandais, et au téléphone ça s’entend. Il s’appelle  Patrick là encore c’est cohérent avec sa nationalité. J’ai pu lui parler alors qu’il faisait ses paquets car il déménage en Bretagne. Il a commencé à faire des sacoches comme tous les autres en faisant les siennes afin de compléter celles qu’il avait achetées dans le commerce. « Mécanicien dans le monde du cycle je voulais relier le monde créatif et le vélo. Prendre un peu de distance avec le côté pragmatique de la bicyclette. J’ai commencé à pratiquer le bikepacking en France », m’explique Patrick. Il était guide touristique vélo à Paris et il a eu envie de s’échapper de la capitale à vélo, c’est comme ça que tout à commencé. Maintenant ça fait 5 ans qu’il sillonne notre pays sur son vélo, une belle façon de le découvrir.

Les rookies du Bikepacking
Création Le Rouquin qui roule

Les commandes sont arrivées et Patrick ne s’y attendait pas. Il a posté un jour une de ses créations sur facebook et c’est parti. Pendant le confinement il a profité du chômage technique pour développer son activité sacoche qui est devenue principale. « Le confinement m’a permis de m’investir à 100 % et ainsi de travailler avec ma chérie qui s’occupe du site web et de la communication », explique Patrick.

Les rookies du Bikepacking
Création Le Rouquin qui roule

Pour les commandes ça passe par quelques modèles type et pour le sur-mesure un formulaire à remplir directement sur le site. Patrick travaille essentiellement pour l’instant avec du Cordura. Il aimerait travailler avec du X-Pac et espère trouver de nouveaux sourcing matière lorsqu’il sera installé en Bretagne.

Site internet : https://lerouquinquiroule.com/

Marion & Quentin

Marion et Quentin sont très jeunes, ils ont tous les deux 22 ans. Ils sont d’ailleurs encore étudiants : Marion en biologie et Quentin en économie. « L’idée de départ c’était d’abord de créer une sacoche pour mon vélo« , me dit Quentin. Après avoir publié la réalisation sur 2 ou 3 groupes facebook l’hameçon a ferré quelques cyclistes séduits par le travail. Deux, puis, trois, … Marion et Quentin créent alors leur petite auto-entreprise.

Les rookies du Bikepacking
Bikepacking créations de Marion & Quentin

Marion étant déjà couturière de ses propres vêtements, elle avait déjà la machine ce qui a rendu les débuts plus facile. Marion s’est mise à la couture et Quentin a pris en main la gestion et le suivi des commandes. « Marion s’est cassée le poignet il y a 3 mois, il a fallut que je m’y mette et finalement c’est sympa », m’explique Quentin. Désormais ils sont polyvalents. Le premier contact se fait par facebook ou par téléphone et se prolonge parfois par mail.

Les rookies du Bikepacking
Bikepacking créations de Marion & Quentin

Cet été il vont partir tous les deux en vélo avec leurs superbes sacoches. Ils sont basés à Dijon.

https://www.facebook.com/bymarionquentin/

Les rookies du Bikepacking
Bikepacking créations de Marion & Quentin

7 COMMENTAIRES

  1. De bien jolies sacoche.
    Si vous pouvez, faite passer le mot à Aymeric, ainsi qu’à Marion et Quentin que tout le monde n’a pas un compte FB. C’est dommage de passer par là exclusivement.

    • Bonjour
      Je suis tout à fait d’accord avec toi Jean-Daniel,
      j’ai un compte fcbk mais je ne l’utilise plus depuis 2016 et ne l’utiliserai plus, c’est beaucoup trop intrusif
      donc quand quelque chose n’est joignable que via fcbk, instagram ou un réseau dit « social », je l’élimine purement et simplement.

  2. Je voudrais juste qu’on arrête de présenter les choses comme ça: « Le cyclotourisme de papa, avec les grosses sacoches pendantes de part et d’autre des randonneuses ».
    Bien sûr, ça existe et les sacoches Gilles Berthoud classiques ont leurs adeptes. Comme elles durent une vie, on en voit encore de temps en temps mais combien?
    Mais on peut trouver des sacoches légères et modernes aussi (Arkel Light par exemple). Pourquoi cette rengaine qui vise à ringardiser ceux qui préfèrent les sacoches qui sont en réalité beaucoup plus polyvalentes que le bikepacking (très dépendantes de la taille et la forme du vélo)?
    Quant aux couleurs et au fun, on peut faire des sacoches fun et colorées aussi!
    Certes, Ortlieb s’est fait un nom sur le matos « tour du monde » en bâche de camion mais il y a d’autres choix aussi.
    Le bikepacking est très tendance et surfe sur les réseaux sociaux, c’est certain. Il n’y a pas besoin de stigmatiser pour autant (en plus, des gens comme Helmut très à la mode fabriquent aussi bien des sacoches de cadre que pour porte-bagages).

  3. Bonsoir AngstroCyclo,
    Rien dans cet article n’évoque de « grosses sacoches pendantes » ; on n’y trouve pas non plus de rengaine visant à ringardiser ceux qui préfèrent les sacoches. Il s’agit juste d’un article qui présente des fabricants de matériel de bikepacking.
    Plus globalement, aucun autre article sur Bike Café ne crée de polémique sur ce sujet, tout simplement parce qu’il n’y en a pas : les sacoches « classiques » sont parfaitement adaptées au cyclotourisme et voyage au long cours, avec leur grande capacité et leur organisation pratique pour le rangement. Le bikepacking a, pour sa part, un usage différent :il va intéresser des cyclistes plus sportifs, par exemple en gravel où l’on pilote parfois sur des singletracks tourmentés et où il faut pouvoir transporter un minimum de matériel sans qu’il brinquebale, au plus près du cadre pour éviter les transferts de masse pendant le pilotage. On trouvera aussi intérêt au bikepacking lorsqu’on roule sur route avec des moyennes supérieures à 20 (voire 25) km/h. Dans ce registre, des sacoches latérales, qu’elles soient implantées à l’avant ou à l’arrière du vélo sont rédhibitoires.
    Merci de nous lire,
    Dan de Rosilles

    • Avec tout le respect que je te dois (en raison de tes articles très intéressants ici), voici le copié collé du 1er paragraphe de cet article (j’ai pas inventé):
      « Le bikepacking vous connaissez ? … Bien sûr, et vous êtes désormais très nombreux à scratcher sur vos vélos ces curieuses sacoches. On vous voit, façon baroudeur, enfourcher votre vélo ainsi équipé pour partir à l’aventure. Le cyclotourisme de papa, avec les grosses sacoches pendantes de part et d’autre des randonneuses, a été revisité grâce à cette bagagerie plus légère et plus fun qui s’adapte facilement à toutes les formes de cadres. »
      Cette formulation entretient l’idée que des sacoches tradi sont lourdes et volumineuses. Nous sommes nombreux à partir avec des sacoches légères sur porte-bagage léger en mode bivouac comme en mode « carte-bleue » mais aussi d’équiper des vélos amenés à sortir des routes carrossables avec des sacoches de cadre. Concernant l’aérodynamisme, les grosses sacoches ont une grosse prise au vent, les sacoches plus petites et profilées, surtout à l’arrière où les flux d’air sont déjà perturbés par la partie avant du vélo (roues, fourche) et jambes du cycliste, beaucoup moins. Peut-être que pour les cyclistes très rapides roulant à plus de 30 km/h, il y a une différence perceptible, mais perso, je roule plutôt entre 23 et 28 km/h et je n’ai pas de pb avec des sacoches de volume réduit profilées. Pour que les sacoches posent problème sur un single track, il faut que le terrain devienne assez cassant avec des gros cailloux pour qu’une sacoche sur PB AR empêche de passer (les PB AV surbaissés, c’est autre chose). Clairment pas le terrain du gravel (le bikepacking a été inventé pour le VTT; on comprend pourquoi).
      Plusieurs fabricants de sacoches proposent des nouveaux produits innovants à installer sur des porte-bagages eux mêmes parfois revisités (comme Helmut Equipment pour ne citer que lui), en plus d’une offre de sacoches sans porte-bagages. Vive la créativité qui apporte de multiples solutions aux cyclistes (y compris en leur permettant de mixer les solutions).
      Je suis heureux que le phénomène bikepacking ait aidé à remettre au devant de la scène une approche plus légère du voyage à vélo qui montrait depuis des années une image « tour du monde » y compris pour rouler sur des chemins de halage en bords de canaux ou des petites routes.
      Je pense qu’on peut écrire des articles comme celui-ci sans revenir éternellement au stéréotype de papy et ses grosses sacoches pendantes. Un test des Arkel Dry lites un jour sur Bike Café?
      Le vélo c’est l’aventure à notre porte, comme vous le défendez (et moi aussi). C’est pas une question de chapelles ni de styles.

      En tous cas merci pour votre blog.

  4. […] Autre détail : le vélo est équipé d’un nombre incroyable d’oeillets pour fixer des sacoches bikepacking. Cela peut sembler superflu mais il faut reconnaitre que la fixation des sacoches bikepacking avec des sangles présente un risque important d’abrasion des tubes et d’endommagement de la peinture : fixer ses sacoches avec des vis présente donc un certain avantage . Le problème est que peu de fabricants proposent ce type de sacoches mais ce pourra être l’occasion de se tourner vers des petits fabricants indépendants (il y en a de plus en plus , voir ici l’article de Bike Café à ce sujet “Les rookies du bikepacking”) […]

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