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Petit guide pour choisir son équipement de bikepacking

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Le petit guide du bikepacking - photo Dan de Rosilles

Si vous lisez régulièrement Bike Café, si vous parcourez en vélo des distances supérieures à 100 km, si vous roulez pendant plusieurs jours loin de vos bases ou même si vous aimez aller pique-niquer dans la forêt en vélo le week-end, vous avez sûrement déjà entendu parler de bikepacking, ou peut-être même le pratiquez-vous déjà… Aujourd’hui, la plupart des sites de vente en ligne et les magasins en ville vous proposeront un large choix de sacoches de cadre, de selle, de cintre… Beaucoup de marques généralistes de l’accessoire vélo en affichent à leur catalogue, mais il existe aussi des marques spécifiques pour ce type de produits, ainsi que des artisans et petits manufacturiers qui travaillent à la pièce, sur mesure ou en toutes petites séries.

Si vous avez l’habitude de partir à l’aventure plusieurs jours loin de vos bases, sans doute pratiquez-vous déjà le bikepacking – photo Anne Fontanesi

Mais pourquoi utiliser du bikepacking plutôt que des sacoches traditionnelles sur porte-bagage ? Quel matériel choisir, selon ses pratiques et son type de vélo ? Quelles caractéristiques doit-on rechercher ? Comment faut-il répartir les charges sur les différentes zones du vélo ? Quelles tailles choisir ? Sans prétendre apporter de réponses définitives et universelles à ces questions, nous allons tenter, à partir de notre propre expérience, de vous guider dans le monde pratique et aventurier du bikepacking.

Sac à dos, sacoches ou bikepacking ?

La première question qui se pose lorsqu’on doit transporter quelque chose en vélo, est de déterminer si on va porter sur soi (dans un sac à dos, une musette…) ou sur le vélo. Hormis le cas de certains modèles de VTT dont la géométrie ne permet pas de fixer le moindre bagage, il est dans toujours préférable de transporter le poids excédentaire sur le vélo plutôt que sur le corps, et ceci pour deux raisons : d’abord parce qu’ainsi on se sentira plus libre de ses mouvements, on n’abîmera pas son maillot ou sa veste à cause de frottements répétés et on aura moins mal au bras, au cou et aux épaules en fin de journée; mais aussi et surtout, parce qu’un kilo transporté sur le vélo paraît beaucoup plus léger, particulièrement en montée, qu’un kilo porté sur le bonhomme. En terme de ressenti, mais aussi de performance, on estime qu’un kilo sur soi correspond à trois kilos sur le vélo.

Vais-je transporter ces bières dans un sac à dos ou dans une sacoche de cadre ? – photo Dan de Rosilles

Mais quand on a convenu que le transport du matériel se fait de préférence sur le vélo, reste à choisir entre sacoches traditionnelles et bikepacking.
Qu’on ne s’y trompe pas : les sacoches traditionnelles, montées sur racks ou sur porte-bagages restent et resteront toujours un excellent système. Dans des sacoches latérales avant ou arrière, on peut transporter beaucoup plus de choses que dans du bikepacking, on peut ranger et retrouver ses affaires très rapidement. Les sacoches se clipsent et se déclipsent du vélo en un tour de main et permettent de l’alléger d’un coup et par exemple d’emporter l’intégralité de ses affaires avec soi pendant que le vélo reste au garage.
Ainsi, les sacoches sont sans doute le meilleur choix pour les voyages à vélo, lorsqu’on part loin et longtemps, avec beaucoup de matériel et sur un rythme relativement contenu. Mais lorsqu’on veut transporter un minimum vital sur des parcours rapides et engagés, il faut considérer sérieusement l’acquisition d’un set de bikepacking.

Lorsqu’on veut transporter du matériel sur un parcours long et engagé, il faut envisager l’acquisition d’un set de bikepacking ici le vélo est équipé des sacoches Agu par exemple – photo Agu©

Bikepacking : définition

Comment définir exactement le bikepacking ? On peut dire que c’est une pratique qui consiste à utiliser des sacoches de différentes formes et de différentes tailles, que l’on va fixer directement aux parties structurelles du vélo : fourche, cintre, prolongateurs, cadre, tube de selle… Généralement, on fixe ces sacoches au vélo grâce à un système de sangles, mais, par extension, on peut aussi ranger dans la catégories des sacoches de bikepacking des systèmes qui se fixent sur les emports de porte-bidon (comme les « cages » sur les bras de fourche par exemple ou certaines sacoches de top tube) et des sacoches directement équipées de « racks » (extensions rigides en métal) qui viennent « augmenter » structurellement le vélo en se fixant à la tige de selle ou au cintre. Contrairement aux sacoches latérales qui fonctionnent par paires de chaque côté du vélo, en bikepacking on va plutôt répartir ses affaires par petites touches de l’avant à l’arrière, mais dans l’axe longitudinal du vélo.

En bikepacking on va charger le vélo par petites touche de l’avant vers l’arrière, dans l’axe du vélo – photo Dan de Rosilles

Le bikepacking intéresse aussi bien les pratiquants de tout-terrain (gravel-aventure, VTT raid…) que les adeptes d’ultra-distance sur route. On sera plus ou moins chargé en fonction du compromis vitesse/confort que l’on voudra privilégier. Un concurrent de la Transcontinental Race ou de la French Divide emportera dans deux ou trois sacoches de taille réduite le strict minimum pour dormir et s’habiller pendant la course, alors que celui qui traversera le Massif Central pendant ses vacances choisira d’équiper son vélo plus lourdement pour transporter aussi de la nourriture, une tente, et pourquoi pas un réchaud pour faire bouillir de l’eau. Spartiate ou pacha, en bikepacking un large choix d’équipements permettra à chacun de moduler selon ces besoins et selon ses contraintes.

Avantages du bikepacking

Bien sûr, en cyclisme les solutions miracles n’existent pas, et le poids supplémentaire que l’on va transporter sur le vélo va se faire sentir dans les montées; mais de bonnes sacoches de bikepacking, bien choisies, bien installées et correctement utilisées présentent de nombreux avantages sur le vélo. Comme tout est comprimé dans ces petites sacoches souples et qu’elles sont fixées au plus près des tubes, dans l’axe du vélo, rien ne bouge à l’intérieur, tout est bien protégé, et le vélo garde un comportement très sain lorsqu’on pilote dans les monotraces ou lorsqu’on gravit un col en danseuse ; au détail près qu’il faut répartir correctement le chargement pour ne pas pervertir l’équilibre naturel du vélo, comme nous le verrons plus tard.

En bikepacking le vélo garde un comportement très sain dans les monotraces – photo Dan de Rosilles

La répartition axiale des sacoches offre aussi moins de résistance à l’air que les sacoches latérales traditionnelles, ce qui est un critère intéressant lorsqu’on roule au delà de 25km/h ou qu’un fort vent entrave la progression. Bien sûr, cet avantage a ses limites lorsqu’on veut rajouter du volume de charge avec de « cages » sur les bras de la fourche ou avec une sacoche de cintre assez large. Ces ajouts plus « transversaux » que « longitudinaux » entravent notablement l’aérodynamisme du vélo.

Les 5 familles

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Les sacoches de bikepacking se répartissent en plusieurs familles, en fonction de l’endroit du vélo où elles sont destinées à être installées. De l’avant vers l’arrière, voici ce que l’on va trouver :

Les sacoches de cintre présentent l’avantage de charger l’avant du vélo ce qui est préférable en tout-terrain comme ici avec la sacoche CarryEverything de Restrap – photo Restrap©

1) Les sacoches de cintre – qu’elles soient des sortes de « holsters » où l’on glisse un sac étanche, un matelas roulé ou une tente, ou des sacoches fourre-tout zippées plus ou moins équipées de poches – ont l’avantage de charger l’avant du vélo ce qui est préférable pour conserver un pilotage sain en tout-terrain. Par contre, elles vont freiner la progression en perturbant l’aérodynamisme du vélo. On fixe bien sûr ces sacoches à l’avant du cintre, au dessus de la roue, mais il existe aussi des « feed-bags », sortes de vide-poches tubulaires très pratiques pour manger en roulant qui peuvent se fixer à l’arrière du cintre, tout contre la potence. Lorsqu’on utilise des prolongateurs, on peut aussi fixer dessous une petite sacoche, ou les enjamber avec une sacoche cavalière. cela permettre par exemple d’y ranger des câbles et de l’électronique embarquée en lien avec un moyeu dynamo, ou d’y glisser un road book, un téléphone, un appareil photo, du ravitaillement, toutes ces petites choses fort utiles et agréables à utiliser tout en roulant.

Sur ce gravel à pignon fixe, le bikepacking se résume (de haut en bas) à une sacoche top-tube, une sacoche de cadre et un bidon porte-outils sanglé sous le tube diagonal – photo Dan de Rosilles

2) Les sacoches « top-tube » sont scratchées ou vissées à l’avant sur le dessus du tube horizontal, près de la potence. Il s’agit de petits vide-poche très pratiques, de faible contenance mais faciles d’accès, qui seront la cachette idéale pour un smartphone, une batterie USB ou des barres énergétiques.

3) Les sacoches de cadre (« framebags » en anglais) occupent l’intégralité du triangle ou seulement sa partie supérieure, pour laisser de la place aux bidons d’hydratation. Cette pièce essentielle en bikepacking a le double avantage de concentrer le poids de chargement au centre de la géométrie du vélo et de rendre accessible son contenu à l’arrêt sans descendre de sa monture, détail pour certains mais très apprécié par les participants aux épreuves d’ultra-distance et de raids-aventures qui limitent leurs arrêts pour ne pas faire baisser la moyenne.

4) les sacoches de selle, fixées comme leur nom l’indique à l’arrière du vélo, sont souvent les plus volumineuses, mais il faudra éviter de les charger trop lourdement pour éviter un balancement désagréable du vélo lorsqu’on se dresse en danseuse. Elles sont peu commode d’accès, à moins de descendre de vélo et prendre le temps de les desserrer pour vider leur contenu via leur étroite et unique bouche. On les réservera donc aux équipements légers et volumineux, comme les vêtements en duvet utilisés au bivouac et tout ce dont on peut avoir besoin avant ou après avoir roulé. D’ailleurs, certains fabricants proposent des sacoches de selle en deux parties, une sorte de « holster » qui reste fixé au vélo et qui libère un sac étanche facilement transportable jusqu’à la chambre d’hôtel par exemple. Pour l’anecdote, il faut savoir aussi que les sacoches de selle constituent un excellent garde-boue arrière.

Les sacoches de selle ne doivent pas être trop lourdes pour ne pas déséquilibrer le vélo, on charge ici la sacoche de selle Topeak de vêtement – photo Topeak ©

5) Lorsque le vélo est intégralement équipé en bikepacking comme décrit ci-dessus, on peut toujours rajouter des sacoches supplémentaires si on a absolument besoin de transporter encore plus de choses. Comme implantations encore disponibles, il y a les fourreaux de la fourche sur lesquels on va visser des « cages » (mot emprunté à l’anglais, prononcez « kègiz »). Ces supports rigides en métal ou en résine recevront des sacs étanches, une tente, des gros bidon d’eau… qui seront sanglés dessus. En fait, les cages tiennent lieu de racks latéraux avant, un peu comme des supports pour sacoches traditionnelles. Elles sont intéressantes en terme d’équilibre car le poids sur l’avant donne plus de stabilité au vélo, mais en cas de vent de face, les cages vont faire office d’aéro-freins.

Les cages permettent de charger la fourche en sanglant dessus des sacs étanches ici les sacoches Expedition d’Apidura – photo Apidura ©

On peut également installer sous le tube diagonal du cadre un bidon porte-outils, un troisième bidon d’eau ou une petite sacoche (de plus en plus de vélos typés aventure proposent des emports sous le cadre pour cet usage). Il est aussi toujours possible de rajouter une petite sacoche cavalière sur la sacoche de selle ou sur le prolongateur. Enfin, on ne peut pas clore le chapitre du « chargement bonus » sans évoquer la fameuse musette compressible, qui, ingénieusement rangée dans un coin de sacoche, va nous permettre de transporter ponctuellement en bandoulière sur le dos jusqu’au prochain arrêt pique-nique les provisions de bouche que l’ont vient d’acheter, ou les quelques bouteilles de bières artisanales acquises juste avant d’arriver chez les amis qui nous accueilleront ce soir.

Comment choisir son bikepacking

Vous vous en doutez, les sacoches idéales n’existent pas. D’abord parce que chaque cycliste aura des besoins qui lui sont propres, ensuite parce que la meilleure qualité (qui a un coût) ne garanti rien dans les conditions extrêmes où nous utilisons le matériel pendant nos aventures. Mais il existe néanmoins des considérations basiques pour vous aider à choisir les sacoches qui vous conviendront le mieux.

La quête de la sacoche parfaite est sans fin – photo Dan de Rosilles

1) Poids/solidité : Plus la toile qui constitue les sacoches est fine, plus la sacoche sera légère, mais elle sera sans doute plus sujette à l’usure et aux déchirures. Ici, tout est donc question de compromis, chacun fera ses propres choix en fonction de ses terrains de jeux et de l’intensité de son cyclisme. Par contre, il ne faut jamais transiger sur la solidité des coutures et la qualité des zips. Ces deux facteurs sont essentiels car les ouvertures/fermetures fréquentes et les mouvements du vélo mettront forcément coutures et zips à rude épreuve. Rien n’est plus frustrant que d’abandonner une aventure en bikepacking parce qu’une couture ou un zip a lâché, laissant apparaître un trou béant dans la sacoche, par lequel vos précieuses affaires vont se déverser en chemin.

Un zip qui cède et c’est la fin de l’aventure – photo Dan de Rosilles

2) Polyvalence/fonctionnalités : Une sacoche polyvalente est un équipement que vous pourrez utiliser sur plusieurs vélos, aussi bien sur route qu’en gravel, et en toutes saisons.  Les sacoches les plus délicates à installer sont souvent les sacoches de cadres et les sacoches de cintre. Celles qui disposent d’une sangle cousue « en échelle » (tout autour pour les sacoches de cadre, sur toute la largeur pour les sacoches de cintre) permettent de positionner les scratches de fixation aux emplacements les plus adéquats. Un passe câble (pour l’audio ou la recharge USB) aménagé sur l’avant d’une sacoche de cadre ou le côté d’une sacoche top tube est une option intéressante.

Les sacoches de cadre équipées sur leur pourtour d’une sangle cousue en échelle permettent de placer les scratches aux endroits les plus stratégiques, zoom sur un cockpitde sacoches Ortlieb – photo Ortlieb ©

Tenez compte aussi des petites poches en filet (extérieures ou intérieures) qui peuvent équiper certains modèles et s’avérer bien pratiques si vous en avez l’usage. Enfin, pour ce qui est de l’étanchéité, ne vous faites pas d’illusion. Bien que cela soit une qualité intéressante pour une sacoche top tube ou de cintre (toutes deux sont particulièrement exposées aux averses et sont susceptibles de contenir votre smartphone), il est rare qu’une sacoche de cadre ou de selle soit véritablement étanche, sous peine de peser un poids rédhibitoire. Sauf si vous roulez majoritairement dans des régions perpétuellement battues par de fortes averses, cette qualité n’est pas fondamentale. En cas d’orage violent, il suffira de rouler ses affaires sensibles dans un sac en plastique avant de les remettre dans la sacoche. Les sacs étanches que l’on fixe sur les cages ou qui équipent les sacoches de selles « holsters » sont quant à eux particulièrement efficaces et fiables en cas de fortes pluies.

Les sacoches doivent être parfaitement ajustées et faire corps avec le vélo – photo Anne Fontanesi

3) Volume/dimensions : Dans la mesure du possible, les sacoches doivent faire corps avec le vélo. Par exemple, choisissez une sacoche de cadre la plus proche possible des dimensions intérieures de votre triangle. Une sacoche plus grande que le cadre sera inutilisable, une sacoche plus petite sera plus difficile à sangler et à stabiliser. Pour la sacoche de cintre, choisissez une largeur maximum de sacoche qui vous permette d’avoir les mains sur les cocottes de freins sans être gêné. Avec les cintres coudés des vélos de route et de gravel, une sacoche fourre-tout sera préférable à un large holster qui peut recevoir une tente, un duvet, un matelas… mais qui est plutôt conçu pour être installé sur un cintre plat. Enfin, pour la selle, l’idéal est d’avoir plusieurs sacoches de volumes différents. D’une part, vous ne pourrez pas dépasser le volume maximum d’une sacoche sous peine d’avoir du mal à la fermer, voire de détériorer le système de fermeture. D’autre part, une sacoche trop grande pour son contenu, même si elle peut être roulée pour réduire son volume, sera moins pratique à utiliser et ne calera pas assez les affaires qu’elle contient. L’idéal est donc, avant achat, d’évaluer le plus précisément possible le volume dont on a besoin sous la selle en listant ses affaires et en prévoyant la répartition de celles-ci dans les différentes sacoches.

Comment charger

Là encore, chacun trouvera midi à sa porte… mais si vous débutez dans le domaine du bikepacking, vous pouvez charger vos sacoches en prenant en compte deux critères essentiels, que vous adapterez ensuite au fur et à mesure que vous gagnerez en expérience. Ces deux critères sont les suivants : la répartition du poids et l’accessibilité.

Chargé devant, le vélo est plus maniable – photo Dan de Rosilles

Pour répartir le poids du chargement de façon la plus rationnelle possible, mieux vaut charger en priorité le centre du vélo (donc dans le cadre), puis l’avant (donc le cintre et la fourche), et en dernier recours, l’arrière. De plus, rappelez-vous qu’il vaut mieux charger en bas qu’en haut, pour garder un centre de gravité le plus bas possible. Donc, les objets les plus lourds seront mieux placés en bas de la fourche qu’en haut du cintre, sous le tube diagonal que sur le top tube. C’est pour cela, par exemple, que la lourde trousse à outil sera plus judicieusement placée dans le troisième porte-bidon sous le cadre que dans la sacoche de cintre par exemple.

Pour ce qui est de l’accessibilité, on peut déterminer trois zones bien distinctes : Les sacoches manœuvrables en roulant (top-tube, cavalières sur prolongateurs, feed-bags et, dans une moindre mesure, la sacoche de cintre ou en tous cas ses poches extérieures si elle en possède), les sacoches accessibles à l’arrêt sans descendre de vélo (sacoche de cadre et sacoche de cintre) et les sacoches uniquement accessibles à l’arrêt « hors du vélo » : sacoche de selle, sacoches fixées sur la fourche. Cette hiérarchisation de l’accessibilité, associée au critère de répartition du poids, va nous permettre de distribuer notre matériel en toute connaissance de cause dans les sacoches adéquates.

Chargé à bloc, avec la musette sur le dos, mais avec des charges bien réparties – photo Anne Fontanesi

Par exemple, une doudoune en plume, un duvet et la trousse de toilette utilisés au bivouac trouveront place dans la sacoche de selle, une veste de pluie et un gilet sans manche nécessaires en cas de changement soudain de météo se logeront dans la sacoche de cadre, le smartphone et une batterie USB iront dans la sacoche de cintre ou le top tube… Pour ce qui est des provisions de bouche, les barres énergétiques seront à portée de la main dans le top tube, alors que le saucisson du soir sera soigneusement emballé dans un sachet au fond de la sacoche de cadre ou dans un sac étanche de la fourche.

Et si on partait à l’aventure ?

Vous l’aurez compris, le chargement d’un vélo en bikepacking est un système ouvert, qui laisse la part belle aux choix de chacun, selon ses pratiques, ses envies, ses habitudes, son expérience, sa créativité et son imagination. Le but du bikepacking n’est pas de compliquer les choses en rajoutant du poids sur un vélo difficile à piloter, mais de trouver le bon équilibre entre performance et autonomie. L’idéal est de se détacher au maximum des contraintes matérielles pour profiter d’un plus large champ d’action et laisser le champ libre à l’exploration. C’est pour cela qu’il est préférable de mûrement réfléchir à l’équipement qui conviendra le mieux à sa pratique, puis de le tester progressivement sur de petites sorties près de chez soi pour s’assurer de l’efficacité et de la fiabilité de l’installation. On pourra ensuite s’élancer sur les routes et les chemins avec ce sentiment exaltant que notre vélo est la machine idéale pour aller vite et loin, tout en transportant les équipements nécessaires à notre bien-être pendant l’aventure.

Le bikepacking est un système ouvert, qui laisse la part belle à l’imagination – photo Dan de Rosilles

7 COMMENTAIRES

  1. Merci pour ces bons articles !

    J’ajouterai qu’il faut faire attention à la largeur des sacoches (données rarement mise en avant) pour certaines personnes.
    Je pédale avec les genoux qui « rentrent », ce qui fait que je ne trouve pas de sacoche de cadre assez fine pour que mes genoux ne frottent pas dessus. Idem pour les sacoches de top tube sur lesquels mes genoux frottent dès que je me met en danseuse. Ces 2 types de sacoches sont donc exclues pour des gens ayant ce type de pédalage (sauf à augmenter le q-factor du pédalier ou des pédales).
    Il a même fallu faire un bricolage spécial pour éviter que la sangle de maintient de la sacoche de selle autour de la tige de selle ne frotte plus contre l’intérieur de la cuisse droite…

    • Oui tout à fait, la larguer des sacoches est une donnée à prendre absolument en compte : il faut éviter les frottements qui peuvent blesser les cuisses ou les genoux à long terme, et éviter aussi les frottements entre les attaches velcro et le cuissard. Il est d’ailleurs conseillé, lorsqu’on utilise une sacoche de cadre ou de top tube toujours sur le même vélo, de couper les parties de velcro excédentaires ou les replier sous un anneau confectionné avec un morceau de chambre à air.

  2. Bonjour, adepte du vélo taff, je suis parti sur des sacoches arrières sur porte bagages pour accueillir l’objet le plus encombrant de mon quotidien : le PC portable. Existe-t-il des sacoches (stables) de backpacking suffisamment grandes pour accueillir un portable de 15″ ? Merci. Guillaume

  3. Bonjour Guillaume,
    A priori je ne pense pas qu’il existe des sacoches de bikepacking assez grandes pour accueillir un PC de 15″. Sachant que les chocs et les vibrations sont néfastes pour le matériel informatique, en ce qui me concerne je transporte les PC dans un sac à dos.

  4. Bonjour, quelle charge totale maximale sur un vélo Fuji gravel carbone? J’ai équipé mon vélo de 2 sacoches de fourche(2× 1,5kg) de 2 sacoches sur porte bagage arrière (2×6kg), 1 sacoche de guidon pour mon appareil photo, 1 toute petite sacoche de selle pour 1 chambre à air, 1 banane sur moi pour mes papiers et mon argent 1 très petite glacière tissus sur le porte bagage. Charge totale avec l antivol, 18kg. + mon poids de 62kg. Je pratique essentiellement les routes mais aussi les pistes cyclables comme la dolce via ( chemins sans trouver mais gravillons). Chargée, je roule avec aisance même dans les montées. Mais mon vélo supportera t il cette charge ?

    • Bonsoir Marion,
      On considère généralement que les vélos de route et de gravel peuvent être chargés en bikepacking pour des courses ou des aventures plus tranquilles avec des poids de 5 à 12kg, mais ne sont pas conçus pour des charges beaucoup plus lourdes. Cela peut user prématurément des pièces comme la transmission, le jeu de direction, les axes de roues et même endommager structurellement le cadre en cas de chocs sur des chemins. De plus, cela affecte aussi les réactions du vélo et le pilotage; les pneus auront aussi du mal à gérer des contraintes de déport si le chargement dépasse de la structure du vélo. Je vous conseille de reconsidérer votre chargement à la baisse : n’y a-t-il pas des choses superflues : trop de vêtements (il faut éviter les changes, les paires de chaussures supplémentaires etc…). L’antivol (en général 500gr) est-il indispensable ? Quel est la contenance de vos bidons ? (En France ou les points d’eau sont courants un bidon de 650ml ou 2 de 500 ml peuvent suffire).
      Si vous souhaitez voyager avec une tente, une popote etc… il vaudrait mieux utiliser un vélo de voyage, qui lui est conçu pour des charges pouvant aller jusqu’à 30kg.
      En espérant que ces conseils vous seront utiles, je vous souhaite d’excellentes vacances à vélo !

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