AccueilMatosTests équipementsFière et légère l’hiver en Gorewear

Fière et légère l’hiver en Gorewear

Début janvier, les Alpilles ont basculé dans un froid sec et mordant. Routes désertes, mistral glacial, températures négatives au lever du jour. Un terrain idéal pour tester une panoplie de vêtements Gorewear pensée pour les femmes qui roulent l’hiver et à la mi-saison.
Entre Fontvieille et Maussane, sur ces routes un peu rugueuses que je connais par cœur, j’ai réalisé ce test sur plusieurs sorties. Ici, le froid ne triche pas : il s’installe dans les descentes, s’accroche aux zones d’ombre, s’infiltre au moindre défaut d’équipement.

Gorewear women cycling
Les routes des Alpilles sont idéales pour ce test – photo Dan de Rosilles


Veste, cuissard long, maillot manches longues, casquette et gants : le défi est de tester un ensemble volontairement simple, sans superposition excessive, pour rester légère et performante. J’ai deux objectifs contradictoires : ne pas multiplier les couches, et faire confiance à des vêtements suffisamment techniques pour continuer à rouler sans transpirer ni grelotter.

Gorewear winter women cycling kit cold
Le froid ne triche pas, au moindre défaut, il s’infiltre – photo Dan de Rosilles

Veste Spinshift : un bouclier contre vent et marée

La veste Spinshift est clairement la pièce maîtresse de cette panoplie. C’est celle qui m’a permise de supporter un mistral soutenu, avec des rafales à plus de 70 km/h. Ce qui est communément établi : un ressenti de moins un degré pour chaque dix kilomètre/heure de vent. Je vous laisse imaginer ce qu’on ressent lorsque le thermomètre sous abri ne dépasse pas les trois degrés…

Gorewear winter women cycling kit spinshift jacket zip
La veste Spinshift est clairement la pièce maîtresse de cette panoplie – photo Dan de Rosilles

Face aux PFAS

C’est dans ces situations plutôt extrêmes dans le sud de la France, quand le froid devient frontal, que l’on peut juger, dès les premiers kilomètres, si l’on est bien équipée ou non.
Si j’ai bien compris, cette nouvelle veste Spinshift remplace une star du vestiaire cycliste, plébicitée par tous les spécialistes de l’ultra : la fameuse veste Shake Dry, dont nous avons bien sûr parlé mainte fois sur Bike Café et qui n’est plus produite car son tissu hyper technique fabriqué par Gore-Tex, utilisé par les marques les plus prestigieuses, est chargé de PFAS. La Spinshift est donc sa remplaçante, avec un bilan écologique annoncé comme plus vertueux et, faut-il l’espérer, des qualités équivalentes.

Gorewear winter women cycling kit spinshift jacket pocket
La petite poche à objet précieux est bien pratique – photo Dan de Rosilles

Du passé, faisons table rase

Ce qui est clair, c’est qu’avec la Spinshift la sensation de protection contre le vent est immédiate. Elle joue pleinement son rôle de bouclier, tout en laissant la chaleur et l’humidité s’échapper lorsque je monte en intensité. Dans les côtes, la respirabilité est notable ; en descente, la barrière contre le froid est efficace.
Mais pour être tout à fait franche, si la Spinshift est un excellent coupe-vent, au niveau de sa polluante prédécesseuse, je ne suis pas complètement sûre de retrouver la respirabilité de la Shake Dry. On notera également que le tissu est un peu plus rigide, et la veste un peu moins compacte, même si elle tient sans problème dans la poche arrière du jersey.

Gorewear winter women cycling kit downhill
En descente, la barrière contre le froid est efficace – photo Dan de Rosilles


Ne soyons pas sévère. Je suis sûre que si je n’avais pas utilisé auparavant une Shake Dry, je trouverais cette Spinshift absolument parfaite. Après tout, il faut savoir faire de micro-concessions, voire changer de paradigmes, pour sauver la planète, non ?
J’ajoute que, faute de pluie pendant les sorties, j’ai testé l’imperméabilité et la déperlance de la veste avec la bonne vieille méthode du jet d’eau. Je confirme : de ce point de vue là, Spinshift is the new Shake Dry !

Changeons de braquet

La spinshift (traduisons par : changement de braquet, ou changement de fréquence de pédalage) mérite amplement son nom, c’est vraiment une très belle et très bonne veste. Son envers, d’un gris métallique, est spécialement conçu pour éviter l’effet d’adhérence lié à la transpiration.

Gorewear winter women cycling kit inside jacket
L’envers est conçu pour éviter l’adhérence – photo Dan de Rosilles


La coupe près du corps, orientée performance, reste confortable avec un maillot manches longues en dessous. J’ai particulièrement apprécié cette coupe, très étudiée, avec une parfaite longueur des manches et du dos, qui protège efficacement en position, même avec les mains en bas du cintre, sans aucune gêne, ni claquement de voile ou partie du corps découverte.
Chaque panneau de la veste est assemblé en fonction des positions du corps en mouvement sur le vélo. Le nombre de coutures a été minimisé, ce qui réduit le poids et l’encombrement de la veste lorsqu’on la compacte. Mais son design reste parfaitement adapté à la position cycliste et la veste est hyper confortable, tout en étant très proche du corps.

Je m’suis faite tou’p’tite comme une Spinshift

La compressibilité de la veste est un élément essentiel, en particulier en ultra distance lorsque tout compte dans le volume du packing, et en demi-saison, pour affronter une descente froide ou une averse imprévue.
De ce point de vue, cette veste associe de remarquables qualités d’isolation et de respirabilité à sa compacité.

Gorewear winter women cycling kit compact jacket
La Spinshift est presque aussi compacte que la Shake Dry – photo Dan de Rosilles

Elle est donc, de mon point de vue, indispensable à toute panoplie de cycliste intensive et exigeante.
Côté esthétique, sa couleur noire et sa sobriété permet de la coordonner avec toute sorte de tenues, quelles que soient leurs marques et leurs couleurs.
Pour parachever cette belle réussite signée par les équipes de développement Gorewear, le logo, imprimé à cheval sur la fermeture éclair, apporte une touche graphique raffinée.

Gorewear winter women cycling kit jacket zip
Joli petit détail : le logo sur le zip – photo Dan de Rosilles

Collant thermique Swiftride : chaleur et confort

Dès qu’on l’enfile, le collant SWIFTRIDE avec son intérieur doux est un bonheur. On sent immédiatement qu’il est pensé pour le froid : dense, enveloppant, souple.
Sur la route, la protection thermique est homogène. Le froid reste à distance, y compris dans les longues portions ombragées des Alpilles, là où le soleil peine à réchauffer l’asphalte. Et lorsque l’effort augmente, le collant respire suffisamment pour éviter cette sensation d’étuve peu agréable en hiver, en particulier au niveau du ventre et de l’entre-jambe, qui sont des zones plus compliquées à sécher lorsque les tissus sont plus épais et isolants.

Gorewear winter women cycling kit bib
Dense et enveloppant, ce cuissard m’accompagne sur les routes hivernales – photo Dan de Rosilles

Bretelles : avec ou sans ?

J’ai pour habitude de porter des cuissards sans bretelles en hiver, plus pratiques pour les longues distances hivernales, notamment lors des pauses techniques, rendues plus compliquées avec des bretelles, lorsque plusieurs couches de vêtement les recouvrent. Même si bien sûr, un cuissard sans bretelles n’assure pas le même maintien, ici il est globalement bon. Le collant enveloppe bien le bas des jambes et le ventre.

Gorewear winter women cycling kit climb
Même sans bretelles, ce cuissard reste bien en place dans l’action – photo Dan de Rosilles

L’insert d’hiver

Sur moi, l’ajustement n’est pas parfait à l’entrejambe, mais les physionomies féminines sont tellement variées que cela dépendra vraiment de la cycliste qui le porte. Pour ma part, j’ai déjà remarqué que certaines marques me conviennent mieux que d’autres. Il est possible aussi que l’insert se “forme” avec le temps. J’ai réalisé ce test en cinq sorties, il en faudrait sans doute une dizaine de plus – et autant de lavages – pour que l’insert s’adapte à ma physionomie. Je note cependant que cet insert est plutôt fin, confortable et parfaitement adapté aux routes parfois très dégradées des Alpilles. Il sera sans doute tout à fait adapté à la pratique du gravel et de la longue distance.

Maillot manches longues Spinshift : polyvalence avant tout

Pile et face

Porté seul en demi-saison, ou sous la veste en hiver, le maillot manches longues Spinshift se distingue par sa polyvalence.
Au premier contact sur la peau, le tissu (recyclé) surprend : satiné à l’extérieur, duveteux à l’intérieur. Sur le vélo, cette dualité fonctionne très bien. Le maillot tient chaud à bas régime, tout en évacuant efficacement l’humidité dès que l’intensité augmente.
J’aime à penser que la surface tellement lisse de l’extérieur du jersey favorise la pénétration dans l’air ; mais je n’ai pas de moyens techniques pour mesurer son CX. Ma peau, par contre, est un excellent outil de mesure du confort qu’apporte l’intérieur du jersey.
Même après plusieurs heures, la sensation reste agréable, sans moiteur et donc sans sensation de froid soudain dans les bourrasques de mistral, les versants nord ou les descentes.

Gorewear winter women cycling kit jersey
Le maillot Spinshift est polyvalent et très bien coupé – photo Dan de Rosilles

Tie and dye, prête pour la bataille

La coupe est ajustée, mais jamais contraignante en mouvement. L’association avec la veste Spinshift est en parfaite aménité entre les deux pièces.
Porté seul, ou quand la température baisse, par dessus un baselayer, ce jersey permet de rouler en demi saison ou en hiver lorsque la fourchette de température se situera entre 10 et 15°.

Gorewear winter women cycling kit tie and dye
Le motif tie and dye apporte une touche de fantaisie – photo Dan de Rosilles


L’imprimé violet et blanc au motif délavé “tie and dye” d’inspiration africaine apporte une touche d’originalité et de couleur bienvenue en combinaison avec les autres pièces noires de la panoplie.
C’est typiquement le genre de pièce que l’on porte souvent dans la saison, parce qu’elle s’adapte à de nombreuses configurations météo, et de tenues.
Ses trois poches dorsales généreuses permettent d’emporter tout le nécessaire : smartphone, snacks, veste ou gilet compressible, portefeuille.

Gorewear winter women cycling kit jersey back pocket
Les trois poches dorsales sont complétées par une petite poche zippée – photo Dan de Rosilles

Casquette C7 Gore-Tex : petite pièce, grand impact

Et la tête ?

On sous-estime souvent l’importance de protéger la tête en hiver. Et pourtant, protéger les extrémités, pieds, mains et tête est un moyen efficace de lutte contre le froid.
À ce titre, la casquette C7 Gore-Tex s’est révélée précieuse pendant ce test. Portée sous le casque, elle m’a protégé efficacement du vent glacial sans provoquer de surchauffe, comme il se doit avec un tissu aussi technique que le Gore-Tex.
Fine, légère, imperméable, elle ne gêne ni la ventilation ni le confort. Plus qu’un détail, de vraies qualités qui assurent un confort supérieur en conditions hivernales… mais qui ont un prix. Cette casquette est chère, chacun jugera, en fonction de son degré d’exigence, de sa sensibilité au froid au niveau de la tête, ou des températures hivernales dans sa région, si cet achat se justifie ou pas.

Gorewear winter women cycling kit Gore-tex C7 cap
Construction en 3 panneaux, visière courte, la G7 Gore-Tex est une belle casquette – photo Dan de Rosilles

Visière courte pour voir loin

Sobre, la casquette C7 complète parfaitement la panoplie testée. Mais sa sobriété n’enlève rien à son élégance. Par exemple, la visière propose une coupe audacieuse, assez différente des casquettes que je possède déjà.
Immédiatement, j’apprécie le confort de la “ligne de visière” (la découpe interne), qui évitera aux fronts les plus larges de désagréables zones de pression.
Je constate ensuite que la visière est courte, parfaitement dessinée pour protéger les yeux des lumières rasantes d’hiver sans obstruer la vue lorsqu’on roule les mains en bas du cintre. L’ourlet interne de la visière est très doux et confortable.

Quand la tête est au chaud, le corps se détend et le cœur est content

Portée toute la journée, la casquette C7 GORE-TEX s’est montrée efficace mais pas totalement neutre. L’élastique dissimulé dans la fronce arrière présente une tension plutôt ferme, qui pourra nécessiter un léger rodage.
En revanche, lors des pauses, portée sans le casque, la C7 garantit un excellent rempart face aux bourrasques glaciales. La tête reste au chaud, protégée, et le corps se détend plus vite. Ce n’est pas un détail, mais un véritable bonus sur les sorties hivernales longues.

Gorewear winter women cycling kit raining Gore-tex C7 cap
Les gouttes de pluie ruissellent sans traverser – photo Dan de Rosilles

Gants GORE-TEX isolés : jeu de mains, jeu de froid… Alpin ?

Quand tes mains guident tes pas

Les habituées des sorties hivernales le savent bien : les mains sont souvent les premières à souffrir – on a parlé, un peu plus haut, de la bonne habitude de protéger les extrémités – et les premières à te décider à écourter ta sortie.
Les gants C7 sont qualifiés de “isolés” et ce n’est pas un vain mot, ce test m’a permis de le vérifier.
La première impression est celle d’un assemblage dense et protecteur. Le scratch au poignet permet un ajustement précis et garantit une étanchéité efficace, empêchant l’air froid de s’infiltrer. Ils montent suffisamment haut sur le poignet pour bien tuiler sur la veste. La membrane GORE-TEX, comme pour les autres articles décrits plus haut, associe isolation et respirabilité. les C7 sont de vrais gants d’hiver, efficaces, bien conçus.

Dextérité assurée… à condition de bien choisir sa taille

Au guidon, la préhension est facile, sans gêne. Le grip est bon, la dextérité suffisante pour manipuler les leviers de freins et passer les vitesses sans problème. Les extrémités de l’index et du pouce, compatibles avec les écrans tactiles, se révèlent particulièrement pratiques par grand froid, évitant de retirer les gants pour consulter son téléphone.

Si le guide des tailles vous situe entre deux, je vous conseille d’opter pour la taille supérieure. Vous y perdrez sans doute un peu de dextérité et de contact, mais c’est en évitant toute compression du bout des doigts qu’on permet au sang de circuler le plus librement possible, et donc de réchauffer les extrémités.
Ces gants, indispensables lorsque les températures chutent, complètent efficacement la tenue testée.

Gorewear winter women cycling kit gloves
Au chaud jusqu’au bout des doigts – photo Dan de Rosilles

Un kit performant, mais pas universel

Effeuiller sans faillir

Cet ensemble Gorewear est adapté à des sorties hivernales, à condition qu’elles soient menées sur un rythme intensif. Car à basse intensité, on aura froid.
C’est donc un parti-pris finalement assez radical que de choisir cette tenue pour les journées très froides, car son minimalisme conviendra plutôt à des cyclistes expérimentées, capables de rester longtemps à haute intensité et de jouer sur la superposition de couches aux moments opportuns.
Sinon, pour rouler plus cool, il faudra y ajouter un baselayer et un gilet isolé pour gagner en polyvalence.
on est donc plutôt là sur une tenue de demi-saison. On pourra alors se détendre un peu, et les qualités techniques des membranes Gore-Tex permettront de profiter de journées entières avec de grandes variations de température.

Gorewear winter women cycling kit zip
Il faudra savoir jouer sur la superposition de couches – photo Dan de Rosilles

Une base solide à intégrer à sa garde-robe

Cet ensemble Gore-Tex est un choix pertinent, sobre et élégant. On pourra associer ces vêtements à d’autres pièces de son dressing, à toutes sortes de matières et de couleur. Je sais que certaines d’entre nous ne supportent pas de porter des ensembles “dépareillés” (composés de vêtements de marques différentes), mais moi j’aime associer des vêtements qui se combinent bien, que ce soit en terme de matières, de couleurs ou d’usage.

Gorewear winter women cycling kit kiss
Un vrai bonheur en Gorewear – photo Dan de Rosilles


J’attire toutefois l’attention des acheteuses sur le difficile choix des tailles, toujours délicat lorsqu’on achète en ligne, encore plus compliqué lorsqu’il s’agit de vêtements d’hiver, plus longs, plus épais et enveloppant que ceux d’été.

Gorewear winter women cycling kit winter ride
Cet ensemble Gorewear est un choix pertinent – photo Dan de Rosilles

Ensemble Gorewear


SWIFTRIDE Collant thermique femme 119,95€

C7 GORE-TEX Casquette 39,95€

SPINSHIFT Veste Coupe-Vent Femme 119,95€

GORE-TEX Gants isolés 89,95€

Maillot À Manches Longues SPINSHIFT Femme 119,95

Anne Fontanesi
Anne Fontanesihttps://www.strava.com/athletes/5956835
Anne Fontanesi aime le pignon fixe, les aventures à vélo sur route et sur chemins et le VTT 26" tout rigide. Mais ce qu’elle préfère, c’est les pique-nique dans les Alpilles et les petits restaurants italiens. Lorsqu’elle n’est pas en tournée à Taïwan avec des danseurs contemporains, elle anime à Arles un club de cyclisme féminin sur Strava : « Nénettes & Cassettes » mais apprécie aussi de rouler avec les garçons, pour peu qu’ils soient élégants, spirituels et sportifs accomplis.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Renseignez votre commentaire
Renseignez votre nom

Articles similaires

Du même auteur

Ils soutiennent Bike Café