15 ans : cela fait presque une éternité que j’envisage de participer à un triathlon. Oui mais voilà, cette discipline ne s’improvise pas du jour au lendemain. La course à pied est restée, par nécessité et facilité, pendant de nombreuses années mon sport de prédilection. Nécessité, car le triathlon est difficilement compatible avec une vie de famille lorsque l’on veut performer. Facilité, car je déteste me prendre la tête avec des programmes d’entraînement qui m’imposent telle ou telle séance.

Mais voilà, les années passent et la quarantaine approche. Ma première idée était de réaliser un Ironman  en « off », seul sur une journée pour ressentir les « bienfaits » de ce sport. Mais au détour d’une conversation avec Eric (cofondateur de T&N), ce dernier m’indique qu’un Ironman à la sauce Norseman va être organisé sur les bords du lac d’Annecy. Comme beaucoup, le reportage de CANAL+ sur cette épreuve en Norvège m’avait fait briller les yeux. L’Alpsman se déroule en France dans un endroit superbe et les inscriptions sont ouvertes sans tirage au sort alors ! …

Inscription faite : place à la préparation

À découvrir le programme, rien d’insurmontable sur le papier sauf qu’à la seule et unique reco vélo faite avec Eric, j’ai pris la pleine mesure de la difficulté du parcours : 182,2 km, 6 cols avec 4349 de dénivelé positif (relevé Garmin le jour de la course). Ce n’est pas rien, surtout pour moi « breton-parisien » plus habitué aux « coups de cul » qui dépassent rarement le kilomètre. Oui mais voilà, il a fallu faire avec les moyens du bord et engranger le maximum de kilomètres afin de passer sans encombre ces difficultés le jour J. Pour la partie natation, tous mes entraînements se sont déroulés en piscine, à l’exception de deux sorties en mer. Là encore juste en accumulant les bornes sans aucun travail spécifique. La course à pied a été la discipline que j’ai moins travaillé à cause de ma blessure à la hanche qui joue au yoyo depuis de longs mois. Bref, je peux résumer ma préparation à du bornage natation et du vélo en mode « bourrin ».           

Place à la course

Une semaine avant la course, et ce deux fois de suite, un cauchemar me réveille en pleine  nuit : j’arrive à la « bourre » au départ, les affaires ne sont pas prêtes, bref pas du tout organisé. C’est pourquoi, le jour J, je me lève à 3 h et j’arrive à vélo directement en « combi » avec un gros sac poubelle sur le dos contenant tous mes sacs de transition, je rentre le premier dans le sas vélo. Ok, super, je suis prêt mais que c’est long d’attendre dans le froid avec ce vent.

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Arrive enfin au loin un très long bateau restaurant (ndlr : le Libellule), genre ceux que l’on peut voir sous la Tour Eiffel. Accompagné d’Éric et accueillis par l’équipage, nous montons à bord. Paradoxe avec la course, les tables sont dressées prêtes à nous offrir un menu gourmet. 

Le départ du bateau dans la pénombre associée au lancement d’une série de morceaux de musique solennelle amplifie l’émotion qui précède le top départ de cette épreuve. Difficile d’exprimer ce que l’on ressent, un mélange d’excitation, d’envie mais aussi et surtout d’appréhension car l’effort va être intense, long et dur à la fois.

Le saut dans l’inconnu et c’est la délivrance, toutes les émotions se dissipent pour faire place à la concentration. Mais à peine le départ lancé que je suis saisi par l’anxiété. Je ne vois rien, mon coeur et ma respiration s’emballent, je lève la tête à chaque mouvement de bras. Qu’est ce qu’il m’arrive ? Il est hors de question d’en rester là, alors je me ressaisis rapidement et pose une nage calme comme en piscine.

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Au briefing d’avant course, on nous annonce, sur un parcours rectiligne, des bouées lumineuses tous les kilomètres : ok sauf qu’une fois à l’eau et dans l’obscurité totale, impossible d’apercevoir les bouées. Oui, nous connaissons la direction à prendre, mais pour ma part ce n’est qu’une accumulation de « zig » et de « zag » me prenant au passage bon nombre de nageurs surtout dans le premier kilo. À de nombreuses reprises, je m’arrête, lève la tête et ne vois rien, j’entends seulement des nageurs qui crient pour demander aux kayakistes invisibles la direction à prendre. Au 3ème kilomètre, nous savions qu’un changement de direction devait s’opérer pour gagner la plage, mais une quarantaine de coureurs auront involontairement coupé au second, attirés par les lumières lointaines du parc à vélo et du Libellule stationné à quai .

Enfin, je sors de l’eau mais sans savoir à quelle place, j’actionne ma transition sur ma Fenix et là à ma grande surprise je vois 1h30. M …, je pense pourtant avoir à peu près bien nagé mis à part quelques arrêts orientation. Après coup, mon relevé Garmin me donnera 4760 m (d’où mes nombreux zigzag)

En selle

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Je soigne trop bien ma transition (7 mn : j’ai pris mon temps). Il fait frais, ma tenue Compressport est trempée mais à peine les premiers lacets du col de Leschaux avalés je ne ressens plus le froid. Une nouvelle fois, l’inquiétude me gagne lorsque je regarde le braquet de ma roue libre. En effet, j’entame à peine le vélo que je suis déjà sur le 36-26, ça laisse peu de marge pour la suite. Au fil des kilomètres, cette inquiétude va s’estomper, je suis bien, les jambes tournent parfaitement et je ne fais que doubler.

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photo ©T&N

Ma seule crainte est attachée à mon confort. En effet, la veille de la course, j’ai récupéré ma tenue Compressport Ironman sur le stand de la marque. À voir l’épaisseur de la « peau de chamois » synthétique, je me demande bien quelle va être le degré de souffrance de mon assise au bout des 182 km. Et bien, il n’en sera rien : le cuissard est très confortable, sa coupe longue maintient parfaitement les quadriceps surtout lors de la partie course à pied. Après course, aucun échauffement à signaler. Même impression pour le haut : confort et maintien, le tissu malgré ses nombreuses micro aérations n’a pas été un handicap à cette période fraîche de l’année. Son touché coton absorbe et évacue parfaitement l’humidité.

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Photo ©T&N

L’autre point important concerne la conception des empiècements avec la présence de petites poches permettant d’y glisser gels, barres et téléphone. N’ayant d’ailleurs pas prévu d’attacher ma pompe sur le cadre de mon vélo, j’ai réussi à glisser cette dernière dans une poche arrière. En effet, l’élasticité du tissu m’a permis de la garder bien en place. Le seul petit reproche que je pourrais faire, c’est au niveau du cuissard : il ne remonte à mon goût pas assez haut sur le bas du dos, le laissant ainsi à découvert et ce ne fût pas très agréable lors des descentes de cols.

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photo ©T&N

Revenons à la course : j’enchaîne les cols avec la même cadence de pédalage, seul les derniers kilomètres de la seconde ascension du col des Prés me paraissent une éternité. Il faut dire qu’avec cette pluie battante, qui dure depuis une heure environ, ça n’aide pas à avaler les kilomètres en toute quiétude.

Passé ce dernier col, il reste 40 kilomètres, les plus faciles malgré le col de Leschaux en forme sinusoïdale plus montante que descendante. Les trombes d’eaux ne m’empêchent pas de faire une descente rapide sur Saint-Jorioz.

Descente du vélo

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Je pose le pied à terre, je veux me redresser mais je sens une raideur dans le bas du dos. À ma grande surprise, les premiers kilomètres de course à pied me feront du bien. La suite ne sera qu’une lutte pour gagner l’arrivée. En effet, ne pouvant plus m’alimenter correctement, je me sens vidé de mes forces. Mon petit rythme de 11 km/h me suffira amplement.

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photo ©T&N

Barrière horaire

Avant la course, je m’étais dit : 18 h, ça va le faire et je pourrais monter au Semnoz. En effet la règle de ce triathlon est qu’au passage sur la ligne du 27ème km de course à pied, nommée le « Tournant », les participants qui franchissent cette ligne avant 18h00 peuvent poursuivre leur course par l’ascension du Semnoz où sera placé l’arrivée « Sommet » et ils deviendront des « Top finishers ». Les autres finiront la course à pied en bas, au bord du lac et seront donc des « Lake finishers ». Oui sauf qu’entre temps, je sors de l’eau en 1 h 30 et que je fais la course à pied la plus lente de ma vie de coureur. Rien d’étonnant donc que je loupe cette montée pour 5 petites minutes. Mais au fond de moi et sans le cacher, je suis bien content de terminer en bas car je suis vidé de mes forces, j’y serai sans doute arrivé mais à quel prix ? …     

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Cette première expérience en triathlon me donne des pistes de travail pour le prochain. Plus de qualité et des entraînements nage en eau libre. À cette heure, je n’ai pas franchi le pas de la réinscription mais il y de grosses chances pour que j’y retourne l’année prochaine mais cette fois pour monter au Semnoz. L’épreuve aura lieu le samedi 10 juin 2017.

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Campagne Radio Cyclo Trail

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