Participer à une première ne se refuse pas … Nous n’étions pas là en 1984 pour la première édition du Roc d’Azur, cette fois pas question de manquer celle-là car depuis un moment nous avons le nez dans le guidon du Gravel bike sur Track & News.

Nous voilà donc au départ de cette première course Gravel Roc : Eric et Patrick (co-fondateurs de T&N) et Pierre (notre chef d’atelier). Pour nous le mot « course » est à l’opposé de notre conception de la pratique du Gravel Bike. Ce matin c’est un peu particulier et ce sera le jeu du chrono. On peut comprendre qu’en mettant une centaine de cyclistes affublés de dossards sur une ligne de départ, ça ne pouvait que faire parler la poudre … Pour nous, très rapidement largués dès le départ, la poudre ne sera que le gros nuage de poussière soulevé par les premiers partis comme des furieux à près de 40 km/h. Très rapidement, nous sommes largement distancés, la poussière soulevée par ces « météorites » de la constellation Gravel sera même retombée lorsque nous passerons plus tard sur leurs traces. On apprendra à l’arrivée que c’est un italien qui a remporté l’épreuve en moins de 2 heures alors que pour nous, il faudra 3h34 pour revenir à la base de loisirs après 50 km passés à rouler sur des terrains des plus variés.

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Départ de la Gravel Roc – photo ©ASO

Une grande première

Le Gravel bike s’est donc invité au Roc d’Azur … C’est une grande première et également un sacré retour aux sources car, sur la première édition de cette course devenue mythique, la poignée de participants étaient équipés de vélos qui semblent être sur cette photo les ancêtres de nos « gravel bike » actuels. On peut voir des guidons de courses sur deux machines qui sont visiblement des vélos de cyclocross.

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La photo historique du Roc d’Azur : ils étaient 7 dont 2 cyclocross

La distance de 50 km qui est proposée par les organisateurs peut paraître modeste par rapport aux épreuves que nous connaissons déjà comme la Gravel 66, la Gravel de Fer, la Résistance, … Le Roc d’Azur évolue en permanence avec une offre de courses qui s’enrichit d’année en année avec l’électrique, les enfants, … et maintenant le Gravel.

Danser le Roc sur la selle d’un Gravel

Nous profitons de cette épreuve pour tester 3 machines différentes : le GT Grade un carbone plutôt racé et bien équipé, un Scott Addict superbe en carbone également et enfin un Lapierre Crosshill en alu que nous avions déjà utilisé cet été pour un petit raid de 200 km. Rien de tel qu’une épreuve comme le Roc Gravel pour tester en condition réelle nos machines d’essai et danser le Roc en sautant sur les pierres des chemins varois.

Pas de chance pour le team Track & News une première crevaison vers le 6ème km nous stoppe dans notre élan … Elle sera suivie d’une seconde au 10ème … On commence à flipper car après nous n’avons plus que des rustines pour réparer. On va devoir lever les fesses de la selle du GT Grade équipé de pneus Clément de 28 un peu légers pour ce type de terrain.

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Une seconde crevaison au 10ème … plus de chambre à air – photo ©T&N

Nous avons à peine réparé notre dernière crevaison que le motard serre-file arrive et nous informe que nous sommes les derniers … On repart courageusement pour remonter un petit groupe dans la côte suivante à la Bergerie. Mais derrière une côte il y a une descente, et il y en a un dans la bande qui n’aime pas trop ça … Nous gardons un peu d’avance sur la lanterne rouge et une portion de route vers le golf de Roquebrune nous offre un moment de détente en compagnie d’une des deux concurrentes féminines Isabelle.

Regardez … voilà des Gravel ! …

Nous atteignons Roquebrune-sur-Argens et nous attaquons alors une longue montée progressive de 5 km sur route qui nous ramène à la cote 265. On quitte alors la route pour retrouver un sentier et vers le 30ème ça va se gâter sérieux avec une descente remplie d’ornières qui accuse une pente à plus de 15%. Pour nous, les « amateurs », nous avons dû faire vite fait un apprentissage du dosage de freinage entre l’arrière et l’avant … Nous arrivons quand même en bas sains et saufs … Un miracle vu notre habileté sur ce type de vélo. Un coup de cul, pour remonter du trou dans lequel cette descente nous a conduit, nous oblige à finir les derniers mètres à pieds. Ensuite un super sentier un peu étroit nous emmène vers la Bastide Neuve. Le col de Bougnon arrive et après une courte descente sur route, un mur se dresse face à nous, ce sera la dernière difficulté du parcours. Eric passe en premier sans problème, Pierre s’arrache ne voulant pas céder lui qui autrefois l’avait passé en tandem, … et Patrick lassé de creuser la terre avec sa roue arrière termine en courant à côté du vélo.

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Juste après le col de Bougnon … Regardez voilà des Gravel … photo ©T&N

A notre passage on est surpris d’entendre parfois « Regardez voilà des Gravel … » Ces vélos commencent à être reconnus et identifiés, c’est le début d’une nouvelle popularité que nous avons pu mesurer sur ce Gravel Roc. Il y a même de la part de certains spectateurs une part d’admiration pour les cyclistes qui osent affronter les pistes du Roc sans aucune suspension sur ces vélos qui semblent plutôt faits pour la route …

Le profil

1ère édition du Gravel Roc - Roc d'Azur 2016 - © Openrunner
1ère édition du Gravel Roc – Roc d’Azur 2016 – © Openrunner

Ensuite on traverse la Gaillarde, direction la mer qui nous apparaît après avoir suivi le lit d’un cours d’eau asséché … Un peu de sable et l’air marin nous remettent dans l’ambiance plage du Roc d’Azur. Pas le temps de faire des pâtés de sable, nous passons sur le bitume vers Saint-Aygulf et nous rattrapons la fameuse corniche avec ses marches et passages à pied pour reprendre les passerelles et rejoindre la base de loisirs par les coulisses.

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L’arrivée groupée du Team T&N – photo ©Sportograf

Nous franchissons ensemble la ligne d’arrivée de ce premier Roc Gravel heureux et en bon état.

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Ils ont aimé …

« En Gravel, la route n’est qu’un moyen de se rendre sur la prochaine portion de chemin … »

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Isabelle à l’arrivée … C’était ma deuxième sortie en mode « Gravel » pour ma nouvelle monture Liv. – photo ©T&N

Isabelle une des deux concurrentes féminines « J’avais à cœur de venir tout d’abord au Roc d’Azur (c’est ma 1ère participation) et de participer à une épreuve de Gravel organisée. C’était ma deuxième sortie en mode « Gravel » pour ma nouvelle monture Liv. Pour moi la pratique du Gravel est un mixte route/chemin, la route n’étant qu’un moyen de se rendre sur la prochaine portion de chemin. Le parcours doit être à dominante plutôt roulante et pas trop cassante. Concernant l’épreuve, j’ai trouvé qu’elle a fait la part belle à la portion « chemin », j’en ai été plutôt ravie car c’est bien pour ce type de terrain que nous chevauchons nos Gravel bikes. Par contre j’ai trouvé qu’il y avait des portions trop engagées pour nos vélos, à savoir trop cassantes et très techniques, finalement pas très adaptées. Personnellement je manque encore de technique mais je suppose que tout le monde a dû faire preuve de vigilance sur ces parties un tantinet extrêmes. »

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Tout le monde n’avait pas des freins à disques – Photo ©Roc d’Azur ASO

 Sylvain Renouf de Caminade « Un parcours super, un peu court pour moi mais qui réunit sur 50 km l’échantillon complet des terrains que l’on peut trouver sous les pneus d’un gravel. »

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Avec les « rois de l’acier » : Sylvain Renouf et Brice Epailly (Caminade) et Julien Leyreloup (Victoire) – photo © T&N

Julien Leyreloup des Cycles Victoire « J’ai bien aimé, je ne connaissais pas les parcours du Roc j’ai trouvé la sortie de la zone urbaine vers les chemins forestiers assez agréable. L’épreuve était bien calibrée pas trop route … La montée de 5 km sur le bitume un peu défoncé est empruntée également par les courses VTT. C’est difficile d’organiser une première et les organisateurs s’en sont bien sortis. Avec mon vélo cadre acier équipé de pneus de section large pas trop gonflés je n’ai eu aucun souci. »

Maxime Brunand Line Manager chez Mavic « J’ai entendu quelques critiques sur le parcours, pour ma part j’ai un avis très indulgent sur ce tracé car les organisateurs nous ont proposé tout ce que l’on peut trouver sous nos roues sur un terrain de gravel. Il faut savoir composer avec et épargner son matériel. J’étais équipé en pneus All-Road de Mavic bien sûr et mes tubeless gonflés à 4 bars m’ont sauvé la mise me permettant d’avaler le Bougnon en 34 x 24 … »

Nicolas Pierron chef de produit chez B’Twin « C’était une première très différente de ce que j’avais pu voir aux US. Avec ses 2 ou 3 descentes un peu techniques on était loin des longues pistes que l’on trouve là-bas. J’ai bien aimé cette Gravel Roc. Habituellement je fais ici le Roc Marathon mais là je me suis bien plus amusé en cherchant mes trajectoires et en faisant plus de pilotage. J’étais là également pour avancer sur notre projet de Gravel bike Btwin et je venais aussi par curiosité pour découvrir les machines qu’utilisent les pratiquants et comprendre un peu plus le milieu du Gravel. Avec Cyril (Saugrain) qui avait cassé son dérailleur à cause d’une branche on a fini en mode dépannage : il courait dans les montées et je le tractais sur le plat … On s’est bien amusé et je reviendrais l’an prochain sur cette épreuve. »

Nos vélos

Un banc test intéressant

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Le Scott Addict et le GT Grade : 2 carbone sur les sentiers du Roc – photo ©T&N

C’est une formidable opportunité pour nous de pouvoir joindre le plaisir de participer à cette première épreuve à celui de tester de nouvelles machines :

  • Le Scott Addict que nous avons en test depuis 3 semaines.
  • Un tout nouveau Lapierre le Crosshill que nous avons conduit d’Aix-en-Provence à Fréjus en passant notamment par les sentiers des Maures.
  • Et enfin, pour compléter le trio, le nouveau GT Grade.

Nous avons échangé nos machines en cours de route sur ce parcours de 50 km.

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De haut en bas : le Lapierre Crosshill 500, le GT Grade Carbon et le Scott Addict Gravel
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Le Crosshill de Lapierre sur le sentier côtier avec Eric – photo ©T&N

Le Lapierre Crosshil a fait l’unanimité de notre petite équipe sur ce parcours. Comme le Scott il bénéficiait d’une monte en Schwalbe G-One qui ont fait largement le job sur les parties techniques de ce Gravel Roc. Bon freinage, maniable, … un peu plus lourd (cadre alu et niveau d’équipement) que les deux autres vélos il nous a bien plu grâce à sa polyvalence sur tous les terrains qui nous ont été proposés. Conçu pour le Gravel il a présenté le meilleur compromis par rapport aux différents revêtements des terrains rencontrés.

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Le GT Grade sur un terrain qu’il aime bien avec Pierre : le sentier plutôt roulant – photo ©T&N

Le GT Grade est un très beau vélo esthétique et racé. Par contre son équipement pneumatique était un peu léger (Clément en 28) pour ce Gravel Roc. Nous avons crevé deux fois la deuxième étant liée à un pincement sans doute la conséquence d’une première réparation trop rapide. C’est un vélo qui sera très bien pour de longues pistes plutôt roulantes. Plus haut que les deux autres il s’est avéré moins maniable sur les parties rocailleuses. Son cadre n’acceptera pas le montage de pneus de grosse section.

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Le Scott Addict sur un de ses terrains préférés  avec Patrick : un chemin sans rocaille – photo ©Sportograf

Le Scott Addict s’est montré à la hauteur sur ce terrain grâce à sa maniabilité et à ses pneus Schwalbe G-One de 35 gonflés à 4 bars. Ce vélo carbone est visuellement très séduisant et on apprécie la qualité de ses composants Syncros. Très maniable il est quand même moins tolérant sur les parties empierrées. Sa légèreté et son dynamisme l’avantage sur route et sur les parties pistes plus roulantes. C’est plus un cyclocross adapté au Gravel qu’un pur Gravel.

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Une belle brochette de finishers – photo ©Roc d’Azur – Isostar

Merci aux organisateurs qui ont pris l’initiative d’organiser cette course de Gravel au programme de cette institution qu’est le Roc d’Azur. Même si d’autres courses sont nées avant ce Gravel Roc dans l’hexagone, cette première va donner un coup de projecteur sur cette discipline encore jeune sur notre territoire. Nous avons ressenti pendant ce Roc une certaine sympathie pour cette pratique du vélo qui n’est pas forcément nouvelle mais qui retrouve auprès des cyclistes un regain d’intérêt.

Vive le Gravel bike.

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