L’arrivée d’un nouveau vélo de Gravel est toujours un événement dans la communauté de plus en plus large des pratiquants « All road ». Le nouveau modèle Terra d’Orbéa, que l’on a découvert en avril, fait son entrée en 2017 sur ce marché dynamique. La marque espagnole a pris le temps d’étudier cette nouvelle pratique. Elle propose un modèle qui surprendra dans un premier temps par sa forme assez conventionnelle, au regard des tendances générales plutôt slooping de ces vélos. Ce Terra est même visuellement moins Gravel dans la forme, que le modèle endurance d’Orbéa le « Avant » … Mais l’habit ne faisant pas le moine, soyons « Terra – terre » et prenons la direction des pistes sèches des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse pour voir comment ce vélo se débrouille sur des parcours « All road ».

Présentation

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Un peu de fraîcheur dans le monde du Gravel – photo PDM

Le vélo que nous avons reçu pour ce test est le modèle M21-D qui constitue le « haut de gamme » des « Terra ». Passée la surprise d’une forme présentant un tube horizontal placé haut, on remarque la finesse des haubans arrières légèrement courbes et l’élégance de ce cadre carbone. Au moins sur ce cadre on ne sera pas gêné si l’on veut mettre une sacoche de cadre type Bike-packing.

Le design général exprime fluidité et légèreté. La finition est belle et on remarque que le cadre est équipé d’inserts et de caches qui offrent différentes possibilités d’équipements : tringles pour gardes-boue, montage pour un double plateau, passages électriques, …  Des protections anti-rayures sont collées sur les parties du cadre les plus exposées. Du côté structurel, les choix sont très actuels avec des pattes qui reçoivent des axes traversants de 12 mm, une direction intégrée FSA, le montage flatmount des étriers de freins à disques, des disques « semi-flottants », …

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Les pneus de 40 qui équipent le vélo laissent encore un peu de passage (env. 7 mm) entre haubans et fourche. La fourche du Terra, conçue par Orbéa, comprend un Té rigide et un jambage aux lames arrondies. Ses pattes sont longues pour offrir une meilleure combinaison d’élasticité et de rigidité torsionnelle.

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Du côté ergonomie, on constate la présence d’une potence plutôt longue (110 mm) sur ce vélo en taille M, des manivelles de 172 mm. Les bases arrières qui mesurent 430 mm confirment l’usage gravel de ce vélo avec un « reach » assez court de 385 mm, qui n’était pas évident à percevoir visuellement.

Les équipements

  • Cadre : Terra Carbone OMP
  • Fourche : Carbone Orbea Terra
  • Plateau : SRAM Force 1 40 t
  • Direction : FSA 1-1/8 – 1-1/2″ Integrated Carbon Cup ACB Beari
  • Cintre FSA : Energy Compact
  • Potence :  FSA Energy
  • Freins : SRAM Force Hydraulic
  • Cassette : SRAM Force PG-1170 11-36 t 11-Speed
  • Dérailleur : SRAM Force 1
  • Chaîne : FSA Team Issue
  • Roues : FULCRUM Racing 5 DB
  • Pneus : Schwalbe G-ONE Allround, 40-622, Black, Folding
  • Tige de selle : FSA SL-K Di2 SB20 27.2×350 mm
  • Selle Prologo Nago Evo Space STN size 141 mm
  • Tresse de guidon : Black Anti-Slippery/Shock Proof Bar Tape

Trois hommes et un vélo … en test

Philippe

« Tiens, je vais pouvoir tester le dernier Orbea Terra dans le Luberon en compagnie de Patrick  ... » se réjouit Philippe, qui va faire ainsi son premier test pour Bike Café. Philippe est VTTiste à la base et il s’adonne depuis un certain temps au Gravel sur son GT Grade. Son avis sera intéressant car le Terra est un peu un « cousin » du GT.

Le terrain de jeu sera de la route comme on aime, avec un revêtement rural et éventuellement de l’herbe dans les fissures, de la piste « blanche », de la terre et quelques passages techniques sur des singles aventureux ou encore des DFCI rugueuses …

Philippe, tu en penses quoi ?

« Entre les disponibilités des uns et des autres, nous nous retrouvons à deux le jour du tour du grand Luberon. Un pour rouler et l’autre à la caméra … J’échange mon GT Grade habituel pour tester en premier ce nouveau Terra … » précise Philippe.

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Le vélo étant brut de carton, il y aura quelques petits ajustements à faire en plus de la hauteur de selle et de l’inclinaison du guidon : ajustement de la tension du câble de dérailleur pour un changement parfait des rapports, dégraissage des disques de frein qui manquent un peu de mordant et réglage de l’attaque. Et bien sûr la pression des pneus : 3,4/3,6 pour les G-One en chambre et ma surcharge de … 60 kg.

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Tout commence par de la route au départ de Lourmarin, village très touristique pour atteindre la pointe est du Luberon vers Vitrolles-en-Luberon. Je me sens comme à la maison sur ce Terra, avec un peu plus de confort que mon gravel habituel. Cela est-il dû au cadre ou aux pneus de plus forte section ? En toute logique il faudrait tester avec les mêmes roues et pneus aux mêmes pressions. D’un coté des roues Fulcrum jantes alu et Schwalbe G-One en 40c, de l’autre des roues artisanales en rayons Sapim CX-Ray, jantes carbone de 22,5 entre crochets, un GravelKing en 32C devant et un Conti Ultra sport en 28C à l’arrière.

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photo BC

Les vitesses se montent et descendent sans problème, le mono-plateau ne me gêne pas, c’est ce que j’ai sur mon vtt. Dans les descentes, la stabilité fait que l’on peut prendre de l’angle en toute quiétude, les freins à disques permettant de doser sans effort le freinage. Passée cette période d’adaptation sur route nous arrivons sur de la piste plate qui donne son nom à notre activité. Le confort est toujours présent et l’on peut rouler vite tout en évitant les gros chocs en toute sérénité. De nouveau du goudron pour passer auprès d’une fontaine salvatrice car le jour de ce test il faisait très chaud.

Enfin on attaque la trace terminale : caillouteuse avec des marches plus ou moins hautes mais très secouantes, terreuse entre les herbes, des racines et des marches nécessitant tant en montée qu’en descente de courts portages. Bref du gravel technique, où parfois je me dis qu’une bonne suspension … Là le couple potence longue/cintre (110 mm / 42 cm) n’est pas idéal. Et sur certains coups de cul, la démultiplication longue (40/36) se traduit par des pertes d’adhérence (et pourtant je n’ai pas des cuisses de rouleur). Entre ces sections, le Terra est bien agréable à rouler et se montre homogène en stabilité, agilité et placement. Soit j’ai eu de la chance, soit mon poids m’aide, mais pas une seule crevaison. Et pour la selle, le meilleur compliment est de dire que je l’ai oubliée sur cette sortie de 75 km !

Pierre

Pierre est en vacances quelques jours à Roussillon. Patrick est venu déposer à domicile ce beau petit vélo aux couleurs chatoyantes. Pierre roule habituellement en région parisienne sur un Canyon Inflite en alu ; rouler sur un Gravel carbone sur des sentiers plus exigeants va le changer.

Alors Pierre qu’en penses-tu ?

Patrick descend le vélo du porte-vélos et on procède au réglage de la hauteur de selle 75 pour moi alors que Philippe était à 77 cm. Sans plus attendre nous nous lançons à l’aventure : cap au nord avec seulement quelques cartes papier vers les falaises de la Madeleine. De la route pour commencer afin de prendre en main la bête. Je trouve ma position un peu trop aplatie sur le vélo. La potence me semble un peu longue. La tenue de route est très bonne et la précision de conduite dans les quelques lacets des premières descentes est rassurante. Les « gros » pneus (pour moi) rendent bien malgré tout sur le goudron (gonflage 3,5).

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photo BC

Après le château du Javon nous avions décidé de prendre une piste qui devait nous conduire vers Sault … Grosse erreur de nav, on loupe la fourche qui nous faisait suivre un PR et progressivement la piste blanche bien large que nous empruntions se transforme en espèce de trace à peine visible sauf peut-être pour les chasseurs … Là, ça secoue pas mal et finalement je trouve que le cadre carbone, qui de façon générale a une réputation de raideur, aborde en souplesse ce terrain cassant.

orbea-terra-11

J’ai gardé le vélo une semaine ce qui me permettra de faire un récit découverte du Grand Luberon à paraître bientôt sur Bike Café. Globalement après cette semaine d’un usage mixte route et sentiers je trouve que ce Terra est un bon vélo tant sur route que sur les pistes … Pour ma morphologie j’ai trouvé la potence un peu longue. Du coup j’ai très rarement roulé main en bas préférant piloter le vélo en position haute. Les braquets sont bien étagés mais le vélo mériterait un plateau plus petit … Il faut je pense disposer de 2 plateaux en fonction des parcours prévus et notamment pour la montagne. Le poste de pilotage est correct même si un guidon plus typé Gravel pourrait convenir mieux mais franchement c’est du détail. Le freinage est endurant et progressif et moins mordant que celui de mes Shimano habituels. Pour la selle RAS ( parcours Gravel maxi 70 km sans soucis ). J’ai eu deux crevaisons pendant la semaine : épines … Les pneus me semblent « tendres » on aura tout intérêt à passer vite fait en tubeless.

Patrick

Il me faut conclure cet essai « Trois hommes pour un Terra »

Pour moi, direction la Sainte-Victoire qui est mon terrain de jeu habituel … Je roule habituellement sur mon vélo perso : un Caminade qui est un Gravel bike plus exclusif … Les différences se situent déjà au niveau du poids : mon vélo cadre acier flirte avec les 10 kg et ce Terra est un poids plume à côté (8,5 kg). Je suis également adepte du mono-plateau et je suis habituellement en 10-42 pour un plateau de 42 (2,17 m) …

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photo BC

Dans un premier temps je suis un peu déstabilisé par le poste de pilotage. J’ai l’habitude d’un guidon plus large (44) et plus ouvert (Ritchey Venture Max). J’adopte comme Pierre une position « mains en haut » la plupart du temps. Je m’habitue au freinage plus progressif que celui de mes SRAM.

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photo BC

Globalement le vélo est agréable à rouler, précis dans les descentes. Je suis surpris, pour avoir déjà roulé sur des Gravel carbone, par la souplesse du cadre. Je pense que c’est le dessin de ce cadre plus ouvert qui permet de réduire la rigidité habituelle du carbone. La forme des haubans y est également pour quelque chose. Pour ma part j’opterais pour des pneus de section plus étroite. Le vélo est dynamique et il répond bien … rien à dire c’est bien un Gravel et sur route il avance bien.

Conclusion

Ce vélo séduira par sa polyvalence une large clientèle. C’est un vrai Gravel et en fonction des montes pneumatiques que vous choisirez, vous pourrez tout lui demander : du All Road, de la route, du voyage, … Le vélo s’est montré lors de nos essais, confortable et très précis en pilotage. Il est bien équipé et le choix des équipements conviendra à la majorité. Pour les « graveleux » plus « pointus » un guidon évasé type Salsa Cowshipper ou Ritchey Venture Max pourra venir remplacer le FSA proposé de base. Pour la monte pneumatique oublions ces G-One avec chambre pour passer à des pneus plus résistants aux épines ou encore passer direct au montage tubeless. La surprise est le confort de ce vélo sur les sentiers pour un cadre en carbone … On a apprécié également sa légèreté qui le rend très agile et particulièrement joueur.

Ce modèle est voué à un bel avenir et il va venir assurément concurrencer les « vedettes » de ce segment du marché. Il peut devenir un excellent « vélo unique » avec 2 paires de roues, une pour la route et l’autre pour les terrains mixtes, pour rouler partout et même aller grimper quelques cols cet été. La personnalisation MyO est un sacré plus qui vous permettra de vous démarquer en sortant des couleurs « catalogue » sans frais supplémentaires …

On a aimé

  • La souplesse du cadre
  • La précision de pilotage
  • Le look (auquel il faut ajouter la possibilité de personnalisation MyO)
  • La légèreté

Un peu moins

  • Longueur de la potence
  • Braquet (fortes pentes)
  • Équipements pneumatiques (fréquentes crevaisons)

Déco perso …

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Cézanne aurait peut-être choisi d’autres couleurs – photo BC

Au pays de Cézanne il serait malheureux de passer à côté d’un véritable plus proposé par Orbéa avec son concept MyO ? Vous n’aurez pas besoin de sortir votre chevalet et vos pinceaux, mettez-vous simplement derrière votre écran et lancer l’application MyO pour customiser complètement la couleur de votre vélo. Vous aurez accès dans le menu latéral à une multitude d’options pour mettre au point le look final de votre machine allant jusqu’au marquage de votre nom sur le cadre.

Vous allez pouvoir décorer vous-même votre vélo et lui donner un cachet personnel, c’est assez génial.

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La conception du vélo de vos rêves n’entraîne aucun frais supplémentaire. Votre Terra MyO vous sera livré dans un délai de quatre semaines en moyenne, à compter de la date de votre commande.

Infos sur le site

Prix : 3599 € pour le MD-21D et 2799 € pour le 31-D

Album photos

Vidéo de présentation d’Orbéa

 

 

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Aix-en-Provence - Après la création de Running Café, la co-fondation de Track & News Patrick remonte sur le vélo en créant Bike Café. Il adore rouler sur route et sur les chemins du côté de la Sainte-Victoire. Il collabore en freelance à la revue Cyclist France. Affectionne les vieux vélos et la tendance "vintage" et depuis peu la pratique du vélo de "gravel".

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