La marque américaine Giro s’est fait remarquer dans le domaine de la chaussure de vélo en 2012, lorsqu’elle a remis au goût du jour les lacets. Depuis, elle a été suivie et je dois dire que j’ai apprécié depuis plus d’un an le maintien en souplesse que procure le laçage sur mes Mavic route ou mes MTB Scott. En 2017, Giro innove encore en introduisant des empeignes tricotées sur trois de ses modèles. C’est avec plaisir et curiosité que j’ai testé, sur de longues sorties, une paire de route E70 Knit … Essai plutôt convainquant.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers …

Giro Empire EC70 Knit
Les Giro Empire EC70 Knit ce n’est pas ma grand-mère qui les a tricotées – photo Bike Café

Ce n’est pas ma grand-mère qui m’a tricoté mes chaussures : c’est Giro ! … Tricoter des guiboles en jargon cycliste signifie tourner rapidement les jambes. C’est ce que l’on fait généralement lors d’une séance de récup pour éliminer les toxines… Giro nous propose un autre genre de tricotage.

Giro Empire EC70 Knit
Les Giro Empire EC70 Knit … un look classique chic allié à une semelle techno – photo Bike Café

Nous les avions repérées ces belles E70 Knit lors de l’Eurobike 2017. Il suffisait de les regarder pour imaginer le confort que l’on pouvait espérer grâce à une telle matière. La réalité vient de rejoindre l’imagination, j’ai utilisé à Pâques ces chaussures « tricotées » sur un week-end de 280 km (2 fois 140) pendant lequel j’ai connu le froid, le chaud, la pluie et la grêle.

J’ai été un peu gonflé quand même de partir sur un long périple avec des chaussures neuves, tout juste sorties de la boîte. J’ai installé mes cales la veille du départ et hop : direction Vaison-la-Romaine en passant par le Luberon. Finalement j’ai complètement oublié ces chaussures neuves tant elles ont été confortables. Depuis j’en suis à 2 000 km environ avec. La chaleur est montée ces derniers temps et malgré leur couleur noire qui n’est pas la meilleure pour repousser les rayons du soleil, mes « arpions » respirent le bon air de Provence.

Le look

Côté look, il faut admettre que la chaussure fait son petit effet … Lors de cette longue sortie, pour me rendre à Pâques en Provence, Françoise et Florence, deux des femmes présentes dans notre peloton ont immédiatement remarqué mes « shoes » … « Elles sont belles tes chaussures …« , me disent-elles. Florence ajoute « En principe je ne remarque jamais les vélos et les accessoires des uns et des autres, mais cette fois j’ai repéré tes chaussures : elles sont superbes. » La beauté est subjective mais ces remarques venant de cyclistes assidues et pratiquantes rejoint ce que j’ai pensé en les voyant pour la première fois.

et le feel …

Giro Empire EC70 Knit
Les Giro Empire EC70 Knit … une bonne rigidité – photo Bike Café

Au niveau du ressenti c’est pareil. Je vous ai parlé plus haut de ma relative inconscience en partant comme ça direct sur 300 bornes en 2 jours avec des chaussures tout juste sorties de la boîte. Je les ai trouvées immédiatement confortables : forme du pied, précision du laçage, rendu de la semelle au niveau de la transmission de l’effort. Le petit détail c’est la patte élastique qui permet de coincer la boucle du lacet pour éviter qu’elle vole au vent et se délace en cours de route.

Giro Empire EC70 Knit
Une pause à l’ombre – Giro Empire EC70 Knit – photo Bike Café

Le feel c’est aussi cette sensation d’aération, surtout en ce moment avec une température autour des 30°C. L’air passe et la pluie roule : le tissu knit est traité DWR pour le rendre déperlant  … Attention ces chaussures, comme plein d’autres, ne sont pas étanches. En cas de pluie ou par temps très froid il faudra avoir recours à des couvre-chaussures. J’en ai fait l’expérience sous un orage qui m’a contraint à rouler 10 km sous une pluie battante. L’avantage du knit c’est que le pied sèche plus rapidement à l’intérieur de cette chaussure qui est plus ventilée que les modèles classiques.

Mon avis

Il serait facile de conclure qu’il ne s’agit là que d’un effet de style. Personnellement j’étais déjà convaincu par le laçage sur mes chaussures Scott et Mavic, celui des ces Giro ne fait que m’encourager dans cette voie car il permet un ajustement confortable. Je ne suis pas une machine à produire des watts, et ma recherche dans une chaussure est le confort et l’efficacité. L’ergonomie a également son importance. Mon pied relativement fin s’est tout de suite trouvé à son aise dans le chausson de la Giro Empire EC70. J’ai apprécié la « clim » de mes Giro et le maintien de l’avant pied et du talon. La rigidité de la semelle est tout à fait satisfaisante. Aurais-je trouvé chaussure à mon pied ?

Dans un test il convient de trouver quelques défauts, sinon les mauvaises langues vont encore trouver que je suis trop « gentil » ou qu’en l’occurence je fais du cirage de pompe … Alors disons que le tarif prix public de 230 € est un peu élevé. Mais en cherchant, surtout en période de solde, on peut trouver moins cher. J’ai également relevé un autre petit détail qui peut chagriner à l’usage : la languette couine un peu, surtout en danseuse lorsque le pied impulse le maximum d’effort. En frottant sur la tige elle émet un petit gémissement que j’ai vite stoppé en appliquant sur la languette un peu d’huile de pied de boeuf que j’utilise pour nourrir le cuir des selles anciennes mais un autre corps gras peu convenir.

Caractéristiques

Giro Empire EC70 Knit
Les Giro Empire EC70 Knit en détail – photo Bike Café

Les semelles sont équipées pour recevoir des cales fixées de façon classique par 3 vis. Un marquage avec de nombreux repères permet un ajustement fin du centrage des cales. Une protection de talon en caoutchouc, remplaçable, rend la marche un peu plus facile et protège la semelle de carbone d’une usure trop rapide.

  • Tricot Xnetic ™
  • Structure Bonded TPU
  • Pointe et talon renforcés en TPU
  • Traitement déperlant DWR
  • Lacets Empire
  • Semelle extérieure : Easton® EC70 carbone composite
  • Visserie en acier
  • Coussinets de talon remplaçables
  • Semelle intérieure : support de voûte plantaire en EVA moulé
  • Poids : 250 grammes (taille 42,5)

6 COMMENTAIRES

  1. Utilisées lors de la récente BTR, je ne peux aussi que plébisciter ces chaussures. Je n’avais roulé que 15 jours avec avant le départ, mais j’ai rapidement compris qu’elles seraient mon chaussant de choix pour cette épreuve d’ultra biking. Nous avons essuyé de nombreux orages et si je dois dire que dans ces conditions le traitement DWR ne sert à rien du tout, le tricot qui compose la tige de la chaussure sèche extrêmement rapidement, et le peu de mousse utilisé dans la construction accélère encore plus celui-ci.
    Sur la durée, pas d’échauffement plantaire non plus, vraiment un excellent produit.

    • Je confirme : le traitement déperlant ne rend pas la chaussure étanche. Et je dirais même heureusement. C’est un peu comme avec les chaussures de running étanches (dont je ne citerais pas la marque de la membrane) : si l’eau rentre c’est foutu alors qu’une chaussure aérée permettra au pied de sécher plus rapidement par évaporation en courant. Le DRW sur une maille peut fonctionner pour un léger crachin mais l’eau ramenée de la route par les roues rentrera néanmoins dans la chaussure … Je n’ai pas vécu le même déluge que celui que tu as connu sur la BTR, mais en 10 km, sous l’orage, à l’approche de Vaison-la-Romaine en avril dernier j’ai compris …

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