Avec l’automne, les températures baissent et la pluie s’invite sur les parcours cyclistes. Nous voici confrontés à un problème complexe: Comment rouler au sec et au chaud, avec des vêtements suffisamment étanches pour repousser les averses et le vent mais assez respirants pour laisser la chaleur corporelle s’évacuer dans l’effort ? La marque italienne RH+ propose la solution Shark, une gamme de vêtements techniques conçus pour les conditions automnales. À Bike Café, nous avons choisi les raides et pluvieuses collines de l’Aveyron pour un test tout en pourcentages de pente et d’humidité.

12, c’est le numéro du département de l’Aveyron et c’est aussi la température qu’il fait. Ça tombe bien, les vêtements Shark sont conçus pour rouler dans ces conditions – capture d’écran météo France

Nuages

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas super motivé pour rouler quand il pleut. J’ai la chance d’habiter près de la Méditerranée, aussi puis-je choisir de ne pas sortir lors des rares journées de pluie (souvent torrentielles, il est vrai). Par contre, beaucoup de cyclistes situés dans des régions plus au nord sont confrontés aux variations de la demi-saison, avec les conditions météo qui vont avec : Températures de cinq à dix degrés, bruine, brouillard, averses, brumes matinales, giboulées… La gamme Shark est faite pour eux.

La demi saison, celle où le cycliste est tiraillé entre l'envie d'aller rouler et une météo peu conciliante - photo Dan de Rosilles
La demi saison, celle où le cycliste est tiraillé entre l’envie d’aller rouler et une météo peu amène – photo Dan de Rosilles

J’ai donc déplacé mon vélo vers le nord-ouest, en Aveyron, sur les premiers contreforts du Massif Central, pour trouver les conditions météo adéquates. Là, j’ai pu tester en situation réelle trois pièces de la gamme Shark : La veste, le cuissard long et les sur-chaussures. Malheureusement, la casquette et les gants n’étant pas disponibles au moment du test, je ne pourrai pas vous parler de ces produits qui auraient parfaitement complété l’ensemble.

RH+ Shark jackets cycling apparel
Les deux modèles de « Jackets » Shark proposées par RH+ : la Light (à g.) et la XTRM (à d.) – captures d’écran site RH+

Les modèles spécifiquement testés sont labelisés « XTRM », car la gamme propose deux vestes et deux cuissards : L’ensemble « light jacket » et cuissard court conviendront pour le début d’automne, aux températures encore clémentes, quitte à rajouter jambières et manchettes le matin ou le soir. La version « XTRM », une veste plus chaude et un cuissard long, est quant à elle plutôt destinée à une utilisation à la fin de l’automne/début de l’hiver, pour des températures plus fraîches, le fabriquant indiquant la fourchette de 5 à 12 degrés.

RH+ Shark cycling apparel jacket and bib pants
Les équipements sont livrés dans des sacs en plastique zippés – photo Dan de Rosilles

Déballage

Les équipements sont livrés dans des sacs de transport en plastique zippés. D’un côté, cela fait sens dans le cas où l’on doit regrouper, après la sortie, son cuissard et sa veste encore mouillés avec d’autres vêtements secs, on évitera ainsi de salir et mouiller le reste de ses affaires. D’un autre côté, cet ajout de plastique  n’est pas du tout indispensable d’un point de vue écologique… chacun se fera son opinion sur le sujet. Les tissus sont de grande qualité, légers et techniques. La peau du cuissard, estampillée « maison », semble d’excellente qualité et bien adaptée à de longues sorties.

RH+ Shark bib pad insert cycling apparel
L’insert du cuissard, estampillé RH+, est d’excellente qualité et promet de longues journées en selle – photo Dan de Rosilles

L’intérieur de la veste est, pour sa part, blanc et délicatement gaufré. Je constate que de nombreux fils dépassent au bout des coutures, ce qui trahit une finition peu soignée pour un produit plutôt haut-de-gamme. Il faut espérer qu’il ne s’agisse que de détails sans incidence sur la fiabilité et la durabilité des vêtements. En attendant, le jour se lève sur les collines de l’Aveyron, il est temps d’aller tester tout ça.

RH+ Shark Cycling jacket apparel
L’intérieur de la veste est délicatement gaufré. Par contre, nombre de fils qui dépassent trahissent une finition peu soignée pour un produit haut-de-gamme – photo Dan de Rosilles

Essayage

Je me coule dans l’ensemble Shark. Le contact est très agréable, aussi bien en ce qui concerne le cuissard, à même la peau, que la veste, que je porte sur une résille mais qui révèle immédiatement ses qualités isolantes et respirantes à la fois et que je sens au contact sur les bras puisque ma résille est sans manches. Par contre, je trouve les extrémités de la veste et du cuissard un peu courtes à mon goût ; j’avais déjà constaté cette caractéristique sur un cuissard d’été RH+ (qui était un peu haut sur la cuisse), cette tendance semble donc être habituelle et assumée chez RH+.

RH+ Shark winter bib cycling apparel
Le pantalon est un peu court à mon goût, mais les sur-chaussures couvriront convenablement la cheville – photo Anne Fontanesi

Certes, l’usage de sur-chaussures élimine le problème pour le bas de pantalon, et peut-être que les gants de la gamme sont suffisamment longs pour tuiler sur les manches de la veste. Mais avec mes gants habituels, le poignet est découvert, ce qui ne m’enchante pas outre mesure au vu de ce qui m’attend pendant cette fraîche et automnale sortie aveyronnaise…

RH+ Shark cycling apparel
De mon point de vue, les manches de la veste sont aussi un peu courtes – photo Anne Fontanesi

La veste est par ailleurs bien coupée, proche du corps. Un rabat garantit l’isolation au niveau de la fermeture éclair, les poches arrières sont grandes, hautes (attention si vous n’avez pas l’épaule leste) et équipées d’un petit trou, prévu pour l’évacuation de l’eau en cas de pluie. D’élégants et discrets rajouts circulaires autour des trous et le logo de la marque en vertical sur la poche centrale se révèlent extrêmement réfléchissants et hautement visibles la nuit.

RH+ Shark jacket cycling apparel
La veste est coupée près du corps et équipée d’un rabat sous la fermeture éclair – photo Anne Fontanesi

Sur les côtés de la vestes, deux ouvertures zippées permettent, lorsqu’on roule, de créer une aération pour modérer l’effet isolant de la veste. Ainsi, en fonction de l’effort fourni, en jouant sur ces ouvertures on évite la transpiration, cette ennemie jurée du cycliste frileux. Les ouvertures dégagées par ces zips sont contenues par un filet qui évite, lorsqu’on les referme, de coincer le vêtement (résille, base-layer…) que l’on porte en dessous.

RH+ Shark jacket cycling apparel
De chaque côté, des ouvertures zippées à usage rafraîchissant et, sur ce côté-ci, la poche zippée pour « objets de valeur » – photo Anne Fontanesi

Au sujet des sous-vêtements, j’ai porté avec bonheur lors de mon test une simple résille à manches courtes sous la veste pour des températures de 9 à 15 degrés, cette résille plus un base-layer en fil d’Écosse pour des températures de 7 à 10 degrés. Je suppose qu’entre 12 et 18 degrés on peut rouler avec la veste à même la peau, car au contact son intérieur est agréable; je suppose également qu’on peut rouler confortablement à des températures légèrement supérieures à zéro en associant une résille à manches longues et un tricot en mérinos ; mais les températures intermédiaires lors du test ne m’ont pas encore permis de faire ces essais « extrêmes ».

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Entre sept et dix degrés, j’ai porté avec bonheur sous la veste Shark une résille à manches courtes associée à un base-layer en fil d’Écosse – photo Dan de Rosilles

Venons-en aux pieds. Les sur-chaussures sont assez impressionnantes : Le matériau est fin, élastique, mais semble solide, isolant et étanche. Pour favoriser l’enfilage, les ingénieux concepteurs ont inventé une fermeture éclair « en colimaçon », qui commence sur le dessus de l’avant-pied, puis monte en s’entourant autour de la cheville par l’extérieur pour finir derrière le mollet. À l’arrivée, le zip est protégé d’éventuelles entrées d’eau par un rabat. Tous ces détails garantissent un chaussant parfait et n’entravent en rien la liberté de la cheville. Ainsi équipé de pied en cap, il n’y a plus qu’à aller vérifier « in aqua » la viabilité de l’ensemble.

RH+ Shark shoe cover cycling apparel
Le système « en colimaçon » des sur-chaussures, leur matière élastique et le rabat final sur le zip garantissent un « fit » parfait – photos Anne Fontanesi

Pédalage

Me voilà en action dans les rudes coups-de-cul qui entourent Rodez. Il fait bien frais, un petit  huit degrés, mais les raidards font brusquement et régulièrement monter ma température corporelle. C’est exactement ce que les cyclistes frileux comme moi redoutent, subir la désastreuse combinaison du froid et de la transpiration. Heureusement, je peux constater que l’ensemble Shark est admirablement respirant, et les ouvertures latérales me permettent de ventiler l’intérieur de la veste et de réguler assez finement ma température pendant que je roule, même si l’emplacement assez haut des zips nécessite une souplesse d’épaule qu’heureusement, j’ai encore : Je reste sec, je n’ai pas froid, c’est parfait !

RH+ Shark jacket cycling apparel
Dans le froid, le brouillard, la brume, la bruine, la veste et le cuissard se révèlent parfaitement déperlants – photo Anne Fontanesi

La bruine recouvre tout, les prés, les brebis, le vélo et le cycliste. Dans ce contexte, le cuissard et la veste se révèlent parfaitement déperlants, les sur-chaussures sont bien étanches et les deux premières heures de la sortie se déroulent… comme sur (un vélo avec) des roulettes. Malgré un vent ostensiblement froid qui pique les pommettes, je file à vive allure dans les descentes sans gêne particulière, l’effet isolant des vêtements est bluffant. On sent bien de l’air qui ventile le torse et les jambes et élimine ainsi la chaleur corporelle, mais on n’a pas froid.

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L’un des secrets de la gamme Shark : Comme sur une peau de requin, l’eau glisse et ne pénètre pas – photo Anne Fontanesi

C’est la technicité des textiles qui explique cela : comme une peau de requin, ils ne retiennent pas l’eau, qui glisse dessus, ils restent secs et offrent en même temps un « effet membrane », permettant à l’humidité corporelle de s’évacuer. Voilà qui assure le confort du cycliste dans des conditions météo plutôt inconfortables, et ce n’est pas pour me déplaire !

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Face à la bruine, la veste ruisselle de gouttelettes ; de dos, elle est sèche et la chaleur corporelle s’évacue sans problème – photo Anne Fontanesi

Nage

Après la bruine, voilà que la pluie s’en mêle. Une pluie d’abord fine et dense, puis soudain lourde et orageuse. Autour de moi, il fait comme nuit, la visibilité se réduit à quelques mètres, les gouttes cinglent le visage. Je n’ai pas le choix, mon éthique de blogueur m’interdit de rentrer me blottir au coin du feu devant un bol fumant de la fameuse soupe au fromage de Guy Serieys, mon hôte aveyronnais. Je dois continuer le test, vaille que vaille, coûte que coûte.

RH+ Shark cycling apparel
Autour de moi, il fait comme nuit, la visibilité se réduit à quelques mètres, les gouttes cinglent le visage – photo Dan de Rosilles

L’eau s’insinue d’abord dans le cuissard, en haut des fesses (c’est en tout cas dans cette zone que je le ressens), entre le bas de la veste et le chamois. Au bout d’une trentaine de minutes de ce régime de fortes précipitations, je sens bien que je suis trempé, l’eau imbibe mes chaussettes, mes épaules et mes avant-bras sont mouillés dans la veste. Pour ce qui est des pieds, il ne peut y avoir de miracle car les sur-chaussures sont ouvertes en dessous pour laisser passer les cales automatiques et les talons des chaussures. En ce qui concerne le haut, les bras et les épaules sont les plus exposés aux intempéries et c’est là que la veste plaque le plus au corps.

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Les sur-chaussures sont bien étanches, mais c’est par dessous que l’eau pénètre – photo Dan de Rosilles

Il me reste encore plus de quarante kilomètres à faire pour finir mon parcours, sur le GPS le thermomètre indique que la température a chuté de quelques degrés supplémentaires à cause de la pluie. Je roule désormais entre six et huit degrés. Mais je constate que, dans l’effort, je n’ai pas froid et mieux encore, même trempé dans les descentes je ne suis pas frigorifié. Certes, ce n’est pas une sensation agréable de sentir des vêtements froids, mouillés et collants sur soi, mais le pouvoir isolant de l’ensemble Shark reste efficace et je termine ma sortie en pédalant sous la pluie pendant près de deux heures sans souffrir outre mesure.

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Malgré le froid et la pluie battante, je termine ma sortie sans souffrir outre mesure – photo Anne Fontanesi

À l’usage

Même trempé après une journée sous la pluie en Aveyron, je n’ai ressenti aucune gêne ou irritation, ni dans la veste, ni dans le cuissard. C’est un bon point, particulièrement pour le cuissard, quand on sait à quel point il est compliqué de cohabiter longtemps en compagnie d’un chamois mouillé. Cuissard et veste se caractérisent donc après ce test dans l’aquarium aveyronnais comme particulièrement agréables à porter même lorsqu’on est trempé.

RH+ Shark cycling bib pants
Même mouillé, le chamois reste confortable pour de longues heures en selle – photo Anne Fontanesi

La fourchette de température dans laquelle on peut utiliser ces vêtements est large, car ils offrent un compromis très intéressant entre ventilation et isolation. Cela rend cet ensemble très versatile, pour peu qu’on sache associer à la veste une ou deux sous-couches combinables, en particulier une résille qui créera une couche d’air isolante entre la veste et la peau. Attention néanmoins, en cas de forte pluie, ces vêtements ne sont pas étanches et ne feront pas de miracles, vous finirez trempés, mais sans avoir froid durant l’effort. Certes, après ce test je reste convaincu que rouler durant des journées froides et humides n’est pas mon truc, mais durant cette expérience avec l’ensemble Shark, j’ai me suis surpris moi-même à rouler sous la pluie en prenant du plaisir au point d’en oublier les conditions météo…

RH+ Shark cycling apparel
Je me suis surpris moi-même à rouler sous la pluie en prenant du plaisir – photo Dan de Rosilles

Cet ensemble est donc une acquisition intéressante, qui plus est de type « couteau suisse » : Si vous souhaitez roulez à l’automne dans des conditions assez diverses, par exemple en voyage sans vouloir emporter avec vous une grande quantité de vêtements différents, cet équipement à lui seul peut répondre à des météos changeantes. Notez quand même que si vous êtes plutôt longiligne, vous risquez de trouver ces vêtements un peu courts. Dans ce cas, un essayage avant achat me parait indispensable.

RH+ Shark cycling apparel
Malgré la pluie, on peut prendre du plaisir sur le vélo et découvrir de nouveaux territoires « hors saison » grâce aux vêtements RH+ Shark – photo Anne Fontanesi

La gamme Shark sur le site de RH+

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