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Doubletrack & Helix, des sacoches de cintre nickel Chrome

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Photo Dan de Rosilles
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Depuis le milieu des années 90, à San Francisco, Chrome Industries est réputée pour ses sacs iconiques, dont le fameux « Citizen Messenger bag », qui a fait beaucoup pour le bonheur (et le look) des légendaires coursiers en pignon fixe. Dans un usage urbain et intensif, les sacs Chrome ont la vie dure et ont acquis, avec le temps et les retours d’expérience des utilisateurs, toujours plus de souplesse d’usage, de détails techniques et pratiques, de qualité de finition, de solidité, d’étanchéité…

Le Citizen Messenger Bag, le sac iconique de chez Chrome Industries – captures d’écran site Chrome Industries

Aujourd’hui, la gamme des produits de la marque ne cesse de s’étoffer. Après les chaussures, les vêtements, les sacs spécifiques pour le matériel photo ou les skateboards, Chrome propose désormais des « panniers » (traduisez : sacoches de vélo) dont deux fringantes sacoches de cintre qui ont attiré notre attention.

J’ai reçu les sacoches dans un emballage sans plastique, cela ne me surprend pas au vu de l’état d’esprit qui règne chez Chrome Industries – photo Dan de Rosilles

Bien sûr, une marque spécialisée dans l’équipement des cyclistes urbains n’est pas forcément légitime en matière de route, de gravel, de longue distance et de bike packing. Mais notre petit vélo nous dit que ces deux sacoches sont peut-être adaptables à nos pratiques… Nous avons donc décidé de tirer cela au clair en les testant, sous toutes leurs coutures.

À gauche, la (pas toujours) sage Doubletrack ; à gauche, la nerveuse Helix – photos Chrome Industries
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Introducing Doubletrack & Helix, les demi-sœurs complémentaires

L’une a clairement l’esprit des villes, l’autre un peu plus celui des champs. La première est très sophistiquée, la seconde beaucoup plus minimaliste. Toutes deux partagent la même exigence en terme d’efficacité, de qualité de fabrication, d’esthétique sobre et un peu « badass ». J’ai le plaisir de vous présenter Doubletrack à ma gauche, Helix à ma droite. Pour la Doubletrack, Chrome indique sur son site américain qu’il s’agit d’une « sling » (ce qui appuie sur le fait qu’elle se porte en bandoulière), alors que Hélix est qualifiée de « bag » (ce qui renforce l’indication d’usage fixée sur le vélo). Bien sûr, toutes les deux sont « sling » et « bag », toutes deux sont très faciles à installer sur le cintre, qu’il soit plat ou course, et toutes les deux se transportent aisément à l’épaule ou à la taille, comme nous le verrons plus tard ; mais ces qualificatifs nous donnent déjà des indices sur la priorité d’usage qui est donnée à chacune d’entre elles.

Vous pouvez porter la Doubletrack à l’épaule, en bandoulière, à la taille… – photos Dan de Rosilles

La Doubletrack est plus lourde (400gr) et plus grande (5 litres) ; la « petite » Helix affiche un peu moins de 300 gr à la pesée et une contenance de trois litres. Même si elles ont en commun une sangle de portage qui se range dans une poche dédiée, plusieurs caractéristiques les opposent. Tandis que la Doubletrack arbore fièrement deux poches latérales extérieures en filet et une boucle magnétique qui serre les rabats sur l’ouverture supérieure, la Helix se pare d’une façade « shell » ultra sobre marquée d’un grand X et se clôt par fermeture-éclair.

Nous avons, par soucis d’équité pendant les tests gravel, testé les deux sacoches sur des vélos identiques, deux Sunn Cycloss de 1996 – photo Dan de Rosilles

Si j’osais une théorie ?

Chrome Industries est une marque d’équipements résolument urbains, faits pour durer et affronter la ville qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente. Mais après tout, rien ne ressemble plus à une sacoche de cintre… qu’une sacoche de cintre. Qu’est-ce-qui m’empêcherait de tester ces matériels dans ma pratique de cycliste « sportif » : gravel, route-endurance, bikepacking… Reste à voir, à l’usage, si rien de rédhibitoire interdit de téléporter ces sacoches d’un monde à l’autre.

Qu’est ce qui empêcherait de tester ces sacoches loin de la ville, sur les pistes de gravel ? Let’s have fun ! – photo Dan de Rosilles

Mais avant de partir loin, commençons à gérer l’immédiat : bien que je passe le plus clair de mon temps de cyclisme sur les routes et les chemins de gravel, j’ai aussi parfois besoin d’effectuer des trajets bien moins poétiques et bien plus prosaïques. Et ça tombe bien : aujourd’hui, je vais, pandémie oblige, me faire vacciner contre la COVID. J’irai en vélo, mais il faudra aussi patienter dans des files d’attente, se déshabiller, transporter des effets personnels… Une première mission idéale, en particulier pour tester une sacoche Chrome en situation urbaine : accroche et décrochage du cintre, transport sur soi… pour cette mission, je choisis la Doubletrack.

Tout ce dont j’ai besoin pour la vaccination tient largement dans la Doubletrack : Mes papiers, un masque, mon smartphone, ma caméra, mes clés, et un auto-injecteur d’adrénaline – photos Dan de Rosilles

Tout ce dont j’ai besoin pour aller à mon rendez-vous de primo-injection tient largement dans la Doubletrack : Mes papiers d’identité, un masque, mon smartphone, ma caméra, mes clés, et un auto-injecteur d’adrénaline (on n’est jamais trop prudent, moi qui ait connu des épisodes allergiques je dois tenir compte de certains effets secondaires potentiels du vaccin Pfizer BioNTec). J’aurais même pu prendre un « vrai » livre en papier et de quoi grignoter, mais on va quand même pas exagérer… L’installation de la Doubletrack sur le cintre plat de mon vélo de ville se fait en un tour de main : Deux scratches ultra-rapides à mettre en place et hyper costauds, une petite lanière qui entoure la douille de direction pour éviter tout ballant, et le tour est joué.

Malgré sa face carrée la Doubletrack est parfaitement positionnée sur le cintre et ne gêne pas les mains, même au niveau des repose-pouces. La petite sangle de fixation au tube de direction évite tout ballant – photos Dan de Rosilles

Malgré sa face carrée, la Doubletrack est parfaitement positionnée en hauteur sur le cintre plat et ne gêne pas les mains, même au niveau des repose-pouces. Sa largeur est parfaite ; la petite sangle de fixation au tube de direction évite tout ballant. J’ai beau foncer en danseuse, sauter des trottoirs, rien ne bouge. Voilà qui présage bien pour la suite en gravel !

Tout est prêt, c’est le moment de se faufiler en ville à bonne vitesse, avec une sacoche qui, même lourdement chargée, reste parfaitement stable et bien équilibrée – photos Dan de Rosilles

Je ne tiens pas à rater ce rendez-vous vaccinal, je me faufile en ville à bonne vitesse, avec une sacoche qui, même lourdement chargée, reste parfaitement stable et bien équilibrée. Dans la fine d’attente, la sacoche à l’épaule, j’ai tous les accès nécessaires vers mon smartphone pour un peu de lecture en attendant mon tour : dans les petites poches en filet intérieures mes papiers et ma Carte Vitale sont faciles d’accès. Pour une première utilisation dans un contexte un peu stressant et inhabituel, la Doubletrack fait corps avec moi comme une amie fiable et fidèle.

Descendre du vélo, marcher, s’assoir, attendre, se déshabiller, se rhabiller, repartir en vélo… La très pratique Doubletrack m’accompagne lors de cette vaccination sans me gêner – photos Dan de Rosilles

Le déjeuner sur l’herbe

Mais l’objet de ce test reste quand même d’éprouver ces sacoches dans le cadre de nos pratiques favorites. Avec l’ami Jeff, nous voilà partis pour une solide cession de gravel en duo. Pendant qu’il essaiera la Doubletrack, j’installe la Helix. Nos deux « sister bikes » Sunn Cycloss sont prêtes pour une belle virée avec pique-nique dans les Alpilles. C’est l’occasion de les charger au maximum, la question du volume utile/encombrement sur cintre est primordiale pour choisir une sacoche. De ce point de vue là, nous constatons que les deux demi-sœurs ont été optimisées et ont profité de l’expérience de Chrome Industries qui a construit sa réputation auprès des coursiers urbains. Rien n’est en trop, mais tout rentre.

J’ai préparé du tamagoyaki (omelette japonaise) et des yaki onigiri (boulettes de riz brûlé) pour deux personnes. Avec les baguettes, le wasabi (moutarde japonaise) et les algues nori grillées répartis en deux bentos (boîtes-ration),  tout tient aisément dans la Helix – photos Dan de Rosilles

Lors de cette sortie intensive nous n’épargnons pas les sacoches. Fort vent de face, secousses, pistes sinueuses poussiéreuses et pentues, nous mobilisons le plus d’éléments possible pour les éprouver de façon intensive. Nous testons les fermetures zippées, la fiabilité du système de fixation au cintre, la facilité d’accrochage/décrochage, et ni l’un ni l’autre n’y trouvons à redire.

Malgré un fort mistral de face, la Doubletrack n’a pas trop gêné Jeff dans notre approche des Alpilles, selon ses dires – photo Dan de Rosilles

Nous essayons de prendre en compte chaque détail, comme par exemple un problème que l’on rencontre souvent sur les sacoches de cintre, à savoir l’encombrement au niveau du plat de cintre. En ce qui me concerne, j’utilise surtout des cintres étroits (40cm) et on est à la limite pour placer ses mains. Jeff par contre avec un cintre de 44, n’a aucun problème. Doubletrack et Hélix affichent toutes deux 23cm de large. Il faudra donc, pour les cyclistes de petite taille qui utilisent des cintres de 38 ou 36 cm, chercher leur bonheur dans d’autres références.

Sur un cintre de 40cm, comme ici sur mon vélo de route, on peut tout à fait mettre ses mains sur le plat sans gêne – photo Dan de Rosilles

Sur mon vélo de route (qui est équipé d’un cintre de 40), aucun problème de positionnement des mains sur le plat de cintre, même avec la Doubletrack, pourtant assez haute. Le système de fermeture supérieur est même suffisamment peu protubérant, que je peux utiliser mon support de GPS déporté ! Il faut dire que les côtés de cette sacoche disposent de poches en filet qui permettent de ranger des objets facilement accessibles même en roulant; il est donc d’autant plus important de ne pas être gêné par le cintre pour y accéder.

La Doubletrack offre, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, une multitude de possibilités de rangement – photos Dan de Rosilles

Globalement j’ai été impressionné par les capacités de stockage et de rangement de ces deux sacoches, pourtant relativement peu encombrantes sur le cintre. Cela est un vrai plus dans un usage qui me correspond bien, clairement moins urbain que celui pour lequel on les attend. Sur mes parcours gravel et route-longue distance, je vais donc tester maintenant la Helix, plus minimaliste et surtout plus légère.

Plus minimaliste, plus légère, la Helix permet dêtre portée sur le corps de plusieurs façons Les deux sacoches ont au dos une poche qui permet de ranger la sangle de portage et assurent un amorti entre le contenu de la sacoche et le vélo – photos Dan de Rosilles

Pour plus de cohérence, je préfère équilibrer les charges de bikepacking prioritairement sur l’avant et dans le cadre. Je trouve qu’ainsi le pilotage est plus aisé et le centre de gravité du vélo plus bas. je garde donc la sacoche de selle pour les objets les moins lourds, et dont je n’ai a priori pas besoin pendant le ride. Les objets placés dans la sacoche de cadre sont immédiatement disponibles lors de brefs arrêts, sans descendre de vélo, ceux qui sont dans la sacoche de cintre peuvent même être utilisés pendant qu’on roule, pour peu que le système d’ouverture de la sacoche soit efficace.

Le système de boucle magnétique de la Doubletrack est tout simplement le meilleur que je n’aie jamais essayé – photos Dan de Rosilles

Sur la Doubletrack, le système à boucle magnétique est tout simplement le meilleur que je n’aie jamais essayé. Il est absolument inviolable si on tire dessus ou quand on le tord, alors qu’une seule poussée dans le bon sens entre le pousse et l’index l’ouvre sans effort. Le rabat qui se roule offre sans doute une excellente protection contre la pluie (même si les conditions météo très sèches pendant ce test ne m’ont pas permises de le vérifier de façon certaine).

Sur la Helix, la fermeture zippée d’excellente qualité supporte une ouverture/fermeture à une seule main, pendant qu’on roule – photo Dan de Rosilles

Sur la Helix, le système de fermeture zippée est très solide et peut se manipuler sans crainte d’une seule main tout en roulant. Comme la sacoche est fermement maintenue sur le cintre grâce à ses attaches, rien ne bouge et ne bute lorsqu’on ouvre et referme la sacoche. La Hélix est très compacte et s’intègre immédiatement à mon « écosystème » de bikepacking. Elle est cohérente en terme de volume et d’encombrement et complète parfaitement les sacoches qui équipent déjà mon pignon fixe de gravel Cinelli Tutto.

La Helix intègre parfaitement l’écosystème de mon bikepacking – photo Dan de Rosilles

Une expérience concluante

Je ne doutais pas de la qualité de fabrication et du niveau de conception de la Doubletrack et de la Helix, mais rien ne permettait d’affirmer, avant ce test, que ces sacoches plutôt prévues pour le ville et des cintres plats s’adapteraient à des pratiques plus sportives, sur des vélos équipés de cintres course. Mais je peux désormais affirmer que ces sacoches font le job, et qu’elles se positionnent sans problème au niveau des équipements de même type proposées par les marques « historiques » du bikepacking.

À n’en pas douter, les sacoches de cintre Chrome sont bien adaptées aux sorties intensives et aux conditions rugueuses – photo Dan de Rosilles

La Doubletrack et la Helix transporteront en toute sécurité tout ce que vous voulez, même dans les situations les plus rugueuses. Même si la Doubletrack, un peu plus lourde mais plus complète est à privilégier dans des situations de touring alors que Helix s’épanouira dans des conditions plus sportives, elles peuvent toutes deux s’éloigner de la ville sans aucun complexe. Le fait de pouvoir les détacher du vélo et les porter facilement sur soi est un vrai plus : vous pouvez tout à fait oublier cette fonctionnalité (la poche dans leur dos qui sert à ranger la sangle de portage est un excellent amortisseur entre vos affaires et le vélo en situation cycliste), et vous en rappeler lorsque vous descendez du vélo pour vous ravitailler pendant vos aventures.

Sûr de la qualité de ses équipements, Chrome offre une très bonne garantie sur ses produits – photo Dan de Rosilles

Chrome Industries, un nouvel acteur dans l’univers du bikepacking ?

Avec ces deux sacoches de cintre, Chrome signe un coup de maître, en associant sa grande expertise de la bagagerie urbaine et une irrésistible envie d’accompagner ses clients vers des rides plus orientés route ou gravel. Lorsqu’on utilise avec bonheur un messenger bag ou un backpack Chrome toute la semaine pour aller bosser en vélo, pourquoi ne pas rester équipé avec du bikepacking de la même marque pour ses sorties du week-end ? Certes, pour l’instant, une grande majorité de produits au catalogue, vêtements, sacs… sont résolument typés life style et urbain. Ils sont certes solides et bien pensés, mais plus lourds, peu compressibles, et moins techniques que le haut-de-gamme strictement consacré au cyclisme d’aventure. Mais quelque chose nous dit que, si cette idée nous a effleuré, sans doute titille-t-elle aussi l’équipe de Chrome Industrie. D’ailleurs, l’apparition d’un feedbag dans les nouveautés Chrome aurait tendance à nous faire penser que nous ne sommes pas loin de la vérité. Et si Chrome Industrie rejoignait Revelate Design, Apidura, Restrap et consorts dans la petite famille des fabricants de bikepacking ?

Avec l’arrivée des sacoches de cintre et de ce nouveau feed bag, Chrome Industries ne serait-elle pas en train de s’inviter petit à petit sur le marché du bikepacking ? – photo site Chrome Industries

Doubletrack Bar Bag – 5L – 400 gr – 23 X 23 X 11,5 cm – 70€

Helix Handlebar Bag – 3L – 280 gr – 23 X 15 X 7,5 cm – 60€

10 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    merci pour ce test très complet.
    Est-ce que vous diriez que ces 2 sacoches sont étanches, en tout cas suffisamment pour affronter un voyage ?
    Merci d’avance !

  2. Bonsoir et merci pour ce test.
    Deux petites questions, sur la Helix, est ce qu’il est possible de remplacer les velcros par des attaches type voile strap ? et est ce qu’on peu enlever la sangle (bandoulière) ?
    Merci d’avance Dan ..

  3. J’ai acheté une Hélix après lecture du test. Belle qualité et contenance qui me va bien. A l’usage elle est vraiment très bien.
    Toutefois, les sangles de fixation sont limites courtes sur mon cintre et le velcro n’adhère que sur moins de 2 cm. La sangle de transport, très pratique, mais pas démontable, nécessite d’être pliée et saisie, pour ma part avec un simple élastique, sinon, c’est un poil fouillis.

  4. Merci Skipper pour ce retour.
    Je n’ai pas eu ce souci de longueur de scratch sur les différents cintres sur lesquels j’ai essayé la sacoche. Est-ce un cintre avec un replat ?
    Pour la sangle, l’élastique est effectivement une bonne idée, facile à mettre en œuvre.

    • C’est un cintre assez classique dans sa forme, celui d’origine de mon Rondo Ruut, par contre la guidoline est franchement épaisse. Comme je compte la changer prochainement, je vais simplement laisser un peu plus d’espace entre le ruban et la potence.
      A peut-être se croiser, sur les pistes des Alpilles de la Crau ou la Camargue.

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