L’édito de Bike Café
Ce matin, c’est l’expérience étrange consistant à observer l’écoulement d’un fragment de poix sur de nombreuses années qui m’a inspiré. C’est la plus longue étude en laboratoire fonctionnant en continu au monde. Elle a démarré en 1927, à l’initiative du professeur Thomas Parnell de l’université du Queensland de Brisbane, en Australie. Il voulait démontrer à ses étudiants que certaines substances d’apparence solide sont en réalité des fluides de très haute viscosité. La première goutte est tombée en 1938 et la 9ᵉ et dernière s’est écoulée en 2014. Comme une sorte de fatalité, les responsables de l’expérience n’ont jamais pu concrètement observer visuellement la chute de cette fameuse goutte. Je vous invite à écouter ce court podcast (3 minutes) pour découvrir le côté absurde de cette expérimentation. (Photo de couverture l’Ardéchoise-cevennes-ardeche.com)
Vous vous demandez sans doute pourquoi ce matin je vous parle de l’histoire loufoque de cette goutte de poix. À vrai dire, cette goutte, qui peine à s’écouler, m’a fait penser à l’envie parfois retenue de partir à l’aventure sur un vélo. Pour passer de l’état solide de l’idée de vivre en 2026 une expérience cycliste à l’état fluide de sa réalisation, il ne faut pas attendre que la goutte tombe. Comme ces scientifiques, qui ont loupé à chaque fois le moment de la chute de la fameuse goutte à cause de la vie qui les appelle ailleurs, votre frustration risque d’être importante. Nous sommes à la bonne période pour mettre en place nos projets cyclistes. Les propositions « solides » d’ultradistance, de bikepacking, de voyage à vélo… se multiplient. Vous en trouverez un nombre conséquent dans notre sélection sur notre portail événements. Nous serons présents sur certains d’entre eux et nous vous engageons à ne pas attendre pour vous lancer dans l’expérience, car vous aussi vous risquez d’attendre en vain que la goutte tombe, comme ceux qui n’ont jamais vu de leurs yeux le phénomène se réaliser.

Cette année je me suis senti attiré par l’expérience classique du cyclotourisme qui, bien qu’il soit contemporain du début de l’expérience de la goutte de poix, est toujours fluide et vivant en 2026. Un ou plusieurs BRM avant de participer à l’Ardéchoise en 4 jours en juin. Cette immersion dans le creuset de l’histoire populaire du vélo m’intéresse pour ses aspects sociologiques et son authenticité cycliste. Ce matin, je me sens fluide, en voyant que ma goutte a fini par tomber sur mon bulletin d’inscription au coût modeste.
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