L’édito de Bike Café
Après avoir lu un post de Thierry Seray sur le réseau LinkedIn, j’ai eu envie ce matin de vous parler comme lui de la jeunesse. Curieux pour un gars de mon âge d’évoquer une jeunesse qui peut sembler lointaine. Communément, on considère la jeunesse comme une période qui nous voit passer de l’adolescence vers l’âge adulte. Pour certains, elle peut durer longtemps, au point de ne jamais en voir la fin. Sans aller jusqu’au syndrome de Peter Pan, je pense que les rythmes et les caractéristiques de ce processus de passage sont complexes et variables selon les personnes et le contexte. La jeunesse est une réalité sociale qui n’existe pas en soi de façon stable et temporelle. En disant ça, je pense principalement au sport qui exprime la jeunesse. On entend dire souvent : “Faites du sport pour rester jeune !” Tout ça reste flou et le mot jeune – tantôt adjectif, adverbe ou nom – possède une sémantique très large allant au-delà de l’âge. Est-ce une coïncidence si sports, jeunesse et vie associative sont réunis dans un même ministère ? Pour moi la jeunesse est aujourd’hui une énergie et non un âge. (Photo de couv. Gabriel Refait – Poursuivi par ma jeunesse dans les rues d’Aix-en-Provence)

Comme le souligne Thierry, nous les boomers ou les Gen X, nous avons eu la chance de vivre l’émergence de nouveaux sports : triathlon, VTT, running, trail, sports de glisse, grimpe… Dans les années 70-80, j’ai joyeusement entamé un parcours sportif exploratoire grâce auquel je me suis fabriqué une condition physique qui me rend service aujourd’hui. Ces pratiques, essentiellement en nature, m’ont construit mentalement et physiquement. Grâce à tous les sports que j’ai découverts et pratiqués, j’ai appris beaucoup. J’ai découvert l’entraînement, la diététique, développé ma résilience et découvert l’énorme capacité du corps humain. J’ai apprécié l’esthétique de la gestuelle sportive et la culture de ces univers. Ces apports issus de ma jeunesse, comme leurs qualités et leurs défauts, sont toujours présents en moi, agissant comme un cocktail de jouvence. Je ne dirais pas “Il faut que jeunesse se passe…“, bien au contraire, il faut qu’elle dure.
Le vélo a été le point de départ de ma construction vers l’âge adulte. Je l’ai pratiqué puis mis de côté longtemps pour équilibrer une vie familiale, professionnelle et sportive qui s’est exprimée dans d’autres sports. Il est revenu dans ma vie à 60 ans, inspiré par le souvenir de mes entraînements solitaires dans les années 80. Les rayons en inox de mes roues brillaient dans le soleil matinal de la forêt de Rambouillet. Ces longues chevauchées solitaires me manquaient. Est-ce l’envie de revivre cette jeunesse qui m’a remis en selle ? Non, je ne pense pas. Je crois en fait que cette jeunesse ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui, ma pratique du vélo efface (pas totalement) les stigmates de l’âge et me donne cette fameuse énergie qui est l’expression de la jeunesse. Le vélo serait donc le trait d’union entre la recherche d’équilibre sur 2 roues de ma prime enfance et mon équilibre actuel qui m’inspire ces quelques lignes. Ce matin je me dis que c’est quand on ne croit plus en ses rêves que l’on abandonne sa jeunesse.
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