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Comme un lundi : dans ma tribu

L’édito de Bike Café

Les membres de certaines communautés minoritaires sur la route ont coutume de se saluer lorsqu’ils se croisent. Les motards, les randonneurs, les conducteurs de bus et bien sûr les cyclistes. Est-ce un signe de courtoisie ou plus vraisemblablement le salut d’appartenance à un groupe marginal d’usagers de la route ? Ce matin, j’essaye de comprendre pourquoi notre tribu de pédaleurs s’entre salue sur la route. La première explication que j’ai trouvée serait liée à la possibilité que nous avons, nous les cyclistes, de le faire. En effet, ce rituel confraternel est facilité par notre vitesse relativement faible, le fait que nous ne sommes pas enfermés dans un habitacle et la fréquence de ces rencontres qui ne nous oblige pas à saluer à tout moment. Je n’imagine pas que ce rite soit possible en vélotaf à Paris ou ailleurs dans un flot urbain. À vélo on peut voir le geste de salut et même entendre le « bonjour » qui l’accompagne. Cet échange peut aussi bien se faire lors d’un dépassement. La deuxième raison, et sans doute la plus vraisemblable, vient d’un réflexe tribal lié à une certaine solidarité organique. (photo de couv Matthieu Perusset)

Lors de mes sorties du week-end, je croise beaucoup de cyclistes sur nos routes. Seuls, en petit groupe ou en peloton, dès que les beaux jours arrivent, ils se font de plus en plus nombreux. Je leur fais généralement ce petit signe fraternel coutumier. En fait, ce ne sont pas forcément les cyclistes que je salue. Sauf quelques exceptions, je ne les connais pas. Le salut que je leur adresse bien volontiers se destine au miroir de mon propre plaisir de me trouver là sur cette route. Cette expression de liberté que je vois chez les autres me renvoie le reflet de la mienne. Je me sens solidaire et admiratif de cette pratique cycliste qui nous invite à rouler, sans objectif précis. Ce salut serait donc l’expression d’une sorte d’autosatisfaction d’être là, en plein bonheur cycliste.

dans ma tribu
Ce salut serait donc l’expression d’une sorte d’autosatisfaction d’être là, en plein bonheur cycliste – photo Mathieu Perusset lors de la Cezanne 2025

Il y a bien sûr des exceptions et quelques trous dans cette belle cordialité clanique. Je sais par exemple que, lorsqu’un groupe de cyclistes s’approche et que ça parle fort en refaisant le match du dernier Paris-Roubaix, je n’aurai pas de réponse à mon salut. Pareil si je croise un triathlète, couché sur ses prolongateurs, ou un groupe lancé en mode contre-la-montre par équipe. Le néocycliste qui n’aura pas encore compris nos rites sera étonné et, encore timide, il ne répondra pas. Le VTTiste, perdu dans ce monde routier qui n’est pas le sien, ne va pas saluer un guidon tordu. Des fois, je digère mal le non-retour de mon salut. Je me dis que dans notre peuple cycliste l’union des tribus n’est pas faite. Tant pis, je persiste car le prochain salut sera jovial. Pour moi cet édito du lundi est une façon de vous saluer, chers lecteurs, et de vous souhaiter une bonne route pour la semaine, en croisant, j’espère, nos articles sur Bike Café. Et si cette rencontre avec nous vous plait, abonnez-vous à notre newsletter, comme ça vous serez sûrs de ne pas manquer le rendez-vous.

Patrick.  

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Patrick
Patrick
Patrick Van Den Bossche a créé les blogs Running Café, Track & News, puis Bike Café. Curieux invétéré, observateur des tendances, il adore mettre en lumière les personnalités et les anonymes du petit monde du vélo. Il a collaboré longuement à la revue Cyclist France et affectionne la simplicité des vélos anciens ou modernes. Depuis sa découverte du gravel en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties sur route et sur chemins autour de la Sainte-Victoire. Il adore la pratique minimaliste du single speed sur route sur son vélo en acier.
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