Bike Café se veut ouvert à toutes les catégories de vélos, la preuve : je vous propose aujourd’hui de sortir un peu de l’univers du gravel, pour faire un zoom sur deux vélos de route. Je vais donc vous parler de mon expérience sur les Van Rysel Ultra RCR 900 et 920.

Van Rysel : cette marque ne vous dit peut-être rien ? Pas très étonnant : c’est nouveau ! Cela signifie littéralement « de Lille » en consonance flandrienne, comme l’évoque également le discret logo illustrant le Lion des Flandres.

Test vélo Van Rysel Decathlon
Le discret logo illustrant le lion des Flandres.sur le Van Rysel de Decathlon – photo Laurent Biger

Decathlon, qui a lancé cette marque, ne fait pas disparaître pour autant B’twin qui se positionne désormais plus dans l’entrée de gamme et dans le segment enfants. Les autres marques du groupe sont Rockrider pour les VTT et Triban pour le cyclotourisme et le gravel (que nous avons testé précédemment). La marque Van Rysel se destine plutôt aux cyclo-sportifs.
Je vous invite à partager mon expérience à travers les 600 km parcourus sur les deux premiers modèles homme de cette gamme. Une semaine sur chaque modèle m’a permis de cerner leurs caractères durant un séjour sur les bords de la Loire, avec comme camp de base Saumur.

Van Rysel Ultra RCR AF 105 900

Mon premier test d’une semaine a commencé par le modèle le moins onéreux, baptisé « ULTRA RCR AF 105 » sur le site officiel, complété par « 900 » sur certaines documentations. Ce modèle, qui introduit la gamme Van Rysel, s’affiche à 1000 euros sur le site de Decathlon. À savoir que la collection Van Rysel s’étend jusqu’au « Ultra RCR CF SUPER RECORD », fleuron de la gamme qui avoisine les 5000 euros.

Test vélo Van Rysel Decathlon
Van Rysel Decathlon ULTRA RCR AF 105 – photo Laurent Biger

Comme toujours chez Decathlon, l’équipement n’est pas en reste, même sur un vélo de course à 1000 euros. On retrouve la dernière version R7000 du groupe 105 de SHIMANO. Une valeur sûre, efficace et fiable, qui n’est pas fréquente dans cette gamme de prix. Côté roues, ce sont les Aksium de MAVIC, tout comme les pneus de 25 mm. Les périphériques, tous en aluminium, sont issus de la banque d’organes Decathlon (badgés B’twin, ou Van Rysel comme la selle et sa tige).

Test vélo Van Rysel Decathlon
Les périphériques, tous en aluminium, sont issus de la banque d’organes Decathlon (badgés B’twin, ou Van Rysel comme la selle et sa tige) – photo Laurent Biger

Vous l’avez deviné, dans cette gamme de prix, nous sommes bien sûr en présence d’un cadre en aluminium, avec freinage classique à patins. Homologué UCI, ce cadre a une géométrie finalement assez classique. On devine en l’observant plus attentivement les formes travaillées, censées apporter du « flex » dans certaines zones, et de la rigidité latérale dans d’autres. La fourche est en carbone, avec cependant un pivot en aluminium.
Pas d’innovations particulières à mon sens, même si Decathlon communique sur le concept « Evo Vario » de ce cadre…

Test vélo Van Rysel Decathlon
La finition est correcte et dans la moyenne, même si la peinture n’est pas très valorisante dans cette livrée noire et grise – – photo Laurent Biger

La finition est correcte et dans la moyenne, même si la peinture n’est pas très valorisante dans cette livrée noire et grise : ni mate, ni brillante, ce vélo ne fera pas tourner les têtes au comptoir de Bike Café.
Pour le poste de pilotage, la guidoline est de belle facture, et le routage (en partie interne) des gaines est très bien réalisé. Un soin appréciable dont la concurrence dans cette gamme de prix ferait bien de s’inspirer.

En selle, la première sensation ne se fait pas attendre : dès les premiers kilomètres, je constate un étonnant confort. Cela faisait longtemps que je n’avais pas enfourché un vélo chaussé en pneus de 25 mm gonflés à 7 bars et je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la qualité de filtration de cadre. En y regardant de plus près, c’est vrai que les bases ne sont pas des plus courtes pour la catégorie. Ce qui laisse fort logiquement suggérer un pouvoir déformant sur cette partie arrière, qui se confirme donc à l’essai. Le triangle avant est lui plutôt « ouvert », avec un angle de direction fait d’un compromis entre vivacité et stabilité, avec une prédominance pour ce dernier néanmoins.

Test vélo Van Rysel Decathlon
Plusieurs sorties à la suite entre 60 et 140 km dans cette magnifique région, propice à la pratique cyclable – photo Laurent Biger

Après une première sortie consacrée aux habituels réglages de hauteur et de recul de selle, et de potence, j’entre rapidement dans le concret avec plusieurs sorties à la suite entre 60 et 140 km dans cette magnifique région, propice à la pratique cyclable. La qualité du confort est réellement confirmée, tout comme la stabilité, et la facilité générale de ce vélo.

Cependant, je n’arrive pas à emmener durablement ce Van Rysel à bon rythme. Mes relances s’estompent (trop) vites et je peine à maintenir mes moyennes habituelles sur parcours plats (même si je suis clairement un grimpeur, c’est bien vrai…). Mes doutes s’orientent sur les roues, que je trouve flottantes dans les relances, et également dans les rares descentes rapides que j’ai pu faire. Un manque cruel de rigidité dans les relances et un manque de précision dans les descentes caractérisent ces Mavic Aksium, que je me permets d’affirmer après avoir pu tester le grand frère de ce vélo, bien mieux loti comme nous le verrons par la suite. Alors j’entends déjà certains clamer qu’à ce prix-là, on ne peut pas tout avoir ! Certes, mais nous sommes là pour relever ce qui est bien et ce qui l’est moins, quel que soit le montant.

Test vélo Van Rysel Decathlon
Les relances et un manque de précision dans les descentes caractérisent ces Mavic Aksium – photo Laurent Biger

À l’usage, nous avons donc un vélo confortable, mais pas assez dynamique pour s’auto-proclamer « cyclo-sportif ». Ce qui m’amène à une autre remarque : au vu finalement de la clientèle visée par ce Van Rysel à budget très serré, pourquoi ne pas l’avoir doté d’un pédalier de type compact en lieu et place du semi-compact 52 – 36 dents ? Car associé à la cassette en 11 -28 dents, ce montage semi-compact, résolument cyclo-sportif, va éloigner les pratiquants qui n’ont pas (encore) forcément le niveau physique d’amener un 52 – 36 en montagne. C’est à mon sens dommage, un compact 50 – 34 aura élargi le champ d’actions de ce modèle, tout en le rendant surtout plus accessible.

Van Rysel Ultra RCR AF ULTEGRA 920

Test vélo Van Rysel Decathlon
Le RCR AF ULTEGRA 920 est équipé des roues Mavic Cosmic Élite et de la dernière version en daye du groupe Ultegra de Shimano – photo Laurent Biger

Son grand frère, l’Ultra RCR AF ULTEGRA 920, reprend donc le même ensemble cadre et fourche, en y associant les même périphériques, hormis la selle, une Fisyk Antares. Le groupe est donc la dernière version en date de l’ULTEGRA du japonais SHIMANO. Autres « up-grade » et pas des moindres : tout en restant chez MAVIC, les COSMIC ELITE UST remplace avantageusement les YKSION.

Test vélo Van Rysel Decathlon
Équipé des roues Mavic Cosmic ELITE UST – photo Laurent Biger

Comme leurs noms l’indique, elles sont bien Tubeless et dispose déjà du fond de jantes adéquate installé (un changement de chambre à air suite à une crevaison m’a permis de vérifier ce point). C’est un argument de plus pour cette version, qui est loin d’être le seul comme nous allons le voir ensemble.
La finition est équivalente, bien que dans cette livré bleu et noire, ce Van Rysel est bien plus valorisant…

Test vélo Van Rysel Decathlon
Les relances en danseuses mettent en avant la belle rigidité de ces MAVIC COSMIC Elite – photo Laurent Biger

En revanche, sur la route, c’est le jour et la nuit ! Si la qualité de filtrage des irrégularités de la route est globalement équivalente, le comportement dynamique du vélo est bien plus enjoué. Et c’est donc bel et bien les roues du modèle précédent qui plombaient son comportement. Sur cette version à 1400 euros, l’ensemble est bien plus cohérent avec la vocation cyclo-sportive affirmée de Van Rysel. Les relances en danseuses mettent en avant la belle rigidité de ces MAVIC COSMIC Elite, et permettent de maintenir assez aisément une belle moyenne. Une légère inertie très agréable sur des parcours plats ou vallonnés. Leurs hauteurs de 30 mm semblent être le bon compromis pour ce vélo qui dans cette version est apte à s’aligner à la cyclosportive locale. De ce fait, le choix de la transmission, avec un pédalier semi-compact 52-36 entrainant la cassette de 11-28 est cohérent avec l’ambition de viser un public déjà sportif dans cette gamme. Le groupe ULTEGRA, valeur sûre, est évidemment sans reproches, et permet aussi (aidé par les roues) de gagner 500 gr.

Pour conclure

En conclusion, ces deux vélos que je croyais initialement proches, sont finalement assez éloignés. Le premier a pour principales qualités son prix et son confort. Le deuxième ajoute à ces deux arguments une cohérence de montage qui lui permet réellement de se revendiquer cyclo-sportif. Vous l’avez compris : le surcout, hormis le (faible) gain de poids, est justifié. À mon sens, c’est même cette version qui devrait ouvrir la gamme Van Rysel, et non pas la version vendue 1000 euros qui risque surtout d’entacher l’image en pleine construction de Van Rysel.

Voir les Van Rysel sur le site de Decathlon

 

6 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Laurent, bonjour Bike Café,

    Merci pour ces deux essais qui effectivement sortent du monde Gravel mais ça fait du bien de regarder ailleurs de temps en temps. Petites précisions , les deux cadres sont identiques visiblement (alu) , la géométrie est idem, même angle,etc ?
    Les pneus Tubeless ne sont pas ready visiblement (ça existe en cyclo?), donc chambre à air pour rentrer? Pas de préventif visiblement?
    Juste pour ma culture et ma compréhension ces interrogations.
    Bonne continuation et cordialement
    Pierre

    • Bonjour Pierre,
      En effet, géométries strictement identiques. Les pneus ne sont pas Tubeless ready, bien que oui en « cyclosport » cela existe bel et bien… Sans chambres et avec préventif donc 😉

  2. bonjour laurent
    Merci beaucoup pour ta présentation
    As tu la geometrie des cadres?
    Je ne trouve pas un seul document qui renseigne celle-ci
    En effet j’hésite entre la taille M ou L
    Actuellement je mesure 1m83 pour un entrejambe de 83,5

    Sportivement

  3. Bonjour Laurent,
    Merci pour ce test.
    Je souhaite acquérir le modèle en 105 pour le fiston mais devrais changer la transmission. Comme tu dis pour la montagne C’est pas ça. Est ce une chape moyenne pour passer cassette 11/32 ou 11/34?.
    Merci

    • Bonjour Stephane,
      De mémoire, c’est un dérailleur 105 avec la grande chape. Donc oui, tu pourras y adapter une K7 plus grande.
      A bientôt.

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