Le Teravail Cannonball est le vétéran de la marque américaine Teravail en ce qui concerne le gravel. En première ligne de toutes les batailles, il est censé filer comme une balle… Face à cette déclaration, notre sang n’a fait qu’un tour et nous sommes partis immédiatement en campagne manœuvrer ce tirailleur sur nos champs de gravel préférés. À l’attaque sur les graviers bien sûr, mais aussi sur herbe, terre et route, voici nos premières impressions après ce baptême du feu.

Test du Teravail Cannonball 700X42c coarse gravel tire
« Coarse Gravel » (gros gravier en anglais), l’état d’esprit belliqueux est annoncé d’entrée – photo Dan de Rosilles

Sur l’emballage, Teravail annonce la couleur : « Coarse gravel » (entendez : gros graviers), le pneu doit être prévu pour du gravel très engagé… Le test, nous le verrons bientôt, révèle des qualités bien plus complexes et subtiles.

Le profil du pneu, en chevrons centraux en lamelles très marquées et avec des crampons latéraux plutôt bas mais agressifs, rappelle celui des traditionnels pneus de cyclocross pour terrains secs ; la section de 42 mm par contre, le place clairement au centre de la grande famille des pneus de gravel.

Teravail Cannonball gravel tire tyre 700 X 42c weight
Sur la balance, le Cannonball affiche un chiffre rond, qui le place pile dans la norme – photo Dan de Rosilles

À 500 g tout rond, le Cannonball est forcément plus lourd que son cousin le Teravail Rampart beaucoup moins cramponné (460 g), rend 10 g à son concurrent direct le Touareg de chez Hutchinson (490 g) et 20 g au Pirelli Cinturato Gravel H que nous avions testé il y a quelques mois. Bien sûr, il écrase de son poids un pneu ultralight typé course comme le Challenge Grinder Race (375 g), mais dans l’idée d’un pneu polyvalent, équilibré entre performance et solidité, il se situe dans une fourchette tout à fait conforme au panel proposé dans cette section de pneus par les autres fabricants.

Teravail Cannonball gravel Tyres tires rotation 700X42c
Au montage, on vérifie bien sûr le sens de rotation qui, sans surprise, correspond à celui des chevrons – photo Dan de Rosilles

Avant montage, on vérifie bien sûr le sens de rotation, qui correspond, comme dans une très grande majorité des cas, au sens donné par les chevrons. Mais il faut toujours se méfier, on se souvient de l’étonnante exception représentée par les fameux Mavic Allroad dont les chevrons se montent à l’envers.

Teravail Cannonball gravel tyre tire made in Taïwan
Le Teravail Cannonbal est fabriqué à Taïwan , l’île des vélos – photo Dan de Rosilles

Fabriqué à Taïwan, l’île asiatique où naît l’immense majorité des vélos produits dans le monde (Giant, Merida…), le Teravail Cannonbal ne déroge pas aux canons esthétiques en vigueur, avec ses flancs beiges-bruns qui lui donnent une silhouette élégante. J’avoue à ma grande honte que je suis un peu ringard : Personnellement, je préfère les pneus uniformément noirs, mais c’est très intéressant de voir à quel point un vélo que l’on connaît bien (son propre vélo en l’occurrence) peut changer d’aspect et de caractère par le simple fait de la couleur des flancs des pneus… J’aurais tendance à dire que les pneus noirs donnent un look plus agressif, et les « tan walls » plus de douceur… Chacun jugera.

Teravail Cannonball gravel tyres tires 700X42c tan sides
Les « tan walls » (flancs bruns) ont un effet indéniable sur l’aspect général du vélo – photo Dan de Rosilles

Au montage, les pneus claquent aussi facilement que la porte de ma cuisine un jour de grand mistral. Sur mes jantes de 23 mm de large, ils chaussent petit, affichant 41mm, mais cette différence infime avec la valeur annoncée pourrait bien disparaître après quelques heures d’usage.

Teravail Cannonball gravel tyre tire 700X42c section
Le pneu chausse petit, mais de très peu – photo Dan de Rosilles

Pour le préventif, mon choix se porte sur le fameux Protect’Air Max d’Hutchinson, qui propose un ingénieux dispositif situé dans le bouchon du flacon : Une valve intégrée, qui facilite la mise en œuvre et un transfert du préventif dans le pneu sans la moindre perte de liquide.

Hutchinson Protect'Air Max sealant
Le flacon du préventif Protect’Air Max d’Hutchinson cache dans son bouchon une ingénieuse valve, bien pratique à l’usage – photos Dan de Rosilles

Me voilà affublé d’une paire de Cannonball, il n’y a plus qu’à partir virilement à l’attaque des chemins de gravel. Dans les Alpilles toutes proches, je trace un circuit qui alterne chemins blancs, chemins agricoles, petites routes plus ou moins bien asphaltées, DFCI pentus et agressifs, bref, la panoplie complète des terrains de gravel nécessaires pour réaliser un bon test de pneus.

Teravail Cannonball gravel tyre tire 700X42c road cycling speed
Avec sa bande centrale en chevrons très rapprochés, le Cannonbal se révèle d’entrée extrêmement rapide sur route – photo Dan de Rosilles

Lors de mon approche des Alpilles, le parcours sur route « classique » révèle d’emblée une caractéristique intéressante du pneu. Son profil en chevron très rapprochés sur la bande de roulement offre un excellent rendement sur route. À près de 40km/h, la photo ci-dessus montre parfaitement l’effet « bande de roulement continue » que confère le profil à ce pneu lorsqu’on prend de la vitesse.

Teravail Cannonbal gravel tyre tire on grass
L’excellent rendement du pneu se confirme sur toutes surfaces, dont l’herbe qui est pourtant en général assez ingrate à rouler – photo Anne Fontanesi

Cette sensation se confirme par la suite sur toutes les surfaces rencontrées, même sur l’herbe inégale des chemins agricoles, au rendement pourtant assez ingrat. La partie centrale du pneu fait merveille, relances, vitesse de pointe et maintient de la vitesse sont des données sur lesquelles ce pneu est définitivement très performant.

Teravail Cannonbal gravel tyres tires 700X42c jump
Me voici sur les DFCI, avec leurs surfaces cabossées et leurs cailloux pointus – photo Anne de Rosilles

Arrivé dans « la colline », je persévère dans mes pointes de vitesse, même si dans les DFCI les conditions sont nettement moins confortables. Il y a de la pente, des virages, des sols inégaux avec du gravier et des cailloux parfois très pointus. Je remarque sur ce terrain une autre caractéristique très intéressante de ce pneu, complémentaire de la première : Ce pneu est confortable même légèrement surgonflé.

Teravail Cannonbal gravel Tyre tire presure
Même avec un gonflage « maximum », les Cannonball sont surprenants de confort – photo Anne Fontanesi

En effet, pour profiter pleinement de sa pointe de vitesse, j’ai volontairement « surgonflé » le pneu au départ de la maison. En fait, j’ai gonflé à 2,2 bars, pour une section de pneus pour laquelle généralement je suis plutôt aux alentours de 1,9 bars. Or, c’est étrange, mais ce surgonflage ne me dérange pas dans les passage un peu plus techniques, le pneu propose ici une sorte de moelleux à laquelle je ne m’attendais pas. Cette double caractéristique vitesse/confort est donc très intéressante.

Teravail Cannonball gravel tyre tire hard climb
Les raidards de la Piste des Lombards vont me permettre de tester les caractéristiques de traction du Cannonball – photo Anne Fontanesi

Mais si le pneu file bien à plat et en descente sur toute sorte de terrains, qu’en est-il de la traction ? Je choisis les sévères pentes de la crête des Lombards, qui surplombe Maussane et les Baux de Provence pour me faire une idée. Là aussi, le pneu répond présent, j’arrive même à donner quelques tours de pédales en danseuse sur des passages bien raides sans que la roue arrière ne dérape.

Teravail Cannonball gravel tires tyres cornering
L’accroche en virage et la précision des trajectoire sont excellents, autant que mes piètres capacités de pilote m’ont permis d’en juger – photo Anne de Rosilles

Reste à tester l’accroche en virage et la précision des trajectoires… je suis un bien piètre pilote et ce n’est pas la partie du test la plus simple pour moi. Mais malgré mes faibles capacités, le pneu se révèle sécurisant et fiable dans les virages les plus gravillonnés. Visiblement, les crampons latéraux remplissent parfaitement leur mission.

Teravail Cannonball gravel tyres tires 700X42c
Je n’ai pas pu tester le pneu dans les conditions les plus humides et/ou extrêmes, mais j’ai quand même donné de ma personne – photo Anne Fontanesi

Bien sûr, ce test rapide ne m’a pas permis de tester absolument tous les terrains possibles. Il fait très sec, et restera donc en suspend les performances de ce pneu dans la boue, sur les surfaces lisses et mouillées… Mais mon instinct me dit qu’on ne devrait pas avoir trop de mauvaises surprises dans ces conditions, sans égaler toutefois un pneu spécifiquement conçu pour les conditions hivernales ; comme à chaque fois, il est bon de rappeler que le pneu absolu n’existe pas.

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Liquide préventif Hutchinson Protect’Air Max 5,99€

Test du Teravail Cannonball 700X42c coarse gravel tire
On peut toujours rêver, mais le pneu absolu n’existe pas – photo Anne Fontanesi

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5 COMMENTAIRES

  1. Salut,

    Lecteur assidu de Bike-Café et pratiquant gravel, je percute – tardivement ? – en voyant ton gravel sur base de Sunn.
    j’ai un Sunn Vertik dans mon garage et ça m’a donné des idées ;-)… et les questions qui vont avec :
    – pour le freinage sur les roues de 700, les tasseaux de frein ont été déplacés ou bien ?
    – la fourche est-elle celle d’origine ?

    merci d’avance de ton retour.
    et au plaisir de vous lire tous.
    Sportivement,
    JL, autour d’Aix en Provence

    • Bonjour Jean Louis,
      Mon vélo est bien un Sunn, mais il s’agit d’un Cycloss, c’est à dire un modèle cyclocross et non pas VTT, donc équipé d’origine avec des roues de 700. Pour la petite histoire, il semblerait que ce modèle de 1996 ait été fabriqué pour équiper les membres de l’équipe de France de VTT (qui roulait en Sunn à l’époque) afin qu’ils « s’amusent » en cyclocross. Il n’y en a pas eu beaucoup, et le hasard fait que nous sommes deux cyclistes arlésiens à en être équipés ! Les boîtiers de pédaliers sont gravés au nom d’un artiste de variété un peu kitsh en plus du numéro de série. Je suis ainsi l’heureux propriétaire de « Abba », mon ami Jeff possède « Dave » 🙂
      Les seules modifications que j’ai faites sont : une nouvelle transmission (2X10 Shimano) et des roues neuves (Mavic Allroad).
      ceci étant dit Jean-Louis, ce confinement est l’occasion rêvée de ressortir ton Vertik pour exploiter pleinement ton rayon d’un km !
      Merci de nous lire,
      Dan

      • « Les boîtiers de pédaliers sont gravés au nom d’un artiste de variété un peu kitsh en plus du numéro de série » : 😉 je reconnais bien là le délire de l’équipe Sunn de la grande époque, excellent !
        Je vais persister dans ce projet de conversion car l’idée me plait bien (façon upcycling) d’exploiter à nouveau le potentiel de ce bike…
        Bonne continuation à Bike-Café !
        JL.

  2. Jean-Louis si tu as facebook je te conseille le groupe « gravel it yoursel » sur lequel nous présentons des vtt « gravelisés » avec roue de 700 ou non .Plusieurs membres roulent en Sunn en roue de 700 .
    Perso j’ai fait quelques saisons de cyclocross à l’époque avec mon 5000 transformé pour adapter des roues de 700 et j’ai aussi posséder un des tout premier cyclocross de chez sunn non pas chromé mais émaillé rouge , un vélo très fun que je regrette .
    Cordialement

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