Annonce

Accueil PARCOURS Normandicat version Offroad une exploration vélocipédique du patrimoine Normand

Normandicat version Offroad une exploration vélocipédique du patrimoine Normand

8
Je m'en irai rouler dans le paradis blanc - Photo Jeanne Lepoix

Située au tout début du calendrier, la troisième édition de la Normandicat version Offroad a eu lieu le weekend du 9-10 janvier 2021. En effet, il existe une version route qui a lieu chaque année en mai et qui se déroule sur des parcours allant de 200 à 900 kilomètres. Mais aujourd’hui, c’est bien de la version tout-terrain dont nous allons parler, une belle épreuve qui prend de l’ampleur et qui permet de découvrir les chemins normands, au coeur de la bien trop méconnue Suisse Normande, loin des sentiers battus.

Pour la première fois, l’événement se déroule sur deux jours. Les éditions précédentes offraient un itinéraire unique gravel de 150 km. Cette année, l’organisation offre un choix très varié avec pas moins de cinq parcours différents allant de 40 à 80 km dont deux dédiés plus spécifiquement aux VTTistes. Un total de plus de 300 km à réaliser selon ses envies, dans l’ordre que l’on veut, sans chrono, sans compétition, sans classement. On dispose d’une journée ou du week-end pour s’aventurer sur les parcours qui nous séduisent. Pour nous aider dans notre sélection, les noms des parcours ont été soigneusement choisis en fonction de leur thématique. Ainsi, “Mer” nous emmène vers le grand large, “Cols” nous fait grimper aux sommets de la Suisse Normande, “Rivières” nous permet de longer de multiples cours d’eau, “Forêts” nous plonge dans de majestueuses zones boisées et “Vallées” arpente des zones où le bagage technique semble nécessaire, nous sommes avertis. Aussi très pratique, les parcours bénéficient d’un système de notes concernant la difficulté technique, physique, le risque de boue… Tout est très détaillé, on aime.

On retrouve l’ensemble des parcours sur une chouette collection Komoot, partenaire de l’événement.

Annonce

Ça caille !

Samedi matin, nous quittons rapidement Caen où nous avons passé la nuit par la Voie Verte de la Suisse Normande, très belle voie qui suit la vallée de l’Orne et qui nous mènera directement au point de départ. Nous démarrons à la lueur des frontales et les cliquetis des roues libres agitent le silence nocturne. La lune est claire et les températures sont glaciales.

Avec les -7° au départ, la météo promet d’être très fraîche aujourd’hui. Nous décidons avec mes trois coéquipières de nous lancer sur le parcours “Cols” histoire de nous réchauffer. Près de 70 kilomètres pour pas moins de 1300 m de dénivelé. Selon l’organisateur, celui-ci promet de nous en mettre plein les yeux… et les mollets ! Nous récupérons notre dotation contenant une casquette, un tour de cou et de quoi se sustenter tout au long de la journée. Temps de Covid oblige, nous ne bénéficierons exceptionnellement pas de ravitaillement sur l’itinéraire.

Voie verte de la Suisse Normande – Photo Jeanne Lepoix
Un départ vivifiant ! – Photo Jeanne Lepoix

Les paysages totalement givrés des premiers kilomètres sont incroyables et la lumière du soleil confère au lieu une atmosphère féérique. On évolue dans un véritable paradis blanc. Le vélo a quand même quelque chose de magique. En un rien de temps, il vous transporte. Avec ce froid, je ne me lasse pas du bruit des pneus sur l’herbe qui croustille et du craquement lors du passage sur les flaques glacées.

Gravel de luxe

La trace est une alternance de sections de petites routes tranquilles, de chemins agricoles et de sentiers à travers les forêts. C’est varié et jamais monotone. Nous ne pouvons pas témoigner pour les autres parcours, mais il faut avouer que l’itinéraire “Cols” réalisé est certifié 100% Gravel-Friendly. Le plaisir est grand de pouvoir dérouler sur de larges chemins sans aucune difficulté technique. On se régale et on profite ainsi pour observer les décors normands.

Un air de Massif central au sommet de cette ascension éprouvante – Photo Jeanne Lepoix
À fond les ballons ! – Photo Jeanne Lepoix
Gravel de Luxe, on a dit ! – Photo Jeanne Lepoix

Green power

Malgré la belle météo, on semble être seules au monde dans la campagne. Tout est très vert ici avec en plus le soleil qui sature davantage les couleurs. Les paysages croisés semblent avoir inspiré les célèbres fonds d’écrans Windows. Ça et là, des collines où sont parsemés quelques arbres. On se régale à évoluer sur des chemins herbeux bien touffus. En somme, nous avons fait le plein de nature et d’un sacré bon bol d’air frais.

Vert pétard et collines parsemées d’arbres, paysages typiques de la Normandicat – Photo Jeanne Lepoix
Passage herbeux des plus bucolique – Photo Jeanne Lepoix
Compagnons de route – Photo Jeanne Lepoix
Ce genre d’horizon type fond d’écran Windows – Photo Jeanne Lepoix
Descente vers un des nombreux petits hameaux du parcours – Photo Jeanne Lepoix

Du fun en forêt

Le revêtement gelé du matin est remplacé en début d’après-midi par une surface légèrement plus collante, ce qui ne gâche pas notre plaisir ! Les roues patinent dans la gadoue et on s’amuse à essayer de traverser à toute vitesse ces immenses flaques visqueuses. On monte à travers bois par des chemins tantôt sablonneux, tantôt caillouteux, souvent assez larges et roulants sans difficulté. Les portions où il faut pousser le vélo sont quasiment inexistantes. De multiples singles cassent la monotonie et permettent de jouer avec le vélo. Quelques virages serrés et un peu de pilotage dans certaines descentes cassantes mais rien de bien méchant. Aucune chute n’est à déclarer dans notre petit groupe de guerrières.

Quelques singles bien ludiques – Photo Jeanne Lepoix
Satisfaction garantie – Photo Jeanne Lepoix
On pousse, mais jamais très longtemps – Photo Jeanne Lepoix
La gadoue peu présente mais suffisante pour s’amuser un peu – Photo Jeanne Lepoix
Des passages magiques au coeur de la forêt – Photo Jeanne Lepoix

Où le regard porte loin

Oui, il y a bien des montagnes en Normandie et celles-ci constituent les somptueux paysages de la Suisse Normande. Avec ses impressionnantes barres rocheuses et hautes falaises, il n’est pas étonnant que l’on compare cette région à la Suisse. Vallées profondes, gorges, ruisseaux, on s’y croirait “presque” ! Le relief est très accidenté et les vues panoramiques sont multiples et spectaculaires, notamment en haut du Rocher des Parcs. D’un côté le viaduc de Clécy qui semble tout petit, de l’autre, l’Orne lovée entre la falaise et les champs géométriques. Les couleurs hivernales ajoutent la touche finale à ce très beau tableau. Une fois en haut sur le plateau rocheux, nous prenons pleinement conscience de cette formation géologique. En faisant des recherches, j’apprendrai plus tard que cette roche est très dure, ce qui explique pourquoi elle est restée intacte même après des millions d’années et pourquoi l’Orne a dû se résoudre à la contourner, formant ainsi un magnifique méandre. Pause photo obligatoire. La vue est également très belle en haut de la Côte de la Faverie, avec un long passage à 30% qui a sacrément éprouvé notre cardio.

Vue panoramique époustouflante depuis le rocher des parcs – Photo Jeanne Lepoix
Au loin Clécy et son célèbre viaduc – Photo Jeanne Lepoix
30% pour un des plus redoutables murs de la journée – Photo Jeanne Lepoix

Tourisme

Au cours de cette journée, nous ne croisons pas grand monde mais les découvertes et surprises tout au long de la route sont nombreuses. Demeures et châteaux, églises et chapelles, fermes et manoirs ou simples maisons de village constituent le patrimoine bâti authentique de la Suisse Normande. Je suis étonnée de ne pas retrouver les maisons à colombages typiquement normandes dans les charmants petits villages que nous traversons. Les demeures ont résolument un petit air breton avec de larges pierres taillées grises qui semblent extraites de roche granitique. A Clécy, classé Village de Caractère du Calvados, nous profitons d’une pause boulangerie pour découvrir un coeur de ville authentique. Le parcours vire à l’urbex lorsque nous croisons à plusieurs reprises bâtiments en ruine et usines désaffectées. Avis aux amateurs !

En conclusion

Du Calvados, je ne connaissais que les célèbres Deauville et Honfleur, véritables bouffées iodées pour les franciliens en manque de grand air. Alors quand on m’a parlé de la Suisse Normande, j’ai été intriguée et la curiosité m’a titillée. La route de la Suisse Normande invite le visiteur à la découvrir du sommet de ses crêtes au plus profond des méandres de son fleuve, en cheminant par de jolis villages et des paysages escarpés. La Normandicat est qualifiée d’exploration vélocipédique du patrimoine Normand. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise et c’est un régal d’y poser ses roues. Je suis littéralement enchantée par la qualité du parcours et je signe à nouveau sans hésiter l’année prochaine, pour deux jours histoire de profiter des nombreux parcours proposés.

Mon matériel

Vélo Kona Sutra LTD (cadre acier), développement 36/10-42, roues artisanales Topwheels aluminium, pneus WTB Nano 40 (tubeless)

Site web de l’événement

Facebook : : https://www.facebook.com/normandicat

8 COMMENTAIRES

  1. Pour la visite des ruines attention, il me semble que se sont d’anciens sites de production d’amiante avec un petit nom moins poétique « vallée de la mort ».

    Les photos givrées sont magnifiques.

    • Salut Brubru, la vallée de la mort, c’est la vallée de la Vère à Condé-sur-Noireau (c’est à dire à une quinzaine de kilomètre à vol d’oiseau des photos) où principalement une usine y fabriquait les plaquettes de frein pour l’automobile. Aujourd’hui, l’usine de plusieurs hectares n’existe plus, c’est un terrain vague à l’entrée Est de Condé-sur-Noireau.

    • La « vallée de la mort » est un peu plus au sud, le long du Noireau et de la Vère. Les parcours de la Normandicat sont passés à un vallon de là mais ils ne sont pas allés jusqu’à cette endroit. La photo de l’usine, est si je ne m’abuse à St Rémy sur Orne, et je ne crois pas que cette filature est fait de l’amiante (pansements et tissus ouatés à priori). Mais faut quand même faire gaffe dans les sites industriels du coin, il y a pas mal d’anciennes mines et donc de puits tout le long de la vallée de l’Orne.

  2. La vallée de la mort est un peu plus loin, le long du Noireau et de la Vère. Si je ne m’abuse, la Normandicat n’est pas allée aussi au sud. Je pencherai plutôt pour l’usine de filature de St Rémy sur Orne pour la photo, vue depuis la voie verte, qui faisait des pansements et produits ouatées. Mais ouais faut faire gaffe lors des visites, il y a aussi pas mal d’anciennes mines tout le long de l’Orne, avec les puits, et les filatures vers Condé-sur-Noireau/Flers ont en effet produit de l’amiante pendant des années.

  3. Très bon reportage, ça donne envie d’aller faire un tour dans le coin.
    Merci pour les références, histoire de pouvoir en profiter un jour.
    Très belles photos.

  4. Superbe reportage, merci. Bien envie de découvrir ce petit coin de « Suisse » que je ne connais pas (pour un Suisse de Suisse ce n’est pas un comble…). Peut-être sur la Normandicat, qui sait?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Renseignez votre commentaire
Renseignez votre nom

Quitter la version mobile