Annonce
Annonce Pass' Portes du Soleil - Gravel Morzine 2023

AccueilMATOSCasques audio à conduction osseuse : Du nouveau chez Shokz

Casques audio à conduction osseuse : Du nouveau chez Shokz

Il y a quelques mois, j’avais testé un casque audio à conduction osseuse, l’Openrun de chez Shokz. Ce casque, qui laisse les oreilles complètement libres puisqu’il se porte en appui sur les tempes, m’avait vraiment convaincu dans son usage cycliste et péri-cycliste. Aussi ai-je décidé de tester un autre modèle de la gamme, l’Openrun Pro, qui est désormais disponible avec un arceau plus court et qui revendique une qualité audio supérieure à celle de l’Openrun. Voici donc mon verdict !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Il y a quelques mois, j’ai testé pour Bike Café l’Openrun de Shokz – photo Dan de Rosilles

Bref rappel juridique et domaines d’utilisation

Depuis le 1er juillet 2015, l’article R412-6-1 du Code de la Route fixe les modalités de l’interdiction des écouteurs en voiture, en moto et à vélo. Mais comme le casque à conduction osseuse ne couvre pas les oreilles, une certaine « zone grise » persistait quant à son utilisation par les cyclistes.
Or, le texte a été remanié depuis, et la version en vigueur depuis le 22 mai 2020 ne laisse plus aucune place à l’interprétation : « Est interdit le port à l’oreille, par le conducteur d’un véhicule en circulation, de tout dispositif susceptible d’émettre du son, à l’exception des appareils électroniques correcteurs de surdité. »

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Utiliser des écouteurs en roulant est une source supplémentaire de danger – photo Dan de Rosilles

Cela veut dire par exemple que si vous utilisez des applications sportives (Strava, Komoot, Openrunner…) pour vous guider, vous pouvez sans problème les consulter en regardant l’écran de votre téléphone ou votre GPS fixé sur un support de guidon. Mais si vous voulez utiliser un guidage vocal, du guidon à vos oreilles, avec les bruits ambiants, il faudra une ouïe particulièrement fine et mettre le volume à fond ! Car non seulement les dispositifs audio fixés à la tête sont prohibés, mais il est aussi interdit de tenir GPS ou téléphone à la main. Autre interdiction : aucun appel téléphonique ne peut être passé à vélo.
Si vous vous faites prendre sur le fait, on ne pourra pas enlever de points à votre permis, mais vous vous exposerez, tout comme un automobiliste ou un motard, à une amende de 135€.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
En gravel, sur les chemins, j’adore écouter mes musiques favorites – photo Dan de Rosilles

Ceci étant dit, il reste bien des contextes où le cycliste intensif peut utiliser un casque à conduction osseuse (à ses risques et périls bien sûr) : En gravel par exemple, sur les pistes cyclables, au bivouac le soir, ou en mettant pied à terre le temps de passer ou recevoir un coup de fil.
En ce qui me concerne, je respecte globalement le code de la route, ayant bien conscience qu’utiliser un casque audio (même à conduction osseuse) dans le trafic automobile, ne peut que perturber mon attention et donc augmenter les risques. Mais j’avoue qu’il m’arrive d’écouter de la musique ou des podcasts lors de longues sorties nocturnes et/ou sur des routes à très faible circulation. J’ai d’ailleurs l’impression que la nuit, cela m’aide au contraire à rester éveiller et à mieux maintenir mon attention. Sur les pistes de gravel un peu techniques, j’ai aussi l’impression que ça m’aide à me concentrer, même si je suis et serai toujours un bien piètre pilote !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Sur les petites routes désertes, j’avoue qu’il m’arrive de déroger à la loi et d’utiliser mes écouteurs – photo Dan de Rosilles

Il m’arrive aussi d’être hors-la-loi, lorsque j’utilise mon casque à conduction osseuse pour un guidage vocal, pour traverser de grosses agglomérations que je ne connais pas. Dans cette situation, je considère cet usage moins dangereux que d’avoir les yeux rivés sur l’écran de mon GPS.
Enfin, pour passer ou recevoir des coups de fils importants, je m’arrête brièvement au bord de la route (car lorsqu’on va vite de toute façon les bruits parasites générés par le vent gênent l’écoute des deux interlocuteurs) et j’utilise le casque Shokz en décrochant directement dessus via le commutateur situé sur le pad gauche, c’est très pratique car ça m’évite de sortir le téléphone du bikepacking.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
La nuit, j’ai l’impression qu’ écouter de la musique m’aide à maintenir mon attention – photo Dan de Rosilles

Kif-kif ou pas kif-kif ?

Vérifions maintenant en détail les caractéristiques des deux modèles proposés par Shokz, l’Openrun Pro et l’Openrun. Tous les deux sont équipés d’un arceau en titane, du Bluetooth 5.1, et d’une très pratique fonctionnalité de charge rapide : 5 minutes de charge seulement offrent 1h30 d’écoute aux plus pressés d’entre nous.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones unboxing
À gauche, la boîte de l’Openrun Pro, à droite, celle de l’Openrun – photo Dan de Rosilles

En ce qui concerne les caractéristiques sonores, on notera que les deux modèles proposent la même bande passante (20Hz-20kHz) et la même puissance sonore maximum : 105dB SPL (Le dB SPL, ou decibel Sound Pressure Level, est une indication de la sensation de pression acoustique maximale que l’on éprouve à l’audition, ndlr).
Seul, un test d’écoute nous permettra donc de savoir si la qualité sonore est meilleure sur le modèle Pro et justifie son prix plus élevé.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones étuis protection
À gauche, l’étui rigide du modèle Pro, à droite, la pochette souple du modèle standard – photo Dan de Rosilles

Pour ce qui est de l’aspect, à première vue, ils sont assez semblables. Mais en y regardant de plus près, on peut constater plusieurs différences visuelles : l’angle incliné du port de recharge sur le modèle pro, mais surtout les pads d’écoute, qui sont équipés sur le Pro de deux petites zones grillagées de forme ovale, sortes de mini hauts-parleurs que Shokz nomme « réhausseurs de basses » (bass enhacers).

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Le boîtier de transport rigide de l’Openrun Pro est très chic – photo Dan de Rosilles

Il s’agit du ou d’un des dispositifs spécifique à la « Technologie TurboPitch de 9ème génération » telle que la nomme le fabricant, qui est sensée améliorer notablement la précision des moyennes et hautes fréquences et renforcer la restitution des basses.

Shokz Openrun Pro comparaison differences casque à conduction osseuse bone conduction headphones
La zone magnétique de recharge est inclinée sur le modèle Pro pour ne pas que le doigt la confonde avec les boutons de volume – photo Dan de Rosilles

Le bouton situé sur le pad gauche, qui sert à décrocher lors d’un appel téléphonique et/ou mettre en pause/relancer l’écoute musicale, est légèrement plus protubérant sur le modèle pro. C’est très discret visuellement, mais nettement plus pratique au contact du doigt, surtout en hiver quand on porte des gants.

Shokz Openrun Pro comparaison differences casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Le commutateur situé sur le pad gauche est légèrement plus protubérant sur le modèle Pro – photo Dan de Rosilles

Pour aller au bout de la comparaison et de ce qui distingue les deux modèles, on peut noter que le modèle Pro est plus lourd de trois grammes (29 g contre 26 pour l’Openrun), mais surtout, que son temps de charge est plus rapide (1h contre 1h30). L’autonomie de l’Openrun Pro est annoncée à 10h, contre 8h pour l’Openrun. Enfin, une dernière caractéristique les distingue : le modèle Pro coûte quand même cinquante Euros de plus !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Le bouton commutateur sur le pad gauche du modèle Pro est plus accessible, surtout avec des gants – photo Dan de Rosilles

Plic plic plic ou plouf !

On remarque que l’indice de protection (IP) n’est pas le même pour l’Openrun et pour l’Openrun Pro… au détriment de ce dernier : IP55 contre IP67. C’est sans doute dû aux petits « hauts parleurs » et trous de micro supplémentaires qu’arbore le modèle Pro. Vecteurs d’une meilleure qualité de son, ils sont sans doute aussi des portes d’entrée supplémentaires susceptibles d’être forcées par l’humidité…

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Quel que soit le modèle que vous choisirez, il ne sera pas détérioré par la sueur – photo Dan de Rosilles

Pour comprendre ce que signifie l’indice de protection IP, il faut se reporter aux deux chiffres. Le premier indique le niveau de protection que l’enceinte fournit contre la pénétration de corps étrangers solides. Cette numérotation va de 0 à 6.
0 correspond à « Pas de protection contre le contact et la pénétration d’objets », 5 à « Protection partielle contre la poussière », 6 à « aucune pénétration ». Mais dans le cas de l’Openrun Pro, 5 est déjà un très bon indice : La pénétration de la poussière n’est pas entièrement empêchée, mais elle ne peut pas entrer en quantité suffisante pour interférer avec le bon fonctionnement de l’équipement. À 6, la protection est totale contre les corps étrangers, ce qui est le cas de l’Openrun.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
La rosée et la pluie n’affecteront pas le bon fonctionnement de l’Openrun Pro et sa protection IP 55 – photo Dan de Rosilles

Le second chiffre indique le niveau de protection de l’équipement contre les infiltrations nocives de l’eau. Dans le cas de l’Openrun Pro, 5 correspond à une protection contre les jets d’eau. Le protocole utilisé pour établir cette norme consiste à projeter de l’eau sur l’appareil à l’aide d’une buse de 6,3 mm depuis toutes les directions, sans que cela ait d’effets nocifs sur l’appareil.
Le 7 de l’Openrun correspond à une protection contre les immersion jusqu’à 1 m. La pénétration d’eau en quantité nocive ne doit pas être possible lorsque l’enceinte est immergée dans l’eau dans des conditions définies de pression et de temps. On peut donc en conclure que même si la protection du modèle Pro est suffisamment efficace pour l’usage qu’on peut en faire à vélo ou au bivouac, il est très loin de la protection quasi absolue que garantit l’Openrun.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Ne le faites pas, mais l’Openrun doit résister à un passage sous le robinet grâce à son classement IP 67 – photo Dan de Rosilles

Mini ou Standard

L’une des autres nouveautés pour l’Openrun Pro, c’est qu’il existe maintenant, en plus de la version d’arceau « standard », une version « mini », 21 mm plus courte. Jusqu’alors, seul l’Openrun proposait ces deux options.
J’ai utilisé l’Openrun avec l’arceau « standard », me voici maintenant en test avec la version « mini » du Pro. Les deux versions me conviennent et s’adaptent parfaitement sur mes tempes. Personnellement, je préfère quand même la version « mini », esthétiquement surtout, parce que je la trouve plus discrète et moins protubérante derrière la tête. Attention néanmoins à ceux qui auraient une largeur sous-occipitale supérieure à 23,5 mm, il faudrait alors choisir impérativement la version standard. Idem pour ceux qui ont un cou large et qui voudraient, comme moi, porter le casque en « tour de cou » lorsqu’ils ne l’utilisent pas. Mon cou mesure 39,5cm de circonférence, l’arceau « mini » s’y adapte, mais pour des cous plus larges je conseille l’arceau « standard ».

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Pour savoir quelle longueur d’arceau vous conviendra, il suffit de mesurer la distance qui sépare vos deux oreilles – captures d’écran site web Shokz

Pour savoir quelle est la taille d’arceau qui vous convient le mieux, il faut mesurer la largeur de votre sous-occiput, c’est à dire la distance qui sépare les points situés juste derrière vos deux oreilles. Si votre mesure est supérieure à 23,5 cm, choisissez la taille d’arceau « standard ». Sinon, préférez la taille « mini ».
Attention, lors de l’achat, la sélection de la taille d’arceau s’effectue en bas à droite sur la page de présentation du casque (modèle Openrun ou Openrun Pro). Dès les étapes suivantes, il ne sera plus possible de changer d’option (voir capture d’écran ci-dessous).

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
On choisit la taille de l’arceau dès la page de présentation du produit – capture d’écran site web Shokz

Tu devineras jamais d’où je t’appelle

Shokz annonce aussi une autre spécificité intéressante : le double microphone anti-bruit pour prendre des appels téléphoniques sur le modèle Pro.
J’avais noté, en passant des coups de fil à vélo avec l’Openrun, que les communications étaient perturbées à cause du vent, aussi bien pour moi-même que pour les interlocuteurs. En annonçant une réduction des fuites sonores de 50% et avec le double microphone anti-bruit, restait à vérifier si, malgré la vitesse de pédalage, le modèle Pro améliore « l’expérience utilisateur ».

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Si vous avez le cou large, préférez l’arceau long pour pouvoir porter votre casque autour du cou – photo Dan de Rosilles

Mon premier test « dans la vraie vie » a donc consisté à passer un coup de fil depuis l’Openrun puis l’Openrun Pro, en pédalant à 25 km/h et de comparer la qualité de communication, dont la qualité de réception de mon interlocutrice, Anne en l’occurrence.
En fait, la différence n’est pas notable… si on téléphone en roulant, ce qui est formellement interdit, comme expliqué plus haut ! Effectivement à l’arrêt, ou en marchant à côté du vélo, le gain de définition est clairement perceptible sur le modèle Pro. À l’écoute, la voix de mon interlocutrice est nettement plus détaillée et plus proche de sa « vraie voix ». De son côté, Anne m’a affirmé que notre conversation était de meilleure qualité.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Au téléphone, si on va vite, les bruits extérieurs parasitent la communication – photo Dan de Rosilles

En roulant, rien ne change : le système de micro du modèle Pro n’est pas mieux protégé du vent que son prédécesseur. Pour Anne, lorsque je roule à 15 km/h, le bruit de fond créé par le vent est très perceptible et gêne beaucoup la compréhension de ce que je dis. Mais les casques Shokz n’ont pas été conçus pour qu’on téléphone en roulant. Ça sera une excellente raison pour ralentir lorsqu’on téléphone, ou mieux encore, de s’arrêter et respecter le Code de la Route !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
À pleine vitesse, il serait illusoire de profiter pleinement des qualités audio d’un casque Shokz, quel que soit le modèle ; autant donc le quitter ! – photo Adrien Moniquet

Restitution sonore : Les basses mon ami, les basses…

Passons maintenant aux choses sérieuses : Shokz promet, avec la version Pro, une expérience auditive largement supérieure à celle de l’Openrun. J’avoue que je suis impatient de faire cette comparaison, d’autant plus que les limites de qualité audio constatées avec l’Openrun, concernaient essentiellement deux points : la pollution sonore extérieure et la restitution des basses.

Les fréquences restituées par les deux casques Openrun s’étendent entre 20 Hz et 20 kHz… C’est très large ! – capture d’écran session Ableton Live

Effectivement, comme un casque à résonance osseuse ne couvre pas du tout les oreilles, les bruits ambiants (le vent de la vitesse à vélo, l’environnement urbain…) perturbent l’audition, dans toutes les gammes de fréquences, bruits ambiants qui viennent concurrencer, via les oreilles, ce qu’on perçoit via la résonance osseuse. C’est particulièrement un problème pour les fréquences basses, car elles sont omniprésentes dans l’environnement, et sont de surcroît beaucoup plus difficiles à restituer avec la technologie de la résonance osseuse que les fréquences medium ou aigües.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Les timbres les plus riches et complexes, comme ceux émis par un steel-drum par exemple, seront mieux restitués par l’Openrun Pro – photo Dan de Rosilles

C’est beaucoup moins problématique avec les fréquences médiums et aigües, comme par exemple avec la voix humaine, que ce soit au téléphone, pour écouter un podcast ou comprendre les paroles d’une chanson. Ce n’est pas un problème non plus pour bon nombre d’instruments : guitares, vents, caisses-claires ou cymbales (encore que toutes les voix et tous les instruments intègrent des fréquences basses, qui colorent et réchauffent leur timbre), mais c’est problématique pour les grosses caisses, les basses, d’autant plus si on écoute des musiques actuelles, particulièrement riches dans les registres graves et qui s’appuient essentiellement sur ce type de fréquences pour le soutien rythmique.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
J’ai résumé dans ce tableau les caractéristiques techniques qui différencient les deux modèles – réalisé avec l’aide de captures d’écran site web Shokz

Cocon boum-boum

Mon protocole de test s’est effectué en deux étapes : une comparaison des deux casques en intérieur, dans les meilleures conditions de silence, puis un test à vitesse moyenne sur le vélo.
Pour la comparaison en intérieur, j’ai utilisé deux smartphones diffusant le même morceau de musique, avec un volume de sortie équivalent pré-réglé sur les smartphones et sur les deux casques. J’ajoute que je me suis appliqué à positionner les pads exactement au même endroit sur mes tempes, pour garantir le plus d’objectivité possible lors de cette comparaison. Puisque les deux smartphones étaient des modèles différents, j’ai ensuite interverti l’appairage casque/smartphone pour éviter toute ambigüité.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Voici le moment de comparer la qualité sonore des deux casques – photo Dan de Rosilles

Je ne peux nier que le son de l’Openrun Pro est meilleur, mais à mon avis, il faut quand même une oreille avertie pour entendre la différence ! Pour ma part, bien qu’ayant travaillé plusieurs années dans le milieu musical et dans des salles de spectacle et avoir eu la chance d’exercer mon oreille au contact de musiciens et d’ingénieurs du son, j’ai dû me concentrer et intervertir plusieurs fois les casques pour être sûr de mon ressenti. Il y a bien une différence, en faveur de l’Openrun Pro, mais cette différence est plutôt subtile. C’est toujours assez difficile de traduire par le vocabulaire de tous les jours des sensations auditives, mais je peux confirmer ce qu’affirme Shokz : Les basses sont mieux restituées, les voix plus réalistes et plus chaudes (grâce aux basses)… mais la différence n’est pas révolutionnaire !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Les amateurs de musiques actuelles préfèreront le rendu des basses sur l’Openrun Pro… dans les situations où elles ne seront pas concurrencées par l’environnement sonore – photo Dan de Rosilles

Et puis, il y aussi d’autres différences sonores entre les deux modèles… qui ne sont pas forcément en faveur du modèle Pro !
D’abord, dans le silence du salon à la maison, l’Openrun Pro est plus sonore et gênant pour le voisinage. Quand on écoute un morceau très rythmé, l’entourage entend plus des fréquences mediums et aigües qui s’échappent du casque. Ce ne sera pas un problème bien sûr dans la solitude du cycliste, ou dans un environnement bruyant, mais à plusieurs au bivouac ou dans une chambre d’hôtel, cela peut gêner les personnes situées à proximité.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Dans les endroits calmes, l’arceau court est parfait pour s’allonger mais l’Openrun Pro est plus sonore que l’Openrun pour l’entourage – photo Dan de Rosilles

D’autre part, à volume égal, l’Openrun Pro vibre plus sur les tempes que l’Openrun, sans doute à cause de ses petits hauts-parleurs réhausseurs de basse. Cela m’a gêné plus qu’autre chose, sans m’apporter réellement plus de plaisir dans la perception des basses. La « qualité sonore premium avec des basses Technologie Shokz Turbo PitchTM », ne m’a pas complètement séduit. À mon avis, les basses ne sont pas de meilleure qualité, elles sont juste plus agitées… et pas spécialement plus graves.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
La restitution des basses est très compliquée, les inventions pour y parvenir (comme ce caisson de basses qui accompagne les petites enceintes) se succèdent avec plus ou moins de réussite – photo Dan de Rosilles

C’est finalement sur l’écoute de voix sur une longue durée, par exemple de longues émissions de radio ou des podcasts, que j’ai trouvé un réel intérêt à la technologie « Turbo Pitch » : Les voix ne sont plus du tout nasillardes, l’écoute est beaucoup plus reposante sur la durée.
Voilà un vrai plus qui distingue l’Openrun Pro de son petit frère ! Il est temps maintenant d’aller à l’extérieur pour continuer le test.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
À vélo je n’utilise pas le casque audio en permanence, il faut savoir faire des pauses – photo @jaywaijaywai / Original Montpellier Gravel

94 BPM

J’ai continué mon test sur le vélo, à une vitesse constante de 25 km/h, à plat pendant une sortie sans vent. Le protocole de test a juste consisté à changer de casque et d’appairage en essayant de conserver ma vitesse pour ne pas « quitter » le bruit ambiant entre chaque essai de casque.
Dans ce contexte, la qualité d’écoute est altérée de toute façon, quelque soit le modèle utilisé. Il y a le bruit du vélo, le vent de déplacement qui créent un « écran sonore ». Ce n’est pas dérangeant pour comprendre et suivre parfaitement un podcast, pourvu que le volume sonore soit suffisant bien sûr.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Il est très difficile d’expliquer par écrit ou par l’image ce que l’on ressent à l’écoute – photo Dan de Rosilles

On peut aussi tout à fait écouter de la musique, pour passer le temps, ajuster son rythme de pédalage à celui de la musique (c’est diablement efficace, surtout pour la longue distance ! Je me suis fait des playlists avec les tempos qui me conviennent le mieux…). Mais franchement, il serait illusoire de parler de qualité audio lorsqu’on roule !
N’oublions pas que l’Openrun Pro et l’Openrun ont été conçus essentiellement, comme leur nom l’indique, pour des coureurs à pied… Dans un tel contexte, c’est pertinent de préférer le modèle Pro pour sa qualité sonore supérieure. À vélo, je considère que cela ne change rien, ou pas grand chose. Au bivouac ou à l’hôtel, par contre, les audiophiles prendront plus de plaisir avec le modèle pro.

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Lequel choisirez-vous ? L’un et l’autre sont d’excellents appareils – photos Dan de Rosilles

Un beau cadeau de Noël

S’il fallait dresser le portrait-robot de l’utilisateur de chaque modèle, je dirais que l’Openrun ravira les adeptes de la rusticité et des sorties en toutes saisons, l’Openrun Pro les audiophiles perfectionnistes et amateurs de high-tech. Tout dépendra aussi quel genre d’auditeur vous êtes : Plutôt France Info ou plutôt France Musique ?
Bien sûr, le modèle Pro fera gagner deux heures d’autonomie et économiser une demi-heure de temps de charge aux cyclistes pressés et sans moyeu dynamo, mais pour obtenir ce confort, il faudra débourser cinquante Euros supplémentaires…
À vous de voir si le jeu en vaut la chandelle !

Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones buzzard
Certains ont de bons yeux, d’autres de bonnes oreilles – photo Anne Fontanesi

Ceci dit rassurez-vous : Quel que soit le modèle que vous demanderez au Père Noël, il s’agit dans les deux cas d’équipements de qualité, parfaitement adaptés aux pratiques sportives d’extérieur, cyclisme ou autre : randonnée, course à pied, escalade… il existe même un modèle adapté à la natation, l’Openswim ! Mais celui-ci fera – peut-être – l’objet d’un autre test ?

Casque Openrun Pro 190€
Casque Openrun 140€
Câble de charge spécifique Openrun ou Openrun Pro 11€

Annonce
Dan De Rosilles
Dan De Rosilleshttps://www.strava.com/athletes/5149425
Dan vit à Arles et sur son vélo. Il concocte des itinéraires de route et de gravel aux petits oignons pour lui, ses amis et les membres des clubs Strava qu'il administre : Arles Gravel, Mi-Fixe-Mi-Gravel, Cyclistes Arlésiens Longue Distance (CALD) et Arelate Denta Rota Fixa. Il aime le pignon fixe, la longue distance, le bikepacking, la pêche à la mouche et la bière artisanale. Il produit des textes et des photos publiés sur Bike Café et plus ponctuellement dans la presse papier.

8 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Dan,
    Merci pour ce test, j’avais moi même hésité entre le Openrun et le Pro avant de finalement choisir le Openrun classique pour le prix et pour l’IP 67, je ne regrette pas.
    Personnellement j’utilise ce casque pour le Vélotaf sur routes de campagne car cela rend les trajets quotidiens moins ennuyeux. Je ne trouve pas que cela soit beaucoup plus dangereux sur route puisque l’on peut entendre les voitures arriver derrière, mais je coupe la musique dès que je suis en agglomération car j’ai remarqué que cela nuit à ma concentration. Je ne le recommanderais pas pour une utilisation exclusivement urbaine.
    La qualité sonore n’est pas le point fort de ces appareils, cela n’a rien à voir avec la qualité d’un bon casque audio et en descente ou par grand vent on n’entend plus grand chose il faut l’admettre, mais c’est appréciable d’avoir la musique pour les longues parties roulantes.
    J’utilise aussi le casque au travail pour écouter de la musique sans être coupé du monde extérieur, c’est pratique.
    Sportivement,
    François

    • Bonjour Marie,
      Non personnellement je n’ai jamais eu de maux de tête en utilisant l’Openrun ou l’Openrun pro, même pendant de longues heures. Ceci dit, j’imagine sans difficulté qu’avec un volume trop élevé et/ou pour des auditeurs facilement sujets aux maux de tête ça doit pouvoir être le cas.
      Bonne journée,
      Dan

      • Utilisateur récent d’un Openrun après avoir été influencé par l’exemple de Dan. Je l’utilise quotidiennement : écoute radio le matin, musique sur mon home trainer, sorties vélo (avec les mêmes précautions que François dans les parties urbaines), … pas de maux de tête à signaler.

  2. Bonjour,
    J’utilise l’Openrun classique depuis plus de six mois. Je ne connais pas le modèle « pro ».
    Ce petit casque discret fonctionne très bien pour moi, que ce soit en vélotaf, en sortie vélo du week-end ou comme cet été en bikepacking. Sur de très longues étapes, c’est vraiment un plus d’avoir une bonne playlist pour garder la motivation !
    Aucun maux de tête et aucun problème de fonctionnement malgré la pluie, le froid, les fortes chaleurs et la sueur.
    Je recommande tout de même d’être vigilant lors des premières utilisations afin de s’habituer et de ne pas se laisser déconcentrer. Il faut aussi bien régler le volume pour garder une oreille attentive sur la circulation. Perso, je le mets sur pause lorsque je rentre en agglomération et lance une playlist bien rock sur un DFCI en mode Gravel !
    Bonne journée

LAISSER UN COMMENTAIRE

Renseignez votre commentaire
Renseignez votre nom

Articles similaires

Du même auteur

Newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion et recevez l'actualité de Bike Café chaque semaine dans votre boite mail !