À l’occasion de la sortie le 4 avril du dixième épisode de la série Bikepacking Colors, intitulé “La Parenthèse Corse”, j’ai échangé lors du podcast disponible dans cet article, avec Antoine Bussier. Photographe et vidéaste, il développe depuis 2018 une approche singulière du voyage à vélo, entre narration visuelle et expérience personnelle. Avec ce nouvel épisode filmé en noir et blanc, il propose une lecture différente du bikepacking, plus introspective et minimaliste. (Photos de cet article Antoine Bussier)

Depuis 17 ans Antoine évolue dans le monde du vélo … Le vélo et l’image se sont croisés dans son travail pour aboutir en 2018 à un premier film qu’il a baptisé Bikepacking Colors. Je le taquine un peu sur le mot Colors, alors qu’il nous a contacté pour nous présenter un film en noir et blanc. Il m’explique alors que colors ne signifie pas couleurs, mais la tonalité du vent, de l’ambiance de ce qui ressort de l’instant. Alors oui, ça peut être traité en noir et blanc.
Aux origines de Bikepacking Colors
Dans le podcast, Antoine Bussier revient sur la création de Bikepacking Colors en 2018. “C’était au départ à l’occasion d’un voyage avec ma compagne au Japon. Pour préparer ce voyage nous avons fait une traversée entre Clermont-Ferrand et Grenoble qui a donné lieu à de l’image. Ça ne devait pas appeler une suite et c’est devenu progressivement une série à force de filmer nos voyages.” Le projet est donc né d’un besoin simple : raconter les voyages à vélo autrement. Antoinel explique qu’il ne se retrouvait pas dans les formats classiques. Selon lui, beaucoup de contenus suivent une logique souvent centrée sur la chronologie.

Du vlog au film : une écriture visuelle assumée
Antoine Bussier insiste sur un point important. Bikepacking Colors relève plutôt de la créations de films. “Ce n’est pas une série avec une durée type, une signature unique, … Au début il n’y avait pas de drone, il n’y avait pas de voix off, peut-être que ça changera encore sur d’autres épisodes… ” Antoine laisse une belle part à la création. Dans l’échange, il explique que le montage joue un rôle central. L’histoire ne s’écrit pas totalement avant le départ. Elle se construit souvent après, à partir des images tournées. Il accorde une place importante aux silences, aux transitions et au rythme. Selon lui, ces éléments permettent de transmettre une émotion plus qu’une information.


Cette approche demande du temps. Elle implique aussi une sélection rigoureuse des images. Antoine a introduit dans ses films la voix “off”. C’est le cas de cet épisode Corse pour lequel il a fait appel à un narrateur qui déroule le texte qu’il a écrit lui et qu’il a rythmé avec les images. Peut-être une nouvelle pudeur de sa part.
Le vélo comme outil d’expérience
Le podcast met en avant le rôle du vélo dans le projet. Antoine Bussier ne le considère pas uniquement comme un sujet. Il explique que le vélo permet de ralentir, de prendre le temps. Il offre une immersion progressive dans les paysages. Cette temporalité influence directement sa manière de filmer.

Le bikepacking ouvre aussi des possibilités. Il permet de sortir des axes principaux et d’explorer des routes secondaires ou des chemins. C’est d’ailleurs un choix assumé il préfère les chemins aux routes. Selon lui, ces choix d’itinéraires participent à la construction du récit.
Épisode 10 : La Parenthèse Corse
Je trouvais que la couleur masquait le récit de la voix off…
Le dixième épisode marque une étape dans la série. Intitulé “La Parenthèse Corse”, il propose une approche différente. Dans le podcast, Antoine Bussier décrit ce voyage comme plus introspectif. Il ne s’agit pas seulement d’explorer un territoire. “On était parti pur faire un truc très off-road et en fait à cause de trop nombreuses parcelles privés nous avons fait que 200 km de chemins sur les 800 km du voyage“.





Ce choix a changé la dynamique du voyage. Il introduit une dimension plus personnelle dans le film.La voix off observe les 2 voyageurs et raconte l’histoire. Ce voyage répond à un besoin de se retrouver. Il s’éloigne d’une logique d’aventure classique.
L’un des éléments marquants de cet épisode concerne le choix du noir et blanc. Antoine Bussier revient sur cette décision dans l’échange. “Je trouvais que la couleur masquait le récit de la voix off. Ce choix a ét dur, ma compagne m’a dit tu ne peux pas mettre la Corse en noir et blanc !“. Il explique que la Corse offre des paysages très colorés et pourtant, il choisit de retirer la couleur pour se concentrer sur l’essentiel.
Le noir et blanc met en avant les formes, les contrastes et les émotions. Il renforce aussi la dimension intime du film.
Bikepacking Colors aujourd’hui
Dans le podcast, Antoine Bussier évoque la suite du projet. Bikepacking Colors reste un espace d’expression. Il ne cherche pas à reproduire un format fixe. Chaque épisode peut évoluer en fonction du contexte et de l’envie.

Il insiste sur une idée simple. Le voyage à vélo reste un moyen de se reconnecter. Les films permettent de prolonger cette expérience.
Une approche sensible qui me plait
Écoutez le podcast avec Antoine Bussier
Bikepacking Colors propose une lecture singulière du voyage à vélo. Antoine Bussier développe une approche qui mêle narration, image et expérience personnelle. Avec ce dixième épisode, la série confirme une évolution vers plus de simplicité et d’introspection. Elle montre que le bikepacking peut aussi devenir un outil de création.
Le podcast permet de mieux comprendre cette démarche. Il éclaire les choix derrière les images et donne une autre lecture de ces films.
Foutons le camp …

C’est un autre proposition d’Antoine Bussier qui a fondé ce projet “Foutons le camp” qui prone la culture de la belle trace. Il invite des petits groupes à se retrouver, le sourire au coin des lèvres, sur une proposition de voyage découverte organisé pour de petits groupes de 20 cyclistes.
La trace est donnée 1h avant le départ. Les lieux des départ et d’arrivée sont systématiquement à proximité d’une gare pour limiter/supprimer des déplacements en véhicules. Chacun agit en responsabilité et doit être autonome sur l’hydratation, l’alimentation, la nuit et la mécanique. Foutons le camp n’est pas adapté aux débutants. Les frais de participation sont de 20 €.



