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Test de l’Ergon CF Allroad Pro Carbon, la tige de selle qui lisse la route

Dans la recherche de confort au roulage, beaucoup oublient le rôle déterminant que jouent les périphériques. Sous son apparente simplicité, la tige de selle Ergon CF Allroad Pro Carbon lisse les aspérités de la route et apporte un confort bienvenu.

Le confort passe aussi par là – Photo Ergon

L’amortissement des vibrations et des chocs joue énormément dans la sensation de confort et donc dans la réduction de la fatigue générale. Au-delà du cadre du vélo en lui-même, il est facilement possible, et plus économique, de venir travailler sur les différentes connexions de celui-ci avec la route et avec le pilote. Souvent négligée, la tige de selle reprend la majorité du poids du pilote et se positionne en droite ligne avec sa colonne vertébrale. La tige Ergon CF Allroad Pro Carbon propose d’assouplir cette connexion pour découpler votre corps des vibrations et chocs remontant à travers le cadre.

Le concept

Le principe VCLS, Vertical Comfort Lateral Stiffness, en français, confort vertical raideur latérale, que propose la tige de selle Ergon CF Allroad Pro Carbon est à mes yeux d’ingénieur une belle démonstration d’intelligence mécanique. Le “plus c’est simple, mieux c’est” que me répétaient mes professeurs est ici parfaitement illustré. Sa conception s’articule autour de deux lames de carbone qui, grâce à leur forme, fléchissent vers l’arrière sous un effort vertical. Pas de système mécanique ou d’élastomère pour cela. Juste une conception intelligente qui utilise les atouts du matériau et joue sur la forme des lames.

Illustration Ergon et B. Bodot

La tige de selle agit comme un ressort entre le cadre et votre postérieur, permettant de filtrer les vibrations remontant d’une route dégradée ou d’absorber en partie le choc d’un nid de poule.

Deux versions sont proposées au catalogue Ergon, une version droite ainsi que la Setback avec un recul de 25 mm que je teste dans cet article.

Prise en main

À réception, la première chose qui saute aux yeux est l’apparente simplicité de la tige de selle. Son poids réellement contenu, est vérifié à 242 grammes. Visuellement, seule la fente entre les deux lames la distingue d’une tige de selle classique.

La tige enduite de pâte carbone prête à être montée – Photo Benjamin Bodot

En regardant de plus près, on remarque qu’il n’est pas possible de régler l’angle de selle au niveau du chariot. Ce réglage se fait en faisant coulisser les lames entre elles grâce à une vis de réglage située à la base de la tige.

Il faut donc démonter la tige pour modifier le réglage de l’angle de la selle. La notice jointe précise l’opération à suivre pour assurer le réglage en ne devant démonter qu’une fois. Il peut être nécessaire de devoir rehausser un peu sa selle afin de compenser l’écrasement initial de la tige sous votre poids. À noter, le système Flip Head, permet d’inverser le chariot de selle et augmente ainsi la plage de réglage de l’avancement de la selle.

Petit défaut dû à sa simplicité mécanique, il n’y a pas de réglage de raideur de l’effet ressort. Ainsi plus lourd est le pilote et plus grand sera le débattement. À noter qu’Ergon annonce un poids limite de 100 kg. De plus, la raideur sera aussi dépendante de la sortie de tige : plus grande elle sera et plus souple sera la tige.

Une fois correctement installée, on peut effectivement faire travailler la tige et voir sa déflexion en appuyant fortement sur la selle. Cependant, en m’installant dessus, le mouvement est suffisamment faible pour ne pas l’avoir ressenti sous mes 80 kg.

Le ressenti

Les premiers tours de roues confirment cette impression. À l’usage sur les sentiers, je distingue peut-être un léger sentiment d’amortissement, mais c’est en plaçant une main sur les lames que j’ai effectivement pu ressentir les mouvements de la tige. Elle travaille sur un faible mouvement et cela reste quasiment imperceptible par le pilote. Aucun pompage ressenti, même en poussant franchement dans les pédales. J’ai cependant bien la sensation d’un lissage des vibrations sur ces sentiers que je parcours régulièrement, et d’une légère absorption des chocs.

Photo Benjamin Bodot

Afin de vérifier que je ne suis pas victime d’un placebo, j’ai remonté ensuite ma tige habituelle pour refaire la même boucle. Les vibrations sont tout de suite plus présentes qu’avec la tige Ergon.

Essai longue durée

Rien de mieux qu’un test longue durée pour juger du confort et de l’impact sur la fatigue d’un tel accessoire. J’ai donc choisi de monter cette tige de selle lors de ma participation au BikingMan Maroc 2026. Vous pouvez d’ailleurs retrouver le récit de mon aventure ainsi que le détail du matériel emporté.

Après plus de 1000 km parcourus, dont 300 km de piste, et plus de 50 heures dessus, je peux aujourd’hui témoigner de son efficacité. Je n’ai jamais ressenti ses mouvements, cependant son lissage des vibrations fut évident. Elle a participé à réduire mon état de fatigue générale mais également mes douleurs postérieures, ce qui, sur une telle épreuve, est très appréciable.

En conclusion

Pour être honnête, j’ai sincèrement été très emballé par cette tige de selle et je l’ai très rapidement adoptée. Simple et légère, elle apporte un vrai plus au roulage. Son astucieuse conception ne comporte pas de pièces d’usure ni de mécanisme sensible sujet à un entretien particulier. Un démontage de temps en temps pour nettoyage sera nécessaire car la saleté vient facilement se loger entre les deux lames, mais rien de rédhibitoire. Au regard de son prix, c’est un réel atout pour celui qui cherche à améliorer le confort de son vélo.

  • Page produit : Ergon CF Allroad Pro Carbon
  • Prix : 249,95 €
  • Diamètre : 27,2 mm
  • Longueur : 345 mm
  • Insertion minimum : 110 mm
  • Insertion maximum : 210 mm
  • Poids : 240 g
  • Matériaux : Carbone
  • Poids limite utilisateur : 100 kg
Benjamin Bodot
Benjamin Bodot
Ingénieur en mécanique et amoureux de la petite reine sous toutes ses formes, Benjamin aime autant rouler que travailler sur ses vélos. Son éclectique collection oscille entre la randonneuse en acier des années 70, le routier en carbone, le pignon fixe et le gravel. Amateur de longues sorties en groupe ou en solo, il s’aligne plusieurs fois par an sur des courses d’ultra distance qu’il finit régulièrement dans le top 5, il a notamment gagné l’édition 2025 du BikingMan X au Maroc. Sur son vélo toute l’année, il a la chance de profiter de la météo et du relief niçois pour naviguer entre mer et montagne et parcourir près de 300 km par semaine sur routes et chemins.

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