L’offre en matière de vélos avec assistance électrique se développe. Sur la route, ces VAE sont de plus en plus légers, silencieux et économes en énergie. Le Scott Fastlane, que nous vous avions présenté en novembre dernier, illustre ce progrès. Dans sa version ultime, son poids descend sous la barre des 10 kilos, il est d’une discrétion totale, grâce à son moteur TQ HPR40. Sa ligne aérodynamique et l’absence de signes extérieurs montrant la présence d’une motorisation permettent de passer inaperçu dans les pelotons du dimanche. Je l’ai testé dans différents contextes sur 500 kilomètres.

Après avoir testé le Trek Domane+ SLR6 et plus récemment le Giant Defy Advanced Plus Elite 0, je me lance, sur la “voie rapide” (Fastlane) ouverte par Scott, au guidon de ce vélo pour un test hivernal dans le Luberon.
Le Scott Fastlane : un VAE, je ne le crois pas !
Le livreur a déposé le carton au bureau de Bike Café : il est aussi léger que celui d’un vélo de test sans assistance. Au déballage, nous découvrons ce vélo blanc immaculé, déjà tout monté. C’est le Fastlane 10, le modèle intermédiaire entre le “Premium” et le “Fastlane 20”. Il suffit de remettre le guidon dans le sens de la route et de régler la hauteur de selle et hop c’est parti ! Enfin pas tout de suite, car je dois tâtonner un peu pour trouver comment démarrer l’assistance électrique. En cherchant les commandes de niveau d’assistance, je découvre qu’elles sont intégrées aux repose-mains des leviers de frein Shimano Ultegra ST-R8170 des dérailleurs Di2. Les boutons pour changer les vitesses me semblent plus intuitifs que sur les manettes précédentes. La séparation entre les commandes est plus nette sous les doigts. Un bouton, équivalent du bouton “Bonus” sur SRAM, est présent sur le capot supérieur des cocottes de freins. Il a été programmé pour effectuer le changement du niveau d’assistance et la commande de l’éclairage arrière.

Le Scott Fastlane est un petit cachotier. Il dissimule tous les indices qui pourraient faire penser qu’il est motorisé : le démarreur est caché dans l’embout du cintre et le changement de niveau d’assistance est à peine perceptible en caressant le capot des cocottes de freins. Les concepteurs de ce vélo ont réussi leur coup. De plus, l’assistance électrique de ce vélo est parfaitement silencieuse. Le moteur TQ se cache dans la jonction bodybuildée du tube diagonal et du tube de selle. Une élégante grosseur, constituant le boîtier de pédalier, renferme le petit moteur cylindrique, qui ne pèse que 1,17 kg. Ce châssis en carbone, d’une incroyable légèreté (le cadre ne pèse que 865 g selon Scott) abrite la nappe électrique, qui court à l’intérieur des tubes, pour alimenter l’ensemble des fonctions (moteur, dérailleurs, éclairage) avec la même batterie. Soyez rassurés : si le moteur annonce 0 % de batterie, il reste une réserve qui permettra d’alimenter les dérailleurs. Ce bonus n’est pas affiché sur l’appli TQ. J’ai pu vérifier l’intérêt de cette réserve en épuisant volontairement la batterie.

Un style aéro dépouillé
Le design du Scott Fastlane joue la carte d’une sobriété aéro assumée. De la douille de direction aux bases arrière, le cadre affiche une esthétique pure et profilée. Aucun câble visible, afin de ne pas compromettre cette recherche aérodynamique. Le cockpit carbone profilé intègre la câblerie. La tige de selle est elle aussi profilée.


Je vous invite à découvrir la géométrie de ce vélo en cliquant sur ce lien qui vous conduira à notre article précédent.
Un moteur léger et silencieux


Caractéristiques moteur TQ40 HPR40
| Poids | 1.165 g |
| Puissance nominale continue | 200 W |
| Couple de rotation (max.) | 40 Nm |
| Température de fonctionnement | -5 °C à +40 °C |
| Température de stockage | 0 °C à +40 °C |
Usage
La mise en route du moteur se fait à l’aide du bouton situé en bout de guidon à droite. Pour éteindre, il faudra appuyer plus longuement sur ce même bouton. Le système d’entraînement HPR40, comme la plupart des moteurs des VAE, constitue une aide à rouler jusqu’à la limite de la vitesse autorisée par le législateur (25 km/h en France). Il faut pédaler pour en bénéficier. Lorsque la vitesse dépasse la limite autorisée, le système coupe l’assistance. L’aide fournie par le système d’entraînement dépend d’une part, du niveau d’assistance sélectionné – dans notre cas trois niveaux : Eco 80 W, Mid 120 W, High 200 W – et d’autre part, de la force exercée par le cycliste sur les pédales. Plus la force exercée sur les pédales est élevée, plus l’assistance fournie est importante.



Le changement des rapports sur un E-Bike est soumis aux mêmes règles et recommandations que le changement de vitesse d’un vélo sans assistance. L’autonomie possible avec la batterie dépend de nombreux facteurs : le poids (vélo, cycliste et bagages), le niveau d’assistance choisi, la vitesse, le profil du parcours, le rapport de vitesse choisi, les paramètres météo (vent, température).
Connectivité
Après avoir téléchargé l’application TQ sur mon smartphone, je peux établir une connexion bluetooth avec le moteur. Cela me permet de connaître l’état de la batterie et donne accès aux différents réglages du système, notamment celui de la puissance en fonction des modes d’assistance.



Sur la route
Prise en main découverte

Après une séance de réglage et d’apprentissage des subtiles commandes du moteur TQ HPR40, je me suis programmé une première sortie avec du D+ (818 m) sur une courte distance (57 km). Cette séance m’a permis de vivre mes premières sensations cyclistes sur ce vélo et de mesurer son autonomie potentielle. J’ai consommé 44 % de la batterie en effectuant la sortie avec le premier niveau d’assistance. J’ai enroulé pendant tout le parcours le grand plateau. J’ai été frappé par le silence de ce moteur et la transition en douceur qu’il permet à 25 km/h entre le mode assistance et inversement.

Tout est remarquablement fluide. Lors du réglage, j’avais déjà senti que ma position sur le vélo était parfaite. Sur ce parcours avec descentes, montées et vent léger, j’ai pu vérifier ce que j’avais pressenti : je suis super bien posé sur le vélo. Le stack de 580 (en taille M) est plus haut que celui de mon vélo habituel (WhishOne 570) et le reach (385) est identique. À vrai dire, j’ai oublié que j’étais sur un VAE : silence, pas d’à-coup moteur, une sensation d’aide discrète, mais efficace. Sans assistance, au-delà des 25 km/h, le vélo file vite, son aérodynamisme m’aide à affronter les rafales.
Bilan : 57 km – 818 m de D+ – 1er niveau d’assistance – Consommation : 44 % de la batterie
Sortie en peloton cyclo

La vocation d’un VAE route est par exemple de permettre à un cycliste vieillissant de continuer à rouler avec son groupe d’amis. Les cyclistes âgés ou touchés par un problème de santé pourront rester socialement intégrés à leur communauté cycliste. L’accueil des VAE dans les pelotons du dimanche est désormais normalisé. Pour vérifier ce contexte, je me suis mêlé à la sortie dominicale du club local. Il y a trois groupes, j’ai choisi le groupe 2 qui est le plus représentatif d’un achat éventuel d’un VAE. D’ailleurs, dans ce petit peloton, je repère deux autres VAE : tout va bien en matière de cohabitation. Un parcours de 80 km va nous conduire d’Aix-en-Provence à Lourmarin et retour. On trouve la difficulté principale au retour avec la côte de Saint-Canadet. J’ai dû avouer à mes compagnons de route que je roulais sur un VAE. Ce Fastlane est tellement discret que personne n’avait deviné que j’étais sur un vélo motorisé. Après cet aveu, je me suis permis une montée à fond de cette dernière difficulté. J’ai dépassé allègrement les 270 watts auxquels se sont ajoutés les 80 watts du niveau 1 du moteur qui m’ont permis de surmonter vite fait les passages à 9 %.
Bilan : 80 km – 770 m de D+ – 1er niveau d’assistance – Consommation : 50 % de la batterie
Sorties longues
Pendant cette période hivernale et pluvieuse, j’ai effectué plusieurs sorties longues, notamment deux belles balades dans le Luberon. Sur 96 km avec 1200 m de D+ par un temps glacial (0 °C à 4 °C) avec un fort Mistral. La seconde sur 101 km avec également 1200 m de D+, temps frais (5 °C), ciel gris. Le fait de rouler plus lentement en solo dans le froid entraine une consommation électrique proportionnellement plus importante que les sorties en groupe.




Comportement routier


Ce Fastline se comporte sur la route comme un vélo de route type endurance. Sa tenue de route est très bonne. Personnellement, après avoir essayé plusieurs VAE, je préfère les motorisations situées au niveau du boîtier de pédalier. Elles placent le poids du moteur en position basse et centrale. Ce qui, à mon avis, améliore l’agrément de pilotage avec un centre de gravité plus bas. Autre avantage : la roue arrière privée de moteur est plus légère et, grâce aux rayons plus longs, elle apporte plus de confort. C’est lorsque l’assistance ne vient plus à votre aide que l’on peut apprécier l’intégration de sa motorisation. En dépassant la vitesse de 25 km/h, sur ce Fastlane je n’ai jamais ressenti de coupure de rythme.


Le Fastlane aime grimper et descendre. Je m’en suis donné à cœur joie dans mes sorties de test sur des parcours vallonnés avec de petits cols sur des pentes de 4 à 10 %. Je suis toujours resté sur le plateau de 50 dents. Pour la montagne, le plateau de 34 sera nécessaire, il faut utiliser un VAE comme un vélo normal pour bénéficier pleinement de l’assistance. Avec à l’arrière une cassette 11-34, ce vélo vous permettra de grimper les cols les plus difficiles.
Les équipements

Les roues Syncros Capital 1.0 hauteur 40 mm (1 170 g la paire, poids non vérifié) ont une largeur interne de 23 mm qui exclue le montage des pneus d’une largeur inférieure à 28 mm. Elles filent vite, j’ai pu le vérifier en descente lors de ma sortie avec un groupe de cyclo. En laissant aller dans une belle descente et malgré mon poids relativement léger de 66 kg, j’ai constaté que j’allais plus vite que tous les vélos en présence. Les pneus Schwalbe PRO ONE Evo 700x34C sont parfaits pour le vélo. Montés en tubeless, il faut être raisonnable au niveau de la pression de gonflage pour privilégier le confort.



Le combo guidon Syncros est parfait : la pose des mains sur la barre aéro est confortable. Il faudra ajouter le support GPX Syncros qui s’adapte par deux vis sous la potence. Côté assise, c’est encore Syncros (marque du groupe Scott) qui assure avec la tige de selle aéro Duncan 1.0 iL D-shape.
Pour le groupe, Scott a choisi Shimano avec dérailleurs Di2 qui sont alimentés par la même batterie que le moteur TQ. Le cadre est compatible pour recevoir une patte de dérailleur UDH, désormais standard sur presque tous les vélos actuels.



Quelques détails bien pensés viennent compléter ces équipements. Dans la base gauche du guidon, caché dans le tube du guidon carbone, on trouve un outil qui permettra d’effectuer les principaux serrages sur le vélo. Je remarque le bouchon de valve qui, une fois dévissé, devient une clé pour dévisser les obus des valves tubeless. Enfin la petite sacoche, fixée sur le cadre et parfaitement intégrée au profil aéro du vélo. Elle pourra même contenir le chargeur du vélo si vous décidez de partir à la journée ou plus sur une longue distance.
Une consommation électrique raisonnable
Sur un vélo avec assistance électrique, l’économie de la batterie peut devenir un jeu…
Comme expliqué plus haut, il est difficile de prévoir la consommation d’un VAE, très dépendante des conditions : puissance fournie par le cycliste, conditions météo, dénivelé… Ci-dessous, 2 exemples proches : 80 et 96 km montrent une consommation non proportionnelle au kilométrage. Sur le 96 km réalisé avec le même niveau d’assistance (1er niveau) je roulais en compagnie d’un cycliste qui était souvent sous les 25 km/h ce qui engageait un peu plus la consommation du moteur, alors que sur le 80 km j’évoluais dans un groupe cyclosport le plus souvent sans assistance. Sur le 96 km, une température très basse (0 °C à 4 °C) et de très fortes rafales ont également demandé plus d’aide électrique. Sur un vélo avec assistance électrique, l’économie de la batterie peut devenir un jeu…




Sur ce Fastlane, j’ai trouvé que la consommation était plutôt raisonnable. Le poids de la machine et la sobriété du moteur concourent à cette faible consommation. Je suis un cycliste régulier de 77 ans plutôt léger (66 kg). J’ai uniquement roulé sur le grand plateau et avec le premier niveau d’assistance. J’ai quand même testé le petit plateau qui sera utile en montagne.
Le bilan
Ce VAE est une réussite. Il est beau, silencieux, sobre et son comportement sur route fait oublier sa motorisation. Il adopte les canons actuels de l’esthétique aéro des beaux vélos de route. En danseuse ou en relance, ce vélo reste fluide, il roule sans à-coup et répond à toutes les sollicitations. Il se comporte comme un vélo d’endurance non motorisé et son faible poids participe à cette sensation. Autour de moi, le look du vélo a séduit tous les cyclistes, y compris ceux qui habituellement ne jettent aucun regard sur les VAE. Peu de cyclistes, avec lesquels j’ai pu rouler, ont détecté que je roulais sur un VAE. Leur première réaction a été : il est beau ton vélo !

La mise en route du moteur et son utilisation, surprenante au départ, devient rapidement fluide. Le choix du niveau d’assistance via les boutons situés au sommet des cocottes est ergonomique et permet de ne pas lâcher le guidon. L’association via ANT+ avec le compteur GPS est indispensable pour suivre les paramètres du moteur : watts, niveau d’assistance sur mon Wahoo. Il manque l’affichage du niveau de la batterie qui se mesure via l’application TQ installée sur le smartphone ou visuellement par le nombre de LED qui s’allument en bout du guidon droit.


Au chapitre des choses qui m’ont moins plu : l’affichage du niveau de consommation par les LEDs situées en bout de guidon n’est pas lisible pour moi, surtout par un temps ensoleillé. Cela dit, j’ai personnellement des problèmes de vue, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Sur mon Wahoo, je peux uniquement suivre les watts et le niveau d’assistance. Une remontée de l’info sur le compteur me semble nécessaire. Par ailleurs, la sacoche est bruyante sur les routes cabossées. J’aurais apprécié également un porte-bidon avec chargement latéral, car prendre le bidon en roulant n’est pas facile : on est gêné par la présence de la sacoche.

Pour la partie cycle, j’ai apprécié le comportement des roues très performantes et la précision de la transmission. Le choix des pneus est judicieux : 34 mm en tubeless (j’ai gonflé à 3,5 bars), le confort et la tenue de route sont au rendez-vous. Reste à intégrer le prix de cette belle machine, qui la situe dans le très haut de gamme, et vous partirez sur un vélo qui pourra vous permettre de continuer à rouler avec vos amis, de partir à la conquête des cols que vous n’arriviez plus à grimper, d’affronter des sorties longues grâce à l’extendeur ou carrément de partir en itinérance en emportant le chargeur dans vos sacoches de bikepacking.
- Page fabricant : Vélo SCOTT Fastlane 10
- Prix du modèle présenté : 7 799 €






