Adris est une marque bretonne fondée en 2009, qui conçoit et assemble des vélos de route, VTT, gravel, triathlon et cyclo-cross. La gamme gravel propose 3 modèles dont l’Aventure avec sa déclinaison électrifiée. Adris propose d’intéressantes options de personnalisation : couleurs, pneus, longueur des manivelles, poste de pilotage, etc. Nous avions découvert en 2023 le modèle Aventure, cette fois nous vous proposons un retour d’expérience sur le modèle Adris E-Aventure, dans sa version AXP GRX610 Mono. (reportage photos Philippe Aillaud)
Présentation du Adris E-Aventure AXP
Grâce au système Mahle X20 Gen2 (65 Nm et 275 W), intégré au moyeu arrière, le Adris e-Aventure est censé offrir une assistance discrète et intuitive. Son cadre en carbone fait de fibres T800 et T700 devrait allier rigidité et confort. Voyons ce qu’il en est réellement.

Le vélo propose un cadre en carbone abritant la batterie dans le tube diagonal, tandis que le moteur est positionné au niveau du moyeu de la roue arrière. Il est équipé d’un groupe Shimano GRX610 à dérailleur mécanique de 12 vitesses, d’une cassette 10-45 dents et d’un mono plateau de 40 dents. Les roues sont des Mavic Allroad en aluminium montées de pneus Hutchinson Touareg en 40 mm, ainsi que d’une selle Italia SLR XCross. Les cintre, potence et tige de selle sont des composants Ikonik développés par Adris.


Le cadre et la fourche sont équipés de nombreux inserts permettant de fixer porte-bagage, sacoches de fourche et autres portes bidons.


Le cockpit intègre le passage des gaines. De ce fait, l’esthétique de ce Adris est épurée et moderne.

Adris indique un poids de 13 kg – vérifié sur ma balance pour un modèle en taille L – ce qui est léger pour un VAE !
Côté motorisation
Le moteur Mahle X20 Gen2 offre un couple de 65 Nm et une puissance de 275 W tout en ne pesant que 1,4 kg. Il dispose d’une batterie de 236 Wh, non amovible. Par ailleurs, une batterie optionnelle – extender de la forme d’un bidon de 1,1 kg – de 171 Wh de capacité augmente l’autonomie de plus de 70 %.

L’interface de contrôle, intégré au tube supérieur, offre un seul bouton de commande pour allumer et modifier le niveau d’assistance, soit trois niveaux identifiés par des couleurs différentes. Un quatrième mode est obtenu en utilisant l’application sur son smartphone. La hauteur du bar-graphe dans la fenêtre du contrôleur donne une indication du niveau de batterie.
Au roulage
Notre testeur a choisi la taille L habituelle qui lui convient bien après les réglages habituels de la selle et du du cintre. Installation de deux portes bidon afin de pouvoir s’hydrater, mais aussi d’utiliser l’extender.

Si sur le plat l’assistance électrique permet d’atteindre rapidement les 25 km/h (vitesse légale de coupure de l’assistance), elle déploie tout son intérêt dans les montées où, en bon camarade, elle vous pousse plus ou moins selon le mode d’assistance sélectionné. Et bien sûr à condition de pédaler : l’assistance est proportionnelle à la force que vous appliquez sur les pédales.
Jonglant entre fortes pluies et vents importants en ce mois de février, notre test a consisté à parcourir 530 km et gravir 7000 m de D+, mêlant route et gravel sur les pistes du sud-est de la France.
Partie cycle

Le groupe Shimano a parfaitement fonctionné dès sa sortie du carton et tout au long de l’essai sans le moindre ajustement. Le freinage est efficace, mais demande un peu d’effort par rapport à d’autres. La différence provient du système Servo-Wave absent des leviers ST-RX610 mais présent sur mes leviers ST-RX810 par exemple. Quant aux périphériques, ils remplissent parfaitement leurs fonctions en toutes discrétion et fiabilité.
Côté moteur
On retrouve le comportement du moteur Mahle : coupure progressive au dessus des 25 km/h sans à-coups, assistance en douceur et en silence. On a roulé en permanence avec le premier niveau d’assistance, mais en roulant comme avec un musculaire. Sur le plat, on atteint et maintient facilement la vitesse légale. Le poids ne se fait pas sentir. En montée c’est votre cardio qui devient le facteur limitant. Mahle ayant le bon goût d’ouvrir l’accès aux données du système, on a pu afficher sur le compteur Garmin 1030+ le pourcentage batterie, la cadence et surtout la puissance développée par le pilote. Il en ressort que si la puissance maximale sur quelques secondes est semblable avec le même niveau d’assistance en route/gravel qu’en VTT, la puissance moyenne est 25 % plus faible en VTT. Ce qui fait qu’on se « crame » plus sûrement sur route en montée, mais avec le le plaisir de rouler comme un pro, ou presque !

Le principal inconvénient du système Mahle est le fonctionnement cyclique de la sélection des modes d’assistance : chaque appui sur le bouton incrémente le mode. Mais pour le décrémenter, il faut finir le cycle. Si dans une montée un “raidard” se présente, vous augmentez le niveau d’assistance ; ensuite dans la montée toujours présente, mais moins forte. Pour diminuer l’assistance, il faut passer par son extinction, puis par le niveau 1… Une option eShifters comportant 2 boutons à fixer sur le cintre au plus près des cocottes permet de s’affranchir de cette contrainte.
Même si l’application Mahle « my Start Bike » introduit de la personnalisation, on aurait souhaité un pilotage de l’assistance non pas par niveau mais en pourcentage. Pour autant, cela reste notre avis…
Autonomie




La consommation en moyenne 200 Wh pour un peu moins de 70 km et 900 m de D+, avec au final environ 15% de batterie restant. Pour la sortie la plus longue, et en utilisant l’extender, il reste 9 % après 125 km et 1475 m de D+. Soit une consommation de 2.8 Wh/km avec du dénivelé assez conséquent. On peut donc viser confortablement une autonomie de 70 à 80 km, et 130 à 140 km avec l’extender.
Comportement
Quel que soit le terrain, le vélo se place facilement et ne présente aucun comportement « caractériel ». Nous avpnsi remarqué une direction un peu vive et un léger manque de stabilité sur nos terrains difficiles habituels. La géométrie (empattement, stack, etc.) est plus orientée route que véritablement gravel.
Le confort est globalement bon mais le surpoids du moteur dans le moyeu arrière et les rayons plus courts font que les irrégularités et les chocs sont plus transmis qu’avec une roue classique. Pour autant, le passage en tubeless permettra d’obtenir sans aucun doute un meilleur confort.
En montée sur les pistes, la présence du moteur permet de gommer les terrains dégradés, qui nécessitent habituellement un choix de trajectoire précis. Grâce à l’assistance électrique, il est plus aisé de passer les plus durs raidillons. En descente, le vélo est sain et prévisible.
Adris E-Aventure AXP : au bilan

Le Adris E-Aventure AXP remplit parfaitement son rôle de gravel avec assistance électrique : efficace, léger, confortable et doté d’un excellent rapport qualité/prix. Choisir l’option pneumatique en tubless apportera confort et grip. Finalement, Adris propose, avec ce E-Aventure AXP, un VAE gravel qui démontre une belle polyvalence, une certaine cohérence, tout en restant dans un budget maitrisé. On peut saluer également le dynamisme de la marque bretonne, qui ne manque jamais d’idées pour proposer de nouveaux modèles.
Les plus :
- comportement global agréable ;
- motorisation efficace et discrète ;
- groupe et périphériques de qualité ;
- possibilités de personnalisation.
Les moins :
- manque quelques options de personnalisation, notamment pour la taille de plateau et de cassette ;
- fonctionnement cyclique du changement de mode d’assistance, et absence d’option eShifters ;
- jauge d’énergie peu précise du fait de la dilution d’intensité entre sa teinte et la couleur de fond de l’affichage.
Modèle testé : E-Aventure AXP GRX410 Mono gris métal en taille L
Prix : à partir de 3700€
Page fabricant : https://adris.fr/collections/e-aventure



