AccueilSur le zincBrèves de comptoirComme un lundi : les belles histoires

Comme un lundi : les belles histoires

Annonce
Annonce FOCUS ATLAS

L’édito de Bike Café

Ce matin j’ai envie de vous raconter une histoire. Mais laquelle ? Il y a la « grande » histoire, celle qui raconte l’évolution humaine. Elle est essentielle à la compréhension des phénomènes actuels qui impactent les sociétés. Elle permet parfois, en scrutant le passé, d’évaluer les enjeux importants qui dessinent les voies de l’avenir. On parle souvent de refaire l’histoire, mais se refait-elle ? Il y a aussi la « petite » histoire : la nôtre, celle de nos proches, de notre famille. Cette histoire familière nourrit par ses petits ruisseaux le fleuve de la grande. Pourrait-on vivre sans ces références au passé ? Enfin il y a aussi, de façon plus légère, des histoires drôles ou anecdotiques qui se racontent sur un coin de table de café, au bureau et même sur la selle de son vélo dans un peloton… Est-ce que dans toutes ces histoires le choix d’en garder en mémoire les plus belles est une option de vie ? (Photo de Thierry Saint-Léger, chasseur d’horizons et auteur de “Vagabondages” à vélo qui ne sont pas des stories – photo TSL).

Pour ma part, l’histoire apprise à l’école était tantôt barbante ou passionnante, selon les profs qui tentaient de me l’enseigner. Je mesurais déjà qu’un même récit pouvait avoir une saveur différente en fonction du “conteur”. J’aimais les livres d’aventure, mais je préférais quand même le côté vivant de l’histoire orale, transmise par mes grands-parents qui avaient traversé deux guerres et connu des bouleversements énormes de la société. Il m’a manqué dans cette transmission familiale les histoires de vélo de mon père qui, avant-guerre, tournait sur la piste du Vel d’Hiv. Pudeur de sa part sur des souvenirs qu’il considérait sans doute comme mineurs, dans le contexte de l’époque. Aujourd’hui de telles joutes sportives alimenteraient sans doute les réseaux sociaux. En pédalant aujourd’hui sous cette pluie, je pense à tout ça et je constate que les histoires ne sont plus là à notre époque pour raconter, mais pour faire vendre. On nous a inventé le storytelling, dont l’enjeu est de scénariser des histoires spectaculaires, mais sans émotion. Cette fabrique d’images de type kleenex met généralement en valeur le vélo comme moyen de repousser les limites de soi… Cette technique est reprise par les héros numériques des réseaux sociaux. Elle contribue à des averses de « stories », coûteuses pour la planète en consommation énergétique, qui tombent et se répandent partout. Ce flux permanent disparait rapidement dans les égouts de l’oubli ou s’évapore de nos mémoires, comme l’eau sur ma route matinale qui commence à sécher. 

Les  belles histoires
Photo Philippe Chaudère

La pluie s’est arrêtée, et sur mon vélo je me dis que le thème du vélo est inspirant. Les histoires sont nombreuses et sur Bike Café nous préférons vous les raconter dans notre rubrique “Partir rouler“. Vivre une aventure à vélo est déjà une histoire. Nous aimons la technique, les nouveautés, les tendances… mais finalement l’objet vélo est avant tout un créateur d’histoires. Certains les fabriquent, mais nous préférons ceux qui les racontent avec sincérité. Thierry, que j’évoque dans cet édito, répond à un cycliste qui lui demande sur quel réseau il peut le suivre : “Je n’ai pas de Strava, mais tu peux me suivre à vélo !” Nous aimons dénicher ces auteurs discrets, qui ne sont pas sur-vendus par les algorithmes. Si vous vous reconnaissez dans cette catégorie de “cyclo-conteurs”, n’hésitez pas à nous raconter vos belles histoires. Nous leur offrirons un espace dans notre mémoire.

Patrick.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<        

Patrick
Patrick
Patrick Van Den Bossche a créé les blogs Running Café, Track & News, puis Bike Café. Curieux invétéré, observateur des tendances, il adore mettre en lumière les personnalités et les anonymes du petit monde du vélo. Il a collaboré longuement à la revue Cyclist France et affectionne la simplicité des vélos anciens ou modernes. Depuis sa découverte du gravel en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties sur route et sur chemins autour de la Sainte-Victoire. Il adore la pratique minimaliste du single speed sur route sur son vélo en acier.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Renseignez votre commentaire
Renseignez votre nom

Articles similaires

Du même auteur

Ils soutiennent Bike Café