Le fabricant français dévoilait il y a quelques semaines, sans appellation marketing pompeuse, son cuissard Matchy Ultra. Un premier cuissard taillé spécifiquement pour les pratiquants d’ultra distance. Une niche sur laquelle la marque s’était déjà positionnée en 2025, avec le maillot Ultra, qui était le tout premier à intégrer une poche d’hydratation. Curieux de découvrir si les résultats étaient à la hauteur des promesses, une mise à l’épreuve sur une course ultra distance me semblait prendre tout son sens.
Matchy est une jeune marque montante Française, qui souffle cette année sa dixième bougie. Née à Annecy, la marque s’est spécialisée dans la conception de vêtements techniques pour cyclistes hommes et femmes, avec la particularité de produire exclusivement en France ou en Italie selon des critères éco-responsables. Qu’il s’agisse de l’utilisation de matières recyclées, que du choix de tissus durables et facilement réparables. Des choix et engagements qui ont, plus que jamais, du sens.
Une philosophie que l’on retrouve naturellement dans ce cuissard. Le fabricant a opté pour un tissu Cordura extrêmement léger , en provenance d’Ardèche, de seulement 160 gr. C’est près de 25 gr de moins que le Q36.5 Dottore Pro que je testais récemment. Pour la peau de chamois, Matchy s’est associé à l’incontournable Elastic Interface, et opté pour un confort et un soutien maximal avec une densité de 300 kg/m3.



Parmi les autres éléments qui retienne mon attention, la coupe au laser au niveau des cuisses est plutôt bien vue, afin d’éviter l’utilisation de silicone. C’est souvent un élément problématique, qui vient causer des irritations, notamment lorsque les températures grimpent. L’autre bon point, c’est la présence d’un tissu en mesh respirant sur le bas du ventre, et dans le dos, pour là encore, assure une ventilation optimale.



L’une des particularités du cuissard Ultra, c’est le choix de l’intégration de 5 poches, cousues directement sur le cuissard (et non en dessous). Une double poche différenciée au niveau de chaque cuisse, et une cinquième dans le bas du dos. Les options de rangement ne manquent certainement pas. L’intégralité de l’assemblage des tissus et chamois est effectué en Italie.
En conditions
Malgré le timing plus que serré, en raison d’une annonce début mai, je proposais à Matchy de mettre à l’épreuve ce nouveau cuissard ultra lors du 9420 Challenge. Une course ultra distance de 440 km pour 9200 m de D+, qui avait lieu le 23 Mai, au tout début de la (première) période de canicule que nous avons traversés. Pour être sincère, en dehors de l’essayage initial pour valider la taille, le baptême du feu s’est directement fait le jour du départ de la course.
Un confort indéniable
Dès les premiers coups de pédale au petit matin, au départ d’Aubignan dans le Vaucluse, les sensations sont bonnes. La journée s’annonce belle, bien que difficile avec ces températures estivales. J’apprécie tout particulièrement le caractère compressif du cuissard, le maintien est vraiment exceptionnel sur des routes où le revêtement s’avère parfois un peu chaotique. Ce qui fait doucement mais sûrement, perdre en fraîcheur musculaire. Cette compression graduée, permet d’accompagner chaque mouvement avec tonicité et fermeté, sans entraver la fluidité du coup de pédale, malgré les ascensions qui s’enchaînent. L’apparition des premières crampes en tout début d’après-midi, je ne la dois pour être honnête, qu’à une mauvaise gestion de l’hydratation.

Tenue exemplaire et sensation seconde peau
Au-delà de la tenue musculaire et donc de la réduction de la fatigue, l’autre avantage du caractère compressif de ce cuissard Matchy, c’est la parfaite tenue de la peau de chamois. Aucun mouvement qui ne vienne provoquer d’inconfort. Sur du long, c’est un élément central. L’absence de silicone au niveau des cuisses est un autre point auquel je suis toujours sensible. Et je peux vous dire que lors de cette journée caniculaire dans le Luberon, ce fut un élément de confort indiscutable. D’autant plus que la gestion de l’humidité est exceptionnelle, malgré une transpiration marquée, notamment lors de l’ascension du Mont Ventoux. Le cuissard Ultra est toujours resté parfaitement sec.
Tout cela participe à offrir un réel effet second peau. Le cuissard ne fait qu’un avec notre corps. C’est une sensation que j’avais récemment eu avec le cuissard Q36.5 Dottore Pro. Mais j’avoue que Matchy va encore un peu plus loin sur ce point. D’autant plus que le contraste avec les bretelles est assez surprenant. À l’opposé de la compression au niveau des cuisses, les bretelles sont au contraire très souples et légères. Et c’est extrêmement bien vu. Le principe est d’éviter toute tension dans le haut du corps, notamment au niveau des épaules. Malgré une journée à enchaîner les côtes et cols du Luberon, c’est bien la première fois que je n’ai ressenti aucune douleur sur le haut du corps. Pendant, comme après.



Une peau de chamois Ultra endurante
Comme je l’indiquais précédemment, Matchy s’est associé à Elastic Interface pour le choix d’une peau de chamois suffisamment dense, pour supporter les longues distances. Peu de fabricants communiquent aujourd’hui ouvertement sur la densité de leurs pads. Néanmoins, avec une densité de 300 kg/m3, c’est au-dessus de certaines marques références. En termes de confort, c’est probablement l’une des peaux les plus efficaces qu’il m’ait été donné d’essayer. D’ailleurs, malgré cette densité élevée, le cuissard Matchy Ultra conserve un pad d’une épaisseur relativement fine, comparativement à mon Assos Mille GT S11. Après 25 heures passées sur le vélo, au-delà d’une selle inadaptée qu’il va falloir que je me décide à changer, ces 440 km sont passés comme une lettre à la poste. Sans aucune douleur au niveau des ischions ou le moindre engourdissement.
Des espaces de rangements bien pensés
En matière de rangement, j’ai profité du moindre emplacement offert par ce cuissard. Je suis un adepte de « charger » le maillot plutôt que le vélo lui-même. L’ajout des poches sur ce cuissard Matchy m’a donc permis de mieux répartir tout cela. La poche dorsale est notamment très pratique pour y ranger les manchettes utilisées durant la nuit.

Les poches sur les cuisses offrent des espaces de rangement surtout très pratiques pour l’alimentation. C’est un point souvent critique, puisque l’on oublie souvent de s’alimenter sur les longues distances. D’où l’importance d’avoir de la nourriture à portée de main immédiate. Le système de double poche sur chaque cuisse, est donc plutôt bien vu lorsque l’on souhaite organiser son alimentation. L’élasticité est d’ailleurs différenciée, c’est très malin. J’ai ainsi réservé ma cuisse gauche à quelques gels et sticks de maltodextrine, et ma cuisse droite aux barres et à un petit sachet de bonbons. L’idée n’est pas de surcharger, au risque d’entraver les mouvements, mais au contraire d’avoir à portée de main ce que l’on va consommer dans les deux prochaines heures.
Verdict sur le cuissard Matchy Ultra
Le cuissard Ultra de Matchy est une très belle surprise. Le fabricant Annécien a réellement tenu compte des attentes que l’on peut avoir sur des courses longues distances. Aussi bien en termes de confort que de compression.

C’est un cuissard agréable à porter durant de longs efforts. La peau de chamois est excellente, les bretelles relâchées évitent les contractions sur le haut du corps, tandis que les propriétés de gestion de l’humidité du Cordura, le rende parfait dans les conditions printanières/estivales. Un très bon niveau de technicité, mais en n’oubliant certainement pas le caractère ultra fonctionnel, ces 5 poches ne sont pas là pour faire le nombre. Elles permettent d’organiser sereinement le rangement de son alimentation et d’un vêtement léger (gilet, manchettes, gants, etc.).
Un petit coup de coeur, qui m’accompagnera très sûrement lors de la prochaine RAF 500.
Site du fabricant
Prix public indicatif : 269 €



