AccueilSur le zincBrèves de comptoirComme un lundi : c'en ETRO, je dis « pouce »

Comme un lundi : c’en ETRO, je dis « pouce »

L’édito de Bike Café

Lever le pouce est un geste ambigu dans la mesure où il peut avoir plusieurs significations. Tantôt perçu comme un signe d’approbation, c’est aussi une expression destinée à marquer un temps d’arrêt. Ce geste, qui me ramène aux jeux de la cour de récré, est un signal pour demander un arrêt. Les auto-stoppeurs l’utilisent sur le bord des routes. Pour le vélo, le mot pouce se décline en dimensions de pneumatiques depuis que cette unité de mesure est devenue commune : 16, 20, 24, 26, 27,5, 29 et maintenant 32. Du coup j’ai envie de dire pouce également pour demander une pause face à la multiplication de ces diamètres de pneus et de roues. C’en ETRO (*) ou c’en est trop, à vous de choisir ! J’ai l’impression que c’est le VTT qui a semé la pagaille. Sur la route, nous étions peinards : il y avait le marginal 650B et le 700C. Brutalement, les formats se sont mis à fleurir dans le gravel qui s’inspire de plus en plus du VTT… Vous l’avez compris, mon « pouce » réactionnaire matinal caricature cette évolution tecnico-marketing du diamètre de nos pneumatiques. Je plains les détaillants qui doivent stocker des produits correspondants pour plusieurs marques à toutes ces tailles, mais le progrès est inéluctable et le marketing redoutable. Les petites tailles sont devenues standard : 16, 20 et 24 sont généralement des « pointures » enfants qui suivent leur croissance, comme pour les chaussures (hormis les vélos pliants). 

Je vous dis "pouce"
5 filles ont réalisé 406 km en 24 heures cette année à l’occasion de la Flèche Vélocio sur des vélos pliants avec roues de 20 pouces – photo Audax Club

Pour le 26, il y a un truc spécial : c’est le format du VTT historique. C’est très « mode » de ressortir les vélos de nos débuts. Les « boomers » et les « gen » X se rappellent le bon vieux temps lors d’événements rétro en roulant sur leurs vielles montures. Le 27,5 qui a suivi le 26 est devenu pendant un moment le standard et on croyait qu’il durerait dans le temps. Traduit pour la route, ce format s’appelle 650b (b pour ballon). Au début du gravel, il a été adopté pour faire passer dans certains cadres des largeurs de pneumatiques plus confortables. Puis, tout est allé très vite : le confort, le franchissement ont dicté d’autres formats et on arrive désormais à 32 pouces. 

Je vous dis "pouce"
Pierre Cursan a construit lui même son Grand-bi pour lequel il faut une roue de 52 pouces – photo Pierre Cursan

Ce matin, sur mon single speed chaussé de 700c avec des pneus de 28 mm de large, je ne ressens pas l’envie de changer, sauf peut-être la section de mes pneus. Je pense au Grand-bi de Pierre : 52 pouces ! Je réfléchis à mon histoire vélo qui s’est déroulée sur toute ma vie cycliste sur ce même format, passant quand même du boyau de 18 aux pneus de 34. À part un passage en 650 sur mon gravel pour y mettre des pneus de 47, je suis resté fidèle au 700. Sur route, le franchissement n’est pas le sujet et le confort s’obtient par la largeur du pneu et les basses pressions. Ma réflexion matinale est faite d’étonnements sur notre capacité à innover dans le monde du vélo en partant de la base simplissime de ce qu’est un vélo. Elle me surprend, m’amuse et m’intéresse. Vous aussi sans doute, et c’est pour cela que nous en parlons sur Bike Café. Si vous voulez suivre les aventures du 32 pouces comme nous vous l’avons déjà proposé avec Caminade, un précurseur du gravel français, ce sera bientôt à suivre sur notre site. 

(*) ETRO : L’ETRTO, ou European Tyre and Rim Technical Organisation, est un organisme qui établit des normes techniques pour les pneus et les jantes en Europe. Le but principal de l’ETRTO est de standardiser les dimensions et autres spécifications techniques afin de faciliter le choix des pneus.  

Patrick.  

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Patrick
Patrick
Patrick Van Den Bossche a créé les blogs Running Café, Track & News, puis Bike Café. Curieux invétéré, observateur des tendances, il adore mettre en lumière les personnalités et les anonymes du petit monde du vélo. Il a collaboré longuement à la revue Cyclist France et affectionne la simplicité des vélos anciens ou modernes. Depuis sa découverte du gravel en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties sur route et sur chemins autour de la Sainte-Victoire. Il adore la pratique minimaliste du single speed sur route sur son vélo en acier.

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