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Comme un lundi : être cycliste ?

L’édito de Bike Café

Ce matin sur mon petit vélo, je me posais cette question existentielle : est-ce que je suis un vrai cycliste ? Il était temps pour moi de chercher la réponse. Peut-on définir ce qualificatif ? C’est quoi être cycliste ? Rentré à mon bureau, je lance une recherche sur Internet et je trouve un ancien billet d’Olivier Razemon publié sur son blog. Il nous propose trois définitions du mot cycliste. Est-ce que je pourrais me reconnaître dans l’une d’entre elles ? J’ai éliminé immédiatement la première : “le cycliste est un coureur“. Même si cette définition est toujours celle que l’on peut lire dans le Larousse, elle n’est pas la mienne. D’ailleurs, comme un signe des temps, je n’entends plus cette injonction moqueuse : « Baisse la tête, tu auras l’air d’un coureur… ». La deuxième définition, proposée par Olivier, est d’ordre vestimentaire. Qui aujourd’hui appelle encore « cycliste » notre cuissard ? Peut-être les coureurs à pied qui l’ont adopté, mais pour ceux qui roulent à vélo cette pièce de vêtement technique est un cuissard. J’en déduis que ce n’est pas non plus le vêtement qui définit celui qui le porte, l’habit ne fait pas le moine. Dans sa troisième tentative, Olivier nous dit : « Le cycliste est une personne comme vous et moi. » Mince, là encore je n’arrive pas à me situer dans cette case, car même si j’aime le vélo comme beaucoup, je ne me sens pas être comme les autres. (Sur une ancienne randonneuse en acier des années 70 devient-on un cycliste ? – self photo Patrick VDB)

Les Bacchantes
Les Bacchantes… Cyclistes solidaires de la lutte contre le cancer de la prostate (photo Jérôme Armand)

Pourquoi est-ce que je ressens une telle difficulté à me situer dans une pratique cycliste normée, une catégorie, un groupe ? Je me pose souvent la question car finalement je me sens loin des rites, des règles, des contraintes, des habitudes… qui s’imposent si on veut entrer dans une case. Je n’arrive pas à m’intégrer durablement aux pelotons : je pioche à droite ou à gauche des moments variés de vélo qui me font douter d’être un cycliste. Je ne m’intègre pas avec les plus âgés (ceux qui ont mon âge), que je trouve généralement nostalgiques et peu curieux de l’évolution du vélo. Avec les plus jeunes, c’est réglé, je ne peux plus les suivre. Je suis le cul entre deux selles. Après quelques tentatives de socialisation cycliste, j’ai lâché l’affaire, préférant partir le matin à 6 h si j’en ai envie, préférant roulotter si je veux regarder le paysage, me déchirer dans une bosse si je veux… Je pratique un cyclisme semi-solitaire, même si j’aime les gens et les cyclistes en particulier.

Être cycliste
J’aime aussi le ride en groupe organisé par un club Strava – article pour le hors serie Gravel de Cyclist

Dans ma pratique singulière, je rencontre sur les routes des cyclistes comme moi qui échappent aux définitions. J’aime les rencontrer sur le vélo et échanger avec eux sur quelques kilomètres. J’aime aussi le ride en groupe organisé par un club Strava qui me fait découvrir un nouveau parcours. J’aime mettre le sport, et le vélo en particulier, au service d’une cause sociale. Est-ce que je suis un vrai cycliste ? Je n’ai pas trouvé comment me définir. C’est sans doute ce qui me pousse à butiner, en quête de ma personnalité. Cette éternelle recherche aiguise ma curiosité et la seule certitude que j’ai aujourd’hui c’est que je suis quelqu’un qui aime le vélo. 

Patrick.  

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Patrick
Patrick
Patrick Van Den Bossche a créé les blogs Running Café, Track & News, puis Bike Café. Curieux invétéré, observateur des tendances, il adore mettre en lumière les personnalités et les anonymes du petit monde du vélo. Il a collaboré longuement à la revue Cyclist France et affectionne la simplicité des vélos anciens ou modernes. Depuis sa découverte du gravel en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties sur route et sur chemins autour de la Sainte-Victoire. Il adore la pratique minimaliste du single speed sur route sur son vélo en acier.

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