On l’attendait avec impatience : Lapierre arrive enfin en 2017 sur le gravier avec son modèle de Gravel Bike le Crosshill. Nous avons pu tester cette nouvelle machine sur les sentiers rugueux de trois massifs : la Sainte-Victoire, la Sainte Baume et les Maures lors d’une traversée entre AIx-en-Provence et Fréjus. 220 km sur différents revêtements : pistes, sentiers, petites routes défoncées, … et routes bien bitumées.

Les présentations

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photo ©Jean-Luc Armand

Le Crosshill 500 ne passera pas inaperçu … sa robe est plutôt voyante et si vous laissez votre vélo dans un champ couvert par de hautes herbes pas de soucis pour le retrouver. Je trouve son look assez réussi dans l’ensemble, et il affiche une image plus « nature » qu’urbaine. Il évoque assez bien le côté « vélo plaisir » et dénote un peu de ce que l’on peut voir dans la catégorie « Gravel Bike » où les vélos arborent des couleurs plus sobres.

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Ses formes sont courbées pour offrir plus de solidité – photo ©Jean-Luc Armand

Le cadre est en alu (Supreme 5) multi-butted. Ses formes sont courbées pour offrir plus de solidité. Une belle « bosse » sur le dos nous rappelle un peu le modèle Enduro de la marque et des haubans arrières sont légèrement arrondis. Le tube horizontal vient se rattacher à une douille de direction assez haute pour offrir une position de conduite de type « endurance » plutôt haute. Les bases et haubans du cadre sont équipés de visseries qui permettent la fixation de porte-bagages pour transformer votre Gravel en « grand voyageur ».

La fourche est en carbone comme beaucoup de modèles de ce type pour réduire les vibrations et diminuer légèrement le poids de l’ensemble.

Des axes de roues traversants de 12 mm, hérités du VTT, viennent sécuriser le serrage des roues Lapierre Aero disc de section 19 mm chaussées de pneus Schwalbe G-One de taille 35. Vous pourrez sans hésiter charger le vélo : ça tiendra.

Des freins à disques hydrauliques Shimano (160 à l’avant et 140 à l’arrière) viennent compléter l’équipement très cohérent de ce vélo.

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Le modèle testé est le Crosshill 500 équipé en Shimano 105 – photo T&N

Le modèle testé est le Crosshill 500 équipé en Shimano 105 avec 50/34 et une cassette étagée de 11 à 32. Il existe un modèle 300 équipé en Tiagra doté des même rapports. Nous l’avons équipé de sacoches de cadre Apidura fournies par Velocoop pour une sortie itinérante sur 3 jours.

Le test …

Mauvaise pioche à la livraison le vélo qui a été envoyé est un XL : trop grand pour moi … erreur du service logistique ! … Tant pis on va faire avec, car nous partons demain pour 220 km en 2 étapes suivi d’un retour sur Marseille en TER et nous n’avons pas le temps de mettre au point un plan « B ».

Le réglage se fait la veille lors d’une sortie de 2 heures majoritairement sur route vers l’aqueduc de Roquefavour. Il convient particulièrement de régler l’inclinaison du guidon afin de bien positionner les cocottes pour une bonne prise en main du vélo. D’emblée, je sens un truc bizarre à ce niveau-là : une sorte de méplat sous le caoutchouc de la cocotte des leviers Shimano … La prise en main n’est pas très agréable car elle gêne la prise naturelle qui est plutôt arrondie.

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Une sorte de méplat sous le caoutchouc de la cocotte des leviers Shimano … photo ©T&N

Nous prenons un petit chemin de vigne pour voir comment les pneus accrochent : nickel … Les pneus Schwalbe G-One (une référence en matière de Gravel) avec leurs petites pastilles « sifflent » légèrement sur le bitume … ce bruit n’est pas désagréable et reste discret par rapport à des pneus de VTT.

7 h du matin départ d’Aix où nous allons trouver notre premier secteur Gravel aux pieds de la Sainte-Victoire. Malgré le problème lié à la taille le vélo est agréable. Équipé de sacoches type « bikepacking » et avec deux bidons bien pleins il a pris du poids. Ce n’est pas pour le gêner sur les premières pentes gravillonnées. Première descente bien gérée pour redescendre vers la route Cézanne.

Erreur d’inattention de ma part, je me retourne pour voir si mon camarade Pierre est bien derrière … patatras je plonge dans le trou d’un fossé face à une buse en ciment … Dur baptême pour le Crosshill et plus de peur que de mal … Le mec et le vélo ressortent du fossé cabossés. On sort les pansements on redresse les cocottes de frein et on continue. La patte de dérailleur a été légèrement tordue, on fera de la mécanique à l’étape ce soir car nous n’avons pas la clé à molette pour la détordre. Le 32 ne passera plus de la journée …

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La patte de dérailleur sera redressée pour permettre le passage de toutes les vitesses – photo ©T&N

Le vélo est agréable et les seuls petits défauts que je remarque sur cette première étape sont : la selle qui comporte de petite striures sur la moitié gauche du bec qui m’attaquent le fessier … L’autre détail est le diamètre assez faible du guidon couvert d’une seule couche de guidoline. J’aime bien avoir un diamètre de cintre généreux qui me permet de mieux le tenir. C’est un peut comme le grip d’une raquette de tennis trop petit ce n’est pas bon et à l’inverse trop gros non plus … là c’est trop petit et il manque une couche amortissante. Par contre j’apprécie les pneus qui montrent une belle polyvalence : bonne accroche sur les sentiers et pas trop de perte de rendement sur la route et bonne tenue en virage.

Sur le deuxième jour nous aurons plus de pistes sur les hauteurs des Maures. Montée à Notre-Dame des Anges, le 32 est revenu m’aider car on a détordu la patte de fixation et les vitesses jouent toute la gamme. Cette deuxième étape sera un bon test pour le freinage …

L’hydraulique il n’y a que ça de vrai. Franchement belle progressivité, pas de blocage et moins de fatigue dans les descentes longues. Quand je pense que certains critiquent encore l’efficacité des disques, je suis étonné car pour ma part je ne ferais plus sans sur ce type de terrain …  La fourche absorbe bien et l’ensemble avant est bien rigide. L’axe traversant donne une « âme » à cette roue.

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photo ©T&N

Le vélo trop grand pour moi, avec sa potence démesurée pour ma taille, me procure moins d’agilité et je suis trop couché sur la machine. Je demande à voir la tenue de route avec un vélo à ma taille et j’ai bien envi de compléter cet essai plus tard avec une taille M. Le comportement du vélo est sain et sans surprise. Dans les passages en force en danseuse le cadre reste bien rigide : pas de déformation.

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Port Fréjus – photo ©T&N

On arrive à Port Fréjus sans une crevaison et en dehors de mon problème de selle je descends du vélo comme si j’avais fait un petit tour derrière chez moi. Il est vrai que l’on était en mode « balade plaisir et découverte » qui pour moi est la vocation principale de ce type de vélo. Par sa polyvalence ce modèle séduira les cyclistes lassés par les sorties « bourrin » au milieu de la circulation automobile. Le petit chemin à droite de la route sera pour vous et l’aventure pourra commencer.

Lapierre a pris son temps pour venir sur ce créneau avec un vrai Gravel et pas un vélo de CX bidouillé. Il est préférable de prendre son temps pour sortir un produit qui colle réellement à l’usage. Cette prudence s’avère payante car le Crosshill affiche un vrai caractère de Gravel Bike.

Je verrais bien ce vélo évoluer vers un mono-plateau. Ses gènes venant du VTT n’auraient rien contre et on gagnerait en souplesse d’utilisation en relance permanente. D’ailleurs, au cours de ce test, je n’ai que rarement passé le 50 tant le croisement marchait bien et qu’il me simplifiait la manoeuvre dans les terrains cabossés dans lesquels il faut jouer avec les rapports en permanence.

Point forts

  • A l’aise sur tous les terrains
  • Peut accueillir des pneus jusqu’à 50 sans risquer de bourage de boue au niveau des passages de roues
  • Axes traversants de 12 mm permettant d’envisager de bonnes charges et un usage sur des sentiers qui secouent bien
  • Très bon freinage avec des freins hydrauliques Shimano

Points faibles

  • La selle
  • La forme des cocottes de frein

Modèle 2017 les tarifs ne sont pas encore publiés.

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