LOGOCYCLE

Ceux qui suivent un peu mes billets sur www.bike-café.fr savent que j’aime bien lire. J’aime bien écrire aussi, et écrire sur les livres que je lis. Sinon, le billet que vous lisez en ce moment, n’existerait pas.

J’aime tellement écrire (j’en profite pour faire un peu d’auto-promo) que j’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai deux livres en cours d’édition, parutions prévues au printemps 2019. Promis, je ne vous ferais pas de billet sur la lecture de mes ouvrages. J’aurais un peu l’impression d’être comme un candidat aux élections présidentielles, pris en photo juste après avoir glissé son bulletin dans l’urne. Et la question qui est sur toutes les lèvres, mais que personne n’ose poser (la poser serait anti-démocratique) : « Mais, pour qui a-t-il bien pu voter ? »

French presidential election candidate for the En Marche ! movement Emmanuel Macron (L) casts his ballot at a polling station in Le Touquet, northern France, on April 23, 2017, during the first round of the Presidential election. / AFP PHOTO / POOL / Eric FEFERBERG
AFP PHOTO / POOL / Eric FEFERBERG

Dans la même veine, ce billet sur Cycle! Magazine peut vous paraître un peu incongru, vu que Patrick le rédacteur en chef de Bike Café est aussi un des contributeurs à ce magazine. Vous pouvez donc légitimement vous dire que bike-café.fr, en évoquant Cycle! Magazine, fait sa propre promotion. Je mets donc tout de suite les deux pieds dans le plat :

  • Non, Patrick ne m’a pas sollicité pour écrire un billet sur Cycle! Magazine.
  • Oui, c’est moi qui lui ai proposé ce billet.
  • Non, Patrick n’est pas rémunéré au pourcentage des ventes dudit magazine.
  • Non, je ne suis pas rémunéré par Patrick pour le brosser dans le sens du poil.

Les choses étant posées, parlons donc de ce Cycle! Magazine. Commençons par parler publicité, pour une fois. Il faut peut-être tout d’abord essayer de définir ce qu’est un magazine. Je croyais qu’un magazine était un assemblage de publicités entrecoupées par quelques articles. Ces mêmes articles, comme par un heureux hasard, vantant les qualités du produit vu en publicité quelques pages plus loin. Je croyais cela, jusqu’au jour où j’ai découvert des magazines parlant de vélo comme « 200 le vélo autrement » ou « Cycle! Magazine ».

Sur ce dernier, j’ai cherché, cherché encore … et je n’ai trouvé, en tout et pour tout, qu’une seule page de publicité. Une page, c’est tout ! … Et vu l’annonceur de ce dernier numéro, je doute qu’il dispose d’un budget pub lui permettant d’investir une fortune en échange de cette pleine page. À noter que Cycle ! Magazine, à contrario de 200 le vélo autrement, ne présente même pas une petite sélection de la rédaction du matériel qui va bien, qui pourrait être perçu, par les esprits chagrins, comme du publi-rédactionnel.

Donc soit je revoie ma définition d’un magazine, soit Cycle! Magazine doit réfléchir à se choisir un autre nom en retirant le qualificatif de magazine … ou pas ! … Mais tout ceci n’est qu’une question d’appellation et ça ne change pas grand-chose au fond, ni à la forme de cette publication. Je le dis haut et fort, Cycle! Magazine est une formidable proposition culturelle autour du Vélo.

Cycle! magazine n’est pas un magazine,
mais un objet culturel

N’ayons pas peur des mots, puisque l’éditeur de ce magazine, Rossolis pour le nommer, est au départ une maison d’éditions. Elle édite des livres qui évoquent le voyage, la nature, la randonnée, le vélo aussi. Cycle! magazine est initialement une publication Italienne, Rossolis propose la version française. Ce n’est pas un copié-collé mais bien une version singulière qui évoque le vélo transalpin parfois, qui parle du vélo en France beaucoup.

Autour du vélo

La ligne éditoriale de Cycle! magazine consiste à donner la parole à ceux qui font le Vélo. Qu’ils soient des cyclotouristes, qu’ils soient compétiteurs sur les Crits, qu’ils aiment le gravel, qu’ils soient fabricants, … Peu importe, la parole est donnée à ces acteurs et leur plume semble libre. Chaque auteur s’exprime comme il le souhaite, avec le langage qui lui correspond. À ce titre, le dernier numéro qui m’a accompagné dans un vol transatlantique (Paris-Montréal, puisque vous le demandez) est un pur bonheur à lire.

Pour la diversité des sujets proposés avec par exemple un saut en arrière de 50 ans, sur le thème de mai 1968 et le mouvement protestataire et libertaire hollandais PROVO.

Provo vélos blancs
Le Plan vélo blanc est une action emblématique du mouvement Provo. Cela consiste à mettre à disposition des citoyens des vélos blancs, la police les confisquera sous prétexte qu’ils n’ont pas d’antivol et que cela incite au vol. (source Renversé)

Où en résumé, et pour simplifier, quand en France on balance des pavés en Hollande on préfère peindre des vélos en blanc. C’est beau et ça ne s’invente pas.

Cycle! Magazine
Cycle! Magazine pages 52 – 53 un article de Fuego

Un peu plus loin, Fuego, c’est comme ça qu’il signe son papier, nous décrit son aventure en tant que média pour couvrir le Tour de France, autrement. Un aperçu de la production vidéo de Fuego sur Vice. Un langage fleuri, une aventure visiblement très Rock’n Roll.

Un peu de fraîcheur et de jeunesse pour dépoussiérer ce monde du vélo de route, tout de même très ancré dans la tradition. Un ton et une aventure très différents du récit de François Paoletti. Qui caresse les pédales et la plume et oublie ses bidons quand il part sur plus de 200 km. C’est ballot !

Cycle! Magazine
Cycle! Magazine pages 126 – 127 François Paoletti

Si vous êtes « mono-gamme » dans votre pratique du vélo, alors Cycle! magazine n’est peut-être pas fait pour vous. Par contre, si vous prenez le vélo comme un tout, comme univers à part entière : le vélo est un moyen de locomotion, un objet d’évasion, une affirmation de soi, un moyen de transport, un outil de découverte, un sujet de société alors offrez-vous ce magazine et élargissez votre champ de vision.

À dessein j’utilise le verbe « offrez-vous », car l’absence de publicité induit un coût : 14 € le numéro de 160 pages quand même (dont une seule de pub). C’est relativement cher pour un magazine, mais comme je viens de vous l’expliquer, Cycle! magazine n’est pas un magazine mais un objet culturel. 14 € c’est le prix d’un livre, sans photos. Donc 14 €, finalement, ça va. (c’est quand même cher). À ce prix-là, une fois que vous l’avez lu, ne le jetez pas, mettez-le dans votre bibliothèque, vous êtes un esthète.

Vous pourriez aussi ajouter ceci dans votre liste au Père Noël : un abonnement pour 1 an, soit 4 numéros à Cycle! Magazine. Pour ma part, j’aime bien le trouver chez mon vélociste.

Bonne route.

PS : si vous voulez un commentaire sur l’article Gravel écrit par Patrick et Dan de Rosilles, envoyez-moi un MP, je vous dirais en privé tout le mal que j’en ai pensé!

Cycle! Magazine
Cycle! Magazine page42 – 43 Dan de Rosilles et Patrick Van Den Bossche

5 COMMENTAIRES

  1. On dirait que « 200, le vélo autrement » fait des émules…. Et c’est tant mieux, comme ça , il y en a pour tout le monde.
    A quand une revue sur le « vélo autrement », vélo couché et trike par exemple !

  2. Hello Guy, je ne suis pas certain que l’on puisse dire que « 200, le vélo autrement » ai véritablement inspiré Cycle! magazine. A en croire l’histoire, ces magazines ont à peu près le même âge. Et je ne vais pas m’amuser à essayer de retrouver lequel est paru le premier. Mais il semblerait plutôt que l’arrivée de ces magazines correspondent à une évolution du monde du vélo et de leurs pratiquants. Selon moi ces deux magazines ont chacun leur ligne éditoriale, chacun leur univers et leurs histoires à raconter. Ils ont sans doute un noyau commun de lecteurs. Pour ce qui est du trike ou du vélo couché, je ne suis absolument pas persuadé qu’il y ait un marché suffisamment étoffé pour un trimestriel pérenne sur ces sujets (je peux me tromper). Il n’empêche qu’il y a des pratiquants et donc probablement une demande. Le déclic viendrait de pratiquants qui ont des histoires à raconter. 200 le vélo autrement est parti de là. Si tu fais parti de ces pratiquants avec des histoires à proposer, je te recommande de proposer des sujets aux rédactions de 200 ou Cycle! magazine. Ils seront peut-être attentifs et près à publier. Ce serait un début.

  3. 200 : numéro 1, été 2014 http://www.200-lemagazine.com/le-magazine/
    Cycle!magazine, n°1, décembre 2013. http://cyclemagazine.fr
    Sujets et auteurs sont souvent les mêmes, mais le style d’écriture et de présentation en font deux lectures très différentes. 200 est rapide et vivant, Cycle! est lent et élégant, écriture soignée, photos superbes et maquette très soignée. Cycle! est en effet un objet de collection, 200 un magazine dont on peut faire un rouleau dans un sac. J’ignore si les lecteurs sont partiellement communs, mais j’en suis. Les deux ont un stand au Festival international du voyage à vélo les 19 et 20 janvier prochain, et Patrick y sera (?).

  4. Merci pour ce commentaire Isabelle. A propos de 200, que je suis fidèlement depuis le n°1, aujourd’hui je regrette d’avoir jeté ces numéros!
    Je ne sais pas si Patrick sera au Festival international du voyage à vélo, j’y serais et serais ravi de vous rencontrer, j’imagine que vous y serez.
    Jérôme

  5. Allez ! oui j’y serai, et pour me trouver … beaucoup de gens me connaissent… Mais cette fois je n’y ai pas de responsabilités, ce qui fait que je me suis offert TROIS séances. Donc en usant du texto ou en enquêtant … Petit secret, le mieux pour me trouver est de m’attendre à la sortie d’une séance. [la suite ne sera pas publique !]

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