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Changement de braquet pour Origine qui dévoile sa nouvelle usine de 7.500 m2

La croissance des Cycles Origine, portée par le succès de ses vélos, a amené la marque nordiste à s’installer dans une nouvelle usine adaptée à la mesure de ses ambitions. Satisfaire ses clients, produire dans les délais et dans le respect de l’environnement : tels sont les principaux objectifs de ce nouvel outil industriel. Pour cette marque née dans un garage, qui s’était ensuite installée à Somain sur 2200 m2, c’est un grand pas franchi en peu d’années. Une telle réussite en France dans le monde du vélo est rare. C’est avec énormément de plaisir que l’équipe de Bike Café a découvert sous la neige, cette magnifique usine bourrée de technologies, qui va permettre à Origine de franchir une nouvelle étape dans son développement. (Textes Patrick & Matthieu – Photos Philippe Aillaud – Vidéos Jérôme Armand)

Retour aux origines

Le passé d’Origine est récent : c’était hier ! Dix années, à l’échelle de la création d’une marque connue et reconnue, c’est presque rien dans un monde du vélo relativement conservateur. Rémi Lefèvre, co-fondateur et directeur général de la marque nordiste, nous le rappelle au micro de Bike Café : « On a commencé en mode start-up dans un garage pas très loin d’où nous sommes maintenant. Nous n’avions qu’un seul cadre route, lAxxome, sur lequel on avait tout misé. Nous n’avions pas d’argent pour la comm’, le marketing… il fallait se débrouiller. Quand on est arrivé dans notre bâtiment de Somain, nous étions 6 collaborateurs, perdus dans les 2200 m2. Un peu avant la pandémie de Covid, nous étions 25. Nous sommes aujourd’hui 100 collaborateurs et notre objectif est de doubler nos effectifs à l’horizon 2026/2027. Cette nouvelle usine va nous permettre d’atteindre cette prochaine étape« . La saga d’Origine est déjà une belle histoire et comme le mentionne Rémi, cette belle usine toute neuve, située à Rouvignies, près de Valenciennes, non loin du garage des débuts, marque un retour symbolique à des origines pas si anciennes que ça.

Enregistrement vidéo Jérôme Armand
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Bike Café, né à peu près à la même époque, a suivi avec intérêt le développement d’Origine. Patrick avait testé la première version du Graxx en 2019. Hugo avait réalisé la visite de l’usine Origine de Somain en 2020 à l’occasion du test du gravel Origine Trail en aluminium. Matthieu l’avait suivi peu de temps ensuite la même année pour un autre sujet. Ces 10 années passées pour atteindre l’installation de ce nouvel outil industriel ont été passionnantes. En partant d’un unique cadre route, il a fallu diversifier une gamme, aujourd’hui complète avec de la route, du VTT, du gravel, de l’électrique et même un vélo d’enfant (draisienne 12 pouces), pour devenir une marque reconnue dans le monde du vélo. La prochaine étape sera de développer sa notoriété à l’international, qui représente seulement 10% du chiffre d’affaires actuel. Ce développement se fera sur des pays proches, afin de conserver le modèle actuel de construction des vélos à la commande et pour maintenir la qualité et les coûts de livraison.

Une usine moderne de 7.500 m2 qui a nécessité 2 années de travaux

Une usine neuve c’est à la fois un projet architectural mais aussi industriel, qui offre la possibilité de repenser sa production. « L’investissement a été important et même majoré de 25% par rapport à une usine aux normes standards. Nous avons voulu un outil qui aura un impact minimum sur l’environnement et utilisant le minimum d’énergie », précise Yves Amiel, co-fondateur de la marque.

C’est Alexandre Philippart qui a été le chef de projet de cet ambitieux projet. Il nous avouera que pendant 2 ans, il n’a pas vraiment eu le temps du faire du vélo. Des fondations creusées en 2022 à ce début 2024, il n’a pas fallu ménager son temps pour suivre les différentes phases du projet.

Interview Matthieu Amielh, vidéo Jérôme Armand
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« On a repensé tout notre processus industriel pour pouvoir mieux produire et coller au business plan des cinq prochaines années. La question était de savoir comment on pourrait augmenter notre productivité, tout en gardant notre qualité sur le process de la peinture. Avant 2024, nous réalisions de façon 100% manuelle l’application des trois couches : primaire d’accroche, application de la base durcie et du vernis. Aujourd’hui, nous avons décidé d’automatiser et standardiser la partie primaire et vernis. Ce sont les deux parties les plus importantes du process et donc pour cela, nous avons robotisé ces deux applications« , explique Alexandre Philippart.

Pour l’instant, 99% de la partie concernant l’application du primaire est réalisée. La partie vernis est en cours pour affiner les réglages des robots qui appliqueront de façon reproductible la bonne épaisseur et le même « tendu ». L’usine est neuve et ses 3 cabines de peinture sont opérées par 5 peintres qui vont assurer la cadence de production de 30 à 35 vélos/jour.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Le stockage – photo Philippe Aillaud

Le stockage est également au coeur du fonctionnement, en aval de la chaîne de montage. Réaliser un automatisme comme on en voit chez Amazon serait inapproprié et représenterait un coût énorme. Une réflexion est engagée pour automatiser le picking, mais la forte contrainte réside dans le fait qu’Origine assemble des vélos à la carte, via un puissant configurateur en ligne. Chaque vélo est différent, donc chaque lot d’équipements est forcément différent. Pour l’instant, l’approvisionnement est réalisé comme une préparation de commande dans les grandes surfaces. Un chariot pour 5 vélos à monter qui viendra livrer aux pieds des postes de montage, tout l’équipement du vélo. C’est pareil pour les roues qui disposent désormais de beaucoup plus de place qu’à Somain, pour le montage manuel réalisé au cœur même de l’usine. Après contrôle le vélo monté va suivre le cheminement automatisé dans l’atelier, pour arriver à la zone de préparation de l’envoi au client (voir le final de la vidéo de notre parcours de visite).

Origine soigne sa politique RSE : une nouvelle usine « propre »

Pour ce nouvel outil industriel, le projet ne réside pas uniquement dans un gain de productivité, l’ambition est effectivement de produire plus, mais également de produire propre. La réflexion a été globale : elle va de comment sont expédiés les vélos aux clients et comment l’usine est approvisionnée par ses fournisseurs, comment fait-on pour appliquer les peintures sur les vélos en évitant la perte et donc les déchets, comment on recycle cartons et autres emballages…

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Produire plus, mais également de produire propre. On aperçoit le toit de l’usine qui éclaire et alimente en énergie le bâtiment – photo Origine

Pour le reste, l’usine située à proximité des axes de transport réduit l’impact carbone de son activité. Le bâtiment a intégré les plus récentes technologies pour faire baisser au maximum sa consommation énergétique. Un système d’automatisation des volets de protection solaire est installé sur le toit, pour faire varier l’orientation des lamelles en fonction de l’ensoleillement. « Sur le toit, nous avons plus de 1000 panneaux solaires pour rendre l’usine auto-suffisante en électricité ainsi qu’une station météo qui pilote l’ensemble du système…« , précise Rémi Lefèvre, lors de l’interview qu’il nous a donnée. Jusqu’aux poubelles, que nous avons observées dans les couloirs, la prise en compte des préoccupations écologiques est présente. C’est bien réel : ce n’est pas du greenwashing !

Vidéos : Jérôme Armand et Patrick Van Den Bossche

La R&D, au coeur du développement d’Origine

Tous les cadres Origine sont issus du travail conjoint et d’aller-retours entre le bureau d’études et l’équipe de design. Dix personnes travaillent à temps plein au département études et design, soit 10 % de l’effectif global d’Origine.

L’équipe de design, située au premier étage de l’usine, travaille sur les formes du nouveau cadre. Une fois la première ébauche validée, le cadre est conçu numériquement par le bureau d’études sur des logiciels spécifiques de dessin, permettant d’avoir des aperçus en 3D sous tous les angles. Cela permet de valider les dégagements (passage pour les pneus, les angles…) et de définir une première géométrie.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
La CAO permet de visualiser le vélo en 3D sous tous les angles et dans les moindres détails. Photo : Origine.

Vient ensuite une phase de prototypage. Les cadres et fourches sont imprimés par petites pièces sur des imprimantes 3D, puis collés afin de vérifier la forme globale du vélo, mesurer les dégagements nécessaires et valider l’esthétique du cadre. L’impression 3D permet d’économiser des coûts importants, notamment sur la fabrication de moules.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Au premier plan, un cadre et sa fourche issus de l’impression 3D, qui donneront naissance au futur cadre carbone, derrière. Photo : Philippe Aillaud

Les cadres sont ensuite testés, via des méthodes de simulation numériques (éléments finis), permettant d’appliquer des efforts mécaniques, de mesurer les contraintes et les déformations engendrées. 

« Le cadre est découpé en des milliers de petits éléments. A chaque noeud de chacun de ces éléments, le logiciel vient calculer la contrainte et la déformation. Un calcul peut prendre jusqu’à plusieurs jours selon la finesse du maillage », précise Pierre Elbel, ingénieur en conception mécanique et responsable du Bureau d’Études.

Les contraintes mesurées doivent respecter les valeurs de la norme ISO (par exemple, sur le test de choc frontal) afin que le vélo soit autorisé à être vendu sur le marché. De nombreuses itérations sont nécessaires, avant d’aboutir à la forme finale du vélo qui sera produit.

Ce travail est plus complexe sur la conception d’un cadre de VTT puisqu’il faut prendre en compte les déplacements de la fourche et de la suspension (cinématiques), qui vont engendrer des contraintes supplémentaires sur le cadre. Bike Café a pu ainsi voir les premières esquisses 3D d’un futur VTT Trail, qui sera dévoilé cette année.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Origine, c’est aussi une gamme de VTTs qui devrait s’enrichir cette année – Photo : Origine

Une fois la forme finale validée au niveau géométrie et mécanique, le moule final, qui permettra sa production, pourra alors être fabriqué. Chaque vélo Origine est issu d’un moule développé à 100 % en interne, avec une « recette » (lay-up) définie par le fabricant nordiste.

Origine propose aussi une gamme complète de roues Prymahl, carbone et aluminium, avec la famille Orion pour la route, Véga pour le gravel et Polaris pour le VTT, avec la possibilité de s’équiper d’un moyeu dynamo Son pour alimenter un éclairage. 

Le bureau d’études travaille aujourd’hui sur de nombreux développements : nouveaux vélos, nouvelles pièces… nous vous en dirons plus dans les prochains mois !

La préoccupation n°1 d’Origine : un service client irréprochable

Pour Rémi Lefèvre, la satisfaction et la relation avec le client sont des préoccupations majeures d’Origine. De plus en plus de marques, y compris celles qui ont un réseau de distribution, se mettent à commercialiser leurs productions par Internet et dans ce domaine il faut être irréprochable pour se démarquer. Pour Origine, cela va de toute la partie conseil que la marque assure en direct avec ses clients pour les aider à choisir, jusqu’à la qualité du carton de livraison et le respect des délais pour cette étape finale. Le SAV n’est pas oublié et récemment Origine a mis en place un dispositif de visio-conférence pour être encore plus proche de ses clients.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Le conseiller technique aide le client final à choisir le meilleur vélo par rapport à ses besoins. Photo : Origine.

Pour les clients intéressés par l’achat d’un vélo Origine, mais ne pouvant pas se déplacer à Rouvignies, il est possible de prendre rendez-vous avec un des experts techniques de la marque pour réaliser une visio-conférence.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Un conseiller technique Origine répond aux questions d’un client. Photo : Origine

Ce dernier assistera le cycliste dans le choix du bon modèle, lui proposera d’assister à l’assemblage des vélos dans la zone de production, de visualiser les couleurs des vélos en production pour avoir une meilleure idée du rendu final du vélo ou répondra simplement à toutes ses questions sur le choix d’une taille de potence, de cintre, d’une transmission ou le choix d’un vélo électrique ou musculaire. Plus d’informations sur la visio-conférence dans la vidéo ci-dessous.

Cliquez sur le lien suivant pour retrouvez le calendrier 2024 de prise de rendez-vous pour une visio-conférence.

Visite de la nouvelle usine des Cycles Origine
Le superbe show-room offre une vue plongeante sur l’atelier de montage – photo Origine

La nouvelle usine pourra également accueillir ceux qui veulent venir sur place pour voir les vélos dans le superbe show-room, qui offre une vue plongeante sur l’atelier de montage. Dans les projets d’aménagement, il est prévu d’implanter sur l’immense terrain de presque 4 hectares, un parcours d’essais des vélos pour les clients qui viendront ici à Rouvignies. Lors de notre visite, nous avons rencontré un client, accompagné par sa femme, venu pour choisir son prochain VTT. Un conseiller technique lui présentait le vélo et répondait à ses questions. La notion de service est ancrée dans les gènes de la marque, nous l’avons véritablement senti aux différentes étapes de notre parcours de visite.

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Patrick
Patrick
Aix-en-Provence - Après la création de Running Café, la co-fondation de Track & News Patrick remonte sur le vélo en créant Bike Café. Il adore rouler sur route et sur les chemins du côté de la Sainte-Victoire. Il collabore en freelance à la revue Cyclist France. Affectionne les vieux vélos et la tendance "vintage". Depuis sa découverte du gravel bike en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties "off road" dans sa belle région de Provence.

26 COMMENTAIRES

  1. J’aime beaucoup Origine, ayant un Graxx dont je suis très satisfait. Toutefois, le couplet « écolo » ressemble sévèrement à du Green washing. Les cadres étant fabriqués à Taïwan, cela fait prendra qques siècles avant de compenser le bilan carbone du transport en cargos… 🙂

    • Certes Antoine … Mais il faut arrêter de se tirer une balle dans le pied. En Franec on progresse énormément sur ces sujets. Pour l’instant la fabrication de cadres en carbone est inexistante en France (sauf exemple à petite échelle de WishOne). Alors oui pour cet aspect fabrication extérieure des cadres, mais contrairement aux vélos de marques US qui arrivent tout montés le travail de conception / peinture / montage est fait en France de façon propre. L’usine consomme 0 énergie grâce à ses panneaux solaires, le traitement peinture est vertueux, le recyclage est installé, … Je n’appelle pas ça du Green Washing, mais plutôt une démarche éco responsable. Un exemple que beaucoup devrait suivre.

      • La difficulté, dans cet article, c’est que la production des cadres en Asie n’est absolument pas mentionnée. Ce qui laisse à penser que tout se passe en France, dans un environnement écologiquement vertueux. Donc du point de vue journalistique , c’est trompeur et cela reprend sans contradiction les éléments de communication de la marque :).

        Marque qui produit d’excellents vélos, je le rappelle

        • Clairement d’accord avec toi, on voit bien que ça tourne autour du pot à ce sujet, c’est dommage parce qu’effectivement les vélos sont top

  2. Pour info la fabrication de cadres en carbone en France existe et même avec un procédé révolutionnaire qui n’utilise pas le système de baudruche que l’on trouve sur tous les cadres taiwainais, ici la fabrication est réalisée avec un empilage de couches de carbone comprimées entre le moule et une cire qui sera ensuite réutilisable.

    Ce process rend le cadre quasi indestructible, on est sur un carbone aux normes aéronautiques…

    La marque française s’appelle Bucefal … https://bucefal-cycles.com

    Un petit reportage s’impose 😉

    Et cerise sur le gâteau mon Bucefal est vraiment super efficace en plus d’être vraiment made in France…

    • Ok d’accord mais la marque que tu cites ne fait « que » des VTT donc exit les gravels, exit les vélos de route etc.
      Et puis bon vu le tarif, comparons ce qui est comparable.
      Oui Origine ne fabrique pas ses cadres carbone en France, c’est vrai et peut être bien que c’est légèrement trompeur la com à cet égard.
      En revanche, on a un rapport qualité prix qui est inégalable. Alors c’est clair que si j’ai des moyens illimité je vais me tourner vers un cadreur artisanal français mais là dans mon budget Origine me permet d’avoir un vélo au rapport qualité prix difficilement attaquable que j’ai pu personnaliser à quasi tous les niveaux.

  3. merci Philippe pour l’information. Pendant très longtemps, Time a aussi fabriqué ses cadres carbone en France par un procédé d’enroulement filamentaire et imprégnation/cuisson dans un second temps. Malheureusement, la fabrication s’est délocalisée en Europe de l’Est par la suite. Nous allons creuser votre piste. Sportivement, Matthieu

  4. Belle usine, mais ils ne fabriquent aucune pièce ! Uniquement la peinture est réalisée en interne !

    Dommage de voir des marques comme celle ci prendre le dessus sur d’autres, bien plus ambitieuse en terme d’innovation et de fabrication, tel que Look par exemple.

    Désolé de le dire mais même les journalistes se font bernés par les propos de la marque ….

    • Peinture, montage à la carte des vélos, études, design, prototypage, tests matériaux, roues, …Quand on voit se créer de la valeur en France et de l’emploi c’est du concret qui me fait penser qu’on ne se laisse pas berner, bien au contraire. C’est une usine de montage de vélos et de roues, une activité qu’il est préférable d’avoir sur notre territoire qu’ailleurs. Après nous serions, comme vous ; très heureux de voir des entrepreneurs fabriquer des vélos sur notre territoire … et des équipements qui viennent actuellement tous (ou presque) d’Asie.

      • Patrick, en tant que journaliste, vous auriez dû poser la question du sens de l’étiquette qui est aujourd’hui collé sur les cadres Origine : « Ce vélo Origine a été produit et assemblé à la main dans nos ateliers de Somain – France »

        J’aurais adoré avoir la vision d’origine sur le mot « produit  »

        J’attends de voir les nouvelles étiquettes avec la nouvelle ligne de peinture automatisé.

        Au plaisir
        Julien

        • Bonsoir Julien … Je n’ai pas posé cette question car on a la réponse dans le cadre de la législation douanière actuelle :
          « Un produit partiellement fabriqué en France peut afficher la mention « Fabriqué en France » s’il a subi sa dernière transformation substantielle en France. Les règles pour déterminer si la transformation réalisée est substantielle dépendent de la nomenclature douanière (classification douanière) du produit. » C’est valable pour les vélos, le foie gras, … et un tas de produits. Origine ne cache pas la fabrication asiatique des cadres.La conception est française (R&D : 10% de l’effectif) ils auraient pu acheter des cadres génériques, finition + peinture à la carte faite en France avec la mise en place de l’ingénierie par une entreprise française dans cette belle usine que nous avons visitée, montage à la carte d’équipements pas made in france (Shimano, Sram, …) comme les autres constructeurs, pneus (certains français choix du client), roues montage français … Mon avis personnel, au delà de ces débats teintés de suspicion, c’est que je suis plus à l’aise dans ce type de reportage que dans bien d’autres où l’opacité est permanente. Je suis l’aventure d’Origine depuis des années, j’ai observé son comportement humain et ses valeurs et cette étiquette n’est pas ce que je regarderais en premier. Est-ce que le vélo est bon, est-ce que ça représente de la valeur pour notre pays, est-ce que ce retour d’un savoir-faire est prometteur pour je l’espère une suite si on peut faire mieux encore dans des conditions industrielles propres sur notre territoire et pour la planète.La mondialisation est une chose comlexe en économie comme en écologie.

          • Bonjour Patrick,

            Bien sûr que de faire des choses sur notre sol c’est bien. Mais par déontologie, la transparence c’est mieux.
            Pour info, la mention que vous citez ne s’applique pas au vélo.
            Je vous invite à lire la rubrique « Suis-je en droit d’afficher « fabriqué en France » sur un produit ? » sur le lien suivant :
            https://www.entreprises.gouv.fr/fr/industrie/politique-industrielle/made-france

            Au plaisir de vous parler de fabrication locale, de savoir faire manuel et d’écologie.

          • Bonsoir Patrick,

            C’est une législation d’un autre monde qui est faite pour caresser dans le sens du poil une industrie française détériorée.

            Une belle équipe de 100 personnes, qui tire cette entreprise vers le haut devrait se pencher sur tous les petits détails de leur production. C’est facile, c’est juste et c’est sincère pour leurs clients.

            Je propose à Origine de lancer un concours de l’étiquette la plus pertinente suite à l’installation de cette nouvelle ligne de peinture robotisée, en accord avec cette législation vieillotte de 30 ans bien évidemment….

            Je me permets un conseil aux robots bien huilés, ne faites pas un travail trop parfait. Le parfait, c’est très triste et ça standardise notre environnement à une excellence inatteignable.

            Je me permets de donner mon soutien pour un futur glorieux à Origine, mais je serai bien triste de mon soutien si les cadres ne sont pas faits en France d’ici à 20 ans… C’est si simple de souder 8 bouts de tubes 😉

            Au plaisir

        • Salut Julien puisque tu me titille sur mon job de journaliste, sache que depuis 2020 Origine a obtenu des douanes – sous la référence FR-IMF-2020-80 – le droit d’apposer le label Made in France. Par contre, certains vélos soudés en France ne l’ont pas obtenu … curieux non !
          Je constate que de nombreux cyclistes, y compris ceux qui interviennent sur ces commentaires en critiquant à demi mot la provenance asiatique des cadres, sont satisfaits de leurs vélos et du rapport qualité/coût. Mon parc vélo perso est artisanal, c’est un choix, dont s’assume le coût. Je sais aussi qu’il existe de mauvais vélos construits en France : j’en ai eu un.
          Pour moi je dirais aux détracteurs d’Origine de d’orienter leurs critiques vers d’autres horizons. Je te dis ça en tant que journaliste indépendant qui paie ses propres vélos et qui achète ainsi sa liberté. Je loue mes propres choix et je suis ravi de rouler sur mon « Brevet » magnifiquement construit par un artiste du chalumeau. Mais j’ai adoré le Graxx d’Origine qui est bien meilleur que bien d’autres vélos que j’ai pu tester.
          Je pense que rien ne devrait opposer artisanat et industrie, vous êtes complémentaires.

  5. Quand on verra Origine équiper une équipe UCI pourquoi pas….
    Mais on y est encore loin….très loin des sworks, Trek, Cervelo, Colnago, Pinarello….

    • On aura surtout une augmentation des tarifs … Le coût induit est très important, il faut laisser le temps à une marque née il y a 10 ans d’avoir la trésorerie nécessaire et l’ambition de viser un marché international plus large. Le vélo c’est une histoire d’étapes.

  6. Longue vie à Origine et merci Patrick pour ces bonnes nouvelles !
    En effet, il vaut bien mieux avoir une marque française qui se développe que pas du tout. De toute manière, aucunes aventures industrielles ne peuvent se faire sans un passage obligé -à différents stades- par l’Asie. Nous avons certes le savoir-faire en France pour le carbone, qu’il soit artisanal ou industriel, mais tant qu’il n’y aura pas de filière de production/recyclage complète, aucun modèle ne sera plus vertueux qu’un autre. Faire venir de Taiwan ou fabriquer en France a un coût écologique, surtout quand on sait où est fabriqué le carbone(Japon, Chine, USA, Allemagne), qu’il soit en fil ou en pré-imprégné. La filière nautique par exemple, grande consommatrice de résine et de composites depuis des décennies, peine encore à mettre en place son système de recyclage car c’est un processus compliqué et très énergivore. Or, personne ne veut encore payer pour ça, malgré les subventions de l’Etat !
    Quant à savoir si Look ou Bidule ou Origine fait mieux que son voisin en terme de R&D, il faut croire qu’il y a de la place pour tout le monde sur le marché, pour tous les goûts, n’en déplaise à certains. Réjouissons nous d’avoir autant de choix possibles !

  7. Je vais mettre mon grain de sel dans cette discussion.
    1) Le prix du marché : si on veut faire un minimum de volume (ce qui signifie trouver un nombre suffisant de clients potentiels) il faut être capable d’inventer, produire et vendre un produit avec une marge suffisante à un prix que les clients du segment sont prêts à payer. Origine a trouvé un combo qui semble marcher, bravo ! Ca parait simple mais ça ne l’est pas. Il apparait clairement dans l’article (y compris avec ses non-dits) que cela passe par une fabrication des cadres en Asie. Il me semble qu’on pourrait accorder aux dirigeants d’Origine le bénéfice du doute : s’ils le pouvaient, ils feraient fabriquer leurs cadres en France. Autrement dit, sans possibilité de faire fabriquer en Asie, pas d’Origine car pas de marché car le business model d’Origine nécessite de pouvoir sortir le vélo complet à un niveau de prix donné pour un volume et de croissance donné). Le même vélo, X% plus cher car fabriqué entièrement en France, ne trouverait pas son marché. Les industriels asiatiques ont acquis un avantage concurrentiel de par leur savoir-faire industriel et leur capacité à le produire en volume (à un niveau de qualité équivalent) qu’il est très difficile de rattraper désormais. On espère tous, Origine compris je pense, que cela change un jour, mais c’est la réalité aujourd’hui.
    2) Le cadre en tant qu’objet fabriqué, un composant surestimé de la valeur-ajoutée du vélo complet
    Cette pièce est psychologiquement considérée comme la partie principale d’un vélo de nos jours. Bien sûr, il y a des différences entre les cadres, mais selon moi, le vrai différentiateur sur le cadre ce sont les choix de design, de matériaux, d’assemblage. Ceux-ci sont faits dans les départements R&D. Attention, la partie fabrication est aussi très importante, principalement sur l’aspect respect du cahier des charges de fabrication et répétabilité de la qualité des cadres sortis d’usine, le tout à un coût unitaire pour un volume donné. C’est ce qu’apportent les usines asiatiques. Mais le paradoxe c’est que pas plus les cadreurs artisanaux qu’Origine ne pourraient vendre un vélo sans les composants fabriqués en Asie : groupes, roues, pneus, etc. Aligner Origine sur le fait qu’ils font fabriquer leurs cadres en Asie n’est pas très sympa.

    3) Le vélo de cadreur réalisé en France par un artisan réellement « made in France »??
    Arithmétiquement, lorsqu’un cadreur brase à la main un cadre acier en France et le vend le kit cadre entre 2000€ et 3000€, la proportion de valeur « made in France » est plus élevée car dans cette somme, il y a de la main d’oeuvre payée en France. Mais en reprenant ce que j’ai écrit en 2), il faudra les mêmes composants, les mêmes jantes et pneus, patins de frein etc. Le hic c’est qu’à la fin, le vélo complet n’aura pas le prix du vélo Origine. Bien sûr et heureusement, il existe une demande solvable pour un vélo artisanal, ce qui explique le boom de l’activité des artisans depuis 10 ans. Mais de là à ne pas comprendre que le segment visé par les cadreurs avec des vélos bien plus chers est différent du segment visé par Origine, je trouve qu’il y a un peu de mauvaise foi. Personne, cadreurs artisanaux compris, ne peut vendre un vélo 100% français. Sans Origine, les clients achèteraient des vélos Trek, Giant, Cannondale, Canyon, etc. Pas des vélos de cadreurs.

    4) L’avenir d’Origine
    – J’espère que le succès d’Origine et d’autres fabricants français continuera pour permettre qu’un jour une filière d’excellence industrielle permette de fabriquer les cadres AU PRIX ET EN VOLUMES compétitifs par rapport aux asiatiques.
    – J’espère qu’Origine ne se lancera pas dans la course au marketing passant par le sponsoring d’équipes UCI qui coûte un argent dingue et siphonnerait une partie de la valeur ajoutée payée par les clients. Cet argent pourrait servir à payer des cadres fabriqués en France ou en Europe. L’offre de vélos sur le segment d’Origine est tellement vaste que cette course à la taille risque, à terme, de forcer Origine à investir plus massivement en marketing. Ça sera l’heure des choix cornéliens. Il faudra rogner sur le coûts de fabrication et la probabilité que la production de cadre soit faite en France diminuerait.

    Je crois au positionnement de la marque Origine : un vélo à la carte conçu et assemblé en France, pour un marché milieu de gamme +. Je crois aussi au marché du vélo artisanal comme le voit Jolie Rouge (j’ai écouté le podcast passionnant dans lequel Julien Fritsch parle de son ambivalence vis à vis des machines). Il me semble de l’intérêt de tous les acteurs du cycle de bien comprendre tous les segments de marchés actuels et futurs, de faire ce qu’il faut pour organiser la filière française pour bien se positionner, en évitant la concurrence frontale et en coopérant (ce que Julien exprime très bien dans le podcast en question). Certes, j’aurais apprécié une formulation un peu différente dans l’article et une plus grande transparence sur la fabrication asiatique des cadres d’Origine. Mais je trouve exagéré le procès qui lui est fait sur ce sujet. Réjouissons-nous de ce succès et félicitations à BC de suivre cette entreprise sur le long terme. Et comme toujours, de nous permettre de nous exprimer sur ces pages et aussi de nous répondre avec toujours une très grande sincérité.

    • Merci Vince pour cette excellent analyse. Juste une précision pour ton info : Origine a essayé le cadre français en carbone, Rémi Lefèvre m’a montré un proto, c’était une catastrophe. Nous avons un retard terrible au niveau industriel dans cette filière vélo. J’espère comme toi que nous rattraperons de retard, mais il y aura une vraie filière carbone en France que si il y a des donneurs d’ordres comme Origine. Il restera quand le paramètre du prix. Je suis également un grand « fan » de la marque WishOne qui a décidé de se lancer dans le cadre carbone Made-in-France … Les 50 premiers vélos seront réalisés par leur sous-traitant, avant que la production arrive à Millau, le fief de la marque. Cela restera une production confidentielle et au tarif haut de gamme. Nous suivons cette expérience « laboratoire ». Je sais que nous avons produit déjà des cadres carbone en France. Cyfac en fait, mais c’est du stratifié assemblant des tubes en carbone avec un coût de fabrication forcément élevés. L’avantage c’est que c’est du sur-mesure. J’en ai testé un, c’est du très beau boulot mais difficlement industrialisable.

      Je ne comprends pas cette cabale menée contre Origine. J’ai l’impression qu’en France nous n’aimons pas ceux qui réussissent. On aime se faire du mal sans doute. J’aime tout autant la réussite des artisans, dont je suis client, car j’ai la chance de pouvoir m’offrir de beaux cadres fabriqués à la main et la patience de les attendre. Je ne vois pas, comme toi, l’opposition de ces 2 mondes et l’étiquette « produit en France » collée sur le cadre a peu d’importance. Ceux qui la conteste devraient aller visiter l’usine : on y produit vraiment des vélos, ils n’arrivent pas tout monté d’Asie. Pour le soi disant « green washing » c’est pareil : allez-voir les gars …

  8. La démarche de Origine est vraiment intéressante. Ils construisent patiemment et intelligemment la marque sans brûler les étapes.

    La fabrication en Asie est hélas totalement inévitable, il n y a AUCUN grand site industriel en EU pour la fab. de cadre carbone ! C est triste. Même en Allemagne (ou je vis depuis 10ans), grand acteur industriel, des grandes marques de vélo qui marchent bien (Canyon, Cube, Focus, Stevens, Rose), PERSONNE ne fabrique en EU. Et pas grand chose non plus sur le discours environnemental. La plupart de ces marques n ont absolument pas la capacité en Allemagne d assembler (ou peindre) tous les cadres qu ils vendent.
    Je reste d ailleurs très surpris que personne ne cherchent a réellement implanter une grosse usine de fabrication de cadre carbone en EU, il y a tout de même bcp d acteurs locaux qui seraient probablement très intéressés a avoir un contact plus rapide, moins de frais de transport, plus d autonomie géopolitique, etc…
    Maintenant, je pense que tout le monde a compris que tout venait d Asie (Spé, trek, BMC, etc…) et que ca n etait plus du tout un problème. Je trouverais même intéressant que les marques communique en tout transparence chez quel fabricant c est réalisé (winspace, trifox, ou autre nom d usine a Taiwan ou Chine). Fairphone fait ca dans le monde des smartphones.

    Autre point, Origine s engage et développe de manière très active l ultra distance (biking man), c est vraiment remarquable, est ce que ça n a pas autant voir plus de valeur que de balancer un pognon de dingue dans le sponsoring WT ?!?!

    • Bonne remarque Gibus. Effectivement Origine a choisi un autre vecteur de communication. La charge financière d’une équipe World Tour pèserait sur le prix des vélos. Tiendront-ils cela dans l’avenir si ils veulent se développer à l’international ? Pour l’instant l’ambition, telle que je l’ai entendue, est déjà d’exporter sur les pays limitrophes en gardant une production localisée en France. La conquête potentielle d’un marché plus large supposerait des créer des unités de production localisées dans ces nouvelles zones commerciales. Le choix d’accompagner le projet Biking man est excellent : ils étaient fait pour se rencontrer. La vision d’Axel Carion sur l’ultra et la compétition chevaleresque est en harmonie avec l’éthique et la compétence d’Origine.

  9. Tous les commentaires mettent en avant le fait que les cadres soient asiatiques … Ce qui est vrai.
    Ce qui me choque le plus personnellement, c’est que ce qui permet un tel placement prix, c’est le fait que la marque court-circuite les revendeurs de vélos, vous savez ces petits magasins, des milliers d’emplois en France, qui s’occupent de l’entretien de vos vélos, du matos, des réparations d’urgences, …. et qui vivent grâce à la vente de vélos.
    Les marques internet coulent le réseau de distribution et les PME françaises, tout ça pour un joli green-whashing à la sauce « on créer de l’emploi » en détruisant de l’emploi.
    Leur croissance est l’expression même du déclin de nos entreprises françaises, et c’est à nous consom’acteur de réfléchir si l’on veut financer de jolis salaires de start-up ou bien soutenir l’emploi local.

    • Faux combat … Un vélo Origine sera à entretenir et va générer de l’achat d’équipements, d’accessoires, de pièces, … un marché qui sera à prendre par les revendeurs de vélos. Ensuite posez-vous la question de la valeur française des vélos vendus par ces petits détaillants … Où sont-ils fabriqués, quels distributeurs Europe ou Monde les fournissent à ces petits magasins avec un cumul de marges. Vous voyez bien que ce marché n’est pas si simple qu’il n’y pas d’opposition, mais une complémentarité. Évitez les clichés et ne vous trompez pas de combat.

      • Faux combat ? Mais qu’est ce qui fait vivre un magasin du coup ? Une révision à 40€ ? Pas vraiment non.

        Concernant l’achat d’accessoires, un client capable d’acheter un vélo sur internet n’aura aucun mal à acheter ses bidon sur Alltricks ou bien son textile lors des soldes et autres black Friday. Et il me semble également que Origine incite à l’achat des accessoires directement à la commande si je ne me trompe pas, mais plus certains.

        Il peut s’agir d’un faux combat pour vous, en même temps vu la communication que vous leur faite …

        Un magasin peut vendre du Moustache en électrique qui est encore plus français que Origine maintenant qu’ils ont un cadre fabriqué en France, ou bien pour s’aligner sur le créneau pourquoi ne pas parler d’Adris ? Marque française fabriqué en Asie mais passant par un réseau de revendeurs.

        Origine absorbe une partie de la trésorerie qui pourrait subvenir aux besoin de dizaines de revendeurs indépendants.

        Mais comme toujours, la responsabilité finale revient au consom’acteur qui choisit, intelligemment ou non, ou distribuer son pécule.

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