Ou plus simplement, mon aventure le long des 1000 kilomètres du BikingMan Maroc 2026.
Mais pourquoi ? Pourquoi y retourner ? Tu n’en as pas eu assez l’an dernier ? Pas assez de désert ? Pas assez de soleil ? Pas assez d’heures sur le vélo ? Pas assez de msemmens ?
Je crois que non, décidément le meilleur coup de vélo de ma vie. Pour le dépaysement, la déconnexion totale, la découverte d’un pays et d’une culture. Pour l’accueil hors du commun des Marocains aussi. Mais également pour l’organisation au top, la trace aux petits oignons, l’ambiance à l’hôtel au sein de la grande famille BikingMan, la chaleur des Race Angels (les volontaires de l’organisation) et la camaraderie entre participants.

Puis les msemmens, je vous ai parlé des msemmens ? Rien que pour ça je prends mes billets. Vainqueur de l’édition 2025 – voir mon récit de la course de l’année dernière – je me suis inscrit dès l’ouverture à l’épreuve 2026. Non pas pour gagner, mais pour vivre une nouvelle aventure que je suis ravi de vous raconter ici.
L’arrivée à l’hôtel
Après une semaine de vacances en famille à Marrakech, j’arrive à l’hôtel qui fera office de village de course le vendredi en fin de matinée. Je retrouve avec plaisir l’ambiance du BikingMan avec ses Race Angels et les quelques coureurs déjà sur place. Le décor est posé, il fait beau, l’arche de départ est en train de se gonfler et il y a des vélos partout. On y est !
Je récupère les clés de ma chambre et les enfants filent à la piscine sous l’œil attentif de madame. Elle sait très bien qu’elle ne peut plus compter sur moi. Je n’attends qu’une chose, libérer le diable de sa boite.

J’ai le plaisir de participer cette année avec la nouveauté gravel carbone de chez Officine Mattio, le Bisalta. Une véritable machine de course taillée pour la compétition. Un petit bijou fabriqué et monté à la main en Italie. Et, comme le diable se cache dans les détails, rien de moins qu’un groupe SRAM Red XPLR AXS en 13 vitesses équipe ce vélo. Un bon vélo n’allant jamais sans bonnes roues, DT Swiss m’a fait l’honneur de me confier une paire de DT Swiss GRC 1100 Dicut en 50 mm. Du sérieux fait pour envoyer.
Une machine de course équipée comme un bijou
En plus de ma selle et mon cintre personnels, ce très beau vélo fera office de laboratoire roulant. Il se pare d’une tige de selle Ergon CF Allroad Pro Carbon Setback, avec son ingénieux système d’amorti à double lame de carbone. Ainsi que d’un ensemble de poignées ergonomiques Redshift Cruise Control Drop Bar Grips. Des périphériques que je vais tester ici, spécifiquement choisis afin d’apporter du confort pour cette grande aventure. Au chapitre des tests, une nouveauté se trouvera aussi à mes pieds avec les dernières chaussures VTT XC/gravel d’Ekoi, les Perf XC R4. Une paire que je teste quotidiennement depuis un petit mois et que j’apprécie particulièrement.

Mise en place du cintre, du dérailleur, des roues et enfin de la chaîne. Le vélo est sur ses roues. J’accroche ma bagagerie et tout mon matériel prend place. Le vélo est prêt à partir. Je fais trois tours de roues pour vérifier ça et file profiter de ma famille.
Un plateau très relevé !
Samedi 15 h, les vérifications. Je retrouve Abdellah Hidda, vainqueur du 1000 km en 2024 et du 500 km en 2025, qui m’annonce participer au 1000 km cette année. Le monsieur est un gros client et la victoire que je n’espérais déjà pas vraiment n’est même plus hypothétique. Il faut savoir aussi que cette année le plateau est très relevé. La liste compte Remi Borrion pour son dixième BikingMan et pas moins de quatre victoires, Erwan Guenneugues, double vainqueur du 555 gravel Alpes-Maritimes 2024 et 2025 et sérieux compétiteur sur les manches gravel UCI et enfin Simon Scodavolpe, deuxième sur l’épreuve Corse 2025 (où je finis cinquième). Si je fais cinquième, ce sera déjà beau !



Comme l’an passé, la pesée de mon vélo confirme mon pessimisme, 18 kg sur la balance. Quatre chambres à air (j’en ai passé trois l’an dernier), trop de nourriture, des outils et toujours trop de vêtements. Les photos que je ferai à l’arrivée, pour illustrer mon prochain article sur le matériel, me confirmeront bien l’ampleur de l’excès. Elles me permettront, j’espère, d’affiner tout ça pour l’an prochain.
Pour les férus d’équipement, un article spécifique suivra bientôt afin de vous présenter mon matériel de façon détaillée et vous donner mon retour d’expérience. Que les amateurs de belles machines ne se sentent pas lésés, des tests de ce vélo et de ces roues vous seront plus tard proposés. Et ce, bien au-delà de l’utilisation sur ce BikingMan.

En avant !
Dimanche matin, 6 h 50. Je regarde mes pense-bêtes sur les prolongateurs. Ils m’annoncent la position de possibles ravitaillements et des checkpoints ainsi que les points kilométriques d’entrées et sorties des sections gravel. Le briefing d’hier a annoncé quelques légères modifications de trace suite aux dernières reconnaissances faites en début de semaine afin d’éviter des portions gravel trop difficiles. J’ai refait hier soir à la main mes belles listes imprimées avant mon départ de France.


Je suis en pole position sur la ligne de départ. Je dois faire le meneur d’allure en suivant Didier dans la voiture ouvreuse durant les 20 premiers kilomètres. Il reste deux minutes.

C’est le moment où mon GPS décide de faire une mise à jour, fuck ! Je prends le départ en regardant la barre d’avancement faire tout doucement son chemin. J’espère que la trace s’affichera avant que Didier ne lâche la meute.

La trace apparaît enfin au bout de cinq minutes, mais je suis maintenant en prise avec un dérailleur récalcitrant. Les vitesses passent bien en haut de la cassette mais sautent en bas. J’ai dû faire une erreur au remontage. Je n’ai pas tout vérifié en passant juste deux-trois vitesses en haut de la cassette lors de mon test. Erreur de débutant, je m’en veux à mort. Je galère pendant 30 kilomètres en jonglant sur mon téléphone avec le micro adjust de l’application SRAM, mais rien n’y fait. Je m’arrête et démonte la roue, c’est la première fois que j’utilise un dérailleur en direct mount et j’ai vraisemblablement raté le montage. Je ne vois rien à régler et ne comprends pas ce qu’il se passe. Je remonte la roue, c’est pire. Trente kilomètres de plus, toujours la galère. Je ne peux pas faire 1000 kilomètres comme ça. Je suis sans doute sur l’un des meilleurs vélos de la course et je galère comme un imbécile. Une voiture de l’organisation arrive à mon niveau, Axel est à la fenêtre.
Tout va bien ?
Non ! Le dérailleur arrière fait n’importe quoi j’en peux plus !
T’as bien placé les deux traits en face au remontage ?
Les deux traits, quels deux traits ?
On s’arrête au bord de la route. Je démonte la roue et le shaman me montre ces fameux deux traits à simplement mettre en face l’un de l’autre au montage du dérailleur. Je replace la roue. Ça marche ! Je revis ! Je l’embrasserais ! Après l’épreuve, j’ai compris que je n’avais pas respecté intégralement la procédure d’un montage Direct Mount de type UDH, qui est le cas avec ce groupe. Pour les curieux, cet alignement de traits est d’ailleurs illustré dans cet article sur le sujet UDH.

Je peux enfin rouler sereinement et continuer l’ascension de ce premier col. Il doit y avoir sept ou huit coureurs devant moi, avec notamment Abdellah qui m’a doublé tel une locomotive. Mais aussi Rémi, Erwan et Simon, les plus sérieux prétendants à la tête de course.

J’attaque enfin l’imposant Tizi n’Afra qui culmine à plus de 2500 m et qui me sépare encore du premier checkpoint. Je retrouve l’un des coureurs qui s’était échappé sur le plat initial et me fait dépasser par un autre. Je n’ai aucune idée de ma position après mes déboires de dérailleur. De toute façon la course se jouera plus tard et la première nuit fera le tri, même s’il est toujours difficile de se retenir et de laisser filer les habituels (trop) motivés du premier jour. Pour ne rien gâcher, ma gastro de la semaine passée me fatigue encore et j’ai la tête qui tourne. Je vais éviter les envolées et attendre que ça passe.

Petite section gravel assez roulante avant le sommet. Ensuite, je redescends droit vers Iguidi, pour retrouver l’hôtel Baba Jeamea qui était aussi le dernier checkpoint l’an passé. 171 km et 4000 m de dénivelé avalés, il est 15 h 30. Cette première section, très facile techniquement, était une bonne entrée en matière. Parfaite pour calmer la fougue du départ en usant les jambes dans les cols plutôt que les vélos dans les cailloux. Je retrouve Rémi Borrion qui finit de remplir ses bidons avant de s’échapper. Frédéric Chapelle est là lui aussi, le grand échappé du départ qui nous a tous surpris. C’est à ses côtés que j’engloutirai en vitesse mon poulet rôti et ma salade berbère avant de repartir.
En route pour N’Kob
350 km et 5700 m de dénivelé m’attendent avant le prochain checkpoint. J’attaque l’ascension qui mène au Tibet marocain sous une petite pluie fine. C’est le temps du questionnement : est-ce que la pluie va s’arrêter car mes pneus sont impossibles dans la boue ? Mais, pourquoi tu fais ça ? Tu ne serais pas mieux dans ton canapé plutôt que de passer trois jours sur ton vélo et dormir par terre ?

J’essaie de me reprendre et pousse un peu plus pour me motiver. C’est alors que je ressens une forte douleur à l’arrière de mon genou gauche en me mettant en danseuse. Je sais ce que c’est, selle trop haute. J’ai récupéré le vélo trois jours avant de le mettre dans la caisse et j’ai remonté un peu la selle par rapport à mon réglage habituel, pour compenser les manivelles plus courtes que les miennes. Je m’arrête et redescends un peu ma selle. La douleur diminue peu à peu mais impossible de me mettre en danseuse. Pratique avec mon ratio de 40 x 46 relativement long pour ce type d’épreuve et ma tendance à tout passer en force (fixie addict). J’en suis réduit à marcher dès que les pourcentages passent les 10 %. Connaissant l’appétence du père Carion pour les pétards, il va y avoir un peu de randonnée…
À pied dès que les pourcentages dépassent les 10 %…
Je chemine comme ça, alternant marche et pédalage jusqu’au sommet.

Le Tibet marocain s’ouvre devant moi pour une section gravel de près de 30 kilomètres. La piste est rapide et défile sous mes roues.

Ça y est, j’y suis vraiment. Le temps et la distance n’ont plus de prise, j’oublie ma douleur au genou, c’est la déconnexion totale. Ce que je suis venu chercher ici. Après le checkpoint à près de 1250 m, je me retrouve à nouveau à 2500 m d’altitude pour redescendre et enfin retrouver la route. Une pause tardive dans un hanout, la petite épicerie traditionnelle marocaine, me permettra de profiter d’un paquet de Principe qui m’accompagnera toute la nuit.

La section de route est assez courte mais la fatigue se fait sentir et la température descend doucement. J’enfile ma Gore-Tex et passe mes gants longs. 1 h 30 du matin, je décide de m’arrêter pour faire une première sieste dans le bas-côté de la route. Je fais signe à Frédéric qui passe à ce moment-là. Après 30 minutes de sommeil, retour sur la trace pour remonter vers le Tizi n’Talat que je franchirai au clair de lune, après une seconde sieste de 30 minutes au bord de la piste. J’alterne toujours le pédalage et la marche quand les pourcentages deviennent trop importants. Le reste de la nuit défile ensuite très rapidement pour passer les 80 kilomètres en faux plat descendant qui me séparent de la prochaine grosse section gravel.

Après un rapide arrêt dans une station-service pour remplir mes bidons et huiler ma chaîne, j’entre enfin dans une longue section gravel de plus de 50 kilomètres au cours de laquelle le soleil se lèvera face à moi. Instant magique, j’en profite pour prendre quelques photos. Ce sont ces moments que je suis venu chercher.

Retour sur la route pour descendre comme une flèche et me retrouver face au vent pour plus de 40 kilomètres de ligne droite. Un calvaire. Le checkpoint suivant est là, au bout de cette ligne droite qui n’en finit pas.
13 h 40, enfin le deuxième checkpoint. J’ai le plaisir de retrouver des Race Angels que je connais depuis ma première course. Neri (qui fête d’ailleurs son anniversaire), Armandio et Patrice. Frédéric, arrivé avant moi, est coincé devant son assiette. La nuit fut difficile visiblement et l’expérience le fait choisir d’aller se reposer plutôt que de repartir dans cet état. Comme à mon habitude, je dévore mon repas rapidement pour vite retrouver la route.
185 km pour Toundoute
Et 3280 m de dénivelé, avec une belle portion de 70 kilomètres de gravel dès la sortie du checkpoint. L’organisation nous a prévenu, la portion est longue et il faut être sérieux sur l’emport d’eau. Mes trois bidons sont remplis, mes deux flasques de trails pleines prennent place dans mes poches de maillot et je sangle une bouteille d’eau supplémentaire entre mes prolongateurs. 4,5 litres d’eau, je suis paré.

Je grimpe la piste et j’en profite à fond. C’est le Far West, magnifique, cette section gravel est longue, avec de belles parties techniques. Quelle claque, perdu au milieu de nulle part, oubliez-moi, je reste ici.



Rémi est loin devant, Frédéric est toujours au checkpoint, j’oublie la course et le classement, je me laisse aller à prendre des photos et j’en profite à fond.
FAIM !
Sorti de la section gravel, je trouve vite de l’eau et file sur la route pour rejoindre la ville toute proche. Je suis fatigué et j’ai faim. Je m’arrête une première fois dans un hanout pour acheter des gâteaux et profite du thé à la menthe qui m’est offert. Cinq kilomètres plus loin, les gâteaux ont disparu. Je m’arrête à nouveau pour acheter un batbout, le pain traditionnel marocain, que je plonge dans ma poche de cuissard. Voilà ensuite l’animation du centre-ville, il est 21 h, et la foule est partout. J’en profite pour m’arrêter à la terrasse d’un snack et m’offrir un réconfortant Ghimzi, un sandwich aux boulettes Kefta. Je le savoure bien chaud, assis sur un banc tout en regardant l’animation du centre-ville. Je suis repu, le moral est bon, c’est parti pour la nuit !

Vers 2 h du matin, je traverse un nouveau village et décide de m’arrêter dans un bosquet pour une courte sieste réparatrice. Réveillé par des chiens 30 minutes plus tard, je reprends la piste après avoir enfilé ma veste et mes gants longs. Il fait nuit noire quand je rentre dans la dernière section gravel. Portion technique en montée avec de jolis tronçons en single track.

Je mets pied à terre et pousse le vélo plusieurs fois. Je bascule enfin et ça descend sérieusement. Mon phare allumé à pleine puissance, je ne lâche pas les freins pendant plus de 15 kilomètres. Pas de pièges particuliers mais une déclivité tournant autour des 15 %. Enfin le dernier checkpoint, le gîte Amadou, où j’arrive à 5 h 15 du matin. Je peux profiter d’un bon tajine de poulet bien réconfortant, chaleureusement servi par le propriétaire des lieux.

Marrakech n’est plus très loin. Je prends un Coca-Cola et enchaine avec un café pour bien me réveiller, puis je repars dans la pénombre.
Marrakech me voila !
Enfin presque, 311 km et 3700 m, il me reste tout de même un beau morceau !


Le jour pointe son nez quand je franchis le petit col avant la longue descente vers Ouarzazate. Ce qui me semble être facile au départ devient vite une épreuve, c’est long, la route est droite et monotone.

Enfin Ouarzazate, petit arrêt hanout pour acheter un nouveau paquet de Principe que je sangle dans mes prolongateurs. Je traverse la ville et passe devant les studios Atlas, célèbres studios cinématographiques où ont notamment été tournés Gladiator ou Asterix et Obélix : Mission Cléopâtre. Direction Aït Ben Haddou pour débuter mon ascension du Tichka. Dernier rempart avant Marrakech.

Je me dresse sur le vélo, la douleur est passée et le genou répond bien. Je peux enfin rouler comme j’en ai l’habitude. Gros braquet et faible cadence. Il fait beau, pas trop chaud, c’est le bonheur. Je monte à bon rythme en alternant les Principe, logés entre mes prolongateurs, et les séances de danseuses. Que demander de plus ? Quelques arrêts photos pour pouvoir vous partager ces paysages et je repars vers le col.


À un kilomètre du sommet, la brume et le vent me saisissent, j’arrive enfin au sommet et m’arrête rapidement acheter de l’eau. Pas de photos, tellement j’ai froid. Le vendeur m’annonce que trois kilomètres plus bas la brume aura disparu. Je le crois sur parole et descends après avoir seulement enfilé mon coupe-vent. Cinq kilomètres plus bas, toujours dans la brume ! Je grelotte de froid. Je m’arrête sur le bas-côté et enfile veste et gants longs pour finir cette très longue descente dans le trafic routier. La trace quitte enfin la route pour bifurquer à droite et rejoindre une longue piste très rapide à travers les villages.

La nuit commence à tomber et il y a du monde partout. Les enfants jouent au foot, les adultes rentrent des champs à mobylettes ou à dos d’ânes, l’animation est tout autour de moi. Je sens bien que la ville n’est plus très loin.
Les roues vont là où porte le regard
Motivé comme jamais, j’enchaîne plein gaz les petites bosses du parcours alors que la nuit progresse. Dernière petite section gravel du parcours, deux kilomètres qui débutent par un chemin muletier bien défoncé pour arriver dans le lit d’un ruisseau où il faut passer d’un flanc à l’autre, en évitant les profondes crevasses. C’est très amusant mais aucun droit à l’erreur. Je me répète la phrase de mes cours du permis moto : “Les roues vont là où porte le regard.”

Je sors du gravel et passe les petites bosses suivantes, il fait nuit dorénavant et j’aperçois les lueurs de Marrakech au loin. Encore 45 petits kilomètres devant moi.

La descente est rapide, le vélo sent l’écurie et la caféine que je prends depuis le checkpoint fait son effet. Je veux arriver avant minuit. L’an dernier, j’avais réservé une chambre seulement à partir du mercredi et j’avais dormi avec l’organisation le mardi soir. Cette fois, j’ai bien une chambre ce soir et je veux absolument pouvoir me vanter d’être arrivé le mardi. Même si ce n’est que de quelques minutes.
Caché dans les prolongateurs, je pousse au maximum en jetant mes dernières forces dans les pédales. Le vélo file et les roues jouent leurs partitions à merveille dans ces longues portions droites pour me tirer jusqu’à la ligne d’arrivée, que je franchis enfin à 23 h 34.
C’est fini, on est encore mardi ! Les Race Angels m’applaudissent chaleureusement et je descends enfin du vélo. Jérôme a même daigné quitter son match de foot pour m’accueillir. Sophie, la cheffe du protocole, me passe le t-shirt de finisher et la médaille. Photo d’arrivée et voici le repas qu’Elodie (bonne chance pour ton BikingMan Corsica !) a gentiment gardé pour moi, Merci !

Alors ?
C’était bien ! Différent de l’an dernier. Le début fut fastidieux avec mes soucis mécaniques, ma fin de gastro et mes douleurs de genou. J’ai réussi à me détacher du chrono à mi-parcours pour profiter de la trace. Ce que je n’avais pas réussi à faire l’année passée, en tête à mi-course, je m’étais mis une pression folle. Le vélo a été absolument parfait, aucun souci, pas même une crevaison. La trace était globalement moins difficile qu’en septembre dernier et la météo bien plus clémente. Mais le dépaysement et le voyage restaient entiers.
Merci à tous !
Et surtout merci à tous pour cette aventure ! C’est mon quatrième BikingMan et je constate encore une fois le niveau de sérieux de l’organisation et la chaleur de la famille BikingMan. Clin d’œil à tous les Race Angels et tous les participants pour l’ambiance à l’hôtel, sur la route et pour leurs amitiés.

Pour qui ?
L’idée vous taraude ? Sautez le pas ! L’aventure est complète et l’ambiance incroyable, à vivre absolument. Un peu de préparation est bien entendu nécessaire tant physiquement que techniquement, mais ce genre d’aventure est loin d’être hors d’atteinte.
Il faut avoir en tête que sur une telle épreuve, à peu près 10 % des coureurs roulent “fort” et ne dorment pas ou très peu. La majorité des participants le vit plus tranquillement en roulant plus calmement et en s’octroyant plus de pauses. Ils profitent de l’hospitalité marocaine et se reposent plus que nous, les idiots qui caracolent devant.
Le temps limite est de 120 heures, vous avez donc jusqu’au vendredi pour rejoindre la ligne d’arrivée. Bien entendu vous ne ferez pas forcément des nuits de huit heures et il vous arrivera de peiner sur le vélo. Mais, vous viendrez aussi pour ça finalement. C’est le sel de l’aventure qui vous permettra de vivre encore plus fort la magie des lieux. Je ne pense pas me tromper en disant que tous ceux qui y ont goûté veulent déjà revenir.


La marche que représente 1000 km au Maroc vous semble trop importante pour commencer ? Vous trouverez bien une épreuve plus accessible. Plus facile à travers la France, qui peut aussi se limiter à un format de 500 km. Route ou gravel, le choix est vaste.
À L’année prochaine !
Pour ma part, je viens justement de me préinscrire pour l’année prochaine. En duo, cette fois-ci, pour vivre l’aventure différemment et la partager. Mais, chaque chose en son temps, il me faut d’abord préparer l’épreuve péruvienne. Pour conclure cet article, voici la vidéo officielle de l’édition 2026 qui résume si bien la magie de cette aventure :
Les msemmens ?
Ah oui, j’oubliais, les msemmens. Rien que pour ça il faut venir. Ce sont de délicieuses crêpes feuilletées, traditionnelles du Maghreb, que l’on mange généralement au petit déjeuner. C’est absolument divin avec du miel ou du Amlou, une pâte à tartiner marocaine à base d’huile d’argan et d’amandes grillées. Petit conseil, ne mangez pas celles de Diane, elle vous en voudra éternellement…





