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Wish One Millau Grands Causses : la grande fête du gravel race français

Depuis cinq éditions maintenant, la course Wish One Millau Grands Causses s’impose comme un rendez-vous incontournable des UCI Gravel World Series. Depuis la première édition en 2022, Bike Café est présent et accompagne cette prestigieuse course qui attire les meilleurs spécialistes de la discipline. Cette Gravel Race est qualificative pour les championnats du monde de gravel UCI 2026 qui se dérouleront en Australie, mais aussi pour les championnats d’Europe UEC 2026 en Belgique. Photo de couverture Virg. Govignon

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Une course du calendrier UCI, mais aussi du Gravel’Tour Wish One 

Cette année, en plus d’être une manche de la coupe du monde UCI de gravel, la Wish One Millau Grands Causses fait partie du calendrier du Gravel’Tour Wish One. Un challenge, dont nous sommes le partenaire média à travers une série d’articles et de podcasts. Ainsi, ce challenge investit de nombreux territoires en France, avec, entre autres : les Grands Causses, les Gorges du Tarn, le Massif Sud Bourgogne, les Monts du Lyonnais et le Massif des Alpilles. Vous pouvez retrouver tous les détails de ce challenge dans ce précédent article de présentation :

Un territoire de caractère, porté par les valeurs du sport

Situé au sud de l’Aveyron, le parc naturel régional des Grands Causses est l’un des plus grands espaces naturels d’Europe, au sud du Massif Central. Le Parc s’articule autour de vastes plateaux calcaires (dont le célèbre Larzac) entrecoupés de profondes gorges (Tarn, Dourbie, Jonte).

Un territoire de caractère – photo Amaury LOUIN – Agence LVO

Pour preuve que la Wish One Millau Grands Causses s’intègre toujours plus loin dans son territoire, on remarque que le parcours traverse le camp militaire du Larzac, lieu d’entrainement de l’armée de Terre. Situé sur la commune de La Cavalerie dans l’Aveyron, ce n’est pas la partie la plus facile du parcours, loin de là, mais assurément une des plus impressionnantes !

Le camp militaire où passe le parcours UCI 130 km – photo Amaury LOUIN – Agence LVO

L’effervescence des grandes courses

L’événement Wish One Millau Grands Causses commence dès le vendredi, avec l’ouverture du village monté pour l’occasion autour du siège des cycles Wish One. L’emplacement est impressionnant puisqu’il est situé en dessous du viaduc de Millau.

La société Wish One, sous le célèbre viaduc de Millau – photo Jean-Alexis Duthoit

Le samedi est consacré aux retraits des dossards, des starter packs, et du briefing obligatoire. C’est aussi le jour de notre arrivée ! L’effervescence des grandes compétitions se manifeste déjà. Malgré la chaleur assommante, beaucoup sont déjà sur leur vélo pour aller reconnaitre les parcours. Le tracé des parcours est réalisé et partagé par la société française OpenRunner, devenue une référence incontournable pour beaucoup d’organisateurs de grands événements. Notamment pour l’impression possible au format A1 des parcours.

OpenRunner héberge les parcours de l’événement au format GPX, et sont visibles par tous au village – photo Jean-Alexis Duthoit

De notre côté, nous en faisons de même : retraits des dossards, un petit “déblocage” sur le vélo, puis briefing. Parler des courses, c’est bien, mais courir in situ, pour les raconter ensuite, c’est encore mieux. Pour nous, comme pour nos lecteurs. Aussi, cette année encore nous sommes deux engagés : Benjamin et moi-même, tous deux sur le format UCI 130 km. Si pour moi le format UCI n’est pas une découverte, pour Benjamin, oui. En effet, comme vous avez pu déjà le lire sur Bike Café, il est habituellement engagé sur de bien plus longues distances, notamment sur de prestigieuses épreuves d’Ultra.

Jour J : des watts et encore des watts…

À l’approche de l’heure du départ, nous venons nous placer dans les sas de nos catégories respectives, largement derrière le sas Elites (et oui, nous avons largement dépassé la quarantaine…). Le parcours est sur nos compteurs GPS, et semble bel et bien identique à celui que j’ai pu faire l’an dernier : 130 km et 2200 m de D+ (parcours ici).

Dans le sas des Elites femmes, on peut aisément reconnaitre la championne de France de gravel en titre, Axelle DUBAU-PRÉVÔT – photo Jean-Alexis Duthoit

Après le départ des Elites, une catégorie par sas s’élance toutes les minutes. Celle de Benjamin, puis la mienne.

Start ! photo Jean-Alexis Duthoit

D’emblée, on aborde le Pouncho d’Agast : 8,5 km pour un dénivelé positif de 489 mètres et une pente moyenne de 5,7 %. Optimiste, je pars comme un cadet pour tenter de rejoindre mon ami du sas précédent. Bien mal m’en a pris ! Si je réussis en effet à le rejoindre à la moitié de cette ascension majeure, je peine à retrouver un rythme cardiaque supportable…

Le Pouncho d’Agast en guise d’entrée – photo Virg Govignon

Comme quoi, même avec de l’expérience, on est toujours capable d’erreurs “de jeunesse”. Mon cas ne semble pas isolé, puisque, avec Benjamin, nous rattrapons le “reliquat” de sas plus jeunes, partis quelques minutes avant nous. La descente dans les gorges du Tarn, via une étroite route, est toujours aussi magnifique, bien que dangereuse aussi. Le camp militaire du Larzac reste, selon moi, le secteur clé de ce parcours aussi beau qu’exigeant.

Un sol qui change rapidement de compact à meuble – photo Virg Govignon

Très exposé au vent, il ne pardonne aucun cycliste esseulé(e). Mais, en étant trop proche, il s’avère dangereux car le sol devient régulièrement meuble sur des portions de longueur variable. Ces aspects rendent ce secteur éprouvant.

Très exposé au vent, le camp militaire ne doit pas s’aborder seul – photo Virg Govignon

Cette année, j’ai fait le choix de partir “léger” avec seulement deux petits bidons et quelques gels, en prévoyant de m’arrêter à chaque ravitaillement. Je ne regrette pas cette approche, même si j’ai continué à payer mon départ tonitruant une bonne partie de la matinée, avec un passage particulièrement dur entre les deux ravitaillements (70 et 100 km).

Il ne faut pas se fier à mon expression : je souffre ! photo Virg Govignon

Au final, je termine moins bien que l’an passé, avec 15 minutes de plus au chrono, péniblement dans la moyenne du classement de ma catégorie…

La chaleur éprouve nos organismes – photo Jean-Alexis Duthoit

Mais, c’est aussi là l’intérêt propre à la compétition. À force de glaner des KOM et de se tirer la bourre avec les copains, on peut finir par croire que l’on “est bon”. Rien de tel qu’une manche UCI pour savoir la vérité, factuelle et souvent cruelle. En cela, la compétition de haut niveau reste le juge de paix, salutaire et même nécessaire pour l’égo – souvent fort – des compétiteurs.

Ravitaillement des Elites au kilomètre 70 – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans tous les cas, je ne peux que vous encourager à franchir le pas, et à vous inscrire à cette épreuve. On n’en ressort jamais indemne, certes. Mais, on en ressort toujours avec des images en tête. Des images de paysages bouleversants, de concurrents impressionnants, que nous gardons en mémoire. Plus les corps souffrent, plus les images perçues se gravent profondément, laissant des souvenirs indélébiles.

La découverte du gravel race UCI par Benjamin

Il est 7 h 45, j’attends fébrile dans mon sas au milieu de mes camarades quarantenaires. À 8h04, nous serons ainsi lâchés pour parcourir les 130 km et 2400 m de dénivelé positif parmi les 850 participants à cette épreuve. C’est un peu le baptême du feu pour moi qui suis plus habitué à rouler en solitaire. Me retrouver au beau milieu d’une meute de chiens enragés me stresse quelque peu et par précaution (ou peur) j’ai préféré me placer en fond de sas. Cela me permet de discuter avec d’autres participants moins enclins à partir comme des fous. Je retrouve aussi Laurent, juste derrière la barrière, en première ligne de son sas.

Je suis un des premiers dans mon sas, mais il va vite se remplir – photo Jean-Alexis Duthoit

A 8h00, les Elites partent enfin, le départ est impressionnant. Les autres sas défilent toutes les minutes et enfin voilà notre tour. Cela part assez fort, mais les 8,5 km de montée vers le Pouncho d’Agast, nous emmenant sur le Causse noir, vont vite ralentir le groupe. J’essaie de rester sage en tenant ma cadence et je me fais doubler régulièrement par les plus rapides des sas suivants. Le rythme est clairement impressionnant.

C’est notre tour de partir, enfin – photo Jean-Alexis Duthoit

Arrivé sur le Causse noir, les sections gravel débutent et je crois que je commence doucement à me prendre au jeu. Les pistes sont propres, très roulantes et le paysage défile très vite, je me régale. Descente dans les gorges pour remonter sur le Larzac et découvrir ses larges chemins à travers champs. Le paradis du gravel sur des kilomètres.

Je roule un moment avec quelques Elites femme, comme ici dans une zone de ravitaillement – photo Jean-Alexis Duthoit

Ça attaque, je double dans les bosses, me fait doubler juste derrière, un vrai jeu vidéo ! Le temps passe vite et je continue comme ça sans voir le temps défiler ni même vraiment lever la tête. Prenant de l’adrénaline à la pelle.

Pas trop le temps de lever la tête dans ce format de course UCI – photo Jean-Alexis Duthoit

100 km depuis le départ à pousser sur les pédales comme un damné et la fatigue commence à se faire sentir. Je rejoins un camarade anglais avec qui je parcourrai les 30 derniers kilomètres, nous relayant et nous encourageant mutuellement jusqu’à la ligne d’arrivée que nous franchirons peu après 13 h.

La ligne d’arrivée – photo PhotoAdventure

Quelle expérience ! Je redoutais vraiment le côté course en paquet mais j’ai découvert l’excitation et l’énergie que cela apporte. L’impression d’avoir plongé la tête la première dans un mixeur et de ne pas avoir respiré pendant cinq heures. Ça va vite, les pistes sont incroyables et l’organisation assure parfaitement tout le long de la trace et aux ravitos, quel pied ! Un énorme et sincère merci, vivement la prochaine !

Les vainqueurs

Sur la photo ci-dessous se trouvent les récompensés – femmes et hommes – de la catégories Elite.

Les six premiers Elite femme & homme – photo Jean-Alexis Duthoit

Podium Elite femme :

  • 1 – WRIGHT Sophie (UK) en 04:35:25
  • 2 – SCHUGAR Sofia (USA) en 04:58:26
  • 3 – LAUBIG Leonie (DEU) en 05:06:57


Podium Elite homme :

  • 1 – DRECHOU Hugo (FRA) en 04:00:09
  • 2 – MICHELS Jente (BEL) en 04:00:13
  • 3 – PERRY Toby (UK) en 04:00:21

Classement complet disponible ici : Classement-wish-one-millau-grands-causses-2026

Vidéo “best of” de cette édition 2026 (réalisée par Activ Images) :


Laurent Biger
Laurent Bigerhttps://www.strava.com/athletes/20845281
Laurent Biger est un ex-compétiteur VTT XCO et XCM et le fondateur de More Gravel. Il est adepte du vélotaf et un passionné des sujets techniques. Les matériaux, la géométrie et les pneumatiques sont ses domaines de prédilections. Pour mener à bien ses tests, Laurent n’hésite pas à s'aligner sur des Gravel Race, notamment les courses UCI. Même si le Mont Ventoux reste son attache natale, Laurent bouge beaucoup, permettant ainsi de tester vélos et équipements dans les conditions les plus variées.

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