Début juin, nous vous annoncions que la marque Trek revenait aux lacets pour ses chaussures route haut de gamme. J’avais testé et adopté ce modèle RSL qui inaugurait la technologie Metnet, que l’on retrouve sur ce modèle 2026. Ce retour aux lacets n’est pas à voir comme une marque de nostalgie paradoxale dans le cyclisme de performance. Le laçage permet d’obtenir une répartition plus uniforme des tensions sur l’ensemble du pied, contrairement à certains systèmes mécaniques qui concentrent le serrage sur des points de pression. Possédant les deux modèles, je vais pouvoir comparer.

Dans le monde de la compétition, où tous les gains marginaux deviennent importants par leur cumul, le lacet est venu s’inviter sur la liste des micropoints d’amélioration. Déjà testées en course par Julien Bernard sur la Vuelta 2025, les coureurs de l’équipe Lidl Trek les ont portées sur le Tour de France. Trek s’inscrit dans cette tendance qui se développe chez les “pros”, à l’instar de Tadej Pogačar, qui utilise des chaussures avec lacets.

Même si cela supprime la capacité d’ajustement du serrage en course, les coureurs vont gagner des pouillèmes de watts avec des chaussures plus légères et surtout plus aérodynamiques. Ne comptez pas sur moi pour chiffrer le gain que j’ai obtenu avec ces belles chaussures blanches. Je vais axer mon retour d’expérience sur d’autres critères comme le confort, la thermorégulation et le ressenti du transfert de puissance.
Présentation





Elle est légère avec 217 g mesurés sur ma balance. Cette légèreté ressort également dans son apparence avec la suppression des Boa qui formaient 2 excroissances sur le modèle 2024. La semelle carbone est la même que celle du modèle 2024. Les lacets sont fins et légers.

Des lacets, c’est bien joli, mais il ne faut pas que ça flotte au vent. Pour éviter ça, la chaussure offre deux passants élastiques derrière lesquels on glisse la boucle. C’est très efficace : les lacets ne bronchent pas.


À l’essayage, je constate que le chaussant est nettement meilleur sur ce nouveau modèle. J’avais trouvé la “toe-box” (partie avant pour les orteils) du modèle 2024 un peu large pour mon pied, cette fois la forme est plus ajustée, sans pour autant comprimer le pied. Une fois les lacets serrés, le pied est bien maintenu et en même temps le confort intérieur est appréciable. On est loin de la rudesse de mes premières chaussures avec semelle carbone que je portais il y a huit ans.


Caractéristiques
- les zones de soulagement METNET extensibles qui s’adaptent à la forme du pied
- le dessin du talon qui permet une meilleure tenue du pied dans les phases de pédalage
- une semelle intérieure qui maintient bien le pied
- une plaque entièrement en carbone OCLV
- Taille : 38 à 48, par 1/2 pointure
- Couleur unique : blanc
- PPC : 349.99 €
Sur la route
37 °C au thermomètre du compteur et sans doute bien plus au niveau du bitume. Les pieds écrasent les pédales sous cette chaleur caniculaire. Sur cette première sortie de 87 km, je ne ressens aucun échauffement. À l’arrivée, après avoir déchaussé, mes pieds ne sont pas gonflés. La couleur blanche permet de mieux supporter la chaleur ; en général, à la surface du tissu, entre du blanc et du noir, on constate 10 °C de différence. Dans ma région méridionale, le blanc s’impose pour les chaussures et le textile en général.

Lorsque j’écrase les pédales en montée, le pied ne bouge pas, il est solidement maintenu dans la chaussure. J’utilise des pédales Look et des cales noires sans déport. La transmission de puissance est très bonne, je ressens cette fermeté de la semelle qui ne se déforme absolument pas. Je découvre même au niveau de la cheville un angle plus fermé dans la remontée de la pédale (cf. photo ci-dessus). C’est léger, mais l’arrondi du pédalage en profite un peu. La languette est plus souple avec le lacet qu’avec le serrage Boa.
Mon Avis

Je suis évidemment ravi de retrouver dans ce modèle Lace Road les qualités que j’avais appréciées dans le modèle 2024. La semelle est la même et elle offre toujours cet excellent transfert de puissance que je soulignais dans ce test. Toujours par rapport au précédent modèle, le mesh se montre plus enveloppant. Malgré la chaleur actuelle, je n’ai pas constaté de gonflement du pied lors de mes sorties. Ce phénomène pourrait être un inconvénient majeur par le fait que le réglage en roulant ne peut pas se faire avec des lacets.
J’ai aimé :
- l’ajustement au pied rendu possible par le laçage
- la légèreté de la chaussure
- le design épuré de ce modèle
J’aime moins :`
- Le temps de laçage avant de partir. Parfois je me dis que le Boa a du bon quand on est impatient de sauter sur son vélo 😉





