Fizik promet un compromis audacieux avec cette seconde génération de Ferox : associer une grande rigidité à un confort adapté aux longues distances. Lors de leur présentation officielle, nous vous avions détaillé leur fiche technique particulièrement alléchante. Il fallait maintenant vérifier ces promesses sur le terrain. J’ai donc enfilé ces Fizik Ferox 2 pour un essai de plus de 1 000 kilomètres à travers différents terrains gravel. L’étape majeure de ce test reste incontestablement les 340 kilomètres alpins du Gravelman Annecy. Vous retrouverez d’ailleurs le récit complet de cette aventure sur Bike Café.
Ce long kilométrage permet aujourd’hui de livrer un verdict plus précis. Évolution réussie ou simple lifting esthétique ? Après plusieurs centaines de kilomètres, il est temps de faire le point.

Anatomie de la chaussure : une conception pour la performance
Avant de rouler, détaillons la construction de cette nouvelle génération.
La semelle externe : Fizik utilise sa semelle X1 Full Carbon. Elle affiche l’indice de rigidité le plus élevé du catalogue de la marque. Un généreux revêtement en caoutchouc cramponné recouvre les zones nécessaires à la marche. Il assure une bonne adhérence sur les portions où il faut mettre pied à terre.

La semelle interne : la marque a travaillé la semelle interne pour assurer un bon soutien de la voûte plantaire. L’appui reste stable, même lorsque la pression augmente sur les longues phases de pédalage.
À l’intérieur du chaussant, des coussinets au niveau du talon participent également au confort et au maintien du pied.



L’upper (la tige) : l’enveloppe extérieure intègre un mesh laminé en polyuréthane déperlant. Ce choix permet de conserver une bonne ventilation tout en limitant les projections.
À l’intérieur, un chausson en Airprene entoure le pied. Il apporte une sensation de confort immédiate et participe au maintien.


Le système de serrage : la marque italienne conserve son approche hybride. Une sangle Powerstrap affinée verrouille le cou-de-pied. Un cadran BOA Li2 en aluminium permet ensuite d’ajuster précisément le serrage de l’avant-pied. Le système permet de modifier facilement le maintien en fonction du terrain et du moment de la sortie.


Premier gros test : 340 kilomètres sur le Gravelman Annecy
Le tracé alpin du Gravelman représentait le terrain idéal pour mettre cette paire à l’épreuve. Sur une distance de plus de 300 kilomètres, la moindre contrainte mécanique peut rapidement devenir pénalisante. La large sangle Powerstrap verrouille parfaitement le haut du pied. Le talon reste parfaitement en place, même dans les montées les plus raides. La plaque carbone X1 offre un excellent transfert de puissance tout en conservant un niveau de confort étonnant sur longue distance. Je n’ai ressenti aucune douleur sous la plante des pieds. Le laminé microperforé garantit également une excellente respirabilité malgré les températures chaudes de la journée. Surtout, la toebox élargie prend tout son sens au fil des heures. Elle laisse le pied gonfler naturellement sans occasionner de gêne ou de compression excessive.

Un Gravelman implique inévitablement des sections de portage, le fameux hike-a-bike. Soyons clairs, les Ferox 2 ne sont pas les meilleures à ce jeu. Leur grande rigidité limite le déroulé naturel du pied. Cependant, lors de cette édition à Annecy, je n’ai jamais poussé le vélo plus de quinze minutes consécutives. Dans ces conditions, l’exercice passe sans problème. Les crampons généreux accrochent bien le sol et sécurisent la marche.


Deuxième phase : sorties tempo en Slovaquie
J’ai poursuivi cet essai en Slovaquie pendant mes vacances. J’y ai enchaîné les parcours mixtes, avec environ 60 % d’asphalte et 40 % de pistes gravel.

La chaussure démontre un comportement remarquable sur ces profils roulants. J’ai particulièrement apprécié la transmission de puissance. La rigidité de la structure offre des sensations de pédalage proches de celles d’une chaussure de route. Chaque appui est précis et efficace. Lorsque le rythme s’accélère, cette rigidité devient un véritable atout.

Sur les portions plus tranquilles, il suffit de relâcher légèrement la molette BOA pour libérer l’avant-pied. Dans cette configuration, le chausson se révèle particulièrement agréable pour enchaîner les kilomètres.

Évolutions face aux Ferox 1 et différences avec les Vento Proxy
J’ai longuement roulé avec la première version des Fizik Ferox, notamment avec la fameuse édition rose du team Amani. Je pouvais donc facilement mesurer les changements apportés à cette nouvelle génération. L’ADN reste le même. Fizik a cependant corrigé un aspect important : le volume du chaussant. La boîte à orteils, ou toebox, gagne nettement en largeur sur cette version 2. Ce dégagement supplémentaire soulage l’avant du pied. Le gain se ressent particulièrement lors des longues journées, lorsque les pieds ont tendance à gonfler.
J’ai particulièrement apprécié le nouveau chausson. Dans mon cas, il élimine les inconforts que je pouvais ressentir au niveau du tendon et de la languette avec la génération précédente.

Comparons également ce modèle avec les récentes Vento Proxy. Des spécialistes de l’ultra comme Victor Bosoni ou Sofiane Sehili les portent cette année. Les deux modèles adoptent pourtant des philosophies assez différentes. Les Vento Proxy s’avèrent plus souples et tolérantes. Cette souplesse facilite grandement la marche sur les parcours très techniques avec des portages réguliers. Les Ferox 2 s’adressent davantage aux cyclistes en quête de rendement au pédalage. Leur structure est plus ferme et le maintien plus précis. Elles privilégient clairement l’efficacité sur le vélo.
Le choix dépendra donc avant tout du terrain et de la pratique. Pour un parcours roulant et rapide, la Ferox 2 prend l’avantage. Pour un itinéraire très technique avec de nombreux portages, la Vento Proxy apporte davantage de tolérance.


L’avis de Bike Café
Après plus de 1 000 kilomètres, dont les 340 kilomètres du Gravelman Annecy, le verdict est plutôt clair. La Ferox 2 n’est pas une simple évolution esthétique de la première génération. Fizik a conservé ce qui faisait le caractère de la Ferox : une semelle très rigide, un excellent maintien et un rendement proche de celui d’une chaussure de route. La marque a surtout amélioré le confort du chaussant avec une toebox plus généreuse et un nouveau chausson.
Cette rigidité reste toutefois à prendre en compte. Elle fait merveille lorsque l’objectif est de pédaler efficacement pendant de longues heures. Elle devient moins pertinente lorsque les sections de marche se multiplient.
Pour un gravel rapide, la longue distance et les épreuves d’ultra où l’on passe l’essentiel de son temps sur le vélo, les Ferox 2 constituent une évolution particulièrement réussie.
On a aimé :
- Le confort remarquable sur les longues distances ;
- Le look gravel race particulièrement réussi ;
- Le maintien irréprochable et la transmission de puissance ;
- La très bonne respirabilité du mesh microperforé ;
- la toebox plus généreuse que sur la première génération.
On a moins aimé :
- L’effort nécessaire lors du chaussage pour rentrer dans le chausson ;
- L’absence d’une boucle au talon pour faciliter la préhension lors de l’enfilage.
Avez-vous déjà roulé avec des chaussures de la gamme Fizik ? Posez vos questions ou partagez vos retours dans l’espace commentaires juste en dessous.
Infos pratiques
Modèle testé : Fizik Ferox 2 Carbon
Coloris : Black – Dark Forest, White – Light Grey, Light Grey – Mint Green.
Tailles : du 36 au 48 (demi-pointures disponibles du 37 au 47).



