Plusieurs marques ont dévoilé cette année des paires de lunettes de vélo intéressantes. Voici des modèles qui ont été testés et approuvés par notre équipe. Des lunettes dont la filtration va de la catégorie 2 à la catégorie 3, en passant par des optiques photochromiques (filtration variable en fonction des conditions de luminosité). Vous pouvez retrouver toutes nos pages sélection ici.
Demetz B-SUIT
Testées par Laurent
Demetz est une entreprise française fondée en 1950 par Roger Demetz, opticien formé à Morez, berceau lunetier du Jura. C’est une maison familiale, aujourd’hui dirigée par Gilles Demetz, fils du fondateur. Depuis les années 2000, la marque s’intéresse, entre autres, au cyclisme, en proposant des solutions adaptées à la vue. Dans le cas présent, pas (encore) de correction envisagée pour moi, mais le choix d’un modèle plutôt innovant.

En effet, voici les lunettes B-SUIT (adaptables à la vue par l’installation d’un kit optique chez un opticien agréé), qui embarquent un large mono-écran en polycarbonate de catégorie 3, nommé BORA.

Celui-ci est traité antibuée et oléophobe. Un châssis intégral protège cet écran. Quant au poids, il est dans la moyenne de la catégorie avec 36 g sur la balance. Enfin, le support pour le nez est ajustable et antidérapant :

Mais, intéressons-nous à l’innovation qu’apporte ce modèle : les branches inclinables ! Grâce à ce système 3FIT, sur pivot et relativement simple, on peut choisir 3 positions qui feront varier l’inclinaison de l’écran sur notre visage :
- RISE : pour le quotidien et les sorties actives (écran droit)
- RUSH : pour rester concentré et engagé (écran légèrement incliné)
- RACE : pour passer en mode performance maximale (écran incliné)
À l’usage
Si ce modèle est utilisé en ultra par Stéven Le Hyaric, mon usage avec ces lunettes fut différent, en se concentrant sur des sorties locales de 1 à 8 h. Immédiatement, j’ai souhaité tester les trois inclinaisons d’écran, rendues possibles par le système 3FIT. Pour cela, il faut appuyer (très) fermement sur le « bouton » situé à l’extérieur de chaque branche, tout en inclinant la même branche :



Sur mon exemplaire, l’effort demandé pour incliner les branches est très important. Trop important même, ce qui limite l’ergonomie de ce système, qui demande peut-être à « s’user » un peu pour devenir plus souple…

Dans mon cas, c’est finalement la dernière position, nommée « Race » qui a ma préférence. Elle semble la plus adaptée à ma position sur un vélo gravel ou de route. En effet, dans cette position, la partie basse du châssis vient fermer l’espace entre celui-ci et mon visage, limitant ainsi le flux d’air venant d’en dessous les lunettes. En plus d’amener un certain confort, cela protège, autant que possible, des remontées éventuelles venant de la roue avant. Un phénomène connu en VTT et gravel, surtout sur terrain boueux, où la roue avant peut venir projeter des particules de boue sur le visage.

La filtration solaire de catégorie 3 est impeccable en cette période estivale. Par ailleurs, j’apprécie particulièrement la très large couverture de l’écran, qui vient même en dessous du système de pivot des branches. En cela, cela fait de ces lunettes B-SUIT un modèle parfaitement adapté aux vitesses élevées, où les flux d’air sont plus violents.
- Prix : 129,90 €
- Page fabricant : DEMETZ B-SUIT
SunGod Vulcans Vent
Testées par Pierre
Sungod est une marque britannique des plus atypiques, qui débute en 2013 par l’intermédiaire d’une campagne de financement participatif sur Indiegogo. Le succès de la gamme lifestyle est immédiat, mais c’est en 2020 que le cyclisme devient un axe de développement majeur avec l’avènement de la technologie 8KO exclusive pour les Velans et Vulcans. La marque est d’ailleurs aujourd’hui partenaire de plusieurs équipes du World Tour : Netcompany INEOS Grenadier, Unibet Rose Rockets et Team SD Worx-Protime.

J’ai testé durant quelques semaines les toutes nouvelles Vulcans Vent. Il s’agit d’une déclinaison de l’iconique Vulcans, qui associe un verre de grande taille et une monture légère. La nouveauté provient des encoches présentes au niveau des extrémités horizontales et verticales de l’écran, pour optimiser la ventilation dans les conditions de fortes chaleurs.

Malgré un poids plume d’à peine 33 grammes, la qualité de fabrication est au rendez-vous. La structure rigide inspire confiance, avec l’utilisation de thermoplastique recyclé. Je note d’ailleurs l’absence de vis au niveau des charnières, puisque le fabricant fait le choix d’intégrer un mécanisme de verrouillage en plastique, directement sur l’extrémité des branches. Les branches sont d’ailleurs équipées d’un grip en silicone, dont le maintien est exemplaire. Enfin, chaque morphologie étant différente, trois tailles de coussinets sont fournies pour le maintien nasal.

À l’usage
J’avoue avoir eu quelques craintes à passer de mes habituelles Oakley Jawbreaker Clear to Black Iridium aux Vulcans Vent. Elles furent rapidement envolées, notamment lors d’une journée entière passée en leur compagnie, durant le challenge ultradistance de 700 km des Géants. En particulier lors des ascensions du Galibier puis de la Croix de Fer sous une chaleur écrasante, et lors desquelles j’ai pu apprécier l’excellente gestion thermique sur ce modèle. Aucune formation de buée n’est à noter. De plus, le positionnement et la taille des encoches de ventilation sont suffisamment bien étudiés pour éviter dans un même temps d’exposer l’œil dans les descentes.

À ce titre, la qualité du verre en nylon 8KO est indéniable. J’ai opté pour le modèle photochromique Iris Smoke qui couvre les catégories 1 à 3, ce qui permet une adaptation automatique du verre lorsque l’on roule aussi bien à l’aube ou au crépuscule qu’en plein soleil. La bascule d’une catégorie à l’autre, lors des passages qui alternent zones ombragées et ensoleillées, est assez efficace. Néanmoins, je préconise davantage l’écran Iris Photochromic pour une utilisation en journée. La teinte est moins transparente en catégorie 1 que mes lunettes habituelles. À l’opposé, elle est un peu plus foncée en plein soleil.

La qualité des contrastes est bonne, un sentiment d’autant plus renforcé par la taille du verre, qui aide à maintenir un excellent champ de vision. Pour ne rien gâcher, en plus des possibilités de personnalisations avancées au moment de l’achat, le fabricant offre une garantie à vie pour les dommages accidentels.
- Prix : 230 €
- Page fabricant : SUNGOD Vulcans Vent
POC Elicit Toric
Testées par Yann
POC est une entreprise suédoise fondée en 2005, initialement reconnue pour ses innovations majeures dans la sécurité des sports d’hiver, avant de s’imposer rapidement comme un équipementier de choix dans le cyclisme. Mêlant le design épuré scandinave et la rigueur scientifique, la marque équipe aujourd’hui de nombreux professionnels du peloton (EF Pro Cycling Team) et des sentiers. Pour ce nouveau test matériel, je vous présente un modèle pensé pour la performance : les POC Elicit Toric, dans leur très élégante déclinaison Hydrogen White équipée de l’écran Clarity Trail Partly Sunny Silver (catégorie deux).

Dès le déballage, les Elicit Toric impressionnent par leur poids plume de 23 grammes seulement. Ce design sans monture s’appuie sur des branches en Bio-grilamid biosourcé, ancrées directement sur l’écran. Côté ajustement, POC fournit trois tailles de coussinets nasaux interchangeables, tandis que le verre se remplace facilement pour s’adapter aux variations de luminosité.

Côté optique, la lentille torique biseautée conçue avec Carl Zeiss épouse les contours du visage et protège efficacement du vent et des UV (UV400). L’écran Clarity Trail de catégorie 2 accentue bien les contrastes sur les sentiers, tandis que le traitement Ri-Pel™ anti-salissures garde la vision claire face à la sueur, l’eau et la poussière.


À l’usage
C’est en Slovaquie, pendant mes vacances au mois d’août, que j’ai mis ces Elicit Toric à l’épreuve. Sur des parcours alternant passages en sous-bois et traversées de champs dégagés, le tout sous une canicule écrasante. J’ai rapidement pu vérifier que la promesse de la légèreté était tenue : avec 23 grammes sur la balance, je les ai littéralement oubliées après quelques minutes de pédalage. Le maintien s’est révélé irréprochable, les lunettes restant solidement ancrées sur mon nez sans glisser malgré la chaleur et la transpiration.

Pour ma part, le choix de cet écran de catégorie 2 s’est avéré particulièrement judicieux pour partir à la journée. J’ai apprécié sa capacité à gérer avec une grande fluidité les transitions lumineuses brutales entre l’ombre d’un sous-bois et la pleine lumière des champs exposés. Je les trouve particulièrement adaptées à un usage gravel.

Portant des lentilles de contact, je suis particulièrement sensible au flux d’air direct sur les yeux. La protection au vent offerte par la courbure torique et les bords biseautés est pour moi remarquable. Même dans les descentes rapides, la déviation des flux d’air est exemplaire et m’évite tout assèchement ou larmoiement désagréable. Enfin, malgré la canicule d’août et l’effort dans les ascensions à faible vitesse, la conception sans monture autorise une ventilation naturelle suffisante pour empêcher toute formation de buée.

- Prix : 200 €
- Page fabricant : POC Elicit Toric
Rudy Project Astral Arc
Testées par Laurent
Ces lunettes sont une nouveauté, dévoilée cette semaine par Rudy Project, mais que j’utilise depuis déjà un mois. Comme toutes les lunettes Rudy Project, les Astral Arc sont fabriquées en Italie. Celles-ci se veulent multisports. Elles sont faites en bioplastique Rilsan Clear, une matière réalisée à partir de l’huile des graines de ricin. Les graines sont broyées pour produire de l’huile de ricin. Ensuite, l’huile est raffinée pour produire la principale matière première biosourcée du polymère.

Ses principaux atouts sont la légèreté et la flexibilité, ajoutés à un engagement de la marque en faveur d’une fabrication écoresponsable, sous le concept Ride To Zero. Conçu pour s’adapter à une grande variété de formes de visage, ce modèle est équipé d’un verre cylindrique à géométrie optimisée.

L’une des caractéristiques des lunettes Rudy Project Astral Arc est le repose-nez entièrement réglable. Les verres RP Optics en polycarbonate sont de catégorie 3. À noter que ces lunettes sont compatibles avec un “insert optique” RX. Celui-ci permet une intégration transparente des verres de prescription. Quant au poids, il est d’environ 31 g, ce qui en fait un des modèles les plus légers du marché.

À l’usage
Comme souvent sur les lunettes haut de gamme, ce qui frappe immédiatement sur les lunettes Rudy Project Astral Arc, c’est le poids. C’est une des qualités marquantes de ce modèle. Comme souvent chez Rudy Project, la finition est excellente, tout comme le maintien sur le nez grâce à l’ajustement possible.


Désignées par le fabricant italien comme un modèle multisports, les lunettes Rudy Project Astral Arc se trouvent être plutôt bien adaptées à notre usage cycle. Sans pour autant égaler la surface de protection que peuvent offrir des modèles plus spécifiquement conçus pour le cyclisme.

Ce sont des lunettes que je conseille à des visages relativement larges. À mon avis, c’est un modèle idéal pour ceux qui alternent entre course à pied – notamment en trail – et le gravel ou encore le vélo de route.

Cette unique paire peut tout à fait convenir à ces activités outdoor que sont le Trail et le Gravel. Enfin, leur prix reste correct au regard des prestations offertes et de la fabrication européenne.
- Prix : 149,90 €
- Page fabricant : Rudy Project Astral Arc
Oakley SUTRO photochromic
Testées par Yann
Oakley est une marque californienne fondée en 1975 par James Jannard, initialement connue pour ses poignées de guidon de motocross. Elle est pionnière de l’industrie des lunettes de soleil de performance sportive au milieu des années 1980. La marque combine un design souvent audacieux et des technologies optiques de pointe. Du football aux parquets de basket, en passant par les icônes du cyclisme comme Mathieu van der Poel, il est aujourd’hui impossible d’être passé à côté d’une star mondiale arborant fièrement une paire d’Oakley, souvent à son nom ! Lancée en 2019 et vite adoptée par le cyclisme, je vous détaille mes lunettes de prédilection pour les aventures de plusieurs jours, j’ai nommé les Oakley Sutro photochromiques.

Dès le déballage, les Sutro s’imposent par leur look affirmé et leur grand masque enveloppant, inspiré à l’origine par la culture des cyclistes urbains. La monture est construite en « O Matter », un matériau exclusif à la marque, conçu pour être à la fois extrêmement léger et durable face aux contraintes et aux torsions. Côté ajustement, Oakley s’appuie sur ses fameuses plaquettes de nez en « Unobtainium », un caoutchouc spécifique dont l’adhérence augmente avec la transpiration. On note également le design très fin des branches, spécifiquement étudié pour se glisser sous les lanières de n’importe quel casque sans créer de point de pression au niveau des tempes. Sur la balance, l’ensemble affiche un poids très raisonnable d’environ 32 grammes, ce qui les place dans la bonne moyenne des modèles à très large couverture.



Côté optique, la lentille Clear to Black Iridium Photochromic est le véritable atout de ce modèle. L’écran s’assombrit ou s’éclaircit automatiquement en fonction de l’exposition aux rayons UV. Ce verre offre une transition fluide allant d’une transparence quasi totale, correspondant à une catégorie 0 pour rouler de nuit ou sous la pluie, jusqu’à une teinte sombre de catégorie 3 pour affronter le grand soleil. De plus, la marque californienne ne transige pas avec la sécurité : cet écran répond aux normes les plus strictes en matière de résistance aux chocs. Ce large masque continu épouse le haut du visage et offre un champ de vision panoramique.

C’est récemment sur la RAF 300 ainsi que sur le Gravelman Annecy que j’ai véritablement mis à l’épreuve ces Sutro photochromic. Sur ce type d’épreuve d’ultra-distance où l’on enchaîne les heures de selle de jour comme de nuit, la promesse du verre adaptatif change la donne : je n’ai plus besoin d’emporter une seconde paire de lunettes. La transition de la teinte se fait de manière douce et naturelle. Lors des passages nocturnes, la vision reste parfaitement claire, et dès que le soleil se lève, l’écran s’assombrit suffisamment. La Sutro photochromic est l’une des rares à couvrir les catégories 0 à 3. L’intégration avec mon casque est quant à elle sans fausse note.

La large surface de couverture du masque Sutro s’est révélée être un bouclier redoutable contre le vent, apportant un grand confort dans les longues descentes. Le maintien s’est également montré irréprochable : malgré la transpiration et l’effort, l’Unobtainium remplit son rôle à la perfection et la monture ne glisse pas sur le nez. Enfin, malgré la taille imposante de l’écran, je n’ai constaté aucun problème de buée gênant lors des ascensions à faible vitesse. L’architecture de la monture maintient intelligemment le verre à bonne distance des pommettes, laissant l’air circuler correctement autour de la structure.


- Prix : 210 €
- Page fabricant : Oakley Sutro Photochromic


