L’édito de Bike Café
Ce matin, le refrain d’une chanson populaire d’Alain Souchon me prend la tête. Samedi, nous avons roulé autour de la Sainte-Victoire, ce gros caillou de 18 km de long, posé majestueusement sur la terre de Provence. Ce rendez-vous avait pour prétexte de fêter l’anniversaire des 10 ans de Bike Café : « Laissez-moi rêver que j’ai dix ans… », chante Souchon. C’est justement une cohésion pionnière de rêve, soudée par le gravel, qui nous a rapprochés. Elle a permis d’enfanter un média qui a grandi. Le bébé a très vite enfourché toute sorte de vélos, mais le gravel reste son chouchou. J’ai retrouvé samedi avec émotion les amis qui ont porté avec moi ce projet spontané et original, qui a su plaire à de nombreux lecteurs. Certains nous suivent depuis le début, séduits par la sincérité du projet. (La montée vers le Col des Portes – Photo Laurent Biger)

Récemment, je partageais avec un ami un questionnement antonymique, qui me poursuit depuis longtemps : et si le passé était notre avenir ? Ça pourrait être le sujet de philo du bac que je n’ai jamais passé. En roulant samedi avec mes amis sur ces pistes du souvenir, j’ai trouvé une partie de la réponse. Ce que nous avons fait dans ce proche passé nous a ouvert des possibles. Ce passé est devenu le moteur de notre avenir. Il nous pousse dans les côtes, quand la pente devient plus raide et ce samedi j’en ai eu besoin. Antoine de Saint-Exupéry disait : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible ». J’aime bien cette façon de voir l’avenir, qui nous éloigne de la boule de cristal pour nous rapprocher d’une imagination prospective et constructive. Nous avons rendu possible la création de Bike Café. Ce passé, revécu le temps d’un anniversaire, m’a plongé dans l’avenir.

Pour vous, lecteurs de la première heure ou plus récents de Bike Café, soyez sûrs que nous ne renions pas l’esprit pionnier de notre média. Les nécessités économiques ont apporté quelques adaptations (il faut bien manger), mais notre esprit de découvreurs reste intact. Nous parlons de lieux vélos qui s’ouvrent, de marques qui se lancent, de projets qui se créent… Nous aimons la culture vélo. Le vélo est pour nous un outil de liberté, créateur d’émotions. Il m’en a encore procuré beaucoup ce week-end dernier sur la Sainte-Victoire. Il nous porte vers la découverte et nous inspire l’aventure. Venu du passé, il nous transporte vers l’avenir que nous redessinons avec vous.
Samedi nous étions entre 40 et 50 cyclistes (je n’ai pas compté) chevauchant des vélos de gravel. Certains sont venus de loin et même à vélo, chapeau ! Un sacré cadeau d’anniversaire pour nous de voir ce peloton joyeux se balader avec nous sur les pistes du souvenir. Nous avons partagé à l’arrivée les bières offertes par Bikery et les victuailles apportées par les participants. Rendez-vous maintenant dans le Var où More Gravel organisera également une deuxième sortie anniversaire. On vous donnera bientôt la date.
Ce matin je chantonne dans ma tête… “Ça fait bientôt 68 ans que j’ai dix ans.
Ça paraît bizarre, mais si tu m’crois pas, hé… T’ar ta gueule à la récré“
Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<


