Avec Mylulubike, le marché du vélo pliant accueille un nouvel acteur français qui cherche à dépasser le simple usage urbain. La marque développe un vélo compact pensé pour conjuguer mobilité quotidienne, intermodalité et polyvalence. Dans un univers largement dominé par Brompton, devenu au fil des années une référence du vélo pliant, Mylulubike fait le choix d’une approche différente autour de la fabrication française, de composants standardisés et d’un comportement routier plus proche d’un vélo classique.
Le projet s’inscrit aussi dans une évolution plus large des pratiques cyclistes. Le train + vélo, les micro-aventures ou encore les déplacements multimodaux incitent aujourd’hui certains utilisateurs à rechercher des vélos capables de sortir du simple cadre urbain. C’est en découvrant l’exploit de 5 femmes cyclistes de l’Audax Club parisien qui ont accompli une flèche Velocio de 406 km en moins de 24 heures que j’ai découvert ce vélo. Bike Café, média curieux par nature, a voulu en savoir plus. J’ai appelé Guillaume Lurois, Lulu pour les intimes (d’où le nom de la marque), pour parler de ce projet qui lui a pris quatre ans de sa vie pour aller de l’idée à l’industrialisation.

Mylulubike : un vélo pliant conçu et fabriqué en France
“Je cherchais un moyen de transport en complément du train pour me rendre à Paris pour mon travail. J’ai cherché un vélo pendant un an et je n’ai pas trouvé ce que je voulais…“, me dit Guillaume. C’est souvent à partir de cette même réflexion que se bâtissent les projets qui ont du sens. Il voulait en fait un vélo pliant fait pour la campagne et la ville. Guillaume est ingénieur en mécanique. Avec l’idée de départ et son besoin, il a réfléchi à la solution passant par l’adoption de roues de 20 pouces, qui à l’époque n’étaient pas montées sur ce type de vélo.

“Je n’étais pas un cycliste, mais j’avais ce besoin d’un utilisateur ayant 20 ans d’expérience dans l’utilisation des moyens de transports…”. Cette motivation incite Guillaume à se lancer en 2020, en pleine période covid, dans la conception d’un vélo qui pourrait s’adapter à un parcours route hors agglomération et à un trajet en ville tout en étant pliant pour se ranger dans un coffre de voiture, dans un compartiment de train, dans un appartement…

Le développement de Mylulubike repose sur une volonté affichée de produire localement. Dans une industrie du cycle largement mondialisée, la marque française s’appuie sur une fabrication et un assemblage réalisés en France. Ce choix implique forcément certaines contraintes économiques et industrielles. Mais cette proximité permet davantage de contrôle sur la fabrication, une meilleure réactivité, et un suivi plus précis du produit. Mylulubike rejoint ainsi plusieurs jeunes marques françaises qui tentent aujourd’hui de relocaliser une partie du savoir-faire cycle.
Le podcast avec Guillaume Lurois
Un pliage pensé pour un usage quotidien


Le cœur du projet reste évidemment le pliage. Sur ce point, Guillaume Lurois a développé sa propre cinématique afin de proposer un vélo compact sans trop sacrifier le comportement routier. L’objectif est de proposer une bonne rigidité, une prise en main simple et un pliage compatible avec les usages du quotidien. Le vélo peut ainsi trouver sa place : dans les transports en commun, au bureau, dans un coffre de voiture ou dans un appartement urbain. Cette logique de mobilité multimodale devient aujourd’hui centrale dans le développement du vélo pliant.
“Si une fois plié, le vélo ne rentre pas dans un volume de 80 x 60 x 40 cm, ça va bloquer quelque part. Mon vélo ne peut pas rivaliser avec le Brompton 16 pouces en termes de compacité, mais il fallait faire des compromis pour lui offrir des roues de 20 pouces et cette polyvalence”, explique Guillaume.
Mylulubike et le choix d’un format de roue plus polyvalent

L’un des éléments distinctifs du vélo concerne son format de roue. Contrairement à certains pliants très compacts utilisant de petites roues, Mylulubike adopte un diamètre permettant de conserver un comportement plus proche d’un vélo classique. Ce choix apporte davantage de stabilité, un meilleur rendement et plus de confort sur longues distances. Mylulubike veut sortir le vélo pliant de son image strictement urbaine pour l’ouvrir à des usages plus variés. Cette orientation apparaît d’autant plus intéressante que certains utilisateurs envisagent désormais des randonnées légères, du cyclotourisme ou des voyages en train + vélo.
Une standardisation pensée pour l’entretien et l’évolutivité
Autre axe développé par Mylulubike : l’utilisation de composants standardisés. Dans l’univers du pliant, de nombreux modèles utilisent des pièces spécifiques parfois difficiles à remplacer ou à faire évoluer. Mylulubike a pris une direction différente avec des composants plus standards permettant une maintenance simplifiée grâce à une compatibilité plus large avec le marché du cycle traditionnel.



Cette approche pourra faciliter l’entretien, les réparations ou certaines personnalisations, comme cela a été le cas pour la Flèche Velocio que les deux jeunes femmes ont réalisée sur des vélos Mylulubike. Elle rejoint également une réflexion plus globale autour de la durabilité et de la réparabilité des vélos.
Mylulubike : du vélotaf au voyage léger
Le vélo pliant reste souvent associé aux déplacements domicile-travail. Pourtant, certaines expériences récentes montrent que ces vélos peuvent également sortir de cet usage initial. Deux cyclistes ont notamment participé à une Flèche Vélocio avec des Mylulubike en parcourant 406 kilomètres en 24 heures. Ce type d’expérience contribue à faire évoluer l’image du vélo pliant. Je vous invite à découvrir ici le récit de Mauve Leroy qui relate cette aventure à vélo pliant.

Le développement du train + vélo pourrait également renforcer cette tendance. Un vélo compact et facilement transportable ouvre de nouvelles possibilités :
- voyages sans voiture ;
- itinérance légère ;
- découverte de territoires accessibles en train.

Dans ce contexte, le vélo pliant ne représente plus uniquement une solution pratique pour la ville, mais aussi un outil de liberté logistique.
Une autre lecture du vélo pliant
Face à une référence historique comme Brompton, Mylulubike ne cherche pas uniquement à proposer une alternative esthétique ou tarifaire. La marque veut plutôt développer une autre lecture du vélo pliant :
- davantage tournée vers la polyvalence ;
- moins enfermée dans le seul usage urbain ;
- plus proche des nouveaux usages du vélo.
Cette évolution accompagne un marché qui devient progressivement plus mature et plus diversifié.
Caractéristiques et prix
- Cadre Chromoly 25CD4S made in France
- 3 modèles : City (1850,00 € – 1999,00 €), Sport (2280,00 € – 2429,00 €) et Electrique (bientôt disponible)
Mon avis
Avec Mylulubike, le vélo pliant français explore une voie différente fondée sur la polyvalence, la standardisation et la fabrication locale. La marque démontre qu’un vélo compact peut aussi répondre à des usages plus larges que le simple vélotaf urbain. Dans un contexte dans lequel les pratiques cyclistes évoluent vers davantage d’intermodalité et de mobilité légère, ce type de projet pourrait contribuer à faire évoluer l’image du vélo pliant vers une solution plus ouverte au voyage et à l’aventure du quotidien. Reste à Guillaume à nouer des partenariats avec des marques d’équipements, si possible françaises, pour équiper les Mylulubike et augmenter la part “made in France” de ce vélo prometteur.
Pour en savoir plus ou pour faire un essai de ce vélo, vous pouvez contacter Guillaume Lurois via son site internet : https://mylulubike.com/





