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1200 km au guidon du Cyfac Paradox

Après quelques semaines de silence un brin angoissant, la bonne nouvelle est tombée : la reprise de la société Cyfac est désormais officielle ! En effet, c’est en s’associant avec l’équipe de CMT Bike que la célèbre marque française va pouvoir continuer à œuvrer. Dorénavant, chaque marque de ce groupe se spécialise sur un matériau : le carbone pour Cyfac, l’acier pour Meral et le titane chez CMT Bike. Aussi, c’était pour nous presque une évidence de vouloir tester un Cyfac en carbone. C’est chose faite, avec l’essai de ce Paradox, à l’entraînement et en compétition. Photo de couverture : SD Créations Photoventoux.

Cyfac Paradox – photo Laurent Biger
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Cyfac Paradox : présentation

À vrai dire, notre contributeur Hugo avait déjà perçu l’intérêt d’évoquer le Cyfac Paradox quand il était encore au stade de prototype en 2022. D’ailleurs, je vais reprendre certains de ses éléments pour expliquer la conception de ce vélo de route.

Cyfac Paradox – photo Laurent Biger

Un cadre en carbone, français et artisanal

Pour ses réalisations en carbone, Cyfac travaille de concert avec l’Atelier des Composites. Avec le Paradox, Cyfac présente un cadre moderne, tout en s’appuyant sur un savoir-faire artisanal d’excellence. Fidèle à son attachement au sur-mesure, Cyfac propose, en plus de la géométrie personnalisable, de pouvoir jouer sur les fibres pour personnaliser aussi la rigidité du cadre.

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
La conception du cadre Paradox aura nécessité plus de 18 mois d’études et de développement – photo Cyfac

Une réalisation artisanale et moderne

Cyfac s’appuie sur un montage par stratification de différents tressages de carbone. C’est l’Atelier des composites qui fabrique les tubes en carbone (fibre T700HR) de ce modèle Paradox. Ils sont positionnés sur une table de montage, sur laquelle les angles sont définis par rapport aux cotes du futur propriétaire. Après un collage de positionnement, un nappage des éléments est réalisé par trois couches. La première est en Kevlar, essentielle pour la rigidité et la solidité, puis les deux autres sont en carbone et viennent stratifier les raccords.

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Les tubes en carbone du Paradox – photos Cyfac

Comme souvent dans les réalisations en carbone sur le sol européen, nous ne sommes donc pas en présence d’un cadre monocoque. L’avantage principal de ce procédé est avant tout la personnalisation, mais également de pouvoir disposer d’un outil industriel réactif et adapté à des petits volumes de production.

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Le cadre en cours de fabrication – photo Cyfac

Le kit cadre

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Un kit cadre au dessin moderne – photos Cyfac

Ce vélo haut de gamme se dote d’un cadre qui arbore les derniers standards avec des axes traversants et des interfaces d’étriers de frein Flatmount.

Cadre & fourche accueillent des étriers au standard flatmount – photo Laurent Biger

L’ensemble est réussi esthétiquement et respire la sportivité.

Une ligne sportive – photo Laurent Biger

Une silhouette qui évoque presque un vélo « aéro » dans sa partie arrière. D’un design singulier, ce kit cadre offre une finition résolument haut de gamme.

Une silhouette qui évoque presque un vélo « aéro » dans sa partie arrière – photo Laurent Biger

Quatre inserts s’y répartissent, permettant notamment de fixer les habituels porte-bidons. Le boîtier de pédalier est au format T47, ce qui est un bon point pour la simplicité de son entretien. 

Boitier de pédalier au format T47 : on ne va pas s’en plaindre – photo Laurent Biger

Les haubans rejoignent le tube de selle assez bas. Cette forme de cadre, répandue, participe à optimiser la filtration verticale.

Jonction haubans / tube de selle – photo Laurent Biger

Un peu plus haut, le collier de serrage de selle est bien intégré. On peut noter que malgré sa forme complexe et aéro, le cadre abrite une tige de selle de section ronde. Un choix qui se veut finalement classique, mais non dénué de sens, puisque cela offre au propriétaire un large choix de tiges de selle.

Un tube de selle à la forme complexe et aéro mais une tige de selle de section ronde – photo Laurent Biger

Quant à la clearance (dégagement) qu’offre le cadre du Paradox, Cyfac annonce un maximum de 40 mm en roues de 700. Soit une marge confortable et parfaitement en phase avec les besoins des pratiquants du “vélo de route moderne”, qui ne refusent plus, par choix ou obligation, les routes au revêtement dégradé.

Dans le cas présent, un pneu de 32 mm équipe ce vélo – photo Laurent Biger

Plus à l’arrière, le cadre est désormais compatible avec la norme UDH (brevet SRAM). Ce choix garantit une rigidité optimale, devenue essentielle pour les transmissions modernes, et une compatibilité avec les groupes SRAM de type Full Mount (sans patte de dérailleur). En conséquence, l’axe traversant de 142×12 mm est lui aussi standardisé, afin de pouvoir s’introduire dans l’interface UDH, qui impose un filetage M12 x 1.0. Pour en savoir plus sur l’UDH, je vous invite à lire mon article à ce sujet : UDH : trois lettres qui changent le marché – Bike Café.

Cadre compatible UDH – photo Laurent Biger

Mais, revenons à l’avant du vélo, pour découvrir cette imposante douille de direction, parfaitement cylindrique. Encore souvent conique il y a quelques temps, dorénavant ce format de douille de direction est devenu plus courant, conséquence de l’intégration totale des gaines. En effet, les concepteurs font désormais ce choix pour obtenir un volume intérieur plus conséquent, favorisant le routage interne des gaines.

Une douille de direction imposante, qui signe l’identité de ce cadre – photo Laurent Biger

La fourche

La douille de direction accueille une fourche intégralement en carbone, conçue autour d’un axe traversant de 12 × 100 mm, et tout comme le cadre, d’une conception Flat-Mount pour fixer l’étrier de frein.

La fourche du Cyfac Paradox – photo Laurent Biger

Géométrie du Cyfac Paradox

Cyfac réalise le kit cadre du Paradox sur-mesure. De ce fait, les données visibles ici ne concernent que cet exemplaire de test.

Cet exemplaire se caractérise par une géométrie relativement classique, à mi-chemin entre un vélo de route “endurance” et un vélo de route “de course”. L’acquéreur d’un Cyfac Paradox pourra, dans les premiers temps, initier sa réflexion à partir de ces tailles de référence :

C’est à partir de ces tailles de référence que l’acquéreur pourra dialoguer avec Cyfac pour étudier les ajustements de géométrie.

Équipements du Cyfac Paradox

Sur le plan de la transmission et du freinage, c’est SRAM qui équipe ce Cyfac. Plus précisément, on retrouve un groupe complet Force AXS de génération D2, 2 x 12 vitesses.

Groupe SRAM Force AXS D2 – photo Jean-Alexis Duthoit

Roues et pneus

Les roues sont les Wind 42 du catalogue Fulcrum. Plus précisément, des moyeux en aluminium équipent ces roues, dont la fixation des disques est au format Center Lock. Qualifiées Tubeless Ready, les jantes sont en carbone, de 42 mm de hauteur et d’une largeur interne de 23 mm.

Les roues sont les Wind 42 du catalogue Fulcrum – photo Laurent Biger

Ce set pèse autour de 1510 g. Quant à la monte pneumatique, j’ai commencé mon test avec une paire de Hutchinson Performance ElevenStorm en 700 x 28 mm, en chambres à air. Puis, pour le programme du test envisagé, j’ai monté par la suite une paire de Vittoria Corsa Pro Control en 700 x 32 mm, en tubeless. Pour en savoir plus sur ces pneus, retrouvez mon test dans cette sélection.

Périphériques

On retrouve sous les mains un cintre en carbone Columbus Trittico d’une largeur de 440 mm. Quant à la potence Ritchey Comp, elle est en aluminium, et d’une longueur de 90 mm pour un angle négatif de 6 degrés.

À l’opposé se trouve une tige de selle en carbone Columbus Trittico, dessinée pour apporter un léger flex. Le système de serrage est dans le cadre, et s’actionne par une vis six pans creux qui est sur le top-tube. Là-dessus se dresse une selle San Marco Aspide Short Dynamic.

Tige de selle en carbone Columbus Trittico – photo Laurent Biger

Pour finir cette présentation statique, on notera que ce kit cadre n’est pas homologué UCI. Un point important pour les coureurs Elite, les plus concernés par d’éventuels contrôles en début ou fin de course. Quant à la balance, elle indique un poids de 8,0 kg.

Le Cyfac Paradox à l’épreuve des routes

Mon test de ce vélo s’est déroulé en deux phases. Premièrement, une phase de prise en main et d’entraînement. Puis, deux épreuves sur route étaient au programme : un championnat national fédéral au mont Ventoux, suivi d’une épreuve du Savoie Tour. Au final, j’ai pu rouler 1210 km avec ce vélo.

1200 km au guidon du Cyfac Paradox – photo Jean-Alexis Duthoit

Même avec la monte pneumatique d’origine (Hutchinson Performance ElevenStorm 700 x 28 mm, en chambres à air), je suis agréablement surpris par le confort de ce vélo. Le triangle arrière, malgré sa compacité, se révèle efficace pour filtrer les aspérités des routes secondaires. Pourtant, son look presque aéro aurait pu laisser penser le contraire. De même, l’avant du vélo est en cohérence avec le triangle arrière, apportant ainsi un confort appréciable. Ce qui n’empêche pas ce train avant d’être précis et suffisamment réactif. En effet, que ce soit à l’entraînement ou en compétition, la maniabilité a toujours été au rendez-vous.

Cyfac Paradox dans l’arrière pays varois – photo Jean-Alexis Duthoit

Une fois équipé en pneus Vittoria Corsa Pro Control en 700 x 32 mm (en tubeless), le vélo a gagné sur tous les plans, en premier lieu sur le confort, mais aussi sur l’adhérence, renforçant ainsi le sentiment de sécurité à son guidon.

Le confort est sûrement la qualité la plus marquante de ce vélo – photo Jean-Alexis Duthoit

Quant au rendement, cet exemplaire n’a pas été conçu pour être particulièrement rigide. C’est d’ailleurs pour cette raison également qu’il est aussi confortable. De ce fait, un compétiteur pourrait mettre à mal – dans certaines situations – la rigidité du kit cadre. Mais c’est là un choix assumé du fabricant pour cet exemplaire. Sans oublier que chaque kit cadre du Paradox est étudié en prenant en compte les exigences du futur propriétaire. Ainsi, celui-ci peut tout à fait demander un surcroît de rigidité pour couvrir le périmètre d’utilisation prévu.

Plus que dans les relances, c’est au train que l’on apprécie le rendement du Cyfac Paradox – photo Jean-Alexis Duthoit

Pour ma part, et pour l’utilisation que j’ai pu faire de cet exemplaire, celui-ci a répondu à mes attentes dans 95 % des cas. Je pourrais juste noter que j’aurais souhaité un cadre et une fourche légèrement plus rigides pour pouvoir rester précis au-delà des 70 km/h (en descente de col, comme j’ai pu le faire sur le mont Ventoux par exemple).

Sur le géant de Provence – photo Ventoux1912

Cyfac Paradox : au bilan

Rare, et même exclusif, le Cyfac Paradox attire les regards et les questions. À son guidon, ce vélo réunit l’essentiel des qualités que l’on attend d’un vélo de route moderne. Pour autant, nous sommes bien là en face d’un produit d’exception, sur-mesure, dont le prix le place hors de portée pour beaucoup d’entre nous. Mais, pour celles et ceux qui peuvent en étudier l’acquisition, le Cyfac Paradox peut mettre en avant une fabrication française, ce qui est rare dans le domaine des cadres en carbone, et une finition exceptionnelle. On peut légitimement penser que Cyfac continuera à le faire évoluer, au gré des souhaits de futurs propriétaires, pour garder le Paradox concurrentiel face à la concurrence européenne de même gamme.

  • Caractéristiques de l’exemplaire testé : cyfac.fr/paradox
  • Prix : à partir de 6990 € TTC (vélo complet)
Laurent Biger
Laurent Bigerhttps://www.strava.com/athletes/20845281
Laurent Biger est un ex-compétiteur VTT XCO et XCM et le fondateur de More Gravel. Il est adepte du vélotaf et un passionné des sujets techniques. Les matériaux, la géométrie et les pneumatiques sont ses domaines de prédilections. Pour mener à bien ses tests, Laurent n’hésite pas à s'aligner sur des Gravel Race, notamment les courses UCI. Même si le Mont Ventoux reste son attache natale, Laurent bouge beaucoup, permettant ainsi de tester vélos et équipements dans les conditions les plus variées.

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