L’édito de Bike Café
Ce matin, sur mon petit vélo, je pense à l’article de Guillaume Judas sur 3bikes.fr. Guillaume analyse finement le sens du mot embargo dans le contexte de nos relations presse avec les marques. Ce terme fleurit actuellement les communiqués que les marques nous adressent. Ce mot possède plusieurs significations et celle que j’avais plus généralement en tête était celle d’une mesure coercitive qui s’appuie sur des moyens diplomatiques, judiciaires et militaires. L’État qui en est victime peut se trouver alors dans une situation de pénurie. Je pensais immédiatement à ce qui s’est passé dans les années 60 quand les États-Unis l’avaient décrété à l’encontre de Cuba et qui semble d’ailleurs perdurer. Guillaume nous explique que l’embargo est devenu un drôle de jeu entre marques et médias. C’est particulièrement le cas en ce moment où il ne se passe pas une semaine sans que nous recevions des communiqués et un flot de photos d’illustration très scénarisées qui seront publiables à la date et à l’heure de la levée de l’embargo. Si les coulisses de ce petit jeu vous intéressent, lisez l’article de Guillaume, mais pour beaucoup d’entre vous je suis sûr que cette « tambouille » médiatique ne vous intéressera pas. (Sur la couv : un presscamp en 2021 dans les Dolomites italiennes chez Q36.5 avec Dan de Rosilles – photo Q36.5)

D’ailleurs est-ce vraiment l’activité principale d’un média d’information ? Non, pas vraiment, mais comme les autres nous relayons ces communiqués qui font partie de l’actualité du monde du vélo. Pour être clair avec nos lecteurs, cette rubrique chez nous s’appelle « L’écho des marques ». En effet, nous nous faisons l’écho de ceux qui annoncent leurs nouveautés. Nous y apportons un avis, mais avec la distance nécessaire sur les assertions souvent flatteuses et non vérifiables au moment où l’on publie. Et s’il y a une date de levée d’embargo, nous la respectons sans tricher. Tous les médias numériques vont ainsi jeter au même moment sur les “autoroutes” de l’information la même info : embouteillages assurés. Pour pimenter la chose et nous stimuler, les marques appliquent « l’exclu », c’est-à-dire le choix d’un média qui aura le vélo ou l’équipement avant les autres pour qu’il le teste en avant-première. C’est une pratique qui existe dans la presse en général pour favoriser celui qui, selon l’appréciation de la marque, produira l’impact le plus fort.
Nous avions eu autrefois ce privilège, comme celui d’être invités à de sympathiques voyages de presse, et je vous avoue qu’au début ça fait plaisir, surtout lorsqu’on crée un média. Aujourd’hui, nous sommes peu courtisés de cette manière et ce constat nous a inspiré la création d’autres rubriques dans lesquelles nous parlons plus de l’expérience vécue que des potentialités d’un produit. C’est ainsi que Laurent et Benjamin ont roulé une épreuve UCI en gravel à Millau, Benjamin un Bikingman au Maroc, Pierre a roulé l’UBF 300 km dans les Cévennes, moi une Ardéchoise, Colin et Jean-Louis une découverte du Vercors… et ce n’est pas fini car Yann et Pierre nous parleront bientôt de la RAF (Race Across France) 300 et 500 qu’ils ont terminée le week-end dernier. Nous profitons de toutes ces participations pour effectuer des tests sérieux de produits réalisés en contexte réel avec à la clé des kilométrages roulés significatifs. Je fais une nouvelle fois référence au questionnaire lecteur que vous nous avez massivement retourné, qui salue ce choix. Notre pratique du vélo ressemble à la vôtre et c’est ça qui fait l’originalité de Bike Café. Au-delà des embargos, nous nous sentons libres, même si nos démarches pour accéder aux nouveautés auprès des marques deviennent de plus en plus difficiles.
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