À la recherche d’une paire de roues en carbone performante pour mon vélo de route, légère et abordable, le marché actuel du cycle nous offre parfois de belles surprises. Éloignons-nous un instant des catalogues des marques traditionnelles pour examiner de près une nouveauté qui bouscule sérieusement les codes. La marque Superteam frappe fort avec son modèle S-All Carbon Ultra H2 D30-50, spécifiquement conçu pour les freins à disque.

Unboxing
Sur le papier, la fiche technique a de quoi faire tourner les têtes. Ces roues affichent des caractéristiques dignes des modèles les plus prestigieux du peloton : un poids plume annoncé à 1290 grammes la paire, des rayons en carbone profilés, et surtout, un design de jante ondulé taillé pour optimiser l’aérodynamisme. Superteam propose l’ensemble à un tarif défiant toute concurrence, sous la barre symbolique des 1000 euros. Une promesse alléchante qu’il fallait absolument vérifier sur le bitume.

Pour confronter cette belle théorie à la rudesse de la réalité, j’ai décidé de monter ces jantes au look atypique sur mon Cannondale SuperSix EVO 3 de 2025. Le protocole de test s’est voulu représentatif d’une pratique polyvalente. Mon terrain de jeu s’est divisé en deux phases distinctes : un usage vélotaf intensif et nerveux sur la corniche reliant Cannes à Beaulieu, parsemé d’incursions sportives sur le mythique col d’Èze, suivi de longues sorties d’endurance dépassant les 100 kilomètres.

Design et performances
La première chose qui attire le regard sur cette paire de roues, c’est indéniablement le profil atypique de ses jantes de 50 millimètres. Loin des standards lisses auxquels le marché nous a habitués, Superteam a fait le choix d’une esthétique radicale qui cache une véritable ingénierie au service du rendement.

Biomimétisme et aéro
Les ingénieurs ont puisé leur inspiration à la source pour concevoir cette jante. Le profil ondulé s’inspire de la morphologie des nageoires de baleines à bosse, un bel exemple de biomimétisme, cette aérodynamique directement inspirée par la nature. Cette approche audacieuse rappelle d’autres tentatives sur le marché. On pense notamment à certaines marques référentes comme Zipp, qui se sont essayées aux surfaces travaillées en alvéoles inspirées des balles de golf pour optimiser l’écoulement de l’air et limiter la traînée.

Superteam associe cette conception bionique à des cavités en forme d’ailerons de requin, directement disposées sur la surface de la jante. Ce travail de texture n’est pas un simple artifice visuel. Étonnamment efficace, cette surface permet de canaliser les flux d’air de manière plus optimale qu’une jante totalement lisse. En pratique, ce design aide la roue à mieux fendre l’air frontalement, tout en conservant une excellente stabilité face aux rafales latérales. Ce paramètre devient crucial lorsque l’on circule sur des routes côtières ou exposées au vent.

Légèreté absolue
Sous cette robe travaillée, la structure fait appel à de la fibre de carbone T800, judicieusement renforcée par du carbone T1000 au niveau des perçages pour garantir une robustesse à toute épreuve face à la tension. Mais là où la marque frappe un grand coup, c’est sur le choix du rayonnage. Les jantes sont couplées à des rayons en carbone profilés de 3,2 millimètres de large. Avec un poids unitaire affiché à seulement 1,75 gramme, ils contribuent massivement à la baisse de l’inertie périphérique. Pour aller au bout de cette démarche d’allègement, Superteam opte pour un alliage de titane pour les écrous.

À l’épicentre de ce montage, on retrouve un moyeu propriétaire Superteam doté d’un système à rochets de 54 dents. Ce mécanisme interne s’inspire directement du célèbre standard éprouvé par DT Swiss. Grâce à ces deux anneaux crantés, il offre un angle d’engagement très court de 6,67 degrés pour une réponse explosive au moindre coup de pédale. La fluidité de l’ensemble est assurée par un système de roulements hybrides très bien pensé : la roue avant bénéficie de deux roulements entièrement en céramique pour minimiser les frictions, tandis que la roue arrière marie trois roulements en céramique à un roulement en acier. Ce dernier vient apporter la rigidité nécessaire du côté de la transmission pour garantir un transfert de puissance optimal et une durabilité à toute épreuve.

Côté pneumatique

Avec une largeur externe de 30 millimètres et un canal interne de 23 millimètres, ces jantes s’associent idéalement à des pneumatiques modernes (28 à 34 mm préconisés). Cette configuration crée une jonction parfaitement fluide qui élimine les turbulences aérodynamiques, tout en offrant un volume d’air supérieur. Couplée à la sécurité de la technologie tubeless beadlock, elle permet de baisser sereinement la pression. Après quelques tests en 32 mm tubeless, j’ai opté pour 3.2 bars à l’avant et 3.3 à l’arrière. Le gain en confort et en filtration des vibrations est immédiat sur les routes dégradées sans pénaliser le rendement global. Personnellement, je trouve que les pneus en 32 mm viennent apporter une touche de confort intéressante. Ce mariage heureux vient parfaitement adoucir la rigidité générale du combo vélo/roue. Le résultat est efficace mais ne casse pas les bras sur toute dégradée.

Vélotaf et col d’Èze
Pour confronter la théorie à la réalité, j’ai roulé ces Superteam S-All Carbon Ultra entre Cannes et Beaulieu. Sur ce parcours côtier, fait de relances et de changements de rythme, la vivacité du SuperSix EVO 3 est magnifiée par ce montage. L’engagement quasi instantané du moyeu 54 dents fait des merveilles en sortie de virage ou lors des démarrages aux feux. La roue arrière répond de manière incisive, sans le moindre temps mort.

Mais, la révélation de cette première phase de test fut l’ascension du col d’Èze. C’est lorsque la route s’élève que la légèreté absolue de ces jantes prend tout son sens. À seulement 1290 grammes la paire, le train roulant se fait totalement oublier. La rigidité latérale offerte par les rayons en carbone profilés permet de se mettre en danseuse sans ressentir de flottement. Chaque coup de pédale est immédiatement transformé en mouvement vers l’avant, une sensation grisante quand les pourcentages s’accentuent.
Endurance sur 100 kilomètres
La seconde phase de mon essai s’est concentrée sur des sorties plus longues dans l’arrière-pays niçois. Sur ces distances, la capacité d’une roue à maintenir une vitesse de croisière élevée sans épuiser le cycliste est primordiale. C’est ici que le profil ondulé bionique entre en scène. Une fois lancé au-delà des 30 kilomètres/heure, le vélo conserve son inertie avec une facilité déconcertante, bien aidé par la fluidité exceptionnelle des roulements en céramique.

Sur la côte, face aux rafales de vent latéral qui peuvent parfois surprendre, la jante reste étonnamment stable pour un profil de 50 millimètres, confirmant l’efficacité du design. Enfin, il faut souligner la conception tubeless de la jante, dotée de la technologie beadlock. Ce profil interne spécifique empêche le pneu de déjanter vers le centre de la jante à basse pression. C’est un véritable gage de sécurité qui permet de rouler avec des pressions faibles. On gagne en confort et en adhérence pour préserver l’organisme sur les longues distances. On le répète souvent, mais dépasser quatre bars en tubeless est une hérésie !



Le verdict de Bike café
Au terme de ce test sur la Côte d’Azur, ces roues Superteam S-All Carbon Ultra H2 D30-50 impressionnent par leur homogénéité. Associées aux qualités dynamiques du Cannondale SuperSix EVO 3 de 2025, elles transfigurent le comportement du vélo en lui apportant une vivacité remarquable au démarrage et un maintien de vitesse bluffant sur le plat.

Le véritable tour de force de ces Superteam S-all Carbon Ultra H2 D30-50 réside dans leur capacité à s’adapter à chaque sortie. Une paire de 50 millimètres sous les 1300 grammes s’emmène en haute montagne sans la moindre hésitation. Le gain réel dépasse la simple question de la vitesse. C’est avant tout le bonheur de posséder une monture unique pour affronter sereinement tous les profils.

Proposée sous la barre des 1000 euros pour un poids vérifié de 1290 grammes, cette paire de jantes défie directement les ténors du secteur. Malgré un profil généreux de 50 millimètres, leur comportement sain dans les rafales et leur aisance en bosse en font un choix stratégique pour les cyclosportifs exigeants souhaitant optimiser leur matériel sans se ruiner. Comptez de 2000 à 3000 euros pour une gamme équivalente chez les grandes marques. Pour rassurer les plus sceptiques face à ce tarif agressif, notez que les rayons et les jantes sont couverts par une garantie de trois ans, tandis que les moyeux bénéficient d’une garantie de deux ans. Je totalise 4000 km et rien à déplorer, pourvu que ça dure !
Et vous, que pensez-vous de ces roues carbone venues d’asie ? N’hésitez pas à poser vos questions ou à partager vos impressions dans l’espace commentaires ci-dessous.
Modèle testé : S-All Carbon Ultra H2 D30-50 Disc Brake Black Decals
Prix : 950 € sur le site mais souvent en promotion autour des 800 €
Fiche technique Superteam S-All Carbon Ultra H2
| Caractéristiques | Spécifications |
|---|---|
| Nombre de rayons | 21 avant / 21 arrière |
| Type de rayons | Rayons en carbone de 3,2 mm |
| Tension des rayons | 130 à 150 kgf |
| Écrous de rayons | Écrous en alliage de titane |
| Roulements du moyeu | Roulements en céramique |
| Type de roue libre | Système à rochets 54 dents |
| Compatibilité roue libre | Shimano HG / SRAM XDR |
| Taille de roue | 700c |
| Compatibilité pneumatique | Pneu classique / Tubeless |
| Type de maintien du pneu | Profil tubeless beadlock mais sans crochet |
| Hauteur de jante | 50 mm |
| Largeur interne | 23 mm |
| Largeur externe | 30 mm |
| Poids de la paire | 1290 ± 30 grammes |
| Poids limite du cycliste | 120 kilogrammes |
| Limite de pression des pneus | 130 psi / 8,6 bars |
| Tailles de pneus recommandées | 700c de 28 à 34 mm |
| Certifications | Approuvé UCI et ASTM |
| Garantie jantes et rayons | Trois ans |
| Garantie moyeux | Deux ans |


