Il est désormais rare de voir des marques de vélo qui ne possèdent pas de Gravel bike à leur catalogue ! … Depuis que Bike Café s’intéresse au sujet (2015 : la pré-histoire du gravel en France), nous n’avions pas vu une telle débauche de nouveaux modèles et une telle créativité de la part des équipes de R&D pour cibler une pratique aussi évolutive que diversifiée. Les marques de vélo redoublent d’imagination pour séduire une clientèle de plus en plus accro au Gravel. La marque Specialized, inspirée par son modèle Aethos nous présente le Crux : un gravel light. Trek perfectionne son modèle Checkpoint et en décline 3 usages possibles. BMC offre à son très réussi URS un amortisseur de direction pour rouler “Long Trail”… Le gravel inspire toutes les communautés cyclistes, et pour nous c’est la fête… Nous partageons avec vous ce rapide résumé des annonces récentes en attendant de pouvoir tester ces vélos.
Crux : sur le ring des poids légers
Le Crux est un vélo de Gravel parmi les plus légers du monde, qui permet néanmoins d’adopter la monte de pneumatiques de belle largeur, et le tout sur un cadre doté d’une géométrie Gravel tournée vers la performance.
photo Specializedphoto Specializedphoto Specializedphoto SpecializedUn Gravel super léger qui grimpe comme dans un rêve et qui survole les terrains les plus exigeants – photos Specialized
Le Crux version 2022 est le résultat d’un coup de baguette magique des équipes de Specialized qui ont transformé ce qui était une des meilleures montures de cyclocross, en Gravel. Après un titre de champion du monde dans cette catégorie et de nombreuses autres victoires, ce vélo s’était fait remarquer sur les tourniquets en sous-bois. Après avoir réussi quelques avancées sur modèle route Aethos, Specialized a pensé qu’elles pouvaient s’appliquer à ce vélo pour en faire un Gravel light simple et léger.
Cette idée est née dans le cerveau de l’ingénieur Specialized Peter Denk, qui a réinventé les proportions et la forme des tubes afin de créer le cadre en carbone le plus efficace. La méthodologie des plis plus longs et ininterrompus dans un positionnement plus cohérent qui a abouti à un cadre de 585 grammes pour l’Aethos a été suivie de la même façon pour la plateforme du Crux. Specialized a en fait fabriqué deux cadres : le S-Works en fibre 12r et du 10r pour les autres modèles. Le résultat : 725 g pour le S-Works … et 825 g pour les Pro / Expert / Comp.
Un dégagement pneu pour du 47 en 650B
photo Specialized
Avec un dégagement pneumatique équivalent au Diverge (roues de 700), le Crux s’aligne sur un format pneumtique équivalent, mais en 650. Ce Gravel sportif n’aura pas peu d’affronter la terre et les passages dans la boue. La base droite et creuse, côté transmission, permet de garder l’ensemble léger et élégant. Le Crux accepte des pédaliers spécifiques Gravel 1x et 2x, qui sont devenus la norme pour cette pratique. Le choix des pneus sera la dernière pièce de ce puzzle pour ajuster et affiner l’expérience de pilotage en fonction de l’endroit, de la manière et des surfaces sur lesquelles vous allez rouler.
725 g le cadre 12r : 7.25 kg le vélo S-Works complet 825 g le kit cadre 10r Pro / Expert / Comp
Récemment Trek a présenté une nouvelle et vaste gamme de modèles Checkpoint, qui permettra à chaque cycliste, depuis le mordu des épreuves de gravel jusqu’au cycliste occasionnel, de trouver le vélo de gravel d’aventure qui lui convient. Un “point de contrôle” par lequel Trek vous invite à passer pour trouver le vélo de gravel qui vous conviendra.
photo Trekphoto Trekphoto Trekphoto TrekLe nouveau Checkpoint se décline en 3 versions – photos Trek
Le nouveau Checkpoint se décline désormais en trois versions : SLR, SL et ALR. Leurs caractéristiques, qui ciblent différentes pratiques du gravel, possèdent comme point commun la possibilité d’accueillir des pneus de 45C et une géométrie progressive rapide et agile, qui garantit stabilité et maîtrise dans les descentes rapides et accidentées.
Checkpoint SLR
Checkpoint SLR 9 – photo Trek
Conçu pour la course, le Checkpoint SLR est le vélo de gravel le plus léger et le plus rapide jamais créé par Trek. Il possède un cadre en OCLV Carbon Série 700 avec des formes de tube aérodynamiques inspirées par l’Émonda, un espace de rangement interne pour les outils, la technologie IsoSpeed au niveau du tube horizontal pour le confort et le nombre parfait de support d’accessoires pour les cyclistes qui visent principalement les courses.
Checkpoint SL
Checkpoint SL5 – photo Trek
Conçu pour l’aventure, le Checkpoint SL est prévu pour tous ceux qui prennent l’aventure au sérieux. Il possède un cadre en OCLV Carbon Serie 500, un espace de rangement interne pour les outils, la technologie IsoSpeed au niveau du tube de selle pour le confort et un grand nombre de fixations pour le bikepacking et le ravitaillement. Les pilotes qui adorent descendre les singletrack à fond auront la possibilité d’opter pour une tige de selle télescopique.
Checkpoint ALR
Checkpoint ALR 5 – photo Trek
Conçu pour tout faire, le Checkpoint ALR est le modèle utilitaire de la gamme. Son robuste cadre en aluminium Alpha Série 300 possède d’innombrables supports destinés à accueillir des garde-boue, des sacoches, des bidons, ainsi que des porte-bagages avant et arrière. Il est à l’aise en mode « aventure », « trajet quotidien », voire en mode « course » de temps à autres.
BMC Switzerland met à jour en 2022 sa gamme de vélos de gravel en écrivant une nouvelle page sur le grand livre du gravel. Avec le modèle URS LT (LT pour Long Travel) on découvre un vélo avec une ajustabilité poussée au maximum, une suspension innovante ainsi qu’une amplitude d’usages accrue.
Au cours de sa première saison, l’URS 01 a fait ses preuves dans les déserts jordaniens, à travers l’Europe dans ses coins les plus isolés. Il a été salué par le monde du vélo pour son côté innovant. À présent, l’URS LT (Long Travel) arrive pour confirmer l’ambition de BMC d’élever le Gravel à un niveau supérieur, en intégrant une suspension avant à ressort hélicoïdal intégrée.
photo David Schultheiss
Dans une discipline qui révise régulièrement sa définition, la tendance est aux vélos capables de s’adapter à différentes situations. Avec l’apport d’une suspension, la possibilité d’avoir un stack personnalisable, la compatibilité avec les transmissions électroniques et mécaniques 1x, le câblage interne pour une tige de selle télescopique, le moyeu-dynamo, les fixations sur le tube supérieur, … le LT offre de nombreux atouts.
Le cadre en carbone Premium retravaillé a été doté de la géométrie Gravel+, avec un angle de direction de 70° inspiré du VTT XC. Cette ouverture d’angle associée à un tube supérieur long et une potence courte lui, apporte une très bonne stabilité à grande vitesse une maniabilité bien utile en Gravel moderne.
Efficacité repensée
photo David Schultheissphoto David Schultheissphoto David Schultheissphoto David Schultheiss
Les vélos de gravel modernes sont très dépendants de la taille et de la pression des pneus pour le confort. Il faut garder à l’esprit les risques de crevaison en descente, ou les sensations de rebond et de lenteur sur les surfaces plus dures. Aux côtés de HiRide, les pionniers en matière de technologie de suspension adaptative et d’intégration, les ingénieurs de BMC ont créé une toute nouvelle fourche à suspension MTT avec 20 mm de débattement au niveau du pivot de fourche. Cette fourche innovante, avec amortisseur hydraulique, permet aux cyclistes d’utiliser la pression de pneu optimale tout en augmentant de manière significative les capacités du vélo à évoluer sur toutes les surfaces. Elle dispose d’un verrouillage total, de trois différents niveaux de rigidité de ressort et des bagues de précharge pour la personnalisation. Un ajustement du stack de 4 cm est possible au niveau du pivot de fourche pour optimiser la position.
Côté techno
Détails des systèmes d’amortissement à l’avant et à l’arrière – photos BMC
La page blanche s’est vite remplie grâce au passage de câble en option pour le système à moyeu-dynamo. Le vélo est équipé de la technologie TCC Gravel, la meilleure version de technologie Tuned Compliance Concept de BMC. Elle se compose d’un tissage carbone dédié, d’une tige de selle en forme de D et de haubans MTT ; le niveau de souplesse supérieur éprouvé et inspiré du VTT pour la partie arrière, avec un élastomère XCell pour 10 mm de débattement supplémentaires et une conception double qui améliore l’adhérence et le contrôle sur les terrains techniques dans un design léger et fiable à l’intégration imperceptible.
Gravel BMC URS LT – photo BMC
L’URS LT conserve certaines caractéristiques de ses prédécesseurs éprouvées dans le temps : des disques flat-mount de 180/160 mm pour un freinage puissant, des pneus pouvant aller jusqu’à 700×45 mm, des protections intégrées sur les pattes de la fourche, le tube diagonal et les bases arrières, une fixation fonctionnelle sur le tube supérieur pour y ajouter des sacoches, un éclairage sur batterie ou d’autres accessoires ; la solution intégrée Dfender de BMC pour une protection discrète contre les projections de la roue arrière, ainsi qu’une compatibilité avec les porte-bagages et garde-boue légers, permettant au cycliste de choisir son set-up idéal.
L’URS LT est disponible en quatre tailles (S, M, L et XL) et deux modèles : URS LT ONE (7 999 euros) et URS LT TWO (5 999 euros). Ces deux vélos sont désormais disponibles en magasin.
Audrey Gianotti à l'attaque d'une section chronométrée. On a pu voir une grande mixité sur la Grinduro, preuve de l'attractivité de la discipline gravel auprès des féminines. Photo : Paul Humbert.
Le Grinduro, kesaco ? J’ai découvert ce nouveau circuit d’épreuves gravel, en participant le samedi 2 octobre à l’événement se tenant en Suisse, à Unterägeri.
Ce magnifique petit village, situé sur les bords du lacs Aegeri, se trouve dans le canton alémanique de Zoug, également capitale de ce canton. Autour du lac Aegeri, des collines verdoyantes couvertes de forêts offrent un terrain de jeu idéal pour des balades en gravel sans fin avec des vues spectaculaires sur les Alpes suisses.
Une épreuve gravel très Spéciale
Je suis parti sur cette épreuve, ne sachant pas du tout ce que j’allais découvrir. Simplement que la compétition, s’il est bon de l’appeler ainsi, serait une boucle de 93 km de gravel, avec 2.700 m de D+, beau programme sportif déjà !…
Question classement, pas de chronométrage du temps mis pour boucler l’épreuve mais 4 Spéciales chronométrées, clairement inspirées de ce qui fait dans le monde de l’Enduro VTT, et qu’on a pu voir déjà chez certaines organisations comme la Wish One Aveyron.
Le parcours de ce Grinduro 2021 : 93 km et 2.620 m de D+, très solide, avec 4 sections chronométrées (spéciales) de longueur variant entre 1 et 3 km. Ma préférée a été la dernière : peu technique et 5-6 % max, mon type de terrain favori ! Photo : Matthieu Amielh.
L’épreuve démarrait en réalité la veille par un prologue d’une trentaine de kilomètres, le vendredi 1er octobre. Les concurrents, au nombre de 300 inscrits sur les deux formats, Grinduro et Grindurito, avaient le choix de partir entre 15 h et 18 h. Personnellement, c’était un départ vers 18 h 30, étant donné mon arrivée tardive sur le site, ce qui m’a permis de réaliser un décrassage d’un peu plus de 27 km et 660 m de D+. De quoi prendre en main mon vélo Salsa Wardbird, équipé des nouveaux composants SRAM et ROCKSHOX. Je publierai un article dédié à ces nouveautés d’ici quelques semaines (test en cours de finalisation).
Lors du prologue de 30 km la veille de l’épreuve, j’attaque un joli sentier à plus de 10 %, entre chien et loup. Photo : Paul Humbert.
Race Day, le Grinduro
Le jour J, je pars avec la première vague de coureurs. Plutôt des pratiquants aguerris puisque y figuraient deux athlètes du Team Wish One Gravel, Jean-Charles Kuchly et Florent Besses (Team Wish One), Harvey Mikayla du Team Canyon/Sram Racing, Nicola Rohrbach (Goldwurst Power) ainsi que la présence de 2 longilignes cyclistes kenyans : Suleman Kangangi et Geoffrey Langat, membres du Team Amani Project. Pas mal de Français avaient fait le déplacement comme Maxime Poisson (Wish One), Gilles Labarbe (Cycles Rouge Gorge), beaucoup de fabricants bien sûr venus renifler ce qui se passait en Suisse, mais j’ai aussi vu pas mal d’Italiens, d’Espagnols, d’Américains, d’Allemands et bien sûr de Suisses !
Des passages sur routes bitumées dans un cadre verdoyant, avec les montagnes en toile de fond. Photo : Paul Humbert.
Je démarre à mon rythme, enchaînant les premières difficultés : des petites routes bitumées montant rapidement à des pourcentages à deux chiffres. Rapidement, avec l’ancienne et mauvaise (?) habitude de rouler en mode cyclo, je me retrouve en tête de course. Quelle course me dis-je ? Redescends sur Terre, tu es en tête de la première liaison, la première spéciale va arriver au 30ème kilomètre. Je décide donc de me calmer et surtout d’attendre le “premier” groupe, au sein duquel je rencontre les 2 cyclistes du Team Wish One. Maxime Poisson, le co-fondateur de la marque, était également au départ mais nous nous sommes vite perdus de vue.
Arrivé au pied de la première spéciale, la petite banderole violette, code couleur de l’épreuve et un bip au passage de notre bracelet électronique nous informent que c’est parti !
Pour une première, c’est du costaud avec 1,1 km de single technique dans les bois et 120 m de D+, soit près de 12 % à tenir à fond !
J’essaie de me caler sur le rythme des 2 féminines pros qui sont parties devant moi, mais elles montent trop vite et je me grille à mi-parcours. Comme elles, je mettrai pied à terre pour passer les marches naturelles, ainsi qu’un joli pont en bois. Une fois mes pédales reclipsées, j’attends la fin le cœur dans la bouche… plus que 400 m comme nous l’indique un panneau. Ça y est, on aperçoit une petite clairière et c’est le sommet !
Entre les spéciales, on prend le temps de faire des rencontres sympathiques, comme ici avec Florent Besses (de face) et Jean-Charles Kuchly du Team Wish One Gravel, qui finiront respectivement 2e et 5e chez les 31-40 ans. La tête et les jambes ! Photo : Paul Humbert.
Rapidement, nous arrivons au premier ravitaillement après une longue descente, et attaquons la seconde spéciale, moins technique car sur un sentier plus large, mais plus longue (3 km) et avec une pente toujours au dessus de 6 %. Parti vite, mais tout de même plus prudemment que la première fois, je me fais rattraper par 3 avions de chasse que sont Suleman Kangangi et les 2 Wish One. En haut, on récupère et j’en profite pour voir arriver à fond Audrey de Sram. C’est tellement bien de voir que les marques qui développent les produits les testent aussi sur le terrain. Pas de meilleure façon selon moi de bien connaître son sujet…
Audrey Gianotti à l’attaque d’une piste gravel. On a pu voir une grande mixité sur la Grinduro, preuve de l’attractivité croissante de la discipline gravel auprès des féminines. Photo : Paul Humbert.
Des pentes… raides !
Nous enchaînons ensuite les longues montées sur le bitume, avec des portions conséquentes à plus de 10 ou 12 %. Tout à gauche, 42 à l’avant et pignon de 44 à l’arrière, impossible de ne pas se mettre dans le rouge. Voir les gars de Wish One peiner aussi me met un peu de baume au cœur, même les “bons” ont du mal.
Après une arrivée au sommet d’un col où nous sommes accueillis par des cors suisses, nous attaquons le morceau de bravoure du Grinduro, un long chemin mélant bitume et sentier herbeux, taillé à la serpe dans la montagne devant moi, et qui en 3 lacets doit nous mener à son sommet.
Toujours calé dans la roue des deux féminines, je regarde les chiffres défiler sur le Garmin : 12, 13, 14, 15, 17, 18 %, ça ne s’arrêtera donc jamais !
La partie sommitale est vraiment ardue et je suis obligé de tout passer en force (plateau de 42 trop gros pour ce pourcentage). En restant collé les fesses sur la selle, j’arrive tout de même à faire patiner la roue en essayant de passer dans l’herbe et manque de tomber !
Deux coureurs cyclistes kenyans avaient fait le déplacement. Ici, Kangangi Suleman (Team Amani) prendra la 2 place dans la catégorie “Pro”. Photo : Matthieu AmielhVue typique durant le parcours. Avec le beau temps qui a encore magnifié ce paysage de rêve. Photo : Matthieu Amielh
Plus qu’un virage à droite et nous terminons sur un resto d’altitude. Nous avons vaincu la plus grosse difficulté du parcours : 5,8 km d’ascension avec rien en dessous de 9 % et cette dernière portion, le Halsegg Climb (780 m à 14 %). Mais le jeu en valait la chandelle, car au Cippa Coppi de ce parcours (1 327 m), nous attendait un savoureux Hot Swiss ainsi qu’une vue spectaculaire sur les Alpes Suisses.
Le Hot Dog revisité à la mode suisse. Remplacez simplement la saucisse par de la fondue et ca joue ! Photo : Matthieu AmielhA terrace with a view. Pause ravito en haut du pétard d’1 km à 20 %. Ca valait le coup puisque nous y attendait un Hot Swiss, l’équivalent helvète du hot-dog ! Photo : Matthieu AmielhPause apéro pour déguster le Hot Swiss. Photo : Matthieu Amielh.Après la montée de l’enfer, vue panoramique avec zoom sur les différentes montagnes situées vers l’Est de la Suisse. Photo : Matthieu Amielh
Après ce moment de gloire, nous attend une longue descente sur un sentier jonché de pierres. J’ai l’occasion d’utiliser la fonction Double Tap de la techno Sram XPLR pour baisser la tige de selle télescopique.
Cette technologie sans fil est hyper réactive et en quelques millisecondes, la selle descend pour vous permettre de baisser votre centre de gravité et passer derrière la selle, pour éviter que le vélo ne se retourne.
La fin du parcours sera un peu moins exigeante que le début en nous faisant passer dans des sous-bois magnifiques à plus de 45 km/h, avant d’attaquer la 3ème spéciale d’1,2 km, mélant piste roulante montante et descendante dans sa partie terminale. La 4ème spéciale sera quant à elle une épreuve de résistance au seuil avec 2,7 km de piste forestière très roulante (5-6 %). En haut (km 80), je me dis que le job est fait et que je vais faire de la roue libre pour retourner vers le lac d’Aegeri, où a été donné le départ ce matin. C’était sans compter les 325 m de D+ finaux à avaler, non sans mal, pour rallier Unterägeri et le village exposants vers 15 h. Je passe la ligne seul, ça aussi c’est souvent inhabituel et rends mon bracelet électronique au bénévole qui me donne immédiatement mes chronos sur un reçu type ticket de caisse. 23ème sur 73 chez les 31-40 ans, pas si mal que çà, en tout cas, je ne pouvais pas donner plus !
Fin d’épreuve, fier d’enregistrer les données de cette sortie sur mon Garmin 1030 Plus : près de 6h de roulage pour venir à bout des 93 km ! Photo : Matthieu Amielh.A l’arrivée, un stand de lavage Kärcher permettait de remettre un coup de propre sur le bike tandis que des douches attenantes assuraient le même service pour le pilote. Ah, l’organisation helvète… Photo : Matthieu Amielh
Le test du nouveau groupe SRAM XPLR
La participation sur le Grinduro a été rendue possible grâce à la marque SRAM (Sram, RockShox et Zipp), partenaire de l’événement, qui m’a invité à découvrir ce nouveau circuit, promis à un bel avenir. Tout était réuni pour avoir une belle épreuve : parcours magnifique aux paysages variés, exigeant sportivement, pas trop technique et avec un concept de spéciale qui m’a bien plu ! Voici l’équipe SRAM au complet que je remercie chaleureusement pour l’accueil et la mise à disposition du vélo Salsa Warbird. Ce dernier était équipé des nouveaux produits XPLR développés spécifiquement pour le gravel :
Une transmission XPLR Rival eTap AXS 12 vitesses en plateau de 42 avant, couplé à la nouvelle cassette XPLR 10-44 arrière.
Une tige de selle téléscopique Reverb AXS XPLR pilotée de manière wireless avec le Double Tap.
Une fourche RockShox Rudy Ultimate XPLR avec 30 mm de débattement, possibilité de blocage sur la tête de fourche.
Seules les roues Zipp XPLR 101 n’ont pas été testées. Vous trouverez un test complet du vélo Salsa Warbird et de tous ces produits d’ici quelques semaines sur Bike Café !
La marque Sram, partenaire du circuit Grinduro, avait fait le déplacement. Autour de moi, de gauche à droite, Audrey Gianotti, responsable communication sur le segment VTT pour l’Europe du Sud, Till Engelmann, en charge du développement magasins, Daniel Lategan, spécialiste technique et marketing pour l’Europe et Géraldine Bergeron, responsable communication globale pour les produits route. Photo : Paul Humbert.Un des vélos vus le stand SRAM, équipé d’une transmission “mullet” (hybridant un pédalier route et une cassette VTT). Cintre, potence, tige de selle et roues Zipp. Bagagerie Evoc. Photo : Matthieu Amielh
La fête, de la musique et l’after-race
Point fort de la Grinduro, la convivialité ! Ici tout le monde est accepté : mollets rasés, poilus, hommes et femmes, de tout niveau comme on a pu le voir avec la venue de certains pros (hommes et femmes) et de débutants venus rouler sur le Grindurito (plus petit parcours de 53 km). Le vendredi et le samedi soir, des concerts et DJ sets étaient également programmés avec notamment DJ LINDAR Alias DANCE ARMSTRONG (çà ne s’invente pas…). Le dimanche avait lieu un Hangover Ride (Sortie gueule de bois) organisé avec Komoot, pour lequel les participants pouvaient télécharger gratuitement le parcours… Bref, une philosophie d’épreuve qui personnellement m’a séduit et devrait faire mouche !
Revivez le mode Spéciale avec cette vidéo !
Remise des médailles le soir de la compétition. Ambiance festive garantie ! Photo : Paul Humbert.
Les vélos gravel vus sur la Grinduro
Voici un petit aperçu des vélos rencontrés sur l’épreuve, c’était très varié !
Galerie vélos gravel Grinduro – le Cannondale Super CX Force Etap. Photo : Matthieu Amielh
Galerie vélos gravel Grinduro – le Cinelli Nemo réalisé en Columbus Spirit HSS et soudé TIG. Photo : Matthieu Amielh
Galerie vélos gravel Grinduro – le Bombtrack Hook. Regardez la taille du dernier pignon de la cassette. Photo : Matthieu Amielh
Galerie vélos gravel Grinduro : un Santa Cruz 100 % hybride avec fourche RockShox Sur, tige de selle télescopique et dérailleur arrière GRX. Photo : Matthieu Amielh
Galerie vélos gravel Grinduro : un Canyon Grizl avec lui aussi fourche télescopique. Photo : Matthieu Amielh
Un circuit d’épreuves dans le monde entier
Le circuit Grinduro, mélangeant à merveille le côté fun et sportif, est promis à un bel avenir. L’événement helvétique était organisé… à la Suisse, donc aux petits oignons. Les prochaines compétitions mondiales auront lieu en 2022 (Japon, Australie, Italie et Canada). Plus d’informations par là : circuit Grinduro
Qui ne connaît pas, ou n’a pas au moins un équipement de marque Zéfal ou issu d’une invention Zéfal sur son vélo ? Pas grand monde certainement. À titre d’exemple Zéfal est l’inventeur de la valve Presta en 1880. L’entreprise familiale française, créée en 1880, située près d’Orléans, continue de se développer grâce à des produits souvent bien pensés, fiables, abordables et majoritairement fabriqués en France. J’ai fait un point sur les équipements que j’utilisais depuis quelques années et effectivement quelques références Zéfal en font partie. À ces produits sont venus s’ajouter quelques équipements ou accessoires qui ont retenu également mon attention et qui pourront vous faciliter la vie dans votre pratique cycliste quotidienne.
Sacoche de selle Z Adventure R5
Une sacoche idéale pour des sorties à la journée ou pour les plus minimalistes en ride bikepacking, photo Hugues GRENON
Cette sacoche est idéale pour des sorties à la journée ou pour des riders voyageant léger grâce à son volume adapté de 5 litres. Elle séduira ceux qui, comme moi, ne portent rien sur le dos, mais font porter ce qu’ils emmènent à leur monture.
Le système d’accroche classique par sangle scratch est simple et robuste. Deux sangles à travers les rails de selle et une sangle bien large autour de la tige de selle. La sacoche est installée en un clin d’œil. De par sa taille limitée, l’espace nécessaire entre le rail de selle et le haut du pneu est peu important, c’est donc idéal pour les plus petits cadres. La sacoche faisant environ 15 cm de haut, un espace de 18 cm sera suffisant.
Un système classique de deux sangles d’accroche dans les rails de selle et une très large autour de la tige de selle, allié à un encombrement et une hauteur limités, photo Hugues GRENON
D’autant que sa rigidité est sans faille et elle ne s’affaissera pas vers le pneu. En effet, la matière est renforcée au niveau de la fixation afin de limiter les frictions et les déchirures. Vues sa compacité et sa rigidité, le ballottement est pratiquement inexistant si elle est bien chargée et accrochée.
Son système de fermeture à enroulement est simple et efficace. La sacoche est en tissu thermosoudé ce qui garantit une parfaite étanchéité.
Pesée à 400 g ce n’est pas un poids plume mais c’est normal vu sa conception privilégiant solidité, simplicité, étanchéité et prix abordable.
Deux sangles supplémentaires astucieuses sur le haut de la sacoche permettent de sangler une veste par exemple.
Deux sangles sur le dessus permettent de positionner une veste par exemple, photo Hugues GRENON
Pour conclure, cette sacoche est un véritable coup de cœur et vous permettra d’emporter tout ce qu’il faut pour une belle journée de baroude pour un budget raisonnable d’une cinquantaine d’euros.
Pompe EZ MAX FC
Une pompe astucieuse, bien finie, légère et peu encombrante, photo Hugues GRENON
Zéfal est aussi un spécialiste historique des pompes à vélo avec l’invention du modèle Solibloc en 1949 ou plus récemment la première mini-pompe télescopique VTT en 1990.
La EZ MAX FC concentre toute l’ingéniosité et le savoir-faire de Zéfal.
Tout d’abord la pompe est munie d’un flexible avec tête réversible vissable Presta ou Schrader. Il est toujours bien plus pratique et sûr d’utiliser un flexible qu’un gonflage direct sur la valve, ce qui souvent la tord ou l’endommage. D’autant que celui-ci est intégré à la pompe et libre de ses mouvements, c’est-à-dire que lorsque vous vissez le flexible à la valve, la pompe ne tourne pas. Bien pratique.
Flexible intégré avec embout réversible valve Presta ou Shrader, photo Hugues GRENON
Jusque-là rien de révolutionnaire mais la particularité de cette EZ MAX FC est de pouvoir l’utiliser aussi comme gonfleur CO2. Une pompe deux en un. Il suffit de visser au « cul de la pompe » une cartouche CO2 et le flexible sur la valve.
Bien vu la possibilité d’utiliser la pompe également avec une cartouche CO2, photo Hugues GRENON
En utilisation normale la pompe gonfle jusqu’à 8 bars.
Elle est entièrement en aluminium, gage de solidité et durabilité. Elle pèse 124 g et 138 g avec son support. Elle est relativement compacte mesurant 19 cm. Une attention particulière est portée à la protection contre les éléments extérieurs. Les deux parties de la pompe se referment et sont maintenus grâce une fermeture aimantée. A chaque extrémité des protections anti-boues évitent l’encrassement des connexions.
Elle se fixe grâce à un support en plastique avec serrage caoutchouc qui semble robuste. La pompe ne bouge pas.
On peut juste s’interroger sur la durabilité de cette fixation caoutchouc dans le temps par rapport à un système basique à sangle de serrage traditionnelle et remplaçable si besoin.
Cette pompe deux en un cumule donc de nombreux avantages pour un prix raisonnable constaté de 34 €.
CO2 Inflator Kit
L’inflator kit avec deux bonbonnes de CO2, en complément de la pompe EZ MAX, photo Hugues GRENON
L’Inflator Kit viendra en complément de la pompe EZ MAX afin de transporter vos cartouches CO2. Il permet de positionner deux cartouches CO2 de la contenance de votre choix où vous le désirez sur le vélo : sur le tube de selle ou sur un tube du cadre. Les sangles à scratch sont solides et rétro-réfléchissantes. Le serrage se fait aisément et tient parfaitement, aussi bien le kit que les cartouches de 16 g fournies pour un prix total de 26 €.
Z Bar plugs
Deux parties s’insérant chacune dans les deux extrémités du cintre vous permettront de réparer sereinement en cas de gros trous, photo Hugues GRENON
Toujours dans la lignée du gonflage et de la réparation du train roulant, le Z Bar Plugs est un système d’intégration d’un kit mèche en cas de trou conséquent impossible à colmater par le préventif. Moins nous utilisons ces accessoires et mieux nous nous portons, mais il est vrai qu’ils peuvent vous sauver votre sortie ou votre divide en cas de gros pépin. Afin de ne pas obérer le volume de votre trousse à outils, l’intégration des outils est un des axes de réflexion prégnant chez les accessoiristes.
Les Z Bar plugs se glissent dans les extrémités du guidon. D’un côté le premier embout contient l’aiguille et 3 mèches de 5 mm. Un espace est prévu pour fixer également un maillon rapide de secours. De l’autre côté, l’embout contient un couteau et 3 mèches de 2 mm pour les plus petits trous. Le verrouillage se réalise en tournant les capuchons extérieurs en aluminium faisant office de protections extérieures également.
Ni vus ni connus, les Z Bar Plugs sont cachés et se font discrets, photo Hugues GRENON
L’ensemble pèse 75 g, mesure 5 cm pour chaque embout et peuvent s’insérer dans des cintres de diamètres intérieurs de 17,5 à 21 mm.
L’intégration du kit est le point fort. Sa mise en place est aisée mais nécessite une certaine habilitée et minutie car l’ensemble de serrage conique est tenu par deux petits joints élastiques qu’il convient de bien maintenir. Vu leur finesse, à voir s’ils tiendront correctement dans le temps.
Le prix de l’ensemble est de 25 € environ.
Protections de cadre Skin Armor
C’est parti pour la mise en place de la protection du Versatile avant montage, photo Hugues GRENON
Voici quelques années que j’utilise les protections de cadre Zéfal Skin Armor. L’intérêt d’une telle protection est de conserver en l’état la peinture en évitant les rayures ou pocs. Pratique en cas de revente mais surtout pour conserver un bel état esthétique du vélo dans le temps. Très utile en cas d’utilisation bikepacking où les scratches des sacoches rayent souvent la peinture. Idem pour les passages de câbles en externe.
La mise en place nécessite patience et minutie afin qu’elle soit correctement positionnée à l’endroit voulu. Si vous faites un montage à la carte il est plus pratique de les positionner avant de réaliser le montage du vélo.
Vous pouvez en mettre où bon vous semble et surtout aux endroits exposés. Attention cependant aux cadres munis de stickers. Si vous positionnez de la protection à ces endroits-là, il y a de grandes chances que les stickers partent avec si vous enlevez un jour la protection.
L’avantage de la protection Zéfal est qu’elle est repositionnable ce qui est pratique car il est rare de la positionner correctement du premier coup. Ce n’est pas une opération que nous réalisons tous les jours ! Elle n’est pas repositionnable à l’infini évidemment, mais vous pourrez l’enlever tout de même plusieurs fois. Afin d’avoir un rendu parfait, il faut être attentif à bien dégraisser et nettoyer vos tubes du vélo ainsi qu’avoir les mains parfaitement propres pour éviter les traces de doigt.
Mise en place d’une protection sur un hauban, endroit sensible si vous posez le vélo contre un mur par exemple, photo Hugues GRENON
La protection est assez épaisse, gage de qualité, mais est tout de même parfaitement malléable afin de bien s’adapter aux courbures des tubes. Il sera plus difficile de bien appliquer la protection sur les courbures prononcées de tubes fins, tels les haubans ou les bases. Il vous faudra redoubler de minutie. Les tubes ayant de plus en plus d’inserts, bien pratiques au demeurant, il vous faudra bien mesurer puis découper au cutter les trous aux endroits adéquats.
Le Skin Armor est en polyuréthane. Il est conçu pour ne pas avoir de bulles emprisonnées, tient bien dans le temps et résiste aux UV.
Zéfal propose trois kits différents S,M et L en fonction de vos types de vélos et du nombre d’endroits où vous voudrez positionner ces protections. De 6 à 10 €.
Toutes les informations concernant ces équipements sont parfaitement détaillées sur le site de Zéfal avec la présentation des caractéristiques techniques et la mise en œuvre des équipements, via des vidéos tutos très claires.
Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin - photo Dan de Rosilles
À l’origine des espèces
En juin 2020, j’ai participé à la Born To Ride, 1200 kilomètres de Rambouillet au Lac d’Orédon, un challenge que j’ai réalisé au guidon de mon pignon fixe longue distance. Quelques semaines avant le départ, j’avais récupéré un peu par hasard une paire de Hutchinson “Fusion 5 Performance” en 28mm, qu’un ami avait roulé intensivement en All Road pendant un petit millier de kilomètres. Ces pneus de seconde main étaient encore en très bon état et j’ai eu envie de les utiliser pour mon challenge.
Rien de tel qu’un parcours de 1200 km en pignon fixe pour évaluer un pneu – capture d’écran Strava
Il faut dire que j’ai une longue histoire avec les pneus Hutchinson : J’ai souvent monté sur la roue arrière de mon pignon fixe le fameux Speed’N’Stop, puis l’Overide sur mon gravel, qui fut l’un des premiers pneus conçus pour le gravier sur le marché ; et puis bien sûr, Hutchinson fabrique aussi le formidable Sector, que j’ai déjà testé pour Bike Café et qui est sans conteste mon pneu favori sur “dirt roads”.
J’adore les pneus Hutchinson ! De gauche à droite : Speed’N’Stop, Overide, Sector – photo Dan de Rosilles
Vous imaginerez donc aisément que j’ai vraiment confiance en la fiabilité des pneus Hutchinson. C’est donc pour cela que j’ai monté ces Fusion 5 Performance de seconde main pour la Born To Ride et je dois dire que je n’ai pas été déçu : les pneus n’ont pas bronché, et après avoir fait près de 1000 km de gravel avec un premier propriétaire, ils ont ensuite équipé mon pignon fixe surchargé de bikepacking sur les 1200 km de la Born To Ride, et sans la moindre crevaison, sans faillir, ils m’ont accompagné jusqu’au Lac d’Orédon. Après autant d’épreuves, ils font encore bonne figure et pourraient sans doute rouler beaucoup plus…
Un Fusion 5 après 1000 km de gravel et 1200 km de pignon fixe, que d’histoires gravées dans sa gomme – photo Dan de Rosilles
C’est comme cela que j’ai découvert, un peu par hasard, les formidables qualités du Fusion 5, un pneu que je ne connaissais pas et qui est venu compléter ma collection de favoris de chez Hutchinson. Aussi, lorsqu’on m’a proposé de tester les nouveaux Fusion 5 LTD Gridskin, j’ai bondi sur l’occasion. J’ai tout de suite pensé qu’outre leur look ravageur, s’ils faisaient preuve des mêmes qualités que leurs aînés, ils seraient sans doute destinés à une carrière prestigieuse. Encore fallait-il le vérifier sur le terrain.
À 294 g, le Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin est un concentré de technologie et de beauté – photo Dan de Rosilles
Anatomie d’un pneumatique
Après 2 ans de recherche et des tests approfondis, Hutchinson a lancé en édition limitée un Fusion 5 et un Touareg dotés du renfort Gridskin, un grillage “indémaillable” qui recouvre le pneu sur toute sa largeur, de tringle à tringle et le protège des déchirements et des coupures. Fabriqués à la main en France au sein de l’usine Hutchinson, ces pneus Gridskin sont plus “écologiques” à fabriquer, puisque l’utilisation de ce “grillage” réduit par quatre le nombre d’étapes de transformation impliquées dans la fabrication, ce qui réduit de fait les déchets générés et les émissions associées à ces étapes. Ainsi, cette fabrication consomme moins de plastique, moins de caoutchouc et moins d’électricité. De vous à moi, je suis nettement moins préoccupé par l’impact écologique de la fabrication des pneus de vélo que par celle du stockage des articles de Bike café sur les serveurs de notre hébergeur, mais l’intention est louable de la part d’Hutchinson et mérite d’être soulignée.
Le “GridSkin”, un grillage destiné à protéger le pneu de tringle à tringle – captures d’écran site Hutchinson
Les deux modèles en édition limitée fabriqués avec la protection Gridskin sont le route tubeless Fusion 5 Performance en version 700 x 28 mm Tubeless Ready (que nous essayons aujourd’hui) et le pneu de gravel tubeless Touareg en version 700 x 40 mm. Le pneu route et le pneu gravel, tous deux bicolores, ont été produits “naked” (“nus” en anglais, c’est-à-dire sans étiquettes imprimées sur les flancs), ce qui d’après Hutchinson, permet de réduire également la quantité de rebus et de déchets, mais ce qui surtout rend l’esthétique de ces pneus encore plus pure.
La gomme ElevenStorm est déposée par dessus le GridSkin – capture d’écran site Hutchinson
N’en déplaise à Hutchinson, je vais tester ces Fusion 5 Gridskin (pourtant tubeless ready) avec des chambres à air, car je ne souhaite pas pour l’instant monter en tubeless des pneus de moins de 32mm de section. De mon point de vue, les pressions nécessaires au bon fonctionnement de ces pneus sont un peu trop élevées pour un maintien permanent de la pression. Certes, si je n’avais qu’un seul vélo à rouler et que je l’utilise plusieurs fois par semaine, pourquoi pas ? Mais je roule 6 vélos différents et je ne les utilise pas assez souvent pour maintenir des tubeless en bon état de fonctionnement sur tous ces vélos ; aussi ai-je décider de rester en chambre pour mes vélos équipés en 25 et 28 mm.
Côte à côte, les bandes de roulement du Fusion 5 GridSkin (à g.) et du Performance (à d.) – photo Dan de Rosilles
Un montage pas piqué des hannetons
Je profite de mon passage chez Frédéric Paulet de Cévènavélo, aux Vans, au sud de l’Ardèche, pour les lui faire monter sur mon pignon fixe qui sort de peinture et qui m’attend là-bas. J’avoue que je ne regrette pas d’avoir délégué cette tâche, car la tringle très rigide et très courte des Fusion 5 Gridskin LTD neufs ne facilite pas le passage sur la jante. Fred utilise une ruse qui consiste à finir (et non pas commencer) au niveau de la valve : on gagne ainsi un ou deux précieux millimètres sur la circonférence en évitant d’intégrer dès le début le léger renflement toujours présent au niveau de la valve.
Frédéric Paulet de Cévènavélo a dû user de force et d’expérience pour passer les pneus sur les jantes – photo Dan de Rosilles
Des pneus mi-machine, mi-animal
Une fois montés, ces pneus sont superbes. Les flancs bruns (désormais incontournables sur les pneus chics) sont constellés d’un motif finement quadrillé, dû au “grid” (grille en anglais) qui protège le pneu de tringle à tringle. On dirait un mélange entre des écailles de serpent et un QR code, quelque chose qui se situe entre sauvagerie brute et haute technologie… Pour savoir ce que cette entité mi-animale mi-technologique a dans le ventre, nous allons maintenant la lâcher sur les routes.
Une fois montés sur mon pignon fixe fraîchement repeint, les Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin sont du plus bel effet – photo Dan de Rosilles
Domptage
Me voilà donc en situation sur le terrain, chaussé de ces pneus “all seasons” que je vais devoir mettre à rude épreuve pour valider le test. Bien sûr, le pignon fixe est déjà en soi une épreuve pour les pneus : à l’arrière, le contact direct avec les jambes, sans l’amorti de la roue libre et de la patte de dérailleur, fait s’user le pneu plus vite et favorise donc le test de longévité et de traction. À l’avant, le pilotage particulier du pignon fixe pousse le pneu dans ses retranchements en matière d’adhérence et de confort.
Me voilà donc en situation sur le terrain, en pignon fixe et en bikepacking – photo Dan de Rosilles
J’ai intégré ce test à des repérages que je mène actuellement pour fixer une palette d’itinéraires entre Arles et Montpellier, sur des parcours de 80 à 140 km. Afin d’éviter au maximum les routes à fort trafic, j’ai dû intégrer à ces itinéraires des routes très dégradées et de courtes sections gravel, sur lesquelles le pneu s’est très bien comporté ; je n’ai en outre aucune crevaison à signaler pendant ce test.
J’ai testé les pneus pendant des repérages entre Arles et Montpellier – capture d’écran Openrunner
On retrouve dans ce contexte des situations régulièrement rencontrées en longue distance et/ou lorsqu’on roule dans des zones qu’on découvre ou qu’on connaît mal, en voyage, en vacances… lorsque le tracé réalisé “sur carte” révèle des surprises inattendues, et qu’il faut passer quand même. Dans mon cas, les “dirt roads” autour de Saint-Gilles ou les sections de piste à l’approche de Montpellier n’ont pas réussi à prendre le Gridskin en défaut.
Le Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin s’est très bien adapté à de courts secteurs gravel – photo Dan de Rosilles
Je dois avouer que j’ai été ravi du pneu sur ces parcours aussi peu accueillants pour des pneus de route. En matière de ressenti, nous avons affaire à un pneu extrêmement équilibré. La gomme de la bande de roulement, (pompeusement) baptisée “ElevenStorm”, manifestement riche en silicate, se révèle très correctement rapide pour un pneu de cette section. J’ai pu également constater qu’elle offre une excellente adhérence sur route humide, même si les conditions météo, plutôt sèches pendant ce test, ne m’ont pas permis de le tester sous la pluie.
Sur les secteurs roulants, le Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin sait aussi être rapide et précis – photo Dan de Rosilles
Niche écologique
Une fois n’est pas coutume, j’ai réalisé avec les Gridskin un test relativement court, pendant un mois et 700 km environs, mais les Fusion 5 que j’ai utilisés pendant la Born To Ride avaient déjà coché la case de la durabilité. Pour ce qui est de la polyvalence, j’ai pu utiliser ces pneus dans des conditions très diverses et la gomme ElevenStorm s’est révélée très équilibrée en matière de rendement et d’adhérence. Mais son association avec le renfort Gridskin doit sans conteste augmenter la longévité et la solidité d’un pneu déjà très rustique. Ce “grillage” permet en outre de rouler moins gonflé, ce qui améliore nettement le grip du pneu et le confort. J’avais roulé la version “originale” du Fusion 5 à 6 bars (6,5 bars avec le vélo chargé en bikepacking), j’ai roulé le Gridskin à 6 bars également (où il est tout à fait comparable à son grand frère en matière de vitesse, grip et confort), puis je l’ai progressivement descendu à 5,5 bars, pression à laquelle il propose un moelleux inimitable. C’est finalement autour de 5,8 bars que j’ai trouvé le compromis confort/vitesse qui m’a le mieux convenu.
Tapi dans les hautes herbes, le Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin est prêt à bondir – photo Dan de Rosilles
Ces qualités positionnent le Gridskin comme dominant dans l’univers all seasons / longue distance / dirt roads, quelque part entre le Continental GP 5000 (plus rapide mais moins solide) et le Hutchinson Sector (plus rustique et plus adhérent, mais plus lourd et moins rapide). C’est un pneu qui représente une évolution technologique et technique majeure dans un secteur où le Continental Gatorskin fait désormais figure de dinosaure avec un confort nettement inférieur et où le Cinturato Vélo de Pirelli est sensiblement moins véloce et léger.
Cette écrevisse qui traverse une route en Camargue n’a aucune chance face au Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin – photo Dan de Rosilles
Théorie de l’hybridation des espèces
En tant que cycliste longue distance sur parcours hybrides, j’en viens à rêver d’une version 32 mm du Gridskin. Cela me paraîtrait tout à fait cohérent pour un pneu destiné à être monté en tubeless et on obtiendrait un pneu au rapport poids/solidité/vitesse/accroche très intéressant. Si mon statut de contributeur à Bike Café me permettait d’avoir une quelconque influence sur les équipes R&D d’Hutchinson… L’évolution des vélos d’endurance avec des passages de roues permettant le 32mm va dans ce sens, la multiplication des épreuves d’ultra-cycling intégrant dans leur parcours des secteurs gravel également. Mais quelque soit le diamètre choisi, le Hutchinson Fusion 5 LTD Gridskin vivace, souple, rapide et précis est la symbiose parfaite entre animalité et technologie.
Quel plaisir de remettre les pieds sur la base de loisirs François Leotard de Fréjus. Le dancing le plus célèbre du VTT européen était fermé depuis l’édition d’octobre 2019. Il a ré-ouvert le week-end dernier pour ceux qui adorent venir ici tous les ans y danser le Roc. Le soleil était au rendez-vous pour cette 37ème édition. Sa boule à facette solaire a éclairé des stands un peu plus étalés, montrant que tout n’était pas vraiment comme avant. Bike Café a fait une apparition le jeudi pour rencontrer “en vrai” quelques marques, autrement qu’avec Zoom ou Google Meet. Le monde réel a du bon…
Une reprise réussie
Le Roc d’Azur nous manquait, et c’est avec plaisir que nous y sommes revenus en voisins. Un aller/retour entre Aix et Fréjus le jeudi, car nous avions un reportage au pays d’Aubagne le lendemain. Visite furtive donc et forcement sélective, dommage, mais en dehors du plaisir simple d’être là, nous avons pu y découvrir “en vrai” quelques nouveautés qui vont alimenter nos prochains sujets.
Le Roc nous manquait, et c’est avec plaisir que nous y sommes revenus en voisins – photo Philippe Aillaud
Pas facile de relancer une grosse machine comme le Roc. « C’était difficile d’imaginer il y a six mois que nous aurions autant de participants et autant de public, se réjouit Pascal Quatrehomme, directeur du Roc d’Azur. C’est un bonheur. On vit pour ça, on travaille pour ça. Nous avons été privés de toute cette ferveur pendant un an et demi, nous n’attendions que ça. Voir tout cet engouement, cela nous donne des frissons. Le plaisir est présent tous les ans, mais cette année, il est encore plus fort. Voir le bonheur et les sourires des concurrents sur les lignes d’arrivée, heureux de se retrouver, c’est vraiment formidable. Notre métier c’est de donner du plaisir, et je crois nous avons réussi cette année. Le Salon est aussi une satisfaction. On a atteint les 80% de remplissage malgré le contexte économique et les difficultés de certaines marques. On est confiant, elles vont revenir. Les allées sont remplies, les exposants et les partenaires sont ravis. » Le Roc a enregistré 15 000 dossards cette année et la jauge de reprise est plutôt bonne.
Côté gravel compet’
Départ de la Gravel Roc Mavic avec pus de 300 participants – A.S.O./Romain Laurent
Steve Chainel a retrouvé « son bien » devant Cédrick Dubois, qui l’avait devancé en 2019. « J’ai été très prudent et patient toute la course, détaille le Français, champion de cyclo-cross. Au km 45, je suis sorti dans une descente très technique et, à la relance, j’ai poursuivi l’effort. Les conditions étaient parfaites. Le parcours est relativement roulant mais aussi cassant et très technique par endroit. C’est un vrai beau parcours de gravel. Je me retrouve beaucoup dans cette pratique. Je me suis régalé. » Le parcours de 65 km avec 1420 m de D+ est plutôt rapide avec des parties techniques et Steve l’a bouclé en 1h28 suivi à 1’37 par Cédrick.
Cedrick Dubois et Steve Chainel mènent la danse… du Roc endiablé – A.S.O./Aurélien Vialatte
Belle vue – A.S.O./Aurélien Vialatte
Le gravel en bord de mer c’est chouette – A.S.O./Aurélien Vialatte
Plus de 300 partants, à chaque édition le peloton grossit – A.S.O./Romain Laurent
Chaque année la Gravel Mavic prend de l’ampleur, avec cette fois 278 arrivants.
Côté salon
Origine montrait son nouveau Axxome GTR Evo Ultra
Trek nous parle de son nouveau Checkpoint
Textile encore et bivouac Bikepacking
On parle textile avec Chef de File qui vient de s’installer à Lyon
Du bambou avec Cyclik qui vient de sortir son modèle électrique
Alvaro de Holyfat… je lui parle des “Pignes” de pin
Du nouveau dans le monde de la lunette chez ActiveLook
Nouveautés BMC, nous en parlerons bientôt…
De bonnes rencontres, le plaisir de se revoir en vrai… photos Philppe Aillaud
Pour nous, ce village est une mine d’informations et une opportunité de rencontres. C’est devenu un rendez-vous incontournable, car dans cette ambiance vacances et bords de mer, les contacts sont plus décontractés. De plus, comme l’a souligné Pascal Quatrehomme, nous étions contents de nous retrouver après cette période de contraintes sanitaires pesantes pour les opérateurs du vélo en général. Maintenant c’est l’inverse, la pénurie de pièces, le retard pour remettre en route les outils industriels sous la pression d’un accroissement de la demande, nous font rentrer dans une autre période pas simple à gérer.
Certaines marques ont renoncé à venir sur le salon. Les allées étaient plus larges, l’espace intérieur était un peu vide, certains avaient bougé. Ça nous a fait drôle de ne pas voir du jaune en entrant dans l’espace partenaires. Mavic était présent, mais avait réduit la voilure car l’entreprise se restructure et nous avons espoir de les voir revenir au cœur du salon l’an prochain.
Le gravel fait rêver – A.S.O./Aurélien Vialatte
Pour Bike Café, il fallait nous partager entre business et curiosité. Nous avons d’ambitieux projets de reportages avec de beaux produits innovants que nous irons tester sur des territoires spectaculaires. Nous avons vu que le gravel et le bikepacking prenaient de plus en plus de place sur le Roc. Nous y avons vu également des nouveaux vélos de route, notamment en longue distance qui devient un segment attirant de plus en plus de cyclistes.
GIANT : le stand parait immense sur cet emplacement
Canyon, où la bière coulait à flot
Des allées plus larges
BH sous les parasols
Le tourisme nature était très présent cette année
photos Bike Café
Malgré le rythme fatiguant, mais nécessaire pour faire rentrer notre planning de rendez-vous dans une seule journée, nous sommes rentrés tard le soir à Aix avec plein d’idées pour Bike Café et de belles perspectives de reportages pour les mois qui viennent.
Effigear, vous connaissez ? C’est la « boîte » qui monte. Effigear, contraction de Efficient Gear Box, est une société française qui a conçu et développé depuis 15 ans environ, une boite de vitesses pour vélo qui remplace une transmission classique. Petite boîte par la taille de son système intégré au pédalier, mais grande entreprise par sa créativité. L’entreprise a bien grandi dernièrement en termes d’effectif et de projets avérés ou en développement. Vous allez bientôt en entendre parler si ce n’est déjà fait.
Sur la photo en haut de l’article : L’équipe Effigear encadrée par David Rouméas (à droite avec le VTT jaune) et Vincent Lecornu (à gauche avec le gravel Caminade) aux manettes de l’entreprise. Une sacrée équipe de passionnés, photo Effigear
Si vous venez du VTT, et que vous vous intéressez aux solutions et innovations alternatives, vous avez peut-être aperçu durant ces 15 dernières années dans les magazines dédiés ou sur les salons, des VTT typés enduro, équipés de cette boîte de vitesse. Leur nom est Cavalerie. Comme celui de leur inventeur : Guy Cavalerie, inventeur de talent qui a développé ce système. Il planche sur cette boîte depuis 2003 et dépose le brevet en 2007.
Premier prototype réalisé en 2003, photo Effigear.
En 2008 il est rejoint par David Rouméas, diplômé d’un IUT en Génie Mécanique et passionné de VTT, qui se lance directement dans l’aventure aux côtés de Guy. Un de leurs points communs est leur lieu de vie. Ils sont tous deux originaires du Parc Naturel Régional du Pilat, massif montagneux sauvage et magnifique situé dans le triangle Saint-Chamond, Vienne et Roussillon, non loin de Saint-Etienne, bastion historique de la production française de vélo. Un écrin parfait pour tester et développer leurs vélos et leur boîte de vitesses.
En 2012, la société Effigear est créée, puis apparaissent en 2013 les vélos Cavalerie qui seront équipées de cette boîte révolutionnaire. Les cadres et boîtes sont fabriqués en France.
L’Anakin présenté au Roc d’Azur en 2014, photo Effigear
Les boîtes de vitesses sont également montées sur les vélos allemands Nicolaï, connus surtout par les pratiquants VTT enduro et downhill.
En 2019, Guy Cavalerie prend du recul au niveau du développement opérationnel de l’entreprise et David Rouméas s’associe à Vincent Lecornu qui le rejoint pour développer l’entreprise et s’ouvrir à de nouveaux marchés.
Une partie des équipes en plein débrief. En partant de la gauche, Eric Rouméas, Tom Donnadieu, Vincent Lecornu, David Rouméas et Robin Maire, photo Rémi Flament
Après des années de développements techniques, de fiabilisations et d’évolutions, l’entreprise se tourne désormais vers d’autres segments grâce à une mutation récente boostée par un partenariat industriel d’ampleur avec l’équipementier Valéo qui désirait s’implanter dans le smart e-bike. L’équipementier automobile a bien cerné le potentiel énorme et les atouts d’une boîte de vitesses intégrée au pédalier optimisant ou gommant les contraintes d’une transmission avec dérailleur classique proposée sur la majorité des vélos électriques actuels : contraintes mécaniques importantes induites par le fort couple appliqué sur la transmission, croisements de chaîne entraînant une usure importante et précoce des éléments de transmission, passages de vitesses à optimiser et exposition aux éléments extérieurs importante des éléments de transmission.
Valéo a donc travaillé avec Effigear sur une solution globale intégrée de moteur électrique à boîte de vitesses, mais aussi avec Caminade qui a réalisé les prototypes initiaux des vélos avec intégration du système.
Le système boîte/moteur développé par les équipes de Valéo et Effigear, photo Effigear
Après deux ans de développement, le système est au point et commercialisable. Vous le verrez certainement apparaître sur bon nombre de vélos électriques classiques mais aussi utilitaires type cargo.
Ce partenariat sous licence permet à Effigear de se développer aussi bien en termes technique qu’humain. L’entreprise continue également de développer sa marque Cavalerie et sa boîte de vitesses historique, l’Original MTB. Et également une boîte plus compacte adaptable, entre autres, sur un vélo gravel. Son nom ? La Mimic que nous allons vous présenter.
Le premier cargo Ilicycle, marque française, (https://ilicycles.com/) équipé du système Valéo/Effigear, photo Hugues Grenon
Lors de l’été 2021, Effigear réalise une levée de fonds de 1 million d’euros auprès d’investisseurs publics et privés ce qui va lui permettre de moderniser son outil de production, augmenter ses effectifs et assurer sa croissance à moyen/long terme. L’histoire est en marche et les perspectives excellentes dans le contexte actuel qui inclut la relocalisation de notre industrie.
Dans ces temps de pénurie de transmission – provenant pour l’immense majorité de l’autre bout de la planète – et après la disparition de toutes les marques françaises de système de transmission complet, il est intéressant de voir une entreprise locale apportant une proposition innovante revenir sur le devant de la scène.
J’ai eu l’occasion de rencontrer l’équipe au printemps en passant une journée complète sur place pour visiter l’entreprise. Un test vélo était prévu, mais le déluge des cieux en a voulu autrement… Ce n’est que partie remise.
Vous en saurez plus dans les mois qui viennent sur Bike Café à propos de ce système adapté au vélo de gravel. Nous vous dévoilerons la naissance de deux vélos fabriqués chez un artisan du cycle français, que nous vous présenterons également.
L’entreprise Effigear
Comme je l’explique en introduction, l’entreprise a bien grandit récemment. Elle a déménagé dans des locaux plus grands et s’est structurée avec de nombreux recrutements et l’accueil de stagiaires étudiants, passionnés et pointus : ingénieurs, dessinateurs CAO-DAO, responsable comptes clients, communication, etc. Il y a comme une ambiance de start-up quand on pousse la porte du local et des bureaux. Ça sent l’odeur reconnaissable de l’huile de coupe et d’usinage, mais surtout la passion à plein nez puisque pratiquement tout le monde est pratiquant et passionné de vélo. Des rides sont organisés parfois le vendredi midi ou après le boulot.
Une partie du bureau d’études en plein travail, photo Rémi Flament
Boîte de vitesses, mode d’emploi
La boîte de vitesses Mimic, photo Batiste Nosgens
Tout d’abord pourquoi proposer une telle technologie ? Quels sont les différences, avantages ou contraintes de ce système par rapport à une transmission classique à dérailleur ?
Rappelons qu’il existe des solutions alternatives à la transmission classique à dérailleur inventée il y a plus d’un siècle et dont l’apôtre qui a aidé à son développement est Paul de Vivie surnommé « Veloccio » au début du siècle dernier.
Pour remplacer le dérailleur, des systèmes de vitesses peuvent se positionner dans le moyeu de la roue arrière, type Rohloff ou Nexus/Alfine de Shimano, avec courroie ou chaîne de transmission. Il existe également des systèmes à cardans. Et récemment, Ceramicspeed a présenté à l’Eurobike en 2018 un système révolutionnaire en cours de développement équipé d’un arbre de transmission afin de réduire au maximum les frictions.
En ce qui concerne les boîtes de vitesses, les deux principaux constructeurs connus sont Pinion, marque allemande, et Effigear donc.
Le principe de fonctionnement de la boîte Effigear.
Éclaté de la boîte de vitesses Mimic Effigear
Le principe est globalement le même qu’une boîte de vitesses de voiture. Deux rangées de 9 pignons sont montées sur deux arbres de transmission. Un axe de transmission reçoit le pédalier sur lequel la pignonnerie est fixe (axe du bas où l’on voit le « plateau » côté droit). La pignonnerie de l’arbre du haut est « libre » telle une roue libre. À l’intérieur de son axe, un cylindre comprend un mécanisme de 9 cliquets qui vont s’enclencher grâce au tirage de câble relié à la manette. Ceci permet d’enclencher la vitesse voulue en faisant relever le cliquet correspondant qui va bloquer le pignon sélectionné.
Les deux axes sont montés sur des roulements à cartouche standards. Les 60 ml d’huile se trouvent dans le bas de la boîte et lubrifient par aspersion l’ensemble du mécanisme en mouvement.
Une partie du poste de montage de la boîte, photo Hugues Grenon
L’usinage et le montage demandent une précision chirurgicale. On voit et on comprend bien que le système est robuste et quasiment inusable.
Effigear a la volonté de proposer la transmission complète et non la boîte seule, avec le maximum de pièces conçues et fabriquées en France. Elle propose donc également son moyeu arrière développé avec Aivee, marque française de conception et fabrication de moyeux. Des moyeux classiques adaptés peuvent cependant faire l’affaire également.
Moyeu arrière Effigear développé avec Aivee, marque française de moyeux, photo Hugues Grenon
Ainsi que le pignon arrière et le plateau avant pour chaîne ou courroie. Des partenariats sont en cours de développement avec des entreprises françaises pour proposer également ces périphériques.
Couronne avant et pignon arrière, photo Hugues Grenon
Pourquoi ces solutions alternatives se sont-elles développées ?
Le système déraillé classique ultra majoritaire sur nos vélos a de nombreux atouts mais quelques inconvénients :
Tous les éléments composant la transmission sont exposés aux éléments extérieurs ce qui nécessite un entretien minutieux, fréquent et rigoureux pour maintenir un bon état de fonctionnement et de rendement, surtout en conditions humides et boueuses.
De fait, la durée de vie des composants peut-être assez courte donc coûteuse en temps d’entretien et pièces d’usure : chaîne, plateau, cassette, galets, dérailleurs sont à remplacer régulièrement pour les rouleurs assidus ou moins assidus mais qui ne prennent pas soin de leur transmission.
Le dérailleur est un élément exposé et de plus en plus exposé même. L’accroissement du nombre de vitesses et les grosses cassettes ont inévitablement conduit à une augmentation de sa taille et en particulier sa chape qui est de plus en plus longue et exposée.
L’alignement de chaîne n’est pas parfait car elle subit de nombreux croisements. De plus, le développement du mono-plateau et du nombre de vitesses engendrent des croisements de plus en plus importants et donc une usure plus grande des éléments de transmission.
Le poids important des énormes cassettes entraîne des contraintes qu’il faut compenser au niveau de la conception globale de la roue arrière et des cadres d’où l’apparition du format Boost.
J’ajouterais un autre inconvénient plus « local » mais d’actualité : les transmissions sont conçues et fabriquées loin de chez nous et il est difficile de s’en procurer par les temps qui courent. Les prix flambent, avec les évolutions technologiques très régulières (toujours plus de vitesses, transmission électrique, sans fil etc.) et la pénurie. Une variété de propositions, qui plus est locale, est certainement une bonne chose.
Vous l’avez compris, les inconvénients présentés du système déraillé sont gommés ou atténués par la boîte de vitesses.
Les atouts de la boîte de vitesse gravel Mimic, ses différences et ses contraintes.
La boîte de vitesses Mimic adapté au gravel, photo Batiste Nosgens
Passons en revue les atouts de la boîte Mimic avec ses différences et ses contraintes, sachant il n’y a pas de parole d’évangile sur le sujet et que chacun trouvera la transmission adaptée à sa pratique, ses besoins, son budget et ses envies.
Je rappelle que je présente dans cet article l’entreprise Effigear et sa boîte Mimic, mais ne ferai pas de comparaison avec les caractéristiques de l’excellente boîte Pinion, qui fait partie du même type de transmission et qui a aussi ses propres atouts et inconvénients. C’est d’ailleurs plutôt positif pour Pinion qu’Effigear se développe et inversement. Car avoir deux intervenants majeurs sur ce système permettra à coup sûr de convaincre plus de constructeurs et de clients d’équiper leurs vélos avec ce système. Un début de démocratisation en quelque sorte – toute raison gardée – au vu des volumes de vente actuels de ce système (environ 4000 boîtes produites par an) qui ne demande qu’à se développer.
En tout cas, pour avoir échanger avec des possesseurs de vélos à boîte de vitesses, ceux-ci sont entièrement satisfaits de leur choix et ne reviendraient pas à un système déraillé. Je pense, comme beaucoup de nouveautés, qu’il faut tester pour être convaincu ou pas et se faire sa propre idée.
L’entretien très réduit et la protection des éléments de transmission
Tout le système de pignonnerie est entièrement intégré dans le carter de la boîte de vitesses, lui-même étanche et non exposé aux éléments extérieurs. L’entretien est réduit à sa plus simple expression avec une vidange par an de l’huile de la boîte, opération simple à réaliser.
Les pignons sont totalement intégrés et la boîte carénée est étanche, photo Batiste Nosgens
Une précision : le système peut être monté avec une courroie ou une chaîne selon le choix de l’utilisateur. La courroie sera moins sensible aux éléments extérieurs en ce qui concerne l’entretien alors que la chaîne nécessitera un suivi plus régulier. Mais la courroie requiert plus de minutie au niveau réglage et tension et nécessite d’avoir un cadre adapté pour pouvoir la positionner. Caminade a trouvé une parade pour ne pas avoir la contrainte d’ouverture du hauban pour introduire la courroie : positionner la boite en dessous de la base.
La base du Caminade est au-dessus de la courroie ce qui évite d’avoir un hauban « ouvrable », photo Batiste Nosgens
En cas de casse, elle sera également moins facile à remplacer qu’une chaîne et il faudra en avoir une avec soi dans le sac à dos. L’avantage par contre est sa légèreté.
Au niveau de la câblerie, gaine et câble seront à remplacer en fonction de l’utilisation et de l’usure évidemment, mais a priori peu fréquemment. Effigear propose son kit câble et gaine avec un câble moins compressible qu’un câble traditionnel afin de garder une précision de tirage plus constante.
L’optimisation du centre de gravité
Bien que le poids total soit supérieur à une transmission classique, la répartition des masses est optimisée, le poids étant principalement réparti au centre en partie basse. C’est un des atouts importants sur le comportement du vélo. Les masses non-suspendues sont réduites, la roue arrière étant allégée de sa cassette. Le moyeu et la conception globale de la roue, hauteur de flasque, parapluie, rayons, peut-être optimisée, n’ayant pas à supporter le poids d’une cassette.
La garde au sol est également meilleure qu’une transmission classique.
Le changement de vitesses
Oubliez tous vos réflexes acquis avec une transmission classique. Vous pouvez changer de vitesses à tout moment : en roulant, à l’arrêt, en roue libre, en montée (en soulageant tout de même la pression sur les pédales comme en transmission classique) et vous pouvez sauter 5 à 6 vitesses si besoin. C’est donc un changement total d’utilisation et d’usage devrais-je dire. Une nouvelle façon de rouler.
L’alignement de la chaîne ou courroie
La chaîne ou la courroie sont parfaitement alignées comme en singlespeed ou fixie par exemple. Attention cela ne veut pas dire que le rendement est meilleur car il dépend également des « frottements » engendrés par le système complet, nous le verrons plus tard.
Un alignement parfait de la courroie ou ici de la chaîne, une esthétique épurée, photo Effigear
Le coût à long terme
Le coût de départ est élevé mais comparable à une transmission classique haut de gamme. 990€ le système Effigear VTT et 1129€ le système gravel. Cependant, le système est rentable à long terme puisque l’entretien est réduit à sa plus simple expression. En monte courroie, pas de pièce d’usure sauf un remplacement de celle-ci tous les 5 ans. En monte chaîne, les pièces d’usure sont uniquement la chaîne donc et le couple plateau/pignon arrière. Mais les intervalles de remplacement sont très espacés puisque les éléments moins sollicités, l’alignement étant optimal.
Effigear annonce une économie moyenne de 7 fois le coût d’entretien d’une transmission classique haut de gamme sur 5 ans et un « point mort » en découlant de 3 ans soit le point à partir duquel ce type de transmission supplante économiquement la transmission déraillée. Ce sont évidemment des moyennes et cela dépend de la gamme de transmission. Ici les estimations sont réalisées par rapport à des transmissions VTT utilisées en pratique type trail ou enduro où le remplacement des éléments de transmission est fréquent y compris pour casse.
J’ai réalisé le calcul sur la base d’une transmission GRX812 en changeant une fois par an soi-même cassette/chaîne/dérailleur/plateau/galets ce qui est à peu près la moyenne pour de bons rouleurs. Pour la Mimic, une vidange annuelle ainsi que le changement tous les deux ans du trio plateau/pignon/chaîne/câblerie. Le point mort se situe alors aux alentours de 5 ans.
La conception et fabrication française
La boîte est entièrement conçue à Maclas en France et la fabrication 100% française. La majorité des différents composants est produit directement sur place.
La matière arrive brute.
Tubes d’aluminium brut destinés à être usinés, photo Hugues Grenon
Puis est passée en centres d’usinage ou tours numériques.
Paramétrage et passage des pièces brutes au centre d’usinage numérique, photo Rémi Flavent
Les pièces principales composant le mécanisme interne sont les pignons internes et leurs axes spécifiques qui nécessitent une précision et un alignement au montage sans faille.
Une partie du système des pignons internes sur leur axe, photo Hugues Grenon
Une imprimante 3D permet de prototyper certaines pièces comme pour l’adaptation des shifters route ou MTB proposés sur la base de manettes Sram ou Campagnolo peut-être dans un avenir proche. Pourquoi Sram ? Car le mécanisme interne est composé de beaucoup moins de pièces que Shimano et qu’il est plus facilement modifiable pour adapter le tirage de câble. Et Campagnolo pour les mêmes raisons et pour avoir une seconde proposition de shifters.
L’imprimante 3D pour le prototypage entraînent un gain de temps et de conception important, photo Hugues Grenon
Certains éléments sont sous-traités à des faiseurs locaux.
L’upgrade et la garantie
Les boîtes sont garanties 5 ans. Effigear part du principe que sa boîte évolue au fil du temps et que les évolutions doivent être intégrables sur les boîtes existantes afin de ne pas racheter un système complet. C’est un point très intéressant et louable et qui va avec l’esprit d’investir sur le long terme pour un système local durable et évolutif.
La compatibilité avec les platines d’intégration « Pinion »
Point positif, la boîte s’intègre sur les mêmes platines que le confrère Pinion ce qui laisse une possibilité de choix de vélos et d’adaptation plus importante.
Pour conclure, vous l’avez compris, la boîte de vitesses a de nombreux atouts mais, comme tout système, a également des contraintes ou du moins des différences par rapport à une transmission classique.
Les différences ou contraintes
Le poids
La boîte de vitesses pèse environ 2 kg. On gagne sur le poids de la cassette et du dérailleur mais on perd sur le poids de la boîte. C’est donc plus lourd qu’une transmission classique à composants comparables mais les masses sont bien mieux réparties comme expliqué plus haut.
L’exclusivité du cadre au système
Le système ne s’intègre que sur des cadres prévus à cet effet. Le cadre est donc développé spécifiquement et à ce titre souvent destiné à des montages haut de gamme à la carte. Le développement de partenariat avec des constructeurs permettra d’avoir une proposition plus large.
Le rendement
Bien que la ligne de chaîne soit optimale, le rendement serait un poil moins élevé avec ce système. D’après Effigear, il est de 2 à 4% moins élevé qu’avec une transmission classique. Ce n’est clairement pas un système destiné à la compétition, qui n’est pas la cible. Cependant, n’oublions pas que le rendement et le maintien dans le temps de ce rendement pour une transmission classique dépend grandement du soin apporté à son entretien. Si vous n’êtes pas très regardant ou pointu sur le nettoyage, l’entretien et la lubrification de votre système de transmission, celui-ci peut aisément et fortement perdre en rendement. Avec la boîte et le système 1 plateau / 1 pignon, l’entretien étant très aisé voire inexistant avec une courroie, le rendement est toujours constant.
Hormis la cible VTT, cœur historique d’Effigear, la cible gravel est à mon avis pertinente. Et particulièrement le gravel typé baroudeur avec lequel on envoie du kilomètre confortablement sans se soucier de la fiabilité et avec un entretien réduit. Parfait pour des “divide”, mais aussi du gravel polyvalent et vélotaf. L’essai nous en dira plus.
Les ratios de développement et l’étagement
Pour le modèle Mimic Gravel, la plage d’utilisation est de 469%. Ce chiffre brut ne vous parle peut-être pas de prime abord. Il correspond au rapport le plus grand développement comparé au plus petit. Plus la plage est grande, plus vous pourrez mouliner en montée et envoyer quand même sur le plat ou en descente.
À titre de comparaison la plage de développement d’une transmission GRX monoplateau avec une cassette 11/42 est de 380% et une 11/46 de 420%. La plage est donc largement suffisante à un usage gravel et VTT également même si les dernières transmissions classiques proposent une plage plus importante.
Second point important, l’étagement des vitesses, c’est-à-dire la progressivité des changements de vitesses. Un étagement régulier permet de limiter les variations d’effort et d’éviter les « trous » d’étagement c’est-à-dire soit mouliner trop d’un coup soit que votre pédalage soit trop dur d’un coup également.
La Mimic propose l’équivalent de 9 rapports. Les passages de vitesses sont optimisés dans leur étagement pour qu’il n’y ait pas de « trou » entre les rapports.
9 vitesses peuvent paraître limitatif par rapport aux transmissions classiques actuelles. Comme expliqué plus haut, l’usage et l’utilisation sont totalement différents d’une transmission classique. On parle de rapports et non de vitesses.
Et utilise-t-on réellement tout le potentiel des 11,12 ou 13 vitesses désormais de nos transmissions gravel ? Large débat qui alimente souvent les discussions. Pour ma part et ma pratique, c’est amplement suffisant si l’étagement est bon, la plage étant déjà suffisante. Et ce choix va de pair avec la simplicité d’utilisation de la boîte.
Vous pourrez choisir la taille de votre plateau et du pignon arrière en fonction de vos aspirations pour coller à votre développement idéal.
Pour conclure
Le gravel Caminade de David Rouméas dans son élément, photo Batiste Nosgens
Révolutionner une transmission classique n’est pas chose aisée. Le système déraillé équipe nos vélos depuis des décennies et continue d’évoluer en nombre de vitesses tout en intégrant les technologies actuelles issues de l’électronique comme le sans-fil. Cependant, elle comporte des inconvénients et les solutions alternatives développées sont pertinentes sur certains types de vélo. Valéo l’a bien compris et le système boite Effigear / moteur électrique paraît idéal au vu des contraintes engendrées par la motorisation électrique sur une transmission classique.
Grâce à ce partenariat et son savoir-faire, Effigear entrevoit de très belles perspectives à court, moyen et long termes sur plusieurs segments de marché. L’engouement a été bien réel lors de l’Eurobike.
Un bel engouement à l’Eurobike sur le beau stand Effigear/Valéo malgré un salon plutôt « calme » cette année, photo Effigear
Reste à le convertir et le développer avec les constructeurs et artisans du cycle afin de se faire connaître, d’augmenter les volumes de vente et de commencer à démocratiser quelque peu cette solution.
En ce qui concerne la boîte Mimic plus « classique » adaptable entre autres sur les VTT et les gravel, le challenge sera de faire découvrir cette transmission au plus grand nombre. C’est à l’heure actuelle une niche destinée à une cible précise composée de passionnés. Les campagnes de tests seront déterminantes afin de la faire découvrir au grand public.
Je vous en dirai bientôt plus sur Bike Café et notamment si l’essayer c’est l’adopter ! Déjà, quel plaisir de rouler sur une transmission 100% française. Et nous espérons que la « petite » boite deviendra grande !
Les pneus Schwalbe Marathon Mondial en voyage à vélo - photo Jeannne Lepoix
Après près de 5 000 km cumulés avec nos deux vélos et la remorque de notre fille tous équipés de nouveaux pneus Schwalbe, voici notre retour d’expérience sur ces modèles réputés idéaux pour la pratique « Touring ».
La gamme des pneus Schwalbe pour voyager à vélo
Schwalbe est une marque allemande de pneus vélo (mais aussi pour fauteuils roulants) créée en 1922. On les reconnaît facilement grâce à leur bande réfléchissante qui fait le tour du flanc du pneu : un bon côté identitaire mais aussi un point positif en ce qui concerne la visibilité et la sécurité.
Ils proposent des modèles adaptés à différentes pratiques : route, VTT, voyage, ville mais aussi pour des conditions extrêmes. C’est à eux que l’on pense immédiatement lorsque l’on s’embarque dans un grand voyage en raison de leur fiabilité et leur robustesse. Les bonnes critiques concernant leur longue durée de vie, ainsi que leur réputation d’être presque increvables nous a littéralement séduits, et plus particulièrement lorsque l’on voyage avec un bébé : on souhaite encore moins les pépins techniques.
Concernant le voyage, leur catégorie « Tour » propose plusieurs types de pneus, tous dans la gamme « Marathon ». Nous avons relevé les suivants :
Marathon tout court (ou Original) : l’entrée de la gamme pour rester majoritairement sur la route.
Marathon Plus : plus robuste et destiné aux plus longues randonnées.
Marathon Plus Tour : un pneu dédié au voyage (le plus résistant).
Marathon Plus MTB : un pneu très costaud également adapté au voyage mais typé VTT.
Marathon Winter : un pneu clouté renforcé pour les conditions hivernales difficiles.
Marathon Mondial : idéal pour parcourir le monde à vélo sur tous types de terrains.
Quelle gamme Marathon choisir pour notre voyage ?
Les vélos
Le Marathon Mondial et le Marathon Plus Tour se ressemblent fortement au niveau du profil et c’est entre ces deux pneus que nous avons hésité. Après de nombreuses recherches et comparatifs sur des forums de voyageurs à vélo, notre choix s’est finalement porté sur la version Marathon Mondial. Il est présenté comme le pneu Touring idéal pour parcourir le monde à vélo à travers chemins, routes et pistes, donc nous n’avons pas hésité longtemps. Le Marathon Mondial pèse 650 g contre 940 g pour le Marathon Plus Tour. C’est 600 g de gagné sur l’ensemble et ce n’est finalement pas négligeable sur des pneus aux caractéristiques de protection et de grip quasiment identiques.
Schwalbe Marathon Mondial – photo Jeannne Lepoix
Nous les avons sélectionnés sur le site de Cycletyres en section 28 x 1.60 (ou 700x40C). Le Mondial est décliné en deux versions tubetype. La version en tringles souples a été privilégiée car elle est plus facile à monter mais elle est surtout dotée d’une Double Defense (DD, V-Guard) qui renforce encore plus la durabilité du pneu déjà très bonne et qui est recommandée pour les longues expéditions. C’est la version haut de gamme. La version en tringle rigide est plus économique mais forcément plus lourde, plus fragile et donc moins durable.
Technologie Double Defense – photo Jeannne Lepoix
La remorque
Elle aussi, était montée avec des pneus Schwalbe mais avec des Marathon Plus en 20 x 1.75. Les Marathon Mondial et les Marathon Plus Tour n’existaient pas dans cette taille. Il s’agit néanmoins du modèle le plus vendu de la marque, donc c’est plutôt rassurant. Ils sont plus lourds (720 g le pneu pour du 20 pouces) mais aussi plus costauds (ils obtiennent le niveau maximal de protection). Ceci grâce à la sous-couche de protection SmartGuard en caoutchouc souple de 5 mm d’épaisseur. Les flancs sont renforcés par une couche additionnelle de caoutchouc, une technologie nommée TwinSkin. Les pneus d’origine de la remorque nous ont semblé bien trop fragiles pour autant de kilomètres et sur des terrains variés parfois très caillouteux.
Schwalbe Marathon Plus – photo Jeannne Lepoix
Comparatifs
Ci-dessous, les différentes caractéristiques des deux pneus que nous avons utilisés pour le voyage entre les vélos et la remorque. Les notes ne diffèrent pas beaucoup d’un pneu à l’autre car les performances sont assez proches.
Marathon Mondial
Marathon Plus
Notre bilan sur près de 5 000 km
Solidité
Au final, on recense une crevaison de mon côté et une pour la remorque, donc très peu pour le kilométrage total effectué et pour les terrains pratiqués avec notamment pas mal de gravier. À chaque fois, c’était en raison d’une très grosse épine ou silex. Les pneus sont des versions tubetype donc la réparation a toujours été très facile et efficace. Son caractère increvable vient de sa couche de protection anti-crevaison très épaisse dans laquelle peuvent venir se planter de petits objets tranchants et piquants sans toucher la chambre à air. Depuis le voyage, nous avons réalisé de nombreux trajets à vélo chaque jour, ce qui fait monter le compteur à environ 5 000 km parcourus sans nouvelles crevaisons.
Réparation express de la remorque – photo Jeannne Lepoix
Les Marathon Mondial sont très costauds car ils ont supporté des chargements très importants. Nos vélos avec sacoches, eau et nourriture pesaient entre 35 et 40 kg. A cela, on ajoutait pour l’un des conducteurs soit 25 kg de remorque, soit 4 kg de matériel de bivouac. Ce à quoi il fallait encore additionner notre poids. C’est facilement une bonne centaine de kilos que nos deux pauvres pneus ont eu à supporter pendant plus de trois mois. Il n’a donc pas fallu lésiner sur la solidité de ces derniers à moins d’être un passionné de la rustine. Les Marathon Mondial de ce point de vue ont rempli leur contrat à merveille.
Besoin de pneus solides avec tout le chargement et cette petite personne 🙂 – photo Jeannne Lepoix
Durabilité
Leur longue durée de vie vient du matériau choisi qui est un mélange de caoutchouc issu de produits recyclés, ainsi que d’un traitement spécial des flancs qui sont censés mieux résister aux petites fissures. Les pneus de nos vélos après toutes nos péripéties autour de la France sont quasiment neufs avec aucune marque d’usure. Concernant la remorque, donc les Marathon Plus, on a été surpris de voir que le pneu droit faisait apparaître les marques bleues de la couche protectrice. Pourquoi juste le pneu droit ? Est-ce un défaut de fabrication ? Après réflexion, on suppose que cela peut être lié à la transmission de la traction de la remorque qui, elle, est reliée sur le côté gauche. On sollicite plus ce côté, donc on use plus vite.
Aspect neuf des pneus après 5 000 km – photo Jeannne Lepoix
Traces d’usure uniquement sur le pneu droit de la remorque – photo Jeannne Lepoix
Des pneus durables
Accroche et rendement
Ils possèdent des crampons relativement hauts mais peu espacés (le Marathon Mondial un peu plus tout de même). La gomme est dure et donc le grip très satisfaisant tout en conservant un excellent rendement sur la route. On ne sent pas le pneu coller sur la route et on s’aventure avec plaisir et sérénité sur des terrains plus cassants ou fuyants. Cette polyvalence est très agréable et on adore s’offrir la liberté d’emprunter toute une variété de routes, pistes et sentiers sans se soucier de quoi que ce soit. Rien à redire. Même sous la pluie, lors de longues descentes en montagne, ça accrochait bien et le comportement du pneu était très rassurant.
Des crampons assez espacés pour bien accrocher – photo Jeannne Lepoix
En même temps un bon rendement pour se hisser en haut des cols – photo Jeannne Lepoix
Accroche et rendement
Poids
700 g le pneu (sans la chambre à air en plus) ça peut paraître beaucoup. Gros point négatif mais c’est le prix à payer pour avoir un pneu résistant (structure renforcée et bande de protection anti-crevaison : du poids en plus forcément). Mais comparé à tout le chargement que l’on a embarqué, c’est dérisoire, et dès les premiers tours de roues, le poids ne se fait pas du tout sentir. Tout dépend de sa pratique mais ici on parle bien de cyclotourisme et non pas de course cyclosportive !
Confort
La section que l’on a choisie (700 x 40) est selon nous le meilleur compromis pour l’utilisation suivante : 80% route et 20% gravel. Pour un usage plus fréquent sur terrains rugueux, on pourra choisir un pneu en diamètre supérieur de 47 par exemple. Il existe en Marathon Mondial. L’épaisseur importante de la gomme apporte un confort indéniable. Même lorsque les pneus sont gonflés à 4 bars, les nids de poules et autres racines de la route se ressentent à peine. L’énorme masse des pneus confère également au vélo une stabilité remarquable. On se sent en sécurité au guidon de notre monture surchargée.
Confort sur tous types de terrains – photo Jeannne Lepoix
Test de la pression avant de repartir… c’est bon ! – photo Jeannne Lepoix
Et le confort …
Pour conclure
Des pistes caillouteuses du Canal de Brest à Nantes jusqu’aux sentiers défoncés des Cévennes en passant par les hautes routes des Alpes asphaltées, cela fait 5000 kilomètres que les Marathon Mondial (et Marathon Plus pour la remorque)nous accompagnent sur tous les reliefs, quel que soit le terrain ou la météo. Nous ne les avons pas ménagés et ils ne nous ont jamais déçus. Ils ont réuni toutes nos demandes : une excellente accroche sur les terrains, une longue durée de vie, une faible résistance au roulement. En plus, ils sont “quasiment” increvables. Définitivement les pneus parfaits pour le Touring sur des vélos chargés et qui plus est avec une remorque derrière nous. On les a adoptés et on n’est pas prêts d’en changer lorsque l’on partira en voyage à vélo dans cette configuration.
À quand la prochaine ? – photo Jeannne Lepoix
Références :
VÉLO :
Schwalbe Marathon Mondial en 28 x 1.60 (700x40C) et tringles souples :
Taille en mm : 42-622 (dimensions internationales ETRTO)
Taille en pouces : 28 x 1.60
Poids : 650 g
Pression admissible : de 3,5 à 6 bars
Charge maximale : 120 kg (à la pression maximale)
REMORQUE :
Schwalbe Marathon Plus en 20 x 1.75 :
Taille en mm : 47-406 (dimensions internationales ETRTO)
Holyfat sur le Train des Pignes - photo Philippe Aillaud
Il était tellement lent que certains l’avaient surnommé « Train des pignes ». La légende raconte que sa lenteur, permettait aux voyageurs qui l’empruntaient, de pouvoir descendre en cours de route pour ramasser les pommes de pin, afin d’en extraire les pignons pour les déguster pendant le voyage. Nous avons adapté ce tracé façon vélo, afin de revivre l’aventure de la ligne de la Compagnie des Chemins de fer de la Provence. Les wagons de cette nouvelle aventure ont été nos gravel et les “pignons”, que nous avons dégustés pendant le voyage, sont des produits nutritionnels de la gamme Holyfat.
Le ressemblance des valeurs nutritionnelles entre la graine issue de la pomme de pin et les produits Holyfat est certaine. Le pignon de pin est riche en lipides : 65 % comme les produits Brutal Energy … Pas de charbon dans notre chaudière, mais du gras pour nous faire avancer sur les rails du souvenir de ce train …
Le vélo de gravel est, vous en conviendrez, l’outil idéal pour partir à la découverte de territoires composites. Pour notre périple d’archéologie ferroviaire, il a été parfait pour rouler tantôt sur des routes, des pistes, des chemins cabossés, des voies encore empierrées de ballast. Nous avons roulé 240 km en bikepacking léger sur 2 jours à la recherche de ce parcours sinueux que les voyageurs de ce train à vapeur effectuaient à l’époque en 11 heures.
Plus de 11 heures pour relier Nice à Meyrargues en 1912
Un peu d’histoire
Le chemin de fer Meyrargues – Nice était, à cette époque glorieuse du rail, une des deux grandes lignes qui traversaient le Var d’Ouest en Est
Il fût un temps où la France s’enorgueillissait d’être la championne du Monde du transport grâce au chemin de fer. Nous avions, avant la seconde guerre mondiale, 70 000 kilomètres de voies ferrées nationales ou régionales, il en reste à peine 25 000 et on déferre toujours les petites lignes non rentables. Le chemin de fer Meyrargues – Nice était, à cette époque glorieuse du rail, une des deux grandes lignes qui traversaient le Var d’Ouest en Est au nord du département. Ce train reliait le Vaucluse aux Alpes-Maritimes sur un parcours d’une longueur totale était de 182 Km. La seconde ligne : Toulon – Saint Raphaël était située sur le littoral. Initialement prévue en voie à écartement standard, la ligne fut ramenée à l’écartement métrique pour abaisser le coût de sa construction, en permettant des courbes plus serrées et des ouvrages d’art plus modestes. Les demandes des élus locaux, qui souhaitaient tous que leurs communes soient desservies, donna à la ligne un tracé extrêmement sinueux, que nous avons pu constaté lors de notre périple. En 1944, l’armée allemande a détruit les principaux ponts situés dans les Alpes-Maritimes, et la compagnie n’eut pas les moyens financiers de les faire reconstruire. Début 1950, la ligne est définitivement fermée.
Début 1950, la ligne est définitivement fermée.
Depuis cette date, cette voie posée là s’est transformée au fil du temps et gré du développement urbanistique de la région. Elle a été déferrée, et des tronçons sont devenus des routes plus ou moins larges. Certaines sont maintenant des axes fréquentés, d’autres desservent de nouveaux quartiers. Une autre partie est restée de chemins sur lesquels on roule sur l’ancien ballast laissé sur place, les rails et les traverses ayant bien sûr disparus. Enfin, et là c’est rassurant pour le vélo, de longs tronçons de cette ancienne voie sont devenus cyclables et ils appartiennent au tracé de la EV8 la vélo route « Méditerranée à vélo ».
Notre équipée
Les acteurs de l’histoire, gauche à droite : Patrick, Philippe et Pierre – photo Philippe Aillaud (prise aimablement par la serveuse des petits dej à l’hôtel du Parc)
Cette histoire du train des pignes faisait “tchou ! tchou !” dans ma tête depuis un certains temps. Philippe et moi nous roulons en gravel souvent vers Meyrargues et Jouques, et nous avions repéré certains vestiges ferroviaires qui avaient attiré notre curiosité. En cherchant sur Internet, j’ai découvert l’histoire et trouvé sur le site d’un passionné (Marc-André Dubout) l’explication du mystère de cette gare désuète et du château d’eau laissé à l’abandon dans cette petite ville de Meyrargues. Il nous fallait absolument découvrir, ce que ce passionné de l’histoire ferroviaire nous montrait sur son site. En lisant le récit de M. Dubout, qui avait refait l’itinéraire en voiture, nous avons tout de suite pensé que les endroits qu’il décrivait comme impossibles à pratiquer avec son véhicule, ne seraient pas interdits à nos gravel “passe-partout”.
Certains passages sont devenus impossibles du fait des conséquences des bombardements de 1944.
Les wagons de cette nouvelle aventure ont été nos gravel – photo Philippe Aillaud
L’automne est là, il est temps d’enfourcher nos machines et de partir à l’aventure. Nous avons tracé de façon précise le parcours exact emprunté à l’époque par le train, en prenant pour référence une carte IGN de 1950, sur laquelle la voie était encore visible. Grâce à l’application Openrunner, qui nous a fournit le fond de carte numérisée de l’époque, j’ai fait du point par point pour reporter le tracé sur la carte IGN actuelle. Sur ce fond numérique, qui permettait de zoomer, j’ai déjà constaté que certains passages étaient devenus impossibles, du fait des conséquences des bombardements de 1944. Philippe et Pierre m’ont aidé à les appréhender, et à mettre en place des contournements. Des viaducs ont disparu, des tunnels sont bouchés, de petits secteurs sont privatisés. Nous avons donc jonglé avec toutes ces informations pour définir une trace praticable, convaincus que le seul moyen pour la suivre serait un vélo de gravel.
Nous sommes 3 au départ : Philippe, photographe officiel de Bike Café et auteur de test de produits, Pierre, notre “guest” qui a rejoint ce projet, pour nous apporter ses talents de cartographe. Grâce à lui nous avons pu nous adapter rapidement aux conditions du terrain. Et enfin moi, qui est chargé de restituer, dans cet article, l’aventure qui a été la nôtre.
Nos vélos
Nos vélos : le tout récent Giant Revolt E+, un WisOne Sub et un Canyon Grail – photo Philippe Aillaud
Gravel bien sûr, mais tous sont différents. Philippe chevauchait pour la circonstance le super Revolt E+ de Giant qui est une belle évolution du modèle testé au premier semestre (voir notre reportage). Ce vélo fera bientôt l’objet de la publication d’un test sur Bike Café. Pierre, qui aime le gravel sportif, est venu avec son vélo perso un Canyon Grail et pour ma part, j’ai mon WishOne Sub. Voilà donc le parc vélo avec 2 musculaires (un carbone et un acier) et un gravel électrique pour faciliter la vie du porteur des appareils photos, et démontrer qu’en “E Gravel” on peut faire de l’itinérance sans craindre de tomber en panne sèche de watts.
Côté nutrition
Pause ravito devant une chapelle
On refait les niveaux
Pierre au dessus du pont du Loup écroulé regarde la vallée en dégustant une dosette
Holyfat en toutes circonstances – photos Philippe Aillaud
Lors du salon Nature is Bike à Angers, nous avions rencontré Alvaro, qui a créé la marque Holyfat en 2018. On avait d’ailleurs consacré à cette nouvelle marque un sujet très complet réalisé par Hugues. Alvaro a été convaincu par l’intérêt des régimes cétogènes et il a développé une gamme complète de dosettes avec des goûts et parfums, différents. Des barres, plus compactes : cacao, cacahuètes. Nous avons goûté ces produits et adoré le concept de cette nouvelle nutrition basée sur le gras.
L’opportunité de les tester sur 2 journées complètes dans le contexte de notre aventure était tentante – photo Philippe Aillaud
Les valeurs nutritionnelles des produits Holyfat étant proches de celles du pignon de pin, vous comprendrez que l’opportunité de les tester sur 2 journées complètes, dans le contexte de notre aventure, était tentante. J’ai commandé un assortiment complet de toute la gamme que nous nous sommes partagés dans nos sacoches pour être sûr de tenir le coup.
Premier jour : villes et campagne
Lionel, le responsable du développement de la marque GIANT en France, nous dépose à Nice avec nos 3 vélos. Il nous laisse plus précisément au pont de la Manda, qui traverse le Var. C’est une petite entorse au parcours d’origine qui partait de la magnifique gare Sud construite en 1892 et qui a été reconvertie en “Food Court” où l’on peut trouver les produits alimentaires régionaux.
Construite en 1892 par l’architecte Prosper Bobin pour le compte de la Compagnie des chemins de fer du Sud de la France, la gare est aujourd’hui une “halle à manger”. Pour le plus grand bonheur des riverains et des touristes de passage – photo Urban Renaissance
Nous évitons cette première partie urbaine, et beaucoup souterraine, pour nous élancer du pont métallique de la Manda, qui nous emmène sur l’autre rive du fleuve Var. Nous tombons alors dans un enchevêtrement de rond points. Il nous faut trouver dans ce maillage de routes le petit “trou de souris”, qui sera l’entrée de notre tracé. On tâtonne avant de caler nos GPS sur la bonne voie et heureusement, au bout de 2 kilomètres, on s’éloigne de la circulation infernale de cette banlieue de Nice. On est enfin sur la bonne trace et très rapidement on en a la preuve, en roulant sur le premier viaduc (d’une longue série à venir). C’est bien la bonne voie, même si elle n’est plus ferrée. On passe Gattières et on poursuit notre chemin sur la base de notre tracé théorique pour arriver au bout de 9 km sur un premier problème, car le chemin n’existe plus. Des cordistes y travaillent pour consolider le terrain qui s’effondre et le viaduc au dessus de la Cagne ne sera pas accessible. On descendra dans le creux pour le voir d’en bas et à propos de creux, on commencera à déguster nos barres “Brutal Salty Energy” en contemplant ce magnifique viaduc.
Nous sommes bien sur la bonne voie, même si elle n’est plus ferrée – photo Philippe Aillaud
À Vence, nous retrouvons le tracé du train. L’urbanisation s’est emparée de la voie ferrée, qui a été intégrée à une voirie très dense. Nous roulons en contrebas de la route de Grasse et les viaducs se succèdent. On imagine le travail des ouvriers qui ont construit tous ces ouvrages d’art. On nous a dit que c’était principalement une main d’oeuvre italienne, et que les travaux avaient duré 4 ans. Pas étonnant dans une région aussi vallonée. On doit encore faire l’impasse sur le vallon des Bouirades, qui est impraticable même en gravel. On passe au dessus dans le village de Tourettes-sur-Loup ; et là ça grimpe raide. À force de contournements de ce type, le dénivelé positif de notre journée de vélo sera de 1500 m, mais heureusement nos produits énergétiques Holyfat nous apporteront l’énergie, qui nous permettra de surmonter ce profil parfois cassant de notre “itinéraire bis”.
On imagine le travail des ouvriers qui ont construit tous ces ouvrages d’art – photo Philippe Aillaud
Après Tourettes-sur-Loup, nous approchons du “clou du spectacle” de cette première journée : le pont du Loup. Nous savons que ce viaduc a été bombardé en 1944 et qu’il ne reste que les vestiges impressionnants de ses piles encore dressées en pleine ville. Nous nous engageons néanmoins sur le chemin pour voir d’en haut, ce qu’était sans doute le plus bel ouvrage d’art de cette ligne oubliée. Spectaculaire … nous restons un moment à admirer puis descendons dans le village pour remonter par une route très raide en lacets de l’autre côté de cette vallée du Loup, pour revenir sur la trace. Nous traversons Grasse et c’est l’heure de la pause déjeuner à Chateauneuf dans un restaurant sympathique : la Marmite enchantée. Ça ne s’invente pas. Après un rougail saucisses, poussé par une bière locale, nous repartons de plus belle !
Le “clou du spectacle” de cette première journée : le pont du Loup. Les piles du pont bombardé en 1944 sont encore présentes en contrebas – photo Bike Café
Nous reprenons un moment la route de Grasse, direction Draguignan. Nous nous aventurons sur une partie gravel un peu secouante sur laquelle le ballast d’époque est resté. À cet endroit, nous longeons le lac de Saint-Cassien, sans le voir. Retour sur la D562 pour retrouver ensuite le tracé de la ligne vers Montauroux où il y avait une des nombreuses gares ou haltes à l’époque. Nous traversons Fayence pour suivre une belle partie de la voie, qui nous fera passer sur le viaduc du Rayol.
On ne compte plus les nombreux viaducs que nous empruntons – photo Bike Café
Nous sommes sur l’ancienne voie ferrée de Claviers et retrouvons tous les marqueurs de l’architecture ferroviaire de l’époque. Après Claviers, la route remonte bizarrement sur Bargemon. Il fallait à l’époque desservir un maximum de villages et le terrain tourmenté de la région, ainsi que l’implantation des villes et villages, ont dessiné ce curieux tracé. Les architectes et constructeurs ont dû faire avec ces contraintes, d’où le caractère inattendu de cette voie ferrée.
Tunnel éclairé
Piste gravel
Ombre et soleil sur un parcours tourmenté – photos Bike Café
Après nos tâtonnements, vite corrigés par Pierre notre navigateur, nous voici arrivés à l’étape : Draguignan hôtel du Parc. Bilan de cette journée : 113 km et 1500 m de D+. Vous pourrez voir notre tracé ici sur Openrunner.
Tracé effectué le premier jour sur une base IGN avec Openrunner.
Deuxième jour : Eurovélo et train des pignes
Après une nuit de repos à l’hôtel du Parc à Draguignan, nous sommes prêts pour une deuxième journée, qui s’annonce moins difficile et plus campagnarde que la première. La sortie de la ville est négociée et nous allons chercher la voie après une première erreur vers Pont d’Aups.
Pierre et Gérard en pleine discussion
Les écolos ne voulait pas qu’on éclaire les tunnels afin de ne pas déranger les chauve-souris
Gérard est particulièrement érudit sur l’histoire de cette voie ferrée. À 78 ans il a encore un sacré coup de pédale – photos Bike Café
Nous sommes rejoints par un cycliste local : Gérard qui est incollable sur l’histoire de cette voie ferrée. À 78 ans, il a encore un sacré coup de pédale, et va nous accompagner jusqu’à Salernes, en nous signalant tout ce qu’il faut voir sur ce trajet, qu’il effectue régulièrement. Il nous explique l’investissement politique local, pour la mise en valeur de cette voie, qui fait partie à cet endroit de l’Eurovélo 8. Gérard est un puit de connaissances sur sa région, sportif accompli : randonneur et cycliste, il envisage de passer au gravel et il admire le Giant Revolt E+ de Philippe en se disant qu’un jour, il passera lui aussi à l’électrique. Pour l’instant, il nous confirme, par sa forme physique, qu’il n’y a pas urgence.
La petite halte ferroviaire de Sauveclare près de la chapelle du même nom – photo Philippe Aillaud (prise par Gérard) .
Le revêtement gravillonné de cette partie du parcours est agréable, on enchaîne les tunnels dont certains sont éclairés, on passe sur des chemins creusés dans la roche. La petite halte ferroviaire de Sauveclare sera l’occasion de scénariser l’attente du passage éventuel d’un train fantôme.
Une belle voie verte le long de la D560
Le pont n’existe plus il faut descendre entre les arbres
On n’est bien sur la bonne voie …
Certains font du “âne packing” … c’est pas mal non plus. Ça va juste moins vite.
Gérard nous quitte “Je vais grimper une côte avant de rentrer à Draguignan …“, nous dit-il. À Sillans-la-Cascade, nous passons près du chemin qui descend à l’attraction locale : une cascade qui se jette d’une falaise dans un bassin rocheux naturel. Nous décidons d’aller voir, mais ce sera à pied car les vélos ne peuvent pas passer. Nous remontons sur nos vélos pour faire ensuite une pause devant l’école de la Gare. Le bâtiment a été transformé et intégré à une école, et il y a un point d’eau. Encore une petite pause ravito Holyfat et nous voilà prêts pour la suite. Nous traversons une belle campagne sur une piste qui longe la D560. La voie joue avec cette départementale, tantôt d’un côté puis de l’autre.
On passe sur des chemins creusés dans la roche – Photo Bike Café
Juste avant Barjols, la piste s’arrête brusquement devant un pont détruit au dessus du ruisseau du Fauvery. Nous nous faufilons entre les arbres pour arriver en contrebas de l’ouvrage d’art détruit. C’est ça le charme de cet itinéraire, que ces aléas transforment parfois en aventure. Nous décidons de déjeuner à Barjols et guidés par Pierre, nous descendons sur la place du village pour manger au café de l’Europe. Nous reprenons la route, alourdis de lasagnes au épinards accompagnées de frites … Il nous faut remonter tout en haut du village où se trouvait la gare que nous retrouvons avant de filer sur une piste à laquelle nous ferons une infidélité, lui préférant la route du vieux chemin de Barjols, plus agréable et plus roulante.
À Varages on découvre une superbe petite gare après avoir traversé un tunnel – photo Philippe Aillaud
Nous retrouvons la piste à Varages pour découvrir une superbe petite gare, après avoir traversé un tunnel. Plus loin, nous laissons la piste de la voie pour traverser un gué au niveau du ruisseau de Varages. Nous sommes sur la route de Rians et le tracé parallèle qui était celui de l’époque ne présente pas d’intérêt particulier. Nous décidons de poursuivre par Esparron en oubliant l’ancienne gare perdue dans les champs. La voie est là près de nous sur la D561, où nous alignons des kilomètres à vive allure. Ça sent l’écurie ! …Nous contournons Rians par le nord et passons au-dessus du canal de Provence.
Nous voici revenus en terrain connu, et nous reprenons une piste qui nous amène au coeur de Jouques où nous pourrons remplir nos bidons. La gare est superbe, mais plus loin le tunnel est bouché. Nous irons quand même voir l’endroit de la sortie de l’ouvrage d’art visiblement transformé en lieu de stockage. Nous reprenons la D561 et longeons un moment le canal EDF pour aller voir la gare de Peyrolles … le terminus approche. On arrive enfin à Meyrargues devant cette gare qui est celle du train reliant Aix-en-Provence à Gap. En espérant que celle ci-ne sera pas sacrifiée un jour, sur l’autel de la rentabilité. Fin du voyage tout le monde descend.
On se congratule, heureux d’avoir vécu ensemble cette découverte – photo Bike Café
Nous nous congratulons, heureux d’avoir vécu ensemble cette découverte d’une partie de la vie des transports du début du 20ème siècle. La vue que nous avons eu des paysages a été exceptionnelle. Ce train traversait des territoires que nous connaissions, mais que nous avons pu voir de façon différente : par ses “coulisses” en quelque sorte.
Avec le retour sur Aix, cette 2ème journée nous aura fait rouler 125 km avec 1050 m de D+. Vous pouvez retrouver la trace ici sur Openrunner.
Tracé du train des Pignes gravel : jour 2
Retour à Aix, justement en longeant cette fois la ligne ferrée encore en usage vers Gap. Une deuxième journée de vélo moins dure que la première, mais plus longue.
Curiosités
Quelle chance de voir une belle partie de la France, au guidon de son vélo, comme si nous étions assis sur les banquettes d’un train à vapeur …
Des gares, ou des maisons de gardes barrières jalonnent l’ancienne voie … Tantôt devenues habitations, locaux d’entreprises, écoles, … Photos Philippe Aillaud
Cette randonnée bikepacking-cyclo-gravel nous a fait découvrir de nombreuses curiosités : gares, viaducs, tunnels, haltes, passerelles, murs de pierres, … tous ces éléments caractéristiques de l’architecture ferroviaire. J’ai été étonné de voir que ces marqueurs évidents du passé ont été intégrés dans la vie quotidienne des habitants. Beaucoup voient ces ouvrages d’art, sans en connaître l’histoire et sans même savoir qu’autrefois une ligne de chemin de fer passait à l’endroit même où aujourd’hui ils promènent leurs chiens.
Les tunnels ont été ré-ouverts pour ne pas interrompre une voie verte – photo Bike Café
Que dire des tunnels qui un temps ont été des champignonnières et qui ont été ré-ouverts pour ne pas interrompre une voie verte. Ou encore ceux pour lesquels les écologistes ne voulaient pas d’éclairage pour protéger les chauve-souris.
On a beaucoup appris lors de ce petit voyage … la vie évolue, la ville s’agrandit, la nature reprend ce qui lui appartenait. Seuls, quelques fous à vélo, se posent des questions afin de savoir pourquoi telle ou telle chose existe et a été posée là ? On appelle ça de la curiosité et le vélo de gravel, qui passe partout, nous rend de plus en plus curieux … Cette même curiosité, nous a amené, lors de notre périple, à briser le tabou du sucre – aliment vénéré depuis longtemps par les sportifs – pour lui préférer une nutrition cétogène plus facilement assimilable.
Bilan
Cette micro aventure me donne l’espoir de voir revivre ce parcours historique. Certaines volontés associatives et politiques veulent redonner vie à cette ligne sous la forme d’une voie verte. On a malheureusement trop tendance à laisser à l’abandon notre patrimoine, et le maillage extraordinaire des anciennes voies ferrées en France fait partie d’une histoire qu’il faut préserver.
Certaines volontés associatives et politiques veulent redonner vie à cette ligne sous la forme d’une voie verte – photo Philippe Aillaud
Côté vélo
Aucune crevaison, ni de panne. Le gravel électrique de Giant a bouclé les étapes avec une seule recharge lors de notre nuit à Draguignan. Chaque jour, il restait des “barettes”, et on vous fera un compte-rendu détaillé de ce vélo dans un prochain article. Côté “diet sportive” les produits Holyfat ont fait l’unanimité de notre petite équipe. Pas de baisse de régime, une assimilation parfaite et pas cette sensation de bouche pâteuse que l’on peut avoir avec des produits sucrés. Le gras a du bon, et Holyfat nous prouve qu’il est également bon au niveau du goût …
Le vélo s’intègre de façon naturelle dans les paysages sans laisser de trace – photo Philippe Aillaud
Le bikepacking léger est à la portée de tous. La sacoche de selle et celle de cadre suffisent pour survivre lors d’un itinéraire dans une région habitée, en utilisant le soir gîtes ou hôtels. Le vélo de gravel est véritablement le moyeu idéal pour découvrir des territoires et faire des rencontres inattendues. Le vélo est sympathique, il créé le lien entre les gens et s’intègre de façon naturelle dans les paysages sans laisser de trace.
Origine Axxiome GTR Ultra Evo - photo Nicolas Joly
Le confort et la performance ne font pas toujours bon ménage. Le mélange de ces qualités sur un vélo n’est pas une chose facile à réaliser, même si il est convenu désormais qu’en matière d’Ultra, le confort peut devenir complice de la performance. En effet, un cycliste moins secoué, bénéficiant d’un meilleur confort, pourra économiser des ressources afin de poursuivre plus longtemps, son effort. Origine Cycles, qui s’est fait la spécialité de réussir des vélos performants, a planché sur ce délicat cocktail. La marque nordiste, aidée par quelques athlètes de son team, a conçu ce GTR Evo Ultra, qu’elle propose désormais aux amateurs d’ultra cyclisme.
Photo Nicolas Joly
Faire rimer Ultra Distance et performance.
Dans le team Origine, il a quelques “poètes” de la route capables de faire rimer Ultra distance et performance. C’est à eux qu’Origine Cycles a fait appel pour mettre au point ce modèle GTR Evo Ultra.
Denis Morino sur la BTR avec son Axxiome GTR Evo Ultra – photo Chilkoot
Plébiscité par les athlètes d’Ultra Distance eux-mêmes, l’Axxome GT Ultra a déjà plusieurs centaines de milliers de kilomètres à son compteur, que ce soit en course ou sur des défis de fans de grands raids. L’Ultra Distance est une discipline à part entière du cyclisme moderne. La marque Origine Cycles est présente sur toutes les épreuves du Bikingman, à la Born To Ride, en passant par la Race Accros France, les 7 majeurs avec l’Axxome GT Ultra comme porte-drapeau.
Patrick Gilles, bien posé sur sa machine – photo Nicolas Joly
Un vélo développé avec et pour les athlètes
Les athlètes du team Ultra Distance d’Origine ont exprimé le besoin d’un vélo encore plus performant, plus léger que le GT Ultra tout en restant tolérant et en conservant du confort. La marque nordiste entendu leur demande et les a équipé d’une version GTR Evo Ultra l’hiver dernier. C’éatit une formidable occasion de réaliser un test de longue durée mixant une quantité pantagruélique de kilomètres avalés. Ces athlètes d’expérience ayant une finesse d’analyse cela valait de l’or pour la mise au point de ce vélo.
Sur l’Omomarto Patrick Gilles a utilisé cet Axxome GTR Evo Ultra qu’il a mis à rude épreuve – Photo Jean-Yves Couput
Durant cette saison les vélos ont aligné des milliers de kilomètres dans toutes les conditions, à l’entraînement comme en course, sur le bitume lisse, comme sur les pavés du BTR Tour (6 000km / 66 000D+) avec Denis Morino, sur les routes de montagne, les longues portions de plat de la Race Accros France et les passages gravel de l’Omomarto avec Patrick Gilles.
Une version freins sur jante particulièrement élégante – photo Nicolas Joly
Après avoir passé haut la main les épreuves de ces compétitions et les mois de préparation nécessaires, Origine peut enfin annoncer officiellement la dispo de cette nouvelle bombe conçu pour l’ultra cycling : l’Axxome GTR Evo Ultra.
L’art et la maîtrise du carbone : EVO, l’ingénierie pure
Tout comme les Axxome Evo GTR et RS, le GTR Evo Ultra bénéficie de la même construction Unique Matrix Layup ®. Les feuilles de carbone sont assemblées sur le triangle avant en une seule fois autour d’une seule et unique matrice. Il n’y a plus de point de jonction, aucun résidu, pas de superposition inutile, de la fibre pure sans défaut. Cette nouvelle version du moule interne permet une compaction sous pression pneumatique des fibres uniforme sur la totalité du triangle avant. L’épaisseur des tubes est contrôlée au micron, cette compaction optimisée permet de supprimer un excédent de matière qui servait auparavant de zone de jonction, mais créait un point dur et du poids inutile.
Photo Nicolas JolyPhoto Nicolas JolyPhoto Nicolas JolyPhoto Nicolas JolyL’art et la maîtrise du carbone : EVO, l’ingénierie pure
En portant une attention maximale à la perfection interne, pas besoin d’artifices ou de gadgets pour gagner en confort, c’est de la pure ingénierie de la matière.
Le triangle arrière CCT+ (un seul et même tube vient composer les bases et haubans) confère à l’Axxome GTR Evo Ultra une meilleure filtration des vibrations et une meilleure rigidité, nécessaire quand on roule avec une sacoche de selle.
Des roues adaptées à l’aventure
L’Ultra Distance rime avec les chevauchées nocturnes et le besoin de recharger les appareils électroniques nécessaires à l’éclairage et à la navigation. De ce fait la gamme de roues PRYMAHL sera équipée d’un moyeu dynamo.
Une gamme de roues adaptées avec le moyeu SON pour oublier vos problèmes de recharges électriques – Photo Nicolas Joly
Le moyeu SON Delux, vient équiper la gamme carbone PRO et Aluminium PRO Orion et Vega. Conçu et fabriqué en Allemagne, le SON Delux est la référence incontestée des moyeux dynamo haut de gamme. Ce moyeu sera disponible sur les Orion C35 et A30 Pro Disc ainsi que sur les Vega C35 et A30 Pro Disc
Il fallait y croire ce matin là, pour prendre le départ de la 3ème édition de la Bonne Mère Cyclo Classic. En effet, les prévisionnistes de toutes les météos s’étaient donnés le mot : pluie et orage entre Aix et Marseille … Tant pis, on y va quand même ! … Ceux qui croyaient à un possible miracle envoyé par la Bonne Mère, étaient là … Les partenaires bien sûr : Fred Ducès pour les selles Idéale et moi pour Bike Café. D’autres visages connus du monde du vélo comme Eric Van Haverbecke de Dilecta, Luc Royer de Chilkoot et aussi et surtout la joyeuse bande des Houblons Sauvages, ce petit club Aixois, qui fêtait sa récente naissance associative. Le chef d’orchestre de ce beau tintamarre était Gabriel Refait, le patron de Dynamo Cycles Repairs, connu dans le Monde entier pour ses superbes restaurations de vélos anciens.
L’affiche un peu jaunie de la Bonne Mère
Une rando Cyclo Classic, pas classique
Que venait faire ici ce groupe de personnages aussi hétéroclite que leurs vélos ? … C’est la question que se posaient les rares Aixois qui avaient osé mettre le nez dehors vers 9h du matin du côté de la place de la Rotonde. Non messieurs dames, ne cherchez pas Julian Alaphilippe parmi nous, il est occupé là bas en Belgique à tenter de gagner les championnats du Monde. Ici pas de tenue lycra aéro, le dress code est plutôt libre et orienté vintage / récup. Les manettes de dérailleurs sont sur le tube diagonal, et les freins sont à patins sur les jantes. Certains regretterons ce dernier détail plus tard …
Les consignes … prudence –photo Miroir du vélo by Bike CaféDépart de la Rotonde –photo Miroir du vélo by Bike CaféDe belles randonneuses –photo Miroir du vélo by Bike CaféSignature sur la feuille d’inscription –photo Miroir du vélo by Bike CaféAmbiance au départ
Il n’y a pas à dire, le vintage ça file la banane. Malgré le ciel couleur de charbon – plutôt rare ici à Aix – l’ambiance est joyeuse. Après la signature de la feuille d’inscription nous sautons sur nos veilles selles, direction Luynes … Première crevaison d’une série qui va être longue. Nous profitons pour faire une première pause boulangerie.
En tandem la vie est plus belle … Photo Miroir du Vélo by Bike Café
Nous traversons Gardanne, direction Mimet quelques goutes nous amènent à sortir les vêtements de pluie. Col Sainte Anne … certains rigolos sur le groupe facebook Gravel Bike France diraient “Et ça c’est gravel ?” … Ben oui : c’est gravel ! Déjà il faut monter là haut, sur une piste ravinée, avec la pluie qui commence à tomber. J’appuie sur les pédales pour hisser là-haut ma randonneuse 70’s, chaussée de ses pneus Véloflex de 25, en espérant ne pas crever.
En haut spectacle total, et malgré les nuages de plus en plus noirs, nous nous réjouissons de ce que l’on découvre. Nous sommes montés, mais maintenant il va falloir descendre … et quelle descente ! Ceux qui connaissent cette ancienne route, qui va de Mimet vers Allauch, savent de quoi je parle. Un vrai champ de mines et lorsque l’orage a éclaté dans la descente nous recevons des trombes d’eau.
Un vrai champ de mines et lorsque l’orage a éclaté dans la descente on reçoit des trombes d’eau –Photo Miroir du Vélo by Bike Café
Ça ruisselle de partout transformant cette la route en torrent. Aveuglé, serrant à mort les poignées de mes vieux Mafac je serre les miches. Lorsque les éclairs éclairent le sous-bois juste à côté de moi, et que la foudre crépite deux secondes après, je me dis que je suis dans un sacré “merdier”. Julien, je l’apprendrais plus tard, casse une pédale dans cette descente aux enfers.
La route se transforme en torrent –Photo Miroir du Vélo by Bike Café
Après ce chantier de pierrailles éparpillés sur la route et de trous remplis d’eau, je retrouve du bitume sous mes roues. Il était temps, mes leviers de freins touchaient le guidon tellement je serrais fort mes vieux freins qui avaient atteint leur limite. Je rattrape Luc qui marche à côté de son Peugeot car il n’a plus de frein.
Le Cercle des amis réunis
Ouf, nous sommes arrivés en bas tous sains et saufs, mais transis de froid. Gabriel dégotte un endroit incroyable, qui propose de nous accueillir : le Cercle des Amis Réunis. Un bar en forme de sanctuaire footballistique. Derrière le bar le patron, la clope au bec, sert des tournées aux habitués qui nous accueillent joyeusement. Une ambiance année 60, parfaitement raccord avec notre Cyclo Classic.
Grosse ambiance dans le bar où nous sommes tous contents d’être au chaud – Photo officielle Bonne Mère
Grosse ambiance dans le bar où nous sommes tous contents d’être au chaud et après quelques bières et quelques victuailles la question se pose : “On continue ?“. Le oui est unanime nous remontons sur les vélos direction Aubagne, c’est là que le dérailleur de Gabriel tombe en panne … Séance bricolage et pendant ce temps là on sèche au soleil revenu.
Un festival de crevaisons
Nous enchaînons un dédale de petites rues et de crevaison en crevaison on avance par Carnoux et Roquefort jusqu’à l’entrée de Cassis pour attaquer la montée sur la Gineste. Je connaissais cette route, pour l’avoir courue sur Marseille – Cassis, cette fois c’était Cassis – Marseille : nettement plus facile en vélo.
On se regroupe tous en haut de la Gineste – Photo officielle Bonne Mère
Nous nous regroupons tous en haut de la Gineste pour attendre un de nos compagnon qui a crevé dans la montée. Puis c’est la descente vers Marseille et l’entrée dans la ville dans le flot de la circulation. Encore une crevaison, cette fois c’est Gabriel. On en comptera 10 pour cette matinée épique.
Le Longchamp – photo Miroir du vélo by Bike CaféMarseille vieux port – photo Miroir du vélo by Bike CaféFier de l’avoir monté – photo Miroir du vélo by Bike CaféGabriel l’inventeur de cette sprtie épique – photo Miroir du vélo by Bike CaféArrivée à Marseille et montée de la Bonne Mère
Le final se dresse devant moi : la montée de la Bonne Mère. Pas question de mettre pied à terre, je serre les dents, les jambes répondent bien et je me hisse la haut ? Nous sommes tous là pour la photo finale, et les gardiens ferment les grilles du parc. Il est temps de descendre sur le vieux port dans un couinant tintamarre de patins de freins. Mon frein arrière pleure tout ce qu’il peut mais il a tenu le coup. Nous rejoingnons le bar le Longchamp et après une pinte d’IPA avec les amis je rejoins la gare routière avec le père de Gabriel et deux autres copains. On arrive à Aix sur le coup de 20 heures : fin de l’histoire …
Quelle journée !
Bilan ma randonneuse vintage 70’s avec ses pneus de 25 a tenu la distance : pas de crevaison, pas d’incident mécanique, …
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