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Que valent les nouvelles valves tubeless ?

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Tubeless gravel

Depuis quelque temps, on voit fleurir des valves supposées renvoyer au placard la bonne vieille valve Presta. Certains fabricants n’hésitant pas à annoncer carrément “un nouveau standard”. Mais, qu’en est-il vraiment ? De façon pragmatique, je vous propose mon retour d’expérience sur quatre valves tubeless que j’ai utilisées à l’entrainement, en randonnée, et pour certaines en compétition. Illustration de couverture : Laurent Biger / Copilot IA

Muc-Off Big Bore Lite

Le fabricant Muc-Off avance des arguments de taille concernant sa valve Big Bore, avec notamment un débit d’air jusqu’à 230 % plus élevé que la valve Presta traditionnelle, grâce à la conception d’un alésage “droit”. Pareillement à certains robinets à boisseau sphérique pneumatiques ou hydrauliques, c’est une bille solidaire d’un levier qui ouvre et ferme le flux d’air.

Une conception modulaire en trois parties

Cette valve Muc-Off Big Bore Lite est réalisée en trois parties distinctes. Premièrement, une partie fixe vient se loger dans la jante, de façon traditionnelle (plusieurs interfaces en caoutchouc différentes sont incluses pour différentes formes de jantes).

Insertion classique du corps de la valve – photo Laurent Biger

L’orifice du côté interne de la jante possède plusieurs cavités, propices à une bonne performance d’injection d’air ou de liquide préventif :

Cette conception permet d’assurer une excelllente diffusion de l’air ou de liquide préventif, même avec un insert en mousse qui viendrait par dessus – photo Laurent Biger

Puis, à la main ou grâce à la mini-clé fournie, on vient fermement visser la deuxième partie équipée du robinet. Enfin, un embout vient se visser pour protéger l’orifice. Muc-Off propose plusieurs tailles afin de s’adapter à la plupart des jantes du marché.

Du côté du poids, pour cette version “Large”, la balance indique 10 g pour une valve complète. Contrairement aux autres produits qui vont suivre, sensiblement du même poids qu’une valve Presta, j’ai tenu à le préciser car c’est de loin la plus lourde (exactement le double du poids d’une valve complète Presta de longueur équivalente). Et ce, même dans cette version dite “lite“.

10 g par valve, même en version lite, c’est un poids lourd dans la catégorie – photo Laurent Biger

En pratique

En premier lieu, il faut bien admettre que la finition est excellente (construction en aluminium usiné CNC de qualité 7075 avec une vanne à bille en acier inoxydable). Le choix de coloris permettra de personnaliser facilement un beau montage. L’introduction du liquide préventif se fait soit en retirant la deuxième partie équipée du levier, soit de façon plus étroite par la partie finale, sans démontage. En cela, rien à redire, c’est sensiblement identique à une valve Presta quand on retire son obus, sauf qu’ici aucun risque de venir obstruer le système avec le liquide préventif, tant l’alésage est libre d’obstacle. Quant au débit, pour gonfler, dégonfler, ou “faire claquer” le pneu tubeless, il est effectivement très important. La conception parfaitement droite de l’alésage central est sur ce point une réussite. Pour ajuster, rien de plus simple en actionnant le levier.

Un design massif, même avec le robinet fermé – photo Laurent Biger

Pour venir se fixer sur la partie terminale, il faut une tête de pompe classique, filetée ou à pression. Pour autant, une de mes pompes à fixation par pression (à levier) n’a pas pu s’y connecter correctement.

Connexion parfaite avec ma pompe d’atelier Lezyne – photo Laurent Biger

En revanche, ma mini pompe Muc-Off est, elle, parfaitement fixée, tout comme ma pompe à pied Lezyne.

Fort heureusement, connexion parfaite également avec ma mini pompe de la même parque – photo Laurent Biger

Au fil des kilomètres, je n’ai constaté aucun problème, y compris en compétition lors de mon test du Origine Théorème GR Ultra (article à venir). Par son poids – élevé pour un élément en rotation – je conseille cette valve pour des montages VTT ou Monstergravel, où les vitesses moyennes sont bien moindres qu’en gravel. Idem pour l’aérodynamisme : quand on sait qu’une valve standard absorbe environ 1,5 W à 45 km/h (source Newmen), cette valve plus massive doit en “demander” bien plus. Pas forcément un bon choix sur route ou pour les compétiteurs en gravel race

Schwalbe CLIK VALVE

Le fabricant Schwalbe a dévoilé la CLIK VALVE à l’été 2024. Schwalbe présente alors cette “révolution” avec cette CLIK VALVE (SCV), communique même sur “un nouveau standard”. Le but de John Quintana, l’inventeur de ce système, était que ses enfants puissent gonfler les pneus de leur vélo sans difficultés. Il était agacé du fait que cela était trop compliqué pour eux avec les « anciennes » valves. Ainsi, la tête de la pompe peut être fixée sur la valve avec peu de force et retirée facilement après le gonflage. Le fabricant avance que le débit d’air est 50% plus important qu’avec une valve Presta classique.

valves tubeless
Schwalbe Clik Valve

Dans un premier temps, Schwalbe propose un kit de conversion pour les valves existantes et la plupart des raccords de pompes. Puis, certains fabricants, comme SKS notamment, ont développé des pompes spécifiques. Ce qu’il faut remplacer, c’est l’obus de la valve Presta (il y a aussi un adaptateur disponible pour les valves Schrader), afin de venir y visser manuellement la CLIK VALVE. Bien sûr, Schwalbe propose aussi des valves complètes, déjà équipées intégralement.

Kit de conversion Schwalbe Clik Valve

Hormis les pompes spécifiques ou équipées de têtes de pompes CLIK VALVE, ces valves peuvent aussi être utilisées avec des pompes pour valves Presta, mais sans contrôle possible de la pression.

Tête de pompe SKS compatible Schwalbe Clik Valve – photo Laurent Biger

Par ailleurs, un capuchon cache-poussière vient protéger la valve :

Mise en place du cache poussière – photo Laurent Biger

Du côté du poids et de la forme, c’est quasi comparable à une valve Presta de taille équivalente (que ce soit en conversion ou en valve complète).

En pratique

Concrètement, ce qui est appréciable d’emblée, c’est la rapidité de conversion. On dévisse l’obus classique Presta, et l’on visse à la place la Schwalbe CLIK VALVE. Sur ce point, rien à redire, c’est simple et efficace, d’autant plus que la finition du produit est bonne.

La conversion est simple et rapide – photo Laurent Biger

Puis vient alors le gonflage. Comme l’annonce le fabricant, une pompe classique Presta peut toujours remplir sa fonction de gonflage sur la Schwalbe CLIK VALVE. Enfin, pas tout à fait puisque dans ce cas précis, la pression ne pourra pas s’afficher sur le manomètre. Mais pour dépanner, c’est finalement suffisant. J’ai ensuite pu utiliser une pompe spécifique CLIK VALVE (SKS AIR-X-PLORER CLIK VALVE 10.0). Le constat est que le débit d’air est en effet à la hausse comparé à un système Presta traditionnel. Pour autant, ce n’est pas non plus révolutionnaire sur ce point.

La Schwalbe Clik Valve, ici avec son capuchon – photo Laurent Biger

Pour libérer de l’air (pour ajuster la pression lors d’un ride par exemple), il faut appuyer ou tapoter sur la tige au centre de la valve. On peut le faire avec l’ongle, mais Schwalbe recommande d’utiliser le bord du capuchon de valve. Sur ce point, cela n’est ni plus pratique ni plus précis qu’un système traditionnel Presta.

Ajuster la pression avec cette valve n’est ni plus pratique ni plus précis qu’un système traditionnel Presta – photo Laurent Biger

Quant à l’introduction de liquide préventif, pas de changement, puisqu’il suffit de dévisser la Schwalbe CLIK VALVE pour procéder de la même façon qu’avec un système Presta (le corps de la valve restant le même). Ce qui est le plus appréciable avec ce système est la facilité de connexion et de déconnexion (avec une tête de pompe spécifique), qui est effectivement un “jeu d’enfant”, comme le souhaitait son inventeur. Mais, finalement, je reste sur ma faim car je trouve un peu décevant de devoir s’équiper de pompes, ou de têtes de pompes compatibles avec ce système. Ainsi, je conseillerais cette valve pour des personnes peu à l’aise avec les manipulations “mécaniques”. On en connaît tous ! Et pas forcément des enfants…

Reserve Fillmore

La valve brevetée Fillmore de Reserve est garantie à vie par le fabricant, qui annonce un débit d’air trois fois plus important que le système Presta traditionnel. La fonction Micro-Adjust est censée ajuster parfaitement la pression des pneus. Vendues par paire, trois longueurs sont disponibles : 50, 70 et 90 mm. C’est un système complet, qui vient donc remplacer intégralement les valves traditionnelles installées (pas de conversion possible).

Reserve Fillmore

Le fabricant avance également de bonnes performances pour faire claquer les pneus tubeless, et la compatibilité avec les inserts en mousse que certains d’entre nous utilisent en gravel et VTT.

Focus sur la “soupape” délivrant l’air ou le liquide préventif

Pour ajuster la pression, il faut dévisser légèrement le capuchon de la valve et appuyer pour réduire la pression.

Ajustement de la pression – photo Reserve

En pratique

Tout d’abord, je vous rappelle que ce système a été testé en détail par Dan dans cet article :

Mais après avoir utilisé ces valves Reserve Fillmore sur plus de 2800 km, je souhaite tout de même apporter mon avis, complémentaire. En effet, ces valves équipaient les roues de deux vélos testés l’an passé : le Cannondale Topstone Carbon Lefty, ainsi que le Cannondale SuperX.

Valve Reserve Fillmore lors de mon test du Cannondale Topstone Lefty en 2025 – photo Laurent Biger

Sans revenir sur les qualités bien expliquées dans l’article ci-dessus, je vais insister sur quelques points. En effet, le débit est à la hausse et l’ajustement en pression est le plus précis de ce comparatif (attention toutefois à ne pas perdre le capuchon spécifique). Pour autant, l’injection de liquide préventif demande plus de pression qu’un système traditionnel car n’oubliez pas que dans le cas présent, le corps et le système de clapet ne font qu’un. Il faut donc passer le liquide en “force”. Contrairement à ce qu’affirme le fabricant, je ne suis pas entièrement d’accord avec lui sur la compatibilité avec les inserts. J’étais équipé d’inserts Vittoria (testés ici) pour deux Gravel Race (Sea Otter Europe et Roc d’Azur) avec ces valves.

Valve Reserve Fillmore lors de mon test du Cannondale SuperX en 2025 – photo Laurent Biger

J’ai pu constater que le clapet qui se trouve à l’intérieur de la jante, et donc en contact avec l’insert, se soulevait avec peine pour libérer l’air insufflé. Dans ces conditions, pour l’adjonction de liquide préventif, c’est pire. Là-dessus, Reserve devrait concevoir un orifice intérieur à plusieurs cavités, pour libérer latéralement l’air ou le liquide préventif, et se soustraire ainsi à la pression de l’insert supra. C’est un système que je conseille prioritairement pour un usage routier, où les manipulations de liquide préventif sont plus rares, et les inserts absents.

BBB CoreCap

Système le plus récent parmi ceux présentés dans cet article, voici le CoreCap de BBB. Le fabricant allemand a dévoilé ce système en janvier 2026. Visuellement, il est très proche de la Schwalbe CLIK VALVE, dans le sens où il se résume à un kit de conversion, venant remplacer là aussi les obus du système Presta traditionnel. Le fabricant annonce un flux d’air supérieur à 300 % en comparaison d’un système Presta.

Kit de conversion CoreCap de BBB

Bien évidemment, BBB propose aussi des valves complètes de plusieurs longueurs et couleurs, déjà équipées du système CoreCap.

Valves complètes CoreCap de BBB – photo Laurent Biger

La conversion se fait en dévissant l’obus Presta existant, pour venir visser – sur le corps de la valve, et non pas à l’intérieur – le système CoreCap (cliquer sur l’image ci-dessous pour voir l’animation d’installation du système BBB CoreCap) :

Cliquer sur l’image pour voir l’animation d’installation du système BBB CoreCap

Ces valves BBB CoreCap peuvent s’utiliser avec des pompes classiques, en utilisant simplement l’orifice pour valve Schrader, à visser ou à pression (levier).

En pratique

Concrètement, ce qui est appréciable, c’est la rapidité de conversion. On dévisse l’obus classique Presta, puis l’on visse la valve BBB CoreCap sur le filet extérieur du corps de la valve. Sur ce point, rien à redire, c’est simple et efficace, d’autant plus que la finition du produit est excellente.

Pour introduire le liquide préventif, il suffit de dévisser la CoreCap pour procéder à l’injection de la même façon qu’avec un système Presta (le corps de la valve restant le même). Quant au gonflage, BBB marque là de sérieux points : il suffit d’avoir une pompe avec un embout de type Schrader (le même standard que sur votre voiture), aussi bien à vis qu’à pression. Pratique pour se dépanner à une station service !

Un embout de type Schrader, à vis ou à levier, même bas de gamme comme ici, suffit pour gonfler et mesurer la pression de ce système BBB CoreCap – photo Laurent Biger

Là-dessus, le flux d’air est clairement plus important qu’avec un système Presta, ou même CLIK VALVE. Il faut dire que BBB a eu la bonne idée de concevoir un système venant se visser sur le filetage extérieur du corps de valve, et non pas à l’intérieur. De ce fait, son système peut bénéficier d’un alésage supérieur en diamètre, et donc en débit. À l’usage, aucun souci sur plusieurs centaines de kilomètres dans des conditions climatiques variées (vélotaf quotidien). L’ajustement de pression lors d’un ride est facile et précis : il suffit d’appuyer sur le clapet qui clôture l’orifice. Vous l’aurez compris, c’est le système qui aujourd’hui a ma préférence en matière de valve tubeless.

Le bilan sur ces nouvelles valves tubeless

Finalement, n’attendez pas que dans cet épilogue je proclame la fin de nos bonnes vieilles valves Presta. Non, pour ceux qui entretiennent en nettoyant et/ou en changeant leurs obus de valves régulièrement, le système reste viable, même en tubeless, qui est l’utilisation qui nous intéresse dans cet article. Aussi, proclamer “un nouveau” standard comme le font certains fabricants allemands est totalement exagéré. Pour autant, le dernier système de valve tubeless en date de BBB – le CoreCap – qui est d’ailleurs aussi le plus simple dans sa conception, pourrait bien tirer son épingle du jeu. Annoncé avec moins de bruit que le CLIK VALVE de Schwalbe, il cumule pourtant de nombreux atouts. Dans tous les cas, avant de basculer vers un de ces systèmes, réfléchissez bien à tout l’environnement qui va avec : pompe, mini-pompe, liquide préventif, bombes anticrevaisons, etc. Sur ce, bon ride à tous, en Presta ou pas !

La WISH ONE CUP : une filière d’accès au haut niveau en gravel race

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La Wish One Cup

La marque Wish One, pionnière en France du gravel race, lance une nouvelle initiative pour aider les jeunes cyclistes passionnés de gravel à atteindre le haut niveau dans cette nouvelle discipline. En s’inspirant des coupes monotypes du sport automobile, la WISH ONE CUP repose sur un principe simple et radical : tous les athlètes devront rouler sur le même vélo, avec la même configuration, dans des conditions strictement identiques. Seul le talent fait la différence.

Wish One Cup 2026

Les coupes monotypes ont joué un rôle central dans la création de filières promotionnelles en sport automobile, justement pour permettre aux jeunes pilotes d’accéder à la compétition dans des conditions plus équitables et financièrement plus accessibles. On se souvient, entre autres, des coupes Renault et Elf en France. Renault a été pionnier avec : la Coupe R8 Gordini dès 1966, la Coupe Renault 5 et la Formule Renault. Ces coupes ont lancé de nombreux pilotes français et européens. Elles ont structuré une vraie filière vers la Formule 3, puis la Formule 1. L’idée de Wish One est de s’inspirer de ces valeurs pour promouvoir une filière d’accès au haut niveau en gravel race, sans le bruit des moteurs, mais juste celui des pneus de gravel sur les pistes du Gravel Tour Wish One 😉

La WISH ONE CUP c’est quoi ?

Wish One Cup 2026

Aujourd’hui, pour beaucoup de jeunes cyclistes de talent voulant atteindre le haut niveau, le problème est souvent financier. Le temps passé à rechercher des partenaires se fait au détriment de la concentration nécessaire pour atteindre les objectifs sportifs.

Avec la WISH ONE CUP, Wish One affirme un positionnement clair :

  • accompagner les talents plutôt que les sponsoriser ;
  • structurer le gravel comme une discipline de haut niveau ;
  • créer un lien fort entre la marque, les athlètes et la communauté.

“La WISH ONE CUP n’est pas une course de plus. C’est un projet sportif, humain et identitaire, pensé pour construire les champions de demain.”

Comment ça marche ?

Écoutez le podcast avec François-Xavier Blanc

L’appel à candidatures est lancé le lundi 09/02/2026 via les réseaux sociaux. Les athlètes intéressés devront s’inscrire afin de recevoir le dossier de sélection officiel. Fin des sélections le 23/02/2026.

La WISH ONE CUP se disputera en 2026 sur les cinq dernières épreuves du Gravel’Tour Wish One.
Dix athlètes de moins de 28 ans seront sélectionnés sur dossier par le service course Wish One : 5 femmes et 5 hommes (la sélection est néanmoins ouverte aux plus de 28 ans avec un classement “gentlemen” hors accès Pro). À l’issue de la saison, la première femme et le premier homme du classement général (-28 ans) intègreront officiellement l’équipe Wish One pour la saison 2027, en tant qu’athlètes sous contrat avec la marque.

Wish One Cup 2026

Le matériel

Le vélo

Tous les participants rouleront sur le nouveau modèle 2026 WISH ONE SUB Carbone dans une configuration strictement identique :

  • Groupe Shimano GRX Di2
  • Composants PRO carbone
  • Roues carbone
  • Pneus Maxxis (modèle et section imposés)
  • Selle Italia SLR Advan
  • Plaquettes de frein Brake Authority

La dotation

Chaque athlète sélectionné(e) s’acquitte de 500 € TTC, incluant :

  • Inscription aux 5 épreuves
  • 2 tenues officielles WISH ONE CUP (cuissard, maillot, chaussettes)
  • 1 casque officiel
  • 1 paire de lunettes
  • 2 paires de pneus Maxxis
  • Accueil structure Wish One lors des week-ends de course
  • Assistance technique week-end de course
  • Départ en SAS prioritaire sur chaque épreuve

Les épreuves

La Wish One Cup

La Wish One Cup démarre le 14 juin 2026 lors de la Wish One Gravel à Millau. Les autres épreuves sont :

Retrouvez le règlement de la Wish One Cup.

Canyon x DT Swiss dévoile All-Terrain Racing, le team gravel sans frontière

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Le cyclisme est en pleine mutation et les barrières entre les disciplines volent en éclats. Pour répondre à cette soif de polyvalence, Canyon et DT Swiss lancent « All-Terrain Racing Team ». Surnommée The Wildcards, cette nouvelle structure professionnelle ne se contente pas de cocher la case gravel. En effet, elle s’affranchit des étiquettes pour s’attaquer à tout ce qui roule hors bitume, du gravel race à l’épopée en ultra endurance. Présentation d’un projet qui redéfinit les contours de la performance tout-terrain.

Le maillot de la team ATR est signé RYZON – photo CANYON

Le concept All-Terrain Racing : l’approche « Discipline-Free »

Le cyclisme moderne ne ressemble plus à celui d’il y a dix ans. Aujourd’hui, un même athlète peut briller sur un circuit de cyclo-cross le dimanche, s’aligner sur une classique flandrienne le mercredi et s’évader en bikepacking l’été. C’est ce constat qui a poussé Canyon à créer la structure All-Terrain Racing (ATR).

l’Exceed en ultra – photo CANYON
Le Grail pour le “gravel race” – photo CANYON

« L’ATR dépasse les catégories. Des sprints explosifs aux défis d’ultra-endurance, nous croyons que le jugement, la technique et la résilience sont aussi cruciaux que la vitesse pure. »

Plutôt que de monter une équipe spécialisée uniquement dans le gravel race, la marque allemande, accompagnée de son partenaire historique DT Swiss, a choisi de briser les codes. L’approche est dite Discipline-Free (sans discipline fixe). L’objectif n’est plus de définir le cycliste par la surface sur laquelle il roule, mais par ses capacités d’adaptation, sa résilience et son sens de la trajectoire.

Fort à parier qu’on verra ce damier sur les lignes d’arrivées – photo CANYON

Cette philosophie s’inspire directement de la nouvelle génération de “super-athlètes” comme Mathieu van der Poel ou Puck Pieterse, qui ont prouvé que la performance n’avait pas de frontières. Avec la team All-Terrain Racing, cette polyvalence devient une doctrine officielle. Comme le résume si bien la marque : Fast goes anywhere (la vitesse s’adapte à tout). Que le terrain soit boueux, rocailleux, enneigé ou ultra-roulant, l’idée est de jouer devant, sans se soucier du nom de la discipline inscrit sur la plaque de cadre.

l’identité visuelle de l’ATR se retrouve des tenues jusqu’aux vélos – photo CANYON

Les visages de l’équipe : qui sont les « Wildcards » ?

Pour incarner cette vision décomplexée du cyclisme, Canyon n’a pas recruté des coureurs formatés par les centres de formation classiques. L’équipe est composée de 13 athlètes de cinq nationalités différentes, surnommés les « Wildcards ». Ce nom n’est pas choisi au hasard : il évoque ces coureurs invités à la dernière minute, ceux que l’on n’attend pas forcément, mais qui viennent bousculer la hiérarchie établie.

Quatre des 13 fantastiques – photo CANYON

Le casting est un savant mélange de stars confirmées du gravel et de spécialistes de l’extrême

Les figures de proue : on retrouve l’allemande Caro Schiff, impériale sur l’Unbound 2024, et le néerlandais Jasper Ockeloen, figure emblématique des coureurs indépendants qui apportera son expérience tactique.

Les aventuriers du long cours : des profils comme Alex McCormack et Marei Moldenhauer tous deux vainqueurs en 2025 de l’Atlas Mountain Race, porteront les couleurs de la team sur des épreuves d’ultra-endurance où le mental prime sur la puissance brute.

La force du destin : l’un des récits les plus marquants de ce roster est celui de Juri Hollmann. Après avoir frôlé le pire lors d’une chute au Giro d’Italia 2025, il revient au sport de haut niveau par la porte de l’ All-Terrain Racing, illustrant parfaitement la résilience du groupe.

Marei Moldenhauer, éclatante de sérénité en gagnant l’Atlas Mountain race en 2025 – photo CANYON

À la tête de cette meute, on retrouve Vincent Durand. Ancien manager du respecté BULLS Racing Team, il apporte une culture solide du VTT Marathon et de la cohésion de groupe, essentiel pour des athlètes qui passent parfois plusieurs jours seuls en autonomie complète.

Un laboratoire technologique sur tous les terrains

Au-delà de la compétition, la structure All-Terrain Racing fait office de laboratoire de R&D pour Canyon et ses partenaires. Ici, pas de matériel standardisé pour toute l’année : l’équipement s’adapte à la mission, et les retours des coureurs servent directement à peaufiner les produits de demain.

Canyon Factory Racing pour toute l’équipe ATR – photo CANYON

L’arsenal Canyon CFR

Selon le profil de l’épreuve, les coureurs piocheront dans la gamme CFR (Canyon Factory Racing), le summum de la performance chez la marque de Coblence :

  • Le Grail CFR : Le fer de lance pour les courses gravel rapides et nerveuses type Unbound ou The Traka.
  • Les Exceed et Lux World Cup CFR : Pour les épreuves d’ultra-endurance et le VTT Marathon, où le confort et la motricité sur terrain cassant deviennent vitaux.
Canyon sort l’artillerie lourde – photo CANYON

Le rôle clé de DT Swiss

C’est l’un des points majeurs de cette annonce : pour la première fois en 31 ans d’histoire, DT Swiss devient partenaire titre d’une équipe pro. Le fabricant suisse apporte son expertise avec des roues haut de gamme comme les GRC 1100 DICUT 50, mais surtout une pièce maîtresse : la fourche suspendue F 132 ONE. J’avais d’ailleurs testé cette fourche peu après sa sortie sur le Grail CFR RIFT. J’avais été conquis sur les 500 km de la Graaalps l’été dernier. Spécifiquement développée avec Canyon pour le Grail, cette fourche incarne parfaitement cette nouvelle ère du gravel “engagé”.

la fameuse F132 one – photo Instagram DT SWISS

Des partenaires de premier choix

Pour compléter le montage, l’équipe ne fait aucun compromis :

  • Transmission : Shimano Di2 (Dura-Ace, XTR ou encore GRX selon le vélo) ;
  • Poste de pilotage et assise : Ergon assure la liaison homme-machine pour minimiser la fatigue sur les longues distances ;
  • Pneumatiques : Schwalbe fournit les pneus pour garantir le grip.
Un sponsoring détonnant – photo CANYON

Le tout est supervisé par une légende du milieu, Pete Stetina. L’ancien coureur pro, devenu l’un des pionniers du gravel moderne, officie comme conseiller technique et mentor, faisant le pont entre les sensations des athlètes et les ingénieurs de la marque.

Objectifs 2026 : un calendrier sans frontières

L’équipe « All-Terrain Racing » ne va pas perdre de temps pour valider son concept. Le baptême du feu est fixé dès ce week-end à Santa Vall (Gérone), l’épreuve d’ouverture des Gravel Earth Series. C’est sur les pistes techniques de Catalogne que les Wildcards étrenneront pour la première fois leurs nouvelles couleurs en peloton.

Mais le programme ne s’arrête pas là. Le calendrier du team est à l’image de son nom : tentaculaire.

Les monuments du Gravel : l’équipe visera les sommets sur les épreuves les plus prestigieuses de la planète, notamment The Traka et l’incontournable Unbound Gravel au Kansas.

Le défi de l’extrême : pour les spécialistes de l’ultra comme Alex McCormack et Marei Moldenhauer, les objectifs se nomment Unbound XL ou encore la légendaire Tour Divide, cette traversée du continent nord-américain où l’autonomie est la règle d’or.

La mixité des formats : entre deux grandes échéances, on verra les coureurs s’aligner sur des épreuves de VTT Marathon et des défis de performance hors-catégorie, là où l’esprit d’aventure l’emporte sur le simple chrono.

L’avis de Bike Café

Avec le lancement de All-Terrain Racing, Canyon et DT Swiss ne se contentent pas de sponsoriser des athlètes, ils confirment une tendance de fond. Le cyclisme de demain appartient à ceux qui refusent de choisir entre la vitesse de la route et la liberté des sentiers. En créant ce team qui regroupe des talents capables de passer d’un vélo à l’autre sans transition, les deux marques s’assurent une visibilité maximale sur tous les terrains.
Pour suivre les aventures des Wildcards tout au long de la saison, rendez-vous sur leur compte Instagram officiel @canyon_ATR.

All-Terrain Racing – le team

Weldtite prend soin de nos vélos

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Weldtite prend soin de nos vélos

La marque britannique Weldtite développe depuis plusieurs décennies une gamme complète dédiée à l’entretien des vélos, pensée pour répondre aux exigences du roulage moderne. Nettoyage, lubrification, réparation : l’essentiel est couvert avec des solutions conçues pour durer. L’équipe de Bike Café a testé ces produits sur le terrain afin d’en mesurer l’intérêt à l’usage, dans des conditions bien réelles.

Weldtite propose une large gamme de produits d’entretien, ici la protection céramique testée plus bas par Jean-Louis – photo Weldtite

Sans vouloir caricaturer le climat britannique, il est certain qu’il offre des conditions météo parfaites pour concevoir de bons produits pour entretenir les vélos. Weldite, installée sur les rives de l’Humber, dans le Lincolnshire du Nord au Royaume-Uni, a développé des produits pour maintenir nos vélos en bon état de marche.

Weldtite propose une gamme très complète

Avec Weldtite, l’univers de l’entretien vélo s’exprime dans toute sa diversité. La marque britannique propose une gamme particulièrement large qui couvre l’ensemble des besoins du cycliste, du nettoyage courant à la maintenance approfondie. Dégraissants, nettoyants spécifiques, lubrifiants pour toutes conditions, graisses techniques, liquides préventifs tubeless ou encore outils d’atelier : chaque usage trouve sa solution dédiée. Cette approche permet surtout de couvrir des besoins très concrets, du lavage après une sortie hivernale à la préparation minutieuse d’un vélo avant un voyage ou une épreuve longue distance. Une logique d’usage qui parlera autant aux pratiquants réguliers qu’aux cyclistes plus occasionnels soucieux de préserver leur matériel.

Les produits Weldtite testés par la rédaction

Machine pour nettoyer la chaîne

Testée par Colin

Le nettoyage de la chaîne d’un vélo est une opération relativement simple, mais qui peut vite devenir rébarbative lorsque celle-ci est très encrassée. Dans ce cas, l’utilisation d’un outil — ou d’une petite machine — dédié au nettoyage de la chaîne permet de gagner du temps tout en gardant les mains propres. J’avais déjà présenté un outil similaire proposé par Muc-Off dans une sélection de produits dédiés à l’entretien du vélo. La version signée Weldtite, très proche dans son principe, apporte toutefois quelques améliorations qui la rendent en même temps plus simple à utiliser et plus efficace.

test de la Weldtite Chain Cleaning Machine
Le coffret comprend l’outil et une recharge vous permettant de réaliser 2 ou 3 nettoyages – photo Colin Gosse

L’utilisation de cette machine est intuitive. Il suffit de la refermer autour de la chaîne. Si votre dérailleur le permet, un bras articulé peut être utilisé pour maintenir la machine en place. Dans mon cas, ce dispositif provoquait un léger frottement avec la chaîne ; j’ai donc préféré tenir la machine à la main. Il faut ensuite remplir le réservoir avec le Citrus Degreaser, puis faire tourner la chaîne à l’aide du pédalier en libérant progressivement le produit. Weldtite recommande une diffusion lente du dégraissant afin d’optimiser l’efficacité du nettoyage. La chaîne peut être entraînée dans les deux sens.

Une utilisation un peu technique mais néanmoins facile

À l’usage, la prise en main est globalement facile, même si le maintien de la machine tout en diffusant le dégraissant demande un minimum de dextérité. L’efficacité est en revanche bien au rendez-vous, notamment grâce à l’action des brosses rotatives. Le dégraissant mousse légèrement, ce qui permet de visualiser sa bonne diffusion sur l’ensemble de la chaîne. En quelques minutes, celle-ci est propre ; il ne reste plus qu’à la rincer à l’eau, à la sécher soigneusement, puis à appliquer le lubrifiant.

Enfin, le positionnement tarifaire est particulièrement intéressant au regard de la qualité de fabrication. Proposée actuellement à £24.99, soit un peu moins de 29 €, cette machine de nettoyage affiche un excellent rapport qualité-prix.

La page produit : machine pour nettoyer la chaîne – Weldtite

Citrus Degreaser – produit dégraissant

Testé par Colin

Le Citrus Degreaser de Weldtite est un dégraissant puissant au citron, à base d’huile de cédrat. Il appartient à la famille des dégraissants à base d’agrumes, réputés moins agressifs que les solvants d’origine pétrolière, tout en étant plus efficaces que les dégraissants aqueux. Ce Citrus Degreaser contient ainsi un solvant d’origine végétale et se destine en priorité au nettoyage de la transmission. Autre atout : il ne présente aucun risque pour le carbone, ni pour l’aluminium ou l’acier.

Citrus Degreaser – produit dégraissant Weldtite
Le produit dégraissant est disponible en plusieurs contenances : 5L, 1L, 400 ml et 250 ml et également en aérosol – photo Weldtite

Un produit simple et performant

À l’usage, ce dégraissant se révèle à la fois efficace et facile à manipuler. Pour ma part, je l’applique comme à mon habitude à l’aide d’une brosse à dents. Weldtite recommande, après application, de laisser agir le produit environ deux minutes. En respectant ce temps de pose, même sur une transmission bien encrassée, il reste performant et un seul traitement suffit généralement. Le produit a également tendance à mousser, ce qui permet de bien visualiser les zones traitées.

Pour éliminer le produit, je privilégie un rinçage à l’eau : la seule utilisation d’un chiffon, pourtant recommandée, me paraît insuffisante pour un nettoyage en profondeur. Avant toute relubrification, je prends soin de sécher parfaitement la transmission, à l’aide d’un compresseur si nécessaire. Enfin, l’odeur reste modérée et le produit peut s’utiliser en intérieur sans gêne particulière. La marque met en avant un label « biodégradable », même si je préfère rester mesuré sur ce point, faute de pouvoir en juger techniquement.

Citrus Degreaser – nettoyage après application
la marque anglaise recommande un nettoyage au chiffon mais personnellement je préfère rincer abondamment la transmission – photo Patrick VDB

Pour conclure, ce dégraissant s’avère à la fois efficace et agréable à utiliser. Il fait désormais partie des produits que je continue d’employer régulièrement à l’atelier pour l’entretien de mes vélos.

La page produit : Citrus Degreaser – Weldtite

All Weather – lubrifiant

Testé par Patrick et Laurent

Patrick : J’ai utilisé le lubrifiant All-Weather sur la chaine de mon single-speed. C’est le vélo que j’utilise régulièrement, quelle que soit la saison, de 50 à 200 km par semaine. Ce produit est efficace, facile à appliquer avec son embout. Avant l’application de ce lubrifiant, un nettoyage de la chaîne a été nécessaire, grâce à la machine pour nettoyer la chaîne testée par Colin. Le produit est fluide et efficace sur la durée et en ce moment, avec nos routes souvent mouillées, il protège bien ma chaîne.

Laurent :”J’ai utilisé le lubrifiant All-Weather tout le mois de janvier, particulièrement humide cette année dans le sud-est de la France. Ainsi, j’ai pu le tester dans des conditions sévères, où la transmission nécessite d’être correctement lubrifiée. Ce fut notamment le cas de mes entraînements en vue d’une course fin janvier sur un terrain bien gras.

Fin de course, en janvier. Dans ces conditions, un bon lubrifiant est essentiel – photo Jean-Alexis Duthoit

À l’usage, je constate que ce lubrifiant possède des qualités intéressantes ainsi qu’un applicateur bien calibré en termes de débit. Pour autant, pour un usage en compétition, je l’ai trouvé trop fluide, avec pour conséquence un produit qui n’adhère pas assez aux éléments mécaniques quand ceux-ci sont soumis à de fortes sollicitations. Finalement, j’aurai sûrement du choisir un autre lubrifiant de la vaste gamme Weltite, probablement le WET, au regard des conditions très humides de ce début d’année !

La page produit : lubrifiant All-Weather – Weldtite

Protection céramique

Testée par Jean-Louis

Cela va sans dire, mais encore mieux en l’écrivant : le nettoyage du vélo est un préalable indispensable à l’utilisation de ce produit. Après un séchage en règle, on effectue l’application du produit à l’aide du chiffon microfibre. La seconde étape consiste à utiliser le chiffon de lustrage.

On sent immédiatement au toucher que la surface du cadre est désormais recouverte d’une pellicule offrant une glisse particulière.
Les cieux étant avec nous, en tous cas pour cet essai — mais plutôt contre nous pour le plaisir de rouler — la route humide et la pluie nous attendent au tournant. 

On ne constate pas de grosses accumulations sur les parties les plus exposées, mais des salissures dont la masse principale a été évacuée : ça ressemble plutôt à des coulures. À partir de ce moment, le nettoyage est simplifié : un coup de chiffon, complété par un pinceau ou une brosse à dents pour les endroits les plus exigus, permet de retrouver une surface impeccable. 

On peut renouveler l’application de produit avec les deux étapes décrites ci-dessus toutes les deux ou trois sorties pour entretenir ce film protecteur.
Au final, l’étape du nettoyage du vélo, que je considère comme une corvée nécessaire, est une opération sur laquelle on peut capitaliser. Les effets du travail accompli dureront plus longtemps.

La page produit : Rapid Ceramic Shield Kit – Weldtite

Pour conclure

Cette marque britannique est une vraie découverte pour l’équipe de Bike Café. Nous avons apprécié la richesse du catalogue et la cohérence des produits proposés. Les tests effectués par quelques membres de l’équipe ont été positifs, comme en témoignent les retours que vous avez pu lire dans cet article. La marque Weldite est importée en France par P2R : https://www.p2r-expert.com/fr/ et les produits sont disponibles dans les magasins de la distribution ou sur le web, comme sur le site de Decathlon par exemple : https://www.decathlon.fr/brands/weldtite.

Basso Palta : la troisième génération arrive sur les pistes

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Nouveau vélo Allroad Basso Palta III

La marque italienne Basso développe depuis plusieurs décennies des vélos orientés performance et polyvalence. Laurent avait pu tester longuement la première version du Palta en 2020. Avec le Basso Palta III, la marque propose la troisième génération de son modèle gravel historique qui se positionne comme une solution pour ceux qui recherchent la performance sans renier la polyvalence.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Basso Palta III

La philosophie : deux pratiques mais un seul vélo

Two Souls. One Bike. Zero Regrets. Deux âmes, un seul vélo, zéro compromis.

Déclare la marque

Selon Basso, le marché gravel se segmente de plus en plus. Cependant, de nombreux pratiquants continuent à varier les usages. Pour cette raison, le Basso Palta III adopte l’approche Two Souls. One Bike. Autrement dit, le vélo cherche à couvrir la performance, notamment en gravel race, mais aussi l’aventure longue distance.

Leonardo Basso, Product & Marketing Manager, résume ainsi cette vision : “Notre objectif n’était pas de définir le gravel pour le rider, mais de lui donner la meilleure plateforme pour qu’il le définisse lui-même.”

Basso Palta III : une géométrie qui évolue

Depuis 2018, la plateforme Palta a évolué progressivement. Le Palta III conserve l’ADN Sempre Veloce, tout en évoluant subtilement.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Le stack augmente légèrement pour améliorer la position

Ainsi, le stack augmente légèrement pour améliorer la position. De plus, le top tube plus incliné facilite l’accès et le confort. La géométrie vise un compromis entre efficacité et stabilité. Pas moins de six tailles de cadres sont disponibles pour s’adapter à presque tous les cyclistes.

Fabriqué en Italie

Le cadre en carbone du Basso Palta III est fabriqué à la main en Italie. Il utilise un mix de fibres Torayca® pour obtenir un équilibre entre rigidité, confort et durabilité. La répartition combine des fibres T800, T700 et M40J, ce qui montre la volonté de la marque pour adapter le comportement du cadre à plusieurs usages.

Un cadre carbone fait de fibres T800, T700 et M40J

Selon Basso, le poids du cadre en taille M démarre à 970 grammes. Par ailleurs, Basso annonce une surface frontale réduite de 18 % au bénéfice de l’aérodynamisme.

Basso Palta III : en quête de confort

La marque annonce une réduction de rigidité au niveau du tube de direction, pour mieux filtrer les vibrations. À l’inverse, le triangle arrière gagne en rigidité pour améliorer les relances, bien que la précédente génération n’en manquait déjà pas !

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Baso Palta III

Le Basso Palta III utilise la seconde génération du système 3B Clamp. Selon la marque, ce système logé dans le tube de selle intègre une fonction anti-vibration. Par ailleurs, la tige de selle Diamante pourrait bien améliorer encore le confort global de ce vélo.

L’intégration du rangement dans le cadre

Pour la première fois sur le cadre d’un Palta, un compartiment interne est intégré. Ce rangement se situe dans le tube oblique.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
La solution de rangement intégré dans le tube oblique


Le capot est en carbone et se verrouille par un système Fidlock. Deux petites sacoches étanches, fournies, peuvent s’y introduire pour transporter des outils et autres petits accessoires.

Basso Palta III : apte aux pneus gravel plus larges

Le dégagement de pneus a été augmenté sur cette troisième version. À l’avant la fourche accepte jusqu’à 52 mm, et à l’arrière le dégagement atteint 50 mm.

Les options de personnalisation

Chaque Basso Palta III est assemblé à la demande. Ainsi, le client peut choisir son cockpit, son groupe et ses roues.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
La personnalisation est possible sur le nouveau Palta

Les transmissions sont disponibles en version mécanique ou électronique, mono ou double plateaux. Les groupes annoncés incluent le SRAM Force et Red XPLR, ainsi que les groupes Shimano GRX-820 et GRX-825-Di2.
Basso propose trois options de cockpit pour son nouveau Palta :

  • le Fuga vise un montage favorisant l’aérodynamisme et la chasse au poids ;
  • le Levita propose un compromis entre sportivité et polyvalence ;
  • le Strato permet un montage traditionnel, non intégré, avec potence séparée.

Les coloris du nouveau Basso Palta

Le Palta III sera disponible en trois coloris et sera garanti 5 ans : Purple Dust, Carbon Chrome, Galaxy Dream.

Basso Palta III et les collaborations Vibram et Apidura

Basso collabore avec Vibram pour la protection inférieure du tube diagonal. Cette protection devrait protéger efficacement les soubassements du cadre.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Basso x Vibram

Basso travaille également avec Apidura pour des sacoches spécifiques à son Palta. Ces sacoches utilisent une fixation vissée. Ainsi, l’intégration reste propre et compatible avec l’emport de bidons.

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Basso x Apidura

Tarifs annoncés

GroupePédalierCassetteRouesPrix public (€)
SRAM RED XPLR AXS40T10-46ZIPP 303 XPLR SW8 499 €
GRX 825 Di2 2×1248-3111-34FULCRUM SONIQ6 199 €
GRX 825 Di2 2×1248-3111-34MICROTECH MX254 999 €
SRAM FORCE XPLR AXS40T10-46ZIPP 303 XPLR S6 699 €
SRAM FORCE XPLR AXS40T10-46MICROTECH MX255 399 €
GRX 820 2×1248-3111-34MICROTECH GRECALE5 099 €
GRX 820 2×1248-3111-34MICROTECH MX254 399 €
GRX 820 1×1242T10-51MICROTECH GRECALE4 999 €
GRX 820 1×1242T10-51MICROTECH MX254 299 €
Kit cadre PALTA III3 299 €

Le Basso Palta III : vivement l’essai sur les pistes !

Le Basso Palta III s’inscrit dans une approche gravel moderne. Selon la marque, il cible le gravel race et l’aventure. Ainsi, le Basso Palta III semble s’adresser aux cyclistes qui alternent sorties sportives et randonnées au long cours. Mais comme à notre habitude chez Bike Café, seul un véritable test sur les pistes permettra de valider les affirmations du fabricant italien !
Page fabricant : bassobikes.com

Nouveau vélo Allroad Basso Palta III
Basso Palta III

Comme un lundi : c’est pas faux !

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C'est pas faux !
La petite mer des oubliés

L’édito de Bike Café

J’entends, comme vous sans doute, assez régulièrement cette expression : « C’est pas faux ! » Cette réplique culte de Kaamelott s’est échappée de la série télévisée pour devenir une phrase dans l’air du temps qu’on utilise, comme Perceval, souvent à tort et parfois à travers dans nos discussions. Cette formule, inventée par le chevalier Karadoc, personnage de la série, servirait dans certaines circonstances à ne pas passer « pour un con ». Cette pirouette verbale serait bien pratique lorsqu’une personne nous démontre quelque chose qu’on ne comprend pas. Je trouve que cette négation, qui implicitement va dans le sens de l’approbation, est un peu biscornue. Mais ne dit-on pas aussi « C’est pas vrai ! », pour indiquer que c’est faux, mais aussi pour s’étonner devant ce qui nous semble incroyable ? En creux, c’est une autre formule pour, peut-être, ne pas passer aussi « pour un con ». (Photo de couverture Patrick VDB : La petite Mer des oubliés – étang de Berre 2019 – C’était pas faux de voir autant de vélos de gravel dans ce lieu si particulier .)

Ce matin, sur mon vélo, je me demande si le plaisir de rouler sur cette route mouillée et dans le froid n’est pas faux ? Est-ce qu’en répondant justement un « C’est pas faux ! » de circonstance à mon voisin qui me lance, en me voyant partir, « Ça caille ce matin ! », je n’essayerais pas d’éviter de passer pour un con de cycliste, qui part rouler par ces températures hivernales ? Entre le « c’est pas faux ! » et le « c’est pas vrai ! », j’ai choisi ma vérité, celle à laquelle je crois, celle qui me fait plaisir, celle qui sera peut-être l’expression de ma mauvaise foi, celle enfin qui me fait dire ce matin que « c’est pas con » de partir rouler… Que ma vérité soit vérifiée ou pas, je m’en moque un peu, car je l’ajuste au fil du temps. Elle suit sa route en dehors de mille autres, qu’on nous assène en permanence. Dans le vélo c’est pareil : le « c’est pas faux » d’hier peut devenir le « c’est pas vrai » d’aujourd’hui. La vérité serait-elle changeante ?

Ce qui ne change pas, c’est l’arrivée de notre newsletter du lundi. Je vous invite à vous abonner ici : c’est gratuit. Tous les lundis matin, en même temps que la parution de cet édito, elle arrive toute chaude dans votre boite mail pour retracer tout ce qui s’est passé la semaine précédente… Pratique, n’est-ce pas : « C’est pas faux ? »

Patrick.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<     

Glacier Cycles Macaron, le bon compagnon

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Test du gravel Glacier Macaron

Derrière Glacier Cycles se cachent deux amis, Alexandre et Bastien, deux passionnés de vélos tout terrain qui souhaitaient tout simplement se créer le vélo parfait. Depuis 2017, et le premier Dirt soudé au fond du garage, leurs idées et leur savoir-faire ont mûri et la marque Glacier Cycles est devenue une réalité en 2020. Elle représente le reflet de leur vision du vélo : durable, solide, performant et esthétique.

Alexandre et Bastien dans leur ancien atelier – Photo Glacier Cycles

Tout récemment installés dans leurs nouveaux locaux d’Aix-les-Bains, ils fabriquent de façon artisanale et assemblent en micro-série une gamme composée d’un vélo de dirt, le Croissant, d’un enduro, le Baguette et enfin d’un gravel, le Macaron.

Il est important de préciser que nous parlons de fabrication artisanale et locale ici. De la conception à l’assemblage, tout est fait à l’atelier. Tous les cadres sont soudés sur place, du véritable « Proudly handmade in the Alps ». Une approche qui leur permet également, en parallèle de leurs vélos de micro-série, de proposer une offre 100% sur mesure. La possibilité de s’adapter parfaitement à vos souhaits pour une machine unique.

Macaron frais sorti de l’atelier – Photo Glacier Cycles

Steel is Real !

Malgré l’omniprésence du carbone dans l’industrie du vélo, l’acier revient peu à peu dans les conversations. L’offre proposée par certains fabricants et par un réseau dynamique d’artisans avance aujourd’hui une alternative très intéressante. Notamment dans le milieu du gravel où les qualités intrinsèques de ce matériau trouvent toutes leur place.

Steel is real ? Oui, l’acier fait viscéralement partie de l’histoire cycliste. Les moins jeunes d’entre nous se rappellent tous avoir rêvé devant des productions arborant les glorieux noms de Reynolds ou Columbus. Mais l’histoire de ce matériau ne s’est pas arrêtée à ces souvenirs désuets et les grands faiseurs ont su évoluer. Je vous invite d’ailleurs à relire l’article de Laurent Biger sur le BAAM Argh (essai du gravel BAAM Argh) dans lequel il nous parle de Reynolds et de ses produits.

L’italien Columbus, que nous retrouvons aujourd’hui, est un autre grand acteur historique de l’acier. Remettant toujours l’ouvrage sur le métier, il a lui aussi perfectionné ses produits au fil des années avec des nuances toujours plus fines et compétitives. Columbus propose aujourd’hui une large gamme permettant de répondre aux souhaits de tous. Elle couvre tous les usages, du gravel de bikepacking cherchant la robustesse, au routier le plus léger nécessitant les tubes les plus fins.

Cadre en Columbus Zona – Photo Glacier cycles

Le Columbus Zona, dont il est question sur le Macaron, est une nuance d’acier au chrome Molybdène (25CrMo4) à épaisseur variable (double ou triple épaisseurs). C’est un acier permettant un bon équilibre entre rigidité et confort avec une bonne tenue en fatigue. Columbus le présente comme un choix adapté à une utilisation offroad, idéal pour un gravel polyvalent et robuste.

Au déballage

À l’ouverture du carton, ce vélo me flatte l’œil et me rassure quant à sa versatilité et son accessibilité mécanique. Un beau cadre construit dans les Alpes avec des choix techniques intelligents.

Sorti du carton – Photo Benjamin Bodot

Un boitier BSC ainsi qu’un passage de câblerie externe à la douille de direction et au boitier de pédalier sont des gages de facilité d’entretien. Le cadre peint par thermolaquage dispose de nombreux points de fixation pour de la bagagerie, des garde-boues et un porte bagage. Tout est également prévu pour l’ajout d’un dérailleur avant.

Une somme de détails qui personnellement me plaisent. Ce vélo a été réfléchi pour être fiable, s’entretenir sans prise de tête et s’adapter.

Un vélo versatile – Photo Glacier Cycles

L’équipement proposé sur ce vélo suit la même logique. On y remarque tout de suite une fourche Columbus en carbone dotée de points de fixation. La transmission est assurée par un solide groupe Shimano GRX mécanique, alors que Ritchey assure la fourniture de la tige de selle, de la selle, de la potence et du cintre (un Ritchey VentureMax WCS dont les imposantes dimensions vont bousculer mes habitudes).

Côté roues, nous trouvons une paire de jantes DT Swiss GR531db en aluminium montée sur des moyeux DT240 ainsi que deux Hutchinson Touareg en 40 mm de section. À noter que ce cadre est annoncé pour permettre une monte jusqu’à 45 mm de section : du fiable et solide. Vis-à-vis du poids, tout complet sans pédales, je mesure 10 kg tout rond pour ce montage en taille L. Un résultat tout à fait honorable à mon sens.

La géométrie

La géométrie est assez proche d’autres cadres acier de gravel que sont par exemple les Fairlight Secan ou Genesis Croix de fer.
Une partie avant qui devrait être plutôt permissive avec un top tube de bonne longueur et un angle de direction de 71 degrés. La partie arrière tranche avec la concurrence avec des bases courtes de 425 mm, promesse de dynamisme au roulage et d’une bonne réactivité à la relance.

Une géométrie intéressante qui devrait être agréable dans le cassant et dans laquelle transparait le passif tout-terrain des géniteurs.

Trêve de palabres, allons rouler !

À l’attaque des chemins, je découvre un vélo très plaisant. La piste déroule et le vélo avale parfaitement les irrégularités avec facilité, sans solliciter excessivement son pilote. L’angle ouvert de la direction et les caractéristiques mécaniques de l’acier jouent ici et donnent un ressenti très agréable.

Photo Rachid Wissad

Dans les raidillons en danseuse, je ressens une bonne réactivité du vélo qui répond très vite grâce à ses bases courtes. Je retrouve également ce qui me fait aimer l’acier, ce moelleux au pédalage. Le cadre vous accompagne sous les coups de pédale en se déformant latéralement. Il vient ensuite renvoyer cette énergie en sens inverse pour vous accompagner à la remontée de la pédale. Un effet élastique qui lisse le point mort lorsque la pédale est en bas en vous relançant à chaque fois.

J’en entends certains me répondre que ce n’est pas le plus efficace pour la transmission de puissance à la roue. Mais c’est une sensation tellement agréable au pédalage et surtout confortable lorsque la forme commence à décliner. Le vélo vous accompagne sans venir vous casser les jambes. Attention, il n’est pas pataud pour autant. Le vélo est très vivant sous la pédale et c’est extrêmement plaisant. On n’est pas là sur un bout de bois qu’il faut cravacher pour en tirer des sensations, mais sur un cadre amusant qui vit et qui répond très bien à vos sollicitations.

Quand le chemin devient plus cassant et que les ornières et les racines apparaissent, le vélo continue de suivre sa trace avec assurance. Je me prends très vite à jouer dans les obstacles et sauter toutes les marches et bosses. Ce vélo est un super franchiseur. On sent bien ses gènes tout terrain et on s’amuse véritablement à son guidon. Il se place correctement et pardonne assez bien les excès d’optimisme. Il se révèle dans cet exercice et me voilà à appuyer de plus en plus en chassant toutes les aspérités de la piste.

De retour sur la route, je tente de pousser un peu. Le vélo réagit assez rapidement à mes sollicitations. Une sensation de stabilité avec un comportement assez agréable et facile. Ce n’est assurément pas un routier et nous ne sommes pas sur son terrain de prédilection. Mais le vélo répond bien à mes envolées et je ne me sens pas exagérément collé à la route. Une paire de roues plus légères l’aiderait aussi dans cet exercice et changerait mon ressenti.

Photo Rachid Wissad

Accompagner mes enfants au pumptrack m’a permis de venir chatouiller son côté joueur. L’avis fait dans les chemins s’est vite confirmé. Le vélo est amusant et facile à emmener dans les bosses, le plaisir est immédiat. Il réagit bien et pardonne mes approximations. Je me retrouve très vite à accélérer pour enrouler les obstacles toujours plus vite. Je finirai en sueur, coupant l’effort bien avant d’avoir trouvé ses limites dans cet exercice.

Qu’en conclure ?

Au fur et à mesure des jours, mon ressenti se confirme sur ce vélo qui a décidément de quoi se faire aimer. Que ce soit lors de courtes sorties à l’attaque ou sur de plus longues traces à travers les chemins, c’est un plaisir à rouler. Il engloutit la piste sans sourciller et a toujours répondu présent sous les coups de pédales. Je ne me suis jamais senti dépassé par le vélo dans le sens où il ne m’a pas fait souffrir de ma méforme au petit matin ou me sentir dépassé dans les monotraces techniques. C’est un vélo parfait pour aller se perdre dans les chemins plusieurs jours. Le long de la route du sel par exemple, une trace alpine de plusieurs jours cheminant entre la France et l’Italie sur des pistes qui peuvent être assez cassantes.

Quelle que soit la longueur de la sortie et le temps que vous passerez dessus, ce Glacier Macaron est un excellent camarade. Il répondra présent quand l’envie se fera sentir d’aller rigoler tout en restant facile sur des sorties au long cours.

Dans les collines niçoises au petit matin – Photo Benjamin Bodot

Le Macaron est conçu pour vous accompagner partout et longtemps. Une géométrie rassurante qui sait être réactive aux coup de pédales et extrêmement capable dans le cassant. Des choix de conception et de composants orientés vers la fiabilité et la versatilité. Un vélo solide qui sait rester simple et accessible mécaniquement et qui saura évoluer suivant vos envies.

Vue sur la mer depuis le fort de Revère – Photo Benjamin Bodot

C’est un vélo que j’ai beaucoup apprécié. Ce n’est pas le premier vélo que vous croiserez au coin de la rue, et il démontre bien le dynamisme de petits artisans dans la proposition de produits efficaces, intelligents, différents et très attachants.

Un vélo avec lequel j’ai pris beaucoup de plaisir – Photo Benjamin Bodot
  • Prix du cadre : 1990 € TTC sans fourche
  • Prix des vélos complets : Glacier Macaron

Glacier Macaron, caractéristiques

RÉFÉRENCEGlacier Macaron
CADREAcier Columbus Zona soudé au TIG
FOURCHEColumbus Futura Cross+ Carbone avec 6 inserts de chargement, pivot 1″ 1/8 – 1″ 1/2 (tapered)
DÉRAILLEUR ARRIÈREShimano GRX RD-RX822
MANETTESShimano GRX ST-RX610
PÉDALIER et PLATEAU40 dents – max admissible 44 dents
BOITIER de PÉDALIERFormat BSC (fileté)
CASSETTEShimano CS-M7100 (SLX) 12 vitesses 10-45 dents
CINTRE et POTENCERitchey VentureMax et potence Ritchey Trail
ÉTRIERS DE FREINSShimano GRX BR-RX400
DISQUES DE FREINSShimano RT70 160 mm avant et Shimano RT56 S 160 mm arrière
ROUESJantes DT Swiss GR531db sur moyeux DT Swiss 240
PNEUSHutchinson Touareg 700 x 40 mm – max admissible 700 x 45 mm
SELLERitchey Classic
TIGE DE SELLERitchey Comp 27,2 mm
POIDS10 kg en taille L (vérifié, sans pédale et en montage tubeless)

La fourche Truss, un étrange treillis qui nous questionne

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La fourche Truss

Quelle est donc cette fourche curieuse, que l’on remarque sur certains vélos artisanaux ? La Truss fork (fourche en treillis) tire son nom de sa construction triangulée faite de petits morceaux légers en apparence, mais finalement solides lorsqu’ils sont assemblés. La Tour Eiffel est l’exemple vertical de cette technique qui apporte de la solidité à ce type de construction. L’idée de cette fourche est ancienne, on en trouve la trace au début du 20ème siècle. Elle a également été utilisée sur les motos des années 20. Elle revient de nos jours avec l’objectif de nous offrir plus de rigidité sur les fourches équipées de freins à disque. Elle apporte par ailleurs un certain gain de poids. Découvrez avec moi la fourche Truss (prononcez Treusse), qui n’est pas un simple exercice de style, ni une fabrication spectaculaire réservée au Concours de Machines… (photo de couverture Laurent Belando)

Fourche Truss
Sur la photo ci-desus, on voit Ted Ryko, qui à 21 ans, quitta le bureau de poste d’Adélaïde en mai 1914, déterminé à battre le record du monde de la traversée à vélo d’Adélaïde à Darwin sur son vélo équipé d’une fourche Truss (photo Wikipedia). Un vélo incroyablement en avance sur son temps : bikepacking, fixations pour la pompe et le thermos isotherme, burette d’huile pour lubrifier la chaine en roulant, selle réglable sur chariot, …

La fourche Truss : intemporelle

Cette fourche n’est pas uniquement l’objet de la démonstration d’un savoir-faire

En voyant cette fourche Truss, montée sur le vélo de Ted Ryko, je constate qu’après un siècle ce concept a traversé les âges. Le vélo de Ted montre d’ailleurs une certaine modernité avec ses sacoches de bikepacking, sa pompe fixée sous le tube oblique et son bidon isotherme fixé sur le cadre. Aujourd’hui la fourche Truss est réinterprétée principalement par les artisans du cycle, car sa production en série semble difficilement réalisable. Avec le freinage sur disque, qui applique des contraintes excentrées sur la roue avant, la rigidité des fourches joue un rôle important en cas de freinage d’urgence et de maintien de la trajectoire. Elles se constatent plus fortement sur des fourche en titane dont l’élasticité est plus importante. Certains artisans US, spécialistes du titane, ont donc utilisé ce concept Truss pour apporter une réponse à la nécessaire rigidité de leurs fourches en VTT, sur route et sur des tandems. Les fourches carbones apportent des solutions génériques et industrielles à ce problème, mais pour ceux qui veulent conserver le métal pour guider leur roue avant, la fourche Truss peut devenir une solution.

La fourche Truss a repris du service et nos artisans cadreurs français l’ont adoptée pour des demandes précises afin de satisfaire des clients qui souhaitent obtenir cette rigidité au niveau de leur direction, sans avoir à adopter une fourche carbone. Il y aura un surcout de fabrication lié au temps de fabrication de telles fourches. Mises en évidence lors du Concours de Machines en 2016, cette fourche n’est n’est pas uniquement l’objet d’une démonstration d’un savoir-faire.

Les artisans en parlent. Écoutez les dans ce Blabla 190

Ma découverte de la fourche Truss

La fourche Truss
Jean-Yves Couput – photo Benjamin Cherasse pour Cyclist. N°10 Février 2018

Ma première rencontre avec un montage faisant appel à cette curieuse fourche Truss remonte à l’article que j’ai écrit sur Jean-Yves Couput en 2018, pour le magazine Cyclist. Dans cet article, Jean-Yves me fait découvrir (ainsi qu’aux lecteurs de Cyclist) un curieux vélo construit par Black Sheep. « Parti en 2008 aux US pour m’occuper du marketing de Salomon, je continuais là-bas à faire du vélo. Du MTB, mais également de la route et j’avais dans la tête l’idée d’avoir un vélo de route 100 % titane. Les fourches titane n’existaient pas à l’époque, car le matériau était trop flexible pour convenir à un vélo de route performant », me dit Jean-Yves. Il contacte Jeff Jones « Le sorcier de l’Orégon », spécialiste du titane surtout en VTT, qui l’oriente vers Black Sheep, une marque créée par James Bleakley qui fabriquait des vélos de route avec une fourche Truss. Après un délai à rallonge, lié au côté artisanal de la fabrication quasi artistique de ce “Mouton noir”, Jean-Yves prend possession en 2009 de son vélo complètement atypique. Il l’a fait modifier en France en 2017 par le fabricant français CMT pour pouvoir accepter des roues de 700 montées en pneus de 28 mm ou de 650 (comme sur la photo ci-dessus).

La fourche Truss
Un exemple de réalisation de Black Sheep avec une fourche Truss comme celle du vélo de Jean-Yves – Photo Black Sheep

Ma seconde rencontre avec ces étranges fourches s’est faite lors du Concours des Machines à Rambouillet en 2019 où j’étais venu admirer ces belles randonneuses qui allaient concourir lors du Paris-Brest-Paris. J’ai admiré l’œuvre des Cycles Victoire et de PechTregon Cycles.

En 2020, j’ai croisé à nouveau le vélo Pechtregon, construit par Matthieu Chollet et piloté par Jean-Lin Spriet, lors du reportage sur la course La Blue Train Historic Race. Cette épreuve longue distance, inventée par Luc Royer, opposait pour la première fois des vélos classiques aux vélos avec assistance électrique. C’était pour moi l’occasion de voir sur le terrain ce vélo avec lequel Jean-Lin a fait par la suite le Tour de France randonneur en compagnie d’Arnaud Manzanini en 2020.

Fourche Truss
Fourche Truss sans déport pour ce vélo PechTregon au départ de la Blue Train Historic Race – photo Philippe Aillaud

Des artisans du cycles la proposent

J’ai appelé quelques artisans qui réalisent régulièrement des fourches de ce type, en fonction du projet et de la demande client. Cette liste d’artisans n’est pas exhaustive.

PechTregon Cycles

J’appelle Matthieu Chollet qui a été précurseur du développement de la fourche Truss dans le milieu du vélo artisanal français. “Lors de mon séjour aux US, je n’avais pas rencontré de réalisation réellement Truss. On voyait des fourches classiques renforcées, mais pas réellement des Truss. J’ai découvert ça plus tard en 2010, sur les réalisations de Jones qui avait commencé à en faire sur des cadres en titane. En réalisant ces fourches de cette façon, on obtient un maximum de rigidité pour un poids final très léger. La fourche qui est sur le vélo que j’avais à Aix en octobre sur la Cezanne Classic pèse 550 grammes. Sur ce type de fourche, on n’a pas besoin de renforcer la partie basse comme sur les fourches acier classiques. Pour le freinage disque, c’est un réel avantage. Comparativement, une fourche sur un vélo acier de série comme sur un Bombtrack ça pèse 1,3 kg. Actuellement 95 % de ma clientèle me demandent des Truss. Pour les gens qui font de l’itinérance et du bikepacking, il n’y a plus besoin d’accessoire pour accrocher les bagages.

Matthieu Chollet (photos ci-dessus) a présenté cette première réalisation lors du Concours de Machines 2016, depuis elle a inspiré d’autres cadreurs et la demande de cyclistes avertis s’est affirmée.

Contact sur le site de PechTregon

Les cycles Cattin

Concours de Machines 2023
Cycles Cattin au Concours de Machines 2023 – photo Gabriel Refait
la Fourche Truss
Exemples de réalisations – photos Cycles Cattin

Fabien Bonnet a repris en 2015 les Cycles Cattin créés par Daniel Cattin ; rapidement intéressé par la création de fourches Truss aux US, il se penche sur le sujet. En 2016, il découvre le vélo présenté par Matthieu Chollet au Concours de Machines. “J’en ai fabriqué assez rapidement pour des vélos de voyage et des tandems. Tous mes tandems sont en fourche Truss. Le frein avant broute moins et cette fourche apporte beaucoup en qualité de freinage. Ça permet aussi de faire des porte-paquets intégrés. Pour les randonneuses, j’ai fait des choses assez différentes. Je réalise entre 3 à 7 vélos par an équipés de fourche Truss.” Pour en savoir plus sur les réalisations Truss des Cycles Cattin je vous invite à consulter cet article très intéressant sur la fourche Truss.

Contact sur le site des Cycles Cattin

Avalanche Cycles

C’est en 2023 pour le Concours des Machines que nous avons réalisé notre première fourche Truss. Cette fourche existe depuis plus d’un siècle. On l’a vu sur des vélos mais aussi des motos parfois équipées d’amortisseur. Maintenant, on la propose en titane ou en inox ; nous l’avons redessinée en apportant des pièces en impression 3D de façon à correspondre à notre cahier des charges. L’intérêt de cette fourche est principalement d’apporter plus de rigidité de par sa construction en treillis pour le freinage disque.“, m’explique Laurent qui, comme Marie, fabriquent ces fourches à la demande sur des vélos complets. Écoutez ici le podcast BlaBla 187 avec eux dans lequel ils en parlent.

Contact sur le site d’Avalanche

Gamory

Avec Louis Segré, le créateur de Gamory Cycles qui construit des vélos en bambou, nous avons parlé de la fourche Truss. C’est une fourche de ce type que j’avais vu sur le vélo avec lequel il a été primé lors du Concours de Machines 2023. “J’ai découvert ces fourches tout d’abord sur les vélos en acier, j’ai trouvé ça très joli, mais à l’époque je ne faisais pas encore de vélo en bambou. Je trouvais que pour la bagagerie sa géométrie permettait d’intégrer les porte-bagages dans la fourche. Ma formation d’ingénieur m’a vite fait comprendre que ce treillis très solide permettait de renforcer un élément du vélo qui allait subir la contrainte du freinage disque. Quand j’ai entrepris la construction de vélos en bambou, j’ai compris que c’était la seule solution technique pour faire une fourche suffisamment rigide avec ce matériau. La réalisation demande autant de temps pour la fourche que pour un cadre”, m’explique Louis. En effet, la jonction des éléments est longue à réaliser dans un espace restreint pour l’assemblage, le ponçage et la finition. “Quand les clients ont un peu de budget à mettre dans leur vélo, c’est une demande et pas mal sont venus justement pour la fourche Truss. Cette fourche est une vraie demande : ce n’est pas un joker “.

Contact sur le site de Gamory

Les Cycles Victoire

Julien Leyreloup me confirme que Victoire fait peu de fourches Truss. La réalisation que j’avais vue en 2019 sur le Concours de Machines m’avait impressionné et sans surprise, cette randonneuse a remporté le 1er Prix du concours et le Prix des constructeurs. “Chez Victoire, on en fait peu, d’abord car d’autres en font très bien. Moi ça m’intéresse à partir du moment où ça permet d’ajouter une fonctionnalité au projet. C’était le cas sur notre vélo du Concours 2019 qui avait pour objectif de réunir plusieurs fonctions sur le même objet : fourche, porte-bagages, support des prolongateurs… Ce projet a démontré que l’on pouvait faire plus léger avec cette fourche qu’en additionnant les poids des éléments qu’il aurait fallu assembler pour l’ensemble des fonctionnalités. On n’était pas les premiers à faire des Truss. On en fait peu également, car ce sont des projets couteux en temps. Les fourches chez les artisans ne sont pas vendues au coût réel de leur fabrication et une fourche Truss c’est encore pire. Par exemple, sur ce projet de 2019 nous avions passé plus de temps à la fabrication de la fourche quà celle du cadre. Après, cet apport de rigidité par cette fourche doit s’appliquer aux vélos qui en ont besoin. Parfois, il peut être contreproductif, par exemple un gravel qui sera peu chargé sur lequel il ne sera pas nécessaire d’avoir une forte rigidité devant. Ce n’est pas une solution universelle.

Contact sur le site des Cycles Victoire

Pour conclure

Cette fourche Truss pourra s’intégrer dans un projet global qui devra faire l’objet d’un échange avec l’artisan que vous aurez choisi. Comme l’a précisé Julien des Cycles Victoire : la fourche Truss n’est pas une solution universelle. En vous adressant à un artisan, vous aurez pour vos projets personnels des réponses que vous ne trouverez pas ailleurs. En espérant que cet article aura pu vous faire avancer dans vos réflexions sur un futur projet.

Garmin Varia Rearvue 820 : plus d’autonomie et plus lumineux

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Radar Vélo Garmin Varia RearVue 820

Garmin présente le Garmin Varia Rearvue 820 avec une autonomie supérieure et un feu arrière plus lumineux. Ce nouveau modèle s’adresse aux cyclistes qui roulent souvent sur route et en gravel. Ainsi, Garmin complète sa gamme Varia avec un feu arrière radar qui mise sur la visibilité et l’anticipation. Dès le premier regard, le Garmin Varia Rearvue 820 propose une meilleure lecture du trafic arrière. Avec ce nouveau radar, Garmin souhaite renforcer la sérénité des cyclistes lors des sorties longues et engagées. Vous pouvez retrouver le test que nous avions réalisé sur le modèle précédent ici.

Garmin Varia Rearvue 820 et le suivi avancé des véhicules

Le Garmin Varia Rearvue 820 intègre un nouveau système de suivi avancé des véhicules. Ce radar détecte la taille des véhicules et leurs mouvements latéraux. De plus, le système hiérarchise les niveaux de menace selon la vitesse et la trajectoire. De fait, les alertes gagnent en lisibilité sur les compteurs Edge compatibles. De même, l’application mobile Varia affiche ces informations en temps réel afin que le cycliste puisse mieux comprendre le comportement du trafic derrière lui.
Selon Garmin, cette évolution vise à améliorer l’anticipation dans des environnements variés.

Radar Vélo Garmin Varia RearVue 820

Garmin Varia Rearvue 820 et la détection longue distance

Le Garmin Varia Rearvue 820 détecte les véhicules à plus de 175 mètres de distance. Le cycliste est alerté plus tôt lors des approches rapides. Le champ de vision élargi permet de suivre plusieurs voies en même temps. De cette façon le radar peut prendre en compte les changements de file. De même, la fonction de suivi à vitesse égale informe des véhicules qui patientent derrière.
Le cycliste garde ainsi une lecture plus fine du trafic environnant. Garmin précise que la portée dépend des conditions et de l’installation.

Visibilité du feu arrière

Le Garmin Varia Rearvue 820 intègre un feu arrière visible à plus de 2 kilomètres. Ainsi, la visibilité progresse de jour comme de nuit.
De plus, plusieurs modes d’éclairage sont disponibles. On retrouve notamment le flash de jour, le flash de nuit et le mode continu.
Par conséquent, chaque cycliste peut adapter l’éclairage à son terrain. De même, l’application Varia permet de créer des séquences personnalisées. La luminosité et la durée des flashs restent ajustables.
Garmin indique aussi la présence d’un feu stop automatique lors des ralentissements pour alerter les autres usagers lors des phases de freinage.

Autonomie supérieure

Le Garmin Varia Rearvue 820 annonce disposer d’une autonomie supérieure. Le mode flash de jour pourrait atteindre une durée de 24 heures. Le mode radar seul pourrait atteindre jusqu’à 30 heures. Par conséquent, le produit peut convenir aux longues sorties et aux voyages à vélo. Cette autonomie vise également les usages gravel et bikepacking.
Garmin précise que ces valeurs dépendent des modes et des conditions réelles. L’autonomie reste un critère important pour les cyclistes engagés.

Reportage sur le Garmin Varia
Photo Bike Café – Lors du test réalisé en 2023.

Design pour route et gravel

Le Garmin Varia Rearvue 820 présente un design compact et moderne. Le port USB-C facilite la recharge au quotidien.
Un nouveau support de tige de selle accompagne l’appareil pour une installation mieux intégrée sur les vélos.
Le support convient aux vélos de route et de gravel. Garmin cible clairement les pratiques polyvalentes. La marque rappelle l’importance d’un montage correct pour le radar.

Compatibilité et écosystème Garmin

Le Garmin Varia Rearvue 820 fonctionne avec les compteurs Edge compatibles. L’application mobile Varia affiche les alertes visuelles.
Les cyclistes peuvent aussi recevoir des alertes sonores. Certaines montres Garmin proposent également des alertes au poignet.
L’écosystème Garmin reste central dans l’expérience utilisateur. Selon la marque, cette intégration permet une meilleure lecture du trafic.
Cependant, certaines fonctions sont disponibles via un programme bêta.

Conclusion sur le Garmin Varia Rearvue 820

Le Garmin Varia Rearvue 820 s’inscrit dans l’évolution de la gamme Varia. La marque met en avant une autonomie supérieure et un feu arrière plus lumineux. Le suivi avancé des véhicules apporte une lecture plus détaillée du trafic. Ce modèle s’adresse à des cyclistes route, gravel et aventure. Selon Garmin, l’objectif reste d’améliorer la vigilance et la visibilité. Le Garmin Varia Rearvue 820 est proposé au prix public conseillé de 299,99 €.


Voir les infos sur le site de Garmin

Fière et légère l’hiver en Gorewear

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Gorewear winter women cycling kit
Test de vêtements femme d'hiver Gorewear - photo Dan de Rosilles

Début janvier, les Alpilles ont basculé dans un froid sec et mordant. Routes désertes, mistral glacial, températures négatives au lever du jour. Un terrain idéal pour tester une panoplie de vêtements Gorewear pensée pour les femmes qui roulent l’hiver et à la mi-saison.
Entre Fontvieille et Maussane, sur ces routes un peu rugueuses que je connais par cœur, j’ai réalisé ce test sur plusieurs sorties. Ici, le froid ne triche pas : il s’installe dans les descentes, s’accroche aux zones d’ombre, s’infiltre au moindre défaut d’équipement.

Gorewear women cycling
Les routes des Alpilles sont idéales pour ce test – photo Dan de Rosilles


Veste, cuissard long, maillot manches longues, casquette et gants : le défi est de tester un ensemble volontairement simple, sans superposition excessive, pour rester légère et performante. J’ai deux objectifs contradictoires : ne pas multiplier les couches, et faire confiance à des vêtements suffisamment techniques pour continuer à rouler sans transpirer ni grelotter.

Gorewear winter women cycling kit cold
Le froid ne triche pas, au moindre défaut, il s’infiltre – photo Dan de Rosilles

Veste Spinshift : un bouclier contre vent et marée

La veste Spinshift est clairement la pièce maîtresse de cette panoplie. C’est celle qui m’a permise de supporter un mistral soutenu, avec des rafales à plus de 70 km/h. Ce qui est communément établi : un ressenti de moins un degré pour chaque dix kilomètre/heure de vent. Je vous laisse imaginer ce qu’on ressent lorsque le thermomètre sous abri ne dépasse pas les trois degrés…

Gorewear winter women cycling kit spinshift jacket zip
La veste Spinshift est clairement la pièce maîtresse de cette panoplie – photo Dan de Rosilles

Face aux PFAS

C’est dans ces situations plutôt extrêmes dans le sud de la France, quand le froid devient frontal, que l’on peut juger, dès les premiers kilomètres, si l’on est bien équipée ou non.
Si j’ai bien compris, cette nouvelle veste Spinshift remplace une star du vestiaire cycliste, plébicitée par tous les spécialistes de l’ultra : la fameuse veste Shake Dry, dont nous avons bien sûr parlé mainte fois sur Bike Café et qui n’est plus produite car son tissu hyper technique fabriqué par Gore-Tex, utilisé par les marques les plus prestigieuses, est chargé de PFAS. La Spinshift est donc sa remplaçante, avec un bilan écologique annoncé comme plus vertueux et, faut-il l’espérer, des qualités équivalentes.

Gorewear winter women cycling kit spinshift jacket pocket
La petite poche à objet précieux est bien pratique – photo Dan de Rosilles

Du passé, faisons table rase

Ce qui est clair, c’est qu’avec la Spinshift la sensation de protection contre le vent est immédiate. Elle joue pleinement son rôle de bouclier, tout en laissant la chaleur et l’humidité s’échapper lorsque je monte en intensité. Dans les côtes, la respirabilité est notable ; en descente, la barrière contre le froid est efficace.
Mais pour être tout à fait franche, si la Spinshift est un excellent coupe-vent, au niveau de sa polluante prédécesseuse, je ne suis pas complètement sûre de retrouver la respirabilité de la Shake Dry. On notera également que le tissu est un peu plus rigide, et la veste un peu moins compacte, même si elle tient sans problème dans la poche arrière du jersey.

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En descente, la barrière contre le froid est efficace – photo Dan de Rosilles


Ne soyons pas sévère. Je suis sûre que si je n’avais pas utilisé auparavant une Shake Dry, je trouverais cette Spinshift absolument parfaite. Après tout, il faut savoir faire de micro-concessions, voire changer de paradigmes, pour sauver la planète, non ?
J’ajoute que, faute de pluie pendant les sorties, j’ai testé l’imperméabilité et la déperlance de la veste avec la bonne vieille méthode du jet d’eau. Je confirme : de ce point de vue là, Spinshift is the new Shake Dry !

Changeons de braquet

La spinshift (traduisons par : changement de braquet, ou changement de fréquence de pédalage) mérite amplement son nom, c’est vraiment une très belle et très bonne veste. Son envers, d’un gris métallique, est spécialement conçu pour éviter l’effet d’adhérence lié à la transpiration.

Gorewear winter women cycling kit inside jacket
L’envers est conçu pour éviter l’adhérence – photo Dan de Rosilles


La coupe près du corps, orientée performance, reste confortable avec un maillot manches longues en dessous. J’ai particulièrement apprécié cette coupe, très étudiée, avec une parfaite longueur des manches et du dos, qui protège efficacement en position, même avec les mains en bas du cintre, sans aucune gêne, ni claquement de voile ou partie du corps découverte.
Chaque panneau de la veste est assemblé en fonction des positions du corps en mouvement sur le vélo. Le nombre de coutures a été minimisé, ce qui réduit le poids et l’encombrement de la veste lorsqu’on la compacte. Mais son design reste parfaitement adapté à la position cycliste et la veste est hyper confortable, tout en étant très proche du corps.

Je m’suis faite tou’p’tite comme une Spinshift

La compressibilité de la veste est un élément essentiel, en particulier en ultra distance lorsque tout compte dans le volume du packing, et en demi-saison, pour affronter une descente froide ou une averse imprévue.
De ce point de vue, cette veste associe de remarquables qualités d’isolation et de respirabilité à sa compacité.

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La Spinshift est presque aussi compacte que la Shake Dry – photo Dan de Rosilles

Elle est donc, de mon point de vue, indispensable à toute panoplie de cycliste intensive et exigeante.
Côté esthétique, sa couleur noire et sa sobriété permet de la coordonner avec toute sorte de tenues, quelles que soient leurs marques et leurs couleurs.
Pour parachever cette belle réussite signée par les équipes de développement Gorewear, le logo, imprimé à cheval sur la fermeture éclair, apporte une touche graphique raffinée.

Gorewear winter women cycling kit jacket zip
Joli petit détail : le logo sur le zip – photo Dan de Rosilles

Collant thermique Swiftride : chaleur et confort

Dès qu’on l’enfile, le collant SWIFTRIDE avec son intérieur doux est un bonheur. On sent immédiatement qu’il est pensé pour le froid : dense, enveloppant, souple.
Sur la route, la protection thermique est homogène. Le froid reste à distance, y compris dans les longues portions ombragées des Alpilles, là où le soleil peine à réchauffer l’asphalte. Et lorsque l’effort augmente, le collant respire suffisamment pour éviter cette sensation d’étuve peu agréable en hiver, en particulier au niveau du ventre et de l’entre-jambe, qui sont des zones plus compliquées à sécher lorsque les tissus sont plus épais et isolants.

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Dense et enveloppant, ce cuissard m’accompagne sur les routes hivernales – photo Dan de Rosilles

Bretelles : avec ou sans ?

J’ai pour habitude de porter des cuissards sans bretelles en hiver, plus pratiques pour les longues distances hivernales, notamment lors des pauses techniques, rendues plus compliquées avec des bretelles, lorsque plusieurs couches de vêtement les recouvrent. Même si bien sûr, un cuissard sans bretelles n’assure pas le même maintien, ici il est globalement bon. Le collant enveloppe bien le bas des jambes et le ventre.

Gorewear winter women cycling kit climb
Même sans bretelles, ce cuissard reste bien en place dans l’action – photo Dan de Rosilles

L’insert d’hiver

Sur moi, l’ajustement n’est pas parfait à l’entrejambe, mais les physionomies féminines sont tellement variées que cela dépendra vraiment de la cycliste qui le porte. Pour ma part, j’ai déjà remarqué que certaines marques me conviennent mieux que d’autres. Il est possible aussi que l’insert se “forme” avec le temps. J’ai réalisé ce test en cinq sorties, il en faudrait sans doute une dizaine de plus – et autant de lavages – pour que l’insert s’adapte à ma physionomie. Je note cependant que cet insert est plutôt fin, confortable et parfaitement adapté aux routes parfois très dégradées des Alpilles. Il sera sans doute tout à fait adapté à la pratique du gravel et de la longue distance.

Maillot manches longues Spinshift : polyvalence avant tout

Pile et face

Porté seul en demi-saison, ou sous la veste en hiver, le maillot manches longues Spinshift se distingue par sa polyvalence.
Au premier contact sur la peau, le tissu (recyclé) surprend : satiné à l’extérieur, duveteux à l’intérieur. Sur le vélo, cette dualité fonctionne très bien. Le maillot tient chaud à bas régime, tout en évacuant efficacement l’humidité dès que l’intensité augmente.
J’aime à penser que la surface tellement lisse de l’extérieur du jersey favorise la pénétration dans l’air ; mais je n’ai pas de moyens techniques pour mesurer son CX. Ma peau, par contre, est un excellent outil de mesure du confort qu’apporte l’intérieur du jersey.
Même après plusieurs heures, la sensation reste agréable, sans moiteur et donc sans sensation de froid soudain dans les bourrasques de mistral, les versants nord ou les descentes.

Gorewear winter women cycling kit jersey
Le maillot Spinshift est polyvalent et très bien coupé – photo Dan de Rosilles

Tie and dye, prête pour la bataille

La coupe est ajustée, mais jamais contraignante en mouvement. L’association avec la veste Spinshift est en parfaite aménité entre les deux pièces.
Porté seul, ou quand la température baisse, par dessus un baselayer, ce jersey permet de rouler en demi saison ou en hiver lorsque la fourchette de température se situera entre 10 et 15°.

Gorewear winter women cycling kit tie and dye
Le motif tie and dye apporte une touche de fantaisie – photo Dan de Rosilles


L’imprimé violet et blanc au motif délavé “tie and dye” d’inspiration africaine apporte une touche d’originalité et de couleur bienvenue en combinaison avec les autres pièces noires de la panoplie.
C’est typiquement le genre de pièce que l’on porte souvent dans la saison, parce qu’elle s’adapte à de nombreuses configurations météo, et de tenues.
Ses trois poches dorsales généreuses permettent d’emporter tout le nécessaire : smartphone, snacks, veste ou gilet compressible, portefeuille.

Gorewear winter women cycling kit jersey back pocket
Les trois poches dorsales sont complétées par une petite poche zippée – photo Dan de Rosilles

Casquette C7 Gore-Tex : petite pièce, grand impact

Et la tête ?

On sous-estime souvent l’importance de protéger la tête en hiver. Et pourtant, protéger les extrémités, pieds, mains et tête est un moyen efficace de lutte contre le froid.
À ce titre, la casquette C7 Gore-Tex s’est révélée précieuse pendant ce test. Portée sous le casque, elle m’a protégé efficacement du vent glacial sans provoquer de surchauffe, comme il se doit avec un tissu aussi technique que le Gore-Tex.
Fine, légère, imperméable, elle ne gêne ni la ventilation ni le confort. Plus qu’un détail, de vraies qualités qui assurent un confort supérieur en conditions hivernales… mais qui ont un prix. Cette casquette est chère, chacun jugera, en fonction de son degré d’exigence, de sa sensibilité au froid au niveau de la tête, ou des températures hivernales dans sa région, si cet achat se justifie ou pas.

Gorewear winter women cycling kit Gore-tex C7 cap
Construction en 3 panneaux, visière courte, la G7 Gore-Tex est une belle casquette – photo Dan de Rosilles

Visière courte pour voir loin

Sobre, la casquette C7 complète parfaitement la panoplie testée. Mais sa sobriété n’enlève rien à son élégance. Par exemple, la visière propose une coupe audacieuse, assez différente des casquettes que je possède déjà.
Immédiatement, j’apprécie le confort de la “ligne de visière” (la découpe interne), qui évitera aux fronts les plus larges de désagréables zones de pression.
Je constate ensuite que la visière est courte, parfaitement dessinée pour protéger les yeux des lumières rasantes d’hiver sans obstruer la vue lorsqu’on roule les mains en bas du cintre. L’ourlet interne de la visière est très doux et confortable.

Quand la tête est au chaud, le corps se détend et le cœur est content

Portée toute la journée, la casquette C7 GORE-TEX s’est montrée efficace mais pas totalement neutre. L’élastique dissimulé dans la fronce arrière présente une tension plutôt ferme, qui pourra nécessiter un léger rodage.
En revanche, lors des pauses, portée sans le casque, la C7 garantit un excellent rempart face aux bourrasques glaciales. La tête reste au chaud, protégée, et le corps se détend plus vite. Ce n’est pas un détail, mais un véritable bonus sur les sorties hivernales longues.

Gorewear winter women cycling kit raining Gore-tex C7 cap
Les gouttes de pluie ruissellent sans traverser – photo Dan de Rosilles

Gants GORE-TEX isolés : jeu de mains, jeu de froid… Alpin ?

Quand tes mains guident tes pas

Les habituées des sorties hivernales le savent bien : les mains sont souvent les premières à souffrir – on a parlé, un peu plus haut, de la bonne habitude de protéger les extrémités – et les premières à te décider à écourter ta sortie.
Les gants C7 sont qualifiés de “isolés” et ce n’est pas un vain mot, ce test m’a permis de le vérifier.
La première impression est celle d’un assemblage dense et protecteur. Le scratch au poignet permet un ajustement précis et garantit une étanchéité efficace, empêchant l’air froid de s’infiltrer. Ils montent suffisamment haut sur le poignet pour bien tuiler sur la veste. La membrane GORE-TEX, comme pour les autres articles décrits plus haut, associe isolation et respirabilité. les C7 sont de vrais gants d’hiver, efficaces, bien conçus.

Dextérité assurée… à condition de bien choisir sa taille

Au guidon, la préhension est facile, sans gêne. Le grip est bon, la dextérité suffisante pour manipuler les leviers de freins et passer les vitesses sans problème. Les extrémités de l’index et du pouce, compatibles avec les écrans tactiles, se révèlent particulièrement pratiques par grand froid, évitant de retirer les gants pour consulter son téléphone.

Si le guide des tailles vous situe entre deux, je vous conseille d’opter pour la taille supérieure. Vous y perdrez sans doute un peu de dextérité et de contact, mais c’est en évitant toute compression du bout des doigts qu’on permet au sang de circuler le plus librement possible, et donc de réchauffer les extrémités.
Ces gants, indispensables lorsque les températures chutent, complètent efficacement la tenue testée.

Gorewear winter women cycling kit gloves
Au chaud jusqu’au bout des doigts – photo Dan de Rosilles

Un kit performant, mais pas universel

Effeuiller sans faillir

Cet ensemble Gorewear est adapté à des sorties hivernales, à condition qu’elles soient menées sur un rythme intensif. Car à basse intensité, on aura froid.
C’est donc un parti-pris finalement assez radical que de choisir cette tenue pour les journées très froides, car son minimalisme conviendra plutôt à des cyclistes expérimentées, capables de rester longtemps à haute intensité et de jouer sur la superposition de couches aux moments opportuns.
Sinon, pour rouler plus cool, il faudra y ajouter un baselayer et un gilet isolé pour gagner en polyvalence.
on est donc plutôt là sur une tenue de demi-saison. On pourra alors se détendre un peu, et les qualités techniques des membranes Gore-Tex permettront de profiter de journées entières avec de grandes variations de température.

Gorewear winter women cycling kit zip
Il faudra savoir jouer sur la superposition de couches – photo Dan de Rosilles

Une base solide à intégrer à sa garde-robe

Cet ensemble Gore-Tex est un choix pertinent, sobre et élégant. On pourra associer ces vêtements à d’autres pièces de son dressing, à toutes sortes de matières et de couleur. Je sais que certaines d’entre nous ne supportent pas de porter des ensembles “dépareillés” (composés de vêtements de marques différentes), mais moi j’aime associer des vêtements qui se combinent bien, que ce soit en terme de matières, de couleurs ou d’usage.

Gorewear winter women cycling kit kiss
Un vrai bonheur en Gorewear – photo Dan de Rosilles


J’attire toutefois l’attention des acheteuses sur le difficile choix des tailles, toujours délicat lorsqu’on achète en ligne, encore plus compliqué lorsqu’il s’agit de vêtements d’hiver, plus longs, plus épais et enveloppant que ceux d’été.

Gorewear winter women cycling kit winter ride
Cet ensemble Gorewear est un choix pertinent – photo Dan de Rosilles

Ensemble Gorewear


SWIFTRIDE Collant thermique femme 119,95€

C7 GORE-TEX Casquette 39,95€

SPINSHIFT Veste Coupe-Vent Femme 119,95€

GORE-TEX Gants isolés 89,95€

Maillot À Manches Longues SPINSHIFT Femme 119,95