En 2011, fort de son succès en tant qu’artisan monteur, JPRacingBike1 crée sa propre marque de roues : DUKE Racing Wheels. Toutes les roues DUKE sont assemblées à la main en France, en Vendée. Le fabricant conçoit ses propres profils de jantes, en carbone ou aluminium, via des moules exclusifs. DUKE, c’est l’histoire d’un monteur artisanal devenu concepteur de roues haut de gamme, avec une identité forte : innovation et montage à la main. Cet été, DUKE vient de dévoiler ses nouvelles roues gravel en carbone Sierra Æra. Nous avons eu la chance d’obtenir une paire de Sierra ÆRA W42/48 en test, que j’ai pu évaluer à l’entrainement et en gravel race sur la manche UCI Wish One Millau Grands Causses. Photo de couverture de Laurent Biger.
Roue avant DUKE Sierra Æra W42 – photo Laurent Biger
Roues gravel DUKE Sierra Æra : présentation
DUKE propose une multitude de variantes de Sierra ÆRA, directement visible sur leur site. Ainsi, on peut y retrouver des roues Sierra ÆRA équipées de moyeux DT SWISS ou DUKE, de rayons Sapim, ou encore Berd. En plus de cela, plusieurs hauteurs de profils sont proposées (42, 48 et 56 mm), tout comme plusieurs largeurs externes (classique ou wide). Bien évidemment, en fonction des configurations, le poids diffère, tout comme le budget à y consacrer. La paire de roues que j’ai pu tester est cette Sierra ÆRA W42/48, que nous allons détailler ensemble.
Emballage
Une unique carton contient la paire de roues. Une fois ouvert, on visualise deux roues bien calées et bien protégées.
Un emballage simple mais protecteur – photo Laurent Biger
Chaque roue se trouve dans une housse à l’effigie de la marque.
Une housse DUKE pour chaque roue – photo Laurent Biger
Là-dessus se trouve une petite boite en carton de belle facture. À l’intérieur se trouvent : un goodies DUKE, quatre rayons de rechanges avec leurs écrous, ainsi que dans le cas présent, un corps de roue libre supplémentaire MicroSpline (en option) :
Photo Laurent Biger
Le fait d’avoir des rayons de rechanges est tout de même une attention rassurante. Les marques concurrentes feraient bien de s’en inspirer !
Quatre rayons de rechange : rassurant – photo Laurent Biger
Les moyeux DUKE MadMax3
C’est le nouveau moyeu DUKE MadMax3, dans sa version SP (Straight Pull), qui équipe ces roues. Les roulements, en acier, proviennent de chez TPI. TPI Bearing est un fabricant taiwanais de roulements qui équipe un grand nombre de roues du commerce. Quant aux joints, ils sont en caoutchouc des 2 côtés, de type LB/LU, LB : joint bleu “Light Contact” pour une meilleure fluidité (montage côté intérieur) et LU : joint noir “Strong Contact” pour une meilleure étanchéité (montage côté extérieur).
Moyeu arrière DUKE MadMax3 SP – photo Laurent Biger
Les moyeux, avant et arrière, sont entièrement usinés dans la masse (CNC) à partir d’aluminium 7075 T6. Sur ceux-ci viennent se fixer des disques de freins au standard Centerlock.
Moyeu avant DUKE MadMax3 SP – photo Laurent Biger
Les moyeux DUKE MadMax3 sont compatibles avec des axes traversants de 12 x 100 mm pour le moyeu avant, et 12 x 142 mm pour le moyeu arrière. Par ailleurs, ces moyeux sont conçus – dans cette version – pour accueillir 24 rayons droits chacun. Enfin, le moyeu avant pèse environ 102 g, et l’arrière autour de 189 g, selon le montage (données fabricant, non vérifiés).
Le système de roue libre
Le système de roue libre est de type ratchet conique. Du côté du moyeu, la couronne fixe est en titane. Alors que celle mobile, du coté roue libre, est en acier.
Système ratchet conique – photo Laurent Biger
Là-dessus, 36 points d’engagements assurent la transmission du mouvement. Le corps de roue libre est en aluminium, et se voit être proposé en plusieurs standards : XD / XDR / HG / MicroSpline. De quoi couvrir 90 % des transmissions des vélos gravel actuels.
36 points d’engagements – photos Laurent Biger
Les jantes
Les jantes sont fabriquées en carbone de fibre Toray T1100. Chacune percée de 24 trous, leur profil est symétrique. On retrouve ici le concept SpokeCore : les trous de rayons sont formés par moulage, et non pas par un perçage brut qui coupe les fibres. Cela pour obtenir une structure plus homogène et plus robuste. Quant à l’aspect dynamique, le fabricant met en avant le concept DRC, pour Dynamic Response Comfort. Cette technologie est censée apporter du dynamisme, mais sans sacrifier le confort. En outre, ces jantes ne sont pas hookless, mais bien d’une conception avec crochet.
Dans cette configuration, les jantes avant et arrière sont différentes. Cela dans un but de trouver le bon compromis entre aérodynamisme et maniabilité : une roue avant large (pour l’aérodynamisme, j’y reviendrai plus tard) et plus basse que l’arrière.
Jante avant DUKE Sierra Æra W42
largeur interne : 28 mm
largeur externe : 43 mm
hauteur de profil : 42 mm
Jante arrière DUKE Sierra Æra 48
largeur interne : 28 mm
largeur externe : 34 mm
hauteur de profil : 48 mm
Là-dessus, la surface est d’un noir brillant, sur laquelle on note l’inscription massive DUKE par sticker (couleur personnalisable). La surface est sculpté selon le profil Æra CFD :
Profil Æra CFD – photo DUKE
Un profil spécifique à DUKE, bosselé, qui est censé réduire la traînée aérodynamique de 10 % en comparaison d’une surface lisse. De plus, le fabricant que cette performance se fait sans perte de stabilité face au vent latéral.
Les rayons et leurs écrous
Dans cette configuration, les rayons sont droits, en conformité avec le moyeu Straight Pull. Plus exactement, ce sont des rayons Sapim CX-Ray.
Rayons droits sur moyeu Straight Pull – photo Laurent Biger
Le fabricant belge Sapim est probablement le plus connu et le plus utilisé quand il s’agit de rayons et de leurs écrous. Le même fabricant fournit ici les écrous de rayons, personnalisable quant à leur couleur.
Rayons et écrous Sapim – photo Laurent Biger
Fond de jante et valve
Le ruban adhésif pour le “fond de jante” permet l’étanchéité nécessaire au montage tubeless. Installé avec soin, ce ruban noir recouvre la jante sur toute sa largeur.
Photo Laurent Biger
La valve tubeless est une production DUKE en aluminium de 63 mm. Tout comme le ruban adhésif, la valve est déjà installée.
Photo Laurent Biger
Il est intéressant de noter que le bouchon de valve peut faire démonte-obus. Pour autant, pour mon test, j’ai remplacé l’obus de ces valves par le système BBB Core Cap, dont je vous avais parlé dans ce dossier (cela explique les différences sur certaines photos).
Photo Laurent Biger
Poids
Enfin, pour être complet avec cette présentation statique, parlons du poids. J’ai pesé chaque roue dans la configuration décrite ci-dessus :
Roue avant (avec fond de jante et valve) : 665 g
Roue arrière (avec fond de jante, valve et corps de roue libre XDR) : 711 g
Poids roue avant & roue arrière – photos Laurent Biger
Soit la paire à 1376 g (jantes et fonds de jantes inclus). Au regard du prix de vente à moins de 1 936,28 € la paire, on peut déjà considérer que le rapport poids/prix reste dans la moyenne de la catégorie des roues “gravel race”.
Roues gravel DUKE Sierra Æra : le test terrain sur 1000 km de routes et pistes
J’ai testé ces roues durant 1000 km, à l’ entrainement ainsi qu’en course. Les entrainements se sont déroulés majoritairement sur le massif des Maures. Puis, j’ai engagé ces roues en Gravel Race sur la manche UCI Wish One Millau Grands Causses. Une course que je vous ai racontée dans cet article. Par ailleurs, j’ai testé ces roues avec deux types de pneus : Vittoria Terreno PRO T50 Mixed Gravel Race en 700 x 45 mm, puis Hutchinson Caracal Race en 700 x 40 mm.
1000 km avec deux configuration de pneus – photos Laurent Biger & Jean-Alexis Duthoit
Pour commencer, la roue libre distille une sonorité relativement élevé. Pour moi, qui suis un adepte des roues libres silencieuses, c’est loupé ! En cela, c’est avant tout une histoire de goût… Et puis, j’ai connu des roues libres aux sonorités bien plus désagréable que celle-ci.
Photo Jean-Alexis Duthoit
La rapidité d’engagement de la roue libre est de l’ordre de 10 degrés maximum (360°/36 points d’engagement). Cette rapidité s’avère à la hauteur pour l’usage sportif auquel se destinent ces roues DUKE.
Les roues gravel DUKE Sierra Æra engagées en gravel race UCI – photo Jean-Alexis Duthoit
Dynamisme et confort
Malgré une hauteur de profil déjà respectable, je n’ai pas eu la sensation d’être gêné par un surcroit de rigidité. Est-ce là le bénéfice de la technologie DRC, pour Dynamic Response Comfort, mis en avant par la marque ? Peut-être… Dans tous les cas, le compromis entre dynamisme et confort me semble excellent pour ces roues.
Roue avant DUKE Sierra Æra W48 – Photo Jean-Alexis Duthoit
En plus de permettre un ballon intéressant pour le pneu, la largeur interne de 28 mm va amoindrir le risque de pincement. Un autre point positif est que, plus la largeur interne est importante, plus le montage et claquage des pneus tubeless est aisé.
Moyeu avant DUKE MadMax3 – photo Jean-Alexis Duthoit
Aérodynamisme
Une largeur interne importante a pour conséquence une largeur externe à la hausse. Le premier bénéfice est pour la performance aérodynamique du couple jante/pneu. En effet, pour une performance aérodynamique optimale, la largeur externe de la jante doit être sensiblement égale ou supérieure (105 %) à celle du pneu.
Sur cette vue, on distingue le profil bosselé CFD propre à DUKE, et la largeur externe sensiblement égale au pneu – photo Laurent Biger
Ce principe aérodynamique est aujourd’hui parfaitement appliqué dans le peloton professionnel sur les vélos de route. Depuis maintenant environ deux ans, on remarque que les fabricants tendent à l’étendre à leurs gammes de roues gravel “performance”. D’où ce choix de Duke de proposer la Sierra Æra, dans sa version W(ide) pour la roue avant, de loin la plus exposée à la résistance à l’air.
J’ai engagé ces roues en gravel race UCI, à Millau – photo Virg.Govignon
Quant à la robustesse, difficile d’en juger après environ 1000 km. Pour autant, même après des entrainements soutenus et une manche UCI, force est de constater l’absence de voile ou d’autres détériorations précoces. C’est plutôt rassurant pour la suite.
Roue arrière DUKE Sierra Æra après une gravel race UCI – photo Jean-Alexis Duthoit
Roues gravel DUKE Sierra Æra : au bilan
Sur une période de deux ans, on peut constater une évolution majeure et rapide sur les roues de gravel “performance” : la prise en compte de la largeur dans la performance aérodynamique. Ainsi, avec ces Sierra Æra, DUKE confirme son positionnement actuel, résolument axé sur la performance et de l’innovation. D’ailleurs, les excellents résultats sportifs de coureurs équipé(e)s en roue DUKE semblent le confirmer. Au regard du tarif, ce sont des roues que l’on imagine sans peine sur des vélos typés gravel race. Soit des vélos qui roulent à des moyennes souvent élevées, dont les propriétaires sont exigeants et à la recherche de gains notables. Avec ces roues Sierra Æra, DUKE leur apporte une réponse qui mérite toute leur attention…
Page fabricant de la famille de roue DUKE Sierra Æra : DUKE-sierra-aera
Prix public de la version testée (paire) : 1 936,28 € TTC
Chaque mois de juin, l’Ardéchoise transforme les routes d’Ardèche en une immense fête du vélo. Créée en 1992 autour de Saint-Félicien, cette manifestation rassemble aujourd’hui plusieurs milliers de cyclistes venus de toute la France et de nombreux pays étrangers. Derrière les chiffres impressionnants et les différents parcours proposés, l’Ardéchoise repose avant tout sur un modèle singulier : l’implication de centaines de bénévoles, de villages mobilisés et d’associations locales qui font vivre l’événement.
L’Ardéchoise ne ressemble pas totalement aux événements cyclistes à la mode qui occupent aujourd’hui les réseaux sociaux. Ici, le vélo reste un prétexte à la rencontre, à la découverte d’un territoire et à une certaine idée du partage. Cette singularité explique sans doute pourquoi cette épreuve continue d’attirer des publics très différents, du compétiteur aguerri au cyclotouriste contemplatif.
Une histoire née au cœur des montagnes ardéchoises
Un ancrage local.
Lorsque l’Ardéchoise voit le jour au début des années 1990, l’objectif consiste à valoriser un territoire rural parfois éloigné des grands circuits touristiques. Très vite, l’événement dépasse le cadre d’une simple randonnée cycliste. Les organisateurs construisent progressivement un rendez-vous où le vélo sert de fil conducteur à la découverte des paysages ardéchois. Les cols, les vallées et les routes de bonne qualité et peu fréquentées deviennent les acteurs principaux d’un événement qui s’inscrit durablement dans le paysage cycliste français.
Un territoire rural parfois éloigné des grands circuits touristiques – phto Patrick VDB
Au fil des années, l’Ardéchoise développe plusieurs formules capables d’attirer des profils de cyclistes très différents, tout en conservant son ancrage local.
Les Gorges de l’Ardèche : quatre jours pour voyager à vélo
Le nom des cols franchis devient le chapelet poétique de cette randonnée
Parmi les nombreuses formules proposées, les itinérances occupent une place particulière. Nous avons choisi le parcours « Les Gorges de l’Ardèche », une aventure de quatre jours qui permet d’aborder l’événement sous un angle différent. C’est mon ami Alain qui m’a entraîné dans l’aventure. Il est fan de l’Ardéchoise qu’il a faite plusieurs fois et qu’il m’a “vendue” lors de nos sorties du week-end.
Les gorges de l’Ardèche à Vallon Pont d’Arc – photo Alain Magré
Loin de la logique de la performance pure, cette formule privilégie le voyage à vélo. Chaque étape offre des paysages variés où alternent gorges profondes, plateaux sauvages, villages de caractère et routes secondaires particulièrement agréables à parcourir. Avec Alain nous nous sommes fixés comme règle d’honorer chaque ravito, pour saluer les bénévoles, quitte à prendre qielques kilos 😊
Le relief reste bien présent, mais il devient rapidement un élément du décor. Le nom de chaque col franchi devient un grain du chapelet poétique de cette randonnée. Le temps passé sur le vélo laisse davantage de place à l’observation, aux rencontres et à la découverte du territoire.
Nos étapes
Saint Félicien –> Marcols-les-Eaux (112 km – 2037 m de D+) : La particularité de notre randonnée est que nos gros sacs (10 kg maxi), que nous venons de déposer à la consigne, nous attendront aux lieux d’hébergement. En ce qui nous concerne, nous serons dans un premier temps hébergés en gîte, puis en camping et enfin dans un internat de collège. Cela signifie qu’il faut ajouter des liaisons hors parcours pour rejoindre la fin de l’étape.
Départ à 7 h du matin à Saint-Félicien pour Alain et moi
On s’aligne sur la ligne de départ pour enregistrer le top électronique du départ via le capteur intégré à la plaque de cadre. Nous avons couché la veille dans une ferme chez Vincent et Ludivine. Vincent nous a raconté sa vie de paysan, fier de son travail entre élevage et culture. Entre cette nuitée chez l’habitant et notre dîner au bistrot “Chez les Blondes”, on est direct dans l’ambiance et la convivialité.
Photos Patrick VDB
Cette première étape est une mise en jambe. Les premières gorges sont celles du Doux, au fond desquelles on aperçoit la voie du chemin de fer touristique qui part de Lamastre. On prend la direction du sud dans les paysages du Vivarais. L’ambiance des ravitos nous encourage à participer à la fête : on marque un arrêt à chacun d’entre eux. Les bénévoles redoublent d’imagination. Le maire est souvent présent pour nous accueillir. Fruits, fromage, gâteaux maisons… Combien de kilos va-t-on prendre à ce petit jeu ?
Repères
Les cols : Après les gorges du Doux on attaque le premier col. Il porte un nom symbolique : le col de la Justice (679 m), sera t-elle favorable à notre voyage ?
Les rencontres :Christophe du club cyclo d’Aix-en-Provence sur le ravito de Vernoux. Le soir au gîte, Sylvie et son mari Gilles, originaires du Doubs et Claire, cycliste nordiste solitaire ayant déjà un Paris-Brest-Paris à son palmarès. Nous partageons notre gîte du soir. Tous les trois sont de vrais cyclistes qui nous racontent leurs pratiques passionnées du vélo.
Une nuitée confortable dans le gite de la Maison de Tante Jeanne – photo Alain Magré
Marcols-les-Eaux–> Sant-Alban-Auriolles (152 km – 2030 m de D+)
Départ vers 7h15 du gite avec Sylvie, Patrick, Gilles, Alain et Claire – photo Arielle qui tient le gite Tante Jeanne
On dit au revoir à Arielle, notre sympathique hôtesse, et on attaque directement une montée ombragée dans un décor de campagne vallonnée qui s’ouvre à notre gauche. Il fait frais. On traverse des hameaux encore endormis. Direction le sud. Le col de la Fayolle que l’on attaque vers le 30ᵉ kilomètre va nous réveiller. On descend ensuite vers Privas où on ne trouve pas le ravito. Pareil à la sortie de la ville, le ravito traditionnel n’existe plus. On attaque la difficile montée du col du Benas. On profitera en haut d’une vue spectaculaire sur Privas. Le ravito en haut n’est plus là non plus. On se couvre à nouveau pour attaquer la descente, il y a du vent : prudence, prudence avec les jantes de 45 et les disques qui prennent le vent latéral. Ce sera la plus grosse étape en termes de kilomètres de notre périple.
Après un accueil romain à Alba-la-Romaine – normal – la prochaine vue spectaculaire sera celle de Vallon-Pont-d’Arc et sa flottille de kayaks. Il faudra faire un long bout hors parcours ensuite pour rejoindre le camping où nous sommes hébergés. Ce camping 5 étoiles s’étend sur plusieurs hectares. Nous retrouvons Sylvie et Gilles qui sont hébergés au même endroit. On partagera le dîner avec eux et 140 cyclistes de l’Ardéchoise qui, comme nous, font étape ici.
Repères
Les cols : les cols de la Fayolle et de Benas ne sont pas longs ;
Les rencontres : on retiendra surtout l’accueil chaleureux des villages. Les thèmes sont toujours très travaillés par les communes qui s’investissent à fond.
L’hébergement : Camping 5 étoiles du Ranc Davaine. Énorme avec sa capacité d’accueil de 3000 personnes. Notre chalet tout neuf est bien équipé, on sera à l’aise pour cette deuxième nuitée. Repas partagé avec 140 cyclistes qui sont hébergés là comme nous.
Saint-Alban-Auriolles–> Saint-Cirgues en Montagne (118 km – 2430 m de D+)
C’est la grosse étape de ces 4 jours en terme de D+. Je la redoute, avec notamment la longue ascension du col de Meyrand (1370 m). Ce 3ᵉ jour va être dur pour moi. La montée n’en finit pas. Alain, qui connait bien les lieux, me conseille des pauses aux points d’eau sur le bord de la route. On s’arrête à l’ombre pour mieux repartir. À Loubaresse (1220 m), on fait trempette dans l’eau froide de la fontaine, ça nous fera un bien fou. Le col de Meyrand franchi, il y derrière le col du Pendu, qui n’est pas mal non plus. Les pourcentages moyens sont plus élevés que les deux premiers jours. Mon vélo un peu lourd est doté d’un ratio de 1 (34-34) : je gère…
On s’arrête on prend le temps de souffler, de se rafraichir, c’est une randonnée exploratoire et jubilatoire
Récompense ensuite : la descente vers Mazan l’Abbaye où l’on verra les ruines de l’ancienne abbaye en contrebas de la route. On file vers Saint-Cirgues-en-Montagne et je rêve à une bonne bière après avoir pris une douche dans notre chambre de pensionnaire du collège local. Une petite marche du collège jusqu’au restaurant de l’hôtel Renaissance où on retrouve Sylvie et Gilles qui, eux, sont logés sur place à l’hôtel. Gilles a eu l’aide d’un médecin cycliste qui participe à la randonnée. Il a refait ses pansements, mais depuis sa chute Gilles est courbatu et il peine sur le vélo. Reste le dernier jour, courage ! On rentre se coucher dans nos petits lits d’étudiants : je vais bien dormir.
Repères
Les cols : Le gros morceau sera cette montée de 22 km avec pour objectif le col de Meyrand (1370 m) et ensuite le bien nommé col du pendu (1428 m).
Les rencontres : On retrouve Sylvie et Gilles, qui est couvert de pansements suite à une chute. Le sympathique couple qui tient l’hôtel-restaurant le Renaissance où nous allons dîner : Corinne et Frédéric.
L’hébergement : Collège de la Montagne Ardèchoise. On va dormir dans une chambre des pensionnaires du collège.
Saint-Cirgues en Montagne –> Saint-Félicien (115 km – 1 900 m D+)
C’est la dernière étape. On décide de couper la première partie qui mène au lac d’Issarlès en pensant à notre horaire ensuite pour rentrer dans les Bouches-du-Rhône. Frédéric, le patron de l’hôtel Renaissance qui est cycliste, nous indique une petite route qui va nous faire gagner quelques kilomètres et qui effacera un col. On est en région de montagne et d’élevage. Les troupeaux nous regardent passer, ils se disent sans doute en habitués : “Tiens, voilà l’Ardéchoise …“
Cette étape est la plus belle pour moi, la partie vers le mont Gerbier de Jonc est superbe. Voir la Loire couler comme un ruisseau de montagne ne laisse pas imaginer le fleuve qu’elle va devenir. Après être arrivé au sommet à 1415 mètres, la belle descente vers Saint-Martial sera appréciée à l’ombre des grands arbres qui la bordent. La suite sera dure et très casse-pattes. Tous les parcours de l’Ardéchoise convergent sur ce tronçon, y compris la cyclo-sportive avec des cyclistes qui s’imaginent être sur le Tour de France. La moto, qui ouvre la voie à grands coups de sifflet aux compétiteurs, arrive en trombe, suivie de “furieux” qui descendent à fond la caisse. Heureusement, à une fourche la cyclo part à gauche et nous à droite. C’est la fête du vélo et des vélos, on en voit de toutes sortes, mais c’est surtout le royaume du carbone et des beaux vélos. Je repère dans cette masse deux vélos Victoire en acier un peu perdus dans cet univers cycliste dominé par le composite.
Photo Patrick VDB
C’est dans une des montées finales que deux anciens collègues de boulot et de sport me rattrapent. Cela faisait 18 ans qu’on ne s’était pas vus. Ils ont fait le circuit 3 jours, costauds également. Encore une longue descente sous une forte chaleur avant d’arriver à Saint-Félicien. On récupère nos sacs au milieu de centaines d’autres. Chapeau à l’organisation pour cet acheminement précis et ponctuel sur chaque lieu d’hébergement. Je dépose mon vélo d’emprunt sur le stand de CMT où je retrouve Jean-Pierre Ramoul et Caroline Pique. Direction le bistrot “Chez les Blondes” qui est le QG de mon copain Alain, habitué de l’Ardéchoise, pour deux pintes de bière et une salade avant de repartir à Aix-en-Provence avec beaucoup de souvenirs et quelques douleurs.
Alain : mon coach Ardéchoise – photo Patrick VDB
Un grand merci à Alain qui a fait tout ce périple en portant un œil bienveillant et protecteur sur moi. Lui, il a fait ce parcours en pignon fixe (42×19) les spécialistes apprécieront la performance…
Repères
Les cols : Je retiens bien sûr le spectaculaire passage au mont Gerbier de Jonc et les derniers petits cols de fin de parcours qui me feront sentir le cumul en D+ de cet exigeant périple.
• Les rencontres : deux anciens copains de boulot et de sport en entreprise que je n’avais pas vus depuis 18 ans. Deux vélos Victoire perdus au royaume du carbone. Et, plein de cyclistes avec lesquels j’ai échangé quelques mots.
Cette formule quatre jours rappelle finalement que le cyclisme ne se résume pas toujours à une moyenne horaire ou à un classement.
Quand les villages deviennent les héros de l’Ardéchoise
Le Maire de Saint-Barthélémy le Plain nous accueille – photo Patrick VDB
L’une des particularités de l’Ardéchoise réside dans l’implication des communes traversées. Tout au long des parcours, les villages se parent de décorations parfois étonnantes. Les habitants préparent des animations, des ravitaillements et des accueils qui donnent à l’événement une dimension festive rarement observée ailleurs. Cette mobilisation collective constitue probablement l’une des clés de son succès. Les cyclistes traversent des territoires qui ne se contentent pas de les regarder passer. Ils participent à la fête. Dans une époque où de nombreux événements sportifs se professionnalisent fortement, cette dimension associative conserve un caractère singulier.
L’Ardéchoise : un mélange de toutes les tribus cyclistes
L’Ardéchoise offre également une photographie assez fidèle du cyclisme français. On y croise le champion local qui connaît chaque virage, le cyclotouriste expérimenté qui enchaîne les grands brevets depuis des décennies, mais aussi des pratiquants occasionnels venus relever un défi personnel.
Les vélos eux-mêmes racontent cette diversité. Certains participants roulent sur des machines très modernes tandis que d’autres utilisent des vélos plus anciens entretenus avec soin. On y voit également des vélos plus anecdotiques : vélos pliants, vélos couchés, VTT… Je n’ai vu qu’un seul pignon fixe : celui d’Alain qui m’accompagnait. Ce brassage constitue assurément l’une des richesses de l’événement. À l’heure où les pratiques cyclistes tendent parfois à se segmenter entre route, gravel, bikepacking, ultra-distance ou vélotaf, l’Ardéchoise réunit encore des pratiquants qui ne fréquentent pas nécessairement les mêmes univers le reste de l’année.
Un événement parfois jugé démodé mais toujours vivant
Les nouvelles générations de cyclistes cherchent souvent d’autres formats. Le gravel, l’aventure en autonomie, les voyages bikepacking ou les courses d’ultra-distance occupent désormais une place importante dans l’imaginaire collectif. Face à ces nouvelles tendances, certains considèrent parfois l’Ardéchoise comme un événement appartenant à une autre époque. Pourtant, cette lecture paraît réductrice.
photo Patrick VDB
L’événement continue de proposer une expérience que peu de rassemblements offrent aujourd’hui : celle d’un cyclisme populaire, accessible et profondément ancré dans un territoire. Loin des contenus calibrés pour les réseaux sociaux, l’Ardéchoise met en avant une autre réalité du vélo. Une réalité moins spectaculaire mais peut-être plus représentative de la diversité des pratiquants français.
photo Patrick VDB
Observer l’Ardéchoise de l’intérieur revient finalement à porter un regard sur une partie du paysage cycliste français. On y retrouve des retraités passionnés, des clubs historiques, des familles, des sportifs réguliers, des cyclistes occasionnels et des voyageurs attirés par la découverte des paysages. Cette diversité contraste parfois avec l’image véhiculée par certaines tendances plus médiatisées.
L’Ardéchoise rappelle que le vélo reste avant tout un moyen de découvrir un territoire, de rencontrer d’autres personnes et de partager un effort commun.
La vidéo
Un souvenir sans prétention issu de ma GoPro que je sortais de ma poche quand je pouvais.
Mon avis
L’Ardéchoise continue de réunir chaque année plusieurs milliers de participants grâce à une recette qui évolue peu, mais qui conserve sa pertinence : des paysages remarquables, des routes adaptées au vélo, un engagement bénévole exceptionnel et une forte dimension humaine. Dans notre univers cycliste souvent attiré par la nouveauté, la technologie ou les formats émergents, cet événement rappelle qu’il existe encore une place importante pour un cyclisme populaire, festif et profondément collectif. Avec Alain, mon compagnon de route, nous avons rencontré de nombreux cyclistes différents venus ici vivre ce partage. Nous avons échangé avec tous ces bénévoles en nous arrêtant systématiquement à chaque ravito.
Au-delà des kilomètres parcourus, l’Ardéchoise raconte peut-être quelque chose d’essentiel : le vélo reste avant tout une aventure humaine.
Mon vélo
À l’occasion de cette participation à ces 4 jours cumulant 500 km et 8800 m de D+, j’ai souhaité tester un vélo conçu pour l’endurance sur route. Je vous présente ce CMT GT titane lors d’un test complet réalisé sur 900 km et beaucoup de D+.
“Je salue le savoir-faire de CMT en matière de construction de cadres en titane. Ceux qui savent fabriquer ce type de vélo en France sont rares : il faut le souligner. Le travail du titane nécessite la mise en œuvre de conditions de soudure particulières et une expérience professionnelle basée sur une fabrication régulière.”
Caractéristiques
– Fourche Deda EDG Allroad (carbone) – Transmission mécanique Shimano 105 en 2 x 12 vitesses – Cassette Shimano : 10-34 dents – Cintre Deda carbone et potence Deda Alu Superbox DCR – Jeu de direction et collier de selle Hope – Roues Mavic Cosmic SL 45 – Pneus Hutchinson Blackbird All Season tubeless 28 mm – Freins avec disque Hope – Tige de selle Deda et Selle SMP VT20
Avec les Shokz OpenDot 2 la marque, née en Chine et installée commercialement aux États-Unis, poursuit son développement dans l’univers des écouteurs à oreilles libres. Connue pour ses casques à conduction osseuse largement adoptés par les coureurs, les triathlètes et les cyclistes, Shokz explore désormais une autre voie technologique. Le Shokz OpenDot 2 n’utilise pas la conduction osseuse traditionnelle, mais un système de diffusion sonore ouvert qui laisse le conduit auditif libre.
Cette approche répond à une attente croissante des sportifs : écouter de la musique, un podcast ou les indications d’un GPS tout en restant attentif à son environnement. Avec cette deuxième génération d’écouteurs à clip, Shokz propose davantage de confort, une meilleure qualité sonore et un design qui s’apparente autant à un accessoire de mode qu’à un produit électronique.
Une évolution du concept d’écoute à oreilles libres
Écouter et entendre à la fois…
Depuis plusieurs années, Shokz a construit sa réputation autour de la conduction osseuse. Nous avons d’ailleurs publié quelques articles sur ce sujet. Cette technologie transmet les vibrations sonores via les os du crâne et libère totalement les oreilles. Le Shokz OpenDot 2 adopte une philosophie différente. Les écouteurs se fixent directement sur l’oreille grâce à un système de clip et diffusent le son à proximité du conduit auditif sans l’obstruer.
Sur cette route déserte j’entends tous les bruits environnants – photo Patrick VDB
Cette configuration permet de conserver une perception naturelle de l’environnement extérieur. Pour les pratiquants de vélo, de course à pied ou de randonnée, cette caractéristique représente un argument important, notamment lorsqu’il s’agit de partager l’espace avec d’autres usagers.
Un design léger pensé pour un usage prolongé
L’un des principaux arguments en faveur des Opendots 2 concerne la légèreté du produit. Chaque écouteur affiche seulement 6,4 grammes sur l’OpenDot 2. Shokz a également retravaillé l’arceau JointArc™ en nickel-titane afin qu’il s’adapte aux différentes morphologies d’oreilles tout en limitant les points de pression. Effectivement cette pression est parfaitement supportable : on les oublie. Ces écouteurs sont des objets hybrides que l’on peut situer à mi-chemin entre un accessoire technologique et un bijou contemporain. Le design compact permet notamment de les porter avec des lunettes, une casquette ou d’autres accessoires sans interaction gênante.
Écouter le bruit cristallin de la fontaine – photo Patrick VDB
Cette évolution reflète une tendance plus large observée sur le marché des écouteurs ouverts où l’esthétique devient presque aussi importante que les performances techniques.
Shokz OpenDot 2 : une qualité audio renforcée
Avec ce modèle positionné comme le produit premium de la gamme, Shokz annonce plusieurs évolutions sonores. L’OpenDot 2 reçoit la technologie Bassphere™ 2.0 associée au système MirrorPitch™. Cette combinaison permet d’obtenir des basses plus présentes et une restitution sonore plus homogène. J’ai pu le vérifier en écoutant le podcast “Rayons libres” de mon ami Jérôme en traversant les champs de vignes… J’ai pensé à mes oreilles libres qui mixaient le dialogue parlé sur le thème du “Love Tour” et le bruit de la nature environnante.
Je peux entendre les abeilles qui viennent se gaver des lavandes. Cette photo montre la cohabitation de ces écouteurs avec les branches des lunettes et les lanières du casque – photo Patrick VDB
Le casque bénéficie également d’une compatibilité Dolby Audio destinée à enrichir l’immersion sonore lors de l’écoute de musique, de vidéos ou de podcasts. Dans l’univers des écouteurs ouverts, où la proximité avec l’environnement limite naturellement l’isolation acoustique, cette recherche d’équilibre est importante.
Pensé pour les sportifs
Le développement des technologies à oreilles libres accompagne depuis plusieurs années les besoins des pratiquants sportifs. Le Shokz OpenDot 2 conserve cette orientation grâce à une certification IP57 qui assure une résistance à l’eau et à la poussière adaptée aux entraînements extérieurs. En cette période estivale, je n’ai pas testé cette étanchéité.
Les écouteurs dans leur boîtier de chargement – Photo Patrick VDB
L’autonomie atteint jusqu’à 40 heures avec le boîtier de recharge compatible Qi. Une charge complète permettrait jusqu’à dix heures d’écoute continue selon les données communiquées par la marque. Pour les cyclistes adeptes des longues sorties ou des voyages à vélo, cette autonomie pourrait limiter les contraintes liées à la recharge quotidienne.
Deux micros sinon rien
Parmi les nouveautés annoncées, Shokz introduit pour la première fois un microphone à conduction osseuse associé à deux microphones aériens. Cette architecture vise à mieux isoler la voix de l’utilisateur lors des appels téléphoniques tout en réduisant les bruits ambiants. J’ai testé la réception et l’émission d’appels et c’est effectivement bien meilleur qu’avec mon Openrun à conduction osseuse uniquement.
La réception et l’émission d’appels sur la route est possible avec un son clair – photo Patrick VDB
Cette évolution témoigne d’une volonté d’élargir les usages du produit au-delà du simple cadre sportif. L’OpenDot 2 se positionne ainsi comme un équipement utilisable aussi bien lors d’un déplacement urbain qu’au bureau ou pendant une activité physique.
L’emplacement des micros à l’intérieur du clip : à gauche les 2 micros aériens et à droite le micro à conduction osseuse – visuels Shokz
Les écouteurs sportifs dans la course à la nouveauté
L’arrivée de cette gamme OpenDots illustre la transformation du marché de l’audio sportif. Alors que la conduction osseuse a longtemps constitué la signature technologique de Shokz, les écouteurs à clip répondent à une demande différente. Ils cherchent à combiner confort, discrétion, qualité sonore et maintien d’une bonne perception de l’environnement.
Le petit boîtier qui renferme les écouteurs est également la base de recharge (cordon USB non fourni) – photo Patrick VDB
Cette évolution accompagne les nouveaux usages des sportifs, mais également ceux des utilisateurs du quotidien qui souhaitent rester connectés sans s’isoler du monde extérieur.
Mon avis
Avec le Shokz OpenDot 2, la marque poursuit sa réflexion autour de l’écoute à oreilles libres en explorant une voie différente de la conduction osseuse qui a construit sa réputation. Je possède depuis trois ans un Openrun que j’utilise intensivement en vélo, sur mon home trainer et même au quotidien pour répondre au téléphone en gardant mes mains libres. Je me suis habitué à cette façon de recevoir et d’émettre. J’aime cette liberté de pouvoir écouter et entendre. Au niveau sonore, ce nouvel Opendot apporte un gain indéniable. Le son est pur, les basses sont profondes. Au téléphone, l’échange est même meilleur qu’avec le haut-parleur du smartphone.
La légèreté du produit, son design discret, son autonomie importante apportent un progrès certain par rapport au demi-collier de la conduction osseuse. À vélo, il libère le dessus des oreilles qui sont déjà occupés par les branches de lunettes. Je supporte assez bien le pincement du bord de l’oreille, qui sera peut-être la contrainte à surmonter par rapport aux modèles à conduction osseuse.
J’aime bien le positionnement de l’objet à la fois technologique et quotidien. Il traduit l’évolution du marché des écouteurs sportifs. Pour les cyclistes, les coureurs ou les adeptes d’activités outdoor, cette nouvelle génération peut constituer une alternative intéressante aux écouteurs traditionnels qui isolent davantage de l’environnement extérieur.
Reste toutefois une question qui continue d’alimenter les débats chez les pratiquants : la réglementation française n’a pas encore totalement intégré l’arrivée de ces nouvelles technologies à oreilles libres, alors même qu’elles ont précisément été conçues pour permettre aux utilisateurs de rester attentifs à ce qui les entoure. Personnellement, en ville et sur route chargée, j’évite l’usage de ces écouteurs. Si j’ai un appel téléphonique, je m’arrête. Par contre, sur les petites routes ou sur les sentiers, je peux écouter un podcast, une playlist audio… tout en entendant la nature.
Prix et disponibilités
L’OpenDots 2 (Blanc nacré, Gris, Noir) et l’OpenDots Air (Violet Aurore, Noir) sont disponibles depuis le 4 juin aux prix respectifs de 199 € et 139 € sur le site officiel de Shokz et chez les revendeurs partenaires (Amazon, Fnac, Darty, Boulanger, Decathlon, I-RUN).
J’ai profité d’un déplacement professionnel à Annecy pour aller découvrir le Matchy Cyclist Clubhouse. Ouvert depuis 4 ans, c’est le quartier général de la marque d’équipement Matchy Cycling. Ce café vélo est situé au cœur de la ville Savoyarde, c’est le lieu de rencontre de la communauté cycliste locale.
Qu’est ce donc que Matchy Cycling ?
Bien avant d’être un café vélo, Matchy Cycling est une marque d’équipements cyclistes créée en 2016 par Flore et Geoffrey. Elle propose une large gamme textile, allant de la route au gravel. On y trouve des produits innovants qui apportent des solutions différentes et intelligentes.
Photos Matchy
Motivée par une démarche écoresponsable, la marque est soucieuse de l’impact de ses produits et elle privilégie le circuit court et local. Ils utilisent entre 30 et 100 % de matières recyclées et toutes les activités de conception et de fabrication sont réalisées dans un périmètre de 150 km autour de leurs locaux annéciens. Une proximité qui leur permet aussi une grande flexibilité et de pouvoir proposer de la personnalisation à partir de faibles quantités.
Détail du maillot aero – Photo Matchy
La vente d’équipements
Le Matchy Cyclist Clubhouse représente le cœur même de la marque. En même temps lieu de travail de l’équipe, mais également l’endroit où vous pourrez retrouver l’intégralité de leurs produits. Véritable showroom, toutes les collections y sont disponibles et je peux témoigner qu’il y en a véritablement pour tous les goûts et budgets.
Photos Benjamin Bodot
J’ai particulièrement apprécié l’originalité des designs de la gamme Origins mais aussi et surtout la recherche derrière les produits de la gamme Ultra. Une combinaison ainsi que des maillots et cuissards, garnis de poches et intégrant de l’hydratation. Une collection pensée spécifiquement pour la longue distance, dont Pierre a d’ailleurs récemment testé le cuissard.
La passion du vélo leur reste bien chevillée et c’est en selle que l’expertise se construit et que les produits sont testés. Le duo qui est aux manettes de Matchy est également l’organisateur du challenge cycliste Les Géants pour la quatrième année consécutive.
Illustration Matchy
Le 14 août prochain, 250 cyclistes s’élanceront à travers quatre formats d’ultra-cyclisme. Deux parcours routes et deux parcours gravels allant de 250 à 700 km. Des boucles au départ du clubhouse cheminent au travers des meilleurs spots de leur région. Une aventure dont vous pourrez lire le récit sur Bike Café, car Pierre participera à l’épreuve route. Les inscriptions sont encore ouvertes, si l’envie vous prend de parcourir quelques cols parmi les plus beaux des Alpes.
250 km gravel600 km gravel300 km route700 km routeIllustrations Matchy
Le café
Mais n’oublions pas la raison principale qui m’a conduit à pousser la porte du QG savoyard de Matchy Cycling.
Photo Matchy
Le clubhouse est aussi et surtout un lieu de rencontre entre passionnés. Il est ouvert du mardi au samedi. Un lieu dédié au vélo, idéal pour se retrouver avant une sortie autour d’un café ou l’achever autour d’une bière. Vous pouvez aussi simplement venir profiter de l’ambiance et partager avec d’autres passionnés ou assister à la diffusion en direct des grandes courses du calendrier cycliste.
Photos Matchy
Des sorties régulières sont proposées au départ du café. Le samedi ou le soir en afterwork, plus ou moins longues et dont certaines sont réservées aux femmes. Ils organisent également des conférences sur des thèmes spécifiques tels que la nutrition ou des présentations de produits avec des marques partenaires.
Ce matin, les souvenirs de mes quatre jours passés sur l’Ardèchoise m’accompagnent lors de ma sortie matinale. Je repense aux belles routes, aux paysages, aux cols et j’entends encore les encouragements des bénévoles. Je me remémore ces moments festifs d’échanges à chaque ravito. L’Ardéchoise est une fête du vélo populaire, portée par l’engagement associatif et l’esprit de village. C’est ainsi que je vais titrer le reportage que je vous proposerai bientôt sur Bike Café. Ces quelques jours passés, hors du temps de mon quotidien, des communiqués de presse et de l’actualité sportive bouillonnante, nous ont plongés dans la profonde réalité du vélo. Je dis « nous », car j’ai vécu ici un partage total de notre passion. Je savais, pour l’avoir vécu de façon plus intime, que le vélo était une sorte de « club de rencontre ». Cet objet roulant, facilement identifiable, rend les gens heureux et chacun a une histoire à partager avec lui.
Boire une bière à Saint-Agrève malgré les kilomètres qui restent à faire – photo Patrick VDB
Dans mon rôle d’observateur du monde du vélo, j’avoue que j’avais une lecture parfois réductrice de ces événements cyclo que je trouvais un peu dépassés par des organisations plus récentes, fondées sur l’autonomie allant même jusqu’à l’autosuffisance. C’était oublier cette forme de cyclisme populaire, accessible et profondément ancré dans un territoire. Loin des contenus calibrés pour les réseaux sociaux, l’Ardéchoise met en avant une autre réalité du vélo, celle peut-être plus représentative de la diversité des pratiquants français. J’ai pris une bonne claque de réalisme. Une distance créée par les années s’était installée en moi, depuis les brevets de montagne auxquels je participais à la fin des années 70. Que l’on chevauche un vélo un peu daté avec freinage à patins ou un destrier carbone de 7 kg, on partage le même effort dans ces cols ardéchois et on partage un ravito sans comparer nos machines. Le plaisir devient simple et authentique.
Retrouver un copain que l’on n’a pas vu depuis 18 ans, au hasard d’une montée de col – photo Patrick VDB
Dans le vélo, comme partout, il y a des modes et des évolutions, c’est la vie. C’est souvent cette actualité qui est mise sur le devant de la scène. Ce tourbillon de la nouveauté nous entraîne et parfois nous éloigne de la réalité du terrain. Je suis heureux d’avoir vécu cette Ardéchoise qui est un miroir du vélo en France. J’y ai croisé des vrais gens, des cyclistes passionnés, des bénévoles heureux de jouer un rôle dans cette fête. Les couleurs historiques jaune et violette sont encore dans mon regard ce matin. Leur reflet authentique ne sera jamais ringard car il est populaire.
Depuis cinq éditions maintenant, la course Wish One Millau Grands Causses s’impose comme un rendez-vous incontournable des UCI Gravel World Series. Depuis la première édition en 2022, Bike Café est présent et accompagne cette prestigieuse course qui attire les meilleurs spécialistes de la discipline. Cette Gravel Race est qualificative pour les championnats du monde de gravel UCI 2026 qui se dérouleront en Australie, mais aussi pour les championnats d’Europe UEC 2026 en Belgique. Photo de couverture Virg. Govignon
Une course du calendrier UCI, mais aussi du Gravel’Tour Wish One
Cette année, en plus d’être une manche de la coupe du monde UCI de gravel, la Wish One Millau Grands Causses fait partie du calendrier du Gravel’Tour Wish One. Un challenge, dont nous sommes le partenaire média à travers une série d’articles et de podcasts. Ainsi, ce challenge investit de nombreux territoires en France, avec, entre autres : les Grands Causses, les Gorges du Tarn, le Massif Sud Bourgogne, les Monts du Lyonnais et le Massif des Alpilles. Vous pouvez retrouver tous les détails de ce challenge dans ce précédent article de présentation :
Un territoire de caractère, porté par les valeurs du sport
Situé au sud de l’Aveyron, le parc naturel régional des Grands Causses est l’un des plus grands espaces naturels d’Europe, au sud du Massif Central. Le Parc s’articule autour de vastes plateaux calcaires (dont le célèbre Larzac) entrecoupés de profondes gorges (Tarn, Dourbie, Jonte).
Un territoire de caractère – photo Amaury LOUIN – Agence LVO
Pour preuve que la Wish One Millau Grands Causses s’intègre toujours plus loin dans son territoire, on remarque que le parcours traverse le camp militaire du Larzac, lieu d’entrainement de l’armée de Terre. Situé sur la commune de La Cavalerie dans l’Aveyron, ce n’est pas la partie la plus facile du parcours, loin de là, mais assurément une des plus impressionnantes !
Le camp militaire où passe le parcours UCI 130 km – photo Amaury LOUIN – Agence LVO
L’effervescence des grandes courses
L’événement Wish One Millau Grands Causses commence dès le vendredi, avec l’ouverture du village monté pour l’occasion autour du siège des cycles Wish One. L’emplacement est impressionnant puisqu’il est situé en dessous du viaduc de Millau.
La société Wish One, sous le célèbre viaduc de Millau – photo Jean-Alexis Duthoit
Le samedi est consacré aux retraits des dossards, des starter packs, et du briefing obligatoire. C’est aussi le jour de notre arrivée ! L’effervescence des grandes compétitions se manifeste déjà. Malgré la chaleur assommante, beaucoup sont déjà sur leur vélo pour aller reconnaitre les parcours. Le tracé des parcours est réalisé et partagé par la société française OpenRunner, devenue une référence incontournable pour beaucoup d’organisateurs de grands événements. Notamment pour l’impression possible au format A1 des parcours.
OpenRunner héberge les parcours de l’événement au format GPX, et sont visibles par tous au village – photo Jean-Alexis Duthoit
De notre côté, nous en faisons de même : retraits des dossards, un petit “déblocage” sur le vélo, puis briefing. Parler des courses, c’est bien, mais courir in situ, pour les raconter ensuite, c’est encore mieux. Pour nous, comme pour nos lecteurs. Aussi, cette année encore nous sommes deux engagés : Benjamin et moi-même, tous deux sur le format UCI 130 km. Si pour moi le format UCI n’est pas une découverte, pour Benjamin, oui. En effet, comme vous avez pu déjà le lire sur Bike Café, il est habituellement engagé sur de bien plus longues distances, notamment sur de prestigieuses épreuves d’Ultra.
Jour J : des watts et encore des watts…
À l’approche de l’heure du départ, nous venons nous placer dans les sas de nos catégories respectives, largement derrière le sas Elites (et oui, nous avons largement dépassé la quarantaine…). Le parcours est sur nos compteurs GPS, et semble bel et bien identique à celui que j’ai pu faire l’an dernier : 130 km et 2200 m de D+ (parcours ici).
Dans le sas des Elites femmes, on peut aisément reconnaitre la championne de France de gravel en titre, Axelle DUBAU-PRÉVÔT – photo Jean-Alexis Duthoit
Après le départ des Elites, une catégorie par sas s’élance toutes les minutes. Celle de Benjamin, puis la mienne.
Start ! photo Jean-Alexis Duthoit
D’emblée, on aborde le Pouncho d’Agast : 8,5 km pour un dénivelé positif de 489 mètres et une pente moyenne de 5,7 %. Optimiste, je pars comme un cadet pour tenter de rejoindre mon ami du sas précédent. Bien mal m’en a pris ! Si je réussis en effet à le rejoindre à la moitié de cette ascension majeure, je peine à retrouver un rythme cardiaque supportable…
Le Pouncho d’Agast en guise d’entrée – photo Virg Govignon
Comme quoi, même avec de l’expérience, on est toujours capable d’erreurs “de jeunesse”. Mon cas ne semble pas isolé, puisque, avec Benjamin, nous rattrapons le “reliquat” de sas plus jeunes, partis quelques minutes avant nous. La descente dans les gorges du Tarn, via une étroite route, est toujours aussi magnifique, bien que dangereuse aussi. Le camp militaire du Larzac reste, selon moi, le secteur clé de ce parcours aussi beau qu’exigeant.
Un sol qui change rapidement de compact à meuble – photo Virg Govignon
Très exposé au vent, il ne pardonne aucun cycliste esseulé(e). Mais, en étant trop proche, il s’avère dangereux car le sol devient régulièrement meuble sur des portions de longueur variable. Ces aspects rendent ce secteur éprouvant.
Très exposé au vent, le camp militaire ne doit pas s’aborder seul – photo Virg Govignon
Cette année, j’ai fait le choix de partir “léger” avec seulement deux petits bidons et quelques gels, en prévoyant de m’arrêter à chaque ravitaillement. Je ne regrette pas cette approche, même si j’ai continué à payer mon départ tonitruant une bonne partie de la matinée, avec un passage particulièrement dur entre les deux ravitaillements (70 et 100 km).
Il ne faut pas se fier à mon expression : je souffre ! photo Virg Govignon
Au final, je termine moins bien que l’an passé, avec 15 minutes de plus au chrono, péniblement dans la moyenne du classement de ma catégorie…
La chaleur éprouve nos organismes – photo Jean-Alexis Duthoit
Mais, c’est aussi là l’intérêt propre à la compétition. À force de glaner des KOM et de se tirer la bourre avec les copains, on peut finir par croire que l’on “est bon”. Rien de tel qu’une manche UCI pour savoir la vérité, factuelle et souvent cruelle. En cela, la compétition de haut niveau reste le juge de paix, salutaire et même nécessaire pour l’égo – souvent fort – des compétiteurs.
Ravitaillement des Elites au kilomètre 70 – photo Jean-Alexis Duthoit
Dans tous les cas, je ne peux que vous encourager à franchir le pas, et à vous inscrire à cette épreuve. On n’en ressort jamais indemne, certes. Mais, on en ressort toujours avec des images en tête. Des images de paysages bouleversants, de concurrents impressionnants, que nous gardons en mémoire. Plus les corps souffrent, plus les images perçues se gravent profondément, laissant des souvenirs indélébiles.
La découverte du gravel race UCI par Benjamin
Il est 7 h 45, j’attends fébrile dans mon sas au milieu de mes camarades quarantenaires. À 8h04, nous serons ainsi lâchés pour parcourir les 130 km et 2400 m de dénivelé positif parmi les 850 participants à cette épreuve. C’est un peu le baptême du feu pour moi qui suis plus habitué à rouler en solitaire. Me retrouver au beau milieu d’une meute de chiens enragés me stresse quelque peu et par précaution (ou peur) j’ai préféré me placer en fond de sas. Cela me permet de discuter avec d’autres participants moins enclins à partir comme des fous. Je retrouve aussi Laurent, juste derrière la barrière, en première ligne de son sas.
Je suis un des premiers dans mon sas, mais il va vite se remplir – photo Jean-Alexis Duthoit
A 8h00, les Elites partent enfin, le départ est impressionnant. Les autres sas défilent toutes les minutes et enfin voilà notre tour. Cela part assez fort, mais les 8,5 km de montée vers le Pouncho d’Agast, nous emmenant sur le Causse noir, vont vite ralentir le groupe. J’essaie de rester sage en tenant ma cadence et je me fais doubler régulièrement par les plus rapides des sas suivants. Le rythme est clairement impressionnant.
C’est notre tour de partir, enfin – photo Jean-Alexis Duthoit
Arrivé sur le Causse noir, les sections gravel débutent et je crois que je commence doucement à me prendre au jeu. Les pistes sont propres, très roulantes et le paysage défile très vite, je me régale. Descente dans les gorges pour remonter sur le Larzac et découvrir ses larges chemins à travers champs. Le paradis du gravel sur des kilomètres.
Je roule un moment avec quelques Elites femme, comme ici dans une zone de ravitaillement – photo Jean-Alexis Duthoit
Ça attaque, je double dans les bosses, me fait doubler juste derrière, un vrai jeu vidéo ! Le temps passe vite et je continue comme ça sans voir le temps défiler ni même vraiment lever la tête. Prenant de l’adrénaline à la pelle.
Pas trop le temps de lever la tête dans ce format de course UCI – photo Jean-Alexis Duthoit
100 km depuis le départ à pousser sur les pédales comme un damné et la fatigue commence à se faire sentir. Je rejoins un camarade anglais avec qui je parcourrai les 30 derniers kilomètres, nous relayant et nous encourageant mutuellement jusqu’à la ligne d’arrivée que nous franchirons peu après 13 h.
La ligne d’arrivée – photo PhotoAdventure
Quelle expérience ! Je redoutais vraiment le côté course en paquet mais j’ai découvert l’excitation et l’énergie que cela apporte. L’impression d’avoir plongé la tête la première dans un mixeur et de ne pas avoir respiré pendant cinq heures. Ça va vite, les pistes sont incroyables et l’organisation assure parfaitement tout le long de la trace et aux ravitos, quel pied ! Un énorme et sincère merci, vivement la prochaine !
Les vainqueurs
Sur la photo ci-dessous se trouvent les récompensés – femmes et hommes – de la catégories Elite.
Les six premiers Elite femme & homme – photo Jean-Alexis Duthoit
Cette année, retour sur la route pour moi avec quelques sorties longues et surtout une première participation à l’Ardéchoise 4 jours sur le circuit des gorges de l’Ardèche. Cette randonnée itinérante était une belle occasion pour tester un vélo d’endurance afin de profiter agréablement de ce parcours spectaculaire, mais exigeant. Au départ de Saint-Félicien, le programme, c’est 490 km avec 8550 m de D+ à faire en quatre jours. Avec la préparation, je vais pouvoir comptabiliser 900 kilomètres avec ce CMT GT. (photo de couverture Colin Gosse)
Le titane
La réputation de ce matériau n’est plus à faire dans le monde du vélo. Le titane bénéficie d’une aura extraordinaire qui est basée sur les qualités intrinsèques de ce métal. Il offrirait également une meilleure flexibilité verticale, absorbant mieux les vibrations liées à la route pour contribuer à obtenir un confort optimal. La soudure des tubes en titane nécessite une certaine expertise et une installation particulière. Ces contraintes expliquent qu’il existe peu d’entreprises de France capables de produire des cadres en titane. CMT, qui produit uniquement des vélos en titane, s’appuie sur une expertise de 25 ans.
C’est au niveau du boitier de pédalier que l’on peut apprécier la qualité des soudures – photo Philippe Aillaud
Le vélo
Le vélo que j’ai reçu pour ce test est le modèle GT 2025 Open de la marque CMT. C’est l’entrée de gamme de cette série GT dans laquelle 3 niveaux d’équipements sont proposés : Open (8,9 kg), Elite (8,2 kg) et Pro (7,7 kg). La présentation mate du titane du cadre est obtenue par un microbillage réalisé à l’atelier. Il a pour but d’uniformiser le rendu de la surface en effaçant le bleuissement du métal au niveau des soudures. Ce traitement permet également de durcir le matériau. Le marquage se fait avec des stickers pour lesquels il existe plusieurs choix de coloris ou par sérigraphie.
Confirmation du poids du vélo – photo Patrick VDB
Géométrie
La description géométrique de ce vélo d’essai présente une configuration ramassée avec un reach de 374 mm qui est relativement court par rapport à celui de mon vélo habituel de 385 mm. Je retrouve le même angle de direction de 71,5 °. L’empattement de 1004 mm confirme que l’ensemble est plus court que mon WishOne acier. Je ne vais pas pouvoir reproduire mes réglages habituels qui auraient nécessité une tige de selle avec recul en 31,5 de diamètre. Le risque de toe overlap (pointe de pied qui touche le pneu avant) est important en fonction de la pointure et du réglage de la cale des chaussures. C’est juste, mais je souligne que ce vélo est un vélo de test et pas celui qui m’aurait été proposé sur la base de mes mensurations si j’étais un client.
Chez CMT, chaque modèle est décliné en 5 tailles standards qui sont ajustables selon 3 paramètres (stack, reach, angle selle), offrant plus de 1500 combinaisons de géométries possibles. Cette approche permet d’obtenir des cadres sur-mesures en partant de ces cinq tailles de base. Pour ce modèle, en taille M :
Top tube ajustable de 530 à 550 mm
Douille de direction ajustable de 155 à 175 mm
Angle de tube de selle ajustable de 73.5° à 75°.
Élégants porte-bidons en fil de titane assortis au cadrePassage externe un peu gênant qui touche la cuisse. Cela sera résolu par la suite.Un chaîne montée trop courte que j’ai dû changerPhotos Philippe Aillaud
Spécifications
La version qui est mise à ma disposition est équipée ainsi :
Fourche Deda EDG Allroad (carbone)
Transmission mécanique Shimano 105 en 2 x 12 vitesses
Cassette Shimano : 10-34 dents, 12 vitesses
Cintre Deda carbone
Disque Hope anodiséPassage de câbles sous le boîtierUn groupe Shimano 105 fiable et précisUn passage de roue qui aurait permis de monter du 32 facilementLa forme en arc des haubans pour plus de confortPhotos Philippe Aillaud
Potence Deda Alu Superbox DCR
Jeu de direction et collier de selle Hope
Roues Mavic Cosmic SL 45
Pneus Hutchinson Blackbird All Season tubeless 28 mm
Freins de disque Hope
Tige de selle Deda
Selle SMP VT20
Prix : 5 390,00 €
Photos Philippe Aillaud
Dans le cas d’un montage avec une transmission mécanique, les câbles des dérailleurs sont externes, ce qui n’est pas le cas pour les Shimano Di2 et SRAM AXS. CMT me précise que cela correspond à la demande générale des clients qui préfèrent ce type de routage pour les montages mécaniques.
La Calvaire à AlleinsRoute de vignes, campagne aixoiseLes sculptures de Yoshitomo Nara au château Lacoste – photo Patrick VDB
Première sortie de 40 km pour affiner les réglages. Finalement, je m’adapte au reach plus court que mes vélos habituels. Il me procure une position plus haute. Je découvre la selle SMP qui est confortable. On verra si elle le reste sur des distances plus longues. Le fonctionnement du groupe Shimano 105 est précis et silencieux. J’ai rôdé les plaquettes neuves par une série de freinages. Le disque avant léchait un peu et finalement tout est rentré dans l’ordre.
La montée des gorges de la Nesque – photo Alain Magré
J’ai enchaîné quelques sorties, dont une sur les routes de la partie sud du Ventoux. C’était la première de la saison sous une telle chaleur. Le D+ et la température ont eu raison de moi. À Sault, j’ai dû faire une longue pause car je sentais l’insolation arriver. Il restait 40 km et je me demandais comment j’allais pouvoir terminer. Finalement, peut-être aidé par ce vélo, la forme est revenue pour terminer ce parcours exigeant, mais qui sera utile pour préparer l’Ardéchoise sur quatre jours.
L’Ardéchoise en titane
Partir 4 jours sur les routes d’Ardèche – photo Alain Magré
Je me faisais une joie de partir quatre jours sur ce vélo titane. La réputation de confort du matériau me laissait présager une randonnée soft. En fait, ce vélo est quand même rigide. Pour moi, l’arrière a bien fait le job. La courbure et la forme des haubans apportent un confort vertical intéressant, malgré une tige de selle qui n’aide pas beaucoup dans ce domaine. L’avant, bizarrement, est très rigide. Je pense que les roues carbone Mavic et la tension des rayons ne convenaient pas à mon profil cycliste. À la suite d’un choc sur une pierre, le pneu tubeless Hutchinson Blackbird est sorti partiellement du crochet interne de la jante. Impossible de refaire claquer avec une petite pompe à main. J’ai mis une chambre que j’ai conservée jusqu’à la fin du test avec une pression faible de 4 bars. L’arrière en tubeless étant gonflé à 3 bars.
Photo Alain Magré
Le périple de quatre jours a été accompli ainsi équipé. Le vélo s’est montré un peu “pataud” en montée. J’ai très peu relancé en danseuse car il était mieux dans un rythme régulier, plus conforme à sa vocation de vélo d’endurance. Je n’ai pas réussi à m’adapter au guidon Deda et sa forme aéro n’est pas compatible avec les multiples accessoires à fixer sur un guidon. Ma petite sacoche Restrap de 1,5 litres est passée. La lampe pouvait se poser sur une patte sous le support de compteur intégré par serrage au guidon. J’ai ressenti des fourmillements dans la main gauche : celle qui bougeait moins au niveau du passage des vitesses.
Après 900 km d’essai, sur différentes routes, j’ai pu rendre le vélo sur le salon de l’Ardéchoise.
Jean-Pierre Ramoul et Carole Pique… Désormais plusieurs marques sont présentes sur leur stand : CMT, Cyfac, Meral… Photo Patrick VDB
Le bilan
C’est le 4ᵉ vélo titane que j’essaie et à chaque fois je me dis que ce n’est pas le matériau uniquement qui fait le confort d’un vélo. Je n’ai pas trouvé ce CMT GT plus confortable que mon WishOne Sub en acier avec lequel j’ai fait au printemps un BRM 200 dantesque sur le même type de routes. L’alchimie du confort est subtile car les roues jouent un rôle important, ainsi que la position et les points d’appui du cycliste : selle/tige de selle et guidon/potence. Ce vélo de test était malheureusement trop court pour moi. Je n’ai pas pu appliquer mes réglages habituels en longueur. Comme je l’ai expliqué plus haut, ce vélo sera adapté lors de la commande à vos mesures, ce qui n’a pas été mon cas. L’empattement et le reach court provoquaient un “toe overlap” ce qui en soi n’est pas gênant, mais qui montre que ce cadre n’était pas à ma taille.
Photo Alain Magré
J’ai eu quelques petits soucis liés au montage, mais là encore il faut considérer que c’est un vélo de test. J’ai monté une chaîne neuve coupée à la bonne longueur. Celle qui était en place était trop courte.
Au chapitre des points positifs de ce vélo, il y a ce dessin arrière que je trouve réussi. La qualité de la fabrication est irréprochable. Le traitement microbillé du métal donne une teinte mate et sombre au cadre. Cela plaira à certains, moins à d’autres qui aiment le titane brossé. J’aurais apprécié une monte pneumatique plus généreuse, surtout en tubeless en 32 ou 34, pour vraiment jouer le confort avec un gonflage à 2,5 bars. La sortie du pneu suite à ce choc à l’avant n’aurait pas eu les mêmes conséquences. Je pense que j’aurais choisi aussi des roues avec des jantes moins hautes et moins rigides. Il convient de pondérer mon avis, qui est celui d’un cycliste un peu âgé et qui n’a plus le potentiel de watts d’un quadra.
Sinon, je salue pour conclure le savoir-faire de CMT en matière de construction de cadres en titane. Ceux qui savent fabriquer ce type de vélo en France sont rares : il faut le souligner. Le travail du titane nécessite la mise en œuvre de conditions de soudure particulières et une expérience professionnelle basée sur une fabrication régulière.
Le Vercors fait partie de ces territoires qui semblent avoir été dessinés pour le vélo d’aventure. Entre vastes forêts, hauts plateaux, anciennes voies de tramway, villages de montagne et pistes forestières, le massif offre un terrain de jeu exceptionnel pour celles et ceux qui aiment explorer autrement. Si le VTT y occupe historiquement une place importante, le gravel y trouve aujourd’hui un terrain d’expression particulièrement naturel.
Le vert éclatant de la nature au printemps contraste avec les sommets enneigés — photo JL Paul
Pendant deux jours, nous avons parcouru une sélection d’itinéraires imaginés pour découvrir les différentes facettes du massif. Des forêts d’Herbouilly aux gorges du Méaudret, des lieux de mémoire de la Résistance aux grandes étendues du Haut-Vercors, cette immersion nous a permis de découvrir une destination qui a su structurer une véritable offre dédiée au gravel, sans jamais perdre ce qui fait son identité : la nature, l’espace et le goût de l’aventure.
Les Grands Reportages sont des commandes passées à l’équipe rédactionnelle de Bike Café par des marques, des destinations ou des organisateurs qui souhaitent faire découvrir un produit, un territoire, un événement ou une expérience liés à l’univers du vélo. Réalisés sur le terrain, ils privilégient l’immersion, la rencontre et le récit afin d’offrir aux lecteurs un regard authentique sur les sujets abordés. Ce Grand Reportage a été réalisé avec le soutien de la Communauté de Communes du Massif du Vercors.
Le Vercors, un massif façonné pour l’aventure à vélo
Le Vercors entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec le vélo. Si le VTT y occupe historiquement une place importante grâce à l’étendue de ses espaces naturels et à son réseau de chemins, le territoire attire aujourd’hui une grande diversité de pratiquants. Au fil de notre séjour, nous avons croisé des cyclistes de tous horizons : vététistes, routiers, adeptes du VAE, mais aussi de nombreux voyageurs à vélo venus explorer le massif sur plusieurs jours.
Quel que soit son vélo, chacun trouve dans le Vercors un itinéraire à sa mesure — Photos Colin Gosse
Cette diversité s’est également retrouvée à Arcanson, notre camp de base durant ce séjour. Chaque soir, les discussions autour des vélos, des itinéraires et des aventures du jour réunissaient des pratiquants aux profils variés. Un reflet assez fidèle de ce qu’est devenu le Vercors : une destination qui a su développer une offre capable de répondre aussi bien aux attentes des sportifs qu’à celles des cyclotouristes en quête de découverte et d’immersion.
Une offre gravel structurée pour découvrir le Vercors
Parmi les différentes pratiques cyclistes présentes sur le territoire, le gravel trouve dans le Vercors un terrain particulièrement adapté. L’offre développée par la Communauté de Communes du Massif du Vercors s’appuie sur une sélection d’itinéraires classés selon quatre niveaux de difficulté (vert, bleu, rouge et noir), permettant à chacun de choisir un parcours en fonction de son expérience et de ses envies. Cette proposition s’inscrit dans une offre vélo plus large qui compte plusieurs centaines de kilomètres d’itinéraires balisés pour le VTT, le vélo de route et l’itinérance, avec notamment la Grande Traversée du Vercors (GTV), qui traverse le massif du nord au sud.
photo Jean-Louis PAULphoto Colin Gosse
Les parcours gravel empruntent principalement les nombreuses pistes forestières, chemins carrossables et petites routes qui sillonnent le massif. Dans un territoire couvert à près de 60 % par la forêt, ils offrent une immersion privilégiée au cœur des paysages emblématiques du Vercors : plateaux d’altitude, forêts, falaises calcaires, alpages et villages de montagne. L’un des grands atouts de la destination réside dans cette possibilité d’enchaîner les kilomètres loin de la circulation automobile tout en profitant d’une grande diversité de terrains, de panoramas et d’ambiances, que ce soit pour une sortie à la journée ou une aventure sur plusieurs jours.
Arcanson, bien plus qu’un hébergement
Durant notre séjour dans le Vercors, nous avons posé nos sacoches à Arcanson, à Autrans-Méaudre. Cette maison familiale, fondée il y a plus de quarante ans et aujourd’hui dirigée par Sébastien et Aurélie, est bien plus qu’un simple hôtel-gîte : c’est aussi une agence de voyage spécialisée dans les activités de pleine nature. Été comme hiver, l’équipe organise des séjours autour du vélo, de la randonnée ou du ski nordique, en prenant en charge toute la logistique des itinérances, des hébergements au transport des bagages en passant par les itinéraires et le guidage numérique. Labellisé « Accueil Vélo », Arcanson dispose également d’équipements adaptés aux cyclistes, avec un local sécurisé, une station de lavage et de gonflage.
Nous avons transporté nos montures grâce au porte-vélo Thule Epos ParkSecure dont un article de test est à venirArcanson est labellisé “Accueil vélo”Un espace détente idéal pour la récupération après l’effortLe bain nordiqueRetour au camp de base après une belle journée de gravel — photo Anael Renault
Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est l’ambiance qui règne dans la maison. Les grandes tablées favorisent les échanges entre voyageurs, qu’ils soient vététistes, adeptes du gravel, randonneurs ou cyclotouristes, tandis que les repas généreux préparés par Dédé, cuisinier et cycliste passionné, prolongent naturellement les discussions autour des sorties du jour. Plus qu’un hébergement, Arcanson s’impose comme un véritable camp de base pour découvrir le Vercors à vélo, porté par une équipe accueillante et profondément attachée à l’esprit du voyage actif.
Jour 1 : entre forêts d’Herbouilly et mémoire du Vercors
Par Colin
Après un copieux petit-déjeuner pris à Arcanson, nous rejoignons rapidement le départ de notre itinéraire au niveau de La Bourrière. La journée débute par une belle montée sur piste forestière jusqu’à la route de Servagnet. À l’abri des arbres, la pente est régulière mais suffisamment soutenue pour faire monter le rythme cardiaque dès les premiers kilomètres. Pour cette première ascension, l’assistance de mon e-gravel s’est révélée particulièrement appréciable dans les passages les plus soutenus. Une longue descente nous conduit ensuite vers Lans-en-Vercors, tandis que quelques trouées dans la forêt dévoilent au loin des sommets encore enneigés.
Au détour d’une trouée dans la forêt, les sommets enneigés se dévoilent à l’horizon — photo Colin Gosse
Nous poursuivons sur une agréable piste roulante, la ViaVercors, aménagée en partie sur l’ancienne voie du tramway Grenoble–Villard-de-Lans. Mise en service au début du XXᵉ siècle pour désenclaver le plateau du Vercors, cette ligne ferroviaire électrique a fonctionné jusqu’en 1951 avant d’être remplacée par les transports routiers. Aujourd’hui reconvertie en voie douce, son tracé offre aux cyclistes un itinéraire confortable et chargé d’histoire.
Sur la piste roulante de la ViaVercors — photo Jean-Louis PAULLe départ du trou 18 du golf de Corrençon-en-Vercors — photo Colin GosseUn petit bricolage à l’ombre de la forêt — photo Colin GossePour l’occasion, j’ai eu la possibilité de rouler deux versions du IGravelX de BH, dont je vous proposerai un test prochainement — photo Colin GosseSur les pistes et les petites routes du domaine nordique de Corrençon-en-Vercors, nous discutons avec un groupe d’amis partis de Grenoble pour un week-end Bikepacking dans le Vercors — photo Colin Gosse
Après Villard-de-Lans, nous alternons petites routes et pistes forestières en direction de Corrençon-en-Vercors, porte d’entrée de l’un des plus vastes domaines nordiques de France. Nous empruntons ensuite plusieurs portions des pistes nordiques qui traversent les vastes forêts de sapins et d’épicéas du Haut-Vercors. L’ambiance devient progressivement plus sauvage à mesure que nous gagnons de l’altitude, jusqu’à rejoindre la baraque de Malaterre où nous faisons une pause déjeuner bien méritée, dans une ambiance authentique et bienveillante.
La baraque de Malaterre, un siècle d’histoire et de transmission
Perdue au milieu des forêts du Haut-Vercors, l’auberge de Malaterre n’est pas une simple halte gourmande. Construite en 1904 par Séraphin, l’arrière-grand-père d’Alice, l’actuelle propriétaire, elle servait à l’origine d’abri aux bûcherons qui exploitaient la forêt de la Loubière. À une époque où les tracteurs n’existaient pas encore, le bois était extrait de la forêt grâce aux vaches Villardes, une race locale réputée pour sa robustesse et sa capacité à travailler dans les terrains difficiles du massif.
Objets anciens, bois patiné et clins d’œil aux sorcières composent l’univers singulier de Malaterre. — Photo Colin Gosse
Transmise de génération en génération, la baraque est restée dans la même famille depuis plus de cent vingt ans. À la fin des années 1980, alors que le bâtiment tombait progressivement en ruine, les parents d’Alice décidèrent de lui redonner vie. Leur ambition n’était pas de transformer les lieux en attraction touristique, mais de préserver l’âme de cette ancienne baraque forestière. Aujourd’hui encore, les repas sont préparés sur une cuisinière à bois, le pain est cuit dans le four traditionnel de la ferme familiale et les recettes perpétuent un savoir-faire transmis au fil des générations.
Alice, la sorcière en chef, nous raconte l’histoire de Malaterre et de sa famille, intimement liée aux forêts du Vercors…… tandis que Bernard veille encore sur quelques recettes secrètes, à commencer par le fameux « Crapaud ».À l’intérieur, l’ambiance est authentique et chaleureuse.Séraphin, le batisseur de la baraque, veille encore sur les lieux…
À Malaterre, le mot transmission n’est pas un argument marketing. C’est l’histoire même du lieu. Une histoire familiale profondément enracinée dans les forêts du Vercors que l’on retrouve aussi bien dans l’accueil d’Alice et de son père Bernard que dans son assiette. Pour le voyageur à vélo, cette parenthèse hors du temps constitue bien plus qu’une simple pause déjeuner : c’est une rencontre avec une part du patrimoine vivant du massif. Pour ma part, c’est un vrai coup de cœur.
Herbouilly, un incontournable du gravel dans le Vercors
Le ventre satisfait et l’esprit encore imprégné des récits d’Alice, nous reprenons notre route en achevant l’ascension sur une petite route forestière. Le parcours alterne ensuite pistes et portions de route jusqu’à la prairie d’Herbouilly, l’un des sites les plus emblématiques du Haut-Vercors. Ancien alpage devenu aujourd’hui un vaste espace ouvert au cœur de la forêt, Herbouilly offre un contraste saisissant avec les kilomètres parcourus jusque-là sous le couvert des arbres. Ici, l’horizon s’élargit brusquement. Le vert intense des prairies se détache sur le bleu profond du ciel tandis que les crêtes environnantes dessinent un décor typiquement vercusien.
Après plusieurs kilomètres sous les arbres, la prairie d’Herbouilly dévoile ses vastes étendues d’altitude — photos Colin Gosse
La progression à travers la prairie est un véritable moment de plaisir. Le regard porte loin, les reliefs se dévoilent et l’impression d’espace est omniprésente. Une nouvelle facette du Vercors apparaît alors, plus ouverte et pastorale que les forêts traversées depuis le matin. À la sortie de la clairière, nous poursuivons notre itinéraire en légère descente vers l’un des lieux les plus emblématiques du massif.
Valchevrière, un village martyr sur les chemins de la Résistance
Quelques kilomètres après avoir quitté la prairie d’Herbouilly, nous arrivons devant le monument dédié aux martyrs de Valchevrière. Une courte pause suffit pour comprendre que nous ne sommes pas dans un lieu comme les autres. Attirés par les ruines visibles en contrebas, nous décidons de parcourir les quelques centaines de mètres qui nous séparent du hameau.
Depuis le belvédère de Valchevrière, la vue est à couper le souffle — photo Jean-Louis PAUL
Valchevrière est l’un des hauts lieux de la Résistance dans le Vercors. En juillet 1944, alors que les forces allemandes lancent leur offensive contre le maquis, une poignée de résistants commandés par le lieutenant Chabal défend le village jusqu’à son dernier souffle. Le hameau est finalement incendié et ne sera jamais reconstruit. Aujourd’hui, les ruines conservées et la petite chapelle restaurée témoignent de cette page tragique de l’histoire du massif. Plus de quatre-vingts ans après les événements, l’émotion reste palpable.
La croix du belvédère de Valchevrière — photo Colin GosseLe monument à la mémoire des combattants du Vercors — photo Colin GosseLes ruines du hameau de Valchevrière — photo Colin Gossephoto Colin Gosse
Nous repartons imprégnés de l’atmosphère de recueillement qui habite les lieux. La suite du parcours nous conduit dans les gorges du Méaudret où le ton change radicalement. Le sentier serpente au fil de l’eau dans une ambiance paisible et ombragée. Après cette parenthèse bucolique le long du ruisseau, nous retrouvons rapidement notre camp de base d’Arcanson, les jambes chargées de kilomètres mais surtout l’esprit nourri par la richesse des paysages, de l’histoire et des rencontres qui font le caractère si particulier du Vercors.
Jour 2 : la Route Barthélémy, l’autre visage du Vercors
Par Jean-Louis
Ce deuxième jour s’annonce aussi radieux que le précédent avec un soleil déjà bien présent lors de notre départ. Les participants d’une cyclosportive célèbre – une franchise venue de New-York – passent devant notre hébergement à grande vitesse et nous les abandonnons sans regrets à leur envie d’en découdre sur la route… Nous démarrons par quelques bosses sur de petites routes, afin de chauffer la machine… et le bonhomme. On bascule dans la plaine d’Autrans avec le village en point de mire. Le chemin au revêtement idéal – gravier 1ᵉʳ choix – est bordé d’une verdure parsemée de touches jaunes de pissenlits et de boutons d’or. La progression est aisée, le cadre reposant, la température idéale : du gravel thérapeutique à prescrire en traitement aux stressés du métro-boulot-dodo !
Gravel bucolique dans la plaine d’Autrans — photo Colin Gosse
Après une rapide traversée d’Autrans, où l’animation du dimanche matin est bien présente, nous commençons une ascension en sous-bois. D’abord, sur bitume puis dans les chemins forestiers. Nous grimpons ainsi jusqu’à l’altitude de 1300 m, toujours ombragés et bien contents de l’être ! Les haltes sont nombreuses pour admirer le paysage ou découvrir une curiosité naturelle : un scialet (https://fr.wikipedia.org/wiki/Scialet) ou une carrière ayant servi à extraire les lauzes, pierre naturelle utilisée traditionnellement pour la couverture des toits. La pratique du gravel est ainsi, en tous cas, telle que je la conçois : on peut descendre à bloc un chemin, grisé par la vitesse et le pilotage nécessaire à ce moment-là et, l’instant d’après, se mettre sur pause pour profiter d’un panorama ou découvrir la flore…
Ambiance rurale au rendez-vous — photo Colin GosseLes lauzes servent parfois de clôture — photo Colin GosseAu détour d’une piste nous tombons sur une carrière de lauzes – photo Colin GosseUn tronc fraîchement écorcé témoigne encore du travail forestier — photo Colin Gosse
Nous cheminons toujours dans un sous-bois au soleil tamisé. Alors que notre guide local nous indique que nous sommes dans l’endroit le plus froid de la région, et apprécié à ce titre par les pratiquants de ski de fond, on découvre une plaque de neige. Je ne résiste pas à l’envie de la fouler de mes roues. Au sortir du bois, nous arrivons au stade de neige de la station de ski d’Autrans, dans sa partie ski alpin et au pied d’une ascension qui nous mènera au point culminant de notre parcours du jour. Après seulement deux kilomètres d’ascension, à l’écart de notre route se dévoile un tunnel – dit du Mortier – ouvrage d’art désormais désaffecté et à l’accès interdit… ce qui nous amène – bien évidemment – à traverser ledit tunnel pour y découvrir l’autre versant de la montagne : nous voilà récompensés avec une vue sur Grenoble, les sommets enneigés et la falaise derrière nous.
Nous progressons en forêt entre chemins…… et pistesJean-Louis ne résiste pas à l’appel de la neigeLe tunnel du Mortier construit pour les Jeux olympiques d’hiver de 1968 sert aujourd’hui uniquement pour les randonneursPhotos Colin Gosse
Le tunnel du Mortier, un ouvrage à l’histoire singulière
Il est percé à l’été 1967 en prévision des Jeux olympiques d’hiver de 1968, dont Grenoble est la ville hôte et pendant lesquels les épreuves de biathlon, de combiné nordique et de ski de fond se déroulent à Autrans. Il n’est toutefois ouvert à la circulation que le 23 avril 1968, soit après la tenue des jeux, vraisemblablement en raison de problèmes structurels. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_du_Mortier.
Au sortir du tunnel du mortier, la vue sur Grenoble est spectaculaire — photo Jean-Louis PAUL
Nous poursuivons notre ascension sur la route forestière des Feneys, dont la majeure partie est fermée à la circulation motorisée au plus fort de la saison estivale. La vallée d’Autrans se dévoile parfois à travers les feuillages, alors que nous prenons gentiment de l’altitude. Le bitume dégradé, avec force nids de poules, les amas de neige au bord de la route, les branches cassées empiétant sur le passage, l’herbe qui mange une partie du bitume, tout concourt à une ambiance particulière où la nature reprend progressivement ses droits au fil des années…
Sur la route forestière des Feneys fermée à la circulation en été — photo Colin GosseIci la nature reprend progressivement ses droits — photo Anael RenaultUne vue imprenable sur la vallée d’Autrans — photo Colin Gosse
On grimpe ainsi durant encore 7 kilomètres pour atteindre la cote de 1500 m. La vue se dégage et la route se sépare en deux. Mais, voilà l’heure de la pause repas : pique-nique tiré de la sacoche ? Pas du tout ! Nous allons au refuge des Feneys, tout proche. Un refuge ? Les randonneurs habitués des Alpes ou de la Savoie seront surpris de l’emploi de ce terme, mais ce lieu en a tous les attributs : non relié aux réseaux d’eau et d’électricité, on peut s’y restaurer, y dormir et une gardienne y vit sur place. Cette cabane est un véritable havre pour le promeneur ou le sportif qui a grimpé jusqu’ici. On y goûte une pâtisserie, un plat chaud, une boisson, cadeau précieux comme une gourmandise au beau milieu de la nature. Et, j’apprends avec surprise que ce lieu n’est pas unique mais que le Vercors est parsemé de refuges tels que celui-ci. Une aubaine, assurément, pour la pratique du gravel !
Message à caractère informatif — photo Colin Gossephoto Colin GosseLe refuge des Feneys est un véritable havre pour le promeneur ou le sportif qui s’est donné la peine de l’atteindre — photo Colin Gosse
Le point culminant de notre parcours du jour étant atteint, il nous reste à redescendre… mais il serait dommage de ne pas faire un saut sur les crêtes de la Molière : toutes proches, à un kilomètre pour 100 m de D+. La grimpette après le repas mobilise une énergie certaine, et plus encore de force mentale, cependant la récompense est au-delà des efforts consentis : un magnifique panorama sur la chaîne enneigée des Alpes, et les massifs de la Chartreuse, Belledonne, Oisans qui s’offrent à nous . Hélas, le Mont-Blanc, potentiellement visible, est resté emmitouflé dans son écharpe de brume. Le plateau de la Molière est au cœur du parc naturel régional du Vercors, classé espace naturel sensible, et s’établit à 1630 m d’altitude. Une ambiance bucolique en ce lieu, à l’herbe tendre et si verte, au spectacle en 16/9ᵉ magnifiquement simple : on n’a pas envie d’en repartir.
Vision panoramique depuis la table d’orientation de la Molière – photo Colin Gosse
On reprend néanmoins notre progression, en mode descente, par la route Barthélemy : tantôt en balcon avec vue sur Autrans, tantôt en forêt. Nous perdons ainsi 300 m d’altitude sur 11 km jusqu’au col de la Croix Perrin. Nous traversons une départementale pour rejoindre une piste en sous-bois, à la lumière très atténuée par la canopée ; ce qui donne une ambiance zen, renforcée par le sol d’un moelleux reposant. On se laisse gentiment glisser jusqu’à une clairière – la Croix de Servagnet – traversée la veille dans le sens ascendant. On en profite pour faire une variante dans la descente par un chemin cahoteux où j’oublie l’usage des freins, finissant complètement secoué ! Mais oui, ça aussi c’est gravel 😉.
Fin de partie, le gîte est tout proche.
Le Vercors, bien plus qu’une destination gravel
Au terme de ces deux journées passées à explorer les pistes et les petites routes du massif, nous repartons avec la conviction que le Vercors possède quelque chose de singulier. Bien sûr, les itinéraires sont de grande qualité et les possibilités de parcours semblent presque infinies. Mais, ce qui marque le plus, c’est la diversité des ambiances que l’on traverse en quelques heures de vélo : forêts profondes, vastes prairies d’altitude, villages de montagne, gorges encaissées et panoramas ouverts sur les Alpes. Le gravel trouve ici un terrain d’expression particulièrement naturel. Les pistes forestières sont nombreuses, les routes secondaires peu fréquentées et les dénivelés suffisamment présents pour offrir leur lot de défis sans jamais faire oublier le plaisir de la découverte. Chaque itinéraire devient ainsi une invitation à ralentir, à observer et à s’imprégner du territoire.
Nous quittons le Vercors avec la certitude que ses paysages, ses pistes et son accueil en font une destination gravel de premier plan — photo Jean-Louis PAUL
Impossible de quitter le Vercors sans évoquer l’accueil de celles et ceux qui le font vivre. Des échanges partagés à Arcanson aux récits transmis à la baraque de Malaterre, en passant par les rencontres le long du parcours, nous avons découvert un territoire où l’aventure à vélo se nourrit autant des paysages que des femmes et des hommes qui les habitent. Enfin, un territoire chargé d’Histoire, avec ces sites mémoriels, empreints du souvenir des combats de la Seconde Guerre mondiale, où l’on comprend que le relief des lieux a été l’allié des Résistants pour lutter jusqu’au bout.
Une destination où l’on vient pour rouler, mais dont on repart avec bien plus que des kilomètres au compteur.
Le fabricant français dévoilait il y a quelques semaines, sans appellation marketing pompeuse, son cuissard Matchy Ultra. Un premier cuissard taillé spécifiquement pour les pratiquants d’ultra distance. Une niche sur laquelle la marque s’était déjà positionnée en 2025, avec le maillot Ultra, qui était le tout premier à intégrer une poche d’hydratation. Curieux de découvrir si les résultats étaient à la hauteur des promesses, une mise à l’épreuve sur une course ultra distance me semblait prendre tout son sens.
Matchy est une jeune marque montante française, qui souffle cette année sa dixième bougie. Née à Annecy, la marque s’est spécialisée dans la conception de vêtements techniques pour cyclistes hommes et femmes, avec la particularité de produire exclusivement en France ou en Italie selon des critères écoresponsables. Qu’il s’agisse de l’utilisation de matières recyclées, ou du choix de tissus durables et facilement réparables. Des choix et engagements qui ont, plus que jamais, du sens. Une philosophie que l’on retrouve naturellement dans ce cuissard. Le fabricant a opté pour un tissu Cordura extrêmement léger, en provenance d’Ardèche, de seulement 160 g. C’est près de 25 g de moins que le Q36.5 Dottore Pro que je testais récemment. Pour la peau de chamois, Matchy s’est associé à l’incontournable Elastic Interface, et a opté pour un confort et un soutien maximal avec une densité de 300 kg/m³.
Un Cordura ardéchoisUne compression optimaleUn système double-poche bien pensé
Parmi les autres éléments qui retiennent mon attention, la coupe au laser au niveau des cuisses est plutôt bien vue, afin d’éviter l’utilisation de silicone. C’est souvent un élément problématique, qui vient causer des irritations, notamment lorsque les températures grimpent. L’autre bon point, c’est la présence d’un tissu en mesh respirant sur le bas du ventre, et dans le dos, qui là encore assure une ventilation optimale.
Deux panneaux mesh positionnésLa peau de chamois Elastic InterfaceDécoupe au laser et absence de silicone sur les cuisses
L’une des particularités du cuissard Ultra, c’est le choix de l’intégration de cinq poches, cousues directement sur le cuissard (et non en dessous). Une double poche différenciée au niveau de chaque cuisse, et une cinquième dans le bas du dos. Les options de rangement ne manquent certainement pas. L’intégralité de l’assemblage des tissus et chamois est effectuée en Italie.
En conditions
Malgré le timing plus que serré, en raison d’une annonce début mai, je proposais à Matchy de mettre à l’épreuve ce nouveau cuissard ultra lors du 9420 Challenge. Une course ultra-distance de 440 km pour 9200 m de D+, qui avait lieu le 23 mai, au tout début de la (première) période de canicule que nous avons traversée. Pour être sincère, en dehors de l’essayage initial pour valider la taille, le baptême du feu s’est directement fait le jour du départ de la course.
Un confort indéniable
Dès les premiers coups de pédale au petit matin, au départ d’Aubignan dans le Vaucluse, les sensations sont bonnes. La journée s’annonce belle, bien que difficile avec ces températures estivales. J’apprécie tout particulièrement le caractère compressif du cuissard, le maintien est vraiment exceptionnel sur des routes où le revêtement s’avère parfois un peu cahoteux. Ce qui fait doucement mais sûrement perdre en fraîcheur musculaire. Cette compression graduée permet d’accompagner chaque mouvement avec tonicité et fermeté, sans entraver la fluidité du coup de pédale, malgré les ascensions qui s’enchaînent. L’apparition des premières crampes en tout début d’après-midi, je ne la dois, pour être honnête, qu’à une mauvaise gestion de l’hydratation.
La descente du Mont-Ventoux par Malaucène, après une ascension par Bedoin – photo organisation
Tenue exemplaire et sensation seconde peau
Au-delà de la tenue musculaire et donc de la réduction de la fatigue, l’autre avantage du caractère compressif de ce cuissard Matchy, c’est la parfaite tenue de la peau de chamois. Aucun mouvement qui ne vienne provoquer d’inconfort. Sur du long, c’est un élément central. L’absence de silicone au niveau des cuisses est un autre point auquel je suis toujours sensible. Je peux vous dire que lors de cette journée caniculaire dans le Luberon, ce fut un élément de confort indiscutable. D’autant plus que la gestion de l’humidité est exceptionnelle, malgré une transpiration marquée, notamment lors de l’ascension du mont Ventoux. Le cuissard Ultra est toujours resté parfaitement sec.
Tout cela participe à offrir un réel effet seconde peau. Le cuissard ne fait qu’un avec notre corps. C’est une sensation que j’avais récemment eue avec le cuissard Q36.5 Dottore Pro. Mais, j’avoue que Matchy va encore un peu plus loin sur ce point. D’autant plus que le contraste avec les bretelles est assez surprenant. À l’opposé de la compression au niveau des cuisses, les bretelles sont au contraire très souples et légères. C’est extrêmement bien vu. Le principe est d’éviter toute tension dans le haut du corps, notamment au niveau des épaules. Malgré une journée à enchaîner les côtes et cols du Luberon, c’est bien la première fois que je n’ai ressenti aucune douleur sur le haut du corps. Pendant, comme après.
Une gestion efficace de la transpiration – photo Colin GosseUn effet seconde peau probant – photo Colin GosseDes bretelles qui permettent d’avoir le haut du corps relâché – photo Colin Gosse
Une peau de chamois ultra endurante
Comme je l’indiquais précédemment, Matchy s’est associé à Elastic Interface pour le choix d’une peau de chamois suffisamment dense, pour supporter les longues distances. Peu de fabricants communiquent aujourd’hui ouvertement sur la densité de leurs pads. Néanmoins, avec une densité de 300 kg/m³, c’est au-dessus de certaines marques références. En termes de confort, c’est probablement l’une des peaux les plus efficaces qu’il m’ait été donné d’essayer. D’ailleurs, malgré cette densité élevée, le cuissard Matchy Ultra conserve un pad d’une épaisseur relativement fine, comparativement à mon Assos Mille GT S11. Après 25 heures passées sur le vélo, au-delà d’une selle inadaptée qu’il va falloir que je me décide à changer, ces 440 km sont passés comme une lettre à la poste. Sans aucune douleur au niveau des ischions ni le moindre engourdissement.
Des espaces de rangement bien pensés
En matière de rangement, j’ai profité du moindre emplacement offert par ce cuissard. Je suis un adepte de « charger » le maillot plutôt que le vélo lui-même. L’ajout des poches sur ce cuissard Matchy m’a donc permis de mieux répartir tout cela. La poche dorsale est notamment très pratique pour y ranger les manchettes utilisées durant la nuit.
Le choix de 5 poches offre une flexibilité appréciable. Surtout si vous préférez charger les poches plutôt que les sacoches – photo Colin Gosse
Les poches sur les cuisses offrent des espaces de rangement surtout très pratiques pour l’alimentation. C’est un point souvent critique, puisque l’on oublie souvent de s’alimenter sur les longues distances. D’où l’importance d’avoir de la nourriture à portée de main immédiate. Le système de double poche sur chaque cuisse est donc plutôt bien vu lorsque l’on souhaite organiser son alimentation. L’élasticité est d’ailleurs différenciée, c’est très malin. J’ai ainsi réservé ma cuisse gauche à quelques gels et sticks de maltodextrine, et ma cuisse droite aux barres et à un petit sachet de bonbons. L’idée n’est pas de surcharger, au risque d’entraver les mouvements, mais au contraire d’avoir à portée de main ce que l’on va consommer dans les deux prochaines heures.
Verdict sur le cuissard Matchy Ultra
Le cuissard Ultra de Matchy est une très belle surprise. Le fabricant annécien a réellement tenu compte des attentes que l’on peut avoir sur des courses longues distances. Aussi bien en termes de confort que de compression.
Un cuissard qui permet d’aller loin. Longtemps – photo Colin Gosse
C’est un cuissard agréable à porter durant de longs efforts. La peau de chamois est excellente, les bretelles relâchées évitent les contractions sur le haut du corps, tandis que les propriétés de gestion de l’humidité du Cordura le rendent parfait dans les conditions printanières/estivales. Un très bon niveau de technicité, mais en n’oubliant certainement pas le caractère ultra-fonctionnel, ces cinq poches ne sont pas là pour faire le nombre. Elles permettent d’organiser sereinement le rangement de son alimentation et d’un vêtement léger (gilet, manchettes, gants, etc.). Un petit coup de cœur, qui m’accompagnera très sûrement lors de la prochaine RAF 500.
À l’approche de l’été 2026, le bikepacking de l’été semble poursuivre une dynamique engagée depuis plusieurs années. Dans un contexte où les voyages lointains deviennent plus coûteux, où certaines destinations touristiques historiques perdent de leur attractivité et où les jeunes générations urbaines cherchent des expériences plus autonomes, le vélo chargé léger occupe progressivement un nouvel espace.
photo Anne Fontanesi
Ces sacoches fixées au cadre, au guidon ou sous la selle sont devenues bien plus qu’un accessoire technique. Elles accompagnent une évolution du rapport au voyage, à l’autonomie et parfois même à la consommation. Depuis plus d’une décennie, le bikepacking quitte progressivement les marges pour devenir une pratique visible, accessible et désormais largement industrialisée.
Quelques sangles, trois sacoches, un duvet compressé et la sensation étrange qu’il suffit désormais de peu pour partir. Le bikepacking ne raconte peut-être pas seulement une nouvelle manière de voyager à vélo. Il raconte aussi notre besoin croissant d’aventure légère dans un monde devenu lourd.
Héritage moderne des congés payés et du rêve d’aventure
Ce n’est que dans l’aventure que certaines personnes réussissent à se connaître – à se retrouver.
André Gide
Le succès actuel du bikepacking ne sort probablement pas de nulle part. Depuis les premiers congés payés et même avant, le vélo accompagne déjà des envies d’émancipation et d’exploration. Les cyclotouristes chargeaient leurs bicyclettes avec des sacoches en toile, des couvertures roulées, quelques outils dont la fameuse rustine et une bonne dose d’improvisation.
Le Bikepacking en 1887 – photo issue de la collection de David Guénel
Le bikepacking moderne reprend finalement une partie de cet héritage. L’imaginaire du voyage léger reste puissant. Entre western américain, traversées des grands espaces et récits d’aventure, le vélo chargé léger nourrit toujours cette idée simple : partir loin avec peu. La différence tient probablement au matériel et à la manière dont cette esthétique s’est progressivement codifiée.
La nouvelle gamme Bikepacking EVOC montée sur un vélo.
Des infrastructures qui changent profondément la pratique
Le développement du bikepacking accompagne également des transformations plus structurelles. Les réseaux cyclables continuent de s’étendre. Parmi les facteurs qui favorisent cette évolution, il y a le développement des véloroutes, la multiplication des offres touristiques régionales et les améliorations des services vélo. Tout cela au service d’une population cycliste de plus en plus nombreuse.
Sur le tracé du Train des pignes on trouve de nombreux ouvrages d’art : tunnels, viaducs… photo Bike Café
Les territoires investissent désormais fortement dans cette économie touristique. Le bikepacking bénéficie aussi du développement du gravel qui ouvre l’accès à des routes secondaires moins fréquentées, des chemins roulants, et des itinéraires hybrides. La France possède un réseau secondaire remarquable, des pistes forestières, des DFCI, des anciennes voies ferrées réaffectées au vélo. Cette offre de maillage transforme progressivement le voyage à vélo en pratique plus accessible.
Pourquoi le marché des sacoches explose ?
Avec son Chiru Kunlun, Dan se retrouve à l’entrée des Bardenas Reales, ce désert d’opérette – photo Rémy Rauscher
Le marché des sacoches bikepacking constitue probablement l’un des phénomènes les plus visibles. Marques artisanales, fabricants historiques, équipementiers textiles, constructeurs vélo : presque tout le secteur propose désormais sa propre gamme. Cette prolifération interroge. Les différences techniques deviennent parfois difficiles à percevoir entre les différentes sacoches de selle, cadre, guidon, fourches et les accessoires modulaires. Pourtant, l’offre continue-t-elle de croître ?
Paré pour l’aventure avec ce “Race Set” de Cyclite – photo Yann Brasseur
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène : la forte valeur perçue du produit, une personnalisation importante, des marges potentiellement intéressantes et une croissance continue du marché. Le bikepacking produit désormais son propre écosystème économique.
La course d’ultra-distance devient un laboratoire d’innovation
Impossible d’évoquer le bikepacking sans parler du segment race. Les courses d’ultra-distance en autonomie totale accélèrent considérablement les évolutions techniques. Des événements comme Unbound Gravel, The Traka, Badlands, Transcontinental Race, Tour Divide… influencent fortement cette culture.
Victor Bosoni photo Stephen Sheleski
Ces compétitions imposent une autonomie totale, l’optimisation du poids, une bonne fiabilité et l’accessibilité permanente au matériel. De nouveaux acteurs comme Tailfin se sont développés dans cette logique. Le matériel conçu pour l’ultra-distance influence désormais le voyage plus traditionnel.
Le bikepacking de l’été dépasse désormais le gravel
Pendant plusieurs années, le gravel a fortement porté cette pratique. Aujourd’hui, le bikepacking s’étend bien au-delà.
Ils emmènent leur maison sur un vélo de ville dans la Bonette – photo Patrick VDB
On retrouve désormais des vélos de route chargés léger, des VTT d’aventure, des vélos urbains, des vélos pliants et des vélos électriques qui possèdent désormais une bonne autonomie. Cette diversification transforme progressivement le bikepacking. Il ne désigne plus uniquement un type de vélo ou un équipement particulier. Il devient davantage une manière d’utiliser le vélo.
Une recherche de frugalité dans un monde d’abondance
Au fond, le succès du bikepacking raconte peut-être autre chose qu’une simple évolution du matériel. Partir plusieurs jours avec peu. Quelques vêtements, un duvet, un peu de nourriture et quelques outils suffisent à créer une rupture avec un quotidien dans lequel on est très équipé. Cette recherche volontaire de simplicité peut apparaître comme une forme de parenthèse.
Sur les routes de Giono – photo Philippe Aillaud
Le bikepacking introduit davantage d’incertitude, moins d’assistance, et plus d’autonomie. Dans un environnement où beaucoup d’expériences deviennent organisées et optimisées, cette forme de frugalité peut représenter une nouvelle forme de luxe.
Mon avis
Le bikepacking de l’été semble aujourd’hui dépasser largement la simple question des sacoches ou du matériel. Cette pratique accompagne plusieurs transformations simultanées comme l’évolution du tourisme, le développement des infrastructures cyclables et la recherche d’expériences plus autonomes. Je pense également à un désir croissant de simplicité et d’authenticité. Derrière ces drôles de sacoches accrochées sur un vélo du quotidien ou sur un gravel dernier cri, il existe peut-être une motivation plus profonde : se retrouver dans une aventure accessible, imparfaite et suffisamment simple pour devenir mémorable.
Nos petits guides pratiques
Pour en savoir plus sur le côté pratique du bikepacking, voici deux guides pratiques publiés sur Bike Café qui pourront vous aider à préparer votre aventure de l’été.
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