Partir sur un ultra est quelque chose de très personnel. On a coutume de dire qu’on emmène ses peurs avec soi sur le vélo. À ce propos, je vous invite à relire l’article de Benjamin détaillant son matériel pour le Bikingman Maroc. J’ai pour ma part pris une autre direction. Étant sur une distance qui se situe aux portes de l’ultra, j’ai décidé de n’emmener que le matériel obligatoire et mon alimentation. Voici comment j’ai configuré mon Cannondale Synapse Carbon 1 (article du test ici) pour affronter la Race Across France et la canicule annoncée.
Le bike check : sécurité et matériel obligatoire
Le passage au contrôle technique est l’étape cruciale avant le départ. L’organisation de la Race Across France ne plaisante pas avec la sécurité et impose un règlement strict. Chaque participant doit présenter sa machine et valider un pack de matériel obligatoire comprenant :

- casque homologué (normes CE, CSA, CPSC, ou ASTM)
- dispositif lumineux sur le vélo (avant et deux feux à l’arrière) ainsi qu’une lampe frontale
- gilet ou baudrier haute visibilité
- GPS avec le parcours préalablement chargé
- kit de réparation complet (multi-tools, chambres à air, nécessaire tubeless)
- bandes réfléchissantes placées sur les haubans et la fourche
- téléphone chargé avec le numéro de l’organisation enregistré
- deux couvertures de survie
- réserve d’eau d’un litre minimum et une alimentation d’urgence d’au moins 400 kcal
- sifflet, pochette à déchets, cadenas à code et la fameuse éco-cup.
Cette inspection illustre parfaitement le niveau d’exigence et le sérieux de la RAF. Une fois la vérification minutieuse terminée, les commissaires apposent un petit sticker distinctif directement sur votre plaque de cadre. Ce précieux sésame atteste de la conformité de votre équipement. Il est scrupuleusement contrôlé par l’organisation sur la ligne de départ le lendemain matin. Sans lui, impossible de s’élancer sur le parcours.

Pour intégrer ces contraintes, j’ai opté pour le casque POC Cytal (en test depuis un an), très aéré, sur lequel vient se fixer ma frontale PETZL Actik 450 lumens pour la nuit. J’ai pour habitude d’embarquer une batterie PETZL Core (deux heures à pleine puissance) supplémentaire au cas où ! Les fameuses bandes réfléchissantes ont été collées avec soin pour être en règle sans dénaturer la ligne fluide de mon Cannondale Synapse. Enfin, pour valider le point de l’éclairage, j’ai pesé et choisi mes lampes les plus légères et avec l’autonomie adéquate au peu de « nuit » du parcours. Ma Canyon Flash sur la tige de selle et ma Knog Plus sur le hauban et enfin ma Lezyne Fusion Drive 500 lumens positionnée sur le cintre. Pour du gravel ou de plus longues balades, j’embarque ma Exposure Lights Toro 16. Celle-ci était clairement surdimensionnée pour 300 km de route.




Pour ce qui est du gilet haute visibilité, j’utilise un modèle très simple acheté sur le net, mais je vous invite à prendre connaissance de celui utilisé par Benjamin : le GoFluo Pace. Ce dernier est beaucoup moins volumineux une fois rangé.
Mes deux couvertures de survie viennent de chez Décathlon : j’avoue avoir découpé la 2ᵉ pour qu’elles rentrent toutes les deux dans le même emballage !
Concernant les choses obligatoires, mais restées au fond des sacoches : j’ai fait l’acquisition de l’antivol K-Traz Zip3, décroché le sifflet de mon vieux sac de trail Salomon et embarqué un sachet ziplock en guise de pochette à déchets.
Quant aux bidons, et habitant dans le sud, je ne me sépare jamais de mes Camelbak Podium Chill de 710 ml, en blanc avec inscriptions réfléchissantes. Ils m’apportent un petit plus en termes de visibilité et m’évitent surtout de boire du thé chaud !



Logistique et autonomie : le « setup » ultralight
L’organisation du poste de pilotage et des sacoches est pensée pour permettre un accès rapide aux éléments essentiels. J’ai opté pour une configuration minimaliste et ultra-accessible composée de deux sacoches de la marque anglaise Restrap.
La sacoche de cintre Canister Bag offre un volume de 1,5 litre. Positionnée sous le cintre, elle a été exclusivement dédiée au matériel obligatoire.

La sacoche de tube supérieur Race Top Tube Bag propose un volume généreux de 2 litres. Elle faisait office de véritable garde-manger. Grâce à sa double fermeture, elle offre une accessibilité parfaite même en roulant. J’y stocke ma nutrition. Sa finesse évite tout frottement parasite avec les genoux, même en danseuse. Elle est en plus totalement étanche.
Optimisation mécanique et ergonomie textile : combattre la friction et la surchauffe
Mes trajets vélotaff hebdomadaires me permettent d’appréhender sereinement la distance, néanmoins la canicule annoncée m’a fait réfléchir à quelques détails.
Le but est d’éliminer les facteurs de friction mécaniques ou thermiques !

Pour cette épreuve, j’ai banni les lubrifiants classiques à base d’huile pour passer sur un traitement complet à la cire avec la Dynamic Speed Potion Wax. Après plus de 300 kilomètres sur la RAF 300, la chaîne est restée parfaitement propre et sèche sans aucun bruit. C’est un banger ! Cette cire impose un dégraissage complet, puis un séchage parfait et une nuit de repos avant de rouler serein ! J’ai adoré le silence de fonctionnement toute la journée.
Face à un thermomètre écrasant à 35°C, j’ai porté un sous-maillot technique ultra-léger en mesh sous le jersey ajusté, comme d’habitude. Cela permet de ne pas avoir la sensation d’humidité à même la peau et agit comme une couche isolante.
Pour compléter cette barrière sur les bras, j’ai enfilé les manchettes Castelli UPF50+. Conçues dans un tissu léger, elles bloquent les rayons UV nocifs sans tenir chaud. En les arrosant régulièrement avec l’eau pure d’une flasque, elles procurent un effet rafraîchissant immédiat par évaporation. J’avais emmené les jambières comme conseillé par l’organisation, mais je ne les ai jamais enfilées.


Pour ce qui est des points de contact, chacun son secret et surtout il convient de ne jamais rien tester le jour d’une épreuve ! Côté selle, je n’ai pas encore trouvé mieux que mon cuissard POC Cadence Cargo, dont vous retrouverez l’article ici. Pour les mains et comme Benjamin, les excellents Castelli Arenberg Gel2.
Stratégie alimentaire : maintenir l’énergie
En ultra, la gestion de l’alimentation est aussi importante que le pédalage.
- Régularité : je privilégie des prises alimentaires fréquentes pour éviter l’hypoglycémie ;
- Digestion : j’évite les repas trop lourds lors des arrêts, préférant des apports faciles à assimiler ;
- Hydratation : l’ajout d’électrolytes est systématique pour maintenir l’équilibre minéral, crucial pour éviter les crampes et garder une bonne lucidité mentale.

La stratégie commence bien avant le premier coup de pédale de la RAF 300. J’ai utilisé le sachet PH 1500, la formule hyperconcentrée en sodium de Precision Fuel & Hydration, pour un protocole d’hyperhydratation. J’ai bu un premier sachet de PH 1500 la veille au soir pour faire le plein de sels minéraux. Cette forte dose d’électrolytes permet à l’organisme de mieux retenir l’eau et d’être parfaitement hydraté pour le lendemain. Juste avant d’affronter la fournaise de l’arrière-pays varois l’après-midi, j’ai dégainé un second sachet de PH 1500. Ce shot massif d’électrolytes m’a vraiment aidé sous les 40 degrés. Pas de crampes à déplorer alors que j’y suis très sensible.

Pour le premier bloc de la RAF 300 et l’ascension du Mont Ventoux, j’ai basé mon apport en glucides sur la technologie hydrogel de Maurten. Au départ, mes deux bidons étaient chargés en Maurten Drink Mix 320. Les 83 g de glucides par bidon traversent l’estomac sans effort pour être absorbés directement dans l’intestin. Le résultat a été parfait pour attaquer le Géant de Provence sans aucune acidité gastrique ni effort digestif lié.
Après le Ventoux, la stratégie Precision Fuel & Hydration a pris le relais. Pour optimiser la logistique dans mes sacoches Restrap, j’avais préparé des doses de Drink Mix Carb conditionnées dans des petits sachets sous vide. Cette astuce offre un gain de place maximal et une protection totale contre l’humidité. En versant ces recharges dans mes bidons au gré des fontaines, j’apportais à la fois 60 grammes de glucides et 1000 mg de sodium par litre pour compenser la sudation.

Pour le solide, j’ai alterné avec les gels Precision Fuel PF 30 sans caféine. Leur texture très fluide et leur saveur neutre permettent de les ingérer sans effort au fil des heures. J’ai complété cela avec les pâtes de fruits Precision Fuel Chew Bar au citron et à la menthe de 60 grammes. Ces gommes énergétiques apportent une vraie mâche. Le combo citron et menthe offre une fraîcheur incroyable sous la canicule pour réveiller les papilles et varier les saveurs. L’idée tout au long de l’épreuve étant de viser un apport glucidique de 60 à 80 grammes par heure d’effort.


Enfin, l’utilisation d’une flasque souple de 500 ml remplie d’eau pure a été le pivot de cette gestion sur la RAF 300. Elle m’a permis de me rincer la bouche pour chasser les résidus sucrés ou salés et de m’arroser le visage ainsi que les manchettes pour déclencher un refroidissement corporel. Elle était rangée dans la poche arrière de mon jersey.

Le mot de la fin
La préparation du matériel et de la nutrition est un véritable puzzle en ultra-distance. Chaque gramme compte et le moindre détail technique peut faire basculer la course, surtout lorsque la canicule s’invite sur le parcours. Avec le recul, cette configuration ultralight sur le Cannondale Synapse Carbon 1 et cette stratégie d’hydratation/alimentation millimétrée ont été les piliers de ma réussite. Ce setup m’a permis d’affronter sereinement les exigences de la Race Across France 300 et de dompter la chaleur étouffante. Le matériel a tenu toutes ses promesses : il m’a accompagné sans la moindre faille jusqu’à la ligne d’arrivée. Un sans-faute de mon côté pour un plaisir à chaque coup de pédale !
N’hésitez pas à partager vos propres astuces de préparation ou à poser vos questions sur ce setup dans l’espace commentaires ci-dessous.


















































































































































