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Sea Otter Europe 2026 : toujours plus grand

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Une édition record avec près de 80 000 visiteurs et 507 marques !

Le festival Shimano Sea Otter Europe Costa Brava-Girona by Garmin a clôturé dimanche sa dixième édition avec près de 80 000 visiteurs accueillis pendant les trois jours du festival. Bike Café a fait le déplacement, avec la présence de Laurent et Yann qui ont arpenté le salon, mais aussi le centre historique de Gérone, où se tenaient quelques événements. Photo de couverture : Laurent Biger.
Cette édition record confirme la croissance de l’événement, qui réunissait cette année plus de 507 marques sur une surface d’exposition en hausse de 10 %. Le festival continue de rassembler sur un même lieu l’ industrie du vélo, les professionnels, les sportifs et le grand public autour d’espaces d’exposition, des essais de produits et de la compétition.
La participation sportive a également atteint un niveau record, avec plus de 6 500 cyclistes engagés dans les différentes épreuves et activités du week-end. Parmi elles, la Ciclobrava by Lapierre a réuni plus de 2 200 participants dimanche sur les routes de Gérone et de la Costa Brava.

Ciclobrava by Lapierre – photo Sea Otter Europe

Une valse de marques et de modèles

Plusieurs marques européennes ont profité de cet événement pour annoncer et présenter de nouveaux produits. On peut citer Italia, qui a investi le magnifique Velodrom Odeon (un ancien théâtre historique) pour présenter sa nouvelle gamme de selles SLR.

Ou encore Castelli, profitant du spacieux et confortable Castelli Girona Store pour nous présenter dans les détails toute la collection automnale, nommée Transition. Une collection que nous sommes déjà en train de tester sur les pistes et les routes.

Castelli Girona Store – photo Laurent Biger

Mais, c’est évidemment sur le lieu même du salon que les passionnés doivent se rendre pour admirer tous ces vélos, dont voici un échantillon de modèles que nous avons sélectionnés pour le plaisir des yeux :

Une dimension internationale qui progresse

L’un des faits marquants de cette dixième édition est l’internationalisation croissante de ce festival Sea Otter Europe. Plus de 100 nationalités étaient représentées à Gérone parmi les participants, visiteurs, exposants, professionnels et médias accrédités. D’ailleurs, on a remarqué une présence en hausse de fabricants chinois, plutôt axés sur le haut de gamme.

Sea Otter Europe : Une dimension internationale qui progresse – photo Sea Otter Europe


Des professionnels, entreprises et journalistes venus des cinq continents ont ainsi participé à l’événement, confirmant la place croissante de la Sea Otter Europe parmi les plus grands festivals consacrés au cyclisme.

226ERS UCI Gravel World Series

Samedi, la 226ERS UCI Gravel World Series, épreuve qualificative pour les Championnats du monde UCI de gravel, avait également réuni un plateau international et était retransmise pour la première fois en direct sur Eurosport.
Sur un parcours en grande partie inédit, chez les hommes, Leon Kaiser remporte le sprint devant Paul Voss et Fabian Rabensteiner. En résumé, la course élite masculine est restée disputée tout au long de la journée, avec un groupe de quatre coureurs se présentant ensemble pour le sprint décisif après 109 kilomètres de course. L’Allemand Leon Kaiser s’est montré le plus rapide pour décrocher sa toute première victoire en UCI Gravel World Series. Kaiser a devancé son compatriote Paul Voss, tandis que l’Italien Fabian Rabensteiner a complété le podium à la troisième place. Un autre Allemand, Georg Egger, a terminé quatrième après avoir fait partie du groupe de tête durant toute la course. Les Belges Floris De Tier et le vainqueur sortant de Sea Otter Europe Daan Soete ont franchi la ligne ensemble en cinquième et sixième positions, à 3 min 14 s du quatuor de tête. Source : UCI Gravel World Series.

Leon Kaiser remporte la course UCI Gravel – photo Sea Otter Europe

Chez les femmes, Rosa Klöser a devancé Larissa Hartog et Marianne Vos. L’Allemande a franchi la ligne d’arrivée en solitaire pour signer une impressionnante victoire. La course féminine est partie dix minutes avant celle des hommes et s’est rapidement transformée en duel entre deux des plus grandes figures de la discipline. L’ancienne championne du monde UCI Gravel Marianne Vos (NED) et l’Allemande Rosa Klöser ont distancé le reste du peloton dès la première ascension.

Au fil de la course, lorsque le groupe de tête masculin a rejoint les leaders féminines, Klöser a parfaitement exploité cette situation de course. L’Allemande a progressivement distancé Vos et augmenté son avance jusqu’à l’arrivée. Klöser a franchi la ligne d’arrivée en solitaire pour signer une impressionnante victoire.

Rosa Klöser – photo UCI

La Néerlandaise Larissa Hartog a pris la deuxième place à 2 min 41 s, tandis que Vos a complété le podium à 6 min 29 s de la gagnante. La championne néerlandaise a dû sprinter pour conserver la troisième place face à sa compatriote Geerike Schreurs, quatrième. Les Allemandes Carolin Schiff et Nele Laing ont complété le Top 6 en terminant respectivement cinquième et sixième, à 11 min 26 s de la gagnante. Source : UCI Gravel World Series.

Rendez-vous en 2027

Après dix années de présence, le festival Sea Otter Europe a déjà annoncé les dates de sa prochaine édition : la 11ᵉ édition se tiendra du 17 au 19 septembre 2027, toujours à Gérone, en Espagne. Il est fort probable que Bike Café sera encore une fois présent !
Site web : Sea Otter Europe

Les sorciers des roues, saison 4 : les roues Canyon

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La roue est un équipement essentiel du vélo. De sa qualité dépendra le bon fonctionnement de votre machine. Elle devra être cohérente par rapport à la vocation du vélo et aux capacités du cycliste. J’ai imaginé cette série d’articles et podcasts consacrée aux « sorciers » des roues pour vous montrer que derrière ce qui semble être un composant du vélo comme les autres, il existe une certaine magie dans sa conception et sa construction. La plus remarquable est liée au montage qui une fois réalisé permettra de faire rouler un vélo alors qu’au départ, posés sur une table, il y a une jante, une poignée de rayons quelques écrous et un moyeux. Entre la jante et le moyeux, pour combler ce vide, les « sorciers » vont tisser un rayonnage par des gestes précis pour que cet ensemble tourne parfaitement sans le moindre saut, ni voile.

Épisode 1 : le savoir-faire de l’artisan ;
Épisode 2 : l’artisan qui conçoit sa gamme ;
Épisode 3 : le constructeur de vélos qui industrialise ;
Épisode 4 : le constructeur de vélos qui intègre.

Après l’artisan isolé dans son atelier qui fabrique et répare des roues, le monteur spécialisé qui a touché aux montages pour une équipe du WorldTour, l’industriel qui a développé sa marque, je vous invite à découvrir ce que propose Canyon qui a décidé d’associer ingénierie, innovation et intégration de ses composants dans une approche globale. Pour cette découverte, j’ai contacté Maxime Brunand, chef de produit chez le constructeur allemand, qui travaille pour cette fonction transverse avec les autres chefs de produits vélo de la marque.

Le podcast avec Maxime Brunand

Partir d’une page blanche

Le poids d’une roue ça
ne veut rien dire…

Comme Origine Cycles, Canyon est parti d’une page blanche. Maxime, qui est dans le monde de la roue de vélo depuis 28 ans, a été recruté il y a trois ans par Canyon après avoir tenu ce même poste chez Mavic. Il est arrivé chez Canyon qui souhaitait se lancer dans la création de roues après avoir développé autour de ses vélos des équipements carbone comme les cockpits, les guidons, les tiges de selles.

« Le poids d’une roue ça ne veut rien dire, ça dépend surtout de comment sont réparties les masses… », déclare Maxime quand j’aborde les critères qui pourraient définir ce qu’est une bonne roue. Poids, rigidité latérale et fiabilité sur le long terme sont d’autres critères tout aussi importants évoqués par Maxime. « Quand je suis arrivé sur le projet il y avait une grande page blanche, ce qui nous a permis de nous poser les bonnes questions au départ. On va faire des roues, mais par quoi on commence. On s’est recentré sur l’ADN de la marque qui est d’offrir le meilleur vélo possible, au meilleur prix possible. » Il est certain que quand on vend en ligne on ne peut pas se permettre de faire des erreurs car il n’y a pas le réseau de détaillants pour rattraper les erreurs. L’exigence de départ se situait à ce niveau, pour commencer à noircir cette page blanche.


Pourquoi Canyon s’intéresse-t-il aux roues ?

Depuis 20 ans Canyon fait ses propres cadres de vélo et la marque a introduit par la suite les cockpits, pour améliorer la position du cycliste sur le vélo. Dans la même démarche sont arrivées les tiges de selle. « La suite était logique car quand on essaie d’améliorer un vélo, le prochain élément auquel on devait s’intéresser c’était les roues. « Roman Arnold, le patron de Canyon, a décidé que l’on développerait nos propres roues « , m’explique Maxime.


La roue n’est pas seulement une jante

L’arbitrage se fait entre le poids, l’aérodynamisme, la rigidité et la résistance.

La roue n’est pas seulement une jante, mais pour Canyon la priorité se situait là. « On a basé nos études sur les jantes en priorité, car c’est là qu’il y avait le plus de gains à chercher. Ensuite sur les moyeux, car il y a beaucoup à perdre sur cet élément, si on fait le mauvais choix. On a choisi un moyeu connu et fiable : le DT 350 de DT Swiss. C’était le bon équilibre de prix et de poids« , précise Maxime. Après, restaient à faire les bons choix en fonction des vélos. Pour le Grail qui vient d’être lancé, il fallait tenir compte de la taille des pneus, il faut de l’aérodynamisme pour ce vélo. « Du coup, on a choisi une largeur intérieure de 27 mm et la plus large possible à l’extérieur en restant dans des poids corrects. On a pris une version Dicut, on a placé les écrous en interne. Par contre, pour le Grizl, les choix ont été différents. On est resté sur un moyeu qui permet de changer les rayons plus facilement quand on part en voyage, sans avoir à démonter la cassette ou le disque. Avec des écrous de rayon externes pour pouvoir les manipuler plus facilement. » Ces deux exemples montrent que la conception des roues au départ s’appuie sur le besoin correspondant à l’usage du vélo. L’arbitrage se fait entre le poids, l’aérodynamisme, la rigidité et la résistance.

Les choix

Roues Canyon
Jantes Hockless et moyeux DT Swiss ici sur le modèle GR 30 CF.

La montée en tension est la phase la plus compliquée du montage.

Canyon a choisi pour ses roues de gravel des jantes hookless (sans crochet), un choix assumé sur ses roues gravel où les pressions restent en deçà des 5 bars. La largeur interne de 27 mm permet de monter des sections de 35 ou 40 mm, ce qui représente encore une demande de la part des cyclistes. Le partenaire et fournisseur majeur en moyeux et rayons est DT Swiss. « Il y a un historique important entre nos deux marques. C’est une confiance qui est établie depuis longtemps. On a très peu de retours en garantie sur DT. C’est pour ça que nous avons fait ce choix plutôt que d’aller sourcer ailleurs et tester d’autres fournisseurs. Tester des moyeux prend beaucoup de temps et demande des milliers de kilomètres en test pour qualifier des produits. », explique Maxime.

Pour ces roues, le montage est sous-traité dans le cadre d’un accord avec la filière industrielle de DT Swiss. Toutes les roues carbone de Canyon sont montées à la main. Des personnes sont dédiées à préparer le positionnement des rayons dans le moyeu, d’autres à attacher les rayons sur la jante en fonction des croisements définis et derrière ces préparateurs, il y a six personnes en charge de la montée en tension qui est la phase plus compliquée du montage.

Des roues pour servir un vélo

Nouveau Canyon Grail CF SLX équipé des roues Canyon GR 50 CF

Produire la meilleure roue possible pour chaque modèle de vélo

L’échange que je réalise avec Maxime met en évidence la stratégie de Canyon pour ses roues. Elles sont au service d’un type de vélo précis et le fruit d’un partage en amont de la sortie d’un vélo entre les deux chefs de produit : celui qui conçoit le vélo et Maxime qui fera en sorte de produire la meilleure roue pour servir le vélo. « Notre Grail auparavant pêchait sur 2 points : la taille de pneus maximale et l’aérodynamisme. Tout le reste était parfait : son dynamisme, sa géométrie étaient appréciés par nos clients. L’aérodynamisme était un critère très important pour ce vélo, il fallait y répondre en élaborant ces nouvelles GR 50 CF. » Pour y arriver, un benchmark a été réalisé avec des roues aéro disponibles sur le marché comparées à nos prototypes réalisés en 3D pour obtenir un résultat très proche des roues leaders sur ce créneau.

La vision de Canyon à l’avenir n’est pas de créer une gamme de roues commercialisables, comme d’autres grandes marques de vélo l’ont fait. La philosophie reste de produire la meilleure roue possible pour chaque modèle de vélo. Ces roues « maison » s’adressent au milieu de gamme et Canyon propose du haut de gamme en DT Swiss ou Zipp pour ses modèles et d’autres produits pour le bas de gamme. « L’optique est toujours de fournir la meilleure solution possible pour chaque vélo », conclut Maxime.

Découvrir la gamme Canyon

roues Canyon

Voir les infos sur le site de Canyon

Café du Cycliste, soyez prêt !

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Les températures baissent, les journées raccourcissent et les départs matinaux deviennent plus frais. À l’automne, le vrai défi consiste souvent à trouver le bon équilibre entre protection et régulation thermique.
C’est précisément autour de cette idée que Café du Cycliste construit sa collection Automne-Hiver 2026. La marque niçoise décline son vestiaire autour de trois mots : « s’abriter, isoler et protéger ».
Cette nouvelle collection fait aussi la part belle aux nouvelles matières. Pertex, PrimaLoft ou encore le duvet traçable prennent place sur plusieurs pièces destinées aux sorties hivernales. Le tout reste fidèle à l’identité de la marque, entre vélo, montagne et aventure.
Café du Cycliste poursuit par ailleurs son engagement environnemental. La marque est certifiée B Corp depuis 2024 et continue de développer son concept Forever Outsiders.

« s’abriter, isoler, protéger »

Café du Cycliste
Les températures baissent, bien équipé on va plus loin ! – photo CDC

Les innovations textiles au service de l’endurance

Pour cette saison, Café du Cycliste mise sur des matières capables de s’adapter aux changements de température. Une approche particulièrement intéressante pour les longues sorties.

Café du Cycliste
S’adapter aux changements de température – photo CDC

Sur plusieurs heures, les conditions peuvent évoluer rapidement. Une couche coupe-vent peut devenir indispensable au sommet d’un col, puis trop chaude quelques kilomètres plus loin. La capacité à moduler son équipement devient alors essentielle.

Café du Cycliste
la nouvelle collection se veut plus versatile, comme la météo ! – photo CDC

Le Pertex Quantum pour une protection ultra-légère

Le Pertex Quantum équipe notamment les nouvelles pièces Lina. La veste utilise une construction très légère de 57 g/m². Sa partie avant protège du vent tandis que le dos privilégie la respirabilité. Elle peut également se ranger dans sa propre poche. C’est le genre de pièce qui trouve naturellement sa place dans une poche de maillot ou dans le sac d’un vélo de voyage. Elle peut être portée lors d’un départ frais, puis rangée lorsque la température remonte. Le gilet Lina reprend cette philosophie avec un poids très contenu et un encombrement réduit. Un équipement qui paraît particulièrement adapté aux longues distances et au bikepacking.


Le Pertex Quantum intervient également sur le gilet thermique Alexia. Cette fois, il constitue l’enveloppe d’une pièce isolée avec du duvet Allied Feather + Down, annoncé comme 100 % traçable et issu d’un approvisionnement responsable. Le gilet dispose aussi de panneaux latéraux extensibles et d’une poche arrière qui sert de sac de rangement. Avec un poids annoncé sous les 200 grammes, Alexia vise clairement les sorties où chaque gramme compte. Elle peut aussi se glisser facilement dans un équipement de longue distance.

Le Primaloft Active pour la thermorégulation

Autre nouveauté de cette collection : Ivana et son tricot ouvert en PrimaLoft Active Evolve. Le principe est intéressant. Porté seul, le textile privilégie la respirabilité. Sous une couche coupe-vent ou imperméable, il apporte davantage d’isolation. Cette polyvalence répond bien aux contraintes des sorties longues. On peut ainsi adapter son système de couches sans multiplier les vêtements.
Ivana dispose également de trois poches arrière et d’une poche zippée pour les objets de valeur. Des détails importants lorsqu’une pièce doit pouvoir accompagner le cycliste pendant plusieurs heures.

Café du Cycliste
le maillot à manches longues IVANA promet une belle isolation sous un coupe vent- photo CDC

Des équipements emblématiques pour affronter le froid

Au-delà des nouvelles matières, Café du Cycliste fait également évoluer plusieurs pièces de son vestiaire hivernal.

La veste thermique Albertine : l’isolation hybride

Avec Albertine, Café du Cycliste propose une veste thermique pensée pour combiner protection et respirabilité. La partie avant utilise une isolation PrimaLoft Black, composée de fibres synthétiques recyclées. Elle protège particulièrement bien le torse lorsque le vent et le froid se renforcent. Le dos et les manches utilisent quant à eux une construction plus extensible et respirante. L’objectif est de conserver davantage de confort pendant les phases d’effort.
La veste dispose également de poches cargo et d’une fermeture YKK bidirectionnelle. Une conception qui cherche à apporter de la chaleur là où elle est la plus nécessaire, sans négliger la liberté de mouvement.

La gamme Outlands : le gravel tout en nuances

La collection Outlands conserve cette volonté de proposer des vêtements capables de passer d’un usage à l’autre. Le gravel et le bikepacking imposent souvent ce type de polyvalence. Une sortie peut commencer sur le bitume, se poursuivre sur des pistes et se terminer après la tombée du jour.

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passer d’un usage à l’autre, d’une route à un chemin… – photo CDC

La veste de pluie Alizée : l’armure imperméable

La veste Alizée constitue la protection pluie de la gamme Outlands. Elle utilise une membrane Pertex Shield Pro avec des coutures étanchées. Son imperméabilité annoncée atteint 30 000 mm Schmerber. Café du Cycliste lui associe également un traitement déperlant sans PFC. La conception reste pensée pour le vélo. On retrouve notamment une capuche compatible avec le port d’un casque, des zips de ventilation et une fermeture YKK Aquaguard.

La veste peut ainsi jouer le rôle de véritable couche de protection lorsque les conditions se dégradent. Son faible encombrement permet aussi de la conserver dans le sac jusqu’au moment où elle devient nécessaire.

L’évolution du maillot Solange

Solange fait partie des pièces emblématiques de la collection. Pour cette nouvelle saison, Café du Cycliste lui apporte plusieurs évolutions. La coupe a été revue. Le bas du maillot est désormais plus long et les poignets ont été redessinés. Ces modifications cherchent à améliorer le positionnement du vêtement sur le vélo et son confort d’utilisation. Une évolution discrète, mais intéressante, pour une pièce appelée à être utilisée régulièrement durant la saison froide.

Outlands : les couches intermédiaires évoluent aussi

La gamme gravel accueille également plusieurs nouveautés. Emilie est un nouveau maillot en microfleece. Claudia prend, elle, la forme d’une overshirt légère. Cette dernière peut se porter seule lorsque les températures restent clémentes ou comme couche supplémentaire lorsque le froid s’installe. Cette logique de superposition constitue finalement l’un des fils conducteurs de cette collection Automne-Hiver 2026.

Collection capsule Merveilles : un hommage à notre arrière-pays

C’est sans doute la partie la plus originale de cette nouvelle collection.
Le 14 septembre, Café du Cycliste a lancé la capsule « Merveilles ». Elle puise son inspiration dans les gravures rupestres de la Vallée des Merveilles, dans l’arrière-pays niçois. Les motifs anciens prennent place sur plusieurs vêtements contemporains. On les retrouve notamment sur les maillots manches longues Constance et Charlie, ainsi que sur une nouvelle version de Solange. Un foulard en soie complète cette capsule.

Café du Cycliste

Le contraste est intéressant. D’un côté, nous avons des vêtements techniques destinés au vélo. De l’autre, des motifs qui renvoient à plusieurs milliers d’années d’histoire. Avec Merveilles, Café du Cycliste revient ainsi à ses racines géographiques. La marque relie son univers cycliste contemporain à un territoire situé à quelques dizaines de kilomètres de Nice.

L’avis de Bike Café

Avec cette collection AW26, Café du Cycliste mise clairement sur la polyvalence. Les nouvelles matières ne sont pas seulement là pour enrichir les fiches techniques. Elles répondent à une réalité bien connue des cyclistes longue distance : les conditions peuvent changer plusieurs fois au cours d’une même sortie. Pertex Quantum pour les couches légères, PrimaLoft Active Evolve pour la régulation thermique, PrimaLoft Black pour l’isolation ou encore Pertex Shield Pro pour affronter la pluie. Chaque technologie répond à un usage différent. La collection Explore complète cette approche avec des pièces davantage tournées vers l’aventure et la vie outdoor. Alexia adopte notamment une enveloppe en Pertex Quantum associée au duvet traçable. Mailys abandonne également son ancienne isolation synthétique au profit d’un duvet traçable et issu d’un approvisionnement responsable.
Reste maintenant à vérifier comment toutes ces promesses se traduisent sur le terrain.

Café du Cycliste

Chez Bike Café, nous regarderons particulièrement la respirabilité, l’isolation, la compressibilité et la résistance aux intempéries. Ce sont ces critères qui permettront de juger ces nouvelles pièces dans les conditions réelles d’une sortie hivernale.

Une chose est déjà certaine : cette collection Automne-Hiver 2026 ne se contente pas de proposer des vêtements plus chauds. Elle cherche surtout à donner au cycliste les moyens de s’adapter.

Fiche technique et informations : Nouveautés Automne Hiver 2026
Collection : Café du Cycliste Automne-Hiver 2026
Thème : Shelter. Insulate. Protect.
Lancement de la collection : 4 septembre 2026
Capsule Merveilles : 14 septembre 2026
Technologies principales : Pertex Quantum, Pertex Shield Pro, PrimaLoft Active Evolve, PrimaLoft Black et Gold, HDry
Usages : route, gravel, longue distance, bikepacking, outdoor

Comme un lundi : millimètré 

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L’édito de Bike Café

Ce matin, sur mon petit vélo, je me sens mieux car j’ai réglé ma hauteur de selle au « millipoil ». Après un changement de pédales, j’ai dû revoir mon réglage : rien n’est acquis sur un vélo. J’ai remarqué à cette occasion que l’unité de mesure qui caractérise le progrès sur le vélo est le millimètre. Quand j’ai repris le vélo en 2008, nous roulions sur des pneus de 23 mm qui sont passés rapidement à 25, puis 28, 30, 32… Depuis l’avènement du freinage à disque, la largeur des pneus s’est sentie libre. On nous a dit : confort, rendement, sécurité… alors pourquoi s’en priver ! Difficile pour certains de l’admettre. Il y a quelques années, un copain qui changeait de vélo a acheté un Giant équipé en standard de pneus de 28 mm tubeless, alors qu’il avait précédemment l’ancien modèle en 25, avec chambre à air. Il était catastrophé, me disant qu’il allait les démonter pour remettre des 25… Il a depuis compris l’intérêt de cette progression des pneumatiques. Pour les manivelles c’est pareil, mais cette fois dans le sens de la déflation. On oublie nos 172,5 – résultat de (170 + 175) / 2, nous obligeant à chatouiller le 1/2 millimètre – pour choisir des 165 mm. Tadej Pogačar est passé par là. Je ne vous parle pas du reste : toutes les mesures sur un vélo s’expriment en millimètres. Paradoxe pour une machine qui évolue à coup de millimètres, alors qu’elle se destine à parcourir des kilomètres (couverture : mon nouveau vélo millimétré par Quokka)

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photo Dan de Rosilles

Cette constatation matinale n’est pas l’objet de cet édito, mais elle y conduit. Je voulais juste partager avec vous mon étonnement sur ces tout petits millimètres qui semblent être peu de choses, mais qui ont opéré des transformations profondes sur nos vélos. L’élargissement de la section des pneus millimètre par millimètre a changé la donne. Il est démontré que cette majoration, qui parait infime, améliore le freinage, la tenue en virage, le confort… L’ensemble des cyclistes, des professionnels jusqu’aux cyclistes du quotidien, profite de ces avancées et nous vivons une sorte d’effet papillon. Bénéfique cette fois, puisqu’il ne nous renvoie pas au chaos, mais nous conduit au progrès. Mine de rien, tous ces millimètres par-ci, par là, ne facilitent pas la vie des concepteurs de vélo. La chasse d’une fourche (trail en anglais), qui détermine la tenue de route et le pilotage, peut également être influencée par ces millimètres supplémentaires. Si on raisonne par l’extrême en passant d’un pneu de 25 à un 50 sur le même vélo, on aura un comportement différent. 

Au Bike Café, les effets sur le monde du vélo, issus des marginalités techniques ou d’usage, nous intéressent. Le battement de l’aile d’un papillon, qui semble être un détail par rapport aux sujets récurrents, déclenche chez nous une grande curiosité. S’informer au début sur une nouveauté, une tendance, une pratique nouvelle, une culture… nous passionne. Ce matin je mesure que le vélo ne m’a pas encore dévoilé tous ses secrets. Cet objet qui se déplace agréablement grâce à cette harmonie millimétrée mérite qu’on l’observe et qu’on le comprenne. C’est la mission qu’on s’est donnée avec Bike Café.

Patrick.  

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

ThruDark : de l’armée à l’outdoor

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Plusieurs marques outdoor ont une histoire liée au monde militaire. Soit elles ont été créées initialement pour satisfaire des besoins militaires, soit développées par des fondateurs issus de cet univers. Ainsi, on peut citer Suunto (boussoles et montres, vous pouvez retrouver l’étonnante histoire du sniper dans mon article), Eastpak (sacs), Hitec (chaussures) et bien d’autres. Selon le site Forces Brands, plus de 150 marques ont été fondées par des vétérans à travers le monde, dans divers domaines. Sensible à cet univers qui favorise – avant tout – la fiabilité, j’ai découvert récemment la marque ThruDark. Les fondateurs sont britanniques, tous deux anciens opérateurs des forces spéciales UKSF. Photo de couverture de Jean-Alexis Duthoit.

Une identité visuelle forte : un look dark, un logo martial et un pin’s livré avec chaque produit, tel un insigne officiel – photo Laurent Biger

ThruDark, une gamme outdoor fondée sur la résilience

Anthony « Staz » Stazicker et Louis Tinsley sont issus du Special Boat Service (SBS), l’unité d’élite de la Royal Navy. Ils ont créé la marque en 2016 après avoir passé, à eux deux, 27 ans sous les drapeaux, dont 18 au sein des forces spéciales. Leur principal objectif est de concevoir des vêtements capables de résister aux environnements extrêmes qu’ils ont connus à l’entraînement et en opérations.

Les fondateurs de Thrudark

Anthony “Staz” Stazicker fut décoré de la Conspicuous Gallantry Cross pour ses actions en Afghanistan. Quant à Louis Tinsley, c’est aussi un ancien opérateur du SBS, ayant servi dans les environnements les plus hostiles (déserts, jungles, cercle polaire). Le nom ThruDark fait référence aux opérations menées « à travers l’obscurité ».  

ThruDark est une marque née directement de l’expérience militaire, avec pour devise Endeavour Through Adversity, soit littéralement « Persévérer dans l’adversité ».

Le store ThruDark à Poole (GB)

ThruDark, c’est aussi des vêtements pour le vélo

Plus récemment, la marque britannique a dévoilé une gamme dédiée à l’univers du cycle. Ainsi, on retrouve quelques produits pour la pratique VTT « engagée » qui conservent la signature esthétique de la marque.

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Un aperçu de produits ThruDark pour l’univers VTT – photo ThruDark

Plus près de notre univers gravel et route, ThruDark propose une tenue en phase avec les codes visuels de la marque. Ainsi on retrouve des coloris relativement sombres, dans des teintes finalement assez automnales :

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La gamme route / gravel de ThruDark – photo ThruDark

Sur le terrain

J’ai eu l’occasion de pouvoir essayer la tenue complète « Force Cadence ». À savoir le maillot, le cuissard et même une paire de chaussettes au look « explosif ».

Des chaussettes de caractère – photo Jean-Alexis Duthoit

Déjà, au déballage, c’est l’impression de qualité qui prime. La finition est excellente. La fabrication est européenne puisque le cuissard et le maillot sont fabriqués en Roumanie. Quant aux chaussettes, elles sont faites sur le sol italien.

Le cuissard

Le cuissard est en tissu extensible, du fabricant italien Sitip. Il offre une compression élevée et une grande élasticité. Il est doté de bretelles sans coutures, de bandes de maintien en silicone aux bas de jambes.

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La conception des bretelles sans coutures est un des points forts de ce cuissard – photo ThruDark

Là-dessus, une peau de chamois conçue par Elastic Interface assure le confort (notre reportage sur ce fabricant incontournable).

Le tissu du cuissard assure une protection UPF 50+, et là où cela devient intéressant, c’est que ce cuissard est renforcé par des empiècements en Dyneema au niveau des hanches et des faces externes des cuisses. Ils sont conçus pour limiter les dommages causés au cycliste, comme au vêtement, en cas de chute.

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L’extérieur des cuisses est renforcé par un textile Dyneema – photo Jean-Alexis Duthoit

ThruDark n’est certes pas le premier à imaginer cela, mais les produits ainsi renforcés sont souvent dans l’univers VTT, et plus rarement pour le segment route/gravel.

Plus à l’arrière, on retrouve le logo ThruDark réfléchissant, pour une meilleure visibilité. À cela s’ajoutent deux petits éléments réfléchissants à l’arrière des cuisses. Cela étant, vu la couleur sombre de l’ensemble, il ne faut pas s’attendre à des miracles concernant la visibilité globale de cette tenue !

Quelques éléments réfléchissants tranchent avec la couleur sombre du cuissard – photo Jean-Alexis Duthoit

Concrètement, le cuissard taille vraiment fit, mais à vrai dire comme la plupart des marques aujourd’hui. Les parties renforcées en Dyneema ne perturbent aucunement le pédalage. Simplement, la sensation qu’offre le contact avec ces parties est légèrement différente de ce que l’on connait. Je n’ai pas noté de point gênant concernant l’évacuation de la transpiration sur ces zones.

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Photo Jean-Alexis Duthoit

Quant à la peau de chamois, elle est conforme à la plupart des produits Elastic Interface, à savoir qu’elle offre un très bon confort. Le cuissard ne bouge que très peu durant l’effort.

Infos & prix sur la page fabricant : Force-cadence-road-bib

Le maillot

Dans ce coloris kaki & noir, le look de ce maillot rappelle évidemment le camouflage, probablement ancré dans l’ADN des fondateurs de ThruDark. Ce maillot est conçu en tissu Revolutional de Carvico. Il est doté de bandes de maintien en silicone à la taille et de manches découpées au laser.

La fermeture éclair est une réalisation de YKK. Les trois poches arrière (plus une autre zippée) permettent d’y glisser nos habituels encas, clés et même smartphone.

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Fermeture YKK – Photo Jean-Alexis Duthoit

Tout comme le cuissard, le logo réfléchissant tente de rehausser le niveau de visibilité général, évidemment faible avec ces tons de camouflage.

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Les poches sont profondes et relativement faciles d’accès – Photo Jean-Alexis Duthoit

À l’usage, le port est agréable, même si là aussi, c’est très fit. Si bien que j’aurais peut-être dû prendre une taille L me concernant. Il faut dire que, comme beaucoup de maillots contemporains, la face avant est courte. Aussi, mieux vaut être svelte, au risque de découvrir le nombril, ce qui est rarement élégant…

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La finition est au niveau des références du marché – Photo Jean-Alexis Duthoit

Rien à redire concernant la respirabilité. En cette fin d’été particulièrement chaude, le maillot Thrudark égale largement des produits concurrents bien plus connus.

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La respirabilité du maillot est efficace – Photo Jean-Alexis Duthoit

Sans être particulièrement innovant, ce maillot cumule les bons points par sa rigueur de conception et sa finition irréprochable.

Infos & prix sur la page fabricant : Force-cadence-road-bike-jersey

Photo Jean-Alexis Duthoit

ThruDark, une belle découverte

S’habiller en ThruDark, c’est assumer un look sobre, sombre, mais pas déplaisant pour autant. On comprend à travers leurs produits que les concepteurs ne font pas dans la fantaisie, mais dans l’efficace. Cela se voit, et cela se sent une fois ces produits portés.

Pas d’excentricité ici, mais assurément de la qualité – photo Jean-Alexis Duthoit

D’ailleurs, le programme de garantie du fabricant laisse présager que la robustesse sera au rendez-vous (de 1 à 5 ans selon les produits). Bien évidemment, les goûts des cyclistes que nous sommes feront que beaucoup se détourneront de ces codes esthétiques décidément bien dark. On peut aisément les comprendre.

thrudark
Thrudark, une belle découverte – photo Jean-Alexis Duthoit


Mais, pour d’autres pratiquants qui ne sont pas effrayés par ces coloris, cela peut être une occasion de découvrir des produits conçus avec une approche différente, tournée vers la fonctionnalité et la fiabilité, et dont les codes visuels sont bien éloignés des carcans marketing du moment. Finalement, Thrudark démontre que l’ADN militaire des fondateurs se retrouve dans leurs produits, non sans un certain succès d’ailleurs. Dans le milieu du vélo de route, cette approche est sûrement unique, et c’est pour cette raison que je souhaitais, à travers cet article, vous faire découvrir ces produits Thrudark. Des vêtements qui, au-delà de la gamme cycle, pourraient bien attirer également les pratiquants d’épreuves Ultra et bikepacking… Et, pas que pour les hommes, car la gamme de vêtements pour femmes est tout aussi intéressante.

Page fabricant : ThruDark.com

Test Fizik Ferox 2 : notre avis après 1 000 km de gravel

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Fizik promet un compromis audacieux avec cette seconde génération de Ferox : associer une grande rigidité à un confort adapté aux longues distances. Lors de leur présentation officielle, nous vous avions détaillé leur fiche technique particulièrement alléchante. Il fallait maintenant vérifier ces promesses sur le terrain. J’ai donc enfilé ces Fizik Ferox 2 pour un essai de plus de 1 000 kilomètres à travers différents terrains gravel. L’étape majeure de ce test reste incontestablement les 340 kilomètres alpins du Gravelman Annecy. Vous retrouverez d’ailleurs le récit complet de cette aventure sur Bike Café.
Ce long kilométrage permet aujourd’hui de livrer un verdict plus précis. Évolution réussie ou simple lifting esthétique ? Après plusieurs centaines de kilomètres, il est temps de faire le point.

Fizik Ferox 2
La nouvelle Fizik Férox 2 au départ du Gravelman Annecy – photo Louis Mollard

Anatomie de la chaussure : une conception pour la performance

Avant de rouler, détaillons la construction de cette nouvelle génération.
La semelle externe : Fizik utilise sa semelle X1 Full Carbon. Elle affiche l’indice de rigidité le plus élevé du catalogue de la marque. Un généreux revêtement en caoutchouc cramponné recouvre les zones nécessaires à la marche. Il assure une bonne adhérence sur les portions où il faut mettre pied à terre.

Fizik Ferox 2
Après 340 km d’aventure, la semelle est intacte, du grip et du carbone – photo Yann Brasseur

La semelle interne : la marque a travaillé la semelle interne pour assurer un bon soutien de la voûte plantaire. L’appui reste stable, même lorsque la pression augmente sur les longues phases de pédalage.
À l’intérieur du chaussant, des coussinets au niveau du talon participent également au confort et au maintien du pied.

Fizik Ferox 2
la semelle interne est simple mais bien faite – photo YBR

L’upper (la tige) : l’enveloppe extérieure intègre un mesh laminé en polyuréthane déperlant. Ce choix permet de conserver une bonne ventilation tout en limitant les projections.
À l’intérieur, un chausson en Airprene entoure le pied. Il apporte une sensation de confort immédiate et participe au maintien.

Le système de serrage : la marque italienne conserve son approche hybride. Une sangle Powerstrap affinée verrouille le cou-de-pied. Un cadran BOA Li2 en aluminium permet ensuite d’ajuster précisément le serrage de l’avant-pied. Le système permet de modifier facilement le maintien en fonction du terrain et du moment de la sortie.

Premier gros test : 340 kilomètres sur le Gravelman Annecy

Le tracé alpin du Gravelman représentait le terrain idéal pour mettre cette paire à l’épreuve. Sur une distance de plus de 300 kilomètres, la moindre contrainte mécanique peut rapidement devenir pénalisante. La large sangle Powerstrap verrouille parfaitement le haut du pied. Le talon reste parfaitement en place, même dans les montées les plus raides. La plaque carbone X1 offre un excellent transfert de puissance tout en conservant un niveau de confort étonnant sur longue distance. Je n’ai ressenti aucune douleur sous la plante des pieds. Le laminé microperforé garantit également une excellente respirabilité malgré les températures chaudes de la journée. Surtout, la toebox élargie prend tout son sens au fil des heures. Elle laisse le pied gonfler naturellement sans occasionner de gêne ou de compression excessive.

Fizik Ferox 2
Protection sur l’avant, mesh laminé, double serrage – photo Louis Mollard

Un Gravelman implique inévitablement des sections de portage, le fameux hike-a-bike. Soyons clairs, les Ferox 2 ne sont pas les meilleures à ce jeu. Leur grande rigidité limite le déroulé naturel du pied. Cependant, lors de cette édition à Annecy, je n’ai jamais poussé le vélo plus de quinze minutes consécutives. Dans ces conditions, l’exercice passe sans problème. Les crampons généreux accrochent bien le sol et sécurisent la marche.

Deuxième phase : sorties tempo en Slovaquie

J’ai poursuivi cet essai en Slovaquie pendant mes vacances. J’y ai enchaîné les parcours mixtes, avec environ 60 % d’asphalte et 40 % de pistes gravel.

Fizik Ferox 2
La Ferox 2 m’a bien aidé pour suivre Peter et sa FTP énervée ! – photo YBR

La chaussure démontre un comportement remarquable sur ces profils roulants. J’ai particulièrement apprécié la transmission de puissance. La rigidité de la structure offre des sensations de pédalage proches de celles d’une chaussure de route. Chaque appui est précis et efficace. Lorsque le rythme s’accélère, cette rigidité devient un véritable atout.

Fizik Ferox 2
lorsque le rythme s’accélère la Ferox 2 assure une bonne transmission de puissance – photo YBR

Sur les portions plus tranquilles, il suffit de relâcher légèrement la molette BOA pour libérer l’avant-pied. Dans cette configuration, le chausson se révèle particulièrement agréable pour enchaîner les kilomètres.

Évolutions face aux Ferox 1 et différences avec les Vento Proxy

J’ai longuement roulé avec la première version des Fizik Ferox, notamment avec la fameuse édition rose du team Amani. Je pouvais donc facilement mesurer les changements apportés à cette nouvelle génération. L’ADN reste le même. Fizik a cependant corrigé un aspect important : le volume du chaussant. La boîte à orteils, ou toebox, gagne nettement en largeur sur cette version 2. Ce dégagement supplémentaire soulage l’avant du pied. Le gain se ressent particulièrement lors des longues journées, lorsque les pieds ont tendance à gonfler.
J’ai particulièrement apprécié le nouveau chausson. Dans mon cas, il élimine les inconforts que je pouvais ressentir au niveau du tendon et de la languette avec la génération précédente.

Fizik Ferox 2
La Ferox 2 conserve l’ADN de la première génération tout en améliorant le confort du chaussant – photo YBR

Comparons également ce modèle avec les récentes Vento Proxy. Des spécialistes de l’ultra comme Victor Bosoni ou Sofiane Sehili les portent cette année. Les deux modèles adoptent pourtant des philosophies assez différentes. Les Vento Proxy s’avèrent plus souples et tolérantes. Cette souplesse facilite grandement la marche sur les parcours très techniques avec des portages réguliers. Les Ferox 2 s’adressent davantage aux cyclistes en quête de rendement au pédalage. Leur structure est plus ferme et le maintien plus précis. Elles privilégient clairement l’efficacité sur le vélo.
Le choix dépendra donc avant tout du terrain et de la pratique. Pour un parcours roulant et rapide, la Ferox 2 prend l’avantage. Pour un itinéraire très technique avec de nombreux portages, la Vento Proxy apporte davantage de tolérance.

L’avis de Bike Café

Après plus de 1 000 kilomètres, dont les 340 kilomètres du Gravelman Annecy, le verdict est plutôt clair. La Ferox 2 n’est pas une simple évolution esthétique de la première génération. Fizik a conservé ce qui faisait le caractère de la Ferox : une semelle très rigide, un excellent maintien et un rendement proche de celui d’une chaussure de route. La marque a surtout amélioré le confort du chaussant avec une toebox plus généreuse et un nouveau chausson.
Cette rigidité reste toutefois à prendre en compte. Elle fait merveille lorsque l’objectif est de pédaler efficacement pendant de longues heures. Elle devient moins pertinente lorsque les sections de marche se multiplient.
Pour un gravel rapide, la longue distance et les épreuves d’ultra où l’on passe l’essentiel de son temps sur le vélo, les Ferox 2 constituent une évolution particulièrement réussie.

On a aimé :

  • Le confort remarquable sur les longues distances ;
  • Le look gravel race particulièrement réussi ;
  • Le maintien irréprochable et la transmission de puissance ;
  • La très bonne respirabilité du mesh microperforé ;
  • la toebox plus généreuse que sur la première génération.

On a moins aimé :

  • L’effort nécessaire lors du chaussage pour rentrer dans le chausson ;
  • L’absence d’une boucle au talon pour faciliter la préhension lors de l’enfilage.

Avez-vous déjà roulé avec des chaussures de la gamme Fizik ? Posez vos questions ou partagez vos retours dans l’espace commentaires juste en dessous.

Infos pratiques

Modèle testé : Fizik Ferox 2 Carbon
Coloris : Black – Dark Forest, White – Light Grey, Light Grey – Mint Green.
Tailles : du 36 au 48 (demi-pointures disponibles du 37 au 47).

Fizik Ferox 2
Fizik ne déçoit pas avec cette nouvelle itération de la Ferox – photo Yann Brasseur

Nouveau Canyon Grail : plus large, plus rapide, plus aérodynamique

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Nouveau Canyon Grail CFR 2026

Souvenez-vous, nous avions testé en 2025 la deuxième génération du Grail avec le CFR RIFT. Aujourd’hui, le Canyon Grail passe à la troisième génération. Plus aérodynamique, capable d’accueillir des pneus jusqu’à 57 mm et doté d’une position plus agressive, il accompagne l’évolution d’un gravel où les vitesses augmentent autant que la largeur des pneus.
Canyon décline cette nouvelle plateforme en trois niveaux. Le Grail CFR constitue le sommet de la gamme, avec un cadre annoncé à 989 g en taille M et les montages les plus hauts de gamme. Le CF SLX reprend l’essentiel de ses solutions techniques avec un cadre de 1 095 g. Enfin, le CF rend cette nouvelle génération plus accessible avec un cadre de 1 128 g et quelques simplifications au niveau du cockpit et du rangement intégré. Six montages sont proposés au lancement, de 2 499 € à 8 000 €.

Canyon Grail CF SLX en action
Canyon Grail CF SLX en action

Jusqu’à 57 mm de pneus et une position plus agressive

Le changement le plus visible concerne le dégagement des pneus. Limité à 42 mm sur la précédente génération, il atteint désormais 57 mm, soit 2,25 pouces, à l’avant comme à l’arrière. Tous les modèles sont néanmoins livrés en pneus de 45 mm. Pour gagner autant d’espace, Canyon abandonne la compatibilité double plateau. Le nouveau Grail devient exclusivement monoplateau et adopte notamment une nouvelle base droite plus fine.

La géométrie évolue plus subtilement. L’empattement gagne environ 10 mm pour accompagner les pneus plus volumineux. Canyon conserve par ailleurs un angle de direction de 71,5° et une chasse de 69 mm sur les tailles S, M et L. Surtout, le stack baisse de 15 mm par rapport à la génération précédente. La position devient donc plus basse et davantage orientée vers la performance.

PACE pour ajuster le poste de pilotage

Les Grail CFR et CF SLX adoptent le cockpit PACE. Avec une seule clé Torx T25, le système permet une amplitude de 50 mm de réglage en largeur et 20 mm en hauteur, soit quinze configurations.

Le cockpit PACE du nouveau Grail est équipé sur la version CF SLX et CFR
Le cockpit PACE s’adapte et permet une amplitude 50 mm de réglage en largeur et 20 mm en hauteur – photo Canyon

Canyon introduit également un cintre Control Drops pensé pour le pilotage hors bitume. Il affiche un flare de 17° et se décline en 370, 395 ou 420 mm de largeur. Le Grail CF conserve pour sa part un cockpit CP0039 plus conventionnel.

Le cintre Control Drops propose un flare de 17°
Le cintre Control Drops propose un flare de 17°

Du rangement pour dépasser le cadre de la compétition

Malgré cette orientation très sportive, Canyon conserve les solutions qui avaient participé à la polyvalence du Grail. Les CFR et CF SLX disposent ainsi d’un rangement LOAD dans le tube diagonal pour transporter outils et pièces de rechange. Canyon s’est aussi associé à Cyclite, dont nous avons réalisé un test des sacoches cette année, pour développer une sacoche de cadre et une sacoche de tube supérieur adaptées au nouveau vélo.

La sacoche de cadre pèse environ 100 g selon la taille. Canyon affirme que son intégration n’entraîne pas de pénalité aérodynamique mesurable en soufflerie. Tous les Grail disposent également de l’interface Gear Groove pour installer compteur, éclairage ou prolongateurs. Les CF et CF SLX sont compatibles avec les garde-boue DEFEND Fast Fenders. Le CFR fait l’impasse sur ces derniers.

Canyon développe ses propres roues GR 50 CF

Cette troisième génération inaugure également les Canyon GR 50 CF. Ces roues carbone de 50 mm disposent d’une largeur interne de 27 mm et externe de 38,5 mm. Elles acceptent des pneus de 35 à 60 mm.

Canyon équipe les version CF et CF SLX avec ses nouvelles roues GR 50 CF
Canyon équipe les version CF et CF SLX avec ses nouvelles roues GR 50 CF – photo Canyon

Elles reposent sur des moyeux DT Swiss 350 et affichent 1 675 g la paire avec fond de jante tubeless et corps de roue libre Microspline. Elles équipent deux modèles de la gamme et seront également proposées séparément à 999 €.

Six Canyon Grail au lancement

ModèleTransmissionRouesPoidsPrix
Grail CFR AXSSRAM RED XPLR AXSDT Swiss GRC 11007,9 kg8 000 €
Grail CFR Di2Shimano GRX RX825 Di2DT Swiss GRC 11008,4 kg6 500 €
Grail CF SLX 8 AXSSRAM Force XPLR AXSDT Swiss GRC 14008,9 kg4 999 €
Grail CF SLX 7 Di2Shimano GRX RX715 Di2Canyon GR 50 CF9,5 kg3 999 €
Grail CF 7 SpeedSRAM Rival XPLR AXSCanyon GR 50 CF9,1 kg3 499 €
Grail CF 7Shimano GRX RX610Newmen Advanced G.349,2 kg2 499 €

Les six modèles sont disponibles en sept tailles, du 2XS au 2XL. Le Grail CFR intègre également le programme MyCanyon, qui permet notamment de personnaliser roues, cockpit, selle, longueur des manivelles, plateau et décoration.

Géométrie du Canyon Grail

Taille2XSXSSMLXL2XL
Taille cycliste158–166166–172172–178178–184184–190190–196196–204 cm
Stack525537558575598618640 mm
Reach372385394411427435454 mm
Bases435435435435435435435 mm
Empattement1 0341 0371 0391 0621 0851 0971 123 mm
Angle de direction68,5°70°71,5°71,5°71,5°71,8°71,8°
Chasse90796969696767 mm

L’aéro comme fil conducteur

Le paradoxe de ce nouveau Grail tient finalement dans l’association de pneus toujours plus larges avec un travail aérodynamique de plus en plus poussé. Pour ses essais, Canyon a retenu une vitesse de 35 km/h, jugée plus représentative du gravel que les 45 km/h généralement utilisés pour les vélos de route. Avec des pneus identiques de 45 mm, le constructeur annonce une traînée de 109,5 W pour le nouveau Grail, contre 112,3 W pour le Rose Backroad FF, 110,3 W pour le Factor Ostro Gravel et 109,9 W pour le Cervélo Áspero-5 testés selon le même protocole. Plus significatif encore, le nouveau Grail chaussé en 55 mm afficherait 113,6 W, contre 115,7 W pour l’ancien Grail équipé de pneus de seulement 40 mm.

La version race du Canyon Grail CFR
photo Canyon

Il faudra évidemment confronter ces données constructeur à un ressenti sur le terrain. Mais elles résument assez bien le parti pris de cette troisième génération : Canyon ne considère plus le gros pneu comme l’ennemi de l’aérodynamisme. Le nouveau Grail cherche au contraire à combiner les deux pour conserver davantage de vitesse, aussi bien sur les portions roulantes que lorsque le terrain se dégrade.

Plus d’infos sur le site de Canyon.

Berthoud Cycles, une manufacture dédiée à la randonnée, au voyage et au cyclotourisme

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Berthoud Cycles

Il existe des entreprises qui accompagnent l’histoire du vélo sans chercher à suivre toutes ses évolutions. Berthoud Cycles fait partie de celles-là. Installée à Fleurville, en Saône-et-Loire, la manufacture bourguignonne prépare son cinquantième anniversaire. Depuis sa création en 1977 par Gilles Berthoud, elle a construit son identité autour du voyage, de la randonnée et du cyclotourisme. Elle fabrique aujourd’hui des vélos complets, des selles en cuir, des sacoches, des garde-boue et différents composants.

En 2024, une nouvelle équipe a repris l’entreprise avec l’ambition de poursuivre le travail engagé par son fondateur, puis par Philippe Marguet qui lui avait succédé en 2015. Marjorie et Christophe, déjà salariés de Berthoud Cycles, se sont associés à Sébastien Klein, artisan cadreur et fondateur de Brevet Cycles, qui les a rejoints dans cette nouvelle aventure.

Berthoud Cycles
Créée en 1977 à Pont-de-Vaux, dans l’Ain, Berthoud s’installe en 2020 à Fleurville en Saône-et-Loire. Un bâtiment qui mélange patrimoine et modernité à l’image de la production de la marque.

Cette reprise intervient dans un marché du cycle qui a beaucoup changé. Le vélo de voyage reste pourtant un objet assez particulier. Il accompagne son propriétaire pendant des années et peut même se transmettre. Chez Berthoud Cycles, cette notion de durée constitue toujours un élément central du projet.

Un héritage né avec le cyclotourisme

Berthoud Cycles
Une randonneuse Berthoud

Née en novembre 1977, la marque éponyme Berthoud a été fondée par Gilles Berthoud, qui est devenu cadreur après avoir travaillé dans un bureau d’études. Dans ces années 70, l’acier était le matériau de base pour la fabrication des vélos et, à côté des marques françaises célèbres – Peugeot, Mercier, Gitane, etc. – de nombreux ateliers travaillaient en sous-traitance pour ces marques ou pour une clientèle privée. Les années ont passé, l’alu et le carbone sont arrivés et Berthoud a survécu aux mutations qui ont vu disparaître nombre d’artisans historiques. Dès 1985, la production de sacoches a rejoint les ateliers, puis les garde-boue en 2007 et enfin l’iconique selle en cuir, qui est apparue à partir de 2009. Une offre cohérente autour de la pratique de la randonnée, du voyage et du cyclotourisme. La réputation des cycles Berthoud s’étend au-delà de l’hexagone : Japon, Nouvelle-Zélande, Allemagne, Australie… On verra ces vélos et ces accessoires qui roulent dans le monde venir l’an prochain sur le Paris-Brest-Paris.

Berthoud Cycles

En 2015, Philippe Marguet a repris l’entreprise et il a développé la vente à l’international en s’appuyant sur Internet. Philippe a passé le flambeau en 2024 à une équipe interne qui prend la suite pour poursuivre l’activité et préparer un cinquantenaire mémorable en 2027, année du Paris-Brest-Paris. J’ai appelé le cadreur Sébastien Klein (Cycles Brevet), qui, en compagnie de Marjorie et Christophe, m’expliquent ce que sera cette troisième époque de l’histoire de la marque Berthoud. Aujourd’hui, les Cycles Berthoud ont l’intention de séduire une nouvelle clientèle grâce à la qualité et la durabilité de leur production. La nouvelle équipe souhaite poursuivre cette logique tout en ouvrant Berthoud Cycles à de nouveaux usages. L’enjeu consiste donc moins à reproduire une recette ancienne qu’à faire évoluer une culture existante.

Les selles en cuir, une fabrication pensée pour durer

Une selle peut se former avec le temps et prendre les marques de son utilisation

La selle en cuir reste l’une des productions emblématiques de Berthoud Cycles. L’entreprise utilise un cuir au tannage végétal, sélectionné notamment pour son épaisseur et sa résistance. Le cuir arrive naturel et brut de tannerie. La teinture est ensuite réalisée dans les ateliers. Cette étape permet à la manufacture de conserver davantage de contrôle sur le procédé.

La fabrication fait également appel à des machines conçues en interne pour la découpe, le perçage et le rodage des cuirs. La selle adopte par ailleurs une construction entièrement démontable. Chaque pièce peut ainsi être remplacée. Cette conception prend tout son sens dans une pratique de voyage. Une selle peut se former avec le temps et prendre les marques de son utilisation. Son vieillissement devient alors une partie de son histoire plutôt qu’une raison immédiate de la remplacer. C’est une philosophie assez éloignée du rythme habituel de l’industrie du cycle. Elle repose davantage sur la réparation et le remplacement des pièces que sur le renouvellement complet du produit.

Berthoud Cycles
Une selle Berthoud formée avec le temps : celle de Thierry Saint-Léger, le « pape » du pignon fixe français, capable d’enchainer les péribles de plusieurs milliers de kilomètres – photo Philippe Aillaud

Les sacoches, une autre vision du voyage

Berthoud Cycles

La réparation fait donc partie de la vie du produit

La bagagerie constitue une autre production historique de Berthoud Cycles. L’entreprise perpétue la tradition des sacoches en toile de coton et cuir, avec une gamme qui couvre aussi bien la randonnée à la journée que les voyages de longue durée. On retrouve notamment les sacoches de guidon, les modèles latéraux et différentes trousses et pochettes. Leur conception répond à une logique assez simple : transporter les affaires du cycliste tout en supportant les kilomètres et les conditions extérieures. Certains utilisateurs parcourent plusieurs centaines de kilomètres pour revenir dans les ateliers avec des sacoches âgées de dix ou quinze ans afin de les faire réparer. La réparation fait donc partie de la vie du produit dès sa conception. Elle prolonge l’usage de l’objet et entretient aussi un rapport différent entre le fabricant et son client.

Ces fabrications traditionnelles n’empêchent pas Berthoud d’imaginer actuellement d’autres produits… « On va avoir une nouvelle gamme de sacoches. On a réalisé quelques prototypes et on proposera bientôt sur notre site de nouveaux produits« , indique Sébastien.

Des composants usinés à Fleurville

Berthoud Cycles
L’élégant rétroviseur de guidon – photo Berthoud Cycles

Une évolution de la gamme vers des accessoires liés au voyage et à la randonnée.

Berthoud Cycles possède également un savoir-faire dans l’usinage de pièces métalliques. Cette capacité permet à la manufacture de fabriquer différents composants et de conserver une partie de sa production en interne, comme celle d’un rétroviseur à placer en bout de cintre ainsi que des bouchons assortis. Ces produits illustrent une évolution de la gamme vers des accessoires qui restent directement liés au voyage et à la randonnée. Cette possibilité donne une certaine souplesse à une petite manufacture. Elle permet aussi de conserver un lien direct entre la conception, l’usinage et l’utilisation du produit.

Les garde-boue inox, une pièce qui traverse les modes

Berthoud Cycles

Construire un vélo et ses équipements autour d’un usage durable.

Les garde-boue apparaissent dans le catalogue Berthoud Cycles en 2007. La manufacture les fabrique en acier inoxydable. Ce choix permet d’offrir une résistance supérieure à la corrosion et permet de conserver l’aspect brillant du matériau dans le temps. Plusieurs dimensions existent afin de correspondre aux différentes tailles de pneus. Le garde-boue illustre bien cette philosophie. Il s’agit d’un équipement peu spectaculaire, mais particulièrement important pour un vélo destiné à rouler longtemps et par tous les temps. Sur une randonneuse, le choix de ce type de composant relève davantage de la fonction que de la tendance. Il accompagne la logique générale de la manufacture : construire un vélo et ses équipements autour d’un usage durable.

Majorie a remis en service la machine qui met en forme les gardes-boue inox qui seront à nouveau disponibles.

Des vélos sur mesure et des petites séries

Berthoud Cycles

La construction de cadres reste au cœur de l’histoire de Berthoud Cycles. Depuis 1977, l’entreprise fabrique des vélos complets en petites séries et sur mesure. Les cadres utilisent des aciers modernes et haut de gamme. Ils peuvent donner naissance à des vélos destinés à des pratiques différentes, du vélo léger et sportif à la machine capable d’accompagner un voyage autour du monde. Berthoud Cycles ne cherche donc pas uniquement à fabriquer un cadre. La manufacture peut construire un vélo complet et sélectionner les équipements qui correspondent au projet du client.

Faire vivre le « made in France » sur un marché de niche

La question du made in France se pose différemment lorsqu’elle concerne une petite manufacture. Berthoud Cycles fabrique localement ses cadres, ses selles, ses sacoches, ses garde-boue et une partie de ses composants. Cette organisation demande de conserver des compétences et des machines qui ont progressivement disparu de nombreuses entreprises du cycle. Elle impose aussi de trouver des clients prêts à payer pour cette différence. Le prix d’un produit fabriqué en France ne peut pas se comparer directement à celui d’un accessoire produit en grande série dans une chaîne industrielle mondialisée. La question devient alors celle de la valeur d’usage.

Berthoud Cycles

Une selle peut se remplacer par partie. Une sacoche peut être réparée. Un garde-boue inox peut accompagner plusieurs vélos. Un cadre sur mesure peut répondre précisément à une morphologie et à un projet de voyage. On peut évidemment discuter de l’opposition avec le vélo moderne qui apporte aussi de nouvelles solutions techniques et de nouveaux usages. Mais, l’existence d’une manufacture comme Berthoud Cycles rappelle qu’une autre voie reste possible. Elle consiste à améliorer un objet sans nécessairement chercher à rendre le précédent obsolète.

Une culture du vélo qui joue avec le temps

Le cyclotourisme possède une relation particulière au temps. Une randonnée peut durer quelques heures, un voyage quelques semaines, et certains vélos accompagnent leur propriétaire pendant plusieurs décennies. Cette temporalité explique peut-être la cohérence du modèle Berthoud Cycles. Une selle se forme avec les kilomètres. Une sacoche porte les traces des voyages. Un cadre peut changer de transmission ou d’équipement au fil des années. Une pièce usée peut être remplacée plutôt que de condamner l’ensemble. Dans cette perspective, la durabilité ne relève pas seulement du matériau. Elle dépend aussi de la possibilité de réparer, d’adapter et de conserver. Le vélo devient alors plus qu’un moyen de transport. Il accompagne une histoire personnelle faite de routes, de paysages et de voyages. « Nous avons toujours eu des cyclistes qui sont très exigeants avec leurs machines. Ils ont confiance dans notre entreprise à tel point que certains n’hésitent pas à traverser la France pour venir faire entretenir leurs vélos chez nous« , me confie Sébastien.

Podcast — Rencontre avec les nouveaux associés de Berthoud Cycles

Dans ce podcast, j’échange avec Marjorie et Christophe, salariés de Berthoud Cycles devenus actionnaires de leur entreprise, ainsi que Sébastien Klein, artisan cadreur et fondateur de Brevet Cycles, qui les a rejoints dans cette nouvelle aventure.

Mon avis

Dans un marché qui cherche souvent à accélérer, continuer à fabriquer des objets conçus pour durer est la vocation de Berthoud Cycles.

Faire durer une histoire sans la figer, c’est l’enjeu de cette reprise de Berthoud Cycles qui s’ouvre sur une nouvelle période pour cette entreprise qui approche de ses cinquante ans. L’enjeu paraît assez simple à formuler, mais moins évident à réaliser : conserver ce qui fait l’identité de la manufacture tout en permettant à une nouvelle génération de cyclistes de s’y reconnaître. Marjorie, Christophe et Sébastien arrivent avec des parcours différents, mais ils partagent une volonté de poursuivre une histoire commencée avec Gilles Berthoud en 1977.

Berthoud Cycles n’a donc pas besoin de courir après toutes les nouveautés pour évoluer. La manufacture peut aussi regarder ce qui reste pertinent dans ses propres savoir-faire : le cadre acier, le cuir, la toile, l’inox, l’usinage et surtout la possibilité de réparer. Le cyclotourisme joue depuis longtemps avec cette notion d’éternité. On part avec un vélo pour découvrir un territoire, puis on revient avec des souvenirs qui restent bien plus longtemps que les kilomètres enregistrés par un compteur. C’est peut-être là que Berthoud Cycles trouve aujourd’hui sa place : dans un marché qui cherche souvent à accélérer, continuer à fabriquer des objets conçus pour durer.

L’entreprise ouvrira ses portes le 3 octobre à l’occasion des journées du patrimoine économique. Une visite s’impose. si vous passez dans la région de Mâcon…

Découvrez le site de Berthoud Cycles.

Découvrez Berthoud Cycles en image

Je vous invite à regarder la vidéo réalisée par Pat Venture et diffusée sur sa chaîne Youtube. Vous y retrouverez nos trois associés et vous découvrirez les coulisses de la manufacture.

La TransMaurienne Vanoise : la montagne ça vous gagne !

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Transmaurienne Vanoise 2026
Transmaurienne Vanoise 2026

La Transmaurienne Vanoise est une épreuve coorganisée par la Haute Maurienne Vanoise et les stations de Val Cenis et d’Aussois. Labellisée UCI, elle est, depuis 1988, une épreuve incontournable du VTT. Le mode Gravel est plus récent sur cet événement : il a fait son apparition en 2024, face à l’engouement toujours plus important pour cette pratique.

Transmaurienne Vanoise 2026
Image du site de la Transmaurienne Vanoise

L’évènement

Les épreuves de VTT se déclinent en deux formats : la 9000 et la 6000, et se déroulent sur cinq jours.

  • La 9000, qui cumule 9 000 mètres de dénivelé positif, est une course UCI XCS Marathon. Cette année, les participants ont dû parcourir 213 km répartis sur les cinq jours de compétition.
  • La 6000, avec 6 000 mètres de dénivelé positif, est une épreuve UCI XCO, ouverte à tous à partir de 15 ans. Plus accessible que le parcours 9000, elle propose cette année un total de 172 km à parcourir.

L’épreuve Gravel, encore jeune au sein de cette organisation, se déroule sur une seule journée. Étape du Gravel’Tour Wish One et du championnat régional FFC, elle prend place lors du cinquième jour de l’événement.

Le Gravel’Tour Wish One

Transmaurienne Vanoise 2026
Image de l’affiche du Gravel’Tour Wish One – photo du site Facebook du Gravel’Tour Wish One

Le Gravel’Tour Wish One compte 12 manches en 2026, réparties entre deux ligues : ULTIMATE et EXPERIENCE. La ligue Experience est pensée comme une découverte de cette compétition gravel, tandis que l’Ultimate s’adresse aux pratiquants qui cherchent à se challenger sur une saison complète. La Transmaurienne Vanoise constitue une manche commune aux deux ligues, le 18 juillet 2026.
La Transmaurienne Vanoise permet de cumuler des points pour le Gravel’Tour Wish One sur le grand et moyen parcours chronométré. Avec le mode randonnée, une dimension découverte est conservée sur l’épreuve. Une manière de profiter des tracés alpins sans nécessairement entrer dans la compétition.
Pour en savoir plus sur ce challenge, je vous invite à découvrir notre article : Gravel’Tour Wish One : un challenge Gravel Race au cœur des terroirs.

La Haute-Maurienne Vanoise, une terre de montagne et d’histoire

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Photo au sommet du col du Mont-Cenis – photo Cassandra Duméry

Située en Savoie, la Haute-Maurienne Vanoise correspond à la haute vallée de l’Arc : entre la barrière de l’Esseillon et le Col de l’Iseran, plus haut col des Alpes. Important passage transalpin entre la France et l’Italie, elle est encadrée par les massifs de la Vanoise et du Mont-Cenis.

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Col de l’Iseran, col le plus haut des Alpes – photo Fred

La présence humaine en Haute-Maurienne remonte à plusieurs millénaires. Le pastoralisme a profondément modelé le paysage. Pendant des siècles, les habitants ont exploité les différents étages de la montagne : des cultures et prés de fauche dans les secteurs bas, prairies et vergers autour des villages, puis alpages en altitude. L’estive est le moment où les troupeaux profitaient des pâturages en altitude durant la belle saison. Grâce à l’estive, les troupeaux de vaches et de moutons entretiennent ces espaces et limitent l’embroussaillement naturel de la forêt.
Des paysages que nous retrouvons tout au long de cette Transmaurienne Vanoise.

Parcours au programme

Elle propose trois parcours différents, accessibles en mode compétition ou randonnée. La licence à la FFC Auvergne-Rhône-Alpes est un prérequis pour participer au championnat régional de Gravel. Il faut également respecter le parcours correspondant à sa catégorie.

  • Petit parcours : U17 et Master 8 ;
  • Moyen parcours : U19, Master 6 et Master 7 ;
  • Grand parcours : Élite, Senior, Masters 1, 2, 3, 4 et 5.
Parcours et infos proposés cette année par la Transmaurienne Vanoise – Images du site de La Transmaurienne Vanoise

Village d’accueil

Aussois, station de sports d’hiver et d’été, est facilement accessible. Les places de parking y sont nombreuses et spacieuses, ce qui est très pratique lorsque l’on arrive avec un porte-vélo, notamment pour pouvoir se préparer dans de bonnes conditions. Les inscriptions s’effectuant en ligne, le retrait des dossards est rapide. Tout est fourni sur place : plaque de cadre, liens pour la fixer, cadeaux et bon pour le repas d’après-épreuve.

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Préparation avant de prendre place sur le départ – photo Cassandra Duméry

On peut également y retrouver un petit snack-bar proposant boissons et collations sucrées. Le cadre de la Vanoise, entouré de montagnes et de remontées mécaniques, nous met déjà dans l’ambiance. Cela nous procure une certaine excitation de partir rapidement à la découverte de ces sommets et forêts !

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Village d’accueil dans un cadre splendide – photo Cassandra Duméry

L’ambiance, portée par le speaker, est au rendez-vous. Au départ, nous sommes environ 80 participants, tous parcours et formats confondus. L’épreuve n’étant au programme que depuis 2024, cela peut expliquer en partie ce nombre encore relativement limité de participants.

Le Parcours

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Sur les chemins forestiers de la Haute-Maurienne Vanoise – photo Cassandra Duméry

Afin de profiter pleinement de ce panorama exceptionnel, je suis partie sur le moyen parcours. N’ayant pas une grande préparation physique cette saison et souhaitant également réaliser quelques prises de vues, j’ai choisi le mode randonnée. J’avais vraiment hâte de découvrir ce que la Haute-Maurienne Vanoise avait à offrir et d’en profiter sans penser au chrono.
Venant de la région varoise, j’ai plutôt l’habitude de rouler sur des chemins très rocailleux et parfois cassants. J’avais donc particulièrement envie de découvrir ces grands chemins montagneux, perdus au milieu des forêts de sapins et des plaines d’altitude.

08 h 30 — Après un départ groupé et lancé sur quelques kilomètres de bitume, nous empruntons rapidement un single plutôt technique. Quelques bidons abandonnés sur le parcours témoignent de la bataille qui a dû se jouer dans les premiers kilomètres, chacun cherchant à se faire une place avant d’attaquer les grands chemins de montagne.

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Les premiers kilomètres sont sportifs avant de se diriger vers les versants du Mont-Cenis – photo Cassandra Duméry


Le profil du parcours s’adresse tout de même à des participants aguerris. Pour parer aux éventuelles difficultés, je suis partie avec un sac d’hydratation, des gels et des barres de nutrition. J’ai même testé les bonbons, très en vogue chez les pratiquants de longues distances sur les réseaux sociaux.
L’organisation a également prévu trois ravitaillements pour ceux qui souhaitent partir léger. J’ai particulièrement apprécié le deuxième, situé au sommet du col du Mont-Cenis. Saucisson et fromage de la région étaient au rendez-vous !

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Ravitaillement au sommet du col du Mont-Cenis – photo Cassandra Duméry

Afin de ne pas avoir à chercher son chemin, des bénévoles étaient postés à certains endroits stratégiques. Dans les villages traversés notamment, leur présence était très appréciable pour éviter de se perdre ou de devoir constamment consulter son GPS. Je tiens à souligner leur gentillesse et leur amabilité, qui ont rendu le parcours particulièrement agréable.

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Des bénévoles accueillants sur l’ensemble du parcours – photo Cassandra Duméry

La vidéo

Et pour découvrir la Haute-Maurienne Vanoise autrement que par les mots, je vous laisse embarquer avec moi dans cette randonnée, à travers la vidéo réalisée au fil du parcours.

Mon Avis

Avec un paysage aussi époustouflant, ses montagnes impressionnantes et ses petits villages alpins : c’est un parcours que j’ai envie de refaire !

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Des paysages entre sommets et forêts alpines époustouflants – photo Cassandra Duméry


Ce que je regrette, c’est le peu d’animation dans le village. Du fait que l’événement est consacré au VTT, notre épreuve est placée en fin de programme. La soirée DJ set a eu lieu la veille au soir. J’aurais aimé pouvoir y participer, mais une bonne nuit de sommeil reste prioritaire pour prendre le départ de la randonnée. La fatigue du trajet ne m’a pas non plus encouragée à arriver dès la veille au soir, d’autant plus que je ne suis pas de la région.
L’after du samedi est, quant à lui, principalement destiné aux vététistes. Avec un accès illimité aux remontées mécaniques et la possibilité de rouler sur les pistes du bike park d’Aussois.

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Le bike park d’Aussois était ouvert avec un accès illimités aux remontées mécaniques pour les participants de la Transmaurienne Vanoise – photo Cassandra Duméry

Autre point qui m’a surprise : le téléchargement de la trace GPX. Je m’étais inscrite sur un parcours annoncé de 52 km pour 1 600 m de dénivelé positif. J’ai donc été surprise de constater que le parcours avait été rallongé. Mais surtout que son dénivelé avait considérablement augmenté. Au final, il ne comptait que 300 m de dénivelé positif de moins que le grand parcours.

Ce qui m’a fait plaisir, c’est de pouvoir profiter de bonnes crêpes et de boissons fraîches à l’arrivée. Un moment convivial qui permet de discuter avec les participants et d’échanger avec eux sur leurs ressentis.
De mon point de vue, c’est une épreuve qui mérite d’être connue. Tant pour la qualité de son organisation que pour son fabuleux tracé alpin.

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Rien de tel qu’une bonne crêpe au chocolat à l’arrivée ! – photo Cassandra Duméry

Comme un lundi : en mouvement

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Test Campagnolo groupe Ekar gravel 13 vitesses 1x
Je ne suis pas sur le Mont Ekar, mais la campagne aixoise ce n'est pas mal non plus pour rouler en 13 vitesses.

L’édito de Bike Café

Ce matin, sur mon petit vélo, je me demandais pourquoi cette pratique régulière du pédalage matinal était pour moi un moment inspirant. Mes copains de Bike Café me disent : « Comment fais-tu pour écrire un édito sur une idée différente chaque semaine ? » En fait c’est simple : je fais du vélo. Sans me comparer à lui, j’ai découvert qu’Albert Einstein utilisait le vélo autant comme moyen de transport que pour trouver l’inspiration. Est-ce que rouler sur un vélo serait un moyen exclusif aux cyclistes pour faire naitre des idées ? Filer sur deux roues, le nez au vent, pourrait peut-être créer une onde favorisant l’imagination ! Je n’irai pas jusqu’à organiser un « colloque » sur le fait que bouger agite nos neurones, mais il y a là matière à réflexion. Einstein, justement, nous a laissé cette citation devenue célèbre : « La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre. » Il ne croyait pas au hasard de la physique quantique actuelle, préférant s’en tenir par cette phrase aux lois de la physique classique. Le mouvement est le symbole de la vie. Un autre penseur populaire : Michel Audiard, qui était aussi un fan de vélo, disait fort justement : « Un imbécile qui marche va plus loin que deux intellectuels assis ». Celle-là me plaît bien et je l’ai utilisée de nombreuses fois dans ma vie. Le mouvement serait donc plus vertueux que l’attentisme ? Dans ces citations, j’interprète deux messages : le premier, qu’il est nécessaire d’avancer pour ne pas chuter – ce qui vaut pour l’entreprise comme pour le vélo – et dans le second, je comprends qu’il ne faut pas rester assis, quitte à prendre des risques et peut-être passer pour un imbécile.

en mouvement

Est-ce que c’est le mouvement qui finalement libère le plus chez moi l’imagination plutôt que l’objet vélo, le bien-être sportif ou encore l’environnement ? C’est peut-être tout ça. Je me sens souvent comme l’imbécile d’Audiard, pensant qu’à trop réfléchir on trouve un tas de raisons pour ne rien faire. Imbécile certes, mais finalement aux yeux de qui ? Parfois les nouvelles idées incomprises sont jugées idiotes par ce qui est conventionnel ou habituel. Prenez le gravel par exemple. En 2014, alors qu’on trouvait ça génial, les VTTistes disaient « Pourquoi recréer le monde du non suspendu ? » et les routiers disaient : « C’est quoi ces bétaillères ? » Je ne me vois pas comme un intellectuel assis sur la selle d’un vélo qui ferait du sur-place. J’avance à ma vitesse, pour que l’idée prenne forme. J’écoute le bruit léger que font mes roues, je flaire au petit matin la bonne formule parmi toutes celles nombreuses qui s’envoleront comme les feuilles mortes de cet automne précoce. Le mouvement est essentiel.

J’aime bien retrouver dans le projet Bike Café, qui occupe une partie de mon temps depuis 10 ans, cette notion de mouvement. On voit s’en créer dans les domaines artistiques ou politiques. Leurs objectifs très différents naissent d’une même volonté : sortir du troupeau, avancer avec la volonté de changer ce qui est établi. Bike Café appartient à un nouveau mouvement cycliste qui prône l’ouverture et le décloisonnement du monde du vélo. Ce déblocage nous permet de marcher devant, en n’étant pas des imbéciles, car rompre avec la stagnation mentale favorise l’inspiration.

Patrick.  

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