Ce matin, sur mon petit vélo, je me mets à parler tout seul à propos d’un projet de voyage à vélo auquel je pense depuis un moment. Je vais arrêter de rouler seul, car je constate que je soliloque de plus en plus, perché sur ma selle. Je me surprends à dire, m’adressant à moi-même : « Faut voir… » Heureusement, il n’y a personne pour entendre. D’où me vient cette réaction contraire à ma personnalité de naïf généralement enthousiaste ? Ce réflexe de prudence exprimé par ce « Faut voir… » m’étonne. Sur cette petite route. Je ne suis pourtant pas dans un rond-point dans lequel je tournerais, sans me décider à en sortir. Ça sent le renoncement larvé mon truc. À coup de « Faut voir… » je risque de ne rien voir du tout. Pour moi, atteint d’une maladie de la vue qui détruit mes nerfs optiques, cette injonction devient presque ironique. (En couverture :un vagabondage de Thierry Saint-Léger qui se transforme en chasse aux horizons)
Ma réflexion du matin porte donc sur la négociation avec soi-même et par conséquent les effets dégradants du temps long. Est-ce que comme Thierry – qui en avançant a vu reculer les horizons – je ne suis pas en train de regarder cet objectif que je cherche à rattraper et qui s’éloigne quand j’y pense ? Ce « Faut voir… » m’éloigne de la décision en la remettant à un moment vaguement éloigné, dont je ne connais pas la date. Je repense à Jean-Marc Bellocq qui avait explosé le record des 100 km de Millau (6 h 28 en 1990). Il m’avait dit : « Un record, c’est comme un fruit, il tombe quand il est mûr. » Est-ce que le fruit de mon projet est mûr, ou est-ce que je dois encore attendre ? Est-ce que justement je ne serais pas trop mûr, vu mon âge, pour le réaliser à force de le reporter ? Vous êtes vous aussi, j’imagine, dans cette même réflexion à propos de votre saison de vélo 2027. Ça cogite et déjà les inscriptions aux épreuves d’ultra-distance ont démarré. Il n’est plus question de tergiverser, il faut se décider. C’est une année Paris-Brest-Paris et là, si vous pratiquez comme moi le « Faut voir… », vous risquez d’attendre quatre ans si vous ne vous décidez pas maintenant. Heureusement, au fil des kilomètres de ma balade matinale, je me ressaisis grâce à la thérapie vélo et mon « Faut voir… » se transforme en « C’est tout vu… » … Je vais finaliser ce projet.
Faire une pause et repartir, photo Hugues Grenon
Si comme moi il vous est arrivé de vous dire « Faut voir… », allez faire un tour à vélo et votre attentisme disparaitra. Et si vous n’allez pas rouler, venez lire nos articles pour constater qu’on ne se contente pas au Bike Café de « Faut voir… ». Une série de vrais tests de vélos vous attendent dans les semaines qui viennent. Dans les tests et les sujets que nous traitons, nous vous racontons ce que l’on a vu.
Co-développé avec le coureur gravel professionnel Russell Finsterwald, LOOK a dévoilé le mois dernier son nouveau gravel G85 Cezal RS. Tout en reprenant la géométrie du G85 Cezal, LOOK déplace, avec cette version RS, le curseur vers le Gravel Race. J’ai eu la chance de pouvoir faire 900 km à son guidon, à l’entraînement, et en Gravel Race. Aujourd’hui, je vous invite à le découvrir en détail. Photo de couverture : Jean-Alexis Duthoit.
LOOK G85 Cezal RS : présentation
En 2019, le 765 Gravel RS a marqué l’entrée officielle de LOOK sur le marché du gravel. Chanceux, j’avais pu le tester la même année autour du célèbre village viticole de Sancerre. Vous pouvez retrouver ce test ici. Depuis, la discipline a profondément évolué, tout comme le gravel de chez LOOK. Celui que je vous présente est le G85 Cezal RS RED XPLR / Fulcrum SHARQ C25, qui se positionne en haut de la gamme, au tarif de 8 899 €.
Le LOOK G85 Cezal RS a été développé directement en course en collaboration avec le coureur gravel professionnel Russell Finsterwald qui a remporté la Belgian Waffle Ride (BWR) Arizona 2026 sur un prototype et signé un top 20 sur The Traka 360. D’après LOOK, ses retours ont directement influencé le produit final G85 Cezal RS.
Le prototype de Russell Finsterwald, vainqueur de la Belgian Waffle Ride 2026 – photo LOOK
Géométrie
Version compétition du G85 Cezal, le G85 Cezal RS conserve la géométrie de la plateforme G85 Cezal. Ainsi, on retrouve des bases arrière de 425 mm et un train avant misant sur la réactivité, sans sacrifier la stabilité.
Avec 590 mm de stack en taille M, on pourrait au premier abord penser que cette géométrie n’est pas faite pour la course. Nous verrons plus loin qu’il n’en est rien… Quant au reach et au front center, ils sont relativement importants, mais conformes à géométrie de gravel contemporains dédiés à la compétition.
Le cadre
Si la géométrie est identique au G85 Cezal, la conception du G85 Cezal RS est différente, notamment dans le drapage des fibres de carbone. Ainsi, son drapage haut module (HM) fait gagner 200 grammes sur le seul cadre par rapport au G85 Cezal « standard ».
LOOK G85 Cezal RS – Photo Jean-Alexis Duthoit
Ainsi, LOOK annonce un poids de 1000 g pour un cadre peint en taille M. Ce layup différent augmente la rigidité au boîtier de pédalier de près de 19 % et celle de la douille de direction de 20 % par rapport au modèle de base. Du côté esthétique, le carbone brut à la finition mate évoque une sportivité sobre mais affirmée, à l’image de la sérigraphie LOOK chromée. Là-dessus, les touches orange qui s’inspirent de l’ambre ajoutent une touche dynamique, tout en restant élégante.
Un kit cadre qui évoque la sportivité, mais aussi une certaine élégance
À l’arrière, les haubans rejoignent le tube de selle de façon classique, dans sa partie haute. Le fabricant annonce que les haubans 3D Wave Flex System filtrent 15 % des vibrations, sans pénaliser le transfert de puissance latéral. Un aspect important pour maintenir les roues le plus au contact possible de la piste.
Haubans 3D Wave Flex System – photo Jean-Alexis Duthoit
On peut remarquer le dessin particulier des haubans, avec une forme censée favoriser la filtration verticale.
Une forme censée favoriser la filtration verticale – photo Jean-Alexis Duthoit
À l’extrémité arrière, on peut constater que le cadre est compatible avec la norme UDH. Ce choix garantit une rigidité optimale, devenue essentielle pour les transmissions modernes, et une compatibilité avec les groupes SRAM de type Full Mount (sans patte de dérailleur). En conséquence, l’axe traversant de 142×12 mm est, lui aussi, standardisé, afin de pouvoir s’introduire dans l’interface UDH, qui impose un filetage M12 x 1.0. Pour en savoir plus sur l’UDH, je vous invite à lire mon article à ce sujet : UDH : trois lettres qui changent le marché – Bike Café.
Le cadre est compatible avec la norme UDH – photo Jean-Alexis Duthoit
Le cadre a été conçu pour résister à des forces d’impact supérieures de 50 % aux exigences de la norme ISO. Quant à la rigidité de la douille de direction, elle atteint un score Zedler de 94. Ce qui place le G85 Cezal RS devant le vélo de route 795 BladeRS 3 de LOOK, qui est à 90. Il devrait logiquement en résulter une direction d’une grande précision. Nous verrons plus tard comment cela se traduit sur les pistes.
Une douille de direction particulièrement rigide – photo Jean-Alexis Duthoit
Sept inserts se répartissent sur ce cadre, permettant notamment de fixer un accessoire de rangement sur le top-tube.
Sans compter ceux destinés à recevoir un éventuel dérailleur avant, sept inserts équipent ce cadre – photos Jean-Alexis Duthoit
Plus bas, tube de selle et tube oblique ferment ce triangle sur un boîtier de pédalier au format T47, à roulements internes. Une solution technique de filetage à M47 x 1 mm imaginée par Chris King et censée réunir le meilleur : un boitier de pédalier fileté qui peut accueillir les plus gros axes de pédalier, tout en facilitant l’intégration des gaines. En somme, une sorte de super BSA, dans un but de fiabilité et de rigidité.
Un boîtier de pédalier au format T47, à roulements internes, 19 % plus rigide que sur le G85 Cezal « classique » – photos Jean-Alexis Duthoit
Contrairement à la tendance actuelle, le tube oblique ne comporte aucun compartiment technique intégré. Là-dessus, c’est un choix assumé du fabricant de préserver l’intégrité de la structure du cadre afin d’obtenir précisément la rigidité souhaitée.
Ne chercher pas, il n’y a pas de compartiment de rangement sur ce cadre – photo Jean-Alexis Duthoit
Un peu plus haut, le collier de serrage de selle est plus classique, quoique bien intégré. Ce système de serrage semi-intégré est un compromis intéressant, entre intégration et fiabilité.
Un système de serrage plutôt simple, et surtout efficace – photo Jean-Alexis Duthoit
Immédiatement en dessous, le logo UCI atteste de l’homologation de ce cadre pour la compétition. Une certification logique pour un vélo de cette catégorie et de cette gamme, potentiellement piloté par des coureurs gravel professionnels.
Ce logo UCI atteste de l’homologation de ce cadre pour la compétition – photo Jean-Alexis Duthoit
Quant à la clearance (dégagement) qu’offre le cadre du G85 Cezal RS, LOOK annonce un maximum de 50 mm en roues de 700 et en montage mono, 45 mm en double plateau (50 dents max.). Le pneu Hutchinson Touareg Race GS de 45 mm est, dans le montage présent, mesuré à 47 mm de largeur.
Le cadre offre un dégagement pour des pneus de 50 mm maximum – photo Jean-Alexis Duthoit
Du côté de la recherche aéro, LOOK a privilégié le contrôle en situation réelle plutôt que des tubes très profilés. Voici les résultats d’une analyse réalisée par LOOK : « sur une simulation de course de 146 km, des cadres purement aéro ont fait gagner 137 secondes sur le papier. Mais un vélo rigide et inconfortable peut coûter de 63 à 84 secondes dans les descentes techniques, et de 60 à 100 secondes en interruptions de pédalage sur les irrégularités. Le résultat : la preuve que le confort, le contrôle et la position du cycliste permettent d’aller plus vite sur de vrais parcours gravel ».
Illustration du fabricant LOOK pour argumenter son concept
Romain Simon, chef de produit cycle chez LOOK illustre cette approche pragmatique ainsi : « Avec le G85 Cezal RS, nous ne voulions pas obliger les cyclistes à choisir entre poids et polyvalence : nous avons donc conçu une plateforme unique qui couvre pratiquement tous les scénarios. Notre équipe route connaît l’aérodynamique sur le bout des doigts, et c’est précisément pour cela que nous avons choisi de ne pas sacrifier le contrôle du cycliste à des gains aérodynamiques marginaux. »
La fourche
La douille de direction accueille une fourche intégralement en carbone, conçue autour d’un axe traversant de 12 × 100 mm, et tout comme le cadre, d’une conception Flat-Mount pour fixer l’étrier de frein.
Cette fourche possède un déport de 50 mm. Quant à la clearance qu’elle offre, LOOK annonce une largeur maximale de 57 mm en roues de 700.
Cette fourche peut accueillir un pneu avant d’une largeur maximale de 57 mm en roues de 700 – photo Jean-Alexis Duthoit
Il est à noter que cette fourche ne dispose pas d’insert. Autant de signes qui ne trompent pas sur l’optimisation aérodynamique souhaitée à tous les niveaux. Pour autant, la géométrie du vélo est imaginée pour accepter une fourche suspendue jusqu’à 60 mm de débattement.
Cette fourche ne dispose pas d’insert – photo Jean-Alexis Duthoit
Sur le plan de la transmission et du freinage, c’est SRAM qui équipe ce LOOK. Plus précisément, on retrouve un groupe complet Red XPLR AXS que je vous invite à découvrir intégralement dans mon test spécifique, du montage en atelier à son utilisation en conditions de course :
Point particulier : dans cette version haut de gamme, le pédalier SRAM Red XPLR est équipé d’un plateau aéro de 44 dents. Encore un signe qui ne trompe pas sur la vocation de ce vélo.
Un plateau aéro de 44 dents annonce clairement la couleur – photo Jean-Alexis Duthoit
Roues et pneus
Les roues sont les Sharq 42 du catalogue Fulcrum. Plus précisément, des moyeux à roulements en céramique équipent ces roues, dont la fixation des disques est au format Center Lock. Les jantes sont en carbone, de 42 à 47 mm de hauteur (profil en vague) et d’une largeur interne de 25 mm, avec mini-crochet.
Roues Fulcrum Sharq- photo Jean-Alexis Duthoit
Ce set pèse autour de 1440 g, et se facture tout de même 2 460 € vendu au détail (prix catalogue). Quant à la monte pneumatique, c’est Hutchinson qui équipe ce vélo, avec des pneus Touareg Race GS de dimensions 700×45 mm. Cependant, après mesure, ces pneus affichent 47 mm de largeur sur ce montage à une pression de 2 bars.
Hutchinson Touareg Race GS 700×45 mm – photo Jean-Alexis Duthoit
Périphériques
On retrouve sous les mains un cintre en carbone LOOK Aero Carbon RS3, d’une largeur de 400 mm pour ce montage en taille M. Quant à la potence, en carbone et spécifique à ce cintre, elle se nomme Aero Combo. Le résultat est l’apparence d’un combo d’une seule pièce, mais garde l’avantage de pouvoir différencier longueur de potence et largeur de cintre.
Cintre et potence forme un cockpit aéro en carbone – photo Jean-Alexis Duthoit
À l’opposé se trouve une tige de selle LOOK LS1 de diamètre 27,2 mm, en carbone et de section ronde. Là-dessus se dresse une selle Italia SLR Off Road.
Tige de selle LOOK SL1 – photo Jean-Alexis Duthoit
Mon exemplaire de test était livré avec un porte-bidon LOOK en carbone ainsi que des pédales LOOK X-One-G Max.
Des pédales LOOK, quoi de plus logique ? – photo Jean-Alexis Duthoit
Des pédales que nous avions pu tester dans ce dossier complet sur la nouvelle gamme de pédales LOOK :
Pour finir cette présentation statique, on notera le poids que j’ai pu mesurer à 8,345 kg avec les pédales et le porte-bidon. Le poids à vide de 7,9 kg en taille M annoncé par le fabricant est donc tout à fait réel, soit la confirmation d’un montage résolument haut de gamme.
Avec un poids qui flirte avec les 8 kg, nous sommes en présence d’un gravel haut de gamme – photo Jean-Alexis Duthoit
Le LOOK G85 Cezal RS à l’épreuve du terrain
J’ai pu rouler avec ce vélo durant un mois dans le Var, plus précisément sur le secteur du massif des Maures, toujours agréable en cette saison. Entre vélotaf et plusieurs entraînements sur route et sur piste, j’ai pu le tester lors de l’Automnale de More Gravel, avant de conclure ce test en Gravel Race sur le Raid des Alpilles, ultime manche du Wish One Gravel Tour.
Un test de 900 km, sur une période d’un mois – photo Jean-Alexis Duthoit
Réglages
J’ai opté pour la taille M pour ma stature de 1,79 m et 84 cm d’entre-jambes. Il m’a fallu peu de temps pour trouver la meilleure position. Notamment parce que je me suis immédiatement senti bien sur ce vélo. Comme je le répète souvent, un bon vélo, c’est déjà et avant tout un vélo à sa taille ! Étant plutôt adepte des positions aérodynamiques, je pensais descendre rapidement ce cockpit, monté dans sa position la plus haute.
Bien à ma taille, je me suis rapidement senti bien sur ce gravel – photo Jean-Alexis Duthoit
Mais, au fil des sorties, j’ai sans cesse repoussé ce moment, tout simplement parce que finalement l’équilibre du comportement était parfait ainsi. C’est d’autant plus une surprise puisque le stack du cadre est plutôt élevé. Mais, comme toujours, il faut rouler pour comprendre vraiment une géométrie.
La lire ne suffit pas, il faut rouler pour comprendre une géométrie – photo Jean-Alexis Duthoit
LOOK G85 Cezal RS : ses aptitudes sur route
Les routes de l’arrière-pays mettent immédiatement au jour les qualités dynamiques du LOOK G85 Cezal RS sur le bitume. C’est d’autant plus vérifiable quand le rythme s’accélère, où je n’ai jamais pu mettre en défaut la rigidité de ce cadre. À ce titre, je ne suis pas surpris que LOOK annonce que ce gravel a la même efficacité de transfert de puissance que le vélo de route 795 Blade RS 3 !
Sur route, ce vélo est ultra efficace, et même un véritable rail en descente – photo Florent Fraicher
Il faut dire que la zone du boîtier de pédalier s’avère d’une rigidité implacable. « Raide comme la justice », chaque effort musculaire est bel et bien transmis à la roue arrière, avec le moins de perte mécanique possible. De plus, les roues Fulcrum excellent dans cet exercice. Ainsi équipé, ce G85 Cezal RS peut sans peine venir remplacer un vélo de route. Même si moins tranchant dans les changements de direction qu’un vélo de course, le G85 Cezal RS reste un vélo apte à évoluer dans un peloton de routiers. D’ailleurs, les descentes de col sont un régal à son guidon, un véritable rail ! Une performance à mettre au crédit de la rigueur de l’ensemble douille de direction/fourche.
LOOK G85 Cezal RS : ses aptitudes sur les pistes
À l’occasion de l’Automnale de More Gravel, le relief du massif des Maures fut ma première « vraie » sortie gravel au guidon de ce vélo.
Assez rapidement, de bons temps sur des segments off-road confirment mes sensations ressenties sur la route : ce vélo possède de solides qualités dynamiques. Sa rigidité latérale me permet de réaliser d’excellents chronos, et même de reprendre quelques KOM ici et là…
Un gravel dynamique et joueur – photo Jean-Alexis Duthoit
Là-dessus, il faut dire que les roues ne sont pas en reste et apportent une certaine facilité à relancer et à conserver la vitesse atteinte.
Les roues sont un point fort de ce modèle – photo Jean-Alexis Duthoit
De même, je constate une excellente stabilité. Une conséquence de sa géométrie, qui permet de se sentir en confiance dans la plupart des situations.
Un vélo particulièrement stable – photo jean-Alexis Duthoit
La filtration verticale du cadre est bonne, notamment grâce à un triangle arrière qui assure correctement son rôle, tout comme la tige de selle. Pour autant, on reste sur un cadre qui privilégie la rigueur dynamique plutôt que le confort. Mais, l’équilibre entre dynamisme et confort est savamment dosé.
La géométrie reste polyvalente, ce qui permet de rouler à toutes les allures avec un certain plaisir – photo Jean-Alexis Duthoit
Le LOOK G85 Cezal RS en Gravel Race
Direction Maussane-les-Alpilles pour s’aligner sur la Gravel Race du Raid des Alpilles. Au programme, environ 70 km et 1100 m de D+ sur un terrain majoritairement caillouteux.
Sur les chemins aux revêtements homogènes, et les portions routières, le G85 Cezal RS possède des atouts indéniables. Tout d’abord une précision remarquable, conséquence de la rigueur de son cadre et de sa fourche. C’est un point important en course, où nos vitesses sont nécessairement plus élevées. Dans ces conditions, le cockpit est également parfait.
Le cockpit est parfait pour cet usage compétitif – photo Philippe Aillaud
En conséquence logique, cette rigueur dynamique se paye un peu côté confort. Mais, sans pour autant être un réel défaut. La filtration verticale reste acceptable, notamment grâce à des bases – relativement – longues de 425 mm et à un bon travail des haubans. Cela permet d’assurer un minimum de motricité, même quand le revêtement des pistes se dégrade sérieusement.
Sur ce type de revêtement, la rigidité se paye, mais le vélo reste tout de même largement contrôlable – photo Philippe Aillaud
Du côté de l’équipement de cette version, rien à redire, bien au contraire. Les roues se révèlent être ici dans leur élément. Leur hauteur modeste et leur profil particulier sont des atouts majeurs par cette journée de fort mistral. De même, le plateau de 44 dents du pédalier SRAM Red XPLR s’avère être un équipement parfaitement en phase avec une pratique dynamique et/ou compétitive.
Quand les vitesses s’élévent, le plateau de 44 dents est un atout indéniable – photo Philippe Aillaud
Ainsi, dans ces conditions de course, le rendement mécanique de la transmission est bien supérieur qu’avec un plateau de 40 dents, notamment grâce à une meilleure exploitation de la cassette. Dans les quelques singles techniques de l’épreuve, j’ai une nouvelle fois pu apprécier la stabilité impériale de ce vélo. Sur ce parcours très sinueux et tout en relief changeant, le stack relativement élevé du cadre (pour un vélo typé gravel race) n’est pas une gêne, bien au contraire. Il se révèle être même un atout pour ménager son pilote, et assurer un bon équilibre dans les portions techniques.
La géométrie équilibrée de ce gravel est un atout précieux quand le parcours devient plus complexe – photo Photossports
L’heure du bilan
Enchaîner les kilomètres au guidon du LOOK G85 Cezal RS est une expérience captivante. Sur ce type de gravel, et avec un minimum d’entraînement, il est aisé de réaliser de belles moyennes, aussi bien sur route que sur les pistes. Avec ce G85 Cezal RS luxueusement équipé, LOOK frappe au cœur de la cible souhaitée : les compétiteurs. Ceux-ci trouveront là une machine « prête à courir » et même, pour certain(e)s, « prête à gagner ». Difficile de trouver à redire sur ce vélo, si ce n’est peut-être son prix ? Mais, finalement, pas vraiment puisqu’il se situe, à équipements équivalents, au milieu de la fourchette de prix de ce type de vélo. Sur un plan plus personnel, j’ai vraiment pris du plaisir à rouler ce vélo LOOK, qui, comme en 2019 avec le 765 Gravel RS, m’a réjoui de piloter un gravel aussi performant, qui soit conçu, peint et assemblé en France.
Personnellement, j’ai pris un plaisir immense à rouler ce gravel LOOK – photo Jean-Alexis Duthoit
Laurent de Bike Café vous présente une sélection d’équipements testés ces dernières semaines. Le gravel se segmente : Ultra, Gravel Race, Social Rides, etc. Les équipements suivent cette évolution. Vous pouvez retrouver toutes nos pages sélection ici.
Casque Giant Rev Pro Mips
Voici un des tous derniers casques dévoilés par le fabricant Giant. Il s’agit du Rev Pro Mips, un casque taillé pour la route et le gravel. La marque précise qu’une analyse approfondie CFD (Computational Fluid Dynamics) et une cartographie thermique ont guidé le développement de ce casque. Cette technique a permis de valider la disposition des évents et des canaux de flux d’air internes.
Casque Giant Rev Pro Mips
Ce casque est fait d’EPS à double densité avec une coque inférieure Hardbody pour une gestion contrôlée des impacts. Alors qu’une protection contre les impacts rotationnels est prise en charge par le système Mips Air Node Pro.
Par ailleurs, une boucle magnétique Fidlock permet la fermeture rapide de la sangle. Enfin, j’ai pesé ce casque en taille M à 278 g (5,4 % plus léger que la génération précédente d’après Giant).
Le réglage du maintien occipital (la molette située à l’arrière du casque) se fait facilement et précisément, d’autant plus que l’on peut régler la hauteur du système sur pas moins de cinq positions ! Sur ce point, c’est plutôt exemplaire et meilleur que beaucoup de casques concurrents.
Le réglage du maintien occipital est un exemple de précision – Photo Jean-Alexis Duthoit
Une fois bien réglé, le casque est très stable et ne génère aucun mouvement parasite. Pour autant, et même en ayant choisi la bonne taille, je ressens quelques points de contact un peu désagréables. Mais, c’est là un point personnel. Comme tout casque, je ne peux que conseiller un essai préalable avant l’achat car nous avons tous des formes de têtes différentes !
Un look singulier – photo Jean-Alexis Duthoit
Quoi qu’il en soit, ce casque « ventile » très bien, se classant selon moi parmi les meilleurs sur cet aspect. Son look est plutôt tortueux, mélangeant courbes douces et arêtes plus vives. On aime ou pas, mais en tout cas il ne ressemble à aucun autre…
Un casque qui ventile bien – photo Jean-Alexis Duthoit
Même s’il ne correspond pas réellement à ma forme de tête, je ne peux pas le blâmer pour cela. Comme pour les selles, c’est un équipement personnel qu’il faut essayer avant son achat. J’estime que ce casque est une réussite quant à son look, sa ventilation, et ses possibilités – étendues – de réglages. Cela ne sera pas de trop pour espérer rivaliser avec les casques de son segment tarifaire !
Restons chez le même fabricant, Giant, pour découvrir ces nouvelles lunettes Aurea. Elles sont équipées de verres bleus ZEISS, un des leaders dans ce domaine.
Lunettes Giant Aurea à verres ZEISS
Elles sont conçues avec un large écran ventilé offrant une protection UV de catégorie 3 et une transmission de la lumière visible de 16 %.
Un large écran ZEISS et un look moderne – photo Jean-Alexis Duthoit
Ces lunettes proposent un ajustement personnalisé via des plaquettes nasales ajustables (trois positions pour ajuster la largeur).
La largeur du support nasal est ajustable sur trois positions – photo Jean-Alexis Duthoit
La monture est faite en Grilamid TR90, qui est un thermoplastique polyamide transparent haut de gamme développé par EMS-GRIVORY, particulièrement réputé pour sa légèreté et sa robustesse. Une caractéristique importante est la protection contre les chocs, avec des verres de 2,0 mm d’épaisseur. Ce qui n’empêche pas ces lunettes Aurea d’être légères puisque je les ai pesées à 31 g.
Un verre ZEISS de 2 mm d’épaisseur – photo Jean-Alexis Duthoit
Non monté et non testé ici, un clip nasal pour inserts optiques permet d’intégrer des verres correcteurs derrière l’écran principal.
Le packaging est complet avec une boite rigide, une housse, et des inserts spécifiques pour des verres correcteurs – photo Laurent Biger
Sur les pistes
Autant vous le dire d’entrée, testant régulièrement des paires de lunettes de marques dites « spécialistes », je n’attendais pas grand chose de celles-ci, venant d’un fabricant qualifié de « généraliste ». Et bien, j’ai rapidement revu mon jugement. Ce fut clairement une excellente surprise de rouler avec ces lunettes Giant Aurea sur le nez !
Ces lunettes sont une excellente surprise – photo Jean-Alexis Duthoit
Si le déballage m’avait déjà, au premier abord, impressionné par la finition du produit, c’est bien sur les routes et les pistes que je les ai adoptées. Le maintien nasal est, une fois réglé, vraiment parfait, ce qui offre une stabilité inébranlable. De même, ce réglage du support nasal permet de faire « descendre » l’écran afin de réduire autant que possible la distance entre la partie inférieure de l’écran et le visage. Ainsi, peu de poussière peut s’y introduire. Car c’est là une des particularités de notre pratique gravel, surtout à une certaine vitesse : la remontée de poussière générée par la roue avant peut être importante, mais aussi celle générée par les cyclistes qui vous précèdent !
Sur les pistes – photo Jean-Alexis Duthoit
Le confort des branches est lui aussi impressionnant, tandis que le verre Zeiss offre un contraste élevé très agréable à l’usage. Vous l’aurez compris, j’ai été conquis par ces lunettes Aurea, qui selon moi (re)place Giant au même niveau que les fabricants spécialistes en lunettes de cyclisme.
Fabric se présente comme une marque qui conçoit des produitscentrés sur la simplicité, le design ergonomique et l’innovation technologique. Dans cet esprit, leur bidon GRIPPER a connu un certain succès, devenant un best-seller de la marque britannique. Mais, Fabric prend le risque de faire évoluer son bidon iconique, sobrement nommé GRIPPER V2.
Comme toujours chez Farbic, on retrouve des coloris qui se distinguent vraiment des produits concurrents. Cela plaira à ceux qui souhaitent personnaliser leurs vélos, ou encore pour l’accorder à leurs tenues du moment. Deux contenances sont proposées : 600 ml et 750 ml.
Deux contenances au choix : 600 ou 750 ml
Le GRIPPER V2 conserve les caractéristiques ergonomiques qui avaient fait de son prédécesseur un modèle très apprécié. Une texture en relief, intégrée au niveau du goulot, garantit une prise en main facile et sûre, quelles que soient les conditions météorologiques. On retrouve un corps souple et compressible – garanti sans BPA – et une valve en silicone à haut débit. Le fabricant est sûr de lui en annonçant une absence totale d’odeur et de goût, grâce à un agent antimicrobien intégré.
Sur les pistes
Pour commencer, je précise que je n’ai pas testé ces bidons avec le porte-bidon GRIPPER CAGE de chez Fabric. Pour autant, les deux bidons en format 750 ml se sont parfaitement accordés à des porte-bidons de marque ELITE et LOOK. Voilà déjà un bon point ! Dans ce grand format, la contenance est intéressante, tout en restant stable, ce qui n’est pas toujours le cas des grands bidons.
Les deux bidons Fabric GRIPPER V2 lors de la randonnée L’Automnale de More Gravel – photo Laurent Biger
Dans ces coloris Smoke et Clear, les bidons GRIPPER V2 s’accordent facilement sur un vélo aux couleurs sombres. La prise en main est facile et sûre, notamment grâce à la forme bien étudiée. C’est un point important pour notre pratique gravel, où l’on doit pouvoir saisir – et remettre – facilement son bidon, malgré des conditions qui, sur les pistes, peuvent être compliquées. Quant au débit, il est relativement important, et surtout facile à doser, grâce au corps souple du bidon. Au final, rien de révolutionnaire mais l’assurance d’un bidon bien imaginé, bien construit et surtout agréable à l’usage.
Restons chez le même fabricant pour découvrir cette guidoline KNURL GRAVEL. Celle-ci est faite d’un ruban absorbant de plus de 3,5 mm d’épaisseur, avec un motif en losange antidérapant. Du gel silicone est présent pour amoindrir autant que possible les vibrations. Un point très intéressant est que pas moins de six couleurs sont proposées ! De quoi obtenir un accord parfait avec sa monture préférée…
Fabric KNURL GRAVEL
Le packaging contient deux rubans de guidolines, deux bandes adhésives pour la finition et deux bouchons en aluminium à expandeurs intégrés.
Bouchons en aluminium Fabric
Sur les pistes
Avant les pistes, il faut procéder au montage. Pour cela, j’ai fait appel à mon ami Guillaume, plus précis que moi dans cette tâche ô combien agaçante (je préfère, de loin, changer un boîtier de pédalier que poser une guidoline). D’après lui, la qualité de ce produit est perceptible dès le montage, où la texture et la résistance permettent d’enrouler sans trop de difficulté les angles du cintre, même autour de la commande de la tige de selle télescopique.
C’est également vrai pour les bouchons qui permettent de maintenir le ruban : la qualité est au rendez-vous, ce qui facilite le montage et apporte une finition haut de gamme à l’ensemble.
Bouchons en aluminium Fabric – photo Jean-Alexis Duthoit
Une fois sur les pistes, l’épaisseur conséquente est immédiatement perceptible. Sur nos vélos gravel qui sont – pour la plupart – dénués de suspension, ce n’est pas un détail !
Le gel apporte un surcroît de confort fort appréciable sur les pistes, en filtrant une partie des vibrations, tout en améliorant la prise en main. Tout comme les bidons, Fabric réalise là aussi un produit d’une grande qualité, associé à un look vraiment sympa.
Pour être honnête, initialement je devais tester et vous parler du nouveau liquide préventif Stan’s Rolled Gold, spécialement conçu pour les « hautes pressions » des pneus tubeless route et gravel. Sauf que n’ayant eu aucune perforation visible avec celui-ci, je suis bien incapable de juger objectivement de son efficacité ! En revanche, j’ai de quoi dire sur l’outil que m’a envoyé Stan’s pour injecter ce liquide préventif, le Tubeless Sealant Injector. Derrière ce nom martial se cache un outil des plus simples.
Stan’s Tubeless Sealant Injector
À l’atelier
Même si j’ai déjà eu des outils proches de celui-ci, ce Tubeless Sealant Injector se démarque de ses concurrents. Déjà, il se distingue par une contenance confortable de 150 ml (maximum). Il pourra donc aussi bien servir pour le gravel que pour le VTT.
150 ml de capacité – photo Laurent Biger
Ensuite, c’est un outil simple : une seringue, et surtout un embout spécial, qui vient par-dessus la valve. Au préalable, il faudra avoir retiré l’obus de valve ou un autre dispositif si vous utilisez une valve tubeless plus moderne. Ensuite, il suffit de remplir le corps de la seringue avec la quantité de liquide préventif souhaitée.
Remplissage de la quantité de liquide préventif souhaitée – photo Laurent Biger
Puis, avec le piston et une légère pression, on injecte le contenu dans le pneu.
Injection du liquide préventif – photo Laurent Biger
L’étanchéité du raccord est parfaite, ce qui est vraiment le point le plus appréciable de ce système.
L’étanchéité du raccord est parfaite – photo Laurent Biger
Enfin, on retire le dispositif. Si un autre pneu est à faire, il suffit de replacer l’obturateur sur l’orifice afin de ne pas laisser échapper du liquide préventif.
Unobturateur bien pratique
Ensuite, un nettoyage intégral à l’eau chaude est requis. Après quelques dizaines d’utilisations, l’outil n’a rien perdu de son étanchéité et se montre toujours fonctionnel. En somme, un outil simple et robuste, pour un prix qui reste encore correct.
Après tous ces tests, il est temps de nettoyer son gravel ! L’occasion de découvrir ce pack Ultimate Bike Care d’Hutchinson. Ce kit fournit un total de quatre articles :
J’ai testé les produits d’entretien de ce pack sur plusieurs nettoyages sur des gravel plus ou moins sales après des entraînements et la Gravel Race du Raid des Alpilles. Voici mon avis sur chacun de ces produits Hutchinson, dans l’ordre de nettoyage – logique – que préconise Hutchinson, et précisé par les numéros 1, 2 et 3 sur chacun des contenants.
Hutchinson Bike Cleaner
Ce produit de nettoyage est généreux dans sa contenance, de 1 litre, mais aussi par son jet puissant. Ainsi, il est facile de pulvériser le produit sur un vélo préalablement rincé pour enlever « le gros ».
Hutchinson Bike Cleaner – photo Laurent Biger
Grâce à sa formule moussante, le produit adhère bien sur le cadre, ce qui facilite son application et évite d’en gaspiller.
Hutchinson Bike Cleaner – photo Laurent Biger
Du côté de l’efficacité de nettoyage, c’est satisfaisant. Peut-être pas encore au niveau des marques spécialistes en la matière (vous pouvez en retrouver une sélection ici), mais globalement le résultat est satisfaisant. Point positif, le pulvérisateur peut être – heureusement – rechargé pour être réutilisé. Autre point positif, ce produit est 100 % biodégradable.
Hutchinson Chain Cleaner
Passons maintenant au nettoyage de la transmission. Pour cela, le produit Chain Cleaner que propose Hutchinson est également dans un format généreux de 1 litre. Ce produit est fabriqué en France et contient un additif anticorrosion. Hutchinson le présente comme « une formule surpuissante, fabriquée en France, conçue pour dissoudre et éliminer radicalement les dépôts de graisse, l’huile et les résidus les plus tenaces de votre chaîne, cassette et dérailleurs ».
Hutchinson Chain Cleaner
À vrai dire, c’est le même type de bidon et de pistolet pulvérisateur que le précédent produit. Si le pistolet pulvérisateur remplit bien son rôle pour appliquer le produit de nettoyage Bike Cleaner, ce n’est pas le cas ici. Le jet manque cruellement de précision, alors que l’application de ce type de produit requiert de pouvoir être précis quant aux zones visées.
Un pulvérisateur qui manque cruellement de précision – photo Laurent Biger
C’est regrettable car le produit adhère bien aux composants à dégraisser, et se montre relativement efficace pour ôter la graisse et autres résidus.
Le produit Hutchinson Chain Cleaner en action sur une cassette SRAM 10 – 46 dents – photo Laurent Biger
Hutchinson All Season Lube
Le nettoyage et le dégraissage étant terminés, il est temps de lubrifier sa chaine. Dans ce rôle, Hutchinson propose le lubrifiant All Season Lube.
Hutchinson All Season Lube – photo Laurent Biger
Le fabricant avance« une longévité exceptionnelle allant jusqu’à 500 km ». Si c’est probablement véridique pour un usage routier sous de bonnes conditions météorologiques, cette estimation s’est vite avérée trop optimiste pour un usage gravel. Je l’ai utilisé durant mes entraînements, ainsi qu’en Gravel Race sur le Raid des Alpilles.
Des conditions sévères, mais habituelles en gravel – photo Laurent Biger
Une de ses qualités est qu’il ne noircit pas la transmission, et reste efficace de nombreuses heures, même dans des conditions sévères. J’ai déjà utilisé des lubrifiants plus résilients, mais le prix n’est pas le même non plus ! On peut donc en conclure que ce lubrifiant fait le job au regard de son prix abordable.
Après plus de six jours pour parcourir les 1200 km à travers les hautes montagnes et les pistes péruviennes du BikingMan IncaDivide 2026 (que je vous raconte ici !), je pense qu’il est temps de vous faire un retour sur le matériel Ekoïqui m’a accompagné dans cette aventure. Pour cette occasion, la marque d’équipement basée à Fréjus m’avait fourni la quasi-totalité du matériel textile nécessaire, et c’est habillé Ekoï de pied en cap que je pris le départ le 19 août.
Photo Benjamin Bodot
Pour ne rien vous cacher, j’ai reçu tout cet équipement très peu de temps avant mon départ pour le Pérou. Et j’ai dû en échanger une grande partie seulement trois jours avant mon départ de France pour des ajustements de taille et des adaptations face aux températures attendues. Je tiens d’ailleurs encore à remercier Tom et Alexandre ainsi que l’équipe du showroom pour leur compréhension et leur aide. Tout ça pour vous dire que j’étais assez peu rassuré de partir sur une telle aventure avec du matériel jamais essayé. Les amateurs de longues distances me comprendront quand je vous dirai que ma plus grande crainte portait évidemment sur le cuissard. Sans rentrer dans les détails de mon intimité postérieure, il m’a fallu tester plusieurs modèles de plusieurs marques avant de trouver mon bonheur. Mes premières courses me laissant un souvenir « cuisant » de ce côté-là.
Mon avis
Comme je l’avais déjà écrit dans mon test des chaussures Ekoï Perf XC R4, au fil des années Ekoï est devenu l’un des plus gros acteurs du monde de l’équipement cycliste. La qualité est au rendez-vous et sa présence au cœur des pelotons en est la preuve même. Les gammes sont nombreuses et bien fournies, couvrant l’intégralité du spectre cycliste et répondant à tous les niveaux et budgets.
Photo BikingMan
Six jours durant j’ai porté le même cuissard, les mêmes maillots, chaussures, sous-maillot, casque et lunettes. Quinze heures par jour et aucun lavage. Des températures oscillant de 2 à 35 degrés avec de la pluie, de la neige et du soleil. Un test court mais intensif. Et, je n’ai aucun reproche à faire, sur aucune des pièces. Pas de soucis, aucune douleur, ravi de cet équipement qui a parfaitement rempli son rôle. Du matériel qualitatif et solide, confortable et apportant des détails techniques intelligents. Je pense par exemple aux petites poches latérales du maillot, aux poches cargo et dorsale du cuissard, aux éléments réfléchissants sur le cuissard ou à l’excellente tenue des lunettes sur le casque. Je suis très satisfait et ne peux que constater la qualité des produits.
Le matériel emporté
Voici le détail du matériel Ekoïutilisé durant l’aventure. Certains équipements fournis n’apparaissent malheureusement pas dans cette liste car soit je ne les ai pas utilisés durant la course, soit je les ai laissés à l’hôtel au dernier moment au regard de la météo et surtout du poids de mon vélo chargé. Je n’inclus pas non plus les chaussures Ekoï Perf XC R4 que j’utilise depuis le BikingMan Maroc de cette année. Elles ont déjà fait l’objet d’un article dédié. J’en suis d’ailleurs toujours très content et cet IncaDivide n’a fait que confirmer le bien que j’en pensais.
Les chaussures Ekoï Perf XC R4 que j’utilise depuis le BikingMan Maroc 2026 – photos Benjamin Bodot
Cuissard court
On débute avec ce qui représente l’élément clé de la tenue du cycliste, le cuissard. Comme je l’ai dit plus tôt, j’ai dû en tester plusieurs avant de trouver un modèle qui me convenait et qui pouvait me suivre sur une course de 60 heures sans brûlures ou autres douleurs de selle. Partir sur une telle aventure sans avoir fait un kilomètre avec ce cuissard me paniquait clairement. Voici donc le cuissard EKOI Racing Cargo BikingMan Reflective Evo développé en collaboration avec Axel Carion.
Photo BikingMan
Et quelle surprise ! Rien, absolument rien. Pas de brûlure, ni même la moindre irritation. J’ai porté le même cuissard du prologue jusqu’à l’arrivée. Ne l’ôtant que la nuit pour dormir. Par précaution, j’avais tout de même emmené mon cuissard habituel, discrètement dissimulé au fond de ma sacoche. Il n’en est pas sorti. Bluffant. L’insert est très confortable, il s’agit de la version Gel Ultimate prévue pour des sorties très longues. L’ajustement au niveau de l’insert est plutôt large, en évitant de trop comprimer à l’entrejambe et laissant un peu de mouvement dans cette zone.
Photos Ekoï
L’ajustement global du cuissard est très agréable avec une compression légère, attention cependant à bien choisir la taille car il est plutôt coupé large. J’ai personnellement dû prendre une taille en dessous de ce que me préconisait le guide de taille. Au chapitre des bonus, des poches cargo latérales hyper pratiques et bien ajustées ainsi qu’une très intelligente large poche en bas du dos. Mon tracker GPS y passa toute la course.
Des poches très pratiques – photos Ekoï
On peut aussi noter des inserts réfléchissants en bas des cuisses d’une efficacité assez bluffante. Un détail bien pensé pour un usage longue distance. Enfin, le cuissard est construit à partir de tissu Cordura® anti-abrasion, annoncé pour être 10 fois plus résistant à l’abrasion. Testé sur une petite chute dès le premier jour, aucun accroc !
Détails du cuissard – photos Ekoï
Une vraie bonne surprise que ce cuissard, et c’est peu dire que je lui en ai demandé.
Prix : 249,99 €, actuellement en promotion à 100 €
Maillot court
Maintenant, la pièce la plus visible de ma tenue. Le maillot. Mon choix s’est porté sur le Maillot EKOI Racing BIKINGMAN EVO 10TH ANNIVERSARY, édité pour marquer les 10 ans du BikingMan, choisi principalement car j’adore ses couleurs.
Photo BikingMan
Bien coupé et très respirant, sans flottement de tissu sous le vent ni de compression excessive. J’ai particulièrement apprécié les poches latérales additionnelles. Très accessibles, elles abritèrent ma monnaie d’un côté et la crème solaire ainsi que le stick à lèvres de l’autre. Les poches arrière servant à stocker un peu de nourriture et des emballages vides.
Détails des poches latéralesPhotos Ekoï
Rien à lui reprocher, je l’ai porté durant cinq jours sans aucune gêne. Comme pour le cuissard, attention au guide de taille, je l’ai pris en L, soit une taille en dessous de la préconisation. Et qu’est ce qu’il est beau !
Prix : 109,99 €, actuellement en promotion à 76,99 €
Veste thermique
Également une bonne surprise que celle-ci. La veste thermique EKOI Perf Elegance fut mon alliée lorsque les températures descendaient un peu trop. La doudoune ne sortant qu’en dessous de cinq degrés.
Photo BikingMan
Ajustement parfait, comme pour le maillot, pas de mouvement sous le vent et pas de compression excessive. Recouverte d’un traitement déperlant et possédant une surcouche de poitrine en matière isolante Primaloft® assurant une isolation frontale supplémentaire. Trois poches dorsales ainsi qu’une poche zippée.
Photos Ekoï
Une belle veste bien ajustée et assez fine pour se faire complètement oublier au roulage.
Je voulais un casque blanc, pour le soleil, léger et qui tienne parfaitement bien les lunettes. Contrat rempli. Peu épais sur la tête, le Gara ne pèse que 248 grammes et sait parfaitement se faire oublier au fil des kilomètres. D’un très grand confort et bien ventilé, son ajustement se fait précisément grâce à un serrage BOA® micrométrique et des sangles ajustables.
Photos Ekoi
Deux petits détails très appréciables, tout d’abord la boucle magnétique, un petit plus assez anodin mais qui apporte une facilité d’utilisation assez agréable. Revenir à un casque à clip est assez frustrant ensuite. Deuxième point, l’excellente tenue des lunettes : je roule beaucoup avec les lunettes sur le casque et il m’arrivait régulièrement de les voir sauter dans des sections un peu cabossées. Impossible avec le Gara, la tenue est excellente, et pourtant ça a secoué ! Une fois calées sur le casque, les lunettes n’en sortiront jamais toutes seules.
Prix : 169,99 €, actuellement en promotion à 101,99 €
Lunettes
Photos BikingMan
Je n’ai pas une grande expérience dans les lunettes de vélo, me contentant jusqu’à présent d’une paire photochromique assez basique. Grand bond en avant pour moi lors de cette épreuve avec les lunettes EKOI Perf CARBON28 Infinite PH. Hyper légères, 28 grammes vérifiés sur la balance et très agréables à porter. La forme est ergonomique et vient se caler parfaitement sous le casque.
Cette paire de lunettes se compose d’un écran en polycarbonate monté sur des montures en carbone, photochromique catégorie 1-3, il se teinte rapidement en fonction de la luminosité. Les montures et l’insert pour le nez sont démontables afin de pouvoir laver intégralement l’écran.
Photos Ekoï
Je les ai adorées, et les adore encore car je les porte dorénavant tous les jours. Elles se font complètement oublier, qu’elles soient portées ou calées sur le casque, grâce à leur légèreté et leur confort. Je peux également témoigner de leur solidité après les avoir fait tomber deux ou trois fois en voulant les remettre avec mes gros gants.
J’ai l’habitude de porter des gants un peu plus épais lors de mes courses pour assurer le confort de mes mains. Ici, c’est la promesse de l’amorti de l’insert en PORON®XRD qui m’a fait les choisir. Annonçant jusqu’à 90% d’amorti en plus par rapport à une mousse standard. Je ne saurais pas vous confirmer le chiffre de 90%, mais je peux vous témoigner du très bon amorti que j’ai ressenti. Cette paire est de plus très légère et assure une bonne ventilation. Je n’ai eu aucune sensation de chaleur et la régulation de la transpiration était bonne. Également très fins, il m’arrivait régulièrement de les garder lorsque j’enfilais la paire chaude pour profiter de leur amorti supplémentaire.
Photos Ekoi
Et pour parader aux ravitaillements, ce sont les mêmes gants que les pros, et rien que ça, c’est 10 watts supplémentaires ! Blague à part, cette paire de gants a été développée pour les coureurs professionnels, un détail qui parait anodin, mais c’est assurément un gage de sérieux et d’exigence.
Afin de conserver le gain de watts des gants courts, j’ai aussi choisi dans la gamme Ekoi une paire de gants longs, utilisée par les coureurs des équipes Israël Premier Tech et Arkea B&B Hotels. Les Gants hiver EKOI Racing SHOCK ABSORBER BUFFER®.
Photos BikingMan
Attiré tout d’abord par leur finesse et l’amorti des inserts BUFFER®, j’ai beaucoup apprécié ces gants tout au long de la course. Ils sont vraiment fins, ce qui permet de garder une très grande liberté de mouvement. L’amorti est bluffant avec une vraie sensation de filtration des vibrations. Vis-à-vis de la tenue en température, je les ai trouvés très bien en dessous de dix degrés avec un effet coupe-vent appréciable. Ils sont de plus déperlants et possèdent aussi des inserts réfléchissants de bon aloi pour rouler la nuit. Leur limite se trouvera lorsque les températures descendent sous les cinq degrés ou lorsque la pluie s’intensifie, moment auquel j’enfilais par-dessus ma paire de sur-gants étanches de moto.
Photos Ekoï
Dernier détail devenu indispensable, des inserts tactiles sur pouce et index. Efficaces, aucun souci pour manipuler GPS ou téléphone, même avec les gants humides.
Prix : 89,99 €, actuellement en promotion à 53,99 €
Sous-maillot
Je ne suis assurément pas le mieux placé pour commenter les qualités d’un sous-maillot, je n’en porte qu’en course, et jusqu’à maintenant je me contentais d’un modèle assez basique. Pour l’occasion, j’ai choisi de tester le modèle EKOI Perf SUNLIGHT pour essayer d’en découvrir l’intérêt.
Alors, effet placebo ou non ? J’ai eu l’impression d’avoir une meilleure évacuation de la sueur, en évitant l’effet « maillot trempé ». Le sous-maillot est très léger et s’oublie complètement. Je n’ai pas ressenti de sensation de chaleur particulière et finalement j’ai plutôt apprécié de le porter. Maillot ouvert, j’avais vraiment la sensation qu’il aidait à faire circuler l’air pour mieux me rafraîchir. Pour être honnête, depuis mon retour, je le mets de plus en plus souvent dès que les sorties s’allongent un peu.
Dernier élément de la liste, la gapette ! Alors celle-ci ne m’a pas été fournie par Ekoi, du moins pas directement. Mais Ekoi est partenaire du BikingMan et c’est donc Ekoi qui fournit les casquettes à porter durant la course. Habituellement, je n’en porte que très rarement, lorsque les températures commencent à baisser et que le coup de tondeuse du coiffeur est encore récent. Donc quand Axel m’a annoncé que celle-ci était obligatoire pour voir nos numéros, j’étais un peu réticent. De peur d’avoir trop chaud ou de trouver ça inconfortable. Et bien pas du tout. Le modèle qui nous est fourni est la Casquette sous casque EKOI Perfaux couleurs de la course.
Photos BikingMan
Et elle est top ! Légère et respirante, elle évacue parfaitement la transpiration et laisse passer le flux d’air. Elle est assez fine et bien coupée pour ne pas gêner du tout sous le casque. De plus, sa visière est un atout appréciable lorsque la pluie est forte ou que la neige vient jouer les trouble-fêtes, comme ce fut le cas dans ma descente vers Layo.
Comme je l’ai dit au début de cet article, je suis ravi de cet équipement qui ne m’a absolument pas déçu tout au long de cette aventure. La qualité des produits Ekoï est pour moi aujourd’hui vérifiée et déclinée dans une gamme très large pouvant répondre à tous. Aucun reproche à faire à ce matériel qui m’a accompagné durant mes six jours d’aventure au Pérou. J’ai d’ailleurs hâte de tester les quelques éléments non utilisés durant la course tels que le coupe-vent court, la veste de pluie, les surchaussures ou le gilet thermique sans manche, vivement l’hiver !
Avec l’Axxome AL, Origine ouvre un nouveau chapitre pour le modèle emblématique de sa marque. Après plus de douze ans de développement autour de la gamme Axxome, le fabricant de Rouvignies propose une version avec un cadre aluminium à partir de 1 350 €. L’objectif consiste à rendre l’univers Axxome accessible à un public plus large, sans abandonner la personnalisation qui caractérise la marque. Dans un marché où le prix des vélos de route peut rapidement grimper avec les cadres carbone et les équipements haut de gamme, cette nouvelle proposition mérite attention. Cet Axxome AL ne se résume pas à un cadre moins coûteux. Origine mise aussi sur son configurateur, qui permet de démocratiser le choix des composants, des développements, des couleurs et des décors.
Photo Origine
Origine Axxome AL : un cadre en aluminium 6061
L’Axxome AL reprend les grandes lignes de la plateforme Axxome, développée par Origine depuis plus de douze ans. La marque entend conserver son approche du vélo de route, avec une géométrie équilibrée et un comportement adapté aussi bien aux sorties sportives qu’à une pratique plus régulière. Le cadre utilise de l’aluminium 6061. La marque indique que les tubes présentent différentes épaisseurs en fonction des contraintes mécaniques. Cette construction permet de limiter la quantité de matière dans certaines zones tout en conservant la rigidité nécessaire ailleurs.
Le cadre de l’Axxome AL utilise de l’aluminium 6061. Photos Origine
Le choix de l’aluminium permet surtout à Origine de proposer un prix d’accès inférieur à celui de ses modèles carbone. La marque affirme néanmoins avoir travaillé le rendement, la précision du pilotage et le comportement dynamique avec la même attention que sur les autres Axxome. Le poids dépendra de la configuration choisie. Origine annonce environ 10 kg pour le vélo dans sa version d’entrée de gamme à 1 350 €, équipée d’une transmission Shimano et de roues Mavic. Les montages les plus légers pourraient passer sous la barre des 8 kg. Ces chiffres montrent l’importance de la configuration dans le résultat final. Le prix de départ donne accès à la plateforme, mais le choix des roues, de la transmission et des périphériques déterminera le poids et le budget du vélo livré.
Une géométrie conçue pour une pratique mixte
Dentures : Double Shimano : du 46/30 au 52/36 dents Mono GRX : 38 à 48 dents Double Sram : 46/33 à 50/37 dents Mono Sram : 38 à 48 dents Mono Sram Wide : 38 à 50 dents
Origine présente l’Axxome AL comme un vélo destiné à plusieurs profils : cyclistes qui découvrent la route, pratiquants réguliers qui souhaitent progresser ou compétiteurs en devenir. La marque indique avoir étudié la géométrie en tenant compte des morphologies masculines et féminines. L’objectif consiste à proposer une position et un comportement adaptés à une pratique sportive, sans réserver le vélo aux seuls cyclistes qui recherchent la performance en compétition.
Photo Origine
Le cadre accepte des pneus de 25 à 35 mm. Ce dégagement ouvre plusieurs possibilités. Un montage en section étroite conviendra à ceux qui privilégient une configuration routière classique. Des pneus plus larges pourront apporter davantage de confort sur les chaussées dégradées et les petites routes rurales. Cette possibilité intéressera notamment les cyclistes qui empruntent des routes irrégulières ou souhaitent s’aventurer ponctuellement sur des chemins blancs bien entretenus. L’Axxome AL reste un vélo de route : son aptitude à sortir du bitume dépendra du choix des pneus, du terrain et de la configuration générale.
Photos Origine
Le cadre reçoit également deux porte-bidons, un boîtier de pédalier BSA de 68 mm et des axes traversants de 12 x 100 mm à l’avant et de 12 x 142 mm à l’arrière. Il accepte des freins à disque Flat Mount avec des disques de 160 ou 180 mm. Origine prévoit enfin une compatibilité avec les transmissions mécaniques ou électroniques, en mono ou double plateau, et adopte une patte de dérailleur universelle UDH.
Le configurateur Origine, au cœur de l’offre Axxome AL
Une palette de plus de 30 000 teintes et effets…
La personnalisation constitue l’un des principaux arguments de l’Axxome AL. Plutôt que de proposer quelques montages prédéfinis, Origine permet au client de composer son vélo à partir d’une plateforme commune. Le configurateur donne accès au choix de la transmission, des roues, des périphériques, du poste de pilotage, de la selle, des pneus et des développements. Le cycliste peut donc orienter sa configuration vers le confort, la polyvalence, la légèreté ou un budget maîtrisé. Le choix des développements mérite une attention particulière. Pour une pratique vallonnée, des rapports adaptés aux longues ascensions peuvent compter davantage qu’un gain de poids sur certains composants. À l’inverse, un cycliste qui roule principalement sur des parcours rapides pourra privilégier d’autres combinaisons.
Origine propose de choisir les couleurs et les décors grâce à son configurateur – photo Origine
La personnalisation concerne aussi l’apparence du vélo. Origine propose de choisir les couleurs et les décors grâce à son configurateur. La marque annonce une palette de plus de 30 000 teintes et effets, avec une peinture réalisée à la main en France. Selon la marque, cette personnalisation ne génère pas de surcoût. C’est un point intéressant dans une gamme où les options esthétiques et les montages spécifiques peuvent rapidement faire augmenter la facture. Le configurateur ne supprime toutefois pas la nécessité de faire des choix. Ajouter des composants plus légers ou sélectionner un groupe supérieur peut éloigner le prix final du tarif d’appel. Il faudra donc comparer les montages complets plutôt que de s’arrêter au seul prix affiché en première page.
Une fabrication française et une garantie à vie
Origine annonce un assemblage du vélo dans ses ateliers de Rouvignies, dans le Nord, ainsi qu’une peinture réalisée à la main en France. La marque précise également que l’Axxome AL bénéficie, comme ses autres cadres, d’une garantie à vie. Origine inscrit cette proposition dans une logique de vélo évolutif, capable d’accompagner son propriétaire sur plusieurs années.
Photo Origine
La garantie à vie constitue un engagement commercial à prendre en compte lors de l’achat. Comme toujours, ses conditions précises et son périmètre doivent être examinés dans les documents contractuels de la marque. La durabilité ne dépend pas seulement du cadre. Elle repose aussi sur l’entretien, la disponibilité des pièces, la possibilité de remplacer les composants et la cohérence du montage avec les besoins réels du cycliste.
L’Origine Axxome AL face aux contraintes budgétaires
Le lancement de l’Axxome AL intervient dans un contexte où le prix reste un critère important pour de nombreux cyclistes. L’achat d’un vélo de route ne se limite plus au cadre et au groupe : roues, pneus, périphériques, équipements de sécurité et entretien pèsent également dans le budget global. En choisissant l’aluminium, Origine peut proposer un prix d’entrée de 1 350 €, tout en conservant la personnalisation du montage et de la peinture. Le fabricant cherche ainsi à distinguer son offre des vélos vendus uniquement selon quelques configurations standardisées.
Photo Origine
Cette approche présente un intérêt : le client peut consacrer son budget aux composants qui comptent le plus pour sa pratique. Un cycliste qui roule toute l’année n’a pas nécessairement besoin du groupe le plus haut de gamme. Il peut préférer investir dans des roues adaptées, des pneus de qualité ou une transmission offrant les bons développements. Le prix final reste néanmoins déterminant. La liberté du configurateur peut permettre de construire un vélo cohérent, mais elle peut aussi conduire à multiplier les options. L’intérêt de cette formule dépendra donc de la capacité du cycliste à distinguer les équipements utiles des améliorations secondaires. Le cadre aluminium n’est pas non plus une solution universelle. Certains pratiquants continueront de privilégier le carbone pour ses caractéristiques et ses possibilités de conception. D’autres apprécieront l’aluminium pour son rapport entre prix, rigidité et poids. Le choix dépend avant tout de l’usage, du budget et des préférences de chacun. L’Axxome AL ne cherche donc pas à remplacer les modèles carbone de la gamme. Il ouvre une autre porte vers l’univers Axxome, avec un coût d’accès plus contenu et une configuration à la carte.
L’avis de Bike Café
Avec cet Axxome AL, Origine associe un cadre aluminium à une approche personnalisable du vélo de route intéressante. Le prix de départ de 1 350 € rend cette plateforme accessible, tandis que le configurateur laisse au cycliste la possibilité de choisir son équipement et un design personnalisé. Le dégagement pour des pneus jusqu’à 35 mm élargit également les usages allant des sorties sportives aux longues journées sur des routes moins régulières. Il ne transforme pas l’Axxome AL en gravel, mais lui offre une polyvalence all-road appréciable pour les cyclistes qui ne roulent pas uniquement sur un bitume parfait. Reste à chacun à construire le bon montage.
Photo Origine
Dans un contexte budgétaire sensible, l’intérêt de cette proposition ne tient pas seulement au prix affiché, mais à la possibilité de choisir un vélo adapté à sa pratique sans payer systématiquement pour des équipements superflus. Pour le cycliste, le véritable enjeu sera de trouver le juste équilibre entre équipement, budget et plaisir de rouler.
Les « Apps » prennent une grande place dans notre vie quotidienne. L’usage de ces outils numériques est de plus en plus ciblé. Ils intéressent également les cyclistes qui s’en servent pour préparer leurs sorties. Strava a longtemps cherché à devenir le carnet de bord universel du cycliste. Ce mastodonte est désormais challengé par des auteurs qui utilisent la facilité de mise en œuvre des technologies de développement informatique actuelles pour laisser libre cours à leur créativité. On a dorénavant le choix pour trouver l’appli qui viendra résoudre des problématiques plus précises : Quand partir ?Quel vent vais-je avoir ?Quand changer ma chaîne ?Avec qui rouler ?Quel col manque à ma collection ?Mon vélo est-il en sécurité ?
Le smartphone ne remplacera pas notre compétence cycliste. Les outils numériques, compagnons de nos sorties à vélo, apportent un complément à notre expérience cycliste. Une cartographie sur le téléphone peut sauver une sortie, si le compteur tombe en panne (n’est-ce pas Benjamin au Pérou…). Une évaluation précise de la météo peut éviter de partir dans une mauvaise fenêtre climatique. Une application de traduction peut être précieuse en voyage. Une application de secours et d’assistance peut avoir une vraie utilité. L’équipe du Bike Café utilise ce type d’application et nous en avons fait une petite sélection. Cette liste n’est pas exhaustive, car elle peut désormais s’enrichir facilement grâce aux agents I.A. qui développent des « Apps » à la demande.
Pour donner envie de rouler
Entre la gamification d’une collection de cols ou la conquête de toutes les routes de votre région, il y a une sorte de jeu qui peut nous motiver à partir rouler. Les deux applications que nous vous présentons s’appuient sur des données Strava.
Elle s’appuie sur vos données Strava pour enregistrer vos ascensions et vous informer du pourcentage de cols franchis, dans votre département, votre région… Ça peut vous donner envie de compléter les collections et ainsi aller découvrir d’autres sommets à franchir. Pour certains, c’est devenu addictif ce truc. Un classement vous permettra de vous situer par rapport aux autres grimpeurs de cols parmi lesquels on trouve quelques coureurs pros.
Cette forme moderne d’expression est une autre manière de raconter sa pratique. Autrefois, on disait : « J’ai fait une belle sortie. » Aujourd’hui, on dit : « J’ai validé cinq nouveaux cols. » Ce n’est pas tout à fait la même chose. Ça peut effectivement donner envie de rouler.
La nouvelle version 5 apporte pas mal d’ajouts à nos quêtes.
Patrick vous avait déjà parlé de Wandrer pendant le confinement. À l’époque, avec un territoire sérieusement réduit autour de chez nous, cette web-app avait trouvé une utilité toute particulière : nous pousser à explorer la moindre route et le moindre chemin du voisinage.
Comme ColQuest, Wandrer s’appuie notamment sur vos données Strava. Une fois les deux comptes connectés, chaque nouvelle sortie vient enrichir automatiquement votre carte. Le jeu consiste alors à parcourir des routes sur lesquelles vous n’avez encore jamais posé vos roues. Wandrer est utilisable gratuitement et permet de récupérer jusqu’à 50 anciennes activités Strava. Pour aller plus loin et reconstituer davantage son historique, l’abonnement Extra Lost coûte 30 € par an.
Particulièrement ludique, le taux d’achèvement proposé pour chaque zone géographique vient titiller le « gamer 100 % finisher » qui sommeille chez certains d’entre nous. Une petite route oubliée devient alors une excellente raison d’aller rouler. Seul problème : entre chemins privés, impasses et portions improbables, atteindre réellement les 100 % peut vite relever de la mission impossible.
Avant de partir rouler, on peut légitimement se poser quelques questions sur la météo, la force et la direction du vent, les aléas signalés sur le parcours, les ravitos, points d’eau… Quelques applications peuvent répondre à toutes ces questions (ou presque). Voici notre sélection sur ce thème.
Bulletin
C’est tout nouveau : Pierre Guérin a développé cette application uniquement pour le web. Les propriétaires d’un smartphone Android pourront mettre un lien pour se connecter directement par une icône, les autres utiliseront leur navigateur. On peut aussi analyser sa trace sur son ordinateur pour savoir comment va se passer la prochaine sortie. Les principales fonctions sont : la praticabilité, infos météo (vent, pluie, température), vigilance, ravitaillement, photos et meilleur créneau.
L’application est gratuite, profitez-en et faites remonter vos remarques à l’auteur, qui, en fonction du nombre d’utilisateurs, envisagera peut-être de porter l’application sur mobile. Pierre utilisait Epic Ride Weather, mais il manquait quelques fonctions, ce qui l’a motivé à développer son propre outil en sa qualité de cycliste pratiquant le gravel. « Je prépare ma trace avant de partir et je la transfère sur mon compteur Coros ce qui me permet de répérer les waypoints générés par l’application. C’est très utile pour les ravitos…« , me dit Pierre.
Déjà présenté dans mon article sur mon matériel pour le BikingMan Maroc 2026, Epic Ride Weather est un incontournable pour moi lorsque je pars en longue distance. Je l’utilise depuis mes premières grosses sorties et j’aurais aujourd’hui beaucoup de mal à m’en passer. À partir d’une trace gpx ou en se connectant à une application tierce telle que Strava ou Garmin Connect, cette application vous permet d’obtenir les prévisions météo de votre parcours en lui renseignant la date et l’heure de départ ainsi qu’une vitesse moyenne. Evolution de la température, probabilité et intensité de la pluie ainsi que vitesse et sens du vent seront calculés tout le long de votre parcours.
Un outil très facile d’utilisation et hyper pratique pour anticiper son équipement lors d’une sortie, quelle que soit sa longueur, et éviter de se faire surprendre par la pluie ou une baisse de température. Disponible pour Android comme pour iOS, cette application intelligente devient vite un indispensable dans sa besace de cyclo-randonneur.
Bien que les problématiques en longue distance soient nombreuses, l’une des principales demeure le ravitaillement. Des solutions existent depuis quelques années, mais elles nécessitent bien souvent de jongler entre Google Maps et des sites web (Eaupotable.info, Watermap, etc.) pour trouver des commerces et points d’eau. C’est précisément pour combler ce vide qu’un cycliste allemand, Nico Renhard Isenbeck, a développé OnRouteMap que j’utilise depuis bientôt deux ans maintenant.
OnRouteMap est un outil gratuit disponible directement via n’importe quel navigateur web, et plus récemment sur le Google Play Store pour les appareils Android, et une web app pour les iPhone et iPad. Le fonctionnement de l’outil demeure identique dans les trois cas, il suffit de charger un fichier GPX pour voir apparaître tous les POI (points d’intérêt) sur l’ensemble du parcours.
C’est vite devenu l’un de mes indispensables en ultra-distance, et encore dernièrement sur l’aventure des Géants. L’outil permet de noter en favoris les points d’eau, toilettes publiques et commerces (épiceries, supermarchés, boulangeries, etc.) sur lesquels on planifie de s’arrêter sur le parcours, puis d’exporter le fichier GPX pour intégrer ces points d’intérêt (POI) sur un compteur GPS. Personnellement, je prends toujours soin de les noter aussi sur un bout de papier, avec le kilométrage correspondant.
L’application a démarré en 2015 sur iOS, Android suivra en 2016. En 2017, Polarsteps lance les Travel Books, des livres-photos à imprimer pour garder un souvenir de son périple en version papier. En juin 2024, Polarsteps a atteint 10 millions d’utilisateurs.
La réputation de l’application se fait à 99% de manière organique : les voyageurs qui utilisent Polarsteps le font parce qu’un autre utilisateur leur a recommandé l’application. En 2024, près de 20 milliards de kilomètres ont été enregistrés sur l’application ! C’est l’équivalent de 40 allers-retours sur Mars. En janvier 2025, la France devient le marché qui présente la plus forte croissance. Paris est la ville avec le plus d’utilisateurs Polarsteps au monde. Avec 14 millions d’utilisateurs en mars 2025, Polarsteps continue sa progression. L’équipe qui est basée à Amsterdam compte 75 employés de 24 nationalités différentes.
Cette application me permet d’imaginer ensuite des articles, des récits de voyages comme celui de mon ami Thierry, jeune retraité parti sur les routes pour étrenner sa nouvelle liberté.
Chez Bike Café, on utilise depuis longtemps OpenRunner dans sa version « navigateur » via un PC ou un Mac, qui nous permet de tracer et d’héberger nos parcours. Mais moi je l’utilise également en application. Cette appli est devenue indispensable pour mon usage, et parfaitement complémentaire à mon appli Strava, que j’utilise quotidiennement, mais que je trouve limitée dans l’aspect topographique. Avec OpenRunner sur son smartphone, je peux facilement partager mes traces à des contacts, avec toutes les infos rassemblées dans une fiche unique. D’ailleurs, le profil altimétrique et la nature des voies empruntées (route, terre, etc.) sont très précis. Et puis quand « tout va mal », c’est l’appli qui me permet de me repérer et de me guider avec les meilleurs fonds de carte existants, notamment le fond de carte OpenCycleMap.
Ayant un compteur GPS, je n’utilise quasiment jamais le mode « suivi de trace », mais il est présent, et s’avère abouti pour qui ne voudrait pas investir dans un coûteux compteur. OpenRunner, qui fête cette année ses 20 ans d’existence, s’est forgé une solide réputation, qui est à mon sens totalement justifiée au regard des possibilités offertes, et du tarif annuel qui reste correct. De plus, OpenRunner est français et indépendant !
La Trace est une sorte d’agence de voyages à vélo. C’est un éditeur français de cartes interactives pour le tourisme, créé en février 2023 : offices de tourisme, collectivités, hébergeurs et médias y publient sur leur propre site leurs itinéraires de randonnée et de vélo, leurs lieux et leurs hébergements, à leurs couleurs, à partir de leurs données Apidae, Tourinsoft, Pivot ou GPX. Au 28 septembre 2026, plus de 140 000 itinéraires sont publiés sur les cartes de ses clients, parmi lesquels Chartreuse Tourisme, Puy-de-Dôme Tourisme, Creuse Tourisme, l’Office de Tourisme Blois Chambord, VISITWallonia, Oceania Hotels et Ouest-France.
Les cartes s’appuient sur les données ouvertes d’OpenStreetMap, un moteur d’affichage libre issu de MapLibre et des fonds de carte européens. Le calcul d’itinéraire et la recherche d’adresse tournent sur des logiciels libres, GraphHopper et Photon, hébergés par La Trace. Cette infrastructure ne dépend d’aucun hébergeur en particulier : elle peut être déplacée sur un cloud français le jour où un territoire le demande.
L’application mobile à la marque d’un territoire est une application iPhone et Android publiée à son nom, avec son icône et ses couleurs, construite sur les itinéraires et les lieux de sa carte web. La Trace la livre avec le guidage vocal sur le tracé.
Votre carte sert à préparer la sortie. L’application sert à la faire. Mêmes itinéraires, mêmes lieux, mêmes mises à jour, mais dans la poche du visiteur, avec sa position sur le tracé et une voix qui lui dit où tourner. À votre nom, sur l’App Store et sur Google Play.
Il existe également des applications qui peuvent vous aider à entretenir votre vélo. Sur un vélo qui roule régulièrement, il y a des pièces d’usure dont il faut surveiller l’état. Ces applications peuvent vous y aider.
ProBikeGarage
C’est la référence pour l’entretien. Elle se connecte à Strava, Garmin ou Wahoo pour comptabiliser automatiquement les kilomètres de vos composants (chaîne, pneus, plaquettes) et vous prévenir lorsqu’une révision s’impose.
Sur le même principe que ColQuest, Wandrer et d’autres applications, Pro Bike Garage s’appuie sur vos données Strava pour comptabiliser vos kilomètres sur la base des équipements que vous avez renseignés sur ce profil.
Cette appli peut s’avérer particulièrement utile si on possède plusieurs vélos. Elle ne remplace pas le coup d’œil nécessaire à son matériel avant de s’aventurer. Pour les pneus, une entaille peut apparaitre même si le kilométrage est modeste. La surveillance du témoin d’usure est également à observer. Pour les casques, la date limite indiquée sur le casque est à noter quelque part. Bref la part humaine reste prépondérante, néanmoins cet outil peut s’avérer utile.
Un des problèmes majeurs concernant nos vélos est le vol. Pour lutter contre ce phénomène, il existe des applications réseaux liées au type de smartphone que vous utilisez. Elles s’appuient sur des traceurs (trackers) qui émettent un signal permettant une géolocalisation sur votre téléphone. Ces systèmes : AirTag pour Apple et SmarTag pour Samsung, présentent des limites dans la mesure où un vélo stocké dans un garage ou une cave privée, présente peu de chances que le signal vous renvoie un lieu précis. Ces balises ne possèdent pas de GPS intégré, elles s’appuient sur le réseau des appareils à proximité du vélo recherché. Sur votre téléphone, vous trouverez de base l’application permettant de localiser l’objet recherché.
C’est un vrai sujet et pour l’instant nous n’avons pas testé de produits dans ce domaine. On peut citer les marques Knog et Quadlock qui proposent un tracker à installer sur votre vélo pour un usage sur Android ou Apple, respectivement.
On se souvient du vol d’un camion en 2026 contenant 12 vélos d’une équipe pro, des roues et du matériel. Il a été rapidement retrouvé grâce à une balise Airtag dissimulée dans la boite à outils d’un mécanicien de l’équipe.
Si vous aussi vous utilisez des applis et que vous en êtes satisfaits, vous pouvez nous les signaler en commentaire de cet article. Ça pourra servir à notre communauté cycliste.
Garmin présente trois nouveaux compteurs GPS : l’Edge 1060, l’Edge Explore 3 et l’Edge Explore 3 Plus. Au programme, de nouvelles fonctions de navigation, davantage de connectivité et des commandes vocales sur deux des modèles. Trois appareils destinés à des pratiques différentes, de l’entraînement sportif au voyage à vélo, avec des tarifs compris entre 399,99 et 799,99 €.
Edge 1060 : le haut de gamme prend la parole
Successeur de l’Edge 1050, le nouveau 1060 introduit les commandes vocales sur le compteur haut de gamme de Garmin. Si son prédécesseur disposait déjà d’un haut-parleur, ce nouveau modèle ajoute un microphone. Un simple « OK, Garmin » permet désormais de demander sa fréquence cardiaque, de rechercher un café à proximité, de changer d’écran ou de signaler un nid-de-poule, sans quitter le guidon des mains.
Le microphone permet également d’envoyer des messages vocaux via Garmin Messenger, tandis que les réponses sont diffusées par le haut-parleur intégré. Un smartphone connecté reste nécessaire pour utiliser la messagerie. Le haut-parleur diffuse également les indications de navigation et conserve la fonction de sonnette numérique, déjà présente sur l’Edge 1050.
Le Garmin Edge 1060 succède au Garmin Edge 1050
L’Edge 1060 évolue également sur le plan matériel. Plus compact et plus léger que le 1050, il passe de 161 à 142 g et perd 11,5 mm en longueur, tout en conservant son écran tactile de 3,5 pouces. Garmin ajoute surtout des boutons physiques, qui permettent de retrouver certaines commandes sans passer par l’écran tactile. Un changement appréciable pour une utilisation avec des gants ou sous la pluie, deux situations dans lesquelles le 1050 pouvait se montrer moins pratique.
L’Edge 1060 conserve son orientation sportive, avec les fonctions Stamina en temps réel, Power Guide, les programmes adaptatifs Garmin Cycling Coach ou encore la synchronisation avec TrainingPeaks. GroupRide évolue également avec la détection automatique des sorties collectives à proximité. L’interface gagne un écran d’entraînement interactif, un accueil personnalisable et des boutons physiques supplémentaires, utiles notamment avec des gants.
Un nid-de-poule sur votre parcours ? L’Edge 1060 permet de le signaler à la communauté Garmin d’une simple commande vocale, sans lâcher le guidon – capture de la vidéo promotionnelle Garmin.
Garmin annonce jusqu’à 20 heures d’autonomie en utilisation intensive et 60 heures en mode économie d’énergie, des valeurs identiques à celles de l’Edge 1050. Une fonction de recharge inversée via USB-C permet aussi d’alimenter ponctuellement un éclairage Varia ou un autre appareil compatible, mais pas pendant que l’on roule. L’Edge 1060 est commercialisé à 799,99 €.
Edge Explore 3 et 3 Plus : priorité à la navigation
Avec les Edge Explore 3 et Explore 3 Plus, Garmin s’adresse davantage aux adeptes de randonnée, de voyage à vélo et aux cyclistes du quotidien. Les deux compteurs conservent les fonctions connectées déjà présentes sur l’Explore 2, notamment le partage de position LiveTrack, la détection d’incident et la compatibilité avec les radars et éclairages Varia. Les principales évolutions concernent cette fois l’affichage, la navigation et, pour la version Plus, les commandes vocales.
L’évolution est particulièrement visible du côté de l’écran. Toujours d’une diagonale de 3 pouces, il passe d’une définition de 240 × 400 pixels sur l’Explore 2 à 360 × 640 pixels sur les nouveaux modèles, soit 2,4 fois plus de pixels. Une finesse d’affichage accrue qui devrait profiter à la lisibilité des cartes, élément central de ces compteurs dédiés à la navigation. Le stockage interne double également, passant de 16 à 32 Go, pour accueillir davantage de données cartographiques.
La principale différence entre les deux versions concerne les commandes vocales. L’Explore 3 Plus reprend le principe du microphone et du haut-parleur de l’Edge 1060. Il devient ainsi possible de demander un itinéraire, de consulter une donnée d’activité ou d’échanger des messages via Garmin Messenger. L’Explore 3 standard fait l’impasse sur ces fonctions vocales.
La principale différence entre les deux Edge Explore 3 réside dans les commandes vocales : la version Plus intègre un microphone et un haut-parleur pour piloter le compteur à la voix et échanger des messages, moyennant 100 € supplémentaires – illustration Garmin
Les deux modèles sont également compatibles avec certains systèmes de vélos électriques, notamment Bosch Smart System et Shimano E-Bike, pour afficher le niveau de batterie ou le mode d’assistance. Garmin Link facilite par ailleurs la connexion automatique avec une montre Garmin compatible pour récupérer la fréquence cardiaque. Les programmes Cycling Coach font aussi leur apparition sur les Explore, avec des séances adaptées aux performances et à la récupération du cycliste, sous réserve de disposer des capteurs compatibles.
Les deux modèles sont également compatibles avec certains systèmes de vélos électriques, notamment Bosch Smart System et Shimano E-Bike – photo Garmin
L’autonomie annoncée atteint 16 heures pour l’Explore 3 et 14 heures pour la version Plus en utilisation intensive. Tous deux peuvent atteindre 48 heures en mode économie d’énergie. Leurs tarifs respectifs sont de 399,99 € et 499,99 €.
Une navigation enrichie pour les trois modèles
Au-delà de leurs différences, les trois nouveaux Edge partagent plusieurs évolutions de navigation. Garmin permet désormais de comparer différents itinéraires vers une destination, en fonction du dénivelé, de la durée ou du type de vélo. Avec la fonction Free Flow Routing, le calcul privilégie également la fluidité du parcours en cherchant à limiter les intersections, les arrêts et les ralentissements. Un critère particulièrement pertinent pour les cyclistes qui souhaitent maintenir une allure régulière. Les points d’intérêt, cafés, toilettes ou points d’eau, peuvent également être affichés directement sur le trajet.
Un changement de programme en cours de sortie ? Les nouveaux Garmin Edge peuvent proposer plusieurs itinéraires pour rejoindre une destination, avec la possibilité de comparer les parcours selon leur distance, leur dénivelé ou le type de vélo utilisé – capture de la vidéo promotionnelle Garmin.
Les alertes communautaires sont également enrichies : routes fermées, nids-de-poule, obstacles et même animaux agressifs peuvent être signalés par d’autres utilisateurs Garmin. Leur disponibilité dépend toutefois de la connexion à un smartphone et des informations remontées par les cyclistes. Les Explore 3 ajoutent également la fonction Pin Drop Navigation, qui permet de transférer un lieu depuis Google Maps ou Apple Plans vers le compteur afin de calculer un itinéraire adapté au vélo.
Prix et autonomies : les trois nouveaux Garmin Edge
Modèle
Commandes vocales
Autonomie intensive / économie
Prix
Edge Explore 3
Non
16 h / 48 h
399,99 €
Edge Explore 3 Plus
Oui
14 h / 48 h
499,99 €
Edge 1060
Oui
20 h / 60 h
799,99 €
Avec cette nouvelle génération, Garmin fait évoluer ses compteurs sur deux fronts. L’Edge 1060 gagne en ergonomie avec un boîtier plus compact, des boutons physiques et la commande vocale. Les Explore 3 progressent surtout sur la navigation, avec un affichage plus défini et une mémoire doublée. À 499,99 €, l’Explore 3 Plus permet également d’accéder aux commandes vocales pour 300 € de moins que le 1060, sans reprendre tous ses outils d’entraînement avancés. L’intérêt de ces interactions vocales dans les conditions réelles de circulation reste toutefois à apprécier.
Les trois compteurs sont disponibles depuis le 20 octobre 2026.
Ce matin, sur mon petit vélo, je repense à un échange récent avec un artisan cadreur qui me parlait de son métier. Ce jeune entrepreneur évolue, comme beaucoup de ses homologues, dans l’univers paradoxal de ceux qui ont fait de leur passion un métier. Est-ce réaliste à notre époque pleine de contradictions ? Nous aimons les produits fabriqués avec passion, nous admirons les artisans qui défendent un savoir-faire, nous revendiquons notre attachement au local et au durable, mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Les artisans cadreurs ne sont pas les seuls à se confronter à cette ambivalence. Cafés vélo, fabricants de sacoches et d’accessoires… ils ont en commun cette passion devenue la variable d’ajustement de leur commerce. Elle finit par être la monnaie invisible qu’ils ne peuvent pas réclamer en juste dû des heures de travail réellement effectuées.
Eddy Jeantet fabrique des vélos en bois
En 10 ans j’ai commandé et fait construire quatre vélos artisanaux en acier réalisés en France. À chaque expérience, j’ai vécu intensément leur naissance. Le délai de production a été à chaque fois proche de la gestation d’un enfant – certains cadreurs célèbres affichant même des délais éléphantesques en la matière – J’ai donc été un peu comme ce père qui, après avoir semé la petite graine du projet lors de la commande, a hâte d’en découvrir le résultat. Les deux derniers projets m’ont d’ailleurs rapproché encore plus de ce rôle paternel car je recevais des photos en cours de fabrication à l’instar de clichés d’échographies prénatales. J’ai vendu le premier de ces quatre vélos. Je sais que vendre un enfant est un crime, aussi les trois suivants resteront chez moi jusqu’au moment où je ne serai plus capable de les chevaucher. Les vélos les plus écologiques sont ceux que l’on garde.
photos SMK
Je comprends les difficultés que ressentent ceux qui se lancent dans un métier passion. La réussite financière n’est pas une fin en soi dès lors que ce que l’on fait nous rend heureux. Au Bike Café, nous pouvons nous comparer à ces artisans. Nous mettons notre passion au service de votre information. Depuis plus de 10 ans maintenant, sans subvention, sans apport financier extérieur, sans publicité agressive, nous avançons, nous innovons, nous progressons sans compter nos heures de selle et de clavier. J’ai l’impression moi aussi de faire un métier passion. Comme ces produits issus de l’artisanat, nous voulons que notre média soit durable, pour continuer à fournir une information indépendante, basée sur l’expérience. Par vos inscriptions à notre newsletter et le suivi de vos consultations sur notre site, vous nous aidez à vivre notre passion.
EKOÏ est une marque connue pour son immense catalogue d’équipements pour le cycliste. De son site internet au peloton professionnel, EKOÏ a souvent su surprendre là où l’on ne l’attendait pas vraiment. À ce sujet, vous pouvez d’ailleurs lire cet article qui retrace l’histoire de la marque :
On pourrait citer par exemple l’étonnant – et efficace – système PW8, que nous avons testé, Patrick et moi. Cette fois encore, EKOÏ souhaite surprendre en proposant des roues gravel en carbone. Après un test de 1100 km sur deux vélos très différents, voici ce que je peux dire de ces roues gravel EKOÏ GR-50. Photo de couverture de Jean-Alexis Duthoit.
Roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON
Roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON : présentation
Désormais, EKOÏ propose pas moins de neuf paires de roues à son catalogue. Ainsi, on peut y retrouver les GR-50 Carbon, qui ont récemment rejoint le catalogue de la marque. Ce sont – pour le moment – les seules roues gravel du catalogue de la marque EKOÏ.
Emballage
Un seul carton abrite les roues. Plutôt imposant, ce carton est épais et protecteur. Rien d’innovant sur cet aspect, mais cet imposant emballage est rassurant pour le client qui achètera ces roues en ligne, ou qui les retirera au showroom de Fréjus.
Un emballage classique mais protecteur – photo Laurent Biger
Après avoir retiré le papier bulle de protection, c’est déjà la finition qui capte mon regard. Je retrouve là un niveau de finition exemplaire, sans aucun reproche. Du côté du design, EKOÏ n’a pas cherché à innover, mais plutôt à rassurer. C’est beau, et c’est classique.
Un design classique et élégant
Les moyeux
Les moyeux, avant et arrière, sont entièrement usinés en Haute-Savoie chez Alpin Components. Un usinage CNC dans la masse à partir d’aluminium de série 6000.
Les roulements sont remplaçables (car normalisés), et se trouvent entre des joints LLU/LLB. Un joint LLU plus protecteur est orienté vers l’extérieur pour réduire l’intrusion d’eau et de saleté, tandis qu’un joint LLB, à contact plus fluide, est orienté vers l’intérieur pour maintenir la lubrification interne.
Derrière la roue dentée, les roulements et leurs joints – photo Laurent Biger
Quant au système de fixation des disques de freins, il est exclusivement proposé au standard Centerlock. Un standard qui a largement supplanté le « six trous » sur le marché route et gravel.
Fixation des disques de freins au standard Centerlock – photo Jean-Alexis Duthoit
Ces moyeux sont conçus pour accueillir 24 rayons droits, nommés également Straight Pull. Ils sont compatibles uniquement avec des axes traversants, aussi bien pour le moyeu avant (12 x 100 mm) que pour le moyeu arrière (12 x 142 mm). Enfin, le moyeu avant pèse 96 g, et l’arrière 212 g (données du fabricant). Des poids intéressants, qui traduisent que l’on est en présence de moyeux plutôt haut de gamme.
Des moyeux à la finition haut de gamme – photo Jean-Alexis Duthoit
Le système de roue libre KONIK D2W
Le corps de roue libre (KONIK D2W, développé par Alpin Components) vient se positionner dans une couronne dentée à 40 points d’engagement.
Un système à couronne dentée, à 40 points d’engagement – photo Laurent Biger
Le système est à ratchets flottants. Le profil de la denture adopte une orientation particulière (protégée par un brevet). Ce système KONIK D2W, pour Dual Wave Washer, bénéficie d’un « dispositif d’énergisation » comprenant deux rondelles ondulées spécifiquement étudiées pour mouvoir les deux ratchets.
Composition du moyeu arrière qui abrite le système KONIK D2W
Ces ratchets sont de type flottant, ce qui évite tout blocage et/ou risque de débrayage. Ce système bénéficie d’un dispositif de rattrapage de jeu automatique qui contrôle en permanence la précharge des roulements et ne nécessite aucun réglage. Cette vidéo permet de mieux comprendre la cinématique de ce système français :
Le système KONIK D2W est équipé d’un joint radial à lèvre et d’un joint de type labyrinthe afin de contrer l’intrusion d’éléments extérieurs. Ce système de joints spécifiques au système KONIK D2W a été développé en partenariat avec Hutchinson. Afin de pouvoir s’adapter à la plupart des groupes du marché, EKOÏ propose des roues libres à différents standards. Voici les corps de roues libres disponibles, avec leur poids respectif (vérifié) :
Shimano Microspline : 69 g
Shimano HG : 60 g
SRAM XDR /XD : 53 g
Le poids des différents corps de roues libres disponibles – photos Laurent Biger
C’est lors de la commande en ligne, sur le configurateur du site fabricant, que l’on peut choisir le type de roue libre, en fonction de la transmission de son vélo.
Les jantes
Les jantes sont faites de carbone Haut-Module. Chacune percée de 24 trous, leur profil est symétrique, et leur hauteur est de 50 mm.
EKOÏ GR-50 – photo Jean-Alexis Duthoit
Comme le démontrent les photos ci-dessous, la largeur interne est de 25 mm et la largeur externe de 31 mm. En outre, elles sont d’une conception avec crochets.
Mesures de la largeur interne et externe – photos Laurent Biger
Là-dessus, la surface d’un noir mat et sobre est agrémentée d’une sérigraphie GR-50 tous les 120 degrés, accompagnée d’une discrète mention EKOÏ. Sur ce point, c’est sobre mais suffisamment visible. En somme, un design équilibré, et finalement élégant.
Une sérigraphie sobre – photos Jean-Alexis Duthoit
Pour ces jantes, EKOÏ préconise des pneus de 29 à 52 mm de large (tubeless ou chambre à air).
EKOÏ GR-50 – photo Jean-Alexis Duthoit
Les rayons et leur écrou
Les rayons en acier inoxydable Sandvik T302+ qui équipent ces roues sont des Pillar Racing Spoke, un fabricant Taïwanais. Le choix d’un acier inoxydable provenant de la société suédoise Sandvik est plutôt rassurant dans le sens où cette marque est un des leaders de son domaine industriel.
Ces rayons de la série Wing sont le haut de gamme du fabricant Pillar. Leur profil en ogive est censé réduire la traînée aérodynamique, comme l’explique le fabricant dans cette vidéo :
Ces rayons sont reliés au moyeu par une fixation de type Straight Pull (droite), via des écrous du même fabricant, Pillar.
Fond de jante et valve
Le ruban adhésif pour le « fond de jante » permet l’étanchéité nécessaire à un montage tubeless. Installé avec soin, rien à redire sur ce ruban adhésif noir, tout à fait classique.
La valve tubeless est une production en aluminium de 65 mm en provenance de chez Wheelox, fabriquée en France.
Sur le site du fabriquant Wheelox, beaucoup d’arguments sont listés en faveur de ces valves, dont voici la conception :
Valve tubeless haut débit Wheelox
Poids
Enfin, pour finir cette présentation statique, parlons du poids. J’ai pesé chaque roue dans la configuration décrite ci-dessous :
Roue avant (avec fond de jante) : 677 g
Roue arrière (avec corps de roue libre HG et fond de jante) : 802 g Soit la paire de roues à 1479 g.
Poids de la roue avant et de la roue arrière (avec corps de roue libre HG) – photos Laurent Biger
Dernière information, l’assemblage des roues est réalisé à la main et en France.
Les roues EKOÏ GR-50 CARBON, de l’atelier aux pistes
Pour situer le contexte de cet essai, j’ai commencé les tests de ces roues lors de mes dernières sorties sur le Distance 45i. Soit un gravel en acier à tendance sportive, dont vous pouvez retrouver le test complet ci-dessous.
Les roues EKOÏ GR-50 CARBON sur le Distance 45i – photo Laurent Biger
Ensuite, démontage et montage sur mon Rondo Ruut CF2 G2 (un gravel en carbone, largement upgradé depuis 2024). Ces changements de vélos, et de transmissions, ont été l’occasion de procéder à un changement de roues libres. Livrées avec le corps HG, j’ai procédé à son démontage, pour le remplacer par le corps XDR (le Distance 45i étant équipé d’une transmission SRAM XPLR à 13 vitesses), puis par le corps MicroSpline (mon Rondo étant en 12 vitesses Shimano). Sur ce point, sans être un cas unique, le processus est assez peu répandu. En effet, il faut se munir de deux clés plates de 17 (ou d’une clé de 17 et d’un étau, au choix) pour pouvoir désolidariser le corps de roue libre.
Deux clés plates de 17 mm sont nécessaires pour effectuer un démontage/échange de corps de roue libre – photo Laurent Biger
Rien de bien compliqué, mais c’est plus long que la plupart des autres systèmes. Mais, d’un autre côté, c’est aussi plus sécurisant, puisque dans le cas présent, aucun risque que la cassette ne se désolidarise de la roue, en emportant avec elle le corps de roue libre. C’est du vécu, et je pense que certain(e)s voient très bien de quoi je parle…
Sur les pistes
D’abord testées sur le Distance 45i, équipé d’un cadre en acier, puis sur le Rondo Ruut CF2 G2, équipé d’un cadre en carbone, j’ai testé ces roues avec trois paires de pneus, toutes en tubeless, et dans cet ordre :
KENDA Crusher 700 x 45 mm ;
WTB Vulpine S 700 x 45 mm ;
VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm (évoqué dans le chapitre suivant).
La largeur interne de 25 mm est pour ainsi dire, un « standard » dans les jantes gravel. Certaines sont bien plus larges, mais beaucoup de fabricants continuent de persévérer dans le choix d’une largeur interne de 25 mm. Notamment en mettant en avant que les flancs du pneus sont moins vulnérables que sur une jante plus large.
Le « ballon » procuré par cette largeur de 25 mm interne reste intéressant pour notre usage gravel, comme ici avec pneus 700 x 45 mm – photo Laurent Biger
Quoi qu’il en soit, le « ballon » procuré par cette largeur reste tout à fait intéressant pour notre usage gravel. Sur les pistes, et malgré une hauteur conséquente de 50 mm, je n’ai pas eu la sensation d’être gêné dans mon pilotage, ni vraiment dans le domaine de la filtration, du confort. Il faut dire que je roule majoritairement sur des roues en carbone, avec des profils de 35 à 55 mm de haut.
Roues gravel EKOÏ GR-50 sur le Rondo Ruut CF2 G2 – photo Jean-Alexis Duthoit
Cependant, il est logique de retrouver une maniabilité en retrait face à une roue sensiblement similaire au profil plus bas. Cela ne sera perceptible que sur des virages serrés sur sol dégradés.
Roues gravel EKOÏ GR-50 dans la plaine des Maures – photo Jean-Alexis Duthoit
Mais au-delà de 25 km/h, quel plaisir ! À partir de cette vitesse, on entre vraiment dans le périmètre d’action de ces roues EKOÏ GR-50. Plus on accélère, et plus on ressent le bénéfice de ces roues, et plus précisément de leur hauteur de 50 mm. C’est indéniablement un atout pour qui veut rouler vite sur les pistes.
Au delà de 25 km/h, quel plaisir d’avoir des roues hautes ! – photo Jean-Alexis Duthoit
Sur la route
Parce qu’il est extrêmement rare de ne pas faire de route lors d’une sortie gravel, il me semble indispensable de juger des roues gravel sur le bitume. Sur le macadam, les roues EKOÏ GR-50 ne déméritent pas, loin de là ! Quant au bruit distillé par la roue libre, il reste assez présent, sans être envahissant. Mais ce paramètre diffère d’un vélo à l’autre (un cadre en carbone ayant une tendance à faire raisonner certains bruits d’éléments en rotation).
Sur le macadam, les roues EKOÏ GR-50 ne déméritent pas – photo Jean-Alexis Duthoit
Tout comme sur les pistes, le rendement qu’offrent ces roues est vraiment intéressant à partir de 25 km/h. En deçà de cette vitesse, des roues moins hautes, et donc plus légères (à budget équivalent du moins) seront à privilégier.
Logiquement, on retrouve les avantages et inconvénients de roues de 50 mm de hauteur – photo Jean-Alexis Duthoit
Dans ma dernière phase de test, j’ai monté les pneus VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm. Un pneu large, mais bel et bien de la gamme route, parfait pour les routes secondaires de l’arrière pays varois.
Les roues EKOÏ GR-50 équipées de pneus VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm – photo Jean-Alexis Duthoit
Avec cette monte pneumatique sur les roues EKOÏ GR-50 CARBON, je n’ai eu aucun mal à suivre le peloton cyclo-sportif avec lequel je roule occasionnellement, et même à y prendre des relais appuyés.
L’aspect esthétique est évidemment important dans le choix de ses roues – photo Jean-Alexis Duthoit
Enfin, un mot concernant les valves que le fabricant décrit ainsi : Valves Tubeless haut débit incluses (facilite l’installation du préventif). Malheureusement, je n’ai trouvé aucun avantage à utiliser ces valves, bien au contraire.
Des valves produites en France mais finalement sans grand intérêt technique – photo Jean-Alexis Duthoit
Elles s’encrassent avec le liquide préventif, et elles s’avèrent fragiles (j’en ai cassé une lors d’un regonflage). Clairement, si vous souhaitez des valves tubeless performantes, je vous conseille la lecture de ce dossier : Que valent les nouvelles valves tubeless ?
Sur route, ces roues peuvent être un réel atout pour suivre vos amis cyclosportifs – photo Jean-Alexis Duthoit
Quel bilan pour ces roues EKOÏ GR-50 CARBON ?
Bien finies et bien construites, ces roues assemblées en France méritent que l’on s’y attarde. Venant du fabricant EKOÏ, souvent innovant, je m’attendais à plus d’audace dans les choix techniques. Mais non, pas cette fois. Pour ces roues, EKOÏ assume des choix éprouvés : une largeur interne standard et un design général qui l’est tout autant. L’accent est mis sur le choix des composants – de qualité – et l’assemblage à la main sur le sol français. Cette paire de roues satisfera avant tout les pratiquants qui ont des moyennes de vitesse supérieures à 20 km/h sur les parcours gravel, et qui prennent plaisir à « appuyer » durant les portions de route. À ce tarif, reste à voir si EKOÏ saura placer ses roues sur un marché où la concurrence est affûtée et expérimentée. Ce n’est pas gagné ! Mais, la marque de Fréjus a souvent su bousculer le marché, alors attendons de voir…
Le marché du vélo traverse une période difficile. Après l’euphorie des années qui ont suivi la pandémie, les fabricants doivent composer avec une demande moins dynamique et des équilibres économiques fragiles. Dans ce contexte, l’annonce de la reprise de Cyfac et de Méral, puis leur rapprochement avec CMT, ouvre une perspective pour la fabrication artisanale française. (photo de couverture : Cyfac fabrique aussi un tandem carbone pour l’équipe de France)
Reprise en avril 2026 par Jean-Pierre Ramoul, déjà dirigeant de CMT, Cyfac devient Maison Cyfac. La nouvelle structure réunira les trois marques historiques, chacune associée à un matériau : le carbone pour Cyfac, l’acier pour Méral et le titane pour CMT. Le projet entend préserver des compétences accumulées au fil des décennies tout en mutualisant les moyens de production. Au-delà du sauvetage de trois noms connus des amateurs de vélos artisanaux, cette opération dessine une stratégie : recentrer l’activité sur le sur-mesure, réunir les équipes dans un nouvel outil de production et proposer aux clients une réponse adaptée à leurs usages.
Maison Cyfac : une reprise après une période critique
La reprise de Cyfac intervient après une période particulièrement difficile pour l’entreprise tourangelle. Six mois avant la publication du communiqué, le fabricant se trouvait en liquidation judiciaire. Le contexte d’un marché en repli a pesé sur une activité qui repose sur des productions spécifiques, des savoir-faire techniques et des volumes limités.
Jean-Pierre Ramoul a repris l’entreprise en avril 2026, avec le soutien de deux investisseurs. Il avait déjà repris CMT en 2022, un fabricant savoyard spécialisé dans les vélos en titane. Le sauvetage de Cyfac et de sa marque historique Méral lui permet désormais de réunir trois identités complémentaires. Le dirigeant présente cette opération comme une volonté de « préserver un patrimoine historique, et constituer un pôle de compétences uniques à l’échelle de l’artisanat du cycle ». Le changement de nom traduit cette ambition. Cyfac devient Maison Cyfac, une entité qui rassemble les trois marques sans les faire disparaître. Chacune doit conserver son identité et son histoire, tout en bénéficiant de moyens partagés.
Le podcast avec Jean-Pierre Ramoul
Trois matériaux, trois marques et une même orientation
Le rapprochement entre Cyfac, Méral et CMT repose sur la complémentarité de leurs savoir-faire. Cyfac et Méral ont construit leur réputation autour du carbone et de l’acier. CMT s’est spécialisé dans le titane. Cette réunion donne à Maison Cyfac la possibilité de proposer des cadres dans les trois matériaux majeurs de la construction artisanale. Le choix ne se limite donc pas à une préférence esthétique ou à une tradition. Il peut aussi répondre à des usages, à des attentes de comportement et à des contraintes propres à chaque projet.
Le carbone, l’acier et le titane ne répondent pas exactement aux mêmes logiques de conception. Le sur-mesure permet précisément de partir du cycliste, de sa pratique et de ses attentes avant de définir une solution technique. Pour un vélo de route, une randonneuse ou une machine destinée à l’aventure, les priorités peuvent varier : position, confort, comportement, équipement ou type de parcours. Le projet de Maison Cyfac consiste à réunir les compétences nécessaires pour traiter ces questions sans imposer un matériau unique à tous les clients. Cette approche pourrait intéresser les cyclistes qui cherchent un vélo adapté à leur pratique plutôt qu’un modèle standard auquel ils doivent s’adapter. Elle correspond aussi à une culture du vélo artisanal dans laquelle le dialogue avec le cadreur reste une étape centrale.
Un recentrage sur le vélo sur mesure
La nouvelle direction annonce une évolution importante : les trois marques abandonneront la production en série pour se concentrer exclusivement sur le vélo sur mesure. La signature choisie, « Fabrication de vélos sur mesure depuis 1974 », rappelle l’ancienneté de cet héritage. Cette date correspond à la création de Méral par Albert Métayer. Cyfac a vu le jour en 1982, sous l’impulsion de Francis Quillon, qui travaillait auparavant comme artisan-cadreur chez Méral. CMT a été créée en 2000.
L’histoire peut continuer – photos de la collection de la Maison Cyfac
Maison Cyfac veut donc réunir ces histoires autour d’un positionnement commun. L’entreprise ne cherchera plus à couvrir une gamme de vélos produits en série, mais à construire chaque projet à partir des besoins exprimés par le client. Le communiqué décrit un processus en cinq étapes. L’équipe commence par écouter le cycliste afin de comprendre ses usages, ses attentes et ses contraintes. Elle étudie ensuite la géométrie et les choix techniques, à partir d’une prise de cotes complète et, si nécessaire, d’une étude posturale. Le client participe également à la personnalisation esthétique, avec une palette annoncée de plus de 30 000 teintes et effets.
Les ateliers prennent ensuite en charge la fabrication du cadre, la peinture et le montage du vélo complet. Maison Cyfac annonce un délai de livraison de quatre à six mois à compter de la signature du bon de commande, ainsi qu’une garantie de dix ans sur ses cadres. Ces engagements devront trouver leur place dans l’organisation économique de la nouvelle structure. Le sur-mesure suppose du temps, des compétences et une relation approfondie avec chaque client. Il exige aussi de calculer précisément le coût du travail pour assurer la viabilité de l’activité.
Un nouvel outil de production à Tours
La réunion des trois marques doit également passer par un regroupement physique des équipes. Maison Cyfac prévoit d’ouvrir un nouveau site à Tours dans les prochains mois. Le communiqué ne dévoile pas encore son emplacement précis. Les ateliers de Cyfac et de Méral déménageront en premier. CMT les rejoindra au cours de l’année 2027. Selon la direction, ce nouveau lieu sera plus accessible que le site historique de La Fuye, aussi bien pour les clients que pour les salariés.
L’ancien atelier
Le projet prévoit un outil de production renforcé par l’arrivée de nouvelles machines, une amélioration des conditions de travail et un accueil plus soigné des clients. Les visites d’atelier doivent également prendre une place plus importante dans la relation avec le public. Maison Cyfac prévoit par ailleurs l’ouverture d’un showroom dans les Alpes, berceau de CMT, afin de représenter les trois marques dans cette région.
Cette réorganisation pourrait permettre de mieux partager certains équipements, de faciliter les échanges entre les équipes et de rationaliser une partie des coûts. Elle devra toutefois préserver les particularités de chaque matériau et les gestes techniques qui font la spécificité des trois marques. Le déménagement constitue donc un élément important du projet. La mutualisation des moyens peut renforcer la structure, à condition qu’elle ne dilue pas les compétences qui font sa valeur.
Les compétences sauvegardées, un enjeu pour le patrimoine cycliste français
La reprise de Cyfac et de Méral ne concerne pas seulement des noms et des catalogues. Elle pose aussi la question de la continuité des compétences dans la fabrication artisanale française. Construire un cadre sur mesure ne consiste pas simplement à assembler des tubes. Le métier associe conception, choix des matériaux, maîtrise des procédés de fabrication, précision des ajustements et compréhension du comportement recherché. La peinture et le montage participent également au résultat final.
Ces compétences se construisent avec l’expérience et la transmission. Lorsqu’une entreprise disparaît, les machines ne suffisent pas toujours à reprendre son activité. Il faut aussi préserver les connaissances, les gestes et la capacité à transformer une demande parfois très personnelle en un vélo cohérent.
L’avis de Bike Café
Le regroupement de Cyfac, Méral et CMT peut offrir un cadre favorable à cette transmission. Les équipes pourront partager certains moyens et confronter leurs expériences, tout en conservant leurs spécialités respectives. La réunion du carbone, de l’acier et du titane sous une même structure constitue, à ce titre, l’un des aspects les plus intéressants de l’opération. L’enjeu dépasse aussi la seule fabrication du cadre. Maison Cyfac annonce une prise en charge complète, de la conception à la peinture et au montage du vélo. Cette maîtrise de plusieurs étapes permet de garder une cohérence entre le projet initial, les choix techniques et le produit livré.
Retrouvez nos différents tests réalisés au fil du temps sur ces 3 marques :
Pour nous qui avons testé plusieurs machines de ces 3 marques, nous aurons un seul interlocuteur. Nous pourrons parler des différences induites par les matériaux sans critères de concurrence commerciale. Reste une question essentielle : comment rendre ce modèle viable dans un marché où la production industrielle bénéficie de volumes bien supérieurs ? Le sur-mesure ne peut pas s’appuyer sur les mêmes économies d’échelle. Il doit trouver sa valeur dans l’adaptation au cycliste, la qualité du travail et la relation directe avec le fabricant. La mutualisation des moyens pourrait contribuer à cet équilibre.
Nous souhaitons à Maison Cyfac de réussir son pari qui dépendra aussi du carnet de commandes, du niveau de prix accepté par les clients et de la capacité de l’entreprise à rémunérer correctement les heures nécessaires à chaque réalisation. La création de Maison Cyfac représente un signal encourageant pour les amateurs de vélos fabriqués en France. Elle montre qu’une reprise peut entreprendre autre chose que la simple continuation d’une activité : un regroupement de compétences, une organisation nouvelle et un recentrage sur les besoins des clients.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.