À Fréjus, loin des grandes capitales industrielles du cycle, Ekoï a construit son histoire à contre-courant. Ici, pas de réseau de distribution traditionnel, ni de discours élitiste. La marque s’est développée en ligne, au contact direct des cyclistes, avec une idée simple : proposer des équipements techniques accessibles sans renoncer à la performance. (Le show room de Fréjus – photo Colin Gosse)
À l’origine de cette trajectoire, un entrepreneur au profil atypique, Jean-Christophe Rattel, qui a fait très tôt le pari d’un modèle différent. Un pari qui, au fil des années, a conduit Ekoï des ventes sur internet jusqu’aux routes du peloton professionnel.”La création de la marque Ekoï c’est un peu l’aboutissement de mon passage dans le monde du vélo. J’ai débuté chez l’Oréal et après j’ai été chez MBK. Ensuite j’ai été manager pour la France de Vetta : c’était des compteurs, des casques, des lunettes, des selles… Ekoï c’est quand même 15 ans dans le vélo avant.“
Une marque née d’une intuition

Quand Jean-Christophe Rattel lance Ekoï, le marché du cyclisme fonctionne encore largement selon des circuits traditionnels. Les marques passent par des distributeurs, les prix s’envolent et l’accès à certains produits reste limité. Lui, choisit une autre voie. Vendre en direct, maîtriser les prix, dialoguer avec les utilisateurs. Une stratégie qui peut sembler évidente aujourd’hui, mais qui reste marginale à l’époque. Cette approche permet à Ekoï de construire rapidement une base de clients fidèles, attirés par ce positionnement différent. “Quand on a créé le site en 2008 on a mis des produits en vente et ça s’est vite enchaîné on est passé de 50000 à 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en deux ans.” En 2010, Jean-Christophe arrête alors de travailler avec les grandes chaînes de sport comme Decathlon, Go Sport, Intersport pour se lancer seul sur sa marque qui avait pris son envol.
Derrière cette stratégie, il y a une conviction : le cycliste n’a pas forcément besoin de payer plus cher pour accéder à un produit technique.
Construire une marque sans passer par les circuits classiques

Ça s’est passé, car les clients nous l’ont demandé…
Jean-Christophe Rattel
Ce choix du direct façonne profondément l’ADN d’Ekoï. La marque développe son image sans boutique physique, sans intermédiaire, en s’appuyant sur le digital et le retour des utilisateurs. Ce lien direct devient un outil de développement. Il permet d’ajuster les produits, de tester des idées, mais aussi de construire une relation différente avec les cyclistes. Progressivement, la gamme s’étoffe : casques, lunettes, textile… Ekoï ne se limite plus à un produit, mais construit un univers complet autour du cycliste.
Le tournant du peloton professionnel
Les équipes pros, c’est notre service de R&D…
Jean-Christophe Rattel
Il y a un moment clé dans cette trajectoire : l’entrée dans le cyclisme professionnel. En équipant des équipes comme Israel–Premier Tech ou Arkéa–B&B Hotels, Ekoï change de dimension. La marque ne se contente plus d’être une alternative accessible, elle s’expose au plus haut niveau.
Ekoï accompagne des équipes World Tour comme Lotto Intermarché, NSN Cycling Team, XDS Astana. Elle est présente également auprès de nombreuses équipes du circuit Pro & Continental, ainsi que d’autres équipes dans d’autres disciplines. Voir la page sponsoring de la marque.

Ce choix répond à plusieurs objectifs. Il renforce la crédibilité, bien sûr, mais il permet aussi de tester les produits dans des conditions extrêmes. Le peloton devient un laboratoire. Pour autant, Ekoï ne renonce pas à son positionnement initial. La marque continue de s’adresser à un public large, tout en gagnant en légitimité.

Entre accessibilité et performance
C’est sans doute l’un des équilibres les plus intéressants chez Ekoï. D’un côté, une image de marque accessible, construite sur le rapport qualité/prix. De l’autre, une présence au plus haut niveau, avec des athlètes qui recherchent la performance.





Cette dualité pourrait apparaître contradictoire. Elle devient en réalité un élément structurant. Ekoï ne cherche pas à devenir une marque élitiste, mais à rendre la performance plus accessible. Un positionnement qui tranche avec certains codes du marché.
L’évolution des pratiques, du quotidien au gravel
Le cyclisme a changé. Les usages se diversifient : mobilité quotidienne, vélo d’aventure, gravel, longues distances. Ekoï observe ces évolutions et adapte progressivement ses produits. Le gravel, notamment, introduit de nouvelles contraintes : confort, polyvalence, gestion des conditions météo, durabilité.


Dans ce contexte, l’équipement ne se limite plus à la performance pure. Il doit accompagner des pratiques hybrides, parfois éloignées de la compétition.
Une marque qui continue de tracer sa route






On vend plus de 200 000 casques par an…
Jean-Christophe Rattel
En visitant les locaux de Ekoï à Fréjus, on comprend que la marque reste fidèle à son idée de départ : avancer sans forcément suivre les standards du secteur. On a pu voir le SAV multilingues, la customisation des produits : casque, lunettes, chaussures. Le lieu de stockage qui reçoit les livraisons est une vraie cathédrale de cartons remplie de produits.
Le modèle direct, longtemps considéré comme marginal, s’est imposé. La présence dans le peloton a renforcé la crédibilité. Et la marque continue d’explorer de nouveaux terrains, entre performance et usages plus ouverts.
Le podcast avec Jean-Christophe Rattel

L’avis de Bike Café
Une autre lecture du cyclisme
L’histoire d’Ekoï raconte finalement autre chose qu’une simple réussite entrepreneuriale. Elle illustre une transformation du cyclisme lui-même. Un sport qui s’ouvre, qui se diversifie, et où les frontières entre amateur et professionnel, entre performance et plaisir, deviennent plus floues. Dans ce paysage en mouvement, Ekoï occupe une place à part. Ni totalement outsider, ni complètement institutionnelle. Juste une marque qui, depuis Fréjus, continue de tracer sa propre ligne.
Nous sommes revenus de Fréjus impressionnés par la simplicité et le parler juste de Jean-Christophe Rattel qui nous a reçu. Merci également à ses collaborateurs qui nous ont accordé de leur temps, pour nous dévoiler les coulisses de leur belle entreprise.
Visiter le site Ekoï : https://www.ekoi.fr/fr/























































































