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Des « Apps » vélo pour nous accompagner sur la route ou les chemins

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"apps" vélo

Les « Apps » prennent une grande place dans notre vie quotidienne. L’usage de ces outils numériques est de plus en plus ciblé. Ils intéressent également les cyclistes qui s’en servent pour préparer leurs sorties. Strava a longtemps cherché à devenir le carnet de bord universel du cycliste. Ce mastodonte est désormais challengé par des auteurs qui utilisent la facilité de mise en œuvre des technologies de développement informatique actuelles pour laisser libre cours à leur créativité. On a dorénavant le choix pour trouver l’appli qui viendra résoudre des problématiques plus précises : Quand partir ? Quel vent vais-je avoir ? Quand changer ma chaîne ? Avec qui rouler ? Quel col manque à ma collection ? Mon vélo est-il en sécurité ?

Le smartphone ne remplacera pas notre compétence cycliste. Les outils numériques, compagnons de nos sorties à vélo, apportent un complément à notre expérience cycliste. Une cartographie sur le téléphone peut sauver une sortie, si le compteur tombe en panne (n’est-ce pas Benjamin au Pérou…). Une évaluation précise de la météo peut éviter de partir dans une mauvaise fenêtre climatique. Une application de traduction peut être précieuse en voyage. Une application de secours et d’assistance peut avoir une vraie utilité. L’équipe du Bike Café utilise ce type d’application et nous en avons fait une petite sélection. Cette liste n’est pas exhaustive, car elle peut désormais s’enrichir facilement grâce aux agents I.A. qui développent des « Apps » à la demande.

Pour donner envie de rouler

Entre la gamification d’une collection de cols ou la conquête de toutes les routes de votre région, il y a une sorte de jeu qui peut nous motiver à partir rouler. Les deux applications que nous vous présentons s’appuient sur des données Strava.

ColQuest

Apps vélo

Nous vous avons présenté un test de cette application sur Bike Café. Disponible sur les plateformes IOS et AndAndroid,tte application va vous permettre de recenser tous les cols que vous avez grimpés.

Elle s’appuie sur vos données Strava pour enregistrer vos ascensions et vous informer du pourcentage de cols franchis, dans votre département, votre région… Ça peut vous donner envie de compléter les collections et ainsi aller découvrir d’autres sommets à franchir. Pour certains, c’est devenu addictif ce truc. Un classement vous permettra de vous situer par rapport aux autres grimpeurs de cols parmi lesquels on trouve quelques coureurs pros.

Cette forme moderne d’expression est une autre manière de raconter sa pratique. Autrefois, on disait : « J’ai fait une belle sortie. » Aujourd’hui, on dit : « J’ai validé cinq nouveaux cols. » Ce n’est pas tout à fait la même chose. Ça peut effectivement donner envie de rouler.

La nouvelle version 5 apporte pas mal d’ajouts à nos quêtes.

Patrick

Infos


Wandrer

Patrick vous avait déjà parlé de Wandrer pendant le confinement. À l’époque, avec un territoire sérieusement réduit autour de chez nous, cette web-app avait trouvé une utilité toute particulière : nous pousser à explorer la moindre route et le moindre chemin du voisinage.

Comme ColQuest, Wandrer s’appuie notamment sur vos données Strava. Une fois les deux comptes connectés, chaque nouvelle sortie vient enrichir automatiquement votre carte. Le jeu consiste alors à parcourir des routes sur lesquelles vous n’avez encore jamais posé vos roues. Wandrer est utilisable gratuitement et permet de récupérer jusqu’à 50 anciennes activités Strava. Pour aller plus loin et reconstituer davantage son historique, l’abonnement Extra Lost coûte 30 € par an.

Particulièrement ludique, le taux d’achèvement proposé pour chaque zone géographique vient titiller le « gamer 100 % finisher » qui sommeille chez certains d’entre nous. Une petite route oubliée devient alors une excellente raison d’aller rouler. Seul problème : entre chemins privés, impasses et portions improbables, atteindre réellement les 100 % peut vite relever de la mission impossible.

Colin

Infos

  • Prix : gratuit ou 30 €/an selon le besoin
  • Plateforme : uniquement web
  • Lien : wandrer.earth

Pour préparer sa sortie

Avant de partir rouler, on peut légitimement se poser quelques questions sur la météo, la force et la direction du vent, les aléas signalés sur le parcours, les ravitos, points d’eau… Quelques applications peuvent répondre à toutes ces questions (ou presque). Voici notre sélection sur ce thème.

Bulletin

Application vélo

C’est tout nouveau : Pierre Guérin a développé cette application uniquement pour le web. Les propriétaires d’un smartphone Android pourront mettre un lien pour se connecter directement par une icône, les autres utiliseront leur navigateur. On peut aussi analyser sa trace sur son ordinateur pour savoir comment va se passer la prochaine sortie. Les principales fonctions sont : la praticabilité, infos météo (vent, pluie, température), vigilance, ravitaillement, photos et meilleur créneau.

L’application est gratuite, profitez-en et faites remonter vos remarques à l’auteur, qui, en fonction du nombre d’utilisateurs, envisagera peut-être de porter l’application sur mobile. Pierre utilisait Epic Ride Weather, mais il manquait quelques fonctions, ce qui l’a motivé à développer son propre outil en sa qualité de cycliste pratiquant le gravel. « Je prépare ma trace avant de partir et je la transfère sur mon compteur Coros ce qui me permet de répérer les waypoints générés par l’application. C’est très utile pour les ravitos…« , me dit Pierre.

Patrick

Infos


Epic Ride Weather

Déjà présenté dans mon article sur mon matériel pour le BikingMan Maroc 2026, Epic Ride Weather est un incontournable pour moi lorsque je pars en longue distance. Je l’utilise depuis mes premières grosses sorties et j’aurais aujourd’hui beaucoup de mal à m’en passer. À partir d’une trace gpx ou en se connectant à une application tierce telle que Strava ou Garmin Connect, cette application vous permet d’obtenir les prévisions météo de votre parcours en lui renseignant la date et l’heure de départ ainsi qu’une vitesse moyenne. Evolution de la température, probabilité et intensité de la pluie ainsi que vitesse et sens du vent seront calculés tout le long de votre parcours.

Un outil très facile d’utilisation et hyper pratique pour anticiper son équipement lors d’une sortie, quelle que soit sa longueur, et éviter de se faire surprendre par la pluie ou une baisse de température. Disponible pour Android comme pour iOS, cette application intelligente devient vite un indispensable dans sa besace de cyclo-randonneur.

Benjamin

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  • Prix : 19.99 € pour un an d’abonnement
  • Plateforme : IOS – Android
  • Lien : epicrideweather.com

OnRouteMap

Bien que les problématiques en longue distance soient nombreuses, l’une des principales demeure le ravitaillement. Des solutions existent depuis quelques années, mais elles nécessitent bien souvent de jongler entre Google Maps et des sites web (Eaupotable.info, Watermap, etc.) pour trouver des commerces et points d’eau. C’est précisément pour combler ce vide qu’un cycliste allemand, Nico Renhard Isenbeck, a développé OnRouteMap que j’utilise depuis bientôt deux ans maintenant.

OnRouteMap est un outil gratuit disponible directement via n’importe quel navigateur web, et plus récemment sur le Google Play Store pour les appareils Android, et une web app pour les iPhone et iPad. Le fonctionnement de l’outil demeure identique dans les trois cas, il suffit de charger un fichier GPX pour voir apparaître tous les POI (points d’intérêt) sur l’ensemble du parcours.

C’est vite devenu l’un de mes indispensables en ultra-distance, et encore dernièrement sur l’aventure des Géants. L’outil permet de noter en favoris les points d’eau, toilettes publiques et commerces (épiceries, supermarchés, boulangeries, etc.) sur lesquels on planifie de s’arrêter sur le parcours, puis d’exporter le fichier GPX pour intégrer ces points d’intérêt (POI) sur un compteur GPS. Personnellement, je prends toujours soin de les noter aussi sur un bout de papier, avec le kilométrage correspondant.

Pierre

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Pour partir à la découverte et partager

Polarsteps

Applications vélo

L’application a démarré en 2015 sur iOS, Android suivra en 2016. En 2017, Polarsteps lance les Travel Books, des livres-photos à imprimer pour garder un souvenir de son périple en version papier. En juin 2024, Polarsteps a atteint 10 millions d’utilisateurs.

La réputation de l’application se fait à 99% de manière organique : les voyageurs qui utilisent Polarsteps le font parce qu’un autre utilisateur leur a recommandé l’application. En 2024, près de 20 milliards de kilomètres ont été enregistrés sur l’application ! C’est l’équivalent de 40 allers-retours sur Mars. En janvier 2025, la France devient le marché qui présente la plus forte croissance. Paris est la ville avec le plus d’utilisateurs Polarsteps au monde. Avec 14 millions d’utilisateurs en mars 2025, Polarsteps continue sa progression. L’équipe qui est basée à Amsterdam compte 75 employés de 24 nationalités différentes.

Cette application me permet d’imaginer ensuite des articles, des récits de voyages comme celui de mon ami Thierry, jeune retraité parti sur les routes pour étrenner sa nouvelle liberté.

Patrick

Infos


OpenRunner

Chez Bike Café, on utilise depuis longtemps OpenRunner dans sa version « navigateur » via un PC ou un Mac, qui nous permet de tracer et d’héberger nos parcours. Mais moi je l’utilise également en application. Cette appli est devenue indispensable pour mon usage, et parfaitement complémentaire à mon appli Strava, que j’utilise quotidiennement, mais que je trouve limitée dans l’aspect topographique. Avec OpenRunner sur son smartphone, je peux facilement partager mes traces à des contacts, avec toutes les infos rassemblées dans une fiche unique. D’ailleurs, le profil altimétrique et la nature des voies empruntées (route, terre, etc.) sont très précis. Et puis quand « tout va mal », c’est l’appli qui me permet de me repérer et de me guider avec les meilleurs fonds de carte existants, notamment le fond de carte OpenCycleMap.

Ayant un compteur GPS, je n’utilise quasiment jamais le mode « suivi de trace », mais il est présent, et s’avère abouti pour qui ne voudrait pas investir dans un coûteux compteur. OpenRunner, qui fête cette année ses 20 ans d’existence, s’est forgé une solide réputation, qui est à mon sens totalement justifiée au regard des possibilités offertes, et du tarif annuel qui reste correct. De plus, OpenRunner est français et indépendant !

Laurent

Infos

  • Prix : 29,99 € pour un an d’abonnement (Appli + version navigateur web)
  • Plateforme : IOS – Android
  • Lien : OpenRunner.com/download-app

La Trace

Apps vélo

La Trace est une sorte d’agence de voyages à vélo. C’est un éditeur français de cartes interactives pour le tourisme, créé en février 2023 : offices de tourisme, collectivités, hébergeurs et médias y publient sur leur propre site leurs itinéraires de randonnée et de vélo, leurs lieux et leurs hébergements, à leurs couleurs, à partir de leurs données Apidae, Tourinsoft, Pivot ou GPX. Au 28 septembre 2026, plus de 140 000 itinéraires sont publiés sur les cartes de ses clients, parmi lesquels Chartreuse Tourisme, Puy-de-Dôme Tourisme, Creuse Tourisme, l’Office de Tourisme Blois Chambord, VISITWallonia, Oceania Hotels et Ouest-France.

Les cartes s’appuient sur les données ouvertes d’OpenStreetMap, un moteur d’affichage libre issu de MapLibre et des fonds de carte européens. Le calcul d’itinéraire et la recherche d’adresse tournent sur des logiciels libres, GraphHopper et Photon, hébergés par La Trace. Cette infrastructure ne dépend d’aucun hébergeur en particulier : elle peut être déplacée sur un cloud français le jour où un territoire le demande.

L’application mobile à la marque d’un territoire est une application iPhone et Android publiée à son nom, avec son icône et ses couleurs, construite sur les itinéraires et les lieux de sa carte web. La Trace la livre avec le guidage vocal sur le tracé.

Votre carte sert à préparer la sortie. L’application sert à la faire. Mêmes itinéraires, mêmes lieux, mêmes mises à jour, mais dans la poche du visiteur, avec sa position sur le tracé et une voix qui lui dit où tourner. À votre nom, sur l’App Store et sur Google Play.

Retrouver ici le podcast Bla Bla réalisé avec son créateur.

Patrick

Infos

Pour entretenir son vélo

Il existe également des applications qui peuvent vous aider à entretenir votre vélo. Sur un vélo qui roule régulièrement, il y a des pièces d’usure dont il faut surveiller l’état. Ces applications peuvent vous y aider.

ProBikeGarage

Apps vélo

C’est la référence pour l’entretien. Elle se connecte à Strava, Garmin ou Wahoo pour comptabiliser automatiquement les kilomètres de vos composants (chaîne, pneus, plaquettes) et vous prévenir lorsqu’une révision s’impose.

Sur le même principe que ColQuest, Wandrer et d’autres applications, Pro Bike Garage s’appuie sur vos données Strava pour comptabiliser vos kilomètres sur la base des équipements que vous avez renseignés sur ce profil.

Cette appli peut s’avérer particulièrement utile si on possède plusieurs vélos. Elle ne remplace pas le coup d’œil nécessaire à son matériel avant de s’aventurer. Pour les pneus, une entaille peut apparaitre même si le kilométrage est modeste. La surveillance du témoin d’usure est également à observer. Pour les casques, la date limite indiquée sur le casque est à noter quelque part. Bref la part humaine reste prépondérante, néanmoins cet outil peut s’avérer utile.

Infos

Retrouver son vélo

Les trackers

Apps vélo

Un des problèmes majeurs concernant nos vélos est le vol. Pour lutter contre ce phénomène, il existe des applications réseaux liées au type de smartphone que vous utilisez. Elles s’appuient sur des traceurs (trackers) qui émettent un signal permettant une géolocalisation sur votre téléphone. Ces systèmes : AirTag pour Apple et SmarTag pour Samsung, présentent des limites dans la mesure où un vélo stocké dans un garage ou une cave privée, présente peu de chances que le signal vous renvoie un lieu précis. Ces balises ne possèdent pas de GPS intégré, elles s’appuient sur le réseau des appareils à proximité du vélo recherché. Sur votre téléphone, vous trouverez de base l’application permettant de localiser l’objet recherché.

C’est un vrai sujet et pour l’instant nous n’avons pas testé de produits dans ce domaine. On peut citer les marques Knog et Quadlock qui proposent un tracker à installer sur votre vélo pour un usage sur Android ou Apple, respectivement.

Apps vélo

On se souvient du vol d’un camion en 2026 contenant 12 vélos d’une équipe pro, des roues et du matériel. Il a été rapidement retrouvé grâce à une balise Airtag dissimulée dans la boite à outils d’un mécanicien de l’équipe.

Si vous aussi vous utilisez des applis et que vous en êtes satisfaits, vous pouvez nous les signaler en commentaire de cet article. Ça pourra servir à notre communauté cycliste.

Garmin renouvelle ses compteurs Edge : la voix entre dans le jeu

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Garmin Edge

Garmin présente trois nouveaux compteurs GPS : l’Edge 1060, l’Edge Explore 3 et l’Edge Explore 3 Plus. Au programme, de nouvelles fonctions de navigation, davantage de connectivité et des commandes vocales sur deux des modèles. Trois appareils destinés à des pratiques différentes, de l’entraînement sportif au voyage à vélo, avec des tarifs compris entre 399,99 et 799,99 €.

Edge 1060 : le haut de gamme prend la parole

Successeur de l’Edge 1050, le nouveau 1060 introduit les commandes vocales sur le compteur haut de gamme de Garmin. Si son prédécesseur disposait déjà d’un haut-parleur, ce nouveau modèle ajoute un microphone. Un simple « OK, Garmin » permet désormais de demander sa fréquence cardiaque, de rechercher un café à proximité, de changer d’écran ou de signaler un nid-de-poule, sans quitter le guidon des mains.

Le microphone permet également d’envoyer des messages vocaux via Garmin Messenger, tandis que les réponses sont diffusées par le haut-parleur intégré. Un smartphone connecté reste nécessaire pour utiliser la messagerie. Le haut-parleur diffuse également les indications de navigation et conserve la fonction de sonnette numérique, déjà présente sur l’Edge 1050.

L’Edge 1060 évolue également sur le plan matériel. Plus compact et plus léger que le 1050, il passe de 161 à 142 g et perd 11,5 mm en longueur, tout en conservant son écran tactile de 3,5 pouces. Garmin ajoute surtout des boutons physiques, qui permettent de retrouver certaines commandes sans passer par l’écran tactile. Un changement appréciable pour une utilisation avec des gants ou sous la pluie, deux situations dans lesquelles le 1050 pouvait se montrer moins pratique.

L’Edge 1060 conserve son orientation sportive, avec les fonctions Stamina en temps réel, Power Guide, les programmes adaptatifs Garmin Cycling Coach ou encore la synchronisation avec TrainingPeaks. GroupRide évolue également avec la détection automatique des sorties collectives à proximité. L’interface gagne un écran d’entraînement interactif, un accueil personnalisable et des boutons physiques supplémentaires, utiles notamment avec des gants.

Garmin Edge 1060
Un nid-de-poule sur votre parcours ? L’Edge 1060 permet de le signaler à la communauté Garmin d’une simple commande vocale, sans lâcher le guidon – capture de la vidéo promotionnelle Garmin.

Garmin annonce jusqu’à 20 heures d’autonomie en utilisation intensive et 60 heures en mode économie d’énergie, des valeurs identiques à celles de l’Edge 1050. Une fonction de recharge inversée via USB-C permet aussi d’alimenter ponctuellement un éclairage Varia ou un autre appareil compatible, mais pas pendant que l’on roule. L’Edge 1060 est commercialisé à 799,99 €.

Edge Explore 3 et 3 Plus : priorité à la navigation

Avec les Edge Explore 3 et Explore 3 Plus, Garmin s’adresse davantage aux adeptes de randonnée, de voyage à vélo et aux cyclistes du quotidien. Les deux compteurs conservent les fonctions connectées déjà présentes sur l’Explore 2, notamment le partage de position LiveTrack, la détection d’incident et la compatibilité avec les radars et éclairages Varia. Les principales évolutions concernent cette fois l’affichage, la navigation et, pour la version Plus, les commandes vocales.

L’évolution est particulièrement visible du côté de l’écran. Toujours d’une diagonale de 3 pouces, il passe d’une définition de 240 × 400 pixels sur l’Explore 2 à 360 × 640 pixels sur les nouveaux modèles, soit 2,4 fois plus de pixels. Une finesse d’affichage accrue qui devrait profiter à la lisibilité des cartes, élément central de ces compteurs dédiés à la navigation. Le stockage interne double également, passant de 16 à 32 Go, pour accueillir davantage de données cartographiques.

La principale différence entre les deux versions concerne les commandes vocales. L’Explore 3 Plus reprend le principe du microphone et du haut-parleur de l’Edge 1060. Il devient ainsi possible de demander un itinéraire, de consulter une donnée d’activité ou d’échanger des messages via Garmin Messenger. L’Explore 3 standard fait l’impasse sur ces fonctions vocales.

Garmin Edge Explore 3
La principale différence entre les deux Edge Explore 3 réside dans les commandes vocales : la version Plus intègre un microphone et un haut-parleur pour piloter le compteur à la voix et échanger des messages, moyennant 100 € supplémentaires – illustration Garmin

Les deux modèles sont également compatibles avec certains systèmes de vélos électriques, notamment Bosch Smart System et Shimano E-Bike, pour afficher le niveau de batterie ou le mode d’assistance. Garmin Link facilite par ailleurs la connexion automatique avec une montre Garmin compatible pour récupérer la fréquence cardiaque. Les programmes Cycling Coach font aussi leur apparition sur les Explore, avec des séances adaptées aux performances et à la récupération du cycliste, sous réserve de disposer des capteurs compatibles.

Garmin Edge Explore 3
Les deux modèles sont également compatibles avec certains systèmes de vélos électriques, notamment Bosch Smart System et Shimano E-Bike – photo Garmin

L’autonomie annoncée atteint 16 heures pour l’Explore 3 et 14 heures pour la version Plus en utilisation intensive. Tous deux peuvent atteindre 48 heures en mode économie d’énergie. Leurs tarifs respectifs sont de 399,99 € et 499,99 €.

Une navigation enrichie pour les trois modèles

Au-delà de leurs différences, les trois nouveaux Edge partagent plusieurs évolutions de navigation. Garmin permet désormais de comparer différents itinéraires vers une destination, en fonction du dénivelé, de la durée ou du type de vélo. Avec la fonction Free Flow Routing, le calcul privilégie également la fluidité du parcours en cherchant à limiter les intersections, les arrêts et les ralentissements. Un critère particulièrement pertinent pour les cyclistes qui souhaitent maintenir une allure régulière. Les points d’intérêt, cafés, toilettes ou points d’eau, peuvent également être affichés directement sur le trajet.

Garmin Edge 1060 et Edge Explore 3 plus
Un changement de programme en cours de sortie ? Les nouveaux Garmin Edge peuvent proposer plusieurs itinéraires pour rejoindre une destination, avec la possibilité de comparer les parcours selon leur distance, leur dénivelé ou le type de vélo utilisé – capture de la vidéo promotionnelle Garmin.

Les alertes communautaires sont également enrichies : routes fermées, nids-de-poule, obstacles et même animaux agressifs peuvent être signalés par d’autres utilisateurs Garmin. Leur disponibilité dépend toutefois de la connexion à un smartphone et des informations remontées par les cyclistes. Les Explore 3 ajoutent également la fonction Pin Drop Navigation, qui permet de transférer un lieu depuis Google Maps ou Apple Plans vers le compteur afin de calculer un itinéraire adapté au vélo.

Prix et autonomies : les trois nouveaux Garmin Edge

ModèleCommandes vocalesAutonomie intensive / économiePrix
Edge Explore 3Non16 h / 48 h399,99 €
Edge Explore 3 PlusOui14 h / 48 h499,99 €
Edge 1060Oui20 h / 60 h799,99 €

Avec cette nouvelle génération, Garmin fait évoluer ses compteurs sur deux fronts. L’Edge 1060 gagne en ergonomie avec un boîtier plus compact, des boutons physiques et la commande vocale. Les Explore 3 progressent surtout sur la navigation, avec un affichage plus défini et une mémoire doublée. À 499,99 €, l’Explore 3 Plus permet également d’accéder aux commandes vocales pour 300 € de moins que le 1060, sans reprendre tous ses outils d’entraînement avancés. L’intérêt de ces interactions vocales dans les conditions réelles de circulation reste toutefois à apprécier.

Les trois compteurs sont disponibles depuis le 20 octobre 2026.

Pour en savoir plus :

Comme un lundi : dans un métier passion

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Formation AFPA de cadreur vélo Clermont-Ferrand
photo Cycles Victoire

L’édito de Bike Café

Ce matin, sur mon petit vélo, je repense à un échange récent avec un artisan cadreur qui me parlait de son métier. Ce jeune entrepreneur évolue, comme beaucoup de ses homologues, dans l’univers paradoxal de ceux qui ont fait de leur passion un métier. Est-ce réaliste à notre époque pleine de contradictions ? Nous aimons les produits fabriqués avec passion, nous admirons les artisans qui défendent un savoir-faire, nous revendiquons notre attachement au local et au durable, mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Les artisans cadreurs ne sont pas les seuls à se confronter à cette ambivalence. Cafés vélo, fabricants de sacoches et d’accessoires… ils ont en commun cette passion devenue la variable d’ajustement de leur commerce. Elle finit par être la monnaie invisible qu’ils ne peuvent pas réclamer en juste dû des heures de travail réellement effectuées. 

un métier passion
Eddy Jeantet fabrique des vélos en bois

En 10 ans j’ai commandé et fait construire quatre vélos artisanaux en acier réalisés en France. À chaque expérience, j’ai vécu intensément leur naissance. Le délai de production a été à chaque fois proche de la gestation d’un enfant – certains cadreurs célèbres affichant même des délais éléphantesques en la matière – J’ai donc été un peu comme ce père qui, après avoir semé la petite graine du projet lors de la commande, a hâte d’en découvrir le résultat. Les deux derniers projets m’ont d’ailleurs rapproché encore plus de ce rôle paternel car je recevais des photos en cours de fabrication à l’instar de clichés d’échographies prénatales. J’ai vendu le premier de ces quatre vélos. Je sais que vendre un enfant est un crime, aussi les trois suivants resteront chez moi jusqu’au moment où je ne serai plus capable de les chevaucher. Les vélos les plus écologiques sont ceux que l’on garde.

un métier passion
photos SMK

Je comprends les difficultés que ressentent ceux qui se lancent dans un métier passion. La réussite financière n’est pas une fin en soi dès lors que ce que l’on fait nous rend heureux. Au Bike Café, nous pouvons nous comparer à ces artisans. Nous mettons notre passion au service de votre information. Depuis plus de 10 ans maintenant, sans subvention, sans apport financier extérieur, sans publicité agressive, nous avançons, nous innovons, nous progressons sans compter nos heures de selle et de clavier. J’ai l’impression moi aussi de faire un métier passion. Comme ces produits issus de l’artisanat, nous voulons que notre média soit durable, pour continuer à fournir une information indépendante, basée sur l’expérience. Par vos inscriptions à notre newsletter et le suivi de vos consultations sur notre site, vous nous aidez à vivre notre passion.

Patrick.  

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

1100 km avec les roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON

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EKOÏ est une marque connue pour son immense catalogue d’équipements pour le cycliste. De son site internet au peloton professionnel, EKOÏ a souvent su surprendre là où l’on ne l’attendait pas vraiment. À ce sujet, vous pouvez d’ailleurs lire cet article qui retrace l’histoire de la marque :

On pourrait citer par exemple l’étonnant – et efficace – système PW8, que nous avons testé, Patrick et moi. Cette fois encore, EKOÏ souhaite surprendre en proposant des roues gravel en carbone. Après un test de 1100 km sur deux vélos très différents, voici ce que je peux dire de ces roues gravel EKOÏ GR-50. Photo de couverture de Jean-Alexis Duthoit.

Roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON

Roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON : présentation

Désormais, EKOÏ propose pas moins de neuf paires de roues à son catalogue. Ainsi, on peut y retrouver les GR-50 Carbon, qui ont récemment rejoint le catalogue de la marque. Ce sont – pour le moment – les seules roues gravel du catalogue de la marque EKOÏ.

Emballage

Un seul carton abrite les roues. Plutôt imposant, ce carton est épais et protecteur. Rien d’innovant sur cet aspect, mais cet imposant emballage est rassurant pour le client qui achètera ces roues en ligne, ou qui les retirera au showroom de Fréjus.

Un emballage classique mais protecteur – photo Laurent Biger

Après avoir retiré le papier bulle de protection, c’est déjà la finition qui capte mon regard. Je retrouve là un niveau de finition exemplaire, sans aucun reproche. Du côté du design, EKOÏ n’a pas cherché à innover, mais plutôt à rassurer. C’est beau, et c’est classique.

Un design classique et élégant

Les moyeux

Les moyeux, avant et arrière, sont entièrement usinés en Haute-Savoie chez Alpin Components. Un usinage CNC dans la masse à partir d’aluminium de série 6000.

Les roulements sont remplaçables (car normalisés), et se trouvent entre des joints LLU/LLB. Un joint LLU plus protecteur est orienté vers l’extérieur pour réduire l’intrusion d’eau et de saleté, tandis qu’un joint LLB, à contact plus fluide, est orienté vers l’intérieur pour maintenir la lubrification interne.

Derrière la roue dentée, les roulements et leurs joints – photo Laurent Biger

Quant au système de fixation des disques de freins, il est exclusivement proposé au standard Centerlock. Un standard qui a largement supplanté le « six trous » sur le marché route et gravel.

Fixation des disques de freins au standard Centerlock – photo Jean-Alexis Duthoit

Ces moyeux sont conçus pour accueillir 24 rayons droits, nommés également Straight Pull. Ils sont compatibles uniquement avec des axes traversants, aussi bien pour le moyeu avant (12 x 100 mm) que pour le moyeu arrière (12 x 142 mm). Enfin, le moyeu avant pèse 96 g, et l’arrière 212 g (données du fabricant). Des poids intéressants, qui traduisent que l’on est en présence de moyeux plutôt haut de gamme.

Des moyeux à la finition haut de gamme – photo Jean-Alexis Duthoit

Le système de roue libre KONIK D2W

Le corps de roue libre (KONIK D2W, développé par Alpin Components) vient se positionner dans une couronne dentée à 40 points d’engagement.

Un système à couronne dentée, à 40 points d’engagement – photo Laurent Biger

Le système est à ratchets flottants. Le profil de la denture adopte une orientation particulière (protégée par un brevet). Ce système KONIK D2W, pour Dual Wave Washer, bénéficie d’un « dispositif d’énergisation » comprenant deux rondelles ondulées spécifiquement étudiées pour mouvoir les deux ratchets.

Composition du moyeu arrière qui abrite le système KONIK D2W

Ces ratchets sont de type flottant, ce qui évite tout blocage et/ou risque de débrayage. Ce système bénéficie d’un dispositif de rattrapage de jeu automatique qui contrôle en permanence la précharge des roulements et ne nécessite aucun réglage. Cette vidéo permet de mieux comprendre la cinématique de ce système français :

Le système KONIK D2W est équipé d’un joint radial à lèvre et d’un joint de type labyrinthe afin de contrer l’intrusion d’éléments extérieurs. Ce système de joints spécifiques au système KONIK D2W a été développé en partenariat avec Hutchinson. Afin de pouvoir s’adapter à la plupart des groupes du marché, EKOÏ propose des roues libres à différents standards. Voici les corps de roues libres disponibles, avec leur poids respectif (vérifié) :

  • Shimano Microspline : 69 g
  • Shimano HG : 60 g
  • SRAM XDR /XD : 53 g

C’est lors de la commande en ligne, sur le configurateur du site fabricant, que l’on peut choisir le type de roue libre, en fonction de la transmission de son vélo.

Les jantes

Les jantes sont faites de carbone Haut-Module. Chacune percée de 24 trous, leur profil est symétrique, et leur hauteur est de 50 mm.

EKOÏ GR-50 – photo Jean-Alexis Duthoit

Comme le démontrent les photos ci-dessous, la largeur interne est de 25 mm et la largeur externe de 31 mm. En outre, elles sont d’une conception avec crochets.

Là-dessus, la surface d’un noir mat et sobre est agrémentée d’une sérigraphie GR-50 tous les 120 degrés, accompagnée d’une discrète mention EKOÏ. Sur ce point, c’est sobre mais suffisamment visible. En somme, un design équilibré, et finalement élégant.

Pour ces jantes, EKOÏ préconise des pneus de 29 à 52 mm de large (tubeless ou chambre à air). 

EKOÏ GR-50 – photo Jean-Alexis Duthoit

Les rayons et leur écrou

Les rayons en acier inoxydable Sandvik T302+ qui équipent ces roues sont des Pillar Racing Spoke, un fabricant Taïwanais. Le choix d’un acier inoxydable provenant de la société suédoise Sandvik est plutôt rassurant dans le sens où cette marque est un des leaders de son domaine industriel.

Ces rayons de la série Wing sont le haut de gamme du fabricant Pillar. Leur profil en ogive est censé réduire la traînée aérodynamique, comme l’explique le fabricant dans cette vidéo :

Ces rayons sont reliés au moyeu par une fixation de type Straight Pull (droite), via des écrous du même fabricant, Pillar.

Fond de jante et valve

Le ruban adhésif pour le « fond de jante » permet l’étanchéité nécessaire à un montage tubeless. Installé avec soin, rien à redire sur ce ruban adhésif noir, tout à fait classique.

La valve tubeless est une production en aluminium de 65 mm en provenance de chez Wheelox, fabriquée en France.

Sur le site du fabriquant Wheelox, beaucoup d’arguments sont listés en faveur de ces valves, dont voici la conception :

Valve tubeless haut débit Wheelox

Poids

Enfin, pour finir cette présentation statique, parlons du poids. J’ai pesé chaque roue dans la configuration décrite ci-dessous :

  • Roue avant (avec fond de jante) : 677 g
  • Roue arrière (avec corps de roue libre HG et fond de jante) : 802 g
    Soit la paire de roues à 1479 g.

Dernière information, l’assemblage des roues est réalisé à la main et en France.

Les roues EKOÏ GR-50 CARBON, de l’atelier aux pistes

Pour situer le contexte de cet essai, j’ai commencé les tests de ces roues lors de mes dernières sorties sur le Distance 45i. Soit un gravel en acier à tendance sportive, dont vous pouvez retrouver le test complet ci-dessous.

Les roues EKOÏ GR-50 CARBON sur le Distance 45i – photo Laurent Biger

Ensuite, démontage et montage sur mon Rondo Ruut CF2 G2 (un gravel en carbone, largement upgradé depuis 2024). Ces changements de vélos, et de transmissions, ont été l’occasion de procéder à un changement de roues libres. Livrées avec le corps HG, j’ai procédé à son démontage, pour le remplacer par le corps XDR (le Distance 45i étant équipé d’une transmission SRAM XPLR à 13 vitesses), puis par le corps MicroSpline (mon Rondo étant en 12 vitesses Shimano). Sur ce point, sans être un cas unique, le processus est assez peu répandu. En effet, il faut se munir de deux clés plates de 17 (ou d’une clé de 17 et d’un étau, au choix) pour pouvoir désolidariser le corps de roue libre.

Deux clés plates de 17 mm sont nécessaires pour effectuer un démontage/échange de corps de roue libre – photo Laurent Biger

Rien de bien compliqué, mais c’est plus long que la plupart des autres systèmes. Mais, d’un autre côté, c’est aussi plus sécurisant, puisque dans le cas présent, aucun risque que la cassette ne se désolidarise de la roue, en emportant avec elle le corps de roue libre. C’est du vécu, et je pense que certain(e)s voient très bien de quoi je parle…

Sur les pistes

D’abord testées sur le Distance 45i, équipé d’un cadre en acier, puis sur le Rondo Ruut CF2 G2, équipé d’un cadre en carbone, j’ai testé ces roues avec trois paires de pneus, toutes en tubeless, et dans cet ordre :

  • KENDA Crusher 700 x 45 mm ;
  • WTB Vulpine S 700 x 45 mm ;
  • VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm (évoqué dans le chapitre suivant).

La largeur interne de 25 mm est pour ainsi dire, un « standard » dans les jantes gravel. Certaines sont bien plus larges, mais beaucoup de fabricants continuent de persévérer dans le choix d’une largeur interne de 25 mm. Notamment en mettant en avant que les flancs du pneus sont moins vulnérables que sur une jante plus large.

Le « ballon » procuré par cette largeur de 25 mm interne reste intéressant pour notre usage gravel, comme ici avec pneus 700 x 45 mm – photo Laurent Biger

Quoi qu’il en soit, le « ballon » procuré par cette largeur reste tout à fait intéressant pour notre usage gravel. Sur les pistes, et malgré une hauteur conséquente de 50 mm, je n’ai pas eu la sensation d’être gêné dans mon pilotage, ni vraiment dans le domaine de la filtration, du confort. Il faut dire que je roule majoritairement sur des roues en carbone, avec des profils de 35 à 55 mm de haut.

Roues gravel EKOÏ GR-50 sur le Rondo Ruut CF2 G2 – photo Jean-Alexis Duthoit

Cependant, il est logique de retrouver une maniabilité en retrait face à une roue sensiblement similaire au profil plus bas. Cela ne sera perceptible que sur des virages serrés sur sol dégradés.

Roues gravel EKOÏ GR-50 dans la plaine des Maures – photo Jean-Alexis Duthoit

Mais au-delà de 25 km/h, quel plaisir ! À partir de cette vitesse, on entre vraiment dans le périmètre d’action de ces roues EKOÏ GR-50. Plus on accélère, et plus on ressent le bénéfice de ces roues, et plus précisément de leur hauteur de 50 mm. C’est indéniablement un atout pour qui veut rouler vite sur les pistes.

Au delà de 25 km/h, quel plaisir d’avoir des roues hautes ! – photo Jean-Alexis Duthoit

Sur la route

Parce qu’il est extrêmement rare de ne pas faire de route lors d’une sortie gravel, il me semble indispensable de juger des roues gravel sur le bitume. Sur le macadam, les roues EKOÏ GR-50 ne déméritent pas, loin de là ! Quant au bruit distillé par la roue libre, il reste assez présent, sans être envahissant. Mais ce paramètre diffère d’un vélo à l’autre (un cadre en carbone ayant une tendance à faire raisonner certains bruits d’éléments en rotation).

Sur le macadam, les roues EKOÏ GR-50 ne déméritent pas – photo Jean-Alexis Duthoit

Tout comme sur les pistes, le rendement qu’offrent ces roues est vraiment intéressant à partir de 25 km/h. En deçà de cette vitesse, des roues moins hautes, et donc plus légères (à budget équivalent du moins) seront à privilégier.

Logiquement, on retrouve les avantages et inconvénients de roues de 50 mm de hauteur – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans ma dernière phase de test, j’ai monté les pneus VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm. Un pneu large, mais bel et bien de la gamme route, parfait pour les routes secondaires de l’arrière pays varois.

Les roues EKOÏ GR-50 équipées de pneus VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm – photo Jean-Alexis Duthoit

Avec cette monte pneumatique sur les roues EKOÏ GR-50 CARBON, je n’ai eu aucun mal à suivre le peloton cyclo-sportif avec lequel je roule occasionnellement, et même à y prendre des relais appuyés.

L’aspect esthétique est évidemment important dans le choix de ses roues – photo Jean-Alexis Duthoit

Enfin, un mot concernant les valves que le fabricant décrit ainsi : Valves Tubeless haut débit incluses (facilite l’installation du préventif). Malheureusement, je n’ai trouvé aucun avantage à utiliser ces valves, bien au contraire.

Des valves produites en France mais finalement sans grand intérêt technique – photo Jean-Alexis Duthoit

Elles s’encrassent avec le liquide préventif, et elles s’avèrent fragiles (j’en ai cassé une lors d’un regonflage). Clairement, si vous souhaitez des valves tubeless performantes, je vous conseille la lecture de ce dossier : Que valent les nouvelles valves tubeless ?

Sur route, ces roues peuvent être un réel atout pour suivre vos amis cyclosportifs – photo Jean-Alexis Duthoit

Quel bilan pour ces roues EKOÏ GR-50 CARBON ?

Bien finies et bien construites, ces roues assemblées en France méritent que l’on s’y attarde. Venant du fabricant EKOÏ, souvent innovant, je m’attendais à plus d’audace dans les choix techniques. Mais non, pas cette fois. Pour ces roues, EKOÏ assume des choix éprouvés : une largeur interne standard et un design général qui l’est tout autant. L’accent est mis sur le choix des composants – de qualité – et l’assemblage à la main sur le sol français. Cette paire de roues satisfera avant tout les pratiquants qui ont des moyennes de vitesse supérieures à 20 km/h sur les parcours gravel, et qui prennent plaisir à « appuyer » durant les portions de route. À ce tarif, reste à voir si EKOÏ saura placer ses roues sur un marché où la concurrence est affûtée et expérimentée. Ce n’est pas gagné ! Mais, la marque de Fréjus a souvent su bousculer le marché, alors attendons de voir…

Maison Cyfac : Cyfac, Méral et CMT réunissent leurs savoir-faire autour du vélo sur mesure

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Maison Cyfac

Le marché du vélo traverse une période difficile. Après l’euphorie des années qui ont suivi la pandémie, les fabricants doivent composer avec une demande moins dynamique et des équilibres économiques fragiles. Dans ce contexte, l’annonce de la reprise de Cyfac et de Méral, puis leur rapprochement avec CMT, ouvre une perspective pour la fabrication artisanale française. (photo de couverture : Cyfac fabrique aussi un tandem carbone pour l’équipe de France)

Reprise en avril 2026 par Jean-Pierre Ramoul, déjà dirigeant de CMT, Cyfac devient Maison Cyfac. La nouvelle structure réunira les trois marques historiques, chacune associée à un matériau : le carbone pour Cyfac, l’acier pour Méral et le titane pour CMT. Le projet entend préserver des compétences accumulées au fil des décennies tout en mutualisant les moyens de production. Au-delà du sauvetage de trois noms connus des amateurs de vélos artisanaux, cette opération dessine une stratégie : recentrer l’activité sur le sur-mesure, réunir les équipes dans un nouvel outil de production et proposer aux clients une réponse adaptée à leurs usages.

Maison Cyfac : une reprise après une période critique

La reprise de Cyfac intervient après une période particulièrement difficile pour l’entreprise tourangelle. Six mois avant la publication du communiqué, le fabricant se trouvait en liquidation judiciaire. Le contexte d’un marché en repli a pesé sur une activité qui repose sur des productions spécifiques, des savoir-faire techniques et des volumes limités.

Maison Cyfac

Jean-Pierre Ramoul a repris l’entreprise en avril 2026, avec le soutien de deux investisseurs. Il avait déjà repris CMT en 2022, un fabricant savoyard spécialisé dans les vélos en titane. Le sauvetage de Cyfac et de sa marque historique Méral lui permet désormais de réunir trois identités complémentaires. Le dirigeant présente cette opération comme une volonté de « préserver un patrimoine historique, et constituer un pôle de compétences uniques à l’échelle de l’artisanat du cycle ». Le changement de nom traduit cette ambition. Cyfac devient Maison Cyfac, une entité qui rassemble les trois marques sans les faire disparaître. Chacune doit conserver son identité et son histoire, tout en bénéficiant de moyens partagés.

Trois matériaux, trois marques et une même orientation

Le rapprochement entre Cyfac, Méral et CMT repose sur la complémentarité de leurs savoir-faire. Cyfac et Méral ont construit leur réputation autour du carbone et de l’acier. CMT s’est spécialisé dans le titane. Cette réunion donne à Maison Cyfac la possibilité de proposer des cadres dans les trois matériaux majeurs de la construction artisanale. Le choix ne se limite donc pas à une préférence esthétique ou à une tradition. Il peut aussi répondre à des usages, à des attentes de comportement et à des contraintes propres à chaque projet.

Le carbone, l’acier et le titane ne répondent pas exactement aux mêmes logiques de conception. Le sur-mesure permet précisément de partir du cycliste, de sa pratique et de ses attentes avant de définir une solution technique. Pour un vélo de route, une randonneuse ou une machine destinée à l’aventure, les priorités peuvent varier : position, confort, comportement, équipement ou type de parcours. Le projet de Maison Cyfac consiste à réunir les compétences nécessaires pour traiter ces questions sans imposer un matériau unique à tous les clients. Cette approche pourrait intéresser les cyclistes qui cherchent un vélo adapté à leur pratique plutôt qu’un modèle standard auquel ils doivent s’adapter. Elle correspond aussi à une culture du vélo artisanal dans laquelle le dialogue avec le cadreur reste une étape centrale.

Un recentrage sur le vélo sur mesure

La nouvelle direction annonce une évolution importante : les trois marques abandonneront la production en série pour se concentrer exclusivement sur le vélo sur mesure. La signature choisie, « Fabrication de vélos sur mesure depuis 1974 », rappelle l’ancienneté de cet héritage. Cette date correspond à la création de Méral par Albert Métayer. Cyfac a vu le jour en 1982, sous l’impulsion de Francis Quillon, qui travaillait auparavant comme artisan-cadreur chez Méral. CMT a été créée en 2000.

Maison Cyfac veut donc réunir ces histoires autour d’un positionnement commun. L’entreprise ne cherchera plus à couvrir une gamme de vélos produits en série, mais à construire chaque projet à partir des besoins exprimés par le client. Le communiqué décrit un processus en cinq étapes. L’équipe commence par écouter le cycliste afin de comprendre ses usages, ses attentes et ses contraintes. Elle étudie ensuite la géométrie et les choix techniques, à partir d’une prise de cotes complète et, si nécessaire, d’une étude posturale. Le client participe également à la personnalisation esthétique, avec une palette annoncée de plus de 30 000 teintes et effets.

Maison Cyfac

Les ateliers prennent ensuite en charge la fabrication du cadre, la peinture et le montage du vélo complet. Maison Cyfac annonce un délai de livraison de quatre à six mois à compter de la signature du bon de commande, ainsi qu’une garantie de dix ans sur ses cadres. Ces engagements devront trouver leur place dans l’organisation économique de la nouvelle structure. Le sur-mesure suppose du temps, des compétences et une relation approfondie avec chaque client. Il exige aussi de calculer précisément le coût du travail pour assurer la viabilité de l’activité.

Un nouvel outil de production à Tours

La réunion des trois marques doit également passer par un regroupement physique des équipes. Maison Cyfac prévoit d’ouvrir un nouveau site à Tours dans les prochains mois. Le communiqué ne dévoile pas encore son emplacement précis. Les ateliers de Cyfac et de Méral déménageront en premier. CMT les rejoindra au cours de l’année 2027. Selon la direction, ce nouveau lieu sera plus accessible que le site historique de La Fuye, aussi bien pour les clients que pour les salariés.

Maison Cyfac
L’ancien atelier

Le projet prévoit un outil de production renforcé par l’arrivée de nouvelles machines, une amélioration des conditions de travail et un accueil plus soigné des clients. Les visites d’atelier doivent également prendre une place plus importante dans la relation avec le public. Maison Cyfac prévoit par ailleurs l’ouverture d’un showroom dans les Alpes, berceau de CMT, afin de représenter les trois marques dans cette région.

Cette réorganisation pourrait permettre de mieux partager certains équipements, de faciliter les échanges entre les équipes et de rationaliser une partie des coûts. Elle devra toutefois préserver les particularités de chaque matériau et les gestes techniques qui font la spécificité des trois marques. Le déménagement constitue donc un élément important du projet. La mutualisation des moyens peut renforcer la structure, à condition qu’elle ne dilue pas les compétences qui font sa valeur.

Les compétences sauvegardées, un enjeu pour le patrimoine cycliste français

La reprise de Cyfac et de Méral ne concerne pas seulement des noms et des catalogues. Elle pose aussi la question de la continuité des compétences dans la fabrication artisanale française. Construire un cadre sur mesure ne consiste pas simplement à assembler des tubes. Le métier associe conception, choix des matériaux, maîtrise des procédés de fabrication, précision des ajustements et compréhension du comportement recherché. La peinture et le montage participent également au résultat final.

Maison Cyfac

Ces compétences se construisent avec l’expérience et la transmission. Lorsqu’une entreprise disparaît, les machines ne suffisent pas toujours à reprendre son activité. Il faut aussi préserver les connaissances, les gestes et la capacité à transformer une demande parfois très personnelle en un vélo cohérent.

L’avis de Bike Café

Le regroupement de Cyfac, Méral et CMT peut offrir un cadre favorable à cette transmission. Les équipes pourront partager certains moyens et confronter leurs expériences, tout en conservant leurs spécialités respectives. La réunion du carbone, de l’acier et du titane sous une même structure constitue, à ce titre, l’un des aspects les plus intéressants de l’opération. L’enjeu dépasse aussi la seule fabrication du cadre. Maison Cyfac annonce une prise en charge complète, de la conception à la peinture et au montage du vélo. Cette maîtrise de plusieurs étapes permet de garder une cohérence entre le projet initial, les choix techniques et le produit livré.

Retrouvez nos différents tests réalisés au fil du temps sur ces 3 marques :

Pour nous qui avons testé plusieurs machines de ces 3 marques, nous aurons un seul interlocuteur. Nous pourrons parler des différences induites par les matériaux sans critères de concurrence commerciale. Reste une question essentielle : comment rendre ce modèle viable dans un marché où la production industrielle bénéficie de volumes bien supérieurs ? Le sur-mesure ne peut pas s’appuyer sur les mêmes économies d’échelle. Il doit trouver sa valeur dans l’adaptation au cycliste, la qualité du travail et la relation directe avec le fabricant. La mutualisation des moyens pourrait contribuer à cet équilibre.

Nous souhaitons à Maison Cyfac de réussir son pari qui dépendra aussi du carnet de commandes, du niveau de prix accepté par les clients et de la capacité de l’entreprise à rémunérer correctement les heures nécessaires à chaque réalisation. La création de Maison Cyfac représente un signal encourageant pour les amateurs de vélos fabriqués en France. Elle montre qu’une reprise peut entreprendre autre chose que la simple continuation d’une activité : un regroupement de compétences, une organisation nouvelle et un recentrage sur les besoins des clients.

Site de la Maison Cyfac : Maison Cyfac | Vélo artisanal sur‑mesure

Single speed mania : la construction d’un instrument de plaisir ou l’histoire du QK – 063

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Single speed mania

Le vélo single speed (monovitesse) est bien plus qu’une simple bicyclette dépouillée : c’est un véritable instrument de plaisir et un choix assumé par certains cyclistes dont je fais partie. En éliminant le dérailleur et les vitesses, ce vélo transforme radicalement l’expérience de pédalage. Lorsqu’on joue d’un instrument de musique, on cherche le meilleur luthier ou le meilleur facteur d’instrument pour pouvoir exprimer pleinement son art. Pour le vélo, c’est un peu pareil. Arrivé à un certain niveau d’exigence, on cherche l’artisan qui saura réaliser l’instrument sur mesure qui vous conviendra le mieux. Je vous raconte ma dernière quête et l’histoire de la construction d’une machine unique, puisque c’est la mienne. (Mon vélo portera le N° 063 de la jeune production de Quokka Cycles)

Cet article est la suite du sujet « Less, but better » que j’avais écris pour vous expliquer ma recherche de minimalisme appliquée au vélo. Ce thème n’est pas très populaire : notre époque nous vend un progrès éternel basé sur l’innovation technique permanente et la multiplication des produits. Sans être opposé aux avancées technologiques, j’ai choisi une autre voie pour rendre ma pratique cycliste plus conforme à ce que je suis et à ce que j’aime.

Quel instrument et pourquoi ?

Aujourd’hui, j’analyse comme une évidence le chemin qui m’a conduit à aimer ces vélos simples en mono-vitesse. Je pense même que c’est une destinée, puisque je n’envisage pas de retour arrière. J’aime le vélo dans son espace multidimensionnel, sans véritablement savoir pourquoi. Rêves d’enfant non réalisés, recherche de liberté, esthétique… les pistes sont nombreuses et le lien avec le passé m’intéresse moins que le plaisir de vivre le vélo actuel au quotidien. Je n’en fais pas un objet politique ou social, mais plutôt un concentré de plaisirs physiques et culturels. Aujourd’hui, ce qui me tient en haleine et me fait ressentir une forte émotion, c’est la construction d’un nouvel instrument de plaisir : un nouveau vélo single speed.

Le naissance du cadre N° 063
Posé sur le marbre de l’atelier voilà le résultat avant peinture mais avant d’en arriver là le travail méticuleux de l’artisan devra se faire étape par étape. Reste à associer ce bijou en acier avec sa fourche carbone Ritchey.

J’avais le Yin de couleur noire, il me manquait le Yang tout blanc

Je l’ai voulu simple et maintenable facilement. Je l’ai souhaité léger et confortable. Je veux qu’il me sécurise sur les routes et les pistes par une bonne tenue de route et un freinage efficace. Le cahier des charges était à peu près clair dans ma tête, restait à trouver le manufacturier du projet.

Je crois beaucoup aux rencontres qui ne sont pas des hasards. Lorsque j’ai interviewé Brivaël Laurendeau en 2024 et découvert son travail, il y a eu un déclic. J’ai pensé : voilà ton prochain « luthier » ! La raison et d’autres critères de choix ont mis un voile d’oubli sur le modèle Mudlayer que j’avais repéré sur son site. Je soulevais ce voile par moment en lorgnant sur les photos publiées sur Instagram. Mais, la raison me calmait et puis j’avais ce superbe vélo Brevet Cycles, construit par un orfèvre, qui m’allait très bien : alors pourquoi vouloir un autre instrument ? J’avais le Yin, de couleur noire, il me manquait le Yang tout blanc pour symboliser l’action et le mouvement. L’affaire a failli ne pas se faire du fait des délais de construction d’un vélo Quokka qui n’étaient pas compatibles avec l’urgence liée à mon âge 😉 Briavël m’a recontacté et a accepté d’ajouter à sa charge la construction de ce vélo, quitte à bosser le dimanche pour finir de braser le cadre.

Conception et construction

Less, but better
Brivaël a dessiné le plan du cadre à mes mesures. – photos Quokka

Sur la base de mon expérience et de l’usage de mon vélo Brevet, Brivaël a dessiné le plan du cadre à mes cotes. La contrainte qu’il a acceptée était de monter les équipements Ritchey que j’avais choisis dans le catalogue de la célèbre marque U.S. Il y avait notamment la fourche carbone qui, par sa construction, pouvait influencer l’angle de direction. C’était bien d’avoir ces éléments et je remercie Jeff Lockwood de Ritchey en Belgique qui a facilité la livraison de ces éléments directement chez Quokka pour être inclus en amont dans le projet.

Découpe des tubes et assemblage

La naissance du cadre N° 063 de Quokka Cycles se déroule en deux phases principales : la découpe des tubes et leur assemblage sur le gabarit de montage, et la brasure des tubes et des détails. Les tubes principaux sont en Dedacciai Zero à triple épaisseur variable, bénéficient d’un traitement thermique en plus et sont dotés de profils non ronds. Leurs extrémités elliptiques permettent de placer de la rigidité aux endroits stratégiques.

Les tubes sont découpés aux cotes du cadre. Les extrémités sont grugées pour obtenir un assemblage parfait. Tout doit s’emboiter sur le gabarit et respecter les dimensions et la géométrie qui sont vérifiées à partir du plan (voir photo ci-dessous).

C’est un travail artisanal délicat et la qualité du cadre dépendra de la précision de cet ajustage. Les tubes s’emboitent et tiennent ensemble normalement sans soudure.

Single Speed Mania

Voir la vidéo à droite pour un aperçu
de la réalisation de cette phase du montage.

Brasure

La phase d’ajustage étant terminée, les tubes sont brasés. Brivaël utilise généralement 2 types de brasure : une brasure à l’argent qui nécessite une température moins élevée (environ 600 °C) par rapport à l’autre type en laiton (cuivre + zinc) qui demande une température plus élevée (850 à 900 °C). Le choix de l’une ou l’autre dépend de plusieurs paramètres. Mon cadre étant léger, il a été brasé uniquement à l’argent comme les accessoires d’emports, tasseaux, pattes…

Les détails

Quokka possède une signature. On la retrouve dans ce petit logo de double K figurant sur le pontet arrière du vélo. De même pour les pattes arrière dont le design identifie à coup sûr la marque.

Les réglages en cours de fabrication

La fabrication d’un cadre ne se résume pas à braser des tubes bien alignés sur une table de montage. Pour ce vélo, destiné à accueillir des pneus jusqu’à 40 mm, il faut adapter la géométrie de façon à offrir des bases courtes et permettre le passage des roues. L’alignement du pédalier nécessite également une attention particulière afin de réaliser une ligne de chaine parfaite avec le pignon unique pour garantir l’efficacité du vélo.

La pose de tasseaux, supports des freins v-brakes prévus, demande également une attention particulière. Il faut qu’ils soient à la bonne hauteur et que cette hauteur soit la même sur les 2 haubans.

Au final un cadre léger

La fourchette des cadres acier « haut de gamme » se situe entre 1500 et 1700 grammes. Le mariage de l’acier et du carbone m’a semblé intéressant pour ce vélo. Il existe peu de solutions de fourche avec des tasseaux sur le marché. La fourche Ritchey WCS Cross Canti s’est imposée avec son poids de 460 g pour optimiser le poids du vélo.

Single Speed Mania
Sur la balance

Peinture

Peinture liquide réalisée par le peintre qui travaille avec Brivaël. J’ai choisi le blanc Topaze de l’Alpine A390. Avec une telle peinture, ça devrait filer vite.

Montage

Full Ritchey
Fourche Carbone WCS CX
Cintre
Potence
Tige de selle
Direction

Il est arrivé un matin par la poste en pièces détachées : prêt au montage final. Le pédalier Sugino et la direction Ritchey étaient prémontés. J’avais les roues avec cercle alu no-name montées sur des moyeux Mack, équipées de pneus Schwalbe en 32 mm. Les freins mini V-brakes sont les Paul Components Minimoto. Il faut maintenant finir le montage.

C’est Gabriel Refait, Dynamo Cycle Repairs qui m’a monté la fourche coupée à la bonne hauteur et qui a terminé le montage des autres équipements. Pose des leviers, câblage, tresse de guidon, réglage du frein arrière… Malheureusement le chariot de selle n’est pas compatible avec les rails carbone de ma selle Italia. Gabriel m’a prêté une selle pour que je puisse rentrer chez moi à vélo avec le seul frein arrière. J’ai juste dû recouper moi-même la chaine à la bonne longueur pour le 44 x 19 et finir le montage du frein avant. J’ai commandé chez Ritchey le chariot pour les rails en 7×9 mm qui me permettront de poser une nouvelle selle Italia Flite commandée.

Je n’ai pas choisi les équipements en fonction de leur poids, mais le vélo une fois monté reste relativement léger : 7,6 kg sur la balance.

Premiers tours de roues

Direction mes petites routes de la campagne aixoise pour un premier test de cette machine plaisir. Le confort est là et les pneus de 32 gonflés à 3,7 bar y contribuent largement. Je vous livrerai plus de détails au fur et à mesure de l’usage de ce vélo qui va élargir le périmètre de ma pratique façon all-road.

ÉlémentPoids en grammes
Cadre1690
Fourche465
Freins300
Roues2600
Guidon200
Potence128
TDS170
Pédalier575
Pédales225
Selle165
Axe pédalier300
Manettes TRP300
Chaine300
Total7418

Dans la colonne de gauche, j’avais estimé le poids du vélo en me basant sur les descriptifs des produits choisis. Une estimation à la louche et sommaire, puisque je constate une dérive finale de 200 grammes, mais le poids de ce vélo n’était pas une obsession. Ce qui est important, c’est de gagner en confort par la possibilité d’adopter des pneus jusqu’à 40 mm, en sécurité avec un freinage V-Brakes sur jante, et de disposer d’une bonne rigidité. Les tubes Deda et la fourche carbone de cyclo-cross précise et rigide pour une pratique intense des montées en danseuse devraient répondre à ce dernier paramètre.

Single Speed Mania
Premier roulage… relance en danseuse : le vélo part bien.

Pour conclure

Quokka Cycles
Single speed Quokka en version finale avec sa selle Flite Italia – photo Philippe Aillaud

Je suis satisfait de ce vélo qui est conforme à mon souhait. Maintenant je vais confirmer – en allongeant mes sorties de single maniaque – ce que les premiers tours de roue me laissent entrevoir. Se faire construire un vélo par un artisan donne une valeur supplémentaire au vélo qui en résultera. Certes, ce n’est pas aussi rapide que de rentrer dans un magasin et de ressortir avec un vélo ou encore d’appuyer sur la touche « Confirmez la commande » sur un site et recevoir un carton la semaine suivante. Le processus est plus long, mais beaucoup plus riche. Ce deuxième projet artisanal sur-mesure m’a encore appris des choses. La lenteur du processus fait que l’on s’approprie beaucoup plus un vélo artisanal qu’un vélo catalogue. C’est généralement un vélo qu’on ne vendra pas ensuite. Je vous conseille un jour d’en faire l’expérience.

Le site de Quokka

Coros Dura 2 Solar : un ambitieux compteur GPS nouvelle génération

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Avec le Dura 2 Solar, Coros renouvelle son compteur GPS en misant sur une conception entièrement repensée, des fonctions de navigation enrichies et une autonomie toujours très ambitieuse. Fidèle au concept de son prédécesseur, ce nouveau modèle associe toujours recharge solaire, navigation et suivi des entraînements pour les cyclistes de toutes disciplines.
Au-delà de son évolution matérielle, le Dura 2 Solar introduit plusieurs nouveautés réclamées par les utilisateurs, dont le recalcul d’itinéraire hors ligne, la détection des ascensions sans parcours préalablement défini, le suivi en direct (livetracking) et de nouvelles données de condition physique dédiées au cyclisme dans l’application Coros (iOS/Android).

Une conception revue, entre carbone et aluminium

Pour cette nouvelle génération, Coros a entièrement repensé le design de son compteur. Sa construction associe carbone et alliage d’aluminium anodisé, mais on peut souligner l’absence remarquée de la roue de contrôle. Avec seulement 99 grammes sur la balance, le Dura 2 Solar fait le pari de la légèreté et d’une intégration optimisée.

Il embarque un écran tactile SHARP de 3,5 pouces et propose trois modes d’interaction : les boutons physiques, les commandes vocales et l’écran tactile. Une approche qui doit permettre, selon le fabricant, d’adapter l’utilisation aux conditions rencontrées sur le vélo. Principal atout du précédent Dura, Coros annonce également une batterie offrant jusqu’à 120 heures d’autonomie, complétée par une recharge solaire capable de restituer, selon le fabricant, deux heures d’autonomie pour chaque heure d’exposition au soleil.

Un compteur au cœur de l’écosystème Coros

Le Dura 2 Solar s’inscrit dans l’écosystème connecté de la marque. Les sorties enregistrées sont automatiquement transférées vers l’application Coros, où les utilisateurs peuvent retrouver leurs statistiques de condition physique, analyser leurs parcours et consulter leurs autres activités sportives.

L’application centralise également les données issues des autres appareils compatibles de la marque, notamment les montres et le brassard FC. Elle est naturellement compatible avec de nombreux autres capteurs ANT+. L’application Coros intègre par ailleurs la création d’itinéraires, tandis que le compteur reste compatible avec la plupart des plateformes tierces dédiées au cyclisme et à l’entraînement.

L’avis de Bike Café

Le Dura premier du nom s’est taillé une solide réputation, notamment en ultra-distance. L’annonce de cette nouvelle version constitue d’autant plus une surprise que le modèle originel a été lancé en juin 2024. Un choix étonnant, mais qui s’explique, selon la marque, par la volonté de basculer sur une plateforme tournée vers le futur. Sur le papier, le Dura 2 Solar reprend donc l’esprit de son aîné, mais en y intégrant des fonctionnalités et des outils qui permettent d’aller plus loin.
Nous sommes en train de tester ce nouveau Dura 2 Solar depuis dix jours maintenant, alors que le lancement est prévu pour le 3 novembre prochain. Nous aurons donc l’occasion de revenir, plus en détail, sur cette nouvelle version ambitieuse, dont le potentiel n’impressionne pas seulement sur le papier. Notamment en termes de réactivité et d’autonomie. Restez connectés !

Prix public indicatif : 499 €
Site fabricant : coros.com/dura2solar

Clap de fin du Gravel’Tour Wish One dans les Alpilles

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Gravel'Tour Wish One

Belle journée ensoleillée balayée par le mistral pour nous confirmer que nous sommes bien en Provence et dans les Alpilles. L’effervescence règne dans le petit village de Maussane-les-Alpilles, non loin des Baux-de-Provence : c’est la dernière manche du challenge Gravel’Tour Wish One. Cette ultime manche va consacrer les vainqueurs de cette édition 2026. (Photo de couverture : Patrick VDB)

Le Gravel’Tour Wish One, c’est quoi ?

Le Gravel’Tour Wish One est un challenge regroupant des épreuves chronométrées de gravel. Le Gravel’Tour Wish One a proposé cette année deux ligues : ULTIMATE et EXPERIENCE. La ligue ULTIMATE regroupe un total de neuf épreuves, alors que la ligue EXPERIENCE comprend trois épreuves. Les deux ligues sont différenciées par le nombre de points attribués. Je vous propose de lire ou relire notre article publié en mars au lancement de la saison.

L’épreuve finale à Maussane-les-Alpilles

Avec le Gravel’Tour on a trouvé
des épreuves qui se déroulent
dans des endroits sympas…

François-Xavier Blanc

Point d’orgue du challenge, ce Raid des Alpilles était pour nous le rendez-vous de l’année qu’il ne fallait pas manquer. Les week-ends et les déplacements s’enchainent pour Bike Café et, en tant que partenaire média, nous devions montrer sur le terrain notre soutien à ce challenge. Laurent a participé à l’épreuve chrono sur le tout nouveau Look Cezal Gravel RS et Colin sur le nouveau Mondraker Dusty. Ils ont trouvé là l’occasion de rouler leurs machines de test, dans des conditions d’usage au sein d’un peloton cycliste. Pour Philippe, sa mission était de faire des photos sur le terrain et, pour ma part, j’étais là pour recueillir un premier bilan de cette saison 2026 qui nous a impliqués auprès de LVO Organisation et des autres partenaires depuis le début du challenge.

Gravel'Tour is One
François-Xavier Blanc présente à Laurent le vélo qu’il va essayer prochainement pour Bike Café – photo Philippe Aillaud

François-Xavier Blanc, co-créateur de Wish One, était sur place et j’ai pu passer un moment avec lui pour avoir le sentiment de la marque de Millau sur cette saison gravel. Wish One a pris la place laissée vacante par Cannondale en tant que partenaire majeur de de Gravel’Tour rebaptisé Wish One. « Nous cherchions un événement à taille humaine pour avoir un contact direct et qualitatif avec les pratiquants. Les grands événements, rassemblant plusieurs milliers de concurrents, n’étaient pas adaptés à la taille de notre marque. Avec le Gravel’Tour on a trouvé des épreuves qui se déroulent dans des endroits sympas à visiter et plutôt des régions rurales, qui correspondent bien à la philosophie de Wish One« , m’explique François-Xavier. Laurent a profité de notre présence pour prendre livraison du nouveau modèle de gravel race conçu par Wish One qui permet notamment l’usage de pneumatiques plus larges, pour un test qui sera publié sur Bike Café.

Pour LVO Organisation, Ludovic Valentin confirme la montée en puissance du gravel dans son catalogue d’épreuves sportives. « Le bilan est plutôt bon car on augmente le taux de participation de 10 à 20 % selon les épreuves chaque année. La progression se fait lentement, mais régulièrement. Ce n’est pas un effet de mode explosif qui retombe, mais quelque chose qui avance pour poser les bases durablement de cette nouvelle discipline. La communauté gravel se structure et se construit au fil des saisons« . Côté LVO, le bilan est positif et déjà pour 2027, deux nouvelles destinations sont attendues dans le Vercors et dans le pays d’Aubagne.

L’avenir des épreuves gravel

Des chiffres en hausse
+10 à 20 % d’inscrits
selon les épreuves
15 à 20 % de femmes

Avant l’émergence de circuits structurés comme le Gravel’Tour Wish One, le gravel en France était majoritairement perçu comme une pratique de loisir, axée sur le voyage (bikepacking) ou l’exploration tranquille. L’arrivée d’une pratique « race » a modifié la donne en élargissant le gravel du côté de la performance. Il s’agit bien d’un accroissement du spectre et pas du remplacement. D’ailleurs sur le Gravel’Tour Wish One, les dimensions chrono et rando cohabitent parfaitement.

Le potentiel du gravel est important et perçu comme tel par les acteurs locaux. À l’exemple du témoignage que j’ai recueilli à Maussane-les-Alpilles de la part d’un vice-président des Parcs naturels régionaux français. « Après une période d’observation, nous examinons de façon concrète depuis deux ans la mise en place de parcours fléchés dédiés à cette pratique cycliste dans nos parcs. » Présent sur place, un élu de Saint-Rémy-de-Provence me confirme le développement de cette pratique gravel sur les pistes des Alpilles accompagné d’un développement commercial et touristique. L’avenir du gravel semble assuré, porté à la fois par l’apport d’épreuves telles que proposées par LVO Organisation et la demande touristique qui se développe parallèlement.

Bike Café partenaire engagé

Gravel'Tour Wish One
Colin sur le Mondraker Dusty au départ de la rando de 70 km – photo Philippe Aillaud

Vous le savez : Bike Café média gravel depuis 2016 est engagé auprès de tous ceux qui veulent développer cette pratique que nous aimons et dont nous faisons la promotion depuis plus de 10 ans. Notre accompagnement purement bénévole sur ce challenge auprès de LVO Organisation montre que nous y croyons. Nous poursuivrons la promotion des initiatives et pas seulement celles de LVO. Nous avons mis en place un portail d’événements dans lequel nous vous proposons une sélection de ces épreuves en partant d’un seul critère : on aimerait bien y être ! Malheureusement nous ne pouvons pas être partout. Cette fois nous étions à Maussane-les-Alpilles et on a pris beaucoup de plaisir à y être.

En podcast : interviews sur place

Nous avons un message à faire passer aux organisateurs d’événements gravel : on trouve encore trop de tracés élaborés dans l’esprit VTT. Le gravel c’est des chemins roulants sur lesquels les pourcentages de pente doivent rester raisonnables, le terrain ne doit pas présenter de difficultés techniques majeures et les petites routes font partie du jeu. Nous avons une richesse formidable en France de voies rurales et de pistes agréables à rouler : il faut en profiter.

Gravel'Tour Wish One
Les vainqueurs du Challenge dans les différentes catégorie – photo Philippe Aillaud

Rendez-vous l’an prochain sur le Gravel’Tour Wish One, avec, comme nous l’a promis Ludovic, des nouvelles épreuves et des tracés gravel réalisés finement pour mettre en valeur notre discipline et les territoires que nous traversons.

Album souvenirs d’une belle journée

Les résultats du challenge

Retrouvez ici les résultats du challenge 2026

Suivre le Gravel’Tour : https://cycling-challenge.fr/gravel-tour-wish-one/

Le Gravel Challenge Estérel 2026 by Ride & Smile

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BRM 200 km gravel dans l’Estérel, une belle journée de vélo

Le 4 octobre dernier, j’ai pris le départ du BRM 200 km Gravel Challenge – Estérel Edition, organisé par Ride & Smile. Au programme, près de 200 km et presque 4 000 m de dénivelé positif entre le massif de l’Estérel et les reliefs du Haut-Var. Une belle journée de gravel en perspective, avec un parcours exigeant et une météo qui allait finalement réserver quelques surprises.

Patrick au centre qui donne les consignes avant le départ – photo Yann Brasseur

Nous sommes 15 au départ des Estérets-du-Lac. Il est 6 h 30, il fait 12 °C et il fait encore nuit noire. Avant de nous élancer, Patrick Garnier, à l’origine de Ride & Smile, nous offre un bon café. L’accueil est convivial et donne le ton de la journée. Parce qu’un BRM reste avant tout une randonnée, pas une course. Ici, pas de classement ni de duel contre le chronomètre. Chacun avance à son rythme, gère son effort et profite du parcours.
Avec près de 4 000 m de dénivelé et une forte proportion de pistes, cette randonnée promet tout de même d’être exigeante.

programme de ce BRM 200 km gravel – photo Garmin connect

Le Tanneron et l’Estérel, du vrai gravel provençal

À 7 h 23, nous sommes dans la forêt de Caillan. Il fait encore frais, mais la machine se met en route. Avec Gabriel Garente, que je croise régulièrement sur les longues distances, nous avançons vers le Tanneron.

Dimanche à l’aube, des amis, du gravel « what else » ? – photo Yann Brasseur

À 8 h 03, nous arrivons au sommet. Le gilet est de rigueur avant d’attaquer la descente vers Mandelieu-la-Napoule. Le soleil se lève progressivement et la journée prend une autre dimension.

On se réchauffe vite dans les premières ascensions

À 9 h 30, nous traversons l’Estérel et passons du côté de Théoule-sur-Mer. Ce sont des secteurs que nous connaissons bien. Mais, les pistes et les reliefs rappellent vite que le parcours ne sera pas une simple balade dominicale. Le Tanneron et l’Estérel comptent parmi les parties les plus cassantes de la journée.

L’Estérel et ses pistes incroyables – photo Yann Brasseur

Une pause sandwich avant la deuxième boucle

Vers midi, nous retrouvons les Estérets-du-Lac, notre point de départ. C’est l’heure de la pause sandwich avant de repartir pour la suite. Nous avons déjà bien profité des pistes du Tanneron et de l’Estérel, mais la journée est loin d’être terminée.

Après la pause sandwich, c’est reparti sur les chemins – photo Yann Brasseur

À 13 h 44, nous passons par Saint-Paul-en-Forêt. La deuxième boucle nous emmène vers le Haut-Var. Le terrain devient plus roulant et nous pouvons retrouver un peu de rythme. Mais, les kilomètres s’accumulent, le dénivelé aussi, et la chaleur commence à se faire sentir.

Saint Paul en Forêt – photo Yann Brasseur

Quand la chaleur s’invite dans la randonnée

À 14 h 12, nous sommes dans la forêt de Callas. La température monte et les réserves d’eau deviennent un sujet sérieux. Sur ce type de parcours, les difficultés ne viennent pas seulement du dénivelé ou de l’état des pistes. Il faut aussi anticiper les ravitaillements et gérer son autonomie. Bienvenue en ultra-distance !

À 15 h 23, nous arrivons à Callas avec 122 km au compteur. En octobre, un dimanche après-midi, trouver un commerce ouvert pour se ravitailler relève parfois du parcours du combattant. Les bars sont fermés et il faut improviser.

la fontaine salvatrice de Callas – photo Yann Brasseur

Avec Gabriel, nous finissons par nous jeter dans la fontaine du village pour nous rafraîchir. L’eau n’est pas annoncée comme potable, mais l’objectif est surtout de faire redescendre la température. J’en profite aussi pour terminer mon sandwich. Cette halte improvisée nous fait le plus grand bien. Nous repartons plus frais, mais il reste encore une belle distance à couvrir.

Seul vers Bargemon, puis les retrouvailles à Seillans

À 17 h 27, je suis seul en direction de Bargemon. La fatigue commence à peser et les dernières difficultés ne se négocient plus de la même façon. Certaines bosses atteignent 18 %. À ce stade, il faut s’accrocher et gérer ce qu’il reste d’énergie.

la chaleur se dissipe et je continue seul – photo Yann Brasseur

À 18 h 30, je retrouve Gabriel à Seillans, sur une ancienne voie ferrée goudronnée. Je roule alors à 35 km/h. Après les heures passées sur les pistes, cette portion roulante fait du bien et nous permet de reprendre un peu de vitesse.

À 19 h 21, nous sommes à Montauroux. La nuit approche et il reste encore à rejoindre les Estérets-du-Lac. À 19 h 30, nous longeons le lac de Saint-Cassien sur une magnifique piste gravel. Mais, l’obscurité s’installe. Il est temps d’allumer la frontale.

ça sent la fin avec ce tour du Lac de St Cassien que nous connaissons bien – photo Gabriel Garente

Nous arrivons finalement à 20 h. Près de 200 km et presque 4 000 m de dénivelé plus tard, la journée s’achève. Le parcours nous aura demandé de l’engagement, de la gestion et quelques adaptations. C’est aussi ce qui fait le charme de l’ultra-distance.

Un BRM gravel, entre tradition et terrain

Les BRM, ou Brevets des Randonneurs Mondiaux, sont des randonnées cyclistes à allure libre, sans classement. Leur histoire remonte aux premiers brevets de 200 km organisés en France par l’Audax Club Parisien en 1921. Chez Ride & Smile, le principe est clair : rouler en autonomie, respecter l’itinéraire et valider les points de contrôle dans le temps imparti. Pour cette édition, le roadbook annonçait un retour entre 14 h 45 et 20 h 30, selon le rythme des participants.

Sur route, la distance reste le principal défi. En gravel, le terrain change la donne. Les pistes cassantes, les fortes pentes et les portions techniques ralentissent la progression. Il faut aussi gérer la navigation, les ravitaillements et la météo. Deux cents kilomètres de gravel ne se gèrent pas comme deux cents kilomètres de route. Je n’ai pas suivi l’intégralité de la trace officielle. Mon parcours ne pourra donc pas être homologué. Cela ne change rien à mon bilan. Je suis venu pour une journée de vélo, pour profiter des pistes de l’Estérel et du Haut-Var. Et, de ce côté-là, le contrat est rempli.

je reviendrai pour tenter la validation ultime ! – photo Patrick Garnier

Cette expérience montre simplement que le gravel impose ses propres contraintes. La distance affichée ne suffit pas toujours à mesurer la difficulté d’un parcours. Pour ceux qui souhaitent participer à un prochain brevet, Ride & Smile met à disposition son règlement des BRM et la liste de ses prochains brevets.

Ride & Smile, bien plus qu’une randonnée

Derrière ce BRM, il y a surtout le travail de Patrick Garnier. Avec Ride & Smile, il ne se contente pas de tracer un itinéraire sur une application. Les parcours sont reconnus et sélectionnés avec soin pour proposer de vraies découvertes, entre pistes, routes et villages de la région. C’est ce qui fait la différence sur une sortie comme celle-ci. Patrick avait également participé à un brevet route organisé par le club Ride & Smile sur la Riviera italienne.

le BRM reste un bon moyen de se tester avant un ultra – photo Yann Brasseur

Ride & Smile propose aussi de nombreux itinéraires pour partir rouler en autonomie. La bibliothèque de parcours permet de trouver des idées de sorties gravel ou route, dans les Alpes-Maritimes, le Var et au-delà. Le site recense également les prochains brevets organisés par Patrick. De quoi découvrir de nouveaux terrains de jeu et trouver une prochaine date pour se lancer dans l’aventure.

les BRM sont de bonnes occasions de découvrir ou redécouvrir des routes panoramiques – photo Gabriel Garente

Au-delà des kilomètres, j’apprécie cette démarche qui associe passion du vélo, découverte et partage. Après une journée passée sur les pistes de l’Estérel et du Haut-Var, on mesure le travail nécessaire pour construire un parcours aussi exigeant.

Une belle journée de gravel dans l’Estérel

Ce BRM m’aura offert une belle journée de vélo et quelques passages qui piquent les jambes. Avec 191,7 km au compteur et 3 925 m de dénivelé positif, le parcours tient ses promesses.

Panorama de la première partie de parcours dans l’Estérel – photo Yann Brasseur

La chaleur, le manque de ravitaillement et les dernières bosses ont ajouté leur lot de difficultés. Mais, c’est aussi ce qui fait le charme de ces longues sorties en autonomie. On avance, on s’adapte et on profite du terrain.

Merci à Patrick Garnier et à Ride & Smile pour ce parcours qui ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. Une chose est sûre : dans le gravel, le kilométrage ne fait pas tout. Le terrain raconte le reste.

Pour découvrir Ride & Smile

Comme un lundi : avoir le choix

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avoir le choix

L’édito de Bike Café

Ce matin, sur mon petit vélo, devant cette fourche de deux routes qui se présente à moi, je pense au choix dont on dit souvent que c’est un embarras. L’excès d’options face à un trop grand nombre de possibilités peut créer de l’anxiété, car choisir une option c’est renoncer à toutes les autres. Plus elles sont nombreuses, plus le renoncement sera pesant. Comment être sûr d’avoir fait le bon choix pour assumer l’engagement que cela implique ? Jean-Paul Sartre disait : « Nous sommes nos choix.«  De façon moins existentielle, face à ces deux routes, je décide que mon choix sera de ne pas choisir. Je laisse mon vélo décider pour moi, dans une sorte de pile ou face arbitré par l’orientation de ma roue dans cet embranchement. Plus loin, sur la route choisie par mon vélo, je pense à l’expression en forme d’oxymore que l’on utilise souvent : « le choix s’impose ». Son paradoxe exprime bien que la notion de choix disparait lorsqu’on n’en a pas le libre arbitre. C’est un peu ce qui se passe ce matin, par cette option choisie par ma roue avant. Parfois il est confortable de dire : « Je n’ai pas eu le choix… » 

Bike Café
photo Eurobike

Quelques jours après cette pensée cyclable matinale, je me retrouve sur le Roc d’Azur devant un étalage de choix incroyable. De stand en stand, sur ce salon du cycle, je vois des vélos qui font de l’œil aux visiteurs qui circulent dans les allées. Comment le cycliste pourra-t-il, de façon sûre, faire le choix d’une nouvelle machine devant une telle offre ? Pour y arriver, il devra appliquer des contraintes et celle du prix sera sans doute la plus cruelle. Est-ce qu’un choix imposé ainsi est un vrai choix ? L’expression « le choix s’impose » me revient à l’esprit en observant ces badauds qui caressent des guidons qu’ils ne pourront jamais saisir. Est-ce que le marché du vélo ne souffrirait pas finalement d’un rythme infernal de l’évolution de l’offre, qui enverrait le message : attendons la prochaine version ? Une attente qui serait reportée de version en version dans l’hypothèse d’une certaine stabilité et d’une baisse des prix. Choisir, c’est renoncer et peut-être beaucoup repartiront de ce salon en décidant d’attendre encore face à l’imbroglio d’un choix rendu difficile par le contexte économique et l’abondance de l’offre.

Gravel à moins de 2000 €

Pour Bike Café, le choix est plus simple. Nous avons dès nos débuts pensé à l’expérience que l’on veut vivre. Le choix d’un vélo doit être basé sur ce que l’on souhaite en faire. On pense à la destination et pas forcément à la version d’un vélo. C’est ce que vous en ferez avec votre vélo qui vous rendra heureux et pas autre chose. Au Bike Café, on teste des machines et du matériel dans le cadre d’un véritable usage. Le choix s’opère et s’impose par l’adéquation entre le plaisir de rouler et le matériel. On essaie ainsi de vous aider à minimiser la frustration des renoncements que l’offre pléthorique actuelle peut créer. Comme ma roue avant, laissez-vous entrainer dans la lecture de nos articles et votre choix sera le bon. 

Patrick.  

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