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Notre sélection de mini-pompes électriques

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Notre sélection des mini-pompes électriques

Pour réparer une crevaison sur le bord de la route, il existe désormais une alternative à l’effort physique intense avec une pompe manuelle ou à l’usage aléatoire de cartouches de CO₂ : c’est la mini-pompe de gonflage électrique. Notre équipe vous propose sa sélection.

Schwalbe E-Micro Pump

Testée par Patrick

Schwalbe, le spécialiste allemand du pneumatique, complète sa gamme d’accessoires pour le gonflage avec un compresseur électrique compact étudié pour un gonflage rapide et sans efforts, que vous soyez à la maison, sur la route ou les chemins. Avec une pression maxi de 8,3 bars, ce compresseur à batterie est compatible avec tous les types de valves.

Sur la balance, la mini-pompe de Schwalbe n’est pas la plus légère du marché, mais elle se situe dans la moyenne des produits de cette catégorie. Son aspect est qualitatif avec son corps en aluminium. Elle est accompagnée de nombreux accessoires : habillage protecteur en silicone, housse de transport étanche, raccord souple, joints, embout Clik Valve, aiguille pour gonfler les ballons,.

Caractéristiques

  • Pression max. : 8,3 bars (120 psi)
  • Compatibilité : Clik Valve (SCV), Presta (SV),Schrader (AV), Dunlop (DV)
  • Poids : 130 g
  • Dimensions : 73 × 50 × 32 mm
  • Capacité de la batterie : 420 mAh / 7,4 V
  • Fabrication : aluminium
Schwalbe mini-pompe
Poids conforme à la fiche produit – photo Patrick VDB

À l’usage

Pour moi, ce test dans le cadre de cette sélection est doublement intéressant. Car je découvre à la fois cette mini-pompe et les Clik valves. Schwalbe, dans son écosystème gonflage, a conçu une nouvelle génération de valves que Laurent présente dans son article sur les nouvelles valves tubeless. Jean-Louis les a testées dans une de nos sélections produits. La marque allemande propose une alternative à nos vénérables valves et notamment au standard Presta, inventé en France à la fin du 19ᵉ siècle. Cette innovation permet une facilité de connexion et de déconnexion à condition d’avoir une tête de pompe spécifique ou un adaptateur comme celui que j’utilise. Cette Clik Valve offre également un débit d’air plus important.
Il était important d’utiliser l’accessoire de gonflage adapté à la Clik Valve fourni avec la Schwalbe e-micro pump. J’ai donc monté des obus Clik sur les valves de mes chambres à air. Le débit d’air me semble meilleur dans ce contexte qu’avec les obus Presta utilisés juste avant.

Schwalbe mini-pompe
Le kit de conversion de la valve presta en valve Clik : 2 obus, 2 bouchons, 1 raccord de pompe et une clé démonte obus – photo Patrick VDB
mini pompe
L’entrée d’air est également la prise USB

Le réglage de la pression se mesure en PSI (Pounds per Square Inch) ou en bar. Pour modifier l’unité, il faudra simultanément appuyer sur les touches + et -.

On peut utiliser la pompe directement sur la valve ou utiliser le raccord. Je préfère la seconde solution qui évite d’endommager la valve. Je fais pareil avec ma pompe manuelle munie d’un raccord souple. La mise en œuvre est simple : attention à ne pas boucher l’entrée d’air qui est également l’orifice dans le carter de la prise USB de charge. La pompe garde en mémoire le dernier réglage utilisé dans le type de mesure. C’est pratique si vous gonflez vos deux pneus à la même pression, sinon il faut reconnaitre que c’est simple à régler en plus ou en moins.

L’habillage en silicone protège la pompe. Attention, elle n’est pas étanche ; la pochette fournie avec la pompe est nécessaire dans vos sorties si vous prenez une averse.

SKS EMP

Testée par Laurent

SKS propose la pompe électrique EMP. Ce mini-compresseur est équipé d’une tête de pompe réversible pour s’adapter aux valves Presta (SV), Schrader (AV) ou Dunlop (DV).

SKS EMP

En utilisant le tuyau d’extension fourni, cela permet de gonfler les chambres à air en TPU avec tiges de valve en plastique, qui sont plus fragiles.

SKS EMP et son kit

Une fois la pompe raccordée à la valve, le mode de fonctionnement est simple : il suffit de sélectionner la pression souhaitée, puis d’appuyer sur start. L’écran numérique affiche la pression actuelle en bar ou en PSI. Une fois la valeur cible atteinte, le gonflage s’arrête automatiquement. Grâce au câble USB fourni, la mini-pompe électrique se recharge en environ 25 à 35 minutes, selon le chargeur utilisé. Quant au poids, avec sa housse en silicone, il est de 183 g :

Avec sa housse, ce n’est pas un poids plume – photo Laurent Biger

Caractéristiques

  • Pression max. : 8,3 bars (120 psi)
  • Compatibilité : Presta (SV),Schrader (AV), Dunlop (DV)
  • Poids : 151 g (fabricant) 183 g (vérifié avec housse silicone)
  • Dimensions : 83 × 52 × 33 mm
  • Capacité de la batterie : 500 mAh / 7,4 V
  • Fabrication : plastique

À l’usage

Au déballage, c’est d’abord la très bonne finition qui se remarque. Bien construite, la pompe est protégée par une housse en silicone.

Pompe SKS EMP et sa housse en silicone – photo Laurent Biger

De plus, une housse de transport est fournie. Pour autant, cette housse supporte très mal les frottements, si bien qu’elle fut rapidement trouée. Fort heureusement, la pompe est bien plus robuste, et la housse en silicone est réellement protectrice.

C’est par cette face que le chargement se fait, via un cable USB-C – photo Laurent Biger

Même en plein soleil, l’écran digital est bien visible. Sans vraiment le souhaiter, j’ai testé cette pompe électrique plusieurs fois pour regonfler mon pneu arrière après une grosse crevaison sur un parcours de 210 km. Sous la canicule de juillet, je dois dire que j’ai plutôt apprécié de ne pas avoir besoin de pomper manuellement au bord de la route et en plein soleil !

Un écran parfaitement visible, même au soleil – photo Jean-Alexis Duthoit

Depuis, je l’ai réutilisée plusieurs fois avec succès, sans le tuyau d’extension. La puissance de gonflage est au RDV, même sur des pneus de grosses sections pour le gravel : le gonflage est rapide, bien plus qu’avec une pompe manuelle.

L’utilisation est simple et l’efficacité au rdv – photo Jean-Alexis Duthoit

Le fabricant annonce une capacité de gonflage de trois pneus, et c’est globalement vrai sur des pneus de section gravel. Difficile de lui reprocher quoi que ce soit, si ce n’est la fragilité de la housse (que je n’utilise plus) et un poids supérieur à certains produits concurrents. Depuis peu, SKS propose une version spécifique pour les valves Schwalbe Clik Valve, plus légère et également plus onéreuse.

  • Page fabricant : SKS EMP
  • Prix : 79,99 €

BBB BarBank BMP-201

Testée par Pierre

Le spécialiste néerlandais propose souvent des équipements et accessoires de qualité et bien placés, dont récemment le casque Karma MIPS Air Node. J’étais donc assez curieux de découvrir la BBB Barbank, une mini-pompe électrique plutôt classique sur le papier, mais qui possède quelques arguments à faire valoir. Elle arbore une compatibilité avec les valves standards Presta, Schrader et Dunlop. Plus intéressant, elle fonctionne également avec les valves Exo-Core, ainsi que les récentes CoreCap et Click Valve. Pour les chambres à air TPU, un raccord flexible est fourni. On apprécie aussi la présence d’un joint de rechange, d’une goupille de valve et d’un mini-sac étanche pour protéger la pompe de la transpiration dans une poche de maillot. La BMP-201 de BBB affiche un poids de 159 g seule et 175 g avec les accessoires.

Caractéristiques

  • Pression max. : 8 bars (120 psi)
  • Compatibilité : Presta (SV), Schrader (AV), Dunlop (DV), Exo-Core (ECV), BBB CoreCap
  • Poids : 160 g (fabricant), 175 g (avec accessoires)
  • Dimensions : 70 × 60 × 32 mm
  • Capacité de la batterie : 600 mAh / 7,4 V
  • Fabrication : plastique

À l’usage

La BarBank BMP-201, c’est un peu la mini pompe passe-partout. Ce n’est pas la plus légère ni la plus compacte, mais elle cache de nombreux atouts. À commencer par un généreux écran LCD 1,5″, dont la lisibilité est très appréciable pour vérifier la pression (affichée en PSI ou bar) et le niveau de la batterie. Au-delà de l’ajustement de la pression, le panneau de commande offre deux fonctionnalités pratiques. La première est une mémoire de trois préréglages, pour ne pas avoir à changer systématiquement de pression lorsque l’on pratique par exemple de la route et du gravel. C’est intéressant sur le papier, mais la modification des valeurs prédéfinies n’est pas mémorisée. Je soulignerais donc plutôt la présence d’un bouton d’éclairage, puisque la BarBank possède la particularité d’intégrer un éclairage LED d’appoint. Une fonctionnalité très utile lorsque l’on se retrouve à devoir regonfler un pneu dans la pénombre.

Ce n’est ni la plus petite, ni la plus légère, mais la BarBank ne manque pas d’atouts – photos Pierre Dubarry

En ce qui concerne le gonflage, j’ai pu tester cette mini-pompe sur mes pneus route Maxxis High Road Gen.3 TR en 30 mm. La BarBank met environ 60 secondes pour gonfler à 4 bar, ce qui est plutôt correct, sans être exceptionnel. L’autonomie constitue enfin une belle surprise, puisque j’ai pu réaliser 5 ½ gonflages sur mes roues en valves Presta, et 7 gonflages avec une seconde paire équipée de valves CoreCap. Seul bémol, la recharge prend néanmoins 58 minutes avec un chargeur rapide USB-C.

Un gonflage d’appoint d’une simplicité enfantine avec les valves CoreCap – photos Pierre Dubarry

Que ce soit par son autonomie, la lisibilité de l’écran ou ses fonctionnalités, la BBB BarBank offre un rapport qualité-prix sérieux. On la trouve d’ailleurs assez souvent en promotion sous la barre des 70 €.

Cycplus AS2 Pro Max

Testée par Yann

CYCPLUS propose avec l’AS2 Pro Max une mini-pompe électrique qui ne se limite pas au dépannage après une crevaison. Avec ses 204 grammes vérifiés, elle reste compacte et facile à ranger. Mais c’est surtout sa polyvalence qui m’intéresse.

Je l’utilise principalement pour ajuster précisément la pression de mes pneus avant les sorties. Elle me sert aussi lors du montage de mes pneus tubeless. Et son utilisation dépasse largement le cadre du vélo. Je m’en sers également pour contrôler la pression des pneus de ma moto et de celles de mes deux adolescents.

Caractéristiques

  • Pression maximale annoncée : 8,3 bars (120 PSI)
  • Dimensions : 81 × 60 × 32 mm
  • Compatibilité : valves Presta et Schrader
  • Poids annoncé : 205 g
  • Poids vérifié : 204 g sans housse silicone et 248 g avec housse et prolongateur de valve
  • Affichage : écran LCD avec pression en temps réel
  • Arrêt automatique : oui, à la pression cible
  • Protection : housse en silicone
  • Accessoires utilisés : tuyau d’extension avec adaptateur Presta vissé
  • Batterie : 11,1 V – 600 mAh
  • Précision annoncée : 1 PSI
  • Vitesse de gonflage annoncée : 55 secondes pour un pneu de route de 700 × 25C jusqu’à 120 PSI
  • Autonomie annoncée : 4 pneus de 700 × 25C gonflés à 120 PSI
  • Recharge : USB-C (Type-C), environ 1 heure annoncée

À l’usage

La CYCPLUS AS2 Pro Max offre une bonne impression de qualité. Je laisse systématiquement la housse en silicone et le tuyau d’extension en place, avec l’adaptateur Presta vissé dessus. La pompe est ainsi toujours prête à l’emploi.

Je l’utilise principalement pour ajuster la pression avant mes sorties. Un appoint de 1,3 à 1,5 bar prend une poignée de secondes. Un gonflage complet demande environ 60 à 70 secondes. La batterie permet de regonfler quatre à cinq pneus selon la pression. La pompe chauffe davantage à 3 ou 3,5 bars sur mon vélo de route qu’à basse pression en gravel, mais cela reste raisonnable pour mon usage.

Quelques secondes pour passer de 1,1 à 1,3 bar sur mon gravel – vidéo Yann Brasseur

Elle me sert aussi lors des montages tubeless. Après avoir claqué les tringles à la bombe et injecté le liquide préventif par la valve, je gonfle les deux pneus sans difficulté. La batterie ne perd alors qu’une LED sur les trois affichées.

Enfin, je l’utilise pour ajuster la pression des pneus de ma moto et de celles de mes deux adolescents. Le tuyau d’extension facilite l’accès aux valves parfois peu accessibles.

En ultra-distance, je ne l’emporte pas pendant l’épreuve. Elle reste à l’hôtel et me permet, le matin du départ, d’adapter précisément la pression au terrain et à la météo.

Pour moi, la CYCPLUS AS2 Pro Max est avant tout un outil de précision. Elle a trouvé sa place dans mon atelier et mon garage. Elle me permet d’ajuster la pression des pneus de mes vélos et de mes motos, mais aussi de rendre service à toute la famille.
La CYCPLUS AS2 Pro Max dépasse donc, dans mon utilisation, le rôle de simple pompe de secours. C’est un petit compresseur polyvalent, utile au quotidien et suffisamment compact pour accompagner les cyclistes qui souhaitent l’emporter sur leurs longues sorties.

Très bonne vidéo de Josh Ibbett qui m’a donné envie de franchir le cap

Exposure Lights Strada 13 : un éclairage nouvelle génération plus puissant et connecté

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Référence de longue date chez le fabricant britannique, la lampe Strada passe à sa 13ᵉ génération. Au menu de cette nouvelle version : une puissance revue à la hausse, la recharge USB-C, une connectivité ANT+ et une gestion automatique de l’éclairage améliorée.

La Strada occupe une place à part dans la gamme d’éclairages chez Exposure Lights. Conçue pour accompagner les sorties hivernales comme les aventures ultra-distances, cette lampe avant se distingue par sa conception et son boîtier en aluminium 6063 usiné CNC. Pour cette 13ᵉ génération, le fabricant apporte plusieurs évolutions importantes, dont certaines déjà vues sur la Toro 16 testée par Yann, tout en conservant deux déclinaisons : la SB (Super Bright) et la RS (Road Sport).

USB-C et gestion automatique de l’éclairage améliorée

Parmi les nouveautés les plus remarquées, l’adoption attendue d’une connectique USB-C. Une évolution naturelle, qui facilite la recharge au quotidien, et qui évite d’avoir à emporter plusieurs chargeurs avec soi. Il devient notamment possible de prolonger l’autonomie de la Strada à l’aide d’une batterie externe, mais également de recharger d’autres appareils électroniques directement depuis celle-ci. La connectivité évolue également avec l’intégration de l’ANT+. La lampe Strada 13 peut ainsi être pilotée depuis un compteur GPS compatible, pour ajuster facilement son éclairage en cours de route.

Autre évolution notable, la technologie AKTiv, chargée d’ajuster automatiquement l’intensité lumineuse en fonction des sources de lumière détectées, bénéficie d’une amélioration de son système de détection. Alors qu’il reposait jusqu’ici sur un seul capteur, le dispositif en intègre désormais deux. Exposure Lights annonce ainsi une analyse plus étendue du spectre lumineux et une réaction plus rapide aux variations de l’environnement.

Jusqu’à 2 000 lumens et 36 heures d’autonomie

Les progrès réalisés dans l’efficacité des LED et de la batterie permettent également à cette nouvelle génération de gagner en puissance. La Strada 13 SB atteint dorénavant 2 000 lumens, tandis que la version RS culmine à 1 700 lumens.

Les deux modèles annoncent une autonomie de deux heures à pleine puissance. En sélectionnant d’autres programmes et modes d’éclairage, il est possible de prolonger cette durée jusqu’à 36 heures. La robustesse reste également au cœur de la conception. La Strada 13 affiche un indice de protection IP67 contre la poussière et l’eau, ainsi qu’un indice de résistance aux chocs IK09. Des caractéristiques qui la destinent à une utilisation dans des conditions météorologiques et de roulage exigeantes.

Un écran OLED plus lisible

Enfin, Exposure Lights a revu l’interface de sa lampe avec l’intégration d’un écran OLED plus généreux, afin de gagner en clarté. Une fonction permet également de consulter d’une seule pression le niveau de charge de la batterie, ainsi que le programme et le mode d’éclairage sélectionnés.

Spécifications techniques

STRADA 13 SBSTRADA 13 RS
LEDs2 x Cree XHP35.22 x Cree XHP35.2
Indice de protection (IP)IP67IP67
Puissance max (lumens)20001600
Batterie12 000 mAh Li-Ion8 000 mAh Li-Ion
Autonomie2-36 Hours2-36 Hours
Temps de charge3hr 14min2hr 1 min
Poids280g218g
MatériauAnodised 6063 AluminiumAnodised 6063 Aluminium
DimensionsLongueur 105 mm
Diamètre 45 mm
Longueur 101 mm
Diamètre 45 mm
Contenu de la boîteStrada 13 SB, Support de cintre, chargeur USB-CStrada 13 RS, Support de cintre, chargeur USB-C
Prix415 €355 €

Page fabricant : exposurelights.com/strada13

L’avis de Bike Café

Nous venons tout juste de recevoir en test la lampe Strada 13 SB chez Bike Café. Avec ses 2 000 lumens, sa recharge USB-C et sa connectivité ANT+, cette nouvelle version suscitait particulièrement notre intérêt, dans le cadre d’un usage orienté ultra-distance. Au-delà de la puissance annoncée, nous sommes particulièrement curieux d’évaluer le comportement de la gestion automatique AKTiv sur le terrain, ainsi que l’autonomie réelle dans des conditions d’utilisation variées. Nous vous livrerons prochainement notre verdict pour déterminer ce que cette 13ᵉ génération apporte concrètement à l’usage.

La Strada 13 SB tout juste installée sur mon cintre – photo Pierre Dubarry

Les GravelMan Series 2027 changent de braquet

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GravelMan Series 2027

Vous connaissez sans doute les GravelMan Series organisées par le cycliste et aventurier Steven Le Hyaric. En 2027, Steven nous propose de découvrir de nombreuses nouveautés avec plus de destinations, un choix de distances plus large tout en restant dans l’esprit originel de l’aventure qui caractérise ses épreuves. Gravel et route cohabitent sur des lieux de départ communs dans des régions défrichées par Steven avec en 2027 une nouvelle destination au Maroc. J’ai rencontré Steven sur le Roc d’Azur, il m’a présenté le projet 2027 dans lequel il a décidé de s’investir totalement. (photo de couverture Martin Delhumeau)

GravelMan Series 2027
Un échange franc et direct sur le Roc d’Azur avec Steven Le Hyaric pour parler des GravelMan Seies 2027 – photo Philippe Aillaud

Comme beaucoup d’observateurs du monde du vélo, j’avais une image un peu floue de ce que sont réellement les GravelMan Series. La forte personnalité de Steven, créateur de ces séries, me laissait imaginer des épreuves dédiées aux aventuriers aguerris ou aux finishers de l’impossible. J’ai découvert, au travers de témoignages de participants que je connais (dont quelques chroniqueurs de Bike Café) et en prenant connaissance du projet 2027, une collection d’épreuves accessibles et originales. Cette proposition d’aventure, sans compromis, me plait bien. Chacun pourra y vivre son rêve.

Bla Bla #222 avec Steven Le Hyaric


GravelMan Series c’est quoi ?

GravelMan Series
Le fil rouge reste le même : la liberté – Photo Martin Delhumeau

GravelMan, c’est 12 épreuves par an. Les 8 premières de la saison 2027 viennent d’être dévoilées sur le site. Cette première étape est l’aboutissement d’un « tunnel de travail » de trois mois, comme le souligne Steven dans l’échange que nous avons eu lors du Roc d’Azur. La promesse des GravelMan Series est simple. Elle se résume dans la philosophie de son créateur : « Le but dans la vie, c’est de faire quelque chose dont on est fier. Peu importe le terrain. Le fil rouge reste le même : la liberté« . Cette liberté s’exprime dans une ambiance décontractée qui cache tous les aspects sécuritaires, la préparation des tracés et la mobilisation des bénévoles qui opèrent en coulisses. GravelMan est le reflet de son créateur : un mec libre, qui cache derrière son personnage d’aventurier un sérieux travail d’organisation et la préoccupation de la satisfaction de l’aventure proposée.

2027 : plein de nouveautés en restant dans l’esprit originel

« Ces 3 derniers mois ont été les plus difficiles pour moi et les plus prolifiques. J’ai levé des fonds pour passer d’un mode semi-professionnel avec mon staff quasi bénévole depuis cinq ans à autre chose. J’ai envie de grandir et pas forcément de grossir 😉 », souligne Steven, par cette pirouette verbale dont il a le secret. Il exprime ainsi sa volonté de changer de braquet, sans perdre le plaisir de rouler une vraie aventure.

Gravelman Series - ANNECY Edition 2026
Une aventure vécue cette année par Yann sur le 1er Gravelman Annecy qui sera à nouveau proposé en 2027 – photo Louis Mollard

La nuit c’est l’aventure…

Les gens cherchent cette aventure et Steven a construit pour cette nouvelle saison un tour de France avec une incursion au Maroc qu’il connait bien. « En France, on s’est beaucoup intéressé au côté ultra au sens compétition – ce qui est bien également- mais moi j’entends les cyclistes, proches ou moins proches de moi et je constate que ce n’est pas ça qu’ils cherchent. Ils ont envie d’expérience, d’aventure, d’évasion et de découverte. » Les parcours commencent avec le 60 km qui constitue un tremplin pour construire la fameuse expérience dont parle Steven. On peut commencer par des distances plus modestes pour aborder ensuite les 350 et 500 km comme l’a fait Yann sur Annecy cette année.

GravelMan Series
Photo Martin Delhumeau

Pour Steven, l’ultra commence à 350 car il y a la nuit. « La nuit, c’est l’aventure« , me dit Steven. « Dès qu’on allume une lampe, c’est déjà plus de l’aventure. On est dans le silence de la nature dans un truc d’introspection totale. Tu vis quelque chose de spécial. »

Transmettre le goût de l’aventure

J’ai toujours été entrepreneur…

Bien entendu cette nouvelle saison GravelMan, que j’ai comparée à un changement de braquet, signifie que le leader sera présent pour donner le tempo. Quand je dis à Steven qu’il quitte le maillot d’aventurier pour devenir entrepreneur, il me répond justement qu’il a toujours été entrepreneur et que lorsqu’on est aventurier, on est aussi entrepreneur de son projet. C’est aussi cette notion qu’il veut faire passer auprès de ceux qui vont « entreprendre » l’aventure sur les GravelMan Series. Il va leur offrir le cadre et l’expérience qui l’accompagne, mais à eux de vivre les moments qui vont avec.

Steven revendique d’avoir été un aventureux avant d’avoir été un aventurier. Il va répondre aux demandes des cyclistes : mettre en place un village départ/arrivée, une arche, la rencontre avec le terroir sur le site, des sandwichs… « On va le faire…« , me dit Steven.

GravelMan Series
Photo Muller Production

Dans ce projet 2027, je trouve que Steven se positionne comme un passeur. Il va transmettre son expérience à ces néo-aventuriers mais aussi aux plus confirmés qui veulent échapper au poids de la compétition. « Pour l’instant j’ai 80% des participants actuels qui font des distances de moins de 200 km. » On sent que cette comptabilité va évoluer car les cyclistes viennent et reviennent pour placer la barre un peu plus haut au fur et à mesure de leur gain de confiance. À 40 ans, ce fougueux cycliste qui va être papa aura beaucoup à transmettre. Il s’est donné toutes les chances d’y parvenir.

Destinations

GravelMan Series
Photo lmmedias_LOU

L’aventure, c’est aussi des destinations. Aujourd’hui, les longs voyages à l’autre bout du monde semblent décalés par rapport à notre volonté de conserver notre planète en état. La France, vous connaissez ? Pas sûr ! Ce n’est pas en la traversant en voiture qu’on peut la découvrir et c’est là que le projet GravelMan offre cette dimension de découverte avec en plus des délais très raisonnables qui laissent le temps aux participants de regarder autour d’eux. Pour le Maroc, Steven a voulu partager avec ses participants un lieu qu’il connait bien et où il a vécu.

GravelMan Series
Rendez-vous sur le site

Une fin de saison 2026 encore ouverte

Vous pouvez encore terminer l’année sur un GravelMan, il reste des places. En novembre le GraveMan Côte d’Azur au départ de Mandelieu et celui de Marseille, le 4 décembre, où vous pourrez retrouver deux de nos chroniqueurs : Yann et Pierre.

Voir toutes les infos sur le site https://www.gravelmanseries.com/

Un Roc d’Azur solide, devenu au fil des ans le « chaudron » du vélo

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Roc d'Azur
Roc d'Azur

Depuis plus de dix ans, le Roc d’Azur fait partie de notre calendrier. Nous y retournons chaque année avec une motivation qui dépasse largement la découverte des nouveautés. Le Roc est l’un des rares moments où l’équipe de Bike Café se retrouve presque au complet, où nous pouvons mettre des visages sur les noms des marques que nous suivons toute l’année, rencontrer des lecteurs et prendre le pouls d’une industrie que nous observons habituellement derrière nos écrans.

Cette année, nous y sommes retournés dans un contexte particulier. En effet, le marché du vélo traverse une période de correction après l’euphorie post-covid et des stocks invendus qui ont pesé sur les fabricants, les distributeurs et les revendeurs. Certains acteurs historiques ne sont plus présents et le Roc lui-même doit désormais composer avec de nouveaux rendez-vous européens, comme la Sea Otter Europe de Gérone, dont l’identité s’affirme notamment autour du gravel et des pratiques outdoor.

Un « chaudron » dans lequel bouillonne le vélo

Quelques chiffres
19 000 participants,
70 épreuves,
1 200 bénévoles,
100 000 personnes.

Pour nous, le Roc est une sorte de « chaudron » dans lequel A.S.O. fait mijoter de nombreux ingrédients. Ce rassemblement, né de l’épopée du VTT, a pris une dimension incroyable parce que tout y est mélangé. Les fabricants historiques côtoient les petites marques et les équipementiers. Les athlètes qui participent aux 70 épreuves colorent les allées du Salon et croisent les passionnés et les familles venus voir les beaux vélos. VTT, Gravel, Trail, running, chacun pourra ici trouver son épreuve. Pour nous, média digital, il est important de nous tremper dans cette diversité qui fabrique le monde composite du vélo actuel. Pour un média spécialisé comme le nôtre, c’est extrêmement précieux. On peut détecter une tendance simplement en observant ce que les gens regardent et les questions qu’ils posent sur les stands.

Un Roc qui n’est plus seulement un rendez-vous VTT

Roc d'Azur
La présence de Paul Seixas et de Bruno Armirail a apporté un peu de piquant lors de l’épreuve du Roc d’Azur CIC – photo ASO

Le vélo partage désormais son territoire avec le trail, la randonnée, le gravel, le cyclotourisme, l’ultra-distance, les pratiques familiales. Pour nous, observateurs du monde du gravel, de l’ultra-distance et du vélo dans sa dimension touristique, cet événement est riche d’enseignements. La présence de Paul Seixas et de Bruno Armirail a apporté un peu de piquant lors de l’épreuve du Roc d’Azur CIC (55 km), le dimanche 11 octobre.

Notre équipe s’est propulsée en mode découverte dans les allées du Roc. On a remarqué l’absence encore cette année de Trek et la présence discrète de Cannondale. Yann a flashé pas mal sur le stand Canyon, toujours aussi musical et imposant avec son « Bike Café » ouvert à tous. Il a retenu aussi les roues Vision. Sur un autre stand, Laurent a pu découvrir en avant-première une roue avec rayons carbone cachée derrière un rideau. La roue reste un vrai sujet dans un monde où les standards bougent. Le 32 pouces en acier Columbus Spirit sur le stand de Cinelli n’a pas échappé au regard de Benjamin, candidat à un essai bien sûr de ce vélo. On a évoqué de nouvelles lunettes LCD qui vont arriver chez Ekoï ainsi qu’un nouveau casque. Chez Origine, ça bouge au niveau VTT porté par ses succès mondiaux, la marque nordique nous dévoilera des nouveautés en 2027 côté gravel.

Pour conclure

Le Roc d’Azur n’est peut-être plus exactement le même événement qu’il y a dix ou vingt ans. Le vélo non plus. Le VTT a laissé entrer le gravel, le trail, la randonnée, le vélo de route et toutes les formes d’outdoor. Le marché s’est tendu. Les marques ont connu des années difficiles. De nouveaux événements sont apparus ailleurs en Europe. Pourtant, le Roc reste solide.

roc d'Azur
L’équipe de Bike Café : Cassandra, Laurent, Jean-Louis, Philippe, Pierre, Colin, Yann, Patrick et Benjamin.

Pour Bike Café, ce rendez-vous conserve une valeur qui dépasse largement les nouveautés exposées sur les stands. Pendant notre journée de visite avec toute l’équipe, notre média numérique a décroché de l’écran pour retrouver son sujet dans sa dimension concrète : des vélos, des pratiquants, des marques, des athlètes, des bénévoles et des lecteurs, réunis dans un même espace. Être immergé dans notre communauté lors de cette visite nous donne de l’énergie et on n’a pas boudé notre plaisir d’être présents à Fréjus.

Comme un lundi : entre Vénus et Mars  

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Lael Wilcox

L’édito de Bike Café

Ce matin sur mon petit vélo, en regardant le ciel je pense à ce qui caractérise les hommes et les femmes. Les différences de genre s’inscrivent souvent dans nos débats de société. John Gray en avait fait un livre : « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » qui a connu un certain succès au début des années 90. J’avais été voir la pièce qui en avait été tirée. Tous les clichés, qu’elle abordait de façon caricaturale ne faisaient que creuser malheureusement le fossé entre les genres. Ces 35 années sont passées que reste-il de ces différences ? Nous sommes au mois d’octobre et dans le calendrier logiquement viendra novembre. Ces mois d’automne symbolisent depuis quelques années deux mouvements de solidarité et de soutien à des causes de santé majeures qui concernent nos deux genres, je dirais même de nos deux sexes. En repensant à la comparaison planétaire de John Gray, je constate que l’orbite de Vénus est presque parfaitement circulaire et proche du Soleil, tandis que celle de Mars est plus ovale et en est plus éloignée. Cette image symbolique colle bien à une réalité : les femmes réussissent avec Octobre Rose à faire connaitre la cause du cancer du sein alors que les hommes réagissent peu pour soutenir les mouvements qui luttent contre le cancer de la prostate. (Photo de couverture Bikepacking.com : Lael Wilcox sur la Trans-Am ).

Nous avons communiqué récemment les résultats d’une étude portant sur les minorités de genre dans les événements vélo. Alors que la parité hommes/femmes est quasiment atteinte en ce qui concerne la pratique du vélo, seulement 10% d’entre-elles s’inscrivent à des événements vélo. Cet opposition dans l’engagement entre les mobilisations des femmes et celles des hommes selon les thèmes m’a frappé. Les hommes de Mars sont à fond dans le challenge sportif, les femmes de Vénus sont au taquet dans les causes de santé publique. L’image caricaturale de John Gray auraient-elle raison ? Avec mes 4 camarades des Bacchantes à vélo en 2024 nous avons roulé 800 km entre Paris et Aix-en-Provence avec l’espoir de sensibiliser les hommes au dépistage de leurs maladies masculines. Notre opération moustachue et nos appels aux instances officielles et aux médias ont reçu un bien faible écho. Une sorte de chape de discrétion est posée sur cette faiblesse du genre masculin. Elle rend muet les hommes et par conséquent notre société plutôt masculine. Les médias, qui ne parlent souvent que de ce qui est déjà populaire, n’en font pas un sujet. 

Mars et Vénus
Les Bacchantes 2024 au départ de Paris : Thierry, Patrick, Jean-Yves, Alain et Thierry – photo Philippe Aillaud

Le vélo fait partie de notre vie et plus largement le sport que l’on présente désormais comme un médicament pour combattre de nombreuses pathologies. Je pense qu’il doit contribuer à porter des messages. Nous pouvons sans doute nous mobiliser plus largement pour ces deux causes de santé publique. En 2024 et 2025 Bike Café a soutenu les initiatives des Bacchantes à vélo. Quelques initiatives éparses existent encore et je vous engage à y participer. À Aix-en-Provence nous organiserons une sortie vélo pour communiquer sur la nécessité de la prévention. N’hésitez pas à vous joindre à ces mouvements que je trouve encore trop timides. Le vélo est social il doit s’exprimer dans toutes les dimensions de notre société. N’hésitez pas à réagir en commentaire si vous connaissez une de ces initiatives autour d’Octobre rose ou de Movember bleu.

Patrick.  

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La Cezanne cyclo classic : la palette colorée d’un cyclisme joyeux

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Cezanne Cyclo Classic

Comme le peintre qui mélange des couleurs sur sa palette pour obtenir la bonne nuance, la Cezanne Cyclo Classic mixe les styles, les genres, les époques pour obtenir un événement coloré et joyeux. Ce matin, en prenant le départ dans cette masse hétéroclite de cyclistes, je me souviens qu’en 2019 nous étions une poignée de pionniers à nous élancer d’Aix-en-Provence pour rejoindre Marseille. Dans cette randonnée entre potes sur des vélos vintage : la graine de la Cyclo Classic venait d’être semée sur le parvis de Notre-Dame de la Garde. Depuis quatre ans, l’événement se déroule désormais autour d’Aix-en-Provence en s’immisçant dans les paysages de Cezanne. (photo de couverture Matthieu Perusset)

Cezanne Cyclo Classic
Photo Matthieu Perusset

L’événement Cyclo Classic provençal ne cesse de grossir chaque année et pour cette 4ᵉ édition aixoise, 350 inscrits se sont retrouvés à Aix-en-Provence pour un week-end vélo mémorable. Trois parcours sont proposés aux participants pour découvrir les plus belles routes de la région et notamment la route Cezanne, seule route classée site pittoresque en 1959 par le ministre de la Culture de l’époque André Malraux. Un rendez-vous dans un lieu atypique avec foodtrucks, musique, rencontres et animations qui ont rythmé ce moment unique.

Dans cette randonnée entre potes sur des vélos vintage : la graine de la future Cyclo Classic était semée…

Un seul mot d’ordre :
rouler avec style.

Y a-t-il une relation forte entre les lieux et ce qui s’y passe ? Pour ma part, je pense que oui. Pour cette Cezanne Cyclo Classic, qui prône le style et un certain art de vivre, je pense que cette route Cezanne a du sens. Pablo Picasso, qui était installé aux pieds de la Sainte-Victoire à Vauvenargues, considérait Cezanne comme le père de l’art moderne. Il disait de lui : « Il était mon seul et unique maître. » Cette cyclo, qui revendique un certain classicisme, est aussi fondamentalement moderne dans l’interprétation libre de ce que peut être un cyclisme joyeux et coloré. De son côté, Gabriel Refait va même jusqu’à comparer les lieux au Ventoux en parlant d’un « aimant » qui attirerait les cyclistes. « Il y a peu d’endroits qui sont comme ça, particuliers. Il y a le Ventoux dans le Vaucluse qui attire les cyclistes du monde entier. La montagne Sainte-Victoire a longtemps attiré les peintres et la Cezanne Cyclo Classic met en vitrine ce lieu auprès d’un public cycliste. Je crois beaucoup au potentiel du vélo dans notre territoire. »

Ce peloton est une machine à mélanger les générations

Quelques chiffres
345 inscrits
80 femmes
41 ans âge moyen
12 ans le plus jeune
80 ans le plus vieux

La Cezanne Cyclo Classic est une parenthèse dans laquelle se mélangent le patrimoine cycliste et l’art de vivre provençal, autour du plaisir simple de rouler, de prendre le temps et de profiter de ce qui nous entoure. C’est une façon de redonner de la place à l’essentiel : la route, les rencontres, et le plaisir d’être dehors. Un moment où le vélo redevient un prétexte pour vivre pleinement le paysage plutôt que le traverser.

Pas de vélo en carbone : cette option parait exclusive de nos jours, mais en fait elle s’inscrit au contraire dans le choix assumé d’une expérience commune, où se croisent des profils très différents et mixtes : coureurs, cyclistes du quotidien, voyageurs, triathlètes ou collectionneurs. Un brassage à la gloire du vélo classique, fait d’un métal transgénérationnel où roulent côte à côte vélos anciens et modernes.

La Cezanne Cyclo Classic n’est pas une simple randonnée de vélos anciens, c’est un moment qui nous rappelle qu’un vélo n’a pas besoin d’être récent pour appartenir au présent. Gabriel a réussi par étape à transformer la rando entre amis en un vrai rendez-vous sur le temps d’un week-end. Pour définir ce qu’est le vélo classique, Gabriel a une réponse simple : « Il faut tout faire pour ne pas ressembler à un coureur…»

Cezanne Cyclo Classic
Photo Matthieu Perusset

Un parc machines incroyable

Au fil du temps et des éditions, la Cezanne est devenue un lieu d’exposition des plus belles machines qui puissent exister. « C’est un rendez-vous de passionnés. J’ai toujours pensé qu’il y avait beaucoup d’intérêts à connaître les dernières nouveautés : impression 3D, recherches sur le confort, l’adoption de nouvelles transmissions… ainsi que les merveilles créées dans le passé par des artisans de talent. » Avec l’exposition des artisans du cycle présents nombreux à cet événement, les visiteurs peuvent développer leur culture vélo, voir réellement les machines et peut-être même se projeter dans un projet personnel.

Cezanne Cyclo Classic
PDes machines porteuses de souvenirs et des vélos récents cohabitent en harmonie – photo Matthieu Perusset

Il y a aussi ce parc vélo incroyable des vélos des participants… Plus de 300 vélos allant du vélo du grand-père sorti de cave au vélo de collection rare. Cette découverte fait partie du plaisir d’être là et ce n’est pas Benjamin, notre chroniqueur tous terrains, qui me démentira sur cet aspect de la Cezanne : il les a tous regardés et a identifié quelques pépites. « Cette année on a eu un parc machines incroyable. Il n’y a jamais eu un tel rassemblement de beaux vélos réunis en un même endroit« , me confie Gabriel.

Les parcours

Il y a le 60 km Tour classique mais toujours aussi spectaculaire. Jeanne Lepoix, qui était venue l’an dernier, me dit : « L’an dernier on était là pour le 60, cette année on a fait le 200 samedi et pour le plaisir on a fait aussi le 60 aujourd’hui. » Plusieurs participants au brevet de 205 km du samedi ont fait comme elle. Certains ont même fait le 100 km qui offrait la possibilité de découvrir le col du Sambuc. Ce brevet de 200 km a la particularité d’être le seul qui exclut les vélos en carbone. Notre ami Benjamin, qui a fait il y a peu l’Inca Divide au Pérou sur un Chiru en titane, l’a fait avec son pignon fixe Cinelli Vigorelli alu en 46 x 16. Ils étaient 70 participants sur cette nouvelle épreuve, rendue pas comme les autres du fait de son orientation classique.

Même si le dénivelé est au rendez-vous autour de cette montagne Sainte-Victoire, la récompense de ce paysage compense largement les efforts qu’il faudra déployer pour basculer ces petits cols. Les vieux dérailleurs non indexés ont du mal à trouver le bon braquet en pleine montée. Les vieux boyaux desséchés par le temps ne tiendront pas tous la distance, mais peu importe, cela fait partie de l’aventure. Ces 3 parcours sont parfaits pour satisfaire tout le monde et le plus jeune cycliste, âgé de 12 ans, l’a réalisé, accompagné de son père et de son grand-père, prouvant que la passion du vélo est transgénérationnelle.

Les détails de l’harmonie de la différence

L’élégance est le maître mot de ce rassemblement. « On a dû faire un peu de pédagogie pour faire comprendre que l’on n’était pas un événement comme l’Eroica où il faut un dress-code années 70 avec des vélos respectant strictement l’époque. On n’est pas non plus un événement cyclotouriste comme l’Ardéchoise« , explique Gabriel. Dans ce peloton qui ne ressemble à aucun autre, chacun interprète cette liberté par des détails vestimentaires et des accessoires sur leurs vélos. Chaque monture participe à cette fête du mélange où l’on verra un VTT côtoyer une randonneuse des années 40, un gravel en titane et un vélo de course 70’s en acier, une selle carbone et une selle en cuir rôdée main… « Les participants sont tous beaux. Ils ont tous soigné leur tenue vestimentaire pour l’harmoniser au style et à l’époque de leur vélo. C’est ça également le vélo classique…« , ajoute Gabriel en guise de conclusion de notre échange podcasté.

Cezanne Cyclo Classic
Un lieu d’acceuil atypique et une ambiance qui donne envie de rester – photo Patrick VDB

Le podcast Bla Bla avec Gabriel Refait

Mon avis

Depuis 2019, j’ai vu grandir le petit peloton réuni par Gabriel. Ce qui me frappe aujourd’hui, ce n’est pas qu’il soit devenu plus important, c’est qu’il soit resté capable de réunir des gens et des vélos très différents. Alors que le marché du vélo se segmente à force d’innovations, un événement comme la Cezanne Cyclo Classic rapproche les périodes, les types de vélo, les matériaux… sous une même bannière : celle du classicisme. Sur ces routes de Provence, les frontières ont disparu. L’attitude classique n’est pas une nouvelle catégorie de vélo, c’est une manière de rouler ensemble.

Cezanne Cyclo Classic
Photo Patrick VDB

Cet événement est unique. On n’est pas dans une réplique de l’Eroica, ni dans un rassemblement cyclo comme l’Ardéchoise, on vit autre chose. La différence tient aussi à ces deux jours où l’on peut échanger entre participants, découvrir des machines exceptionnelles, œuvres des artisans du cycle, et des vélos exceptionnels sortis pour l’occasion par leur propriétaire. Cet événement vaut le détour par Aix-en-Provence, ville touristique attirante par son patrimoine culturel et la beauté de ses paysages. Nous sommes partenaires de cet événement depuis le début. J’ai loupé une seule édition depuis 2019 et je compte bien être là en 2027 en attendant les surprises que Gabriel nous réserve pour la prochaine Cezanne.

Gravel Games : le Larzac, terrain commun du vélo, du running et de la randonnée

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Gravel Games

Les Gravel Games viennent de franchir une première étape. Les 26 et 27 septembre, Wish One organisait sur le Larzac le Preview de ce nouvel événement outdoor. Pendant deux jours, Gravel Running, Gravel Cycling et randonnée pédestre ont partagé un même territoire. Une centaine de participants, des habitants de La Cavalerie et de Millau ainsi que des légionnaires se sont retrouvés au camp général de Castelnau.

Nous avions présenté en août ce projet imaginé par Wish One. L’idée pouvait alors sembler simple : réunir le gravel à vélo et une pratique de course à pied sur les chemins. Cette première expérience permet désormais d’aller plus loin. Car les Gravel Games ne cherchent pas seulement à ajouter une discipline à une autre. Le projet semble plutôt vouloir créer un espace commun entre plusieurs pratiques outdoor. Et, pour cela, Wish One a choisi un territoire qui joue ici un rôle beaucoup plus important que celui d’un simple décor.

Gravel Games
Les trophées de ces premiers Gravel Games deviendront collectors – photo @elon.photo

Le terrain devient le personnage principal

Pour cette première expérience, Wish One a obtenu l’accès au camp général de Castelnau, sur le plateau du Larzac. Le site militaire a exceptionnellement ouvert ses pistes et ses grands espaces aux participants. Le communiqué des Gravel Games présente le terrain comme l’un des éléments fondateurs du projet. La formule mérite d’être retenue : « le terrain est le personnage principal ».

Gravel Games
– photo @elon.photo

Cette approche modifie la manière de regarder un événement sportif. Dans une course classique, le territoire sert souvent de support au parcours. Ici, il devient une partie de l’expérience. Les participants ne viennent pas uniquement chercher un chrono. Ils découvrent aussi un espace auquel le public n’accède normalement pas. Le camp général de Castelnau possède évidemment une valeur particulière dans ce dispositif. Ses pistes et ses espaces ouverts ont permis aux participants de courir et de rouler dans un environnement inhabituel. L’expérience repose donc sur une équation assez simple : un territoire, plusieurs façons de le parcourir et des publics différents réunis autour de cet espace.

Le gravel à vélo et le gravel running, deux pratiques qui se rapprochent

Gravel à vélo ou Gravel running : qui a inspiré l’autre ?

Le rapprochement entre vélo et course à pied n’a rien d’artificiel. Le gravel à vélo et le running off-road partagent une partie de leur terrain de jeu. Ils recherchent les chemins, les pistes, les reliefs et les espaces naturels. Les équipements diffèrent, les vitesses aussi, mais les sensations liées au terrain présentent certaines similitudes.

On pourrait même retourner la question : le gravel à vélo s’apparente-t-il au gravel running ou le gravel running s’inspire-t-il d’une culture que le vélo a largement contribué à populariser ? La question importe finalement moins que la proximité qui apparaît entre ces deux pratiques. Le mot gravel dépasse désormais la seule catégorie vélo. Il évoque aussi une manière de pratiquer un sport outdoor en recherchant davantage de liberté dans le choix des terrains. Les Gravel Games prennent acte de cette évolution.

Du Gravel Running le samedi au Gravel Cycling le dimanche

Le programme du Preview illustre concrètement cette volonté. Le samedi, les coureurs ont participé aux épreuves de Gravel Running sur des distances de 5, 10 et 20 km. Le dimanche, le Gravel Cycling prenait le relais avec des parcours de 70 et 105 km. Cette organisation permet aux deux disciplines de conserver leur identité.

Gravel Games
photo @elon.photo

Le coureur ne devient pas cycliste le temps d’une épreuve. Le cycliste ne doit pas forcément se transformer en coureur. Chacun peut pratiquer son sport sur le même territoire. Mais, Wish One va plus loin avec une épreuve combinée. Le participant qui réalise le 20 km de Gravel Running puis le 105 km de Gravel Cycling peut prétendre au titre de « King of Larzac ». Pour cette première édition, Bernard a remporté ce classement combiné. Le concept change alors de dimension. La performance ne se mesure plus uniquement dans une discipline. Elle devient aussi la capacité à passer d’un sport à l’autre.

Un événement qui cherche à réunir plutôt qu’à juxtaposer

Le risque d’un événement multisport consiste souvent à juxtaposer plusieurs activités sans réellement créer de relation entre leurs pratiquants. Les Gravel Games semblent chercher autre chose. Le communiqué insiste sur le lien social comme l’un des trois marqueurs de cette première expérience, avec le terrain et le sport.

Gravel Games
photo @elon.photo

Le samedi matin, une randonnée pédestre a ainsi réuni des habitants de Millau et du Larzac, des participants venus découvrir le camp et des femmes de légionnaires. L’association Myriade a également accompagné ce moment de rencontre. Ce détail est intéressant. Il élargit le concept au-delà des pratiquants venus chercher une performance. Les Gravel Games tentent de faire entrer le territoire et ses habitants dans l’événement. Le sport devient alors un moyen de rencontre. Cette dimension pourrait compter autant que les épreuves elles-mêmes dans l’identité future des Gravel Games.

Un terrain militaire exceptionnellement ouvert

Le camp général de Castelnau apporte aussi une dimension particulière à cette première édition. Un événement sportif ouvre habituellement un espace au public. Ici, le processus s’inverse. Un espace qui reste normalement fermé a exceptionnellement accueilli des civils venus courir, rouler ou marcher. Cette ouverture a nécessité un partenariat avec la 13ᵉ demi-brigade de Légion étrangère. Le communiqué souligne son implication dans l’organisation de cette première expérience.

Gravel Games
photo @elon.photo

Le choix du Larzac prend ainsi une dimension qui dépasse la seule qualité des chemins. Il raconte quelque chose du territoire et de ses usages. Le sport crée pendant quelques jours une nouvelle manière d’entrer dans cet espace. Cette possibilité d’accéder à un lieu habituellement fermé constitue évidemment un élément exceptionnel. Elle pose aussi une question pour la suite : comment conserver l’esprit des Gravel Games lorsque le terrain ne bénéficiera pas nécessairement de cette même dimension d’exclusivité ?

Les premiers « pionniers » ont donné une forme au concept

Cette avant-première avait également une fonction de test. Wish One pouvait observer la manière dont les différentes communautés se rencontrent, comment les participants vivent le terrain et quelle place prend le combiné entre course à pied et vélo.

Le communiqué parle des « premiers pionniers des Gravel Games ». Les premiers résultats donnent désormais des noms à cette histoire naissante : Manon et Edgar sur 5 km, Virginie et Nicolas sur 10 km, Agnès et Djidda sur 20 km, FX sur 70 km, Laurent sur 105 km et Bernard sur le combiné. Ces résultats ont évidemment leur importance sportive. Ils permettent de matérialiser le début d’une aventure qui devra maintenant trouver son public. Les Gravel Games ont une première histoire à raconter. La prochaine édition devra montrer si cette histoire peut devenir un véritable rendez-vous.

Pour conclure : le gravel comme culture outdoor

Un même terrain, plusieurs façons de jouer…

Ce projet pose finalement une question intéressante sur l’évolution du gravel. Depuis ses débuts, le gravel apporte de la porosité aux frontières. Il emprunte à la route, au VTT, au cyclotourisme, au voyage et maintenant à l’ultra-distance. Il se définit moins par une catégorie technique précise que par une manière de rouler. Les Gravel Games prolongent cette logique. Pourquoi le gravel ne pourrait-il pas également dialoguer avec les sports qui partagent ses terrains ? Le coureur et le cycliste ne recherchent pas exactement la même expérience. Pourtant, ils peuvent apprécier le même paysage, le même chemin et le même sentiment d’évasion.

Gravel Games
photo @elon.photo

Le terme gravel pourrait alors désigner moins une discipline qu’une culture du terrain. C’est sans doute ce qui rend le projet de Wish One intéressant. La marque ne cherche pas seulement à faire entrer le running dans l’univers du vélo. Elle expérimente une forme d’événement où plusieurs sports peuvent se retrouver sans perdre leur identité.

Rendez-vous au printemps 2027

Le Preview n’était donc pas encore la première édition officielle. Il servait de première expérience grandeur nature avant le rendez-vous annoncé pour les 3 et 4 avril 2027, sous réserve de validation définitive des dates. Cette prochaine étape permettra de vérifier si le concept peut prendre une autre dimension. Le Larzac fournit pour cela un terrain de jeu cohérent avec l’histoire de Wish One.

Wish One résume son projet par une formule : « One Ground. Many Ways to Play. »

Lien internet : https://gravelgames.fr/

LOOK dévoile le nouveau gravel G85 Cezal RS

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Co-développé avec le coureur gravel professionnel Russell Finsterwald, LOOK dévoile aujourd’hui le G85 Cezal RS. Tout en reprenant la géométrie de son gravel G85 Cezal, LOOK déplace, avec cette version RS, le curseur vers le Gravel Race. Ce vélo est déjà en test au Bike Café, mais en attendant de pouvoir vous dévoiler notre test complet, en voici déjà les principales caractéristiques. Photo de couverture : Jean-Alexis Duthoit.

Une géométrie identique au LOOK gravel G85 Cezal

Version compétition du G85 Cezal, le G85 Cezal RS conserve la géométrie de la plateforme G85 Cezal : bases arrière de 425 mm et un train avant misant sur la réactivité, sans sacrifier la stabilité.

Un cadre profondément revu pour ce LOOK G85 Cezal RS

Si la géométrie est identique, la conception est différente, notamment dans le drapage des fibres de carbone. Ainsi, son drapage haut module (HM) fait gagner 200 grammes sur le seul cadre par rapport au G85 Cezal « standard ». Ce layup différent augmente la rigidité au boîtier de pédalier de près de 19 % et celle de la douille de direction de 20 % par rapport au modèle de base.

À l’arrière, le fabricant annonce que les haubans 3D Wave Flex System filtrent 15 % des vibrations, sans pénaliser le transfert de puissance latéral. Un aspect important pour maintenir les roues au contact de la piste.

Haubans 3D Wave Flex System

Pour ce cadre, LOOK annonce un poids de 1 000 g en taille M. Là-dessus, le cadre a été conçu pour résister à des forces d’impact supérieures de 50 % aux exigences de la norme ISO. Quant à la rigidité de la douille de direction, elle atteint un score Zedler de 94. Ce qui place le G85 Cezal RS devant le vélo de route 795 BladeRS 3 de LOOK, qui est à 90. Il devrait logiquement en résulter une direction d’une grande précision.

Une douille de direction qui s’annonce particulièrement rigide

Du côté de l’aéro

Avec le G85 Cezal RS, LOOK a privilégié, dans sa conception aérodynamique, le contrôle en situation réelle plutôt que des tubes très profilés. Voici les résultats d’une analyse réalisée par LOOK : « sur une simulation de course de 146 km, des cadres purement aéro ont fait gagner 137 secondes sur le papier. Mais un vélo rigide et inconfortable peut coûter de 63 à 84 secondes dans les descentes techniques, et de 60 à 100 secondes en interruptions de pédalage sur les irrégularités. Le résultat : la preuve que le confort, le contrôle et la position du cycliste permettent d’aller plus vite sur de vrais parcours gravel ».

LOOK G85 Cezal RS : un développement en course, et pour la course

Co-développé avec le coureur gravel professionnel Russell Finsterwald, le LOOK G85 Cezal RS a été développé directement en course. Russell Finsterwald a remporté la Belgian Waffle Ride (BWR) Arizona 2026 sur un prototype et signé un top 20 sur The Traka 360. D’après LOOK, ses retours ont directement influencé le produit final G85 Cezal RS.

Un développement issu de la compétition, et pour la compétition

Russell Finsterwald : « Co-développer le G85 Cezal RS et le mener directement à la victoire sur des courses exigeantes m’a montré de quoi ce vélo est capable. Il répond instantanément quand on attaque, et son comportement est si prévisible qu’on reste serein et rapide pendant des heures sur du gravel cassant. On n’a jamais à lever le pied. »

LOOK G85 Cezal RS

Romain Simon, chef de produit cycle chez LOOK : « Avec le G85 Cezal RS, nous ne voulions pas obliger les cyclistes à choisir entre poids et polyvalence : nous avons donc conçu une plateforme unique qui couvre pratiquement tous les scénarios. Notre équipe route connaît l’aérodynamique sur le bout des doigts, et c’est précisément pour cela que nous avons choisi de ne pas sacrifier le contrôle du cycliste à des gains aérodynamiques marginaux. »

Le cockpit annonce la couleur : Gravel Race !

Caractéristiques principales du LOOK G85 Cezal RS

  • Nouveau cadre, layup en carbone haut module (200 g de moins que le G85 Cezal, soit le cadre à 1 000 g en taille M)
  • Une rigidité en hausse : +20 % à la douille de direction et +19 % au boîtier de pédalier (test Zedler, d’axe à axe)
  • Haubans 3D Wave Flex System : filtrage de 15 % des vibrations
  • Passage de pneus de 57 mm à l’avant
  • Passage de pneus de 50 mm à l’arrière en montage mono, 45 mm en double plateau (50 dents max.)
  • Géométrie compatible avec les fourches suspendues de 60 mm
  • Boîtier de pédalier au format T47
  • Cadre compatible UDH
  • Tige de selle en carbone LOOK LS1 diamètre 27,2 mm
  • Assemblé à Nevers, en France, garanti à vie

Versions et prix

Kit cadre G85 CezalRS (Raw Carbon / Chrome Orange)

Le kit cadre comprend le cadre, la fourche, le boîtier de pédalier Token T47, la visserie flat mount 160 mm et la tige de selle carbone LOOK LS1 27,2 mm.

G85 CezalRS SRAM Force XPLR 1x (Hypershift Blue)

Poids (fabricant) : 8,3 kg en taille M, groupe SRAM Force XPLR, plateau 40 dents, cintre Deda Superzero Carbon et potence Superbox à intégration totale, roues Fulcrum Sharq C25 42 mm, pneus Hutchinson Touareg Race GS 700x45c.

G85 CezalRS SRAM RED XPLR 1x (Chrome Orange & Black UD) : 8 990 €

  • Poids (fabricant) : 7,9 kg en taille M, groupe RED Force XPLR, plateau aéro 44 dents, potence LOOK Aero Carbon et cintre Aero Carbon RS 3, roues Fulcrum Sharq C25 42 mm, pneus Hutchinson Touareg Race GS 700x45c.

L’avis de Bike Café

Pour ne rien vous cacher, ce nouveau LOOK G85 Cezal RS est déjà en test chez Bike Café. Cela fait maintenant une dizaine de jours qu’il est dans les mains expérimentées de Laurent. Avec déjà 500 km au compteur, ce que l’on peut vous dire, c’est qu’au vu de son compte Strava, Laurent a obtenu pas mal de PR et KOM avec ce vélo.

Le LOOK G85 Cezal RS est en cours de test – photo Jean-Alexis Duthoit

Ces performances semblent donc confirmer les atouts qu’annonce le fabricant LOOK. Son test devrait se conclure sur une Gravel Race, au Raid des Alpilles le 17 octobre, ultime manche du GRAVEL’TOUR WISH ONE. RDV fin octobre pour lire son test complet sur Bike Café !

Page fabricant : Look Cycle

Comme un lundi : populaire

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Pierre qui roule

L’édito de Bike Café

Ce matin, sur mon petit vélo, je pense à la popularité, devenue la quête de ceux qui cherchent la reconnaissance. Vu les manœuvres nécessaires et autres compromis pour l’obtenir, je constate l’acharnement nécessaire pour arriver à plaire à tout le monde. Cette période préélectorale donne le ton général des promesses pour y parvenir. En appuyant plus fort sur mes pédales, je me dis « Et toi, tu ne serais pas en train de faire pareil avec ton petit édito du lundi ? » En fait, la différence importante par rapport à cette quête effrénée de popularité, c’est qu’en écrivant ce billet de début de semaine, je ne cherche pas à vous plaire. Pas de manipulation électorale ou commerciale : je veux juste partager avec vous ce qui me passe par la tête. Je n’ai rien à vous vendre. Tant pis pour les 👍, les ❤️, les 🙏, les 👏… que je n’obtiendrais pas sur ma page Insta. Face au nombre de pages vues, grâce à la popularité mécanique des algorithmes, je préfère le lecteur (trice) qui revient spontanément sur notre site, celui ou celle qui s’abonne à notre newsletter, qui conserve Bike Café dans ses favoris, qui écoute mes podcasts hebdo, qui lit un article plusieurs mois après sa publication, qui envoie l’article à ses copains ou copines, qui vient rencontrer l’équipe sur un événement (toute l’équipe sera sur le Roc le 8 octobre), qui a confiance en nous… (Photo de couverture : la Masse Critique à Bruxelles – Pierre Costini)

L’interprétation de la précarité de la popularité… « Il faut que je pense à ma carrière, je suis un chanteur populaire.« 

L’adjectif populaire me ramène encore une fois à la bipolarité du monde du vélo entre l’univers sportif et loisir et l’usage populaire au quotidien. D’un côté populaire et euphorique au regard du plaisir de faire du vélo et de l’autre plus discret sur ce que le « peuple » et ses représentants entendent faire du vélo dans le contexte du transport alternatif. L’étude sociologique du vélo dans l’histoire du vélo décrite dans le livre de David Sayagh nous éclaire sur cette alternance de popularité. Aujourd’hui il existe une distinction brutale entre le vélo-spectacle sportif, adulé et patrimonial, et le vélo utilitaire perçu comme une nuisance dans la circulation des véhicules ou une variable d’ajustement minoritaire. La popularité est donc un indicateur instable de notre société selon l’époque et le contexte.

La recherche de popularité a pris une importance qui n’est pas justifiée du fait de son caractère éphémère. Elle consomme une énergie qui pourrait être utilisée aux endroits où on en a bien besoin. Elle est sondée, vantée, adulée… et tout cela coûte très cher. Est-elle vraiment le critère majeur de reconnaissance ? C’est ma question du jour. Pour nous au Bike Café, on répond simplement en étant sincères dans nos articles. Vous avez fait de nous un média, en venant nombreux lire les sujets variés que nous vous proposons. Ce n’est pas nous qui avons cherché à vous plaire, pour obtenir votre reconnaissance, c’est vous qui nous faites ce plaisir par votre fidélité.

Patrick.  

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Acier, freins sur jante : le vélo cherche-t-il à redevenir simple ?

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le vélo cherche-t-il à redevenir simple ?

Dans un contexte où durant des années on nous a expliqué que le vélo devait être plus léger, plus rapide, plus intégré et plus technologique, certaines marques nous proposent désormais des vélos qui font moins. Est-ce un retour en arrière, une nostalgie commerciale ou la reconnaissance que le vélo avait peut-être déjà atteint une forme de maturité ? Récemment le Distance 25 et le Road Logic Tom Ritchey Signature m’ont amené à me poser cette question.

En fait ces deux annonces rapprochées me font penser à un contre-modèle qui ne serait pas anti-technologie, mais proposerait une technologie à la carte. Est-ce un « saut de chaine » dans le braquet du toujours plus ? Le Distance 25 et le Tom Ritchey Signature ne sont pas des vélos vintage. Ce sont des vélos contemporains qui sélectionnent volontairement certaines technologies et en écartent d’autres. Le Road Logic assume par exemple l’acier, les freins sur jante, les serrages rapides et le passage externe des câbles tout en conservant une fourche carbone et une capacité de pneus de 30 mm.

Pas vraiment un retour en arrière

Aucun de ces deux vélos, que j’ai pris pour illustrer ce sujet, n’est réellement un vélo ancien. Le Distance 25 utilise par exemple un boîtier T47, un passage interne des câbles et des composants contemporains. Il accepte même une transmission électronique Shimano Ultegra Di2 dans l’une de ses configurations, tout en conservant des freins à patins. Le Ritchey utilise lui aussi une fourche carbone, une douille de direction usinée, des tubes acier traités thermiquement et à triple épaisseur, ainsi qu’une conception optimisée pour le soudage TIG. Le message n’est donc pas : « Les vieux vélos étaient meilleurs, revenons aux vieux ! »

Une réaction face à la course à la performance ?

Ce conservatisme apparent n’est pas forcément opposé à la performance

Depuis plusieurs années, le vélo de route haut de gamme raconte essentiellement la performance en sacralisant l’aérodynamisme, la rigidité, l’intégration, l’électronique, les watts et les gains marginaux. Cette présentation est issue d’une cohérence sportive. Elle contribue à donner l’impression que le vélo doit constamment devenir plus rapide, plus intégré, plus sophistiqué. Or une partie des cyclistes ne cherche pas nécessairement à aller plus vite, mais à aller plus loin dans la distance, mais également dans la durabilité de leur matériel. J’en ai récemment parlé avec les responsables de la manufacture Berthoud : ce critère est important pour éviter une couteuse chasse à la nouveauté.

Tom Ritchey Signature
Photo Ritchey

On retrouve cette recherche dans le monde des brevets, de la longue distance et du voyage à vélo. La question est moins de savoir combien de watts on peut gagner que de se dire « est-ce que je peux rouler 300, 500 ou 1 000 kilomètres avec cette machine sans avoir envie de la jeter par-dessus un talus ? ». J’ai pu constater en participant à quelques brevets et cette année à l’Ardéchoise qu’une partie significative des participants restaient fidèles à des solutions classiques. Ce conservatisme apparent n’est pas forcément opposé à la performance : le confort et l’absence de soucis mécaniques est un facteur de la performance sur la distance. On se souvient qu’en 2025, Victor Bosoni s’est imposé sur la Transcontinental, la Desertus Bikus et The Traka sur des vélos Méral en acier, loin des standards issus du carbone. Pour certains il y a aussi une réalité économique dans ces choix : le prix du gramme technologique ramène vite sur terre.

Des vélos classiques, qui en réalité sont modernes

La simplicité peut devenir à son tour un argument marketing.

C’est le paradoxe que je voulais aborder dans cet article. Le Tom Ritchey Signature accepte des pneus en 30 mm comme le Distance 25. Les deux utilisent une fourche carbone. Le Ritchey dispose même d’une compatibilité avec des transmissions mécaniques ou électroniques. Ce qui montre qu’on ne revient pas réellement au vélo d’avant. Certes il utilise un principe ancien : le cadre acier et le freinage sur jante. On peut qualifier ce choix de « modernité sélective ». La fourche carbone apporte cette modernité et l’augmente la section des pneus parce améliore le confort. On conserve les freins à patins parce que certains utilisateurs considèrent qu’ils correspondent à leur pratique. On s’éloigne de l’obsolescence par génération.

La simplicité peut devenir à son tour un argument marketing. La marque Distance déclare : « Pas de technologie vite obsolète et impossible à réparer ». Il ne faudrait donc pas remplacer une injonction marketing par une autre. La simplicité peut elle aussi devenir une niche commerciale. Elle possède ses codes, ses couleurs, ses tubes fins, ses raccords, ses composants choisis et désormais son storytelling.

le vélo cherche-t-il à redevenir simple ?
Photo Méral

Au delà de ces deux exemples

J’ai cherché au-delà des deux exemples récents avec Distance et Ritchey et j’ai relevé d’autres vélos qui font appel au classicisme. Cinelli a relancé en 2026 le Supercorsa avec un cadre acier Columbus SL, des raccords traditionnels, des pattes à serrage rapide et des freins sur jante. Cette relance est plus dans l’esprit « madeleine de Proust » que dans celui d’une modernité classique. La marque britannique Condor propose également un modèle classique Acciaio qui comme le Ritchey propose une fourche carbone.

Le phénomène ne se limite pas aux toutes petites marques artisanales. Ritchey constitue justement un cas important parce que la marque possède une dimension industrielle et internationale. Le fait qu’elle continue à produire le Road Logic et le fasse même revenir dans une édition Signature est un signal intéressant. Par ailleurs Origine Cycles maintient de son côté à son catalogue des vélos de route à freins sur jante. La marque associe notamment ce choix à la recherche d’un vélo simple, léger et plus accessible. Elle m’indique que 5 % des personnes qui ont configuré (en ligne) un vélo de route sur les 6 derniers mois ont opté pour un vélo équipé de freins sur jante.

Mon avis

À partir de ces signaux faibles, dans un marché du vélo qui cherche toujours sa croissance par le biais de toujours plus de nouveautés, je me suis posé cette question : « âge de raison » ou nouvelle niche ? En appuyant sur le bouton « pause » certaines marques sont dans cette recherche de classicisme moderne et cela m’intéresse. Je suis favorable à un progrès adapté aux besoins et ces propositions, qui offrent des alternatives, me semblent avoir du sens.

Certains cyclistes ont atteint cet âge de raison et veulent des produits durables qui correspondent à leur philosophie du vélo. Ils vont peut-être ainsi participer au maintien d’une production d’équipements comme les roues avec bande freinage, les freins, les transmissions mécaniques… Cela ne veut pas dire que l’industrie du vélo ait pris conscience qu’elle était allée trop loin. Le progrès est nécessaire dans tous les domaines. D’ailleurs dans ces vélos classiques on retrouve des retombées de ce progrès. Les grands constructeurs continueront massivement à développer des vélos carbone intégrés, aérodynamiques, électriques et électroniques et cela ne fait qu’augmenter les choix pour les cyclistes.