La mi-saison est parfois la période la plus compliquée pour choisir sa tenue. Le matin, les températures imposent de se couvrir. Quelques heures plus tard, le soleil et l’intensité de l’effort peuvent rendre les vêtements trop chauds. Entre le cuissard d’été et la veste d’hiver, il faut trouver le bon équilibre.

Avec sa gamme Transition automne-hiver 2026, Castelli souhaite faire évoluer les habitudes et imposer la mi-saison comme une véritable « cinquième saison » du calendrier cycliste. La marque italienne cible ces périodes où les températures oscillent autour de 12 à 20 °C, entre une tenue estivale devenue trop légère et des vêtements thermiques encore trop chauds. Son approche privilégie la respirabilité, la légèreté et la superposition de pièces complémentaires, pour adapter sa tenue aux conditions rencontrées tout au long de la sortie.

Nous avons découvert cette nouvelle collection en septembre, lors de sa présentation à la Sea Otter Europe, au shop Castelli de Gérone. Une occasion de comprendre la démarche de la marque et les choix techniques qui l’accompagnent.

Deux contributeurs de Bike Café ont ensuite pris la route pour tester plusieurs pièces de cette gamme. Chacun livre ici son retour d’expérience, entre caractéristiques techniques, comportement à l’usage et avis personnel. Pour découvrir cette collection, nous avons testé deux tenues de mi-saison. La première associe un collant long léger, la seconde un cuissard court thermique. Toutes deux se complètent avec le même maillot à manches longues et le gilet.
Le Transition Bib Tight, le collant long léger
Testé par Yann
Caractéristiques
Pour ce test de la gamme Castelli, j’ai opté pour trois pièces complémentaires :
- le collant long Espresso TRNSTN Bib Tight,
- le maillot à manches longues Espresso 2 LS Jersey
- le gilet Espresso 2 Vest.
L’objectif est de composer une tenue de mi-saison qui allie légèreté, respirabilité et protection modulable.

Le collant Espresso TRNSTN Bib Tight constitue la pièce centrale de cet ensemble. Il reprend le tissu Espresso Doppio et adopte une coupe longue qui descend jusqu’aux chevilles. Il intègre une peau de chamois Progetto X² Air Seamless, des bretelles en maille extensible, une poche arrière et des détails réfléchissants. Castelli annonce une plage d’utilisation de 8 à 16 °C.



Pour le haut du corps, j’ai choisi le maillot Espresso 2 LS Jersey. Son tissu extensible et respirant accompagne les mouvements sans ajouter de doublure thermique. Ses manches longues apportent une couverture supplémentaire, tandis que ses trois poches arrière et sa quatrième poche zippée offrent des espaces de rangement pratiques. Il bénéficie également d’une protection solaire UPF 30, indispensable sur la Côte d’Azur ! Castelli indique une plage d’utilisation de 15 à 30 °C.



Enfin, le gilet Espresso 2 Vest complète la tenue lorsque les conditions nécessitent davantage de protection. Sa construction associe un panneau avant coupe-vent à un dos et des côtés respirants. Il dispose de trois poches arrière et d’une fermeture à double curseur. Compact, il peut se replier dans une poche lorsqu’il n’est plus nécessaire. Sa plage d’utilisation indiquée s’étend de 12 à 20 °C.



Ces trois pièces permettent ainsi de jouer sur les couches plutôt que de miser sur un vêtement fortement isolant. Le collant couvre les jambes, tandis que le maillot et le gilet permettent d’adapter la tenue aux variations de température au fil de la sortie.
Reste maintenant à voir comment cette combinaison se comporte sur le terrain. Confort, respirabilité, protection contre le vent et capacité à gérer les variations de température seront les principaux critères de ce test.
À l’usage
J’ai testé cette tenue lors du BRM 200 de Ride & Smile, le dimanche 4 octobre, avec un départ à 6 heures et 12 °C au thermomètre. Au programme, 200 km de gravel. J’étais bien content d’avoir choisi cette combinaison, avec une sensation de confort dès les premiers kilomètres. Le lundi 12 octobre, je l’ai ressortie entre Cannes et Agay, sur la corniche, où les températures restent douces dès le lever du soleil.

Le collant Espresso TRNSTN Bib Tight, la légèreté avant tout
Le collant se fait oublier tant il est fin. Il ne reste pas mouillé pendant l’effort et sa peau de chamois Progetto X² Air Seamless est une vraie réussite. Elle associe une couche Skin Care protectrice, un rembourrage sans couture et des inserts gélatineux au niveau des zones de confort. Même après 12 heures de selle, le confort est excellent. On oublie presque que l’on porte un collant long !

Le maillot Espresso 2 LS, fin et très aéré
Le maillot est léger et très aéré, avec des manches longues qui couvrent sans tenir trop chaud. Attention toutefois, Castelli le destine à la route et ne recommande pas son usage en gravel. Je l’ai pourtant mis à l’épreuve lors du BRM, avec mes poches arrière outrageusement chargées d’un sandwich, de Coca et du gilet rangé. Il a tenu le choc !


Gilet Espresso 2 Vest, la pièce maîtresse
C’est pour moi la clé de voûte de cette tenue. Sa face avant coupe-vent protège du froid, tandis que les côtés et le dos respirants évitent de trop accumuler la chaleur. Le tissu reste élastique et accompagne bien les mouvements. J’apprécie particulièrement ses poches, encore trop rares sur les gilets. Elles permettent d’accéder facilement à ses affaires sans devoir chercher celles du maillot, recouvertes par le gilet. Le double zip est un autre vrai atout pour réguler la ventilation en roulant.
Lors du BRM, j’ai pu ouvrir le zip au fil de la journée, puis retirer le gilet quand les températures ont atteint 25 à 27 °C à l’heure du déjeuner. Bref, c’est un sans-faute pour moi. Il vient parfaire la tenue et lui apporte toute sa polyvalence. J’adore !

Au bilan
Cette combinaison Espresso et Transition est une belle réussite pour la mi-saison. Le collant long séduit par sa finesse et son confort, tandis que le maillot mise sur la légèreté. Mais, c’est le gilet qui fait vraiment la différence, grâce à sa protection coupe-vent, ses poches pratiques et son double zip. Un ensemble polyvalent, particulièrement adapté aux variations de température que l’on rencontre en automne sur la Côte d’Azur. Une mention spéciale pour le gilet, que je trouve tout simplement indispensable !

L’Espresso Thermal Bib Short, le cuissard court thermique
Testé par Jean-Louis
L’ensemble associe le cuissard court Espresso Thermal Bib Short au même haut que Yann, composé du maillot à manches longues Espresso 2 LS Jersey et du gilet Espresso 2 Vest.
Caractéristiques
Au déballage, on note la finesse de la matière du maillot avec un tissu microaéré ; figurent aussi des zips qui coulissent aisément équipés d’une tirette pour faciliter la préhension. Le gilet dispose de deux zips qui permettent une ouverture classique ou une ventilation par le bas. Une seule des deux fermetures possède une tirette, ce qui permet de les distinguer facilement au toucher.
Le maillot comme le gilet comportent trois poches arrière plaquées. Une quatrième poche équipée d’une fermeture éclair est en bonus pour le maillot.
Un coup d’œil sur l’envers des pièces permet de révéler le soin apporté à l’assemblage des poches. En effet celles-ci comportent des coutures renforcées, que l’on devine aptes à supporter un chargement généreux, comme l’a expérimenté Yann.



Les deux articles sont équipés en partie basse d’une bande silicone multipoints pour assurer le maintien en toutes circonstances. Au niveau de la visibilité de ces vêtements, force est de constater qu’aucune zone n’est dédiée à cette fonction. Seul le logo est traité à cet effet, mais sa surface est peu étendue.
Quant au cuissard, au toucher, on perçoit que l’intérieur est molletonné. Ce choix est propice à apporter quelques degrés supplémentaires et assure une sensation « cozy » au contact de la peau. Un article Made in Italy, alors que maillot et gilet sont produits en Europe de l’Est.


À l’usage
À l’enfilage, le cuissard procure cette sensation de douceur pressentie au déballage : très agréable. Le cuissard adopte une coupe particulière qui recouvre partiellement l’avant du genou. À l’arrière, le tissu plus court limite la formation de plis gênants. Bien que dépourvu de bandes silicone, il reste bien en place au fil des kilomètres. Les bretelles, bien aérées, sont taillées pour éviter les zones sensibles aux irritations, pour nous, les hommes ; car n’oublions pas que pour les saisons envisagées on peut utiliser ou pas un base layer.
La peau de chamois présente des épaisseurs différenciées entre l’avant et l’arrière où le rembourrage est plus important. Cela pourra gêner certains, habitués à une interface avec la selle plus constante, mais cette configuration m’a pleinement satisfait, notamment sur les sorties longues.
Le gilet propose une barrière supplémentaire pour les débuts de sortie, avec son col montant qui vient protéger le cou, zone cruciale pour la sensation de chaleur parce que riche en thermorécepteurs cutanés. Les deux zips permettent de gérer la ventilation avant le retrait du gilet. Il se range alors dans un volume très compact.

Le maillot est plutôt proche du corps sans être « fit », contribuant ainsi à un effet seconde peau. Concept bien connu qui permet d’emprisonner une couche d’air, laquelle va agir comme un isolant. À l’enfilage, on n’a pas la sensation de chaleur comme avec une veste thermique, ce qui est le signe de sa respirabilité. Ainsi au fil des kilomètres, le tissu agit comme une barrière contre les frimas, tout en ressentant légèrement la température extérieure. La ventilation est bien réelle mais la chaleur conservée partiellement par le maillot permet un équilibre idéal.
Mention spéciale lors des sorties gravel où les « coups de cul » brutaux avec de sérieux pourcentages vont faire monter la température corporelle sans bénéficier de la ventilation naturelle car notre vitesse est trop réduite : dans ces cas-là aussi le maillot parvient à éviter l’effet « cocotte-minute ».
Au bilan
Ce que Castelli nomme la cinquième saison – à savoir les demi-saisons dites de transition entre printemps/été et automne/hiver – constitue un casse-tête pour se vêtir lors des pratiques outdoor, et notamment le cyclisme. C’est une réalité dans de nombreuses régions de France, d’autant plus avec le réchauffement climatique. Pour exemple, l’amplitude thermique a atteint 17 °C (11 > 28 °C) en ce mois de septembre pour une sortie de 3 h autour d’Aix-en-Provence.
Un départ matinal nécessite de combattre la fraîcheur, puis le soleil aidant et/ou les efforts déployés vont provoquer une montée en température ; celle-ci pourrait faire regretter un vêtement trop chaud choisi au départ.
Le maître-mot est donc la modularité : pouvoir s’adapter — s’effeuiller — au fil des kilomètres.
Dans cette optique, j’étais un adepte des manchettes associées à un maillot manches courtes et le tout complété d’un gilet sans manches. Néanmoins cette combinaison présente un inconvénient : les manchettes ont souvent une respirabilité différente de celle du maillot et un effet sueur est à déplorer plus rapidement que ce qui se passe sur le torse. De plus, la bande de serrage en haut des manchettes n’est pas un modèle de confort. Sans compter qu’au retrait des manchettes, on a un effet « coup de frais » avec des bras rendus humides par une montée en température plus rapide.
Au final, utiliser un maillot manches longues m’apparaît désormais comme une évidence avec une ventilation telle que celle proposée. Le cuissard apporte une dose de chaleur suffisante pour garder les jambes découvertes et prolonger cette idée que l’été n’est pas si loin… Quant au gilet, il complète astucieusement l’ensemble avec une compacité exemplaire une fois plié.

Les articles testés :
- Collant long ESPRESSO TRNSTN BIBTIGHT, prix : 180 €
- Cuissard court thermique ESPRESSO THERMAL BIBSHORT, prix : 170 €
- Maillot manches longues ESPRESSO 2 LS JERSEY, prix : 140 €
- Gilet ESPRESSO 2 VEST, prix : 130 €





















































































































































































































