Quoi de plus insaisissable que l’air du temps ? Il est constitué d’une somme de petits détails qui créent une certaine ambiance. Ce qui nous entoure nous influence, nous conditionne en positif ou en négatif. La météo de cet air du temps n’est pas uniquement locale, elle subit aussi les remous mondiaux. Elle impacte la mode, réputée changeante, les usages, conditionnés par les évolutions sociales, les progrès technologiques, qui souvent sont les baromètres de ces variations.
Nous devons nous adapter au climat de cet air du temps qui réunit une somme de phénomènes qui ne sont pas seulement des détails. Ce matin, je réfléchis à ma propre expérience de vie déjà longue, qui a traversé des airs du temps différents. Faut-il moutonner et suivre cet air du temps qui sera peut-être passager ? Faut-il passer à côté d’un air du temps porteur de fraîcheur et de nouveauté ? Je pense au monde du vélo où l’on trouve un grand nombre de cyclistes conservateurs et pas forcément prêts à suivre le nouvel air du temps. À l’opposé, il y a les cyclistes branchés, accros, prêts à suivre immédiatement les nouvelles tendances. L’air du temps finira par les envelopper tous à des vitesses et des degrés différents.
L’air d’un temps qui s’est arrêté parfois dans les petits cafés de nos bords de route. on pourrait rencontrer César “de Pagnol” sur la terrasse – photo Patrick VDB
Peut-on échapper à l’air du temps tout en profitant de ses bienfaits ? Oui, je l’ai vécu, par exemple, dans mon expérience lors de ma participation à des BRM (Brevets de Randonneurs Mondiaux). Dans cet univers historique du vélo longue distance que l’on pense hors du temps, j’ai retrouvé une ambiance authentique. J’ai rencontré des bénévoles motivés, des amoureux de leur territoire capables de tracer de superbes parcours. Ce monde du vélo, moins instagrammable, est cependant très actif. Il se régénère actuellement grâce à l’air du temps qui change la donne. Je retrouve ce qui le constitue : la mode portée par des organisateurs privés, l’envie de découverte et de dépassement de soi et la technique du guidage GPS qui permet la découverte de beaux parcours. Tout cela crée une ambiance profitable à ce monde discret et représentatif du cyclotourisme français.
Dimanche 26 avril, ce sera la deuxième manche du challenge Gravel’Tour Wish One. Après les Monts du Lyonnais le 12 avril, cette nouvelle épreuve nous transporte à Viré, du côté de Tournus, en Saône-et-Loire. Pour parler de cette étape en Bourgogne, j’ai appelé 2 cyclistes du Team Wish One : Laurent Debaene, qui connait les épreuves de LVO depuis 20 ans, et Aurélien Philibert, récent vainqueur des Monts du Lyonnais et actuel leader du Challenge. Tous les deux sont membres du team Wish One.
Photo Cyclo Sud Bourgogne
Créée en 2007, la Bourguignonne a fait son retour en 2021 sous une nouvelle identité avec la Cyclo Sud Bourgogne ! En participant à cette 6ᵉ édition de la Sud Bourgogne, dans sa version Gravel ou Cyclo, vous pourrez découvrir le Massif Sud Bourgogne, son vignoble réputé, son architecture romane et ses petits villages typiques. Cette année, l’épreuve se déroulera sur deux jours, avec trois parcours cyclo le samedi (en rando & en chrono) et deux parcours gravel (en rando & en chrono) le dimanche. La Cyclo Sud Bourgogne est organisée par l’association Cyclo Sud Bourgogne basée à Tournus (71).
Photos Cyclo Sud Bourgogne
Le challenge Gravel’Tour Wish One
Les 9 épreuves du challenge version ultimate qui vont compter pour le classement final
En plein développement des épreuves de gravel le Challenge Gravel’Tour Wish One est devenu en quelques années une référence en France. Avec ses 9 étapes, il assure une animation annuelle sur un calendrier qui s’étale d’avril à octobre. Deux parcours sont proposés à chacune des dates en mode rando ou chrono. Au terme du Challenge des titres seront décernés aux meilleurs.
Pour parler de cette manche bourguignonne, j’ai appelé Laurent et Aurélien… On a échangé une trentaine de minutes pour parler de leur préparation et de la raison qui les a conduits à la pratique du Gravel. Tous les deux sont des cyclistes confirmés ayant pratiqué en compétition et notamment en cyclocross. Ils font partie du Team Wish One.
Écouter le podcast de notre échange
Laurent a terminé 4ᵉ du challenge l’an dernier dans sa catégorie d’âge (40-49). Aurélien, qui a couru en catégorie Élite, s’est converti au gravel. Il a réduit la compétition car la famille s’est agrandie, mais il tourne encore pas mal et d’ailleurs c’est lui qui a remporté la première manche le 12 avril sous la pluie dans les Monts du Lyonnais. “La météo a gâché la fête, il faisait froid et il pleuvait. Il a fallu faire avec et finalement on s’est retrouvé à 3 devant. Je voulais rester avec mon frère normalement, mais il fallait que je me réchauffe et du coup je me suis retrouvé en tête“.
Aurélien Philibet vainqueur de la première manche du Gravel’Tour Wish One dans les Monts du Lyonnais … Il sera au départ de l’étape de Sud Bourgogne
Espérons que le 26 avril à Viré, près de Tournus la météo sera plus clémente. Laurent qui connait le parcours le trouve agréable. Il est en grande partie dans le vignoble. “Le circuit est court, mais très rythmé. On n’arrête pas de monter et descendre les coteaux du vignoble local. Il n’y a rien de dangereux, ce sont des belles pistes globalement“. C’est une course pour des coureurs qui ont du punch et Laurent pense qu’Aurélien aura toutes ses chances. Ils sont camarades de team et roulent sur le vélo de gravel en carbone Made in France de Wish One. Laurent, qui était avant sur du double est passé en mono “Le double ça fait un élément en plus à gérer et c’est sujet à des déraillements. J’ai opté pour un plateau de 42 avec à l’arrière 10-44“. Aurélien a également choisi le mono “J’ai un plateau de 40 et une cassette en 10-36, mais j’adapte en fonction du profil des parcours“.
Laurent Debaene
Tous les deux ont été attirés par le gravel. Laurent est de Millau et lorsqu’il a apris de François-Xavier Blanc a créé à Millau une société qui fabrique des gravel : Wish One, il s’y est intéressé. “Je lui ai dit c’est quoi ton truc ? Il m’a prêté un vélo et j’ai tout de suite accroché. Je faisais de la route, du cyclocross, du trail running, du triathlon et j’ai trouvé que ça permettait d’aller partout, loin des voitures. La discipline est plus variée et plus technique et on s’ennuie moins que sur la route“. Pour Aurélien c’est pareil, le gravel est arrivé un peu par hasard. “J’avais pas de course un week-end et il y avait la Wish One, c’était en 2022. Je me suis inscrit et j’ai pris mon vélo de cyclocross. J’ai mis des pneus un peu plus larges. J’ai bien marché et ça m’a plu et j’ai intégré le Team Wish One“.
Vous pourrez rencontrer Laurent et Aurélien sur cette seconde manche à Viré, ce sont de bonnes roues à prendre, mais il faudra vous accrocher.
Adris est une marque bretonne fondée en 2009, qui conçoit et assemble des vélos de route, VTT, gravel, triathlon et cyclo-cross. La gamme gravel propose 3 modèles dont l’Aventure avec sa déclinaison électrifiée. Adris propose d’intéressantes options de personnalisation : couleurs, pneus, longueur des manivelles, poste de pilotage, etc. Nous avions découvert en 2023 le modèle Aventure, cette fois nous vous proposons un retour d’expérience sur le modèle Adris E-Aventure, dans sa version AXP GRX610 Mono. (reportage photos Philippe Aillaud)
Présentation du Adris E-Aventure AXP
Grâce au système Mahle X20 Gen2 (65 Nm et 275 W), intégré au moyeu arrière, le Adris e-Aventure est censé offrir une assistance discrète et intuitive. Son cadre en carbone fait de fibres T800 et T700 devrait allier rigidité et confort. Voyons ce qu’il en est réellement.
Équipé d’un groupe Shimano GRX610 à dérailleur mécanique de 12 vitesses
Le vélo propose un cadre en carbone abritant la batterie dans le tube diagonal, tandis que le moteur est positionné au niveau du moyeu de la roue arrière. Il est équipé d’un groupe Shimano GRX610 à dérailleur mécanique de 12 vitesses, d’une cassette 10-45 dents et d’un mono plateau de 40 dents. Les roues sont des Mavic Allroad en aluminium montées de pneus Hutchinson Touareg en 40 mm, ainsi que d’une selle Italia SLR XCross. Les cintre, potence et tige de selle sont des composants Ikonik développés par Adris.
Passage de roue permettant de recevoir les pneus Hutchinson Touareg en 40 mm
Le cadre et la fourche sont équipés de nombreux inserts permettant de fixer porte-bagage, sacoches de fourche et autres portes bidons.
Cintre, potence et tige de selle sont des composants Ikonik développés par Adris.
Le cockpit intègre le passage des gaines. De ce fait, l’esthétique de ce Adris est épurée et moderne.
Le cadre et la fourche sont équipés de nombreux inserts
Adris indique un poids de 13 kg – vérifié sur ma balance pour un modèle en taille L – ce qui est léger pour un VAE !
Côté motorisation
Le moteur Mahle X20 Gen2 offre un couple de 65 Nm et une puissance de 275 W tout en ne pesant que 1,4 kg. Il dispose d’une batterie de 236 Wh, non amovible. Par ailleurs, une batterie optionnelle – extender de la forme d’un bidon de 1,1 kg – de 171 Wh de capacité augmente l’autonomie de plus de 70 %.
L’extender de la forme d’un bidon de 1,1 kg – de 171 Wh de capacité augmente l’autonomie de plus de 70 %.
L’interface de contrôle, intégré au tube supérieur, offre un seul bouton de commande pour allumer et modifier le niveau d’assistance, soit trois niveaux identifiés par des couleurs différentes. Un quatrième mode est obtenu en utilisant l’application sur son smartphone. La hauteur du bar-graphe dans la fenêtre du contrôleur donne une indication du niveau de batterie.
Au roulage
Notre testeur a choisi la taille L habituelle qui lui convient bien après les réglages habituels de la selle et du du cintre. Installation de deux portes bidon afin de pouvoir s’hydrater, mais aussi d’utiliser l’extender.
Sur le plat l’assistance électrique permet d’atteindre rapidement les 25 km/h
Si sur le plat l’assistance électrique permet d’atteindre rapidement les 25 km/h (vitesse légale de coupure de l’assistance), elle déploie tout son intérêt dans les montées où, en bon camarade, elle vous pousse plus ou moins selon le mode d’assistance sélectionné. Et bien sûr à condition de pédaler : l’assistance est proportionnelle à la force que vous appliquez sur les pédales.
Jonglant entre fortes pluies et vents importants en ce mois de février, notre test a consisté à parcourir 530 km et gravir 7000 m de D+, mêlant route et gravel sur les pistes du sud-est de la France.
Partie cycle
Le groupe Shimano
Le groupe Shimano a parfaitement fonctionné dès sa sortie du carton et tout au long de l’essai sans le moindre ajustement. Le freinage est efficace, mais demande un peu d’effort par rapport à d’autres. La différence provient du système Servo-Wave absent des leviers ST-RX610 mais présent sur mes leviers ST-RX810 par exemple. Quant aux périphériques, ils remplissent parfaitement leurs fonctions en toutes discrétion et fiabilité.
Côté moteur
On retrouve le comportement du moteur Mahle : coupure progressive au dessus des 25 km/h sans à-coups, assistance en douceur et en silence. On a roulé en permanence avec le premier niveau d’assistance, mais en roulant comme avec un musculaire. Sur le plat, on atteint et maintient facilement la vitesse légale. Le poids ne se fait pas sentir. En montée c’est votre cardio qui devient le facteur limitant. Mahle ayant le bon goût d’ouvrir l’accès aux données du système, on a pu afficher sur le compteur Garmin 1030+ le pourcentage batterie, la cadence et surtout la puissance développée par le pilote. Il en ressort que si la puissance maximale sur quelques secondes est semblable avec le même niveau d’assistance en route/gravel qu’en VTT, la puissance moyenne est 25 % plus faible en VTT. Ce qui fait qu’on se « crame » plus sûrement sur route en montée, mais avec le le plaisir de rouler comme un pro, ou presque !
Le sélecteur des modes d’assistance
Le principal inconvénient du système Mahle est le fonctionnement cyclique de la sélection des modes d’assistance : chaque appui sur le bouton incrémente le mode. Mais pour le décrémenter, il faut finir le cycle. Si dans une montée un “raidard” se présente, vous augmentez le niveau d’assistance ; ensuite dans la montée toujours présente, mais moins forte. Pour diminuer l’assistance, il faut passer par son extinction, puis par le niveau 1… Une option eShifters comportant 2 boutons à fixer sur le cintre au plus près des cocottes permet de s’affranchir de cette contrainte.
Même si l’application Mahle « my Start Bike » introduit de la personnalisation, on aurait souhaité un pilotage de l’assistance non pas par niveau mais en pourcentage. Pour autant, cela reste notre avis…
Autonomie
Des parcourir dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône avec 530 km et gravi 7000 m de D+
La consommation en moyenne 200 Wh pour un peu moins de 70 km et 900 m de D+, avec au final environ 15% de batterie restant. Pour la sortie la plus longue, et en utilisant l’extender, il reste 9 % après 125 km et 1475 m de D+. Soit une consommation de 2.8 Wh/km avec du dénivelé assez conséquent. On peut donc viser confortablement une autonomie de 70 à 80 km, et 130 à 140 km avec l’extender.
Comportement
Quel que soit le terrain, le vélo se place facilement et ne présente aucun comportement « caractériel ». Nous avpnsi remarqué une direction un peu vive et un léger manque de stabilité sur nos terrains difficiles habituels. La géométrie (empattement, stack, etc.) est plus orientée route que véritablement gravel.
Le confort est globalement bon mais le surpoids du moteur dans le moyeu arrière et les rayons plus courts font que les irrégularités et les chocs sont plus transmis qu’avec une roue classique. Pour autant, le passage en tubeless permettra d’obtenir sans aucun doute un meilleur confort.
En montée sur les pistes, la présence du moteur permet de gommer les terrains dégradés, qui nécessitent habituellement un choix de trajectoire précis. Grâce à l’assistance électrique, il est plus aisé de passer les plus durs raidillons. En descente, le vélo est sain et prévisible.
Adris E-Aventure AXP : au bilan
Test Adris E-Aventure
Le Adris E-Aventure AXP remplit parfaitement son rôle de gravel avec assistance électrique : efficace, léger, confortable et doté d’un excellent rapport qualité/prix. Choisir l’option pneumatique en tubless apportera confort et grip. Finalement, Adris propose, avec ce E-Aventure AXP, un VAE gravel qui démontre une belle polyvalence, une certaine cohérence, tout en restant dans un budget maitrisé. On peut saluer également le dynamisme de la marque bretonne, qui ne manque jamais d’idées pour proposer de nouveaux modèles.
Les plus :
comportement global agréable ;
motorisation efficace et discrète ;
groupe et périphériques de qualité ;
possibilités de personnalisation.
Les moins :
manque quelques options de personnalisation, notamment pour la taille de plateau et de cassette ;
fonctionnement cyclique du changement de mode d’assistance, et absence d’option eShifters ;
jauge d’énergie peu précise du fait de la dilution d’intensité entre sa teinte et la couleur de fond de l’affichage.
Fizik profite de l’effervescence du Sea Otter Classic aux États-Unis pour dévoiler la Ferox 2. Plus légère, plus anatomique et toujours dotée de son iconique Powerstrap, elle entend redéfinir les standards du gravel de compétition et du XC moderne. On fait le point sur cette mise à jour qui semble tout sauf anecdotique.
le nouvelle Fizik Ferox 2 – photo Fizik
Une question de posture et de géométrie
Le monde du tout-terrain change, et nos pieds avec. C’est le constat de Fizik qui, après avoir lancé dernièrement la Lyra, décline sa nouvelle approche ergonomique sur la Ferox 2. Les géométries des vélos de XC et de Gravel s’allongeant, la position du coureur évolue vers plus de dynamisme.
La Ferox 2 répond à cette mutation avec une forme anatomique repensée :
Drop réduit : Pour une sensation de pédalage plus naturelle.
Toe-box élargie : Pour laisser respirer les orteils lors des efforts longs et intenses.
À propos de ce changement, Alex Locatelli, Brand Manager chez Fizik, précise que ce profil plat et large permet de mieux baisser les talons en descente technique, soulageant ainsi les mollets tout en offrant un meilleur contrôle de la roue arrière.
Le Powerstrap : plus qu’un look, une sécurité
On ne présente plus le système hybride de Fizik, mais il gagne ici en maturité. La Ferox 2 combine toujours le velcro Powerstrap pour le maintien du coup de pied et un disque BOA Li2 pour la précision de l’avant-pied.
le chausson promet un confort revule powerstrap vient parfaire la tenue – photos Fizik
Ce qui change concrètement ?
Le nouveau chausson en Airprene perforé enveloppe le pied sans points de pression superflus. De plus, un nouveau passant incliné permet au Powerstrap de verrouiller le pied plus fermement vers la semelle carbone. Enfin, la marque insiste sur la durabilité du système : contrairement à un serrage purement mécanique, le strap reste opérationnel même après une chute brutale en sous-bois.
Éprouvée par les meilleurs athlètes mondiaux
Lachlan Morton – photo Fizik
Pour valider ces évolutions techniques, Fizik s’est appuyé sur un panel de testeurs de haut vol, issus des disciplines les plus exigeantes. La Ferox 2 a notamment été mise à l’épreuve sur les sentiers du Cape Epic par Greta Seiwald et le Decathlon Ford Racing Team. On retrouve également aux pieds de ces nouveaux modèles des figures emblématiques du peloton gravel et XC comme Lachlan Morton (EF Pro Cycling), le spécialiste du gravel Payson McElveen, la triple championne du Canada Jennifer Ming Jackson, ou encore Sarah Diekmeyer du Megamo Gravel Racing Team et l’ancien professionnel Taylor Phinney.
Ce retour d’expérience en conditions réelles de course garantit un produit fini prêt pour la compétition.
Légèreté et transfert de puissance : la semelle X1
Au cœur de la chaussure, on retrouve la semelle X1 Carbon. Avec un indice de rigidité de 10, elle est conçue pour que chaque Watt termine sa course dans les pédales.
La nouveauté réside dans sa surface de contact : la plaque de carbone est plus large et plus basse, optimisant la stabilité sur la pédale. Pour les sections de portage, Fizik n’a pas fait l’impasse sur le grip avec un revêtement intégral en caoutchouc, y compris sur la partie centrale de la semelle.
surface et stabilité optimisée – photos Fizik
Caractéristiques Techniques
Tige
Mesh laminé PU (respirant et résistant aux déchirures)
Fermeture
Powerstrap Velcro + 1x BOA Li2 Fit System
Semelle
X1 Carbon avec revêtement caoutchouc
Indice de rigidité
10/10
Poids
295 g en taille 42
Prix
329,00 €
L’avis de Bike Café
Fizik semble avoir écouté les retours du terrain. En élargissant l’avant du pied et en travaillant sur la souplesse de la tige grâce à un savant mélange de couches de Mesh et de PU, la marque italienne s’adresse aux compétiteurs qui ne veulent plus sacrifier le confort sur l’autel de la performance. Testée par des pointures comme Lachlan Morton ou le team Decathlon Ford, la Ferox 2 s’annonce comme une sérieuse prétendante au titre de chaussure de l’année pour les amateurs de vitesse en sous-bois. Nous avons avons hâte de la mettre à l’épreuve des sentiers pour vérifier les promesses de la marque !
Infos pratiques
Disponibilité : à partir du 16 avril 2026 sur le site de Fizik Coloris : Black – Dark Forest, White – Light Grey, Light Grey – Mint Green. Tailles : Du 36 au 48 (demies-pointures disponibles du 37 au 47).
Black – Dark ForestLight Grey – Mint GreenWhite – Light Grey – photos FizikFizik Ferox 2 , un futur “best seller” ? – photo Fizik
Aujourd’hui, LOOK lève le voile sur son nouveau vélo de gravel : le G85 Cezal. Dès 2019, nous réalisions un test du LOOK 765RS Gravel dans le Sancerrois. Depuis, le gravel a bien évolué ! En attendant de pouvoir tester ce LOOK G85 Cezal sur les pistes, voyons ce qu’annonce la marque de Nevers.
Du Cézallier à la Belgian Waffle Ride
Son nom Cezal évoque les paysages bruts et vastes du centre de la France. Le massif du Cézallier est un plateau volcanique situé dans le Massif central, entre les monts Dore et les monts du Cantal. C’est avec cet ADN brute que ce nouveau vélo s’est aligné en compétition en février 2026 : l’athlète Russell Finsterwald a mené le G85 Cezal à la victoire sur la Belgian Waffle Ride aux USA. Partenaire de développement, les retours terrains de Finsterwald sont précieux pour le fabricant français.
Russell Finsterwald au guidon du prototype du LOOK G85 Cezal – photo ww.cyclingwest.com
Russell Finsterwald, ambassadeur LOOK, déclare : « Dès mes premières discussions avec LOOK, j’ai compris qu’ils étaient sérieux dans leur volonté de revenir en force sur le gravel. Le G85 Cezal tient largement cette promesse. Il coche toutes les cases d’un vélo gravel moderne : dégagement pneus généreux, géométrie corrigée pour accueillir une fourche suspendue et une plateforme racée. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’équilibre entre maniabilité et confort. LOOK a réussi à conserver un vélo vif tout en améliorant considérablement la stabilité, notamment grâce à l’angle de direction plus ouvert. C’est un vrai plaisir de rouler avec le nouveau G85 depuis plusieurs mois, et je suis enthousiaste à l’idée qu’il soit enfin accessible au public ! ».
LOOK G85 Cezal en configuration double plateaux – photo LOOK
Romain Simon, chef de produit vélo chez LOOK :« Avec le G85 Cezal, nous avons troqué les lignes blanches et les gains marginaux pour autre chose ; nous voulions revenir à l’essence même du vélo : le plaisir. Tout en nous appuyant sur notre ADN performance et notre expertise en matière de carbone, nous avons voulu insuffler au vélo une âme rebelle et joueuse. ».
LOOK G85 Cezal – photos LOOK
Le LOOK G85 Cezal dans les grandes lignes
Premièrement, le dégagement est optimisé pour accepter des pneus jusqu’à 57 mm (environ 2,25″) à l’avant et 50 mm à l’arrière. La géométrie du cadre est également conçue pour accueillir une suspension jusqu’à 60 mm de débattement. Puis, le cadre accepte toute transmission mono plateau, mais aussi double, mécanique comme électronique. Toutefois, en transmission double plateau, le dégagement arrière est logiquement réduit, pour accepter des pneus jusqu’à 45 mm de largeur.
Le dégagement pour les pneus est un des axes de développement majeurs de ce nouveau G85 Cezal – photo LOOK
Enfin, pour la stabilité et le contrôle, le cadre en carbone affiche un angle de direction de 70° et un angle de tube de selle de 74°, ce qui devrait garantir un bon transfert de puissance, même sur les parcours les exigeants.
LOOK G85 Cezal : principales caractéristiques
Cadre et fourche sont en carbone et sont garantis à vie.
Le dégagement des pneus est compatible jusqu’à 57 mm (2,25″) de largeur à l’avant et 50 mm à l’arrière en configuration mono plateau, et 45 mm en configuration double plateaux.
Un angle de direction de 70° pour un meilleur contrôle sur les terrains techniques, et un angle de tube de selle de 74° pour de bonnes aptitudes de grimpeur
Géométrie de la taille Medium
Cadre à la géométrie spécifiquement conçue pour accueillir éventuellement une fourche suspendue jusqu’à 60 mm de débattement, sans altérer la géométrie du vélo
LOOK Tool Box : un rangement intégré au tube diagonal pour l’essentiel (outils, cartouche CO², pompe, etc.), fourni avec une housse :
Routage interne des câbles
Compatible avec le poste de pilotage optionnel Aero Carbon (cintre et potence) pour les cyclistes les plus exigeants (+ 790 €) :
Tarifs et disponibilité : le LOOK G85 Cezal est disponible chez les revendeurs agréés LOOK Cycle et sur lookcycle.com Kit cadre seul : 2390 € Vélos complets de 3490 € à 6490 € selon les modèles suivants :
Axel Carion est le créateur et l’organisateur du championnat mondial d’ultra-distance Bikingman. Voir le monde à travers du prisme de l’aventure à vélo est sa quête de bonheur d’ultracycliste. Il part régulièrement à la découverte des grandes pistes du monde entier depuis 15 ans. Entre les épreuves Bikingman du calendrier annuel, il s’offre des explorations incroyables sur des territoires inspirants. J’observe chacune de ses aventures par la fenêtre des réseaux sociaux et lorsqu’il revient de ses voyages ma curiosité n’est pas éteinte, j’ai envie de l’appeler pour lui dire : raconte !
Cette fois Axel nous emmène sur la traversée de la Baja California. Cette route mythique, de plus de 2 000 km, quasi exclusivement hors-piste, relie la frontière États-Unis/Mexique jusqu’à l’extrême sud de la péninsule de Baja California. Elle est décrite comme l’une des expéditions à vélo les plus brutales et les plus isolées du continent américain par les conditions qu’elle rassemble : sable profond, ornières impitoyables, montées raides dans les sierras escarpées, cactus à perte de vue, points d’eau rares et températures extrêmes.
À chaque expédition, Axel enrichit son C.V d’aventurier
Depuis 15 ans, Axel Carion a accompli de nombreuses traversées légendaires sur les traces des migrations humaines. Il nous en a restitué une belle synthèse dans l’ouvrage “Le Monde à vélo, voyages extraordinaires en bikepacking“, qui est présent dans la bibliothèque de Bike Café. Une double traversée de la Cordillère des Andes (13 500 km en 2015 en 240 jours, puis un record du monde en 2017 en moins de 50 jours). Une autre double traversée des États-Unis (Est-Ouest en 2024 en 25 jours, puis Nord-Sud le long de la Great Divide Mountain Bike Route en VTT. Il a roulé sur le Chemin Royal des Incas au Pérou (1 800 km à plus de 4 000 m d’altitude), la Route des rois en Jordanie et la piste Hô Chi Minh au Vietnam… Et bien d’autres. À 41 ans, Axel Carion est un explorateur français en ultracycliste parmi les plus entreprenants.
Ce parcours sauvage et engagé au Mexique s’inscrit dans la continuité de sa traversée nord-américaine à VTT de la mythique Continental Divide réalisée en août dernier.
Alors raconte !
Je fais même de l’organisation de course, pour pouvoir partir en exploration …
J’ai donc appelé Axel pour lui proposer un nouvel échange podcasté, afin qu’il nous raconte sa nouvelle aventure. Je vous invite à écouter ce nouveau Blabla (le 200ᵉ de la série) dans lequel il nous raconte cette aventure qu’il a partagée avec Bertrand Baverel qui se lançait pour la première fois dans une telle exploration. “C’était une belle occasion pour moi de fêter, avec un participant du Bikingman, les 10 ans de notre championnat…” Au départ le projet était d’aller au Venezuela, mais compte tenu des événements politiques, Axel a choisi cette autre destination qui, en ce mois de mars, était propice en termes de climat. La Baja Divide est une trace inspirée de la Great Divide américaine : off road, engagée, beaucoup de dénivelé… Elle s’inspire de la Baja 1000, un rallye raid auto qui existe depuis près de 70 ans et que l’on surnomme le “Far West du sport automobile”.
Des choix différents : dropbar pour Axel et flatbar pour Bertrand – Photo Axel Carion
“C’est un terrain extrêmement rugueux et très difficile. Il y a beaucoup de sable, de cactus, de caillasses, des ornières… c’est très technique“, explique Axel. Bertrand et Axel ont beaucoup réfléchi en amont à l’équipement matériel nécessaire pour réaliser cette aventure qui s’annonçait difficile. “Bertrand a choisi un Specialized Epic avec un amortisseur arrière et une fourche suspendue à l’avant. Nos charges devaient être inférieures à 30 kg, avec des pneus à 2.25. Moi je suis parti avec un Trek Checkout, qui est le dernier né de la marque américaine et qui est un tout suspendu.“
Photo Axel Carion
Jusqu’où peut-on aller quand tout devient difficile ?
“Pendant ces 14 jours on a dormi sous la tente 9 jours et le reste dans des guests ou chez l’habitant. Ces quelques hôtels et maisons d’hôtes nous ont permis de recharger notre matériel électronique et de nous doucher.” Le duo a dû gérer des moments difficiles qu’Axel nous raconte. Bertrand a cassé la semelle d’une de ses chaussures. Il a souffert du tendon d’Achille. Le premier défi a été de trouver là-bas une paire de chaussures taille 45 et ensuite le 2ᵉ défi a été de le positionner sur son vélo. “J’ai fait appel à distance à Joël Steve de velofitting que je consulte parfois lorsque j’ai ce type de soucis sur mes expéditions...” En plein milieu d’un désert, avec 8 heures de décalage, Bertrand a pu limiter ses douleurs en ajustant la position de la selle pour lui permettre d’aller au bout.
Photo Axel Carion
Au delà des aléas mécaniques toujours possibles sur cette Baja California, le danger le plus certain ce sont les animaux. “L’adaptation la plus délicate, pour les occidentaux que nous sommes, c’est la présence de crotales. Nous en avons rencontré beaucoup et plusieurs fois par jour. Ces serpents particulièrement dangereux viennent se réchauffer au soleil sur les pistes. On les voit au dernier moment et surtout on les entend. Ils se surnomment cascabelle à cause du bruit de sonnette qu’ils produisent lorsqu’ils sont prêts à attaquer”
Podcast avec Axel Carion
Axel me confirme qu’il sépare de façon très hermétique ses deux activités : l’exploration qu’il réalise à titre personnel et l’organisation de l’événement Bikingman dans lequel il veille à mettre un bon périmètre de sécurité pour ne pas mettre en danger ses participants. “Il ne faut pas mélanger les deux…”, me dit Axel. Rendez-vous à la prochaine expédition… Le film devrait bientôt sortir, je ne manquerai pas de vous prévenir en attendant les images, écoutez le podcast.
À l’occasion de la sortie le 4 avril du dixième épisode de la série Bikepacking Colors, intitulé “La Parenthèse Corse”, j’ai échangé lors du podcast disponible dans cet article, avec Antoine Bussier. Photographe et vidéaste, il développe depuis 2018 une approche singulière du voyage à vélo, entre narration visuelle et expérience personnelle. Avec ce nouvel épisode filmé en noir et blanc, il propose une lecture différente du bikepacking, plus introspective et minimaliste. (Photos de cet article Antoine Bussier)
Photo Antoine Bussier
Depuis 17 ans Antoine évolue dans le monde du vélo … Le vélo et l’image se sont croisés dans son travail pour aboutir en 2018 à un premier film qu’il a baptisé Bikepacking Colors. Je le taquine un peu sur le mot Colors, alors qu’il nous a contacté pour nous présenter un film en noir et blanc. Il m’explique alors que colors ne signifie pas couleurs, mais la tonalité du vent, de l’ambiance de ce qui ressort de l’instant. Alors oui, ça peut être traité en noir et blanc.
Aux origines de Bikepacking Colors
Dans le podcast, Antoine Bussier revient sur la création de Bikepacking Colors en 2018. “C’était au départ à l’occasion d’un voyage avec ma compagne au Japon. Pour préparer ce voyage nous avons fait une traversée entre Clermont-Ferrand et Grenoblequi a donné lieu à de l’image. Ça ne devait pas appeler une suite et c’est devenu progressivement une série à force de filmer nos voyages.” Le projet est donc né d’un besoin simple : raconter les voyages à vélo autrement. Antoinel explique qu’il ne se retrouvait pas dans les formats classiques. Selon lui, beaucoup de contenus suivent une logique souvent centrée sur la chronologie.
Avec Bikepacking Colors, Antoine cherche une approche différente. Il construit ses films comme des objets narratifs. Chaque épisode propose une ambiance, une sensation et un point de vue.
Du vlog au film : une écriture visuelle assumée
Antoine Bussier insiste sur un point important. Bikepacking Colors relève plutôt de la créations de films. “Ce n’est pas une série avec une durée type, une signature unique, …Au début il n’y avait pas de drone, il n’y avait pas de voix off, peut-être que ça changera encore sur d’autres épisodes… ” Antoine laisse une belle part à la création. Dans l’échange, il explique que le montage joue un rôle central. L’histoire ne s’écrit pas totalement avant le départ. Elle se construit souvent après, à partir des images tournées. Il accorde une place importante aux silences, aux transitions et au rythme. Selon lui, ces éléments permettent de transmettre une émotion plus qu’une information.
Photos Antoine Bussier
Cette approche demande du temps. Elle implique aussi une sélection rigoureuse des images. Antoine a introduit dans ses films la voix “off”. C’est le cas de cet épisode Corse pour lequel il a fait appel à un narrateur qui déroule le texte qu’il a écrit lui et qu’il a rythmé avec les images. Peut-être une nouvelle pudeur de sa part.
Le vélo comme outil d’expérience
Le podcast met en avant le rôle du vélo dans le projet. Antoine Bussier ne le considère pas uniquement comme un sujet. Il explique que le vélo permet de ralentir, de prendre le temps. Il offre une immersion progressive dans les paysages. Cette temporalité influence directement sa manière de filmer.
Photo Antoine Bussier
Le bikepacking ouvre aussi des possibilités. Il permet de sortir des axes principaux et d’explorer des routes secondaires ou des chemins. C’est d’ailleurs un choix assumé il préfère les chemins aux routes. Selon lui, ces choix d’itinéraires participent à la construction du récit.
Épisode 10 : La Parenthèse Corse
Je trouvais que la couleur masquait le récit de la voix off…
Le dixième épisode marque une étape dans la série. Intitulé “La Parenthèse Corse”, il propose une approche différente. Dans le podcast, Antoine Bussier décrit ce voyage comme plus introspectif. Il ne s’agit pas seulement d’explorer un territoire. “On était parti pur faire un truc très off-road et en fait à cause de trop nombreuses parcelles privés nous avons fait que 200 km de chemins sur les 800 km du voyage“.
Photos Antoine Bussier
Ce choix a changé la dynamique du voyage. Il introduit une dimension plus personnelle dans le film.La voix off observe les 2 voyageurs et raconte l’histoire. Ce voyage répond à un besoin de se retrouver. Il s’éloigne d’une logique d’aventure classique.
L’un des éléments marquants de cet épisode concerne le choix du noir et blanc. Antoine Bussier revient sur cette décision dans l’échange. “Je trouvais que la couleur masquait le récit de la voix off. Ce choix a ét dur, ma compagne m’a dit tu ne peux pas mettre la Corse en noir et blanc !“. Il explique que la Corse offre des paysages très colorés et pourtant, il choisit de retirer la couleur pour se concentrer sur l’essentiel.
Le noir et blanc met en avant les formes, les contrastes et les émotions. Il renforce aussi la dimension intime du film.
Bikepacking Colors aujourd’hui
Dans le podcast, Antoine Bussier évoque la suite du projet. Bikepacking Colors reste un espace d’expression. Il ne cherche pas à reproduire un format fixe. Chaque épisode peut évoluer en fonction du contexte et de l’envie.
Photo Antoine Bussier
Il insiste sur une idée simple. Le voyage à vélo reste un moyen de se reconnecter. Les films permettent de prolonger cette expérience.
Une approche sensible qui me plait
Écoutez le podcast avec Antoine Bussier
Bikepacking Colors propose une lecture singulière du voyage à vélo. Antoine Bussier développe une approche qui mêle narration, image et expérience personnelle. Avec ce dixième épisode, la série confirme une évolution vers plus de simplicité et d’introspection. Elle montre que le bikepacking peut aussi devenir un outil de création.
Le podcast permet de mieux comprendre cette démarche. Il éclaire les choix derrière les images et donne une autre lecture de ces films.
Foutons le camp …
C’est un autre proposition d’Antoine Bussier qui a fondé ce projet “Foutons le camp” qui prone la culture de la belle trace. Il invite des petits groupes à se retrouver, le sourire au coin des lèvres, sur une proposition de voyage découverte organisé pour de petits groupes de 20 cyclistes. La trace est donnée 1h avant le départ. Les lieux des départ et d’arrivée sont systématiquement à proximité d’une gare pour limiter/supprimer des déplacements en véhicules. Chacun agit en responsabilité et doit être autonome sur l’hydratation, l’alimentation, la nuit et la mécanique. Foutons le camp n’est pas adapté aux débutants. Les frais de participation sont de 20 €.
En regardant les champions en découdre dimanche dernier sur les pavés de Paris – Roubaix, cette citation “L’enfer est pavé de bonnes intentions” m’est venue en tête. Sur mon écran, admiratif de ce grand spectacle cycliste, je cherchais ces fameuses bonnes intentions qui auraient pavé cette course d’enfer. Cette épreuve, qui existe depuis 1896, est devenue le conservatoire de ces parallélépipèdes généralement faits de pierre, taillés par l’homme depuis l’ère romaine. La première intention est peut-être qu’on doit aujourd’hui protéger le pavé contre la bitumisation et les larcins des collectionneurs sacrilèges. La seconde intention est patrimoniale car cette épreuve cycliste est une institution. Elle représente l’héritage de l’époque héroïque du cyclisme. Autrefois les coureurs locaux l’appelaient « La Pascale », certains d’entre-eux, étaient issus du milieu de la mine et ils préféraient cet enfer de la surface à celui du ventre de la terre. Ce devoir de mémoire est sans doute l’intention la plus forte de cet enfer qui en est pavé.
Photo Mathieu Poussou lors de la Bootlegger Malteni
Le pavé de ce Paris – Roubaix, jeté dans la mare de ma sortie paisible du lundi matin, a créé le trouble dans mon esprit d’observateur du monde du vélo. Est-ce que cette course ne serait pas devenue le mausolée d’un cyclisme disparu, auprès duquel on viendrait rendre hommage tous les ans au mois d‘avril ? C’est peut-être encore la seule course qui nous offre cette part de suspens qui nous tient en haleine jusqu’à l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix. Je me souviens de mon échange avec le dessinateur Christian Lax. Il me disait, « Dans l’inspiration, ce qui me parle le plus, c’est l’époque des pionniers, où le vélo était réellement une aventure peuplée de personnages romanesques. Mal équipés, pour beaucoup livrés à eux-mêmes, ils roulaient sur des routes qui n’en étaient pas, dans des conditions propices à créer de l’épique. » Il précise en me citant le bouquin de Philippe Bordas :”Forcenés”. Lui aussi il s’arrête dans son livre aux années Hinault.
La BD de Christian Lax que j’ai adoré … Il est question de pavés, mais surtout de l’épique
Aujourd’hui le matériel a évolué, les personnages sont peut-être moins romanesques, mais ils roulent toujours sur des parties de routes qui n’en sont pas. Le surnom de « l’Enfer du nord » pour cette course est resté pour fleurir les sujets médiatiques. Dans notre société devenue lisse comme le bitume, ces pavés qu’il faut affronter symbolisent l’effort, le courage, l’abnégation. C’est là également que se situent les bonnes intentions auxquelles beaucoup renoncent ? Cette glorification vécue sur le “haut du pavé” le temps d’une course cycliste contrebalance l’abandon, le découragement, l’arrivisme ambiant ? Ce n’est pas le cas pour Bike Café : chaque jour nous partons “battre le pavé” de l’actualité vélo, comme ces cyclistes qui ne cèdent pas au découragement.
Impossible pour moi d’aborder l’essai de ce vélo sans vouloir parler un tout petit peu de Cinelli. Marque iconique qui a toujours su apporter son grain de sel dans le milieu cycliste par son innovation et son sens du design. Créée en 1947 par le coureur italien Cino Cinelli c’est son rachat par le groupe Columbus qui propulsera l’entreprise milanaise au rang d’icône pop à la fin des années 70. En pensant à Cinelli, j’ai en tête ces magnifiques vélos de piste dignes d’un musée ainsi que leurs nombreuses collaborations artistiques à travers le Cinelli Art Program.
Cinelli Laser – Photo www.rizzoliusa.comCinelli : The Art and Design of the Bicycle – Photo biblio.comCollaboration avec l’artiste Yinka Ilori sur cadre Vigorelli – Photo Cinelli
Loin d’être avare d’innovations, ils seront notamment parmi les premiers à travailler sur l’aérodynamisme du couple cycliste + vélo. Rappelez-vous par exemple des fameux aerobars « Spinaci » mythiques des années 90.
Publicité pour les Spinaci
Plus récemment, les années 2000 donneront un éclairage plus urbain à la marque qui surfera sur l’essor de la culture fixie avec des modèles tels que que les MASH et Vigorelli.
Un très beau montage d’un Cinelli Mash Histogram – Photo Cycle Project Store
Et c’est finalement à la fin des années 2010 que Cinelli débarquera enfin dans le milieu gravel. Un intérêt qui n’a depuis pas faibli car l’entreprise italienne nous propose aujourd’hui une large gamme allant du gravel sportif au monster gravel en passant par le pur vélo de voyage.
Historiquement, Zydeco est le nom porté par les premiers gravel de la marque. Le Zydeco est une musique festive originaire de Lousiane, dont le washboard, littéralement la planche à laver, en est l’un des instrument. Cinelli veut par ce nom apporter une identité joyeuse et nature à son vélo. Il est fort probable que le nom Washboard fasse également référence au type de terrain sur lequel ce vélo est appelé à évoluer. Quant à Sport, c’est plus simple, le Cinelli Zydeco Washboard se décline en deux modèles, Allday et Sport.
Au delà de la couleur, nous pouvons noter que les groupes et les fourches diffèrent. Le Allday, annoncé à 1500 €, possède un groupe Shimano Cues en 2 x 9 vitesses avec étriers Tektro à câbles ainsi qu’une fourche en aluminium. Quant au Sport, vendu 2300 €, il affiche un groupe Shimano Cues en 1 x 11 vitesses avec freinage hydraulique et une fourche en carbone. Construit autour d’un cadre en aluminium, Le Zydeco Washboard est présenté par Cinelli comme un vélo accessible et polyvalent pouvant évoluer sur tous les terrains. Un modèle versatile pour vous accompagner à la ville comme au champs, “velotaffer” la semaine et aller se perdre le weekend. Charmant programme !
Présentation du vélo
Une fois sur ses roues ce vélo présente bien. La peinture est sympathique et le montage semble cohérent avec l’orientation voulue.
petit rappel du logo Columbus sur la fourche en carboneL’accordéon est aussi un instrument très répandu dans le ZydecoPhotos Benjamin Bodot
Son cadre en alliage d’aluminium 6061 T6 de chez Columbus, présente de nombreux inserts pouvant accueillir des garde-boue ainsi qu’un porte-bagages. Des inserts sont aussi présents sous le tube diagonal pour un porte-bidon mais également sur le tube supérieur pour de la bagagerie.
Cadre et fourche munis de très nombreux inserts – Photo Benjamin Bodot
Le passage de la câblerie se fait en interne à la colonne de direction après être passé sous la potence. Un montage permettant de changer la potence ou le cintre sans purger le système. Nous trouvons aussi un boitier fileté BSA, gage de facilité mécanique, ainsi qu’une patte de dérailleur UDH rassurante quant à la versatilité du vélo (pour en savoir plus sur l’UDH voir l’article de Laurent Biger : UDH : trois lettres qui changent le marché).
Poste dépouilléBoitier fileté BSAPatte de dérailleur UDHPhotos Benjamin Bodot
À l’avant se trouve une fourche en carbone Columbus Cross munie de nombreux inserts et possédant un passage pour le montage d’un moyeu dynamo. Celle-ci est aussi équipée d’un système Dual Rake permettant un ajustement de l’offset pour le passage de plus gros pneumatiques. Le vélo est posé sur une paire de roues tubeless ready montées de pneus WTB Riddler en 700 x 45 mm. Nous pouvons noter que le cadre est annoncé pour accueillir des pneus jusqu’à 45 mm de section.
La fourche avec son système Dual Rake, on aperçoit aussi la sortie du passage pour le câble de dynamo – Photo B. BodotPassage pour des pneus allant jusqu’à 45mm – Photo Cinelli
Pour finir, un groupe complet Shimano CUES vient compléter le montage. Une transmission en 1 x 11 vitesses actionnée par câbles avec freinage hydraulique. Ce groupe est une découverte pour moi. Il vient se placer dans la gamme Shimano sous les GRX pour proposer une alternative plus économique, et un peu moins légère, à ses grands frères.
L’excellent groupe Shimnao CUESLe freinage exemplaireLes manettes CUES ont la même ergonomie que leurs grandes soeursDétails du groupe Shimano CUES – Photo Benjamin Bodot
La géométrie du vélo se veut plutôt tolérante avec un angle de fourche assez ouvert et des bases relativement longues. des dimensions qui devraient assurer une excellente stabilité au vélo et un comportement rassurant au pilotage.
Illustration Cinneli
Pesé à 11,7 kg pour une taille XL, nous avons un ensemble cohérent pour celui qui souhaite découvrir la discipline tout en se faisant plaisir avec une vélo original. Un montage homogène pour un vélo versatile avec une géométrie accessible a tous.
Photo Benjamin Bodot
Au roulage
Les premiers kilomètres se font sur la route. Le vélo confirme ce que présageait la lecture du tableau de géométrie avec une grande stabilité au roulage. Les pneus fonctionnent plutôt bien sur le bitume sans l’impression d’être collé, ni bruits particuliers.
Photo Rachid Wissad
Les premières relances me rappelleront tout de suite le poids du vélo et notamment de ses roues. La prise de vitesse et les raidillons se font un peu plus difficiles que d’habitude. Petite frustration, mais à ce prix il ne fallait pas s’attendre a une monte de roues légère. Le placement tarifaire voulu pour ce modèle oblige Cinelli à faire certains choix. Le groupe Shimano CUES est une excellente découverte. Je retrouve l’ergonomie et le fonctionnement de ses grands frères. La seule différence ressentie est une descente des vitesses un peu plus souple que sur du GRX. Quant au freinage, il est véritablement efficace, gros point positif de ce coté là.
Photo Laurent Biger
Une fois dans les chemins, le vélo confirme sa stabilité avec un comportement rassurant. La géométrie est effectivement tolérante et pardonne facilement les erreurs. Soit un comportement parfait pour un pilote débutant qui découvre la discipline, mais qui manquera peut-être de vivacité pour le pilote confirmé. Quant au groupe, il fonctionne à merveille. Le choix du mono-plateau de 40 couplé avec une cassette en 11-50 est parfait pour l’usage et permet de ne pas subir exagérément les pourcentages. Par ailleurs, le freinage confirme son excellence dans ces conditions dégradées et il saura rassurer le pilote lors de prise de trajectoire un peu ambitieuse.
Photos Laurent Biger
Sur les pistes planes je retrouve cette stabilité ressentie sur la route, le vélo tient bien sa ligne. Vis à vis du confort, la fourche en carbone filtre un peu les aspérités mais il faudra jouer de la pression des pneus pour lisser un peu plus la rigueur de la piste. Absolument rien d’étonnant, nous sommes là sur un cadre en aluminium avec des tubes de bonnes sections. Il faudra travailler sur les périphériques pour adoucir cela.
Photo Laurent Biger
Conclusion
Globalement ce vélo représente une très bonne option pour le cycliste qui souhaite s’initier au gravel. Un cadre en aluminium solide et versatile avec une géométrie accessible. Avec son prix relativement réduit, ce Cinelli Zydeco Washboard Sport vous permet de rentrer dans l’univers Cinelli avec un vélo original et plutôt bien pensé.
Photo Benjamin Bodot
Son montage est cohérent avec un groupe efficace et bien étagé. Seul vrai bémol, le choix des roues, mais c’est aussi le cas sur nombre de ses concurrents dans cette gamme de prix. Par ailleurs, c’est une amélioration facilement envisageable par la suite.
Photo Benjamin Bodot
L’objectif de Cinelli de proposer un vélo accessible à tous, tant par son prix que par son comportement, est tout à fait respecté. Son accessibilité mécanique et ses nombreux inserts permettent véritablement de l’envisager sur le long terme et dans de nombreuses utilisations. Le contrat est rempli avec un vélo qui saura effectivement vous accompagner quotidiennement à la ville comme aux champs.
Caractéristiques du Cinelli Zydeco Washboard Sport
TAILLES
XS (49), S (51), M (54), L (56), XL (59)
CADRE
Alliage d’aluminium Columbus Triple Butted 6061 T6 (1800 g en taille M)
FOURCHE
Columbus Cross 1-1/8″ – 1-1/2″ full carbon avec système Dual Rake (585 g non coupée)
Le nouveau Canyon Endurace CFR marque une évolution importante dans la gamme endurance de la marque allemande. Avec ce modèle, Canyon cherche à proposer un vélo capable de répondre aux exigences actuelles des cyclistes, entre performance sur route et capacité à affronter des terrains plus exigeants. Positionné comme un vélo all road, ce Canyon Endurace s’adresse aux pratiquants qui veulent rouler vite tout en conservant du confort sur les longues distances et les surfaces dégradées.
Une approche all road assumée
Avec cette nouvelle génération, Canyon fait évoluer le Canyon Endurace vers un usage plus large. La marque présente ce modèle comme un vélo capable de performer dans des conditions difficiles, notamment sur des routes dégradées ou des secteurs pavés.
Photo Canyon
Le développement s’appuie notamment sur un travail mené avec l’équipe Alpecin–Deceuninck (anciennement Alpecin–Premier Tech), avec une attention particulière portée à la fiabilité. Comme le souligne le manager de l’équipe, la capacité du vélo à rester performant dans des conditions exigeantes constitue un critère central. Cette orientation confirme une tendance de fond : les vélos d’endurance se rapprochent de plus en plus des pratiques gravel légères, sans basculer totalement dans cette catégorie.
Un cadre renforcé pour les conditions difficiles
Le Canyon Endurace CFR intègre une construction carbone spécifique visant à améliorer la résistance et la précision de pilotage. Canyon utilise des fibres haut de gamme, avec un renforcement ciblé de la douille de direction.
La marque indique également avoir soumis le cadre à des tests dépassant les standards habituels du secteur – photos Canyon
Cette évolution répond à une demande des coureurs professionnels, notamment pour conserver de la précision dans les phases d’effort intense ou sur des surfaces irrégulières comme les pavés. La marque indique également avoir soumis le cadre à des tests dépassant les standards habituels du secteur, afin de reproduire les contraintes rencontrées en conditions réelles.
Un dégagement pneus élargi pour un usage all road
Autre évolution notable du Canyon Endurace : le dégagement pour les pneus atteint désormais 35 mm. Ce choix permet d’exploiter des sections plus larges, qui favorisent à la fois le confort, l’adhérence et le contrôle.
Photo Canyon
Ce point s’inscrit directement dans une logique all road. Il permet d’envisager des sorties incluant des portions de routes dégradées, voire des chemins roulants, sans compromettre totalement le rendement sur l’asphalte.
Un équilibre entre aérodynamisme et confort
Canyon cherche à maintenir un niveau de performance proche de ses vélos orientés course. Selon la marque, le Canyon Endurace CFR affiche des performances aérodynamiques très proches de celles de l’Aeroad.
Photos Canyon
Dans le même temps, des solutions spécifiques visent à améliorer le confort. La tige de selle VCLS Aero introduit une certaine flexibilité verticale, avec un gain annoncé de plus de 25 % par rapport à une tige rigide. Cette combinaison traduit une volonté de limiter la fatigue sur les longues distances, sans sacrifier totalement la vitesse.
Une ergonomie pensée pour l’adaptation du cycliste
Le Canyon Endurace CFR reprend une géométrie issue des modèles compétition de la marque, avec une position orientée performance. Le cockpit PACE constitue un des éléments clés de cette évolution. Il permet d’ajuster facilement la hauteur et la largeur du poste de pilotage, sans opérations complexes. Canyon propose également différentes formes de cintres pour adapter la position aux préférences du cycliste.
Photo Canyon
Autre évolution notable : l’adoption de manivelles plus courtes. Ce choix vise à améliorer la cadence et à réduire les contraintes articulaires, notamment sur les longues sorties.
Un vélo déjà éprouvé en conditions de course
Avant son lancement officiel, le Canyon Endurace CFR a déjà été utilisé en compétition sur les classiques printanières. Des victoires ont été obtenues sur des parcours exigeants, ce qui permet à la marque d’appuyer son positionnement all road orienté performance.
Photo Canyon
Les équipes partenaires disposent désormais de ce modèle comme alternative aux vélos purement aérodynamiques, en fonction des conditions de course.
Le Canyon Endurace suit l’évolution des pratiques
Photo Canyon
Avec cette nouvelle version, le Canyon Endurace confirme l’évolution des vélos d’endurance vers des usages plus polyvalents. La marque propose ici un modèle qui cherche à concilier rendement, confort et capacité à affronter des terrains variés. Ce positionnement all road reflète les attentes actuelles des cyclistes, notamment dans les pratiques gravel light ou les longues sorties sur routes dégradées. Le Canyon Endurace CFR s’inscrit ainsi dans une tendance où les frontières entre les catégories continuent de s’estomper.
En résumé
Nouveau lay-up carbone CFR renforcé
Passage de pneus jusqu’à 35 mm
Renforts en titane sur les zones critiques
Profil aérodynamique à moins de 1 watt de l’Aeroad CFR
Tige de selle VCLS aero pour le confort
Géométrie Race
Cockpit PACE Bar
Plusieurs options de personnalisation sont possibles via le programme MyCanyon. Le nouvel Endurace est disponible en trois coloris, six tailles (du 2XS au XL, pour des cyclistes de 160 à 196 cm), exclusivement sur canyon.com ou via l’application Canyon, à partir de 8 999 €.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.