Longtemps, partir à vélo relevait de l’aventure réservée aux cyclotouristes aguerris. Aujourd’hui, les vacances à vélo changent de visage. Les véloroutes maillent progressivement le territoire, les hébergements s’adaptent, les bagages se simplifient et le vélo du quotidien devient lui aussi un compagnon de voyage. Dans un contexte où le budget vacances pèse davantage sur les familles, partir de chez soi en pédalant n’est plus considéré comme une alternative marginale, mais comme une autre manière d’habiter avec bonheur son temps libre. (Photo de couverture Jean Malfati : la rivière Le Bonheur existe bien dans le Gardpas loin du mont Aigoual )
Pourquoi les vacances à vélo ne concernent plus seulement les passionnés, mais deviennent une nouvelle façon de voyager ?
J’avais écrit en 2024 cet article : “Le gravel s’installe dans l’offre touristique à vélo“, dont les chiffres m’avaient surpris à l’époque. En me basant sur l’excellent dossier “Le tourisme à vélo, maillot jaune 2023” de la revue professionnelle Espaces, je découvrais que le tourisme à vélo représentait 9 millions de séjours par an. Ce chiffre considérable sera largement dépassé cette année encore… Quels sont les leviers de cette mutation touristique et comment, dans notre modeste mesure au Bike Café, nous contribuons à ce changement ?
Le vélo véhicule de nos vacances
Le vélo symbolise la conquête des jours de congés payés avant la guerre. Par la suite et longtemps, les vacances sont devenues synonymes de voiture, puis d’avion. Aujourd’hui, on voit renaître le vélo comme véhicule de nos vacances. Il permet de ralentir, de réduire le budget transport, de voyager autrement, de découvrir les territoires traversés et surtout de vivre un moment d’aventure.
Bien avant, ce vélo était un symbole de liberté à une époque où étant un moyen de transport, quasi gratuit, il permettait à ceux qui venaient d’obtenir des congés payés, de partir en vacances.
Le vélo ne sert plus uniquement à rejoindre un lieu de vacances, il devient à lui seul un séjour. Les destinations ont changé également. Les vacanciers désertent les lieux surpeuplés, où tout est commercial et factice, pour des lieux plus authentiques dans la fraîcheur d’une nature qui offre des découvertes à chaque instant.
Photo Benjamin Bodot
Chacun pourra inventer un thème et pour organiser des vacances en famille qui seront des moments inoubliables. Les enfants pourront se créer des souvenirs pour la vie. L’immersion dans cette dimension nature associée à l’effort physique en seront les bases.
Les véloroutes changent complètement la donne
L’émergence des véloroutes est probablement le moteur principal de cette nouvelle tendance. Nos anciennes voies de communication, sacrifiées par la politique du tout voiture, reviennent au premier plan. Les bords de canaux de rivières ou de fleuves, les anciennes voies ferrées deviennent des pistes cyclables pour découvrir les coulisses d’un territoire abîmé par les excès du réseau routier.
Les anciennes voies ferrées deviennent des axes pratiquement tout fait pour découvrir les coulisses d’un territoire – photo Philippe Aillaud
L’avantage de cette réutilisation est que le temps s’est arrêté aux bords de ces itinéraires. Il ajoute une dimension historique au voyage et nous enseigne la géographie de notre pays. Pas de panneaux publicitaires, pas de zone commerciale, pas de voiture… L’autre atout est que ces nouveaux axes vélos font revivre des infrastructures existantes qui se sont transformées pour accueillir ces nouveaux touristes à vélo dans des lieux plus typiques que ceux d’une hôtellerie de masse.
Le maillage du réseau des véloroutes sur France Vélo Tourisme – cliquez sur l’image pour découvrir la carte interactive des principaux itinéraires vélo en France.
La Loire à Vélo
ViaRhôna
La Vélodyssée
La Scandibérique
La Vélo Francette
La Flow Vélo
La Méditerranée à Vélo
La Grande Traversée du Massif Central
les grands itinéraires EuroVelo
Ce réseau rassure énormément les familles qui osent partir. Les débutants savent qu’ils ne vont pas affronter des pentes infranchissables. Les voies cyclables sont roulantes et réservées aux vélos. Sur ces trajets, le vélo devient accessible et il éduquera sans risque le voyageur à vélo qui progressivement se forgera une expérience pour envisager ensuite la construction de ses itinéraires de vacances.
L’aventure commence au pas de la porte
…à peine les fesses posées sur la selle, on est déjà ailleurs.
BD La Ride
Ce point est intéressant, car l’expérience touristique à vélo peut démarrer de chez vous. Elle peut apporter un regard différent sur le voyage à vélo. En effet, rien ne nous empêche d’enfourcher notre vélo sur le pas de la porte pour partir en voyage. Si on habite une grande ville, il faudra s’extraire de la cité et subitement vivre, dans la lenteur du vélo, cette formidable transition de la ville vers une campagne apaisante. Je me souviens de la BD la Ride. Dans la chronique que j’avais faite de cet album, je citais les auteurs et particulièrement cette phrase pleine de sens : “Le vélo est le moyen de transport le plus rapide du monde : à peine les fesses posées sur la selle, on est déjà ailleurs.” Effectivement, à l’opposé de la vitesse, rapidement on se sent bouger et voyager dans une autre dimension.
Pendant des années, le voyage était associé à l’exotisme. Aujourd’hui, beaucoup découvrent que l’aventure peut commencer à cinquante mètres de leur portail. Le voyage à vélo provoque un changement de rythme bien plus puissant qu’un changement de continent en descendant d’un avion.
Gravel, VTC, vélo de ville… peu importe
5 femmes à vélo pliant de 20 pouces pour faire plus de 400 km – photo Audax club Paris
Le type de vélo qui nous permettra de voyager est indifférent. C’est encore une des évolutions majeures de notre époque. Autrefois : chaque vélo correspondait à une pratique. Aujourd’hui, le même vélo emmène les enfants à l’école, sert aux déplacements quotidiens, part en vacances, participe à une randonnée. Bien sûr, certains vélos sont plus adaptés que d’autres au voyage. Si vous avez lu mon article sur Mylulubike, vous comprendrez que l’on peut même voyager à vélo pliant. Ce qui d’ailleurs présente un avantage en intermodalité. De nos jours, le vélo retrouve une polyvalence oubliée. Dans les temps plus anciens, les garages n’étaient pas encombrés de vélos spécialisés. Avec un seul et même vélo, on se déplaçait et on voyageait.
Des week-ends pour se préparer
Bivouac – photo André Braga
pdf sur demande
Pour réussir ses vacances à vélo, il ne faut pas négliger la préparation. Pourquoi pas utiliser les week-ends pour tester votre équipement, votre forme physique et, si vous partez à plusieurs (en famille ou avec des amis), la cohésion du groupe ? La plupart d’entre vous ont déjà fait du vélo, ou l’utilisent régulièrement pour aller au travail, se déplacer en ville, aller faire des courses, rouler le dimanche…
“Le vélo est une pratique démocratique, économique, durable et inclusive. Toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent facilement s’élancer sur les routes et les chemins, quels que soient leur lieu de vie, leur âge et leurs moyens financiers. Mais, l’aventure commencera quand vous sortirez de votre « zone de confort » pour affronter un contexte nouveau : charger des bagages sur votre vélo, parcourir une distance plus longue que d’habitude, rouler dans un endroit où vous n’êtes jamais allé, tenter de gravir une côte qui jusqu’alors vous paraissait infranchissable, rouler sous la pluie, un jour de grand vent ou lorsqu’il fait froid, pédaler la nuit… toutes ces situations nouvelles vous permettront de gagner en confiance.” (extrait de l’ouvrage coécrit avec Dan de Rosilles, malheureusement pas ré-édité par la maison d’édition)
Une économie locale qui se transforme
Un hôtel sur le thème du vélo : le Nesk à Sault. Un point d’étape sur notre découverte de la route de Giono – photo Philippe Aillaud
Ce nouvel engouement pour le voyage à vélo incite les hôtels à proposer des garages sécurisés, des prises de recharge, et parfois des ateliers. J’ai séjourné au Nesk à Sault lors d’un voyage sur les terres de Giono. Cet établissement illustre ce que peut être un hôtel à thème.
Le refuge de Laval – Vallée de la Clarée – photo Colin Gosse
Les campings accueillent davantage de cyclistes. Les offices de tourisme proposent des boucles vélo. Les cafés deviennent bike friendly. Une véritable économie du voyage à vélo se développe. Les cafés vélo dont nous parlons souvent accueillent les voyageurs. Certains sont situés sur les vélo routes.
Au camping de l’Izoard – photo Patrick VDB
Le bikepacking change l’imaginaire du voyage
Le bikepacking n’est plus réservé aux ultra-cyclistes. Les sacoches deviennent plus discrètes, plus légères, et plus polyvalentes. Le voyage semble plus simple avec un matériel qui rassure. Ces sacoches se fixent facilement sur votre vélo du quotidien pour le transformer en vélo voyageur. Vous pouvez retrouver tous nos tests de produits bikepacking sur ce lien.
Sacoches Deuter – photo Philippe Aillaud
Partir c’est facile… revenir beaucoup moins
C’est LE point critique du voyage si on envisage la multimodalité. Le train, le car, les correspondances, les réservations obligatoires, les quotas, les démontages, les ascenseurs inexistants, les gares souvent mal équipées.
Quand tout se passe bien c’est génial, mais parfois on reste sur le quai : ça nous est arrivé – photos Bike Café
On construit des milliers de kilomètres de véloroutes, mais l’intermodalité reste encore le maillon faible.
Mon avis
Les vacances à vélo, ce n’est pas nouveau. Elles traduisent surtout une nouvelle manière de considérer le voyage. Dans un monde où tout semble devoir aller plus vite, partir à vélo revient à accepter le détour, l’imprévu et la rencontre. Les infrastructures facilitent désormais cette aventure, les territoires l’encouragent et les professionnels du tourisme l’accompagnent. Reste à lever le dernier frein : permettre aux cyclistes de combiner facilement vélo, train et autocar. Le jour où cette intermodalité deviendra réellement fluide, les vacances à vélo pourraient franchir une nouvelle étape et concerner un public bien plus large.
Ce que Bike Café raconte depuis dix ans : – l’émergence du gravel dès 2015 – Les débuts du bikepacking – les sacoches artisanales – les nouvelles véloroutes – les itinéraires – les rencontres – les tests de matériel de voyage – les expériences de nos lecteurs.
Aujourd’hui, le tourisme à vélo est devenu tendance. Bike Café l’a documenté alors que le sujet intéressait encore un cercle restreint de passionnés. « Le vélo n’est plus seulement un moyen de transport ni un outil de performance. Il redevient un moyen d’habiter le territoire. Les vacances ne commencent plus forcément à l’aéroport ou sur l’autoroute. Elles peuvent débuter au coin de la rue, au premier coup de pédale. »
Le tourisme à vélo n’est pas une mode, mais l’expression d’une évolution culturelle de notre rapport au voyage, au temps et aux territoires. Ce sujet nous passionne et il est nativement lié à l’identité éditoriale de Bike Café.
Boucler une épreuve d’ultra-distance comme la RAF 300 ne s’improvise pas. Le parcours 2026 propose 324 kilomètres pour plus de 5300 mètres de dénivelé positif. Départ Bollène dans le Vaucluse pour une arrivée à Mandelieu dans les Alpes-Maritimes. Pour relever ce défi, j’ai la chance de m’aligner au départ avec le Cannondale Synapse Carbon 1. Cette machine d’endurance de la marque américaine est-elle le bon choix ? Le tracé 2026 inclut notamment l’ascension du mythique mont Ventoux avant de plonger dans la fournaise du Var. Dans ce contexte, avaler ces 324 kilomètres et ce dénivelé impressionnant demande une préparation aux petits oignons…
La Race Across France : plus qu’une course, une aventure en autosuffisance
La Race Across France n’est pas une cyclosportive classique, mais une véritable épreuve d’ultra-distance. L’autonomie complète est la règle sur les parcours de 200 km et 300 km. Chaque participant gère seul son itinéraire et son rythme sans aucune assistance. A contrario, les distances de 1000 km et 2500 km bénéficient de camps de base et de dropbag.
La RAF 300 représente une porte d’entrée exigeante dans le monde de l’ultra. C’est une épreuve qui oblige à gérer le jour, une partie de la nuit, la météo et la fatigue, tout en conservant une intensité de “course”. Au-delà du défi physique, c’est une immersion dans des paysages grandioses et un exercice de dépassement de soi qui font la réputation de l’épreuve. Cette édition a été marquée par la canicule, imposant aux participants une pause “fraicheur” obligatoire de 13h à 17h. Comme toujours sur la RAF, le départ se fait en mode contre-la-montre, toutes les 15 secondes cette fois.
4h37, il est temps de prendre le départ – photo Race Across France
Le matériel : le Cannondale Synapse au cœur de la stratégie
Aux portes de l’ultra distance, le choix du matériel est guidé par le confort et la fiabilité, et c’est exactement ce que propose ce Cannondale Synapse Carbon 1. Loin de se contenter d’une belle fiche technique, ce vélo traduit ses promesses sur le macadam.
2025 : test grandeur nature de 14000 km avec Lachlan Morton dans ses œuvres- photo Cannondale
Je suis particulièrement excité à l’idée de rouler ce vélo entré dans la légende grâce à Lachlan Morton. Ce dernier l’a en effet poussé dans ses retranchements lors de son incroyable tour d’Australie en 2025. Savoir que cette machine a encaissé 14200 km de souffrance et de déraison, avalant les pistes et le bitume jour et nuit pendant un mois entier sans fléchir, donne une saveur particulière à ce qui m’attend sur la RAF 300.
Cannondale annonce 20 % de souplesse supplémentaire face à l’ancienne version et met en avant un travail particulier sur le carbone Hi-MOD (haut module). Au-delà du marketing, on imagine un soin apporté à la stratification des fibres de carbone et de kevlar aux endroits stratégiques. Sur le papier, ce cadre ultra-léger (inférieur à 1 kg) se dit calibré pour les aspérités de la longue distance.
Cannondale Synapse : en statique
Travail magnifique du triangle arrière, clé de voute du Synapse Carbon 1 – photo Yann brasseur
Cadre carbone Hi-MOD léger et réactif
J’aime visualiser sur Bike insights les superpositions de cadres. Au-delà des chiffres, on s’aperçoit vite en comparant le Supersix Evo (World Tour) et le Synapse Carbon du travail réalisé par Cannondale.
Un dynamisme avoué par des bases arrières (J) ainsi qu’un angle de direction (D) très similaires.
Un tube de selle plus court (et surtout incurvé) donnant un tube horizontal légèrement slopping et un poste de pilotage relevé de 2,5 cm (O – Stack) : du confort en perspective ! Le défi de faire un vélo rapide mais confortable sera-t-il relevé ?
Bases (J) de 42,5 mm en taille 54, dynamique sur le papier
Cannondale SystemBar R-One
Élégant et léger, le poste de pilotage SystemBar R-One en carbone offre un avantage aérodynamique, une intégration nette et du confort pour toute la journée. À noter sa largeur de 44 cm pour un vélo en taille 54. Loin des gimmicks d’aujourd’hui souvent sous les 40 cm, j’ai été surpris par sa cohérence. Dans les faits, ses parties supérieures plates et suffisamment larges permettent de poser les avant-bras et de reposer ainsi le haut du corps.
Poste de pilotage épuré et aéro…mais pas incompatible avec l’ultra distance – photos Yann Brasseur
Roues Reserve 42|49 Turbulent Aero & pneus Vittoria Corsa Pro Control
Pour faire le lien avec la route, le cadre s’appuie sur les jantes Reserve 42|49 Turbulent Aero qui fendent le vent avec une efficacité redoutable. Ces jantes profilées et asymétriques (42 mm à l’avant, 49 mm à l’arrière) affichent une largeur interne généreuse de 25,4 mm et 24,8 mm pour optimiser le confort et l’assise du pneu. Avec un poids contenu : seulement 1429 grammes la paire sur des moyeux DT 350, elles accueillent des pneus Vittoria Corsa Pro Control. Ces gommes haut de gamme équipent les équipes pro dans les pires conditions (pneus testés dans notre sélection matos de juin 26).
Groupe Shimano Ultegra Di2 12 vitesses
La transmission et le freinage suivent cette même logique d’excellence avec le groupe Shimano Ultegra Di2. Cette assistance électronique apporte une précision au passage de vitesses sans faille, un luxe indispensable pour préserver sa lucidité dans les moments difficiles. Le freinage, quant à lui, flirte avec la perfection par sa progressivité et son mordant. De série, on retrouve le double capteur de puissance 4iiii pour les adeptes de data.
Systèmes Cannondale StashPort + StashBag
Très en vogue, Cannondale met en avant son nouveau rangement dans le tube oblique : le StashPort. Le Synapse est livré d’origine avec le StashBag idoine qui a été utilisé pour embarquer tout le nécessaire de réparation. Le poids est plutôt bien réparti de ce fait et n’encombre pas mes autres sacoches.
En définitive, cette machine dépasse le statut de simple vélo pour devenir un véritable allié taillé pour la longue distance, audacieux et paré à encaisser tout ce que l’ultra-distance décidera de mettre sur sa route. Mais, que vaut-il sur le terrain ?
Le triangle arrière “bas” annonce un confort dynamique…Fizik Vento Argo R5, 140mmDe la peinture à la courbe du tube vertical, tout est travailléPhotos Yann Brasseur
Roulez loin, roulez près de chez vous, roulez vite.
Cannondale Synapse Carbon 1 prêt pour affronter la RAF 300KM. La ligne est équilibrée, aéro, compacte – photo Yann Brasseur
En dynamique
La RAF 300KM est avant tout un défi personnel. L’enjeu n’est pas la vitesse pure, mais la gestion de l’effort sur la durée. La clé réside dans la capacité à segmenter l’épreuve : ne pas regarder la distance totale, mais se concentrer sur des objectifs intermédiaires (prochain ravitaillement, prochain col). Cette approche permet de mieux gérer les moments de baisse de régime, inévitables sur de tels formats.
5h03, le jour se lève sur le Vaucluse – photo Yann Brasseur
Après un départ prudent à 4h30, j’arrive à Malaucène vers 6h30 et je fais le plein des bidons à la source du Groseau où Laurent Biger m’attend avec son appareil photo reflex. Plus adepte de gravel et d’aventure que d’endurance sur route, j’aborde ce premier Ventoux en toute décontraction avec un seul objectif : maximum 200 watts ! Aidé par le double capteur 4iiii appairé à mon Garmin, je peux suivre en live la puissance aux pédales et je m’efforce de trouver mon rythme et de sourire à Laurent qui me shoot plusieurs fois sur la montée exigeante.
Sortie de Malaucène, 2 L d’eau et tout à gauche ! – photo Laurent Biger
Le mont Ventoux : le géant de Provence
Connu de tous les passionnés de cyclisme, le mont Ventoux représente un véritable rite de passage en ultra-distance. Avec 21 kilomètres d’effort et des pourcentages impitoyables, le Géant de Provence offre un terrain d’évaluation redoutable. Il permet de tester la fiabilité d’un vélo d’endurance comme le Synapse Carbon 1.
Rien qu’à voir ma tête, on comprend que j’ai adoré ce Synapse et ce Ventoux ! – photo Laurent Biger
À la sortie de Malaucène, on entre rapidement dans la forêt où de longues courbes s’enchaînent. La pente est assez fluctuante jusqu’à la station de ski du Mont Serein : il y a plusieurs portions de route à plus de 13 %, entrecoupées par des replats entre 3 et 5 %. La pente est irrégulière et il n’est pas facile de prendre un rythme de croisière.
Après avoir passé la station du Mont Serein, l’ascension se poursuit de manière plus régulière jusqu’au sommet, que l’on aperçoit au-dessus de nous et que l’on atteint après quelques longues lignes droites séparées par des lacets.
L’ascension exige de la gestion et de la lucidité dans les derniers kilomètres lunaires.
Le sommet approche et le sentiment d’accomplissement aussi – photo Laurent Biger
Après plus de 2 h d’ascension, je roule sur le macadam qui présente encore les stigmates du Tour de France 2025 et puis le sommet est à portée de main. On m’avait prévenu que le Ventoux était impitoyable, parfois chaud ou venteux, mais ce ne fut que du plaisir pour moi. Je me risquerais même à dire que j’ai pris du plaisir sur l’asphalte, c’est dire ! Le Cannondale Synapse Carbon 1 y est très certainement pour quelque chose…
Le Géant de Provence en Synapse, une case de cochée ! – photo Yann Brasseur
Vient ensuite la descente vertigineuse par Sault. Cette portion nécessite un vélo rigide, précis et facile à engager. Elle demande un pilotage sûr là où l’on flirte entre 60 et 80 km/h selon le niveau. Cette épreuve met en lumière la nécessité d’un matériel irréprochable pour aller chercher la performance et ce en toute sécurité. Sur cette descente, j’ai apprécié la précision de la direction, la rigidité des merveilleuses roues Réserve ainsi que le grip rassurant des Vittoria Corsa Pro Control.
Le set up RAF 300KM du Cannondale Synapse Carbon 1
Ravitaillement en eau à la source du Groseau, on enlève le gilet et les manchettes pour les ranger dans les sacoches, un gel et c’est parti – photo Laurent Biger
L’objet ici n’est pas de vous dévoiler le contenu de mes sacoches (article dédié à venir) mais plutôt de vous parler du comportement du vélo “chargé”. En effet, le comportement dynamique d’un vélo peut se transformer dès lors qu’on y ajoute de la bagagerie.
Côté visserie, le Synapse fait dans le traditionnel : deux emplacements pour les bidons et deux vis sur le tube supérieur, ce qui s’avère largement suffisant à mon sens pour embarquer l’essentiel sans alourdir la ligne de la machine. À noter que les deux vis du top tube sont masquées par un cache magnétique : le diable est dans le détail comme souvent chez Cannondale.
“aero is everything“
Certains pourraient déplorer l’absence d’œillets sur la fourche ou sous le top tube, mais le vélo se veut tout de même sportif et aéro. Nous avons aujourd’hui pléthore de bonnes marques de bagagerie, aussi il est facile de trouver “sacoche à son cadre”. Je vous remets d’ailleurs le lien de mon test des sacoches Cyclite. J’ai opté cette fois pour mes bonnes vieilles sacoches Restrap, qui épousaient parfaitement le vélo. Finalement, j’ai pesé mon vélo à 10,5 kg la veille du départ et je dois avouer n’avoir senti aucune différence dans son comportement.
Le train roulant
Comme évoqué plus haut, j’ai beaucoup aimé le côté rassurant du combo roues Reserve/pneus Vittoria. Cependant, à ce niveau de prix, on aurait pu attendre un moyeu DT 240 au lieu du très solide DT 350. Ceci étant dit, étant donné ma FTP, cette réflexion reste marginale et esthétique !
Pour la fin de parcours, tout en relance sur les petites bosses du Var, il est évident que ces roues sont salvatrices. Elles permettent de conserver une vitesse de croisière autour des 30 km/h sans envoyer beaucoup de Watts.
Détail marketing, mais non moins intéressant : la roue avant est plus basse de 7 mm. Elle présente surtout des largeurs interne et externe (25,4 / 34,4 mm) intéressantes pour l’assise et le ballon du pneumatique. On comprend mieux pourquoi le train avant se place bien et rassure sur l’angle.
Cannondale Synapse : Verdict
Boucler la RAF 300KM sous la canicule reste une aventure hors norme. Entre le Géant de Provence et la fournaise varoise, cet essai livre un verdict implacable. En ultra distance, la performance est un écosystème où chaque maillon doit être parfaitement aligné.
Arrivé au petit matin, heureux et sans grosse fatigue – photo Arnaud Manzanini
Le Cannondale Synapse Carbon 1 s’est révélé être une arme de choix pour la RAF 300. Il filtre à merveille les vibrations du bitume. Pourtant, il reste rigide lors des relances en col. Les roues Reserve 42/49 avec les pneus de 32 mm offrent un équilibre parfait entre rendement et sérénité mécanique. Côté aérodynamisme, le constat est sans appel. En descente de col, le vélo filait nettement plus vite que la plupart de mes concurrents. De quoi grappiller des secondes précieuses sans donner un coup de pédale.
Dernier lacet, dernière relance avant le sommet du Ventoux – photo Laurent Biger
Le mot de la fin me pousse forcément à la comparaison avec ma machine du quotidien. Mon Cannondale SuperSix EVO 3 2025 est logiquement plus rigide et plus nerveux. Ce modèle Cannondale garde paradoxalement un avantage précis pour l’ajout de sacoches. Son tube horizontal est plus haut et plus droit, ce qui permet de glisser une sacoche de cadre sans bloquer l’accès aux bidons. En revanche, il n’a pas la fameuse chaussette de cadre du Synapse, si pratique pour loger le kit de réparation. En faisant le bilan de ce confort souverain sur les 300 kilomètres de la RAF, je dois me rendre à l’évidence… Ce Cannondale Synapse Carbon 1 est peut-être, au fond, le vélo que j’aurais dû acheter pour mon usage personnel.
Une dernière pensée me vient en repensant au Van Rysel EDR testé lors du Gravelman Marseille. Sans comparer directement deux vélos si différents, la nuance est flagrante. Le Van Rysel EDR se montre très moelleux et très tolérant. À l’inverse, le Cannondale Synapse Carbon 1 réussit le tour de force de filtrer le terrain tout en conservant beaucoup plus de dynamisme et de répondant sous la pédale. Une vraie machine de course taillée pour le long cours et les défis comme la RAF 300. Je le regrette déjà !
Voilà un moment que la recherche de minimalisme m’obsède, dans mes pratiques sportives. A-t-on besoin d’un arsenal matériel sophistiqué pour s’accomplir, alors que notre corps peut s’adapter et même se développer pour répondre à l’effort physique qu’on lui demande ? Nos capacités venant de notre inné sont énormes, il faut les chercher plutôt que de leur offrir des “prothèses” de plus en plus complexes. Il existe, je pense, un autre endroit où placer la performance. Partant de cette réflexion, je me suis lancé dans un nouveau projet de construction d’un vélo minimal en single speed, mais capable de tout. Un single speed All road pour rouler longtemps et élargir le champ de mes découvertes par sa polyvalence.
Porté par un besoin de simplicité, j’ai appliqué le minimalisme en course à pied et en montagne il y a quelques années. J’ai couru à un bon niveau en utilisant des chaussures de running minimales, ayant un drop voisin de zéro (différence de hauteur en avant et arrière) et sans aucune blessure. L’envie de minimalisme est revenue se coller à ma pratique du vélo, comme le sparadrap du Capitaine Haddock. J’ai beau avoir roulé sur des vélos dotés d’équipements élaborés avec plein de vitesses mécaniques ou électroniques, le désir de faire simple m’a envahi à nouveau. Aujourd’hui, cette quête de frugalité technique se traduit par un nouveau projet dont je souhaite vous parler. Recherche d’esthétisme, interprétation de l’effort, singularité… où se situe le curseur de ce projet à contre-courant ?
Le retour du minimalisme n’est pas un retour en arrière
Ce CRIT concept présenté par Quokka au Bespocked de Dresde montre que le minimalisme n’est pas du rétro-pédalage – photos Quokka.
Les « Dix principes du bon design » Dieter Rams est célèbre pour ses Dix principes du bon design, selon lesquels il doit être innovant, utile, esthétique, compréhensible, discret, honnête, durable, rigoureux dans les détails, respectueux de l’environnement et réduit à l’essentiel. Son credo le plus connu, « Less, but better» (« Moins, mais mieux »), résume cette philosophie.
Toutes mes expériences passées dans le domaine du vélo ces 10 dernières années m’ont intéressé, mais curieusement face à cet arsenal technologique du toujours plus, je versais vers le toujours moins. Ce sont les vélos les plus simples qui m’ont apporté le plus de plaisir. Cette réflexion m’a conduit à imaginer un vélo qui pourrait correspondre le mieux à mon rêve : un objet simple, mono vitesse, en acier avec un peu de carbone, un freinage sur jante et des équipements intemporels conçus par des marques “cultes” que j’aime. Ce vélo, qui sera destiné à m’apporter plus d’émotions que de performances, étonnera sans doute beaucoup de cyclistes. Il va me permettre de faire des sorties longues ou très longues, de voyager… Il sera surtout une machine à rêver.
Le minimalisme est un courant né dans les années 60 aux États-Unis, porté par des artistes comme des peintres, des sculpteurs, des designers, des musiciens. Il fut interprété comme une réaction au débordement subjectif de l’expressionnisme abstrait et au figuratif du Pop. C’est aussi une approche en philosophie pour ceux qui cherchent « une théorie simple de la vérité ». De façon intuitive et sans me référer à des publications philosophiques, j’ai compris que rendre une vérité complexe masquait souvent un manque de confiance. Multiplier les explications, les solutions, les itérations nous éloigne de l’émotion du vrai : restons simples.
Faire simple, ça peut devenir compliqué
Pour le cadre, cette complexité se retrouve ici dans cette jonction autour du boitier de pédalier entre les bases et les tubes – Photo Quokka Cycles
“Faire simple… c’est parfois complexe…“, m’avait dit Sébastien Klein qui m’a construit mon premier single speed sur mesure. Cette fois, je m’adresse à un autre cadreur de talent : Brivaël Laurendeau. J’observe la progression de ce jeune artiste du chalumeau qui, après avoir suivi la filière de l’apprentissage via les compagnons du devoir et son travail de cadreur chez Cyfac, a choisi de créer sa marque Quokka en 2023. Il décide d’ouvrir son propre atelier pour fabriquer des vélos qui lui ressemblent. Il adore le pignon fixe et propose quelques superbes modèles minimalistes, mais son talent s’exprime également sur la fabrication de gravel ou de randonneuses en acier. Il présente régulièrement ses créations dans les expositions Bespoked, où on le verra en septembre à Dresde en Allemagne.
Brivaël en plein travail – Photo Quokka
Une beauté portée par la simplicité
Pour moi l’esthétique est importante. Pourquoi je trouve un vélo de piste si beau ? Pourquoi une randonneuse des années 50 me touche par son aspect intemporel ? Pourquoi un vélo single speed me séduit à ce point ? Sans doute, car la fonction est lisible dans leurs lignes très simples. Chaque élément a une raison d’être et s’harmonise avec le reste. Le design industriel a longtemps défendu cette idée avec la célèbre formule de Dieter Rams : « Less, but better. » On retrouve cette philosophie chez Jony Ive, lorsqu’il dessinait les premiers produits Apple.
Une randeuse de Jo Routens 1970 – photo Gabriel RefaitUn vélo de Jacques Mercet un cadreur Suisse pionnier de la recherche aérodynamique – photo Roland CogottiLe Quokka Setonix de mon ami Jean-Yves : longue distance et pignon fixe : photo QuokkaDes fonctions lisibles par des lignes très simples
Le cahier des charges
Le cadre
Quand j’ai interviewé Brivaël en 2024, j’avais déjà repéré son modèle Mudslayer de type Tracklocross, c’est-à-dire un fixie capable d’accepter des pneus larges pour pouvoir s’évader hors route. J’y ai vu l’opportunité de disposer d’un single speed “Allroad” qui me permettra de passer de la route aux chemins et de faire de longues balades confortablement avec un bikepacking minimaliste.
Le projet avec ses cotes
Après avoir transmis mes mesures à Brivaël, il a dessiné le cadre en tenant compte de la fourche carbone Ritchey que j’ai choisie. Les dimensions sont très proches de mon Brevet Cycles, avec lequel je fais régulièrement de longues sorties jusqu’aux brevets de 200 km.
Les tubes sont prêts – photos Quokka
Les équipements
Pour équiper ce vélo, j’avais quelques idées au départ et notamment celle de choisir des équipements venant de marques qui, à mon sens, agissent dans la logique « Less, but better » exprimée par le designer Dieter Rams. Certaines de ces marques ont créé et développent des produits mélangeant une esthétique intemporelle et une efficacité éprouvée dans leur domaine respectif.
« Less, but better » avec Ritchey
Les équipements sont arrivés à l’atelier de Quokka – photo Brivaël Laurendeau
La marque américaine représente plusde 50 ans d’innovation en design. Tom Ritchey, son créateur, a su mener de front le développement d’une entreprise qui aujourd’hui distribue dans le monde entier et la création d’un nombre incroyable de nouveautés. Je cherchais une fourche carbone pour mon projet avec des tasseaux pour installer des freins mini V-brakes pour un freinage sur jante efficace et pour accepter une dimension de pneumatiques allant jusqu’à 35 mm. C’est sur le catalogue de Ritchey que j’ai trouvé cette fourche de cyclocross au design épuré. Elle possède les points de fixation des freins avant. Pour l’arrière, Brivaël les soudera sur les haubans.
photos Quokka
Je cherchais également une tige de selle simple et légère. C’est encore chez Ritchey que je l’ai trouvée, avec le modèle Flexlogic, à l’opposé des tiges de selle démoniaques que je vois proposées sur le marché. Le chariot est aisé à régler avec un seul serrage, qui facilite le changement de selle et offre un poids relativement faible de 170 g.
Pour le guidon, mon choix s’est porté sur le modèle Superlogic Evocurve en 42 cm de large. Il est léger (200 g) et compact, doté d’une portée réduite de 80 mm, d’un faible drop de 130 mm et d’une inclinaison de 4° sur sa partie supérieure ergonomique.
La potence choisie est le modèle carbone Superlogic C260 d’une longueur de 100 mm.
Les équipements Ritchey choisis
Les autres équipements
Pour la selle, si vous avez lu mon article à propos de la selle Flite Boost Pro Team Kit Carbonio Superflow de Selle Italia, vous pourrez comprendre pourquoi je l’ai choisie. Je l’ai testée lors d’un BRM effectué en single speed. Elle m’offre un appui ferme et efficace. Sa légèreté relative me permet une optimisation du poids de la machine sans concession au confort.
Pour un freinage sur jante efficace et un dégagement qui permettra d’accueillir des pneus de 35 mm, il faut des freins cantilever ou des mini V-brakes. Ces freins étaient utilisés en cyclo-cross avant l’arrivée des disques. On les trouve également sur les tandems ou certaines randonneuses pour les mêmes avantages : efficacité et utilisation de pneus larges. Ils sont plus difficiles à trouver depuis la généralisation des disques. Je vais me laisser tenter par les mini V-brakes de Paul Component au design sublime.
Fidèle à mon braquet de 44×19, je cherche un pédalier avec axe classique et emmanchement carré qui pourra permettre une ligne de chaîne parfaite (42-43 mm) pour ce cadre sur-mesure.
Pour les roues, ce sera des jantes simples en alu no-name et des moyeux Mack Hubs grandes flasques. Roulements inox et boulons titane. Rayons Sapim X-ray, rayonnage radial à l’avant (20 rayons) et arrière croisés par 2 (24 rayons). Poids : 1,4 kg la paire
Moyeux Mack Hubs
Des pneus route en 34 ou 35 et pour finir : une chaine Izumi 3/32, une roue libre White Industries et 2 portes-bidon Zéfal.
L’ambition de ce projet
Quand le geste artisanal rejoint le geste sportif…
Ce projet est dans la continuité de ce que j’aime dans le sport. J’ai toujours cherché à comprendre ce que notre physique et notre volonté apportent à notre pratique sportive. Je suis admiratif du geste sportif naturel qui tire parti de la biomécanique humaine. En course à pied, j’étais fasciné par la beauté de la foulée des grands champions, fondée sur la propulsion partant de l’avant-pied. Dans le vélo, c’est l’arrondi du pédalage que je trouve à la fois esthétique et efficace. Sur un vélo monovitesse, ce geste sportif prend toute sa valeur et ma quête sera de travailler sur ce vélo la souplesse de mes chevilles et l’optimisation de mon potentiel physique.
Au bout de quelques jours de voyage à vélo, il ne reste presque plus que trois choses : le corps, la machine, le chemin, sans parler des beaux souvenirs qui viendront plus tard. Avec ce vélo, j’aimerais bien vivre consciemment cette réflexion qui ne condamne pas l’innovation, mais qui la rend relative. Elle m’invite simplement à distinguer deux formes de progrès : celle qui cherche à augmenter indéfiniment les performances grâce à la technique et celle qui consiste à mieux révéler nos capacités naturelles. C’est sans doute cette seconde voie qui explique le retour en grâce du single speed, des cadres en acier, des chaussures à lacets ou du bikepacking léger : autant de pratiques où l’objet cesse d’être une démonstration technologique pour redevenir le compagnon discret d’une expérience profondément humaine.
Sur les lignes de départ des Gravel Races, on voit fleurir des coureurs qui s’équipent de combinaisons, au lieu du classique combo cuissard & maillot. La marque niçoise Café du Cycliste propose une combinaison, nommée Cerise. Aussi, je vous propose mon retour d’expérience, à l’entrainement et en Gravel Race. Photo de couverture de Jean-Alexis Duthoit.
Une combinaison en gravel ?!
En effet, la question mérite d’être posée pour savoir comment nous en sommes arrivés là ! Pour cela, je vous renvoie directement vers cet article de Patrick qui a retracé et tenté d’analyser les causes de l’avènement des combinaisons dans les sas des Gravel Race :
Cerise est la première combinaison de Café du Cycliste. Ce produit est l’aboutissement de la collection Race, qui est dédiée à la vitesse, à l’aérodynamisme et à la gestion de la transpiration.
Café du Cycliste Factory Team – photo Café du Cycliste
La combinaison que je vous présente aujourd’hui est dans les couleurs du Café Factory Team. Mais, une livrée bien plus sobre, pour homme comme pour femme, est disponible également. Dans cette première partie, vous pourrez voir les deux variantes.
Des couleurs vives et décalées – photo Café du Cycliste
Pour cela, cette combinaison associe un mesh ultra-léger sur l’avant du buste, pour l’aérodynamisme et la respirabilité :
Là-dessus, on retrouve un tissu aérodynamique côtelé sur les manches ainsi qu’une partie inférieure compressive pour un maintien optimal :
On peut distinguer le tissu aérodynamique côtelé sur les manches – photo Jean-Alexis Duthoit
Au dos, il y a de l’innovation aussi puisque l’on retrouve pas moins de cinq poches (superposées pour les latérales).
Plutôt malin, cette disposition offre des solutions de rangement intéressantes pour séparer gels, barres énergétiques, emballages vides, etc. C’est le fabricant YKK, référence dans ce secteur, qui fournit la fermeture éclair, avec la technologie Cam Lock. Le principe est simple : la tirette est équipée d’un mécanisme à ressort qui permet de verrouiller l’ouverture dans la position souhaitée (tirette rabattue), ou au contraire de tout ouvrir d’un seul mouvement fluide (tirette à 90°).
Zipp YKK / Cam Lock – photo Jean-Alexis Duthoit
Du côté du pad, on retrouve un produit ELASTIC INTERFACE, à quatre densités différentes. Du côté du tissu, celui-ci est labellisé Bluesign, GRS et OEKO-TEX. Sa densité est de 85 g/m² et sa composition est de 71 % de polyamide et 29 % d’élasthanne. Enfin, la fabrication est réalisée en Roumanie.
Le verdict à l’usage
Après plusieurs sorties d’entraînement avec cette combinaison, je l’ai portée pour la Gravel Race UCI à Millau (notre reportage sur cette épreuve est ici). Selon les marques, je suis en taille M ou L, aussi bien pour le bas que pour le haut. Par prudence, j’ai opté pour la taille L et j’ai bien fait car cela taille Fit !
Cela taille “Fit” comme souvent pour les produits destinés aux coureurs – photo Jean-Alexis Duthoit
Dès les premières sorties avec cette combinaison, j’ai apprécié la sensation de légèreté qu’elle procure. En effet, il y a bien là un effet de “seconde peau” que je ne retrouve pas avec un ensemble classique cuissard & maillot. C’est sûrement car, contrairement à un ensemble classique, avec une combinaison il n’y a aucune superposition de matière entre maillot et cuissard.
Contrairement à un ensemble classique, il n’y a là aucune superposition de tissus entre cuissard et maillot – photo Jean-Alexis Duthoit
Ainsi, pas de maillot (et ses poches dorsales) qui viennent se superposer au tissu de la zone dorsale du cuissard. Il en résulte un confort certain, et une respirabilité bien supérieure ! J’ai pu le vérifier lors de la course, sous une chaleur de l’ordre de 30 à 32 °C, avec un engagement physique maximal.
Une respirabilité bien supérieure qu’avec un ensemble cuissard & maillot – photo Virg.Govignon
J’ai apprécié les cinq poches arrières, surtout à l’entraînement à vrai dire. En course, la vitesse et de ce fait la moindre précision des gestes rendent moins évident de pouvoir les exploiter avec lucidité.
Cinq poches, ce n’est pas rien et pratique pour organiser ses ressources ! photo Jean-Alexis Duthoit
Quantifier le gain aérodynamique est hors de ma portée. Mais, il est assez logique qu’il soit présent puisque l’on constate l’absence de superposition de tissus, favorable aux plis. Quant au pad qui équipe cette combinaison, il est parfait pour des courses de format UCI (100 à 140 km). Je n’ai pas pu le tester au-delà. Dans ce périmètre d’utilisation, son efficacité et sa respirabilité ont été irréprochables. Comme le fait qu’il ne remonte pas durant l’effort.
Le pad offre un excellent compromis confort/performance – photo Jean-Alexis Duthoit
Finalement, cela me parait logique que beaucoup de coureurs de Gravel Race commencent à s’équiper de combinaisons, tant le confort et la respirabilité — en conditions de course notamment — sont nettement supérieurs à un ensemble classique. Là-dessus, cette combinaison Café du Cycliste Cerise a été une des premières à être disponible. Certes, comme d’habitude avec cette marque niçoise, le tarif est très élevé. Est-ce un tarif justifié ? C’est discutable, et pour pouvoir y répondre objectivement, il faut mettre cette combinaison en concurrence avec des produits similaires. Mais, pour le moment, c’est encore difficile car les combinaisons existantes sont souvent conçues pour des épreuves de route spécifiques.
Ce matin sur mon petit vélo, je pense en regardant l’horizon à l’évolution de l’orientation de nos images. Elles étaient traditionnellement horizontales, produites par des appareils photo et des caméras dans un format adapté aux écrans. Aujourd’hui les réseaux sociaux charrient des flots d’images verticales, les photographes ont pris goût également à cette verticalité. Est-ce une tendance passagère ou la conséquence d’un dictat du smartphone que nous avons tous dans notre poche ? Pourquoi cette verticalité se généralise, alors que le champ visuel humain couvre environ 180° à l’horizontale contre une soixantaine de degrés en hauteur ? L’outil de notre quotidien serait-il en train d’imposer sa loi face à la logique de la nature humaine ? Si je m’interroge sur cette déviance, qui nous fait baisser la tête en signe de soumission à ce rectangle vertical, c’est que je trouve ce cadre trop restrictif. Le monde pour moi est horizontal et notre regard aussi. Pourtant, nous vivons de plus en plus dans un univers vertical et cloisonné. J’observe les ados, les usagers dans les transports en commun, les gens dans les salles d’attente, dans les parcs… Ils s’enferment sur quelques centimètres carrés d’une dalle verticale au lieu d’observer ce qui se passe autour d’eux. (Reportage dans le Vercors, photo Colin Gosse)
Horizontal
Vertical
J’admets que la verticalité est la grande conquête de l’homme qui, du fond de la nuit des temps, s’est mis debout un jour sur ses deux jambes. Le symbole est puissant, mais si l’on place l’homme dans le paysage, il n’est pas inintéressant de voir ce qui l’entoure. Certaines photos et vidéos méritent d’être orientées façon « portrait », mais beaucoup d’autres seraient plus intéressantes en mode « paysage ». Sur Insta, Facebook, Youtube, on voit défiler des réels, des stories, des shorts que l’on swipe à l’infini dans une verticalité imposée par l’outil. Marshall McLuhan, un théoricien canadien des médias, a identifié ce phénomène bien avant la naissance du smartphone en parlant du concept suivant : « le médium est le message ».
Merci à Chatgpt d’avoir traduit ma pensée sur l’évolution de l’homme
On retrouve cette verticalité systémique dans le monde du vélo. Dans une organisation en silos, pendant des décennies, les industriels ont pensé verticalement la route, le VTT, l’urbain, la compétition, le voyage… Ce cloisonnement ne leur a pas permis de voir venir le gravel. Chaque pratique possédait ses ambassadeurs, son vélo, ses composants, son marketing… Puis le gravel est arrivé : pas comme une nouvelle discipline, mais comme une pratique transversale dont les cyclistes se sont emparés. On voit nettement ce brassage un peu flou qui réunit des pratiquants dans des événements regroupant plusieurs pratiques. Les ambassadeurs du gravel viennent d’univers sportifs très variés. Derrière cette ouverture, qui brasse plus largement le monde du vélo, le marketing essaie de réguler l’esprit frondeur du gravel par la segmentation. Le commerce n’aime pas les zones grises car une catégorie ça se nomme, se cible, se compare, se renouvelle. Le gravel est en train de subir ce qu’a connu le VTT. Bike Café refuse de baisser le regard sur un monde cycliste exclusif et verticalisé. Notre vue est large et horizontale et nous souhaitons partager avec vous cette horizontalité curieuse qui nous pousse à dénicher ce qui se passe hors du cadre. Le smartphone nous fait baisser la tête, mais le vélo, lui, nous oblige à lever les yeux vers l’horizon.
En quelques années, BH a développé deux interprétations du gravel électrique. D’un côté, le BH iGravelX Carbon conserve la motorisation maison BHZ, pensée pour préserver les sensations d’un gravel musculaire. De l’autre, le nouveau BH iGravelX NX Carbon adopte le Bosch Performance Line SX et une plateforme revue en profondeur. Au-delà des fiches techniques, nous avons voulu comprendre ce qui distingue réellement ces deux vélos sur le terrain.
Les deux modèles de notre comparatif
Pour ce comparatif, nous avons essayé le BH iGravelX Carbon 2.7, équipé de la motorisation BHZ et d’une transmission Shimano GRX mécanique, ainsi que le BH iGravelX NX Carbon 2.9, version haut de gamme animée par le Bosch Performance Line SX. Le premier reste très proche du BH GravelX que nous avions testé sur Bike Café en 2024, tandis que le NX introduit une évolution plus profonde de la plateforme, avec une géométrie revue et l’écosystème Bosch.
Le BH iGravelX dans sa version originale propose un moteur développé conjointement avec SEG Automotive – photo Colin Gosse
Au-delà de leurs motorisations, ces deux vélos diffèrent également par leur géométrie et leur niveau d’équipement. Tout au long de cet essai, nous distinguerons donc ce qui relève de la plateforme — cadre, géométrie et comportement — de ce qui est propre au montage de chacun des deux modèles.
Le BH iGravelX NX est une évolution de la plateforme iGravelX intégrant le moteur Bosch Performance Line SX et une géométrie revue – photo Colin Gosse
Caractéristiques
BH iGravelX Carbon 2.7
BH iGravelX NX Carbon 2.9
Motorisation
BHZ by SEG Automotive
Bosch Performance Line SX
Couple
65 Nm
60 Nm
Batterie
420 Wh
400 Wh
Extendeur
BH XPro Battery Pack
Bosch PowerMore 250
Philosophie
Gravel sportif, sensations proches d’un musculaire
Gravel sportif, plateforme Bosch et géométrie revue
Pourquoi BH propose deux plateformes électriques ?
Lancé il y a quelques années, le BH iGravelX s’inscrit dans la catégorie des gravels électriques à vocation sportive. Son cadre carbone et sa motorisation BHZ, développée avec SEG Automotive, privilégient une intégration discrète et un comportement qui cherche à rester proche de celui d’un gravel musculaire.
Des bases larges et ajourées – photo Colin GosseLe cadre du iGravelX Carbon est compatible avec l’usage d’un dérailleur avant ce qui n’est pas le cas du NX – photo Colin GosseLe pivot situé à la jonction des haubans et du tube de selle est sensé filtrer les vibrations mais je suis dubitatif quant à son apport réel – photo Colin GosseLa potence FSA accueille l’afficheur qui permet de contrôler le moteur – photo Colin GosseLe levier de serrage rapide est complètement dissimulé – photo Colin GosseLe iGravelX intègre le moteur BHZ qui offre un couple de 65 Nm alimenté par une batterie de 420 Wh – photo Colin GosseLe BH iGravelX bénéficie de l’expertise développée pour son cousin musculaire le GravelX – photo Colin Gosse
L’arrivée du Bosch Performance Line SX a toutefois rebattu les cartes du segment. Plus léger que les précédentes générations Bosch et associé à un écosystème logiciel particulièrement abouti, ce moteur équipe désormais plusieurs gravels électriques sportifs, à l’image des Moustache Dimanche gravel 6 et 4 que nous avions testés en 2024. Il répond ainsi aux attentes d’une nouvelle génération d’utilisateurs, autant sensibles aux performances de l’assistance qu’aux possibilités de personnalisation offertes par l’application Flow.
L’intégration du tube de selle est vraiment réussie – photo Colin Gossela vis de serrage est cachée sous le top tube mais reste facile à utiliser – photo Colin GosseLe dégagement de pneus est généreux, ce vélo pouvant accueillir des pneus en 50 mm – photo Colin Gossephoto Colin Gossephoto Colin Gossele iGravelX NX intègre le moteur Bosch Performance Line SX offrant un couple de 60 Nm et alimenté par une batterie de 400 Wh – photo Colin GosseLe BH iGravel NX est une évolution du iGravelX avec une géométrie repensée – photo Noé Gosse
Plutôt que de remplacer purement et simplement son modèle historique, BH fait aujourd’hui cohabiter ces deux approches. D’un côté, le BH iGravelX conserve sa philosophie d’origine, centrée sur la légèreté et le naturel de pilotage. De l’autre, le nouveau BH iGravelX NX adopte le moteur Bosch SX et s’accompagne d’une évolution plus profonde de la plateforme. Car, si les deux vélos partagent un ADN commun, leurs différences vont bien au-delà de leur motorisation.
À la pesée, c’est le iGravelX Carbon qui l’emporte…… alors que le NX affiche 500 g de plus (poids avec pédales) – photos Colin Gosse
Une géométrie revue pour changer le caractère du vélo
À première vue, les deux modèles partagent de nombreux points communs. On retrouve un cadre carbone, une philosophie résolument sportive et une position qui reste orientée vers le rendement. Pourtant, en comparant les géométries, on constate que le BH iGravelX NX ne se contente pas d’adopter une nouvelle motorisation : sa plateforme a également évolué.
Les changements les plus significatifs concernent l’allongement de l’empattement (+32 mm), des bases (+12 mm) et du reach (+14 mm). L’angle de selle est également plus redressé (74° contre 73°), tandis que le front-center gagne en longueur. Pris séparément, ces écarts semblent modestes. Ensemble, ils traduisent une volonté de faire évoluer le vélo vers un comportement différent.
Taille M
BH iGravelX Carbon
BH iGravelX NX
Reach
377 mm
391 mm
Bases
428 mm
440 mm
Empattement
1 019 mm
1 051 mm
Angle de selle
73°
74°
Sur le papier, le BH iGravelX Carbon conserve ainsi une géométrie plus compacte, tandis que le BH iGravelX NX adopte des cotes plus généreuses. Cette évolution ne constitue pas une simple adaptation liée au moteur Bosch SX : elle participe pleinement à l’identité propre de cette nouvelle plateforme.
BHZ face au Bosch Performance Line SX
En faisant cohabiter le BH iGravelX et le BH iGravelX NX, BH ne met pas seulement en concurrence deux moteurs. Les deux plateformes proposent une expérience différente, depuis le comportement de l’assistance jusqu’à l’ergonomie du poste de pilotage.
Deux moteurs, deux philosophies
Développée avec SEG Automotive, la motorisation BHZ privilégie la légèreté, la discrétion et une intégration particulièrement soignée. Avec son couple de 65 Nm, elle délivre une assistance progressive qui cherche avant tout à préserver les sensations d’un gravel traditionnel. Le Bosch Performance Line SX adopte une approche différente. Plus récent, il développe un couple légèrement inférieur mais peut délivrer une puissance très importante lorsque le cycliste s’implique fortement. Son assistance est plus dynamique et bénéficie de toute l’expertise acquise par Bosch dans le domaine des VAE sportifs.
Avec l’aide du moteur Bosch Performance Line SX, le BH iGravelX NX peut grimper à peu près partout – photo Noé Gosse
À l’usage, les deux motorisations se montrent très convaincantes mais avec un caractère légèrement différent. Le Bosch Performance Line SX se distingue par une transition particulièrement douce lors de la coupure et de la reprise de l’assistance autour des 25 km/h. Le BHZ reste très agréable à utiliser, mais ces transitions apparaissent un peu plus perceptibles.
Le moteur BHZ du iGravelX est également capable de puissance mais les transitions se ressentent un peu plus lors des coupures – photo Noé Gosse
Les deux moteurs produisent naturellement un léger bruit lorsqu’ils sont fortement sollicités. Celui de Bosch présente une tonalité plus grave qui se fond davantage dans les bruits de roulement et de l’environnement. Dans les deux cas, sur les pistes gravel, ces différences deviennent rapidement anecdotiques.
Sur les pistes roulantes du Vercors, le bruit généré par le moteur disparait rapidement sous le crépitement des graviers – photo JL Paul
Les deux motorisations s’appuient sur une batterie intégrée et peuvent recevoir un prolongateur d’autonomie. BH propose un XPro Battery Pack, tandis que Bosch dispose du PowerMore 250, portant la capacité totale à 650 Wh.
BH iGravelX
BH iGravelX NX
Motorisation
BHZ by SEG Automotive
Bosch Performance Line SX
Couple maxi
65 Nm
60 Nm
Puissance nominale
250 W
250 W
Batterie intégrée
420 Wh
400 Wh
Extendeur
BH XPro Battery Pack
Bosch PowerMore 250
Capacité maximale
600 Wh
650 Wh
Écran
iGravel Heart intégré à la potence
Bosch Kiox 400C intégré au tube supérieur
Commandes déportées
iButtons intégrés au cintre
Non (commande Bosch en option)
Application
BH iConnect-Z
Bosch Flow
Deux visions de l’intégration
L’intégration constitue sans doute l’un des points qui différencient le plus les deux vélos. Le BH iGravelX mise sur une présentation extrêmement épurée avec l’afficheur iGravel Heart, directement intégré dans la potence FSA. Les commandes d’assistance prennent la forme de deux iButtons intégrés au cintre, accessibles sans quitter les mains des cocottes. L’ensemble participe à donner au vélo une apparence très proche d’un gravel musculaire.
On démarre le moteur du iGravelX Carbon grâce à un appui long sur le bouton au centre de l’afficheur – photo Colin GosseL’afficheur communique deux informations clés : le niveau de charge et le niveau d’assistance – photo Colin GosseBH propose un petit schéma pour mieux nous aider à interpréter l’information du niveau de charge
Le BH iGravelX NX adopte pour sa part le nouvel écran Bosch Kiox 400C, parfaitement intégré dans le tube supérieur. Très lisible et riche en informations, il constitue une réelle évolution par rapport aux précédents afficheurs Bosch. Connecté à l’application Bosch Flow, il permet notamment d’afficher un guidage par trace GPX directement sur l’écran. Sans remplacer un compteur GPS, c’est un atout appréciable pour suivre un itinéraire.
L’afficheur Kiox 400C du iGravelX NX est parfaitement intégré dans le top tube – photo Colin GosseLa fonction de guidage, sans être un véritable GPS, est parfaitement fonctionnelle et suffit amplement – photo Colin GosseAprès la sortie, l’afficheur Kiox 400C propose un résumé simple et cohérent – photo Colin Gosse
En revanche, le BH iGravelX NX est livré sans commande déportée au cintre. Le changement de mode impose donc de retirer une main du guidon pour actionner les boutons situés sur le Kiox 400C. Ce choix nous paraît difficile à justifier sur un gravel électrique de cette catégorie, d’autant que Bosch propose des commandes compatibles pouvant être ajoutées ultérieurement. Nous aurions toutefois préféré les voir montées de série.
Les commandes iButtons disposés sur le cintre permettent de contrôler le moteur BHZ du iGravelX Carbon ce qui manque cruellement au iGravelX NX – photo Colin Gosse
Les différences se retrouvent jusque dans les détails. Sur le BH iGravelX, la prise de recharge est parfaitement intégrée au cadre et protégée par un cache robuste, inspirant confiance pour un usage intensif. Le BH iGravelX NX adopte une solution plus classique qui, sans être problématique au quotidien, paraît un peu moins qualitative et expose davantage le connecteur aux projections et aux manipulations répétées.
La prise de recharge du iGravelX Carbon est à la fois discrète et très fonctionnelle – photo Colin GosseSur le iGravelX NX, le cache de la prise de recharge est moins discrète et parait plus fragile – photo Colin Gosse
Deux écosystèmes, deux philosophies
Comme les motorisations, les écosystèmes développés par BH et Bosch reflètent deux approches bien distinctes du vélo électrique. L’application BH iConnect-Z va à l’essentiel. Son interface, sobre et intuitive, permet de personnaliser les trois niveaux d’assistance (Eco, Trail et Boost) en agissant sur deux paramètres : le niveau d’assistance (Eco-, Eco, Eco+) et la réactivité du moteur (Low, Med ou High). Une fonction originale permet également d’associer une couleur à chaque mode personnalisé, un repère visuel pratique pour identifier immédiatement la configuration utilisée pendant la sortie. L’application intègre enfin un configurateur des iButtons, qui permet d’adapter le fonctionnement des commandes déportées intégrées au cintre. Sans chercher à multiplier les fonctions, BH propose un outil simple, efficace et facile à prendre en main.
L’app iConnect-Z permet de personnaliser les modes d’assistance, le “walk assist” et les commandes déportéesChaque mode d’assistance propose deux paramètres et trois niveaux de réglagesLes réglages au minimum Eco-Les réglages au minimum Eco+On peut personnaliser la couleur de chaque mode d’assistance
En face, Bosch Flow joue dans une autre catégorie. L’application offre elle aussi une personnalisation poussée des modes d’assistance, mais elle va beaucoup plus loin en faisant du smartphone une véritable interface de gestion du vélo. Historique détaillé des sorties, statistiques, suivi des performances, navigation avec transfert d’itinéraire vers le Kiox 400C, mises à jour du système à distance, gestion des accessoires et nombreuses fonctions de sécurité : l’écosystème Bosch est aujourd’hui l’un des plus complets du marché.
L’app Flow permet un expérience beaucoup plus large avec entre autre une fontion Ebike LockOn peut évidemment personnaliser les 4 niveaux d’assistanceFlow propose 5 paramètres réglables de -5 à 5Les stats des sorties sont très complètesLa visualisation des parcours est également très complète
Au final, le choix dépend autant des attentes de l’utilisateur que de la qualité des motorisations. Ceux qui recherchent une application simple, dédiée aux réglages essentiels, trouveront rapidement leurs repères avec BH. Les cyclistes qui aiment analyser leurs sorties, personnaliser finement leur vélo et profiter d’un environnement numérique complet préféreront sans doute la richesse fonctionnelle de Bosch Flow.
Les équipements sont-ils cohérents ?
Fidèle au positionnement premium de la gamme, BH équipe ses deux iGravelX de composants issus de fabricants reconnus. Si les transmissions diffèrent selon les versions, l’ensemble apparaît cohérent avec la philosophie de chaque vélo et ne laisse pas apparaître de véritable point faible.
Équipement
BH iGravelX Carbon 2.7
BH iGravelX NX Carbon 2.9
Transmission
Shimano GRX 820 mécanique 12 vitesses
Shimano GRX Di2 825 12 vitesses
Freins
Shimano GRX
Shimano GRX
Roues
Vision Team AGX i23
Vision Trimax 30 TR
Pneus
Hutchinson Overide 700×45
Maxxis Rambler 700×45
Cintre
FSA K-Wing AGX Carbon
FSA K-Wing AGX Carbon
Selle
Prólogo Dimension AGX
Prólogo Dimension AGX
Le cintre FSA K-Wing AGX Carbon constitue sans doute l’un des points forts de ces deux montages. Son ergonomie est particulièrement réussie, avec une partie supérieure confortable et un flare de 12°, offrant un bon compromis entre contrôle dans le technique et efficacité sur route. Après plusieurs longues sorties, il s’est montré aussi agréable sur route que sur les pistes plus techniques, confirmant qu’il s’agit d’un composant parfaitement adapté à une pratique gravel plurielle.
Le cintre FSA K-Wing AGX est à la fois ergonomique et performant – photo Colin Gosse
La selle Prólogo Dimension AGX demande en revanche un léger temps d’adaptation. Les premières heures de selle m’ont laissé une impression mitigée, mais ce ressenti a rapidement évolué. Une fois les réglages affinés et après une journée complète de roulage, elle s’est révélée confortable, y compris lors des sorties dépassant les 100 kilomètres.
La selle Prólogo Dimension AGX m’a demandé un léger temps d’adaptation – photo Colin Gosse
Sans surprise, le Shimano GRX Di2 12 vitesses du BH iGravelX NX apporte un véritable agrément d’utilisation grâce à la rapidité et à la précision de ses changements de rapports. Le Shimano GRX mécanique 12 vitesses qui équipe le BH iGravelX Carbon n’a toutefois pas à rougir. Fiable, précis et parfaitement adapté à ce type de pratique, il constitue une alternative cohérente pour les cyclistes qui privilégient la simplicité.
Le iGravelX Carbon est équipé d’un dérailleur mécanique Shimano GRX RD-RX820 et d’une cassette 10-51 – photo Colin GosseLe iGravelX NX est équipé d’un dérailleur électronique Shimano GRX Di2 RD-RX827 et d’une cassette 10-51 – photo Colin Gosse
On pourra simplement regretter que BH n’ait pas retenu des roues carbone sur des vélos affichant un positionnement aussi haut de gamme. Les deux paires de roues Vision en aluminium remplissent parfaitement leur mission et ne souffrent d’aucun défaut particulier, mais des roues carbone auraient probablement permis de renforcer encore le dynamisme et le caractère premium de ces deux gravels électriques.
Le iGravelX Carbon est équipé de roues Vision Team AGX i23 en aluminium – photo Colin GosseLe iGravelX NX est équipé de roues Vision Trimax 30 i23, en aluminium également – photo Colin Gosse
Sur le terrain : deux personnalités bien distinctes
Comme souvent avec un vélo au caractère affirmé, chaque modèle demande une première sortie d’adaptation avant de révéler pleinement sa personnalité. Quelques kilomètres suffisent toutefois pour comprendre que ces deux BH ne poursuivent pas exactement le même objectif. Afin de me faire une idée aussi complète que possible, j’ai alterné les sorties au guidon de chaque vélo sur des terrains très variés : pistes forestières, routes secondaires, longues ascensions, descentes techniques et portions plus roulantes.
Le GravelX Carbon sur un GR dans l’Ubaye – photo Colin GosseLe GravelX NX sur les pistes gravel du Vercors – photo Colin Gosse
En prenant le guidon du second vélo, je pensais retrouver des sensations proches. Après quelques kilomètres seulement, il est apparu que BH avait fait un choix beaucoup plus ambitieux : proposer deux interprétations du gravel électrique plutôt qu’une simple déclinaison autour d’un moteur différent.
Sur les pistes gravel du Vercors
Les premiers essais se sont déroulés dans le Vercors, un terrain de jeu idéal pour ce comparatif. Les pistes y sont nombreuses, souvent exigeantes en matière de dénivelé, alternant longues montées sur pistes forestières, petites routes à plus de 10 % et descentes rapides.
Le Vercors propose une belle variété de surfaces – photo JL Paulphoto Colin GosseLe GravelX NX a su démontrer dans le Vercors toute sa palette de qualités – photo Anael Renault
J’ai utilisé les deux vélos à tour de rôle sur des parcours similaires afin d’en apprécier les nuances. Dès les premiers kilomètres, le BH iGravelX Carbon m’a semblé plus vif et plus joueur. Sa géométrie plus compacte facilite les changements d’appui et le vélo conserve un comportement agréable lorsque l’assistance est coupée. J’ai toutefois constaté un léger phénomène de toe overlap (chevauchement entre la pointe du pied et le pneu avant), lors des manœuvres à très faible vitesse ou des braquages serrés.
La géométrie du iGravelX Carbon provoque un léger phénomène de toe overlap – photo Noé Gosse
Le BH iGravelX NX répond différemment. Moins démonstratif, il privilégie la stabilité et le confort. Cette différence devient progressivement perceptible au fil des kilomètres et l’on termine la journée avec davantage de fraîcheur physique. Malgré leurs philosophies distinctes, les deux motorisations se montrent parfaitement à l’aise pour gravir les pistes et les petites routes affichant 10 à 12 % de pente.
Sur les pistes roulantes
Lorsque le terrain devient plus roulant, le BH iGravelX NX prend un léger avantage grâce à son comportement plus posé. Son empattement plus important apporte un sentiment de sécurité appréciable à vive allure, notamment sur les pistes rapides où la vitesse augmente facilement. Les deux vélos restent néanmoins très performants dans cet exercice. Une fois la limite réglementaire des 25 km/h franchie, ils conservent un excellent rendement et on maintient facilement une vitesse élevée sans avoir la sensation de lutter contre la motorisation.
Sur les pistes roulantes, le confort du iGravelX NX lui confère un léger avantage sur son proche cousin – photo JL Paul
Lors de nos essais, nous avons toutefois constaté une différence de comportement. Le Bosch Performance Line SX coupe son assistance très précisément à 25 km/h, tandis que le BHZ a continué à assister jusqu’à environ 28 km/h affichés, une valeur vérifiée par comparaison avec un compteur GPS. Il pourrait s’agir d’un calibrage spécifique de notre vélo d’essai, mais ce comportement mérite d’être signalé.
Dans le cassant
Les portions plus techniques mettent davantage en valeur le tempérament du BH iGravelX Carbon. Sa maniabilité facilite le placement de la roue avant et permet de corriger rapidement une trajectoire. Ce caractère joueur donne envie d’aller chercher des passages plus engagés, au point de regretter l’absence d’une tige de selle télescopique qui aurait encore élargi son terrain d’expression.
Léger avantage au iGravelX Carbon sur les pistes les plus technique car il adopte un tempérament plus joueur et plus maniable – photo Colin Gosse
Le BH iGravelX NX ne démérite pourtant pas. Son comportement reste particulièrement sain dans les passages dégradés et sa géométrie plus stable inspire rapidement confiance. Il apparaît simplement un peu moins agile lorsque les changements de direction s’enchaînent rapidement, un compromis assumé au profit d’un comportement plus rassurant dans les franchissements.
Longue distance et autonomie
Les deux plateformes démontrent qu’elles sont capables d’emmener loin leur pilote. Le BH iGravelX NX prend toutefois un léger avantage grâce à son niveau de confort et à l’efficience de sa motorisation. J’ai également été surpris par la facilité avec laquelle il est possible de rouler sans assistance sur le plat, ce qui permet de préserver efficacement la batterie.
Lors d’une sortie gravel de 100 km pour 715 m D+, après avoir personnalisé les modes d’assistance pour privilégier l’autonomie, seuls 12 % de batterie avaient été consommés après les 50 premiers kilomètres. Au retour, il restait encore 60 % de capacité, laissant penser que, selon le profil du parcours et le niveau d’assistance retenu, il est tout à fait envisageable de dépasser l’autonomie annoncée par BH.
Une longue sortie avec peu de dénivelé – photo Colin GosseLe iGravelX NX enchaine petites routes et pistes en étant parfaitement à l’aise sur les deux surfaces – photo Colin Gossephoto Colin GosseAprès 100 km et 710 m de D+, la batterie affiche encore 60% d’autonomie – photo Colin Gosse
Le BH iGravelX Carbon se montre lui aussi très convaincant sur ce type de programme. Pourtant, à sensation de pilotage équivalente, sa batterie se décharge plus rapidement. Sur un parcours comparable de 100 km et 740 m D+, je suis rentré avec environ 40 % de batterie restante. Un écart qui ne remet pas en cause les qualités du BHZ, mais qui illustre la très bonne efficience de l’ensemble Bosch Performance Line SX sur les longues sorties.
Retour à la maison après 100 km et 740 m de D+ avec 40% de batterie, donc une consommation légèrement supérieure à celle du NX sur un parcours similaire – photo Colin Gosse
Ces chiffres ne constituent évidemment pas un protocole scientifique. Les parcours, les conditions météo et le pilotage diffèrent légèrement. Ils donnent néanmoins un bon aperçu de l’efficience respective des deux plateformes dans un usage gravel réaliste. Au terme de ces longues sorties, la différence la plus marquante n’est finalement pas la consommation électrique, mais l’état de fraîcheur du pilote. Grâce à sa géométrie plus stable, à son confort supérieur et à l’efficience de son assistance, le BH iGravelX NX donne le sentiment d’économiser autant l’énergie du cycliste que celle de sa batterie.
Quel BH iGravelX choisir ?
Au terme de cet essai, une chose apparaît clairement : BH ne propose pas deux niveaux de gamme, mais bien deux interprétations du gravel électrique. Les deux modèles couvrent un large spectre de pratiques et se montrent capables d’enchaîner aussi bien les sorties sportives que les longues aventures.
Avec des poids situés autour de 14 kg, les deux gravel restent facile à porter lorsque le terrain l’exige – photo Noé Gosse
Le BH iGravelX Carbon s’adresse avant tout aux cyclistes qui recherchent des sensations de pilotage proches d’un gravel musculaire. Plus vif, plus joueur et plus facile à emmener lorsque l’assistance est coupée, il séduira ceux qui aiment un vélo réactif et vivant. Le BH iGravelX NX adopte une approche différente. Sa géométrie plus stable, son comportement plus rassurant dans les franchissements et son excellente efficience en font un compagnon particulièrement convaincant lorsque les parcours deviennent exigeants.
Le iGravelX Carbon s’adresse avant tout aux cyclistes qui recherchent des sensations de pilotage proches d’un gravel musculaire – photo Colin Gosse
La différence la plus marquante ne vient pourtant pas uniquement du comportement des deux vélos. Les motorisations BHZ et Bosch Performance Line SX offrent toutes deux d’excellentes performances et répondent parfaitement aux exigences du gravel moderne. En revanche, l’écosystème Bosch prend un avantage net grâce à son écran Kiox 400C, à son application Flow particulièrement aboutie et à ses nombreuses possibilités de personnalisation. Pour les utilisateurs qui apprécient un environnement numérique complet, cet argument peut à lui seul faire pencher la balance.
Le iGravelX NX offre un environnement numérique plus complet grâce à l’éco-système Bosch – photo Noé Gosse
Le choix dépendra donc moins des performances pures que de vos attentes. Si vous recherchez avant tout un vélo vif et joueur, le BH iGravelX Carbon répondra parfaitement à vos attentes. Si vous privilégiez la stabilité, le confort de pilotage et un environnement numérique particulièrement abouti, le BH iGravelX NX constitue une alternative très séduisante.
Notre verdict
Avec l’iGravelX Carbon et le nouveau iGravelX NX, BH démontre que les gravels électriques en carbone ont atteint un niveau de maturité qui les rapproche plus que jamais des sensations d’un gravel musculaire. Plus légers, plus dynamiques et particulièrement agréables à piloter, ces deux modèles ouvrent la pratique à un large public sans dénaturer le plaisir de rouler. Le choix dépend finalement moins des performances que de la philosophie recherchée. Le BH iGravelX Carbon séduira les cyclistes en quête d’un vélo vif, joueur et proche d’un gravel traditionnel. Le BH iGravelX NX conviendra davantage à ceux qui privilégient la stabilité, le confort de pilotage et la richesse de l’écosystème Bosch. Deux excellentes machines, chacune avec une personnalité bien affirmée.
Je vous propose de découvrir l’application ColQuest sur smartphone. Elle illustre ce que la nouvelle culture cycliste apporte au vélo. Pendant un siècle, le cyclisme s’est construit autour de la vitesse, puis de la distance et aujourd’hui, il se développe aussi autour de la découverte. Le cycliste devient explorateur et “joueur” et cela a inspiré Augustin Lafanechère, l’auteur de ColQuest, qui nous propose cette belle appli que je viens de tester. (photo de couverture Colin Gosse)
Vous connaissez sans doute les Pokémons, qui sont des créatures remarquables et parfois mystérieuses. Elles peuplent l’univers du jeu et certains vivent aux côtés des humains, alors que d’autres, plus sauvages, ont élu domicile dans les hautes herbes, les grottes, la mer et bien d’autres lieux. ColQuest nous propose d’entrer dans l’adaptation de ce concept de jeu avec la quête qui sera de grimper des cols en vélo. J’ai connu de loin ce jeu au travers de la collection de cartes de mon petit-fils, mais mon expérience s’est arrêtée là.
Clin d’oeil graphique de ColQuest à la colorimétrie de Pokémon Quest.
“Comme beaucoup de trentenaires, je me suis mis au cyclisme il y a quelques années. Et, comme souvent avec mes passions, je n’ai pas pu m’empêcher de les ramener devant mon clavier !“, déclare Augustin, l’auteur de cette application qui revisite de façon ludique la découverte de nouveaux cols.
Le podcast avec Augustin Lafanechère
L’appli
Disponible via les deux magasins d’applications — Apple store et Google Play — l’appli est téléchargeable sur votre smartphone. Elle sera gratuite une semaine avant de passer en mode abonnement résiliable à tout moment si vous le souhaitez. L’appli est bien faite ergonomiquement et le graphisme réalisé par Matthieu Lifschitz est réussi.
En résumé voilà comment ça marche – copie d’écran du site
Pour l’instant ColQuest nous propose 3784 cols référencés et 545 quêtes. Les cols proviennent de la base de données OpenStreetMap et ils peuvent venir de propositions exprimées par les cyclistes via ce formulaire. Après avoir “scanné” mon compte Strava au moment de l’installation, ColQuest fait l’inventaire des cols que j’ai déjà grimpés. L’application va déduire de ce constat les cols qu’il me reste à faire selon son référentiel. Pour ma part, après quelques minutes, ColQuest m’a retrouvé 75 cols réalisés, qu’il répartit en fonction des quêtes.
La méthode de valorisation
ColQuest va donc analyser les parcours et établir un score pour chaque col. La route empruntée pour l’ascension est identifiée : cela permet de calculer sa pente et sa longueur. Ces deux paramètres donnent un score initial de difficulté. Il est ensuite bonifié selon la rareté du sommet atteint et si c’est la première fois que vous le franchissez. ColQuest va créer des “cartes” façon Pokémon. Sur l’exemple à gauche, il reprend le titre de Strava, la date. Sur ce parcours de 206 km, il a trouvé six cols référencés. Il m’attribue 580 points au titre de la difficulté et 5000 pour la découverte de 5 cols sur les 6. Le bonus découverte est plutôt bien valorisé.
Cette présentation me rappelle ce que l’on retrouve sur les cartes Pokémon avec les PV (points de vie) et la Puissance de Combat (PC). Cette carte générée par ColQuest peut être envoyée sur les réseaux et les messageries. Une manière ludique de partager vos exploits avec vos amis.
Deux cartes pour me rappeler des beaux souvenirs : l’Izoard en 2025 et cette étape difficile de l’Ardéchoise en 2026
Le jeu
Les quêtes
Les quêtes sont la base du jeu de ColQuest qui vous propose de les terminer. En fonction de vos parcours et de la localisation des cols que l’appli aura trouvés, ils seront répartis dans ces quêtes. ColQuest m’indique que dans la collection “Bouches-du-Rhône” il me manque 7 cols pour la terminer. Je découvre donc des cols sur la carte en dessous d’Aubagne et au nord de Cassis, que je ne connais absolument pas. La chasse peut commencer pour conclure cette collection et m’attaquer à celle du Vaucluse où j’ai déjà fait 12 cols, dont le Ventoux.
Si je finis les Bouches-du-Rhône, je pourrais monter d’un cran et m’attaquer à la quête Provence-Alpes-Côte d’Azur et là j’ai du boulot, pour l’instant j’affiche 49 cols sur 262.
Deux quêtes déjà bien avancées pour moi
Le classement
Pour nous inciter à collectionner les cols, ColQuest propose un classement de ses 7324 abonnés (au moment où j’écris ces lignes). Cela va nous challenger. On peut créer des groupes d’amis pour s’évaluer entre copains ou par rapport au total des abonnés. On y trouve même des cyclistes pros du WorldTour : David Gaudu, Aurélien Paret-Peintre, Quentin Pacher, Alex Baudin… qui bouffent du col à longueur d’année.
Je suis ce matin à la #414 ème place… loin de mon copain Gabriel à droite qui se tire la bourre avec David Goudu
Mon avis
L’application Col Quest n’est pas la successeure du Club des Cent Cols, elle est néanmoins son héritière numérique. Elle reprend la même fascination qu’ont les cyclistes pour le franchissement des montagnes. Elle transpose ces mêmes défis et les partage avec les codes d’une génération habituée aux applications numériques. Là où le Club des Cent Cols cultivait une forme de discrétion, ColQuest assume une dimension ludique et sociale. La vraie question n’est donc pas de savoir si c’est mieux ou moins bien, mais si cette gamification permet de faire naître des envies. Elle cible les nouveaux cyclistes et certains plus anciens comme moi, qui ont cette curiosité pour ces cols anonymes qui dessinent le relief et racontent l’histoire de nos territoires. C’est sans doute la plus belle réussite de ColQuest.
Cols réservés : l’Izoard – photo Philippe Aillaud
Cette forme moderne d’expression est une autre manière de raconter sa pratique. Autrefois, on disait : « J’ai fait une belle sortie. » Aujourd’hui, on dit : « J’ai validé cinq nouveaux cols. » Ce n’est pas tout à fait la même chose. Le récit devient quantifiable, mais il reste un récit. Personnellement, je ne suis pas collectionneur. Ma découverte des cols n’est pas véritablement une quête, mais du coup elle peut le devenir. Mes découvertes sont souvent fortuites et plutôt basées sur un projet plus global ou encore un reportage avec un angle différent, comme celui que j’ai fait récemment sur les routes de l’Ardèche. Cette application est réussie et l’idée est bonne car elle va pousser de nombreux cyclistes à découvrir les “petits cols” souvent négligés au profit des mythiques sommets sacralisés par le Tour de France. Attention à l’addiction.
Depuis que nous avons créé Bike Café, nous aimons pousser la porte de ces lieux de rendez-vous cyclistes que sont les cafés vélo. Nous sommes même nés de la même intention que ces cafés en voulant créer du lien et du partage entre tous les cyclistes, qu’ils soient compétiteurs, voyageurs ou urbains. Malgré les oiseaux de mauvaise augure qui pensaient que ce type de commerce était voué à l’échec, je vois de nombreux projets se créer et le café vélo Fringale en fait partie. J’ai immédiatement contacté Nathan Courtier, le créateur des lieux, qui m’a parlé avec enthousiasme de son projet en plein cœur de la ville cycliste de Chambéry. Je vous invite à me suivre à la découverte de Fringale. (les photos de cet article sont de Luca Bodart)
La terrasse possède 70 places – photo Luca Bodart
En préambule de notre échange, je touche deux mots à Nathan des échos faisant état de la fragilité de ces commerces “passion”. La cessation d’activité de “Look Mam no hands” à Londres et celle de “Grimpeur” à Lyon. Ces fermetures médiatiquement relayées n’ont pas découragé Nathan qui me dit : “C’est nous qui avons racheté la machine à café de Grimpeur…“. Je souhaite à Fringale de produire plus de cafés que n’en a fait Grimpeur.
Le podcast avec Nathan Courtier
Un projet mûrement réfléchi
Manger, rouler, partager…
C’est la devise de Fringale
Nathan est ingénieur de formation et il a passé quelques années dans le groupe Decathlon où il travaillait dans le domaine de la Supply Chain. Il avait envie de créer un truc à lui. “J’avais déjà créé étant jeune un festival de musique et cette envie d’entreprendre m’attirait. Je voulais créer du lien et voir les gens heureux. Il me manquait cette relation directe avec des clients…“, me dit Nathan.
J’avais envie de créer du lien et de voir les gens heureux…
Pendant sa carrière professionnelle, Nathan a eu l’occasion de participer à une formation “Écrire son projet professionnel”. C’était il y a 4 ans et déjà il avait écrit qu’il voulait créer un lieu de vie autour de ses passions dans le vélo. “Je suis retombé sur cette lettre qui témoignait de mon idée de l’époque et à peu de choses près Fringale ressemble au projet que j’avais imaginé.” Nathan a alors cherché une ville et un lieu et il a choisi Chambéry pour concrétiser son idée. Bon choix, puisque cette ville est notée “favorable” aux politiques des villes cyclables par le baromètre de la FUB. “Le terrain de jeux est exceptionnel, ici nous sommes entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse. Il y a le lac du Bourget à côté, c’est facile d’accès, on n’est pas très loin de Lyon. Il y a beaucoup de cyclistes pros qui habitent Chambéry ou Aix-les-Bains : ce n’est pas un hasard“.
Photo Luca Bodart
Nathan voulait un lieu dans lequel il pouvait proposer une expérience complète pour le cycliste. La devise de Fringale, c’est “manger, rouler, partager”.
Manger
Photo Luca Bodart
Nathan me détaille les choix qu’il a faits pour proposer une carte très complète. On ne s’appelle pas Fringale si on n’a pas de quoi répondre aux besoins de calories ! Le café de spécialité est torréfié à Chambéry par Etioca. Le café dispose d’une licence III qui permet de servir du vin et de la bière qui ont un faible degré d’alcool. “Nous proposons également une bière sans alcool brassée à Chambéry qui s’appelle Run’Hard et les bières de Big Mountain brassées en Haute-Savoie.” La terrasse possède 70 places et le local dispose de 170 m² dont 50% sont dédiés au café et à la restauration, 25% à la boutique et 25% à l’atelier. L’idée étant de mixer les espaces dans lesquels les vélos sont mis en valeur.
Rouler
Achat de vélos, de textiles et d’accessoires et un atelier pour la réparation et l’entretien des vélos. Il y aura également une prestation de bike fitting par un prestataire extérieur. Pour la vente de vélos neufs, peu de marques sont ouvertes à ces commerces. Nathan a néanmoins convaincu Factor et Bianchi qui ont vu la possibilité d’avoir une vitrine pour présenter leurs vélos sur la place principale de cette belle ville de Savoie.
Une vitrine pour Factor et Bianchi qui présentent leurs vélos
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Fringale propose de rassembler les communautés existantes dans la région en étant le lieu de départ et d’arrivée, place des Éléphants, de rides cyclistes pour le plaisir de partager une sortie. “J’ai voulu un lieu super inclusif. Le matin on a le cycliste qui part en sortie, après on a les personnes qui vont au marché, le grand-père qui lit le Dauphiné à la terrasse… tout le monde est bienvenu : cycliste ou pas“.
Photo Luca Bodart
L’idée, ce n’est pas de remplacer les associations qui existent déjà, mais de leur proposer un “camp de base” qui sera un point de rendez-vous. “Il y a plein de groupes qui roulent ici, il y a des clubs, des cyclistes pros. Il y a une asso qui s’appelle la Matouille qui roule le jeudi soir et qui part de cette place. On fait aussi des sorties le mercredi soir. On va faire aussi des présentations de produits avec les marques. Fulcrum va venir présenter ses roues“. Les idées ne manquent pas à Nathan qui aime créer ces instants de convivialité.
Nathan à gauche avec son équipe de choc
“J’ai une super équipe motivée avec une barista, deux personnes en cuisine et un mécano auto-entrepreneur. Ils ont tous joué le jeu pour faire en sorte qu’on puisse ouvrir rapidement, même si au départ les conditions de travail n’étaient pas optimum. “Je remercie chaleureusement Charline, Alexia, Pauline et Charly. Je voulais ouvrir avant le passage du Tour ici à Chaméry le 20 juillet pour être rôdé“.
Comme le raconte très bien Patrick dans son article sur la storia Ekoï, Ekoï est une marque particulière du paysage cycliste qui pâtit encore aujourd’hui d’une image de grande diffusion et de produits de milieu de gamme. J’en fus très adepte lors de mes débuts cyclistes, attiré, il faut bien l’avouer, par les prix imbattables. Je m’en suis un peu écarté par la suite, sans doute par snobisme, fier de porter des marques à l’aura plus prestigieuse et ainsi avoir l’impression d’en être, membre de la haute noblesse du cyclisme. Les années passant, j’ai compris que l’étiquette ne fait pas le bonhomme et qu’image n’était pas forcément synonyme de qualité. Durant ce laps de temps, Ekoï en profita pour asseoir sa crédibilité dans l’équipement cycliste et en devenir l’un des acteurs majeurs. Les designs se sont affinés et les collections largement étendues. Fort de son travail avec de nombreux cyclistes de haut niveau, Ekoï a su perfectionner son offre et propose aujourd’hui une impressionnante gamme de qualité couvrant tous les champs du cyclisme. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai sauté sur l’occasion de tester leurs nouvelles chaussures de XC/gravel, les Perf XC R4. Développées en collaboration directe avec le team XC Origine Racing Division et Julien Absalon, rien que ça. Un modèle intéressant annonçant efficacité et endurance.
Photos Ekoï
Première impression
Elle est excellente ! À la prise en main, la qualité perçue est assez haute. Sobre et plutôt jolie, le sérieux de la conception transparait dans la somme de détails que cette paire propose. Une promesse de polyvalence et d’endurance que je vais vous détailler.
Prise en main – Photo Benjamin Bodot
La tige
Microperforée pour la respirabilité, elle supporte une paire de BOA à double cadran L6, une solution largement reconnue pour un serrage fiable et précis. Le fait d’en proposer deux permet également de découpler et d’ajuster les serrages en partie haute et basse. Une possibilité intéressante de réglage facilement accessible en roulant.
La tige micro-perforée pourvue de deux BOA – Photo Benjamin Bodot
Semelle exterieure
La semelle est en polyamide renforcé, une solution moins onéreuse et moins raide que du carbone. Peut-être moins efficace aussi. Mais, qui offre sans doute un peu plus de confort à long terme et une meilleure tolérance aux agressions des chemins lors des parties de poussage et portage.
Semelle extérieure – Photo Benjamin Bodot
On y retrouve des renforts en partie avant et arrière ainsi que des crampons assez souples pour un maximum d’adhérence.
Les renforts – Photos Ekoi
Semelle intérieure
La semelle intérieure est amovible et lavable. Elle est faite en Ortholite, de la mousse polyuréthane à pores ouverts, une solution plutôt reconnue pour son amortissement et sa respirabilité.
Semelle intérieure en Ortholite – Photo Bernjamin Bodot
Testons ça !
J’ai reçu cette paire un petit mois avant de partir sur le BikingMan Maroc 2026. Le confort et la qualité ressentis dès les premiers roulages m’ont fait les intégrer à mon équipement pour cette épreuve ; je ne les ai pas ôtées pendant plus de 64 heures.
Lors d’une séance de mécanique peu après le départ – Photo organisation BikingMan
J’ai les pieds relativement fins et je me suis immédiatement senti à mon aise dans ces chaussures. Le double BOA permet de gérer séparément les serrages supérieurs et inférieurs et de tenir efficacement le pied sans surtension. L’espace dévolu aux orteils laisse suffisamment de place pour les laisser libres avec un maintien parfait juste au-dessus grâce au BOA inférieur. L’une des choses qui m’a tout de suite surpris est l’excellent maintien du pied même avec un très léger serrage. En effet, le talon présente des inserts en silicone permettant une stabilité du pied vraiment bluffante, un atout très appréciable.
Le double BOA bien placéLes inserts en silicone au talonPhotos Benjamin Bodot
Le transfert de puissance est très bon. Ceci grâce à une semelle suffisamment rigide et un serrage bien réparti qui ne laisse pas de mouvement perturbateur du pied dans la chaussure.
Lors du BikingMan Maroc 2026À la maisonPhotos organisation BikingMan et MP Bodot
Les crampons laissent largement la place libre autour de la cale pour un clippage sans hésitation. Ceux-ci assurent aussi une accroche lors de la marche, longuement testée au Maroc avec une bonne trentaine de kilomètres parcourus à pied dans des sections gravel trop difficiles ou dans des cols un peu trop pentus. Je trouve d’ailleurs que ces crampons sont encore en plutôt bon état après cet usage véritablement excessif.
Les semelles au retour du BikingMan Maroc 2026 – Photos Benjamin Bodot
Malgré la couleur noire, je n’ai pas eu à souffrir de la chaleur grâce à une respirabilité efficace. Aucun sentiment de surchauffe du pied sous les 40 degrés constatés durant les deux premiers jours.
J’en reviens à nouveau au double BOA que j’ai véritablement apprécié tout au long de cette épreuve. Bien placés, ils permettent d’assurer un réglage différencié des parties haute et basse du pied. Mais aussi un ajustement rapide et très précis : je pouvais ainsi modifier rapidement les serrages pour libérer les tensions et engourdissements inévitables après de longues heures de roulage. Desserrer ou resserrer une zone pour soulager mon pied et changer ses points de pressions.
Photo MP Bodot
En conclusion
Je suis ravi de ces chaussures que j’ai sincèrement très appréciées. Aucune douleur après plus de 1000 km et 64 h dedans. Le double BOA bien placé est un atout indéniable pour adapter parfaitement la tension et pouvoir l’ajuster sans quitter les pédales. Le maintien du pied est parfait, bien aidé aussi par les inserts de silicone au talon. Sans mouvement intérieur, la transmission de puissance est très bonne avec une semelle à la rigidité bien calibrée.
Au retour du BikingMan Maroc 2026 – Photo Benjamin Bodot
Après un test dans des conditions assez rudes, je peux aussi témoigner de la robustesse et de l’endurance de ces chaussures. Elles ont parfaitement su remplir leurs tâches et sont prêtes à repartir pour plus d’aventures. Ce sont d’ailleurs elles qui m’ont accompagné lors de la manche UCI de la Wish One Millau Grands Causses.
Le plaisir de s'arrêter pour boire dans un col ... c'est ça randonner - photo Bike Café
L’édito de Bike Café
Ce matin sur mon petit vélo, je me posais cette question existentielle : est-ce que je suis un vrai cycliste ? Il était temps pour moi de chercher la réponse. Peut-on définir ce qualificatif ? C’est quoi être cycliste ? Rentré à mon bureau, je lance une recherche sur Internet et je trouve un ancien billet d’Olivier Razemon publié sur son blog. Il nous propose trois définitions du mot cycliste. Est-ce que je pourrais me reconnaître dans l’une d’entre elles ? J’ai éliminé immédiatement la première : “le cycliste est un coureur“. Même si cette définition est toujours celle que l’on peut lire dans le Larousse, elle n’est pas la mienne. D’ailleurs, comme un signe des temps, je n’entends plus cette injonction moqueuse : « Baisse la tête, tu auras l’air d’un coureur… ». La deuxième définition, proposée par Olivier, est d’ordre vestimentaire. Qui aujourd’hui appelle encore « cycliste » notre cuissard ? Peut-être les coureurs à pied qui l’ont adopté, mais pour ceux qui roulent à vélo cette pièce de vêtement technique est un cuissard. J’en déduis que ce n’est pas non plus le vêtement qui définit celui qui le porte, l’habit ne fait pas le moine. Dans sa troisième tentative, Olivier nous dit : « Le cycliste est une personne comme vous et moi. » Mince, là encore je n’arrive pas à me situer dans cette case, car même si j’aime le vélo comme beaucoup, je ne me sens pas être comme les autres. (Sur une ancienne randonneuse en acier des années 70 devient-on un cycliste ? – self photo Patrick VDB)
Les Bacchantes… Cyclistes solidaires de la lutte contre le cancer de la prostate (photo Jérôme Armand)
Pourquoi est-ce que je ressens une telle difficulté à me situer dans une pratique cycliste normée, une catégorie, un groupe ? Je me pose souvent la question car finalement je me sens loin des rites, des règles, des contraintes, des habitudes… qui s’imposent si on veut entrer dans une case. Je n’arrive pas à m’intégrer durablement aux pelotons : je pioche à droite ou à gauche des moments variés de vélo qui me font douter d’être un cycliste. Je ne m’intègre pas avec les plus âgés (ceux qui ont mon âge), que je trouve généralement nostalgiques et peu curieux de l’évolution du vélo. Avec les plus jeunes, c’est réglé, je ne peux plus les suivre. Je suis le cul entre deux selles. Après quelques tentatives de socialisation cycliste, j’ai lâché l’affaire, préférant partir le matin à 6 h si j’en ai envie, préférant roulotter si je veux regarder le paysage, me déchirer dans une bosse si je veux… Je pratique un cyclisme semi-solitaire, même si j’aime les gens et les cyclistes en particulier.
J’aime aussi le ride en groupe organisé par un club Strava – article pour le hors serie Gravel de Cyclist
Dans ma pratique singulière, je rencontre sur les routes des cyclistes comme moi qui échappent aux définitions. J’aime les rencontrer sur le vélo et échanger avec eux sur quelques kilomètres. J’aime aussi le ride en groupe organisé par un club Strava qui me fait découvrir un nouveau parcours. J’aime mettre le sport, et le vélo en particulier, au service d’une cause sociale. Est-ce que je suis un vrai cycliste ? Je n’ai pas trouvé comment me définir. C’est sans doute ce qui me pousse à butiner, en quête de ma personnalité. Cette éternelle recherche aiguise ma curiosité et la seule certitude que j’ai aujourd’hui c’est que je suis quelqu’un qui aime le vélo.
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