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BikingMan Maroc 2026, vous reprendrez bien un peu de désert ?

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Ou plus simplement, mon aventure le long des 1000 kilomètres du BikingMan Maroc 2026.
Mais pourquoi ? Pourquoi y retourner ? Tu n’en as pas eu assez l’an dernier ? Pas assez de désert ? Pas assez de soleil ? Pas assez d’heures sur le vélo ? Pas assez de msemmens ?
Je crois que non, décidément le meilleur coup de vélo de ma vie. Pour le dépaysement, la déconnexion totale, la découverte d’un pays et d’une culture. Pour l’accueil hors du commun des Marocains aussi. Mais également pour l’organisation au top, la trace aux petits oignons, l’ambiance à l’hôtel au sein de la grande famille BikingMan, la chaleur des Race Angels (les volontaires de l’organisation) et la camaraderie entre participants.

Cela mérite bien un deuxième voyage – Photo organisation BikingMan

Puis les msemmens, je vous ai parlé des msemmens ? Rien que pour ça je prends mes billets. Vainqueur de l’édition 2025 – voir mon récit de la course de l’année dernière – je me suis inscrit dès l’ouverture à l’épreuve 2026. Non pas pour gagner, mais pour vivre une nouvelle aventure que je suis ravi de vous raconter ici.

L’arrivée à l’hôtel

Après une semaine de vacances en famille à Marrakech, j’arrive à l’hôtel qui fera office de village de course le vendredi en fin de matinée. Je retrouve avec plaisir l’ambiance du BikingMan avec ses Race Angels et les quelques coureurs déjà sur place. Le décor est posé, il fait beau, l’arche de départ est en train de se gonfler et il y a des vélos partout. On y est !

Je récupère les clés de ma chambre et les enfants filent à la piscine sous l’œil attentif de madame. Elle sait très bien qu’elle ne peut plus compter sur moi. Je n’attends qu’une chose, libérer le diable de sa boite.

On a connu mieux comme assistant – Photo MP Bodot

J’ai le plaisir de participer cette année avec la nouveauté gravel carbone de chez Officine Mattio, le Bisalta. Une véritable machine de course taillée pour la compétition. Un petit bijou fabriqué et monté à la main en Italie. Et, comme le diable se cache dans les détails, rien de moins qu’un groupe SRAM Red XPLR AXS en 13 vitesses équipe ce vélo. Un bon vélo n’allant jamais sans bonnes roues, DT Swiss m’a fait l’honneur de me confier une paire de DT Swiss GRC 1100 Dicut en 50 mm. Du sérieux fait pour envoyer.

Une machine de course équipée comme un bijou

En plus de ma selle et mon cintre personnels, ce très beau vélo fera office de laboratoire roulant. Il se pare d’une tige de selle Ergon CF Allroad Pro Carbon Setback, avec son ingénieux système d’amorti à double lame de carbone. Ainsi que d’un ensemble de poignées ergonomiques Redshift Cruise Control Drop Bar Grips. Des périphériques que je vais tester ici, spécifiquement choisis afin d’apporter du confort pour cette grande aventure. Au chapitre des tests, une nouveauté se trouvera aussi à mes pieds avec les dernières chaussures VTT XC/gravel d’Ekoi, les Perf XC R4. Une paire que je teste quotidiennement depuis un petit mois et que j’apprécie particulièrement.

Mon vélo pour cette aventure – Photo Benjamin Bodot

Mise en place du cintre, du dérailleur, des roues et enfin de la chaîne. Le vélo est sur ses roues. J’accroche ma bagagerie et tout mon matériel prend place. Le vélo est prêt à partir. Je fais trois tours de roues pour vérifier ça et file profiter de ma famille.

Un plateau très relevé !

Samedi 15 h, les vérifications. Je retrouve Abdellah Hidda, vainqueur du 1000 km en 2024 et du 500 km en 2025, qui m’annonce participer au 1000 km cette année. Le monsieur est un gros client et la victoire que je n’espérais déjà pas vraiment n’est même plus hypothétique. Il faut savoir aussi que cette année le plateau est très relevé. La liste compte Remi Borrion pour son dixième BikingMan et pas moins de quatre victoires, Erwan Guenneugues, double vainqueur du 555 gravel Alpes-Maritimes 2024 et 2025 et sérieux compétiteur sur les manches gravel UCI et enfin Simon Scodavolpe, deuxième sur l’épreuve Corse 2025 (où je finis cinquième). Si je fais cinquième, ce sera déjà beau !

Comme l’an passé, la pesée de mon vélo confirme mon pessimisme, 18 kg sur la balance. Quatre chambres à air (j’en ai passé trois l’an dernier), trop de nourriture, des outils et toujours trop de vêtements. Les photos que je ferai à l’arrivée, pour illustrer mon prochain article sur le matériel, me confirmeront bien l’ampleur de l’excès. Elles me permettront, j’espère, d’affiner tout ça pour l’an prochain.
Pour les férus d’équipement, un article spécifique suivra bientôt afin de vous présenter mon matériel de façon détaillée et vous donner mon retour d’expérience. Que les amateurs de belles machines ne se sentent pas lésés, des tests de ce vélo et de ces roues vous seront plus tard proposés. Et ce, bien au-delà de l’utilisation sur ce BikingMan.

Prêt à partir ! – Photo Benjamin Bodot

En avant !

Dimanche matin, 6 h 50. Je regarde mes pense-bêtes sur les prolongateurs. Ils m’annoncent la position de possibles ravitaillements et des checkpoints ainsi que les points kilométriques d’entrées et sorties des sections gravel. Le briefing d’hier a annoncé quelques légères modifications de trace suite aux dernières reconnaissances faites en début de semaine afin d’éviter des portions gravel trop difficiles. J’ai refait hier soir à la main mes belles listes imprimées avant mon départ de France.

La trace des 1000 km du BikingMan Maroc 2026 – Illustration organisation BikingMan
Profil de la trace, en hachuré les sections gravel – Illustration EpicRideWithGPS

Je suis en pole position sur la ligne de départ. Je dois faire le meneur d’allure en suivant Didier dans la voiture ouvreuse durant les 20 premiers kilomètres. Il reste deux minutes.

Départ imminent – Photo organisation BikingMan

C’est le moment où mon GPS décide de faire une mise à jour, fuck ! Je prends le départ en regardant la barre d’avancement faire tout doucement son chemin. J’espère que la trace s’affichera avant que Didier ne lâche la meute.

C’est parti ! – Photo organisation BikingMan

La trace apparaît enfin au bout de cinq minutes, mais je suis maintenant en prise avec un dérailleur récalcitrant. Les vitesses passent bien en haut de la cassette mais sautent en bas. J’ai dû faire une erreur au remontage. Je n’ai pas tout vérifié en passant juste deux-trois vitesses en haut de la cassette lors de mon test. Erreur de débutant, je m’en veux à mort. Je galère pendant 30 kilomètres en jonglant sur mon téléphone avec le micro adjust de l’application SRAM, mais rien n’y fait. Je m’arrête et démonte la roue, c’est la première fois que j’utilise un dérailleur en direct mount et j’ai vraisemblablement raté le montage. Je ne vois rien à régler et ne comprends pas ce qu’il se passe. Je remonte la roue, c’est pire. Trente kilomètres de plus, toujours la galère. Je ne peux pas faire 1000 kilomètres comme ça. Je suis sans doute sur l’un des meilleurs vélos de la course et je galère comme un imbécile. Une voiture de l’organisation arrive à mon niveau, Axel est à la fenêtre.

Tout va bien ?

Non ! Le dérailleur arrière fait n’importe quoi j’en peux plus !

T’as bien placé les deux traits en face au remontage ?

Les deux traits, quels deux traits ?

On s’arrête au bord de la route. Je démonte la roue et le shaman me montre ces fameux deux traits à simplement mettre en face l’un de l’autre au montage du dérailleur. Je replace la roue. Ça marche ! Je revis ! Je l’embrasserais ! Après l’épreuve, j’ai compris que je n’avais pas respecté intégralement la procédure d’un montage Direct Mount de type UDH, qui est le cas avec ce groupe. Pour les curieux, cet alignement de traits est d’ailleurs illustré dans cet article sur le sujet UDH.

Tu les vois ces deux traits ? – Photo organisation BikingMan

Je peux enfin rouler sereinement et continuer l’ascension de ce premier col. Il doit y avoir sept ou huit coureurs devant moi, avec notamment Abdellah qui m’a doublé tel une locomotive. Mais aussi Rémi, Erwan et Simon, les plus sérieux prétendants à la tête de course.

A l’attaque du premier col – Photo organisation BikingMan

J’attaque enfin l’imposant Tizi n’Afra qui culmine à plus de 2500 m et qui me sépare encore du premier checkpoint. Je retrouve l’un des coureurs qui s’était échappé sur le plat initial et me fait dépasser par un autre. Je n’ai aucune idée de ma position après mes déboires de dérailleur. De toute façon la course se jouera plus tard et la première nuit fera le tri, même s’il est toujours difficile de se retenir et de laisser filer les habituels (trop) motivés du premier jour. Pour ne rien gâcher, ma gastro de la semaine passée me fatigue encore et j’ai la tête qui tourne. Je vais éviter les envolées et attendre que ça passe.

Photo Organisation BikingMan

Petite section gravel assez roulante avant le sommet. Ensuite, je redescends droit vers Iguidi, pour retrouver l’hôtel Baba Jeamea qui était aussi le dernier checkpoint l’an passé. 171 km et 4000 m de dénivelé avalés, il est 15 h 30. Cette première section, très facile techniquement, était une bonne entrée en matière. Parfaite pour calmer la fougue du départ en usant les jambes dans les cols plutôt que les vélos dans les cailloux. Je retrouve Rémi Borrion qui finit de remplir ses bidons avant de s’échapper. Frédéric Chapelle est là lui aussi, le grand échappé du départ qui nous a tous surpris. C’est à ses côtés que j’engloutirai en vitesse mon poulet rôti et ma salade berbère avant de repartir.

En route pour N’Kob

350 km et 5700 m de dénivelé m’attendent avant le prochain checkpoint. J’attaque l’ascension qui mène au Tibet marocain sous une petite pluie fine. C’est le temps du questionnement : est-ce que la pluie va s’arrêter car mes pneus sont impossibles dans la boue ? Mais, pourquoi tu fais ça ? Tu ne serais pas mieux dans ton canapé plutôt que de passer trois jours sur ton vélo et dormir par terre ?

Retour de l’école – Photo Benjamin Bodot

J’essaie de me reprendre et pousse un peu plus pour me motiver. C’est alors que je ressens une forte douleur à l’arrière de mon genou gauche en me mettant en danseuse. Je sais ce que c’est, selle trop haute. J’ai récupéré le vélo trois jours avant de le mettre dans la caisse et j’ai remonté un peu la selle par rapport à mon réglage habituel, pour compenser les manivelles plus courtes que les miennes. Je m’arrête et redescends un peu ma selle. La douleur diminue peu à peu mais impossible de me mettre en danseuse. Pratique avec mon ratio de 40 x 46 relativement long pour ce type d’épreuve et ma tendance à tout passer en force (fixie addict). J’en suis réduit à marcher dès que les pourcentages passent les 10 %. Connaissant l’appétence du père Carion pour les pétards, il va y avoir un peu de randonnée…

À pied dès que les pourcentages dépassent les 10 %…

Je chemine comme ça, alternant marche et pédalage jusqu’au sommet.

Le Tibet marocain – Photo Benjamin Bodot

Le Tibet marocain s’ouvre devant moi pour une section gravel de près de 30 kilomètres. La piste est rapide et défile sous mes roues.

Photo Benjamin Bodot

Ça y est, j’y suis vraiment. Le temps et la distance n’ont plus de prise, j’oublie ma douleur au genou, c’est la déconnexion totale. Ce que je suis venu chercher ici. Après le checkpoint à près de 1250 m, je me retrouve à nouveau à 2500 m d’altitude pour redescendre et enfin retrouver la route. Une pause tardive dans un hanout, la petite épicerie traditionnelle marocaine, me permettra de profiter d’un paquet de Principe qui m’accompagnera toute la nuit.

Le paquet de Principe, compagnon de ma première nuit – Photo Benjamin Bodot

La section de route est assez courte mais la fatigue se fait sentir et la température descend doucement. J’enfile ma Gore-Tex et passe mes gants longs. 1 h 30 du matin, je décide de m’arrêter pour faire une première sieste dans le bas-côté de la route. Je fais signe à Frédéric qui passe à ce moment-là. Après 30 minutes de sommeil, retour sur la trace pour remonter vers le Tizi n’Talat que je franchirai au clair de lune, après une seconde sieste de 30 minutes au bord de la piste. J’alterne toujours le pédalage et la marche quand les pourcentages deviennent trop importants. Le reste de la nuit défile ensuite très rapidement pour passer les 80 kilomètres en faux plat descendant qui me séparent de la prochaine grosse section gravel.

Arrêt nocturne dans une station service – Photo Benjamin Bodot

Après un rapide arrêt dans une station-service pour remplir mes bidons et huiler ma chaîne, j’entre enfin dans une longue section gravel de plus de 50 kilomètres au cours de laquelle le soleil se lèvera face à moi. Instant magique, j’en profite pour prendre quelques photos. Ce sont ces moments que je suis venu chercher.

Je suis venu pour ça – Photo Benjamin Bodot

Retour sur la route pour descendre comme une flèche et me retrouver face au vent pour plus de 40 kilomètres de ligne droite. Un calvaire. Le checkpoint suivant est là, au bout de cette ligne droite qui n’en finit pas.

13 h 40, enfin le deuxième checkpoint. J’ai le plaisir de retrouver des Race Angels que je connais depuis ma première course. Neri (qui fête d’ailleurs son anniversaire), Armandio et Patrice. Frédéric, arrivé avant moi, est coincé devant son assiette. La nuit fut difficile visiblement et l’expérience le fait choisir d’aller se reposer plutôt que de repartir dans cet état. Comme à mon habitude, je dévore mon repas rapidement pour vite retrouver la route.

185 km pour Toundoute

Et 3280 m de dénivelé, avec une belle portion de 70 kilomètres de gravel dès la sortie du checkpoint. L’organisation nous a prévenu, la portion est longue et il faut être sérieux sur l’emport d’eau. Mes trois bidons sont remplis, mes deux flasques de trails pleines prennent place dans mes poches de maillot et je sangle une bouteille d’eau supplémentaire entre mes prolongateurs. 4,5 litres d’eau, je suis paré.

4,5 L d’eau, je peux attaquer la piste – Photo Benjamin Bodot

Je grimpe la piste et j’en profite à fond. C’est le Far West, magnifique, cette section gravel est longue, avec de belles parties techniques. Quelle claque, perdu au milieu de nulle part, oubliez-moi, je reste ici.

Rémi est loin devant, Frédéric est toujours au checkpoint, j’oublie la course et le classement, je me laisse aller à prendre des photos et j’en profite à fond.

FAIM !

Sorti de la section gravel, je trouve vite de l’eau et file sur la route pour rejoindre la ville toute proche. Je suis fatigué et j’ai faim. Je m’arrête une première fois dans un hanout pour acheter des gâteaux et profite du thé à la menthe qui m’est offert. Cinq kilomètres plus loin, les gâteaux ont disparu. Je m’arrête à nouveau pour acheter un batbout, le pain traditionnel marocain, que je plonge dans ma poche de cuissard. Voilà ensuite l’animation du centre-ville, il est 21 h, et la foule est partout. J’en profite pour m’arrêter à la terrasse d’un snack et m’offrir un réconfortant Ghimzi, un sandwich aux boulettes Kefta. Je le savoure bien chaud, assis sur un banc tout en regardant l’animation du centre-ville. Je suis repu, le moral est bon, c’est parti pour la nuit !

Mon sandwich nocturne – Photo Benjjamin Bodot

Vers 2 h du matin, je traverse un nouveau village et décide de m’arrêter dans un bosquet pour une courte sieste réparatrice. Réveillé par des chiens 30 minutes plus tard, je reprends la piste après avoir enfilé ma veste et mes gants longs. Il fait nuit noire quand je rentre dans la dernière section gravel. Portion technique en montée avec de jolis tronçons en single track.

L’entrée du single track – Photo Benjamin Bodot

Je mets pied à terre et pousse le vélo plusieurs fois. Je bascule enfin et ça descend sérieusement. Mon phare allumé à pleine puissance, je ne lâche pas les freins pendant plus de 15 kilomètres. Pas de pièges particuliers mais une déclivité tournant autour des 15 %. Enfin le dernier checkpoint, le gîte Amadou, où j’arrive à 5 h 15 du matin. Je peux profiter d’un bon tajine de poulet bien réconfortant, chaleureusement servi par le propriétaire des lieux.

Du réconfort – Photo Benjamin Bodot

Marrakech n’est plus très loin. Je prends un Coca-Cola et enchaine avec un café pour bien me réveiller, puis je repars dans la pénombre.

Marrakech me voila !

Enfin presque, 311 km et 3700 m, il me reste tout de même un beau morceau !

Le jour pointe son nez quand je franchis le petit col avant la longue descente vers Ouarzazate. Ce qui me semble être facile au départ devient vite une épreuve, c’est long, la route est droite et monotone.

L’entrée de Ouarzazate – Photo Benjamin Bodot

Enfin Ouarzazate, petit arrêt hanout pour acheter un nouveau paquet de Principe que je sangle dans mes prolongateurs. Je traverse la ville et passe devant les studios Atlas, célèbres studios cinématographiques où ont notamment été tournés Gladiator ou Asterix et Obélix : Mission Cléopâtre. Direction Aït Ben Haddou pour débuter mon ascension du Tichka. Dernier rempart avant Marrakech.

Début de l’ascension – Photo Benjamin Bodot

Je me dresse sur le vélo, la douleur est passée et le genou répond bien. Je peux enfin rouler comme j’en ai l’habitude. Gros braquet et faible cadence. Il fait beau, pas trop chaud, c’est le bonheur. Je monte à bon rythme en alternant les Principe, logés entre mes prolongateurs, et les séances de danseuses. Que demander de plus ? Quelques arrêts photos pour pouvoir vous partager ces paysages et je repars vers le col.

À un kilomètre du sommet, la brume et le vent me saisissent, j’arrive enfin au sommet et m’arrête rapidement acheter de l’eau. Pas de photos, tellement j’ai froid. Le vendeur m’annonce que trois kilomètres plus bas la brume aura disparu. Je le crois sur parole et descends après avoir seulement enfilé mon coupe-vent. Cinq kilomètres plus bas, toujours dans la brume ! Je grelotte de froid. Je m’arrête sur le bas-côté et enfile veste et gants longs pour finir cette très longue descente dans le trafic routier. La trace quitte enfin la route pour bifurquer à droite et rejoindre une longue piste très rapide à travers les villages.

Photo Benjamin Bodot

La nuit commence à tomber et il y a du monde partout. Les enfants jouent au foot, les adultes rentrent des champs à mobylettes ou à dos d’ânes, l’animation est tout autour de moi. Je sens bien que la ville n’est plus très loin.

Les roues vont là où porte le regard

Motivé comme jamais, j’enchaîne plein gaz les petites bosses du parcours alors que la nuit progresse. Dernière petite section gravel du parcours, deux kilomètres qui débutent par un chemin muletier bien défoncé pour arriver dans le lit d’un ruisseau où il faut passer d’un flanc à l’autre, en évitant les profondes crevasses. C’est très amusant mais aucun droit à l’erreur. Je me répète la phrase de mes cours du permis moto : “Les roues vont là où porte le regard.”

L’entrée de la dernière section gravel – Photo Benjamin Bodot

Je sors du gravel et passe les petites bosses suivantes, il fait nuit dorénavant et j’aperçois les lueurs de Marrakech au loin. Encore 45 petits kilomètres devant moi.

Les lueurs de Marrakech – Photo Benjamin Bodot

La descente est rapide, le vélo sent l’écurie et la caféine que je prends depuis le checkpoint fait son effet. Je veux arriver avant minuit. L’an dernier, j’avais réservé une chambre seulement à partir du mercredi et j’avais dormi avec l’organisation le mardi soir. Cette fois, j’ai bien une chambre ce soir et je veux absolument pouvoir me vanter d’être arrivé le mardi. Même si ce n’est que de quelques minutes.
Caché dans les prolongateurs, je pousse au maximum en jetant mes dernières forces dans les pédales. Le vélo file et les roues jouent leurs partitions à merveille dans ces longues portions droites pour me tirer jusqu’à la ligne d’arrivée, que je franchis enfin à 23 h 34.
C’est fini, on est encore mardi ! Les Race Angels m’applaudissent chaleureusement et je descends enfin du vélo. Jérôme a même daigné quitter son match de foot pour m’accueillir. Sophie, la cheffe du protocole, me passe le t-shirt de finisher et la médaille. Photo d’arrivée et voici le repas qu’Elodie (bonne chance pour ton BikingMan Corsica !) a gentiment gardé pour moi, Merci !

C’est fini – Photo Organisation BikingMan

Alors ?

C’était bien ! Différent de l’an dernier. Le début fut fastidieux avec mes soucis mécaniques, ma fin de gastro et mes douleurs de genou. J’ai réussi à me détacher du chrono à mi-parcours pour profiter de la trace. Ce que je n’avais pas réussi à faire l’année passée, en tête à mi-course, je m’étais mis une pression folle. Le vélo a été absolument parfait, aucun souci, pas même une crevaison. La trace était globalement moins difficile qu’en septembre dernier et la météo bien plus clémente. Mais le dépaysement et le voyage restaient entiers.

Merci à tous !

Et surtout merci à tous pour cette aventure ! C’est mon quatrième BikingMan et je constate encore une fois le niveau de sérieux de l’organisation et la chaleur de la famille BikingMan. Clin d’œil à tous les Race Angels et tous les participants pour l’ambiance à l’hôtel, sur la route et pour leurs amitiés.

Vivement l’année prochaine – Photo organisation BikingMan

Pour qui ?

L’idée vous taraude ? Sautez le pas ! L’aventure est complète et l’ambiance incroyable, à vivre absolument. Un peu de préparation est bien entendu nécessaire tant physiquement que techniquement, mais ce genre d’aventure est loin d’être hors d’atteinte.
Il faut avoir en tête que sur une telle épreuve, à peu près 10 % des coureurs roulent “fort” et ne dorment pas ou très peu. La majorité des participants le vit plus tranquillement en roulant plus calmement et en s’octroyant plus de pauses. Ils profitent de l’hospitalité marocaine et se reposent plus que nous, les idiots qui caracolent devant.
Le temps limite est de 120 heures, vous avez donc jusqu’au vendredi pour rejoindre la ligne d’arrivée. Bien entendu vous ne ferez pas forcément des nuits de huit heures et il vous arrivera de peiner sur le vélo. Mais, vous viendrez aussi pour ça finalement. C’est le sel de l’aventure qui vous permettra de vivre encore plus fort la magie des lieux. Je ne pense pas me tromper en disant que tous ceux qui y ont goûté veulent déjà revenir.

La marche que représente 1000 km au Maroc vous semble trop importante pour commencer ? Vous trouverez bien une épreuve plus accessible. Plus facile à travers la France, qui peut aussi se limiter à un format de 500 km. Route ou gravel, le choix est vaste.

À L’année prochaine !

Pour ma part, je viens justement de me préinscrire pour l’année prochaine. En duo, cette fois-ci, pour vivre l’aventure différemment et la partager. Mais, chaque chose en son temps, il me faut d’abord préparer l’épreuve péruvienne. Pour conclure cet article, voici la vidéo officielle de l’édition 2026 qui résume si bien la magie de cette aventure :

Les msemmens ?

Ah oui, j’oubliais, les msemmens. Rien que pour ça il faut venir. Ce sont de délicieuses crêpes feuilletées, traditionnelles du Maghreb, que l’on mange généralement au petit déjeuner. C’est absolument divin avec du miel ou du Amlou, une pâte à tartiner marocaine à base d’huile d’argan et d’amandes grillées. Petit conseil, ne mangez pas celles de Diane, elle vous en voudra éternellement…

Comme un lundi : la jeunesse 

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la jeunesse

L’édito de Bike Café

Après avoir lu un post de Thierry Seray sur le réseau LinkedIn, j’ai eu envie ce matin de vous parler comme lui de la jeunesse. Curieux pour un gars de mon âge d’évoquer une jeunesse qui peut sembler lointaine. Communément, on considère la jeunesse comme une période qui nous voit passer de l’adolescence vers l’âge adulte. Pour certains, elle peut durer longtemps, au point de ne jamais en voir la fin. Sans aller jusqu’au syndrome de Peter Pan, je pense que les rythmes et les caractéristiques de ce processus de passage sont complexes et variables selon les personnes et le contexte. La jeunesse est une réalité sociale qui n’existe pas en soi de façon stable et temporelle. En disant ça, je pense principalement au sport qui exprime la jeunesse. On entend dire souvent : “Faites du sport pour rester jeune !” Tout ça reste flou et le mot jeune – tantôt adjectif, adverbe ou nom – possède une sémantique très large allant au-delà de l’âge. Est-ce une coïncidence si sports, jeunesse et vie associative sont réunis dans un même ministère ? Pour moi la jeunesse est aujourd’hui une énergie et non un âge. (Photo de couv. Gabriel Refait – Poursuivi par ma jeunesse dans les rues d’Aix-en-Provence)

Belles pages du magazine Vieux, évocant cette belle formule de Groucho Marx

Comme le souligne Thierry, nous les boomers ou les Gen X, nous avons eu la chance de vivre l’émergence de nouveaux sports : triathlon, VTT, running, trail, sports de glisse, grimpe… Dans les années 70-80, j’ai joyeusement entamé un parcours sportif exploratoire grâce auquel je me suis fabriqué une condition physique qui me rend service aujourd’hui. Ces pratiques, essentiellement en nature, m’ont construit mentalement et physiquement. Grâce à tous les sports que j’ai découverts et pratiqués, j’ai appris beaucoup. J’ai découvert l’entraînement, la diététique, développé ma résilience et découvert l’énorme capacité du corps humain. J’ai apprécié l’esthétique de la gestuelle sportive et la culture de ces univers. Ces apports issus de ma jeunesse, comme leurs qualités et leurs défauts, sont toujours présents en moi, agissant comme un cocktail de jouvence. Je ne dirais pas “Il faut que jeunesse se passe…“, bien au contraire, il faut qu’elle dure.

Le vélo a été le point de départ de ma construction vers l’âge adulte. Je l’ai pratiqué puis mis de côté longtemps pour équilibrer une vie familiale, professionnelle et sportive qui s’est exprimée dans d’autres sports. Il est revenu dans ma vie à 60 ans, inspiré par le souvenir de mes entraînements solitaires dans les années 80. Les rayons en inox de mes roues brillaient dans le soleil matinal de la forêt de Rambouillet. Ces longues chevauchées solitaires me manquaient. Est-ce l’envie de revivre cette jeunesse qui m’a remis en selle ? Non, je ne pense pas. Je crois en fait que cette jeunesse ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui, ma pratique du vélo efface (pas totalement) les stigmates de l’âge et me donne cette fameuse énergie qui est l’expression de la jeunesse. Le vélo serait donc le trait d’union entre la recherche d’équilibre sur 2 roues de ma prime enfance et mon équilibre actuel qui m’inspire ces quelques lignes. Ce matin je me dis que c’est quand on ne croit plus en ses rêves que l’on abandonne sa jeunesse.

Patrick.  

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

Ritchey P29er : le Monster Gravel old school

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Test du monster Gravel Ritchey P29er

Ritchey est un des fabricants qui vient le premier à l’esprit quand on évoque le gravel. Et pour cause, puisque ce fabricant américain produit des cadres, des fourches et des cintres devenus des références pour notre pratique. Au regard de l’intérêt que vous avez porté à notre sélection Monster Gravel, j’ai souhaité tester le P29er. Selon le montage envisagé, ce vélo se veut l’interprétation Monster Gravel de Ritchey. Après plusieurs semaines d’essai, voici ce que j’en retiens. Photo de couverture – Jean-Alexis Duthoit.

Ritchey P29er : présentation de ce Monster Gravel

Chez le célèbre fabricant américain, le « P » signifie Project, et chaque modèle est une évolution de la vision de Tom Ritchey. Quand le 29″ commence à s’imposer dans le XC, Ritchey transpose l’esprit des P‑series dans un format moderne avec le P29. Le nouveau P‑29er n’est pas qu’une réédition nostalgique : c’est une version modernisée, qui, dans cette série Team Edition, se pare d’une magnifique peinture aux couleurs US.

Peinture Team Edition – photo Laurent Biger

On retrouve un cadre en acier Logic triple-butted fabriqué à Taïwan, traité thermiquement et soudé TIG, mais cette fois au standard Boost. Une géométrie modernisée et d’autres détails qui en font un cadre moderne à prix abordable, pour fourche rigide ou suspendue.

Le P29er est une évolution du P29 des années 2010, lui-même descendant des P-series : P21 → P23 → P20 → P29 → P29er. Voici en résumé les changements les plus marquants :

ÉlémentRitchey P29Ritchey P29er
Douille de directionDroite 1″1/8Conique (IS42/IS52)
Axe arrière (type et largeur)QR 135 mmBOOST 148 mm (traversant)
Pattes coulissantesOui (pour montage singlespeed)Non
Passage de câble pour tige de selle télescopiqueNonOui (interne)
Dimensions max. pneusenviron 29″ x 2.2″environ 29″ x 2.3″

Seulement quatre inserts se répartissent sur ce cadre, permettant de fixer deux porte-bidons.

Le boîtier de pédalier est au format fileté BSA, ce qui est un bon point pour la simplicité de son entretien. 

Les haubans se rejoignent haut sur le tube de selle, comme sur la plupart des cadres en acier de type VTT. Un peu plus haut, le collier de serrage de selle est typique de chez Ritchey. Parfaitement accessible, le serrage de la tige de selle de diamètre 27,2 mm s’effectue en confiance et avec efficacité.

Plus à l’arrière, on notera que le cadre n’est pas compatible avec le standard UDH. De ce fait, ce choix technique exclut la compatibilité avec les groupes SRAM de type T-Type / Full Mount (sans patte de dérailleur).

Pas d’interface UDH sur le Ritchey P29er – photo Jean-Alexis Duthoit

L’axe traversant est au format Boost de 148 × 12 mm. Par ailleurs, le support accueillant l’étrier de frein est au standard Post Mount.

Un cadre au standard Post Mount pour le système de freinage – photo Jean-Alexis Duthoit

Quant à la clearance (dégagement) qu’offre le P29er, Ritchey évoque un maximum de 29″ x 2,3″. Par ailleurs, le cadre peut tolérer un pédalier mono équipé d’un plateau de 38 dents maximum.

Ce pneu accuse pas moins de 60 mm de largeur, ce qui n’est pas sans conséquence puisque c’est très proche des bases du cadre – photo Laurent Biger

Mais, revenons à l’avant du vélo, pour découvrir une magnifique douille de direction conique qui accueille les roulements de direction. Enfin, vous aurez remarqué que l’ensemble du cheminement des gaines est externe, à l’exception de la partie finale du câblage destiné à actionner une éventuelle tige de selle télescopique.

Une douille conique qui arbore fièrement le logo du fabricant – photo Jean-Alexis Duthoit

La fourche Ritchey WCS Adventure : idéale pour un montage Monster Gravel

La douille de direction accueille une fourche intégralement en carbone. Elle est conçue autour d’un axe traversant au format Boost de 15 × 110 mm et d’un déport de 50 mm.

Une multitude d’inserts équipe cette fourche. Du côté du dégagement, elle peut accueillir des pneus de 29″ x 2,4″, et se pare d’une discrète sérigraphie Ritchey WCS.

Fourche Ritchey Adventure WCS – photo Jean-Alexis Duthoit

On notera la possibilité de procéder à un cheminement interne d’un fil en provenance d’un moyeu dynamo. Comme le cadre, le support accueillant l’étrier de frein est au standard Post Mount. Cette fourche peut accueillir un disque de frein de 180 mm maximum.

Géométrie du Ritchey P29er

La géométrie de ce Ritchey P29er mérite que l’on s’y attarde, puisque nous sommes en présence d’un cadre de VTT XC. Aussi, plusieurs constats se dressent à nous.

En premier lieu, la longueur des bases est dans la moyenne haute de la catégorie : 440 mm. Puis, on constate que Ritchey a fait le choix de conserver un angle de direction digne d’un VTT XC un peu daté (69,5 °). Quant au reach, il reste mesuré, mais finalement cohérent dans l’univers XC. Même remarque pour le boîtier de pédalier, qui est positionné haut pour favoriser le franchissement.

Équipements de ce Ritchey P29er

Tout d’abord, je vous rappelle que Ritchey ne commercialise pas de vélo complet, seulement des kits cadre. Aussi, ce qui va suivre a simplement vocation à informer du contexte technique de ce test.

Groupe Shimano GRX & SLX/XT

Sur le plan de la transmission et du freinage, c’est Shimano qui équipe ce Ritchey P29er. Ce groupe mécanique 12 vitesses est de la série GRX RX610 et RX820, mais associé à un pédalier, une cassette et des étriers de la gamme VTT de Shimano (SLX et XT).

Cassette Shimano SLX CS-M7100 12 Vitesses en 10-51 dents – photo Jean-Alexis Duthoit

Roues et pneus

Les roues sont les 988 WHS du fabricant Miche, qui accusent environ 1600 g sur la balance. Ces roues ont un profil asymétrique, sont sans crochet et d’une largeur interne de 28 mm.

Miche

Quant à la monte pneumatique, Vittoria équipe ce Monster Gravel avec des Mezcal en 29″ x 2,25″. Mais, pour l’avoir mesuré monté sur la jante précitée, ce pneu accuse pas moins de 60 mm de largeur, ce qui n’est pas sans conséquence puisque c’est très proche des bases du cadre.

Périphériques

On retrouve sous les mains un cintre en aluminium Ritchey Corralitos d’une largeur de 440 mm. Un cintre doté d’un important flare (24 °), qui offre un excellent contrôle dans les descentes.

Cintre Ritchey Corralitos – photo Jean-Alexis Duthoit

Quant à la potence Ritchey 4-Axis, elle est en aluminium également, et d’une longueur de 60 mm pour un angle de -6 degrés.

Potence Ritchey 4-Axis – photo Jean-Alexis Duthoit

À l’opposé se trouve une tige de selle en aluminium Ritchey Comp Zero Seatpost. Là-dessus se dresse une selle San Marco Mantra d’une largeur de 154 mm. Pour finir cette présentation, le poids de cet exemplaire en taille M est de 10 kg. Cela en fait une belle surprise compte tenu du cadre en acier.

Un vélo finalement assez léger – photo Laurent Biger

Le Monster Gravel Ritchey P29er à l’épreuve du terrain

En premier lieu, après avoir reporté mes réglages habituels, je constate une position agréable et polyvalente. Il est vrai que le reach est moins important que celui de certaines machines de XC contemporaines, à la géométrie bien plus agressive.

Une position qui favorise la polyvalence – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans un second temps, mes premières sorties laissent apparaitre une belle filtration du cadre. Le triangle arrière filtre particulièrement bien les irrégularités, certes en étant bien aidé par les larges pneumatiques.

Un cadre qui offre un confort appréciable – photo Jean-Alexis Duthoit

C’est gage de confort, mais aussi de motricité quand le terrain se dégrade.

Un triangle arrière qui filtre bien, propice au confort et à la motricité – photo Jean-Alexis Duthoit

Cette caractéristique se confirmera au fil d’une belle randonnée sur la montagne de la Sainte-Victoire, à l’occasion des 10 ans de notre magazine :

Les sorties suivantes se sont étalées courant avril sur le massif des Maures ; avec une alternance de sorties courtes et techniquement engagées et de randonnées plus longues. J’aime alterner les terrains de jeux pour essayer d’être le plus objectif possible quant au vélo utilisé. Dans le cas présent, le plaisir fut, dans toutes les situations, au rendez-vous.

Le cintre permet de trouver des positions efficaces quand il faut forcer l’allure – photo Jean-Alexis Duthoit

En effet, que ce soit sur des single tracks pas toujours roulants ou sur de longues ascensions, le Ritchey P29er se révèle efficace, tout en étant ludique. Même au bout de 6 h, 100 km et 2100 m de D+, le poids (contenu) et le gabarit du Ritchey P29er ne sont pas une gêne. Au contraire, son confort devient un atout certain pour réduire la fatigue de son pilote !

Old School mais loin d’être dépassé

Derrière ce look qui évoque la nostalgie se cache un cadre plutôt contemporain. Ainsi, ce vélo est facile à prendre en main. Nul besoin d’être un pilote pour l’emmener efficacement sur les pistes et les sentiers. Si bien que son pilotage devient rapidement instinctif.

Ritchey P29ER – photo Jean-Alexis Duthoit

Notamment grâce à un subtil compromis entre tolérance et rigueur, à l’image des relances à son guidon, suffisamment efficientes. En descente, le Ritchey P29er est relativement prévisible, jamais piégeur.

Ludique, le Ritchey P29ER est facile à piloter dans les single track – photo Jean-Alexis Duthoit

Certes, il ne peut rivaliser avec certains cadres XC modernes dans les descentes les plus techniques. Mais, est-ce véritablement important dans le cas présent d’un montage en Monster Gravel ?

Quid de sa fourche rigide ?

Le pivot de direction conique apporte précision et intégration des roulements. Mais, cette précision dans le comportement de ce Ritchey P29er est également à mettre au crédit de la fourche Ritchey Adventure WCS.

Une fourche précise, qui facilite le placement du vélo – photo Jean-Alexis Duthoit

Concevoir une fourche rigide destinée à ce type de cadre n’est jamais simple. J’ai pu le constater au fil de mes essais : certaines sont certes confortables, mais trop imprécises. Alors qu’à l’opposé, certaines fourches seront précises mais excessivement rigides, rendant l’expérience de pilotage trop inconfortable.

L’excellent comportement de ce Ritchey P29er est également à mettre au crédit de la fourche Ritchey Adventure WCS – photo Jean-Alexis Duthoit

Fort de son expérience en la matière, le fabricant américain semble parfaitement maitriser son sujet. Ainsi, cette fourche m’apparaît comme le parfait compromis entre confort et rigidité. Même sur de puissants freinages, aucun dribble ne vient perturber le pilote. Pour autant, la filtration des vibrations qu’offre intrinsèquement cette fourche est suffisante. Assurément, une des meilleures fourches rigides que j’ai pu essayer jusqu’à présent.

Pour conclure sur ce Monster Gravel Ritchey P29er

Vous l’aurez sûrement déjà compris en lisant ce test, j’ai pris beaucoup de plaisir au guidon de ce vélo. Il faut dire que ce Ritchey P29er donne satisfaction dans un vaste domaine d’utilisation. Mieux, la plupart du temps, il donne même le sourire. Ludique et néanmoins efficace, Ritchey confirme – une nouvelle fois – son expertise dans le domaine des cadres en acier et des fourches. Héritier d’une longue lignée au glorieux passé, le P29er est sans aucun doute digne de ses illustres ainés.

Ritchey P29er – photo Jean-Alexis Duthoit

Caractéristiques et tarif

Cet exemplaire se base sur le cadre Ritchey P29er, avec des équipements choisis sur le site du fabricant. Tarifs et liens pour les caractéristiques ci-dessous :

Voilà un P29ER dans son pur esprit MTB – photo Massacan

Un vélo assemblé au Rifugio

Ce Ritchey a été assemblé par le Rifugio, que certains connaissent peut-être déjà à travers la marque Massacan. Voici quelques mots de l’équipe de passionnés qui en est à l’origine. « Nous avons ouvert en septembre 2024 dans une ancienne épicerie en centre-ville de Nice, près de la place du Pin.

Une équipe de passionnés – photo Massacan

C’est ici que nous travaillons, et que nous développons, entre autres, la marque Massacan. Ritchey s’est imposée comme une évidence : presque tous les montages de Massacan sont équipés de périphériques Ritchey.

Ritchey occupe une belle place au Rifugio – photo Massacan

Nous sommes ainsi devenus Certified Ritchey Assembler afin de proposer également des cadres différents. Ainsi, n’importe qui peut nous commander un Montebello, un Outback, etc.»

Où nous trouver : 3 rue boyer, 06300 Nice 

4ᵉ étape du Gravel’Tour Wish One : le Roc Laissagais

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Roc Laissagais

Samedi 23 mai aura lieu la quatrième manche du challenge Gravel’Tour Wish One. Après les Monts du Lyonnais le 12 avril, la gravel Sud Bourgogne le 26 avril et la Lozérienne cette nouvelle épreuve nous transporte à Laissac en Aveyron. Pour parler de cette étape, j’ai appelé un des organisateurs : Pierre Boyer. Participer à une course du Challenge, c’est aussi une façon de découvrir l’Aveyron, qui ne manque pas d’attraits pour les sportifs qui aiment pratiquer le vélo dans un environnement naturel.

Cette année, ce sera la 34ème édition du Roc Laissagais. Cette organisation revendique une aura internationale depuis 2008, édition qui a vu la victoire de Julien Absalon, alors champion du Monde. En 2011, le Roc organisait le championnat de France marathon et le championnat du Monde VTT Marathon en 2016 et 2023… Autant dire que sur le Roc, on sait organiser des épreuves importantes et les participants apprécieront la qualité des épreuves proposées.

Rendez-vous en Aveyron

Laissac est une ville étape touristique et agricole de 2000 habitants. “Laissac est connu bien au-delà du vélo. C’est ici que se tient le plus gros marché aux bestiaux de France“, me dit Pierre.

Le challenge Gravel’Tour Wish One

Gravel’Tour Wish One
Les 9 épreuves du challenge version ultimate qui vont compter pour le classement final

En plein développement des épreuves de gravel, le Challenge Gravel’Tour Wish One est devenu en quelques années une référence en France. Avec ses 9 étapes, il assure une animation annuelle sur un calendrier qui s’étale d’avril à octobre. Deux parcours sont proposés à chaque date en mode rando ou chrono. Au terme du challenge, des titres seront décernés aux meilleurs.

Vous pouvez retrouver le règlement du challenge et tous les détails, avec les liens des organisateurs de chaque manche, dans notre précédent article.

On parle du Roc Laissagais

Roc Laissagais
Photo Roc Laissagais

J’appelle Pierre Boyer, organisateur et une “référence” en matière de VTT depuis ses débuts dans cette discipline avec notamment 36 participations au Roc d’Azur.

Écoutez le podcast de notre échange

Le gravel est arrivé au programme du Roc Laissagais en 2020, en pleine période covid. “Nous avons organisé une épreuve connectée…“, explique Pierre. Les concurrents pouvaient télécharger la trace. Ils la faisaient et envoyaient leurs résultats qui étaient enregistrés sur le site pour établir le classement. “Ça nous a permis de démarrer…“. La création du Roc Laissagais est inspirée de celle du Roc d’Azur, mais il existe bien un Roc ici aussi : il s’agit du Roc de la Fage. Pierre souligne que le Roc Laissagais a organisé des courses internationales qui ont forgé l’expérience des organisateurs. Laissac est une ville vélo : le Tour de France l’a choisie comme ville départ en 2017.

Roc Laissagais
Photo Roc Laissagais

On propose chaque année des parcours différents...”, me dit Pierre. Le dépaysement se prête à la pratique du gravel avec un choix de pistes important. La première année, il y avait une centaine de participants et depuis ça progresse régulièrement : “On ne court pas après le nombre, on préfère la qualité et on doit veiller à la sécurité“. Pierre, en bon Aveyronnais, est heureux que ce soit Wish One, société basée à Millau, qui soit le partenaire de ce challenge.

C’est le 23 mai à Laissac. Infos sur : https://www.roclaissagais.com/

Ekoï : d’internet au peloton, la trajectoire d’une marque qui bouscule les codes

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Ekoï : d'internet au peloton

À Fréjus, loin des grandes capitales industrielles du cycle, Ekoï a construit son histoire à contre-courant. Ici, pas de réseau de distribution traditionnel, ni de discours élitiste. La marque s’est développée en ligne, au contact direct des cyclistes, avec une idée simple : proposer des équipements techniques accessibles sans renoncer à la performance. (Le show room de Fréjus – photo Colin Gosse)

À l’origine de cette trajectoire, un entrepreneur au profil atypique, Jean-Christophe Rattel, qui a fait très tôt le pari d’un modèle différent. Un pari qui, au fil des années, a conduit Ekoï des ventes sur internet jusqu’aux routes du peloton professionnel.”La création de la marque Ekoï c’est un peu l’aboutissement de mon passage dans le monde du vélo. J’ai débuté chez l’Oréal et après j’ai été chez MBK. Ensuite j’ai été manager pour la France de Vetta : c’était des compteurs, des casques, des lunettes, des selles… Ekoï c’est quand même 15 ans dans le vélo avant.

Une marque née d’une intuition

Ekoï : d'internet au peloton
Ekoï vend 200 000 casques chaque année – photo Colin Gosse

Quand Jean-Christophe Rattel lance Ekoï, le marché du cyclisme fonctionne encore largement selon des circuits traditionnels. Les marques passent par des distributeurs, les prix s’envolent et l’accès à certains produits reste limité. Lui, choisit une autre voie. Vendre en direct, maîtriser les prix, dialoguer avec les utilisateurs. Une stratégie qui peut sembler évidente aujourd’hui, mais qui reste marginale à l’époque. Cette approche permet à Ekoï de construire rapidement une base de clients fidèles, attirés par ce positionnement différent. “Quand on a créé le site en 2008 on a mis des produits en vente et ça s’est vite enchaîné on est passé de 50000 à 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en deux ans.” En 2010, Jean-Christophe arrête alors de travailler avec les grandes chaînes de sport comme Decathlon, Go Sport, Intersport pour se lancer seul sur sa marque qui avait pris son envol.

Derrière cette stratégie, il y a une conviction : le cycliste n’a pas forcément besoin de payer plus cher pour accéder à un produit technique.

Construire une marque sans passer par les circuits classiques

Ekoï : d'internet au peloton
Un petit air d’Amazon dans le stock d’Ekoï situé à Puget-sur-Argens – Photo Colin Gosse

Ça s’est passé, car les clients nous l’ont demandé…

Jean-Christophe Rattel

Ce choix du direct façonne profondément l’ADN d’Ekoï. La marque développe son image sans boutique physique, sans intermédiaire, en s’appuyant sur le digital et le retour des utilisateurs. Ce lien direct devient un outil de développement. Il permet d’ajuster les produits, de tester des idées, mais aussi de construire une relation différente avec les cyclistes. Progressivement, la gamme s’étoffe : casques, lunettes, textile… Ekoï ne se limite plus à un produit, mais construit un univers complet autour du cycliste.

Le tournant du peloton professionnel

Les équipes pros, c’est notre service de R&D…

Jean-Christophe Rattel

Il y a un moment clé dans cette trajectoire : l’entrée dans le cyclisme professionnel. En équipant des équipes comme Israel–Premier Tech ou Arkéa–B&B Hotels, Ekoï change de dimension. La marque ne se contente plus d’être une alternative accessible, elle s’expose au plus haut niveau.
Ekoï accompagne des équipes World Tour comme Lotto Intermarché, NSN Cycling Team, XDS Astana. Elle est présente également auprès de nombreuses équipes du circuit Pro & Continental, ainsi que d’autres équipes dans d’autres disciplines. Voir la page sponsoring de la marque.

Ekoï : d'internet au peloton
Le maillot de l’équipe Word Tour NSN – photo Colin Gosse

Ce choix répond à plusieurs objectifs. Il renforce la crédibilité, bien sûr, mais il permet aussi de tester les produits dans des conditions extrêmes. Le peloton devient un laboratoire. Pour autant, Ekoï ne renonce pas à son positionnement initial. La marque continue de s’adresser à un public large, tout en gagnant en légitimité.

Ekoï : d'internet au peloton
Binian Girmay de l’équipe NSN qui sera sur le Tour de France – photo équipe NSN

Entre accessibilité et performance

C’est sans doute l’un des équilibres les plus intéressants chez Ekoï. D’un côté, une image de marque accessible, construite sur le rapport qualité/prix. De l’autre, une présence au plus haut niveau, avec des athlètes qui recherchent la performance.

Cette dualité pourrait apparaître contradictoire. Elle devient en réalité un élément structurant. Ekoï ne cherche pas à devenir une marque élitiste, mais à rendre la performance plus accessible. Un positionnement qui tranche avec certains codes du marché.

L’évolution des pratiques, du quotidien au gravel

Le cyclisme a changé. Les usages se diversifient : mobilité quotidienne, vélo d’aventure, gravel, longues distances. Ekoï observe ces évolutions et adapte progressivement ses produits. Le gravel, notamment, introduit de nouvelles contraintes : confort, polyvalence, gestion des conditions météo, durabilité.

Dans ce contexte, l’équipement ne se limite plus à la performance pure. Il doit accompagner des pratiques hybrides, parfois éloignées de la compétition.

Une marque qui continue de tracer sa route

On vend plus de 200 000 casques par an…

Jean-Christophe Rattel

En visitant les locaux de Ekoï à Fréjus, on comprend que la marque reste fidèle à son idée de départ : avancer sans forcément suivre les standards du secteur. On a pu voir le SAV multilingues, la customisation des produits : casque, lunettes, chaussures. Le lieu de stockage qui reçoit les livraisons est une vraie cathédrale de cartons remplie de produits.

Le modèle direct, longtemps considéré comme marginal, s’est imposé. La présence dans le peloton a renforcé la crédibilité. Et la marque continue d’explorer de nouveaux terrains, entre performance et usages plus ouverts.

Le podcast avec Jean-Christophe Rattel

Ekoï : d'internet au peloton

L’avis de Bike Café

Une autre lecture du cyclisme

L’histoire d’Ekoï raconte finalement autre chose qu’une simple réussite entrepreneuriale. Elle illustre une transformation du cyclisme lui-même. Un sport qui s’ouvre, qui se diversifie, et où les frontières entre amateur et professionnel, entre performance et plaisir, deviennent plus floues. Dans ce paysage en mouvement, Ekoï occupe une place à part. Ni totalement outsider, ni complètement institutionnelle. Juste une marque qui, depuis Fréjus, continue de tracer sa propre ligne.

Nous sommes revenus de Fréjus impressionnés par la simplicité et le parler juste de Jean-Christophe Rattel qui nous a reçu. Merci également à ses collaborateurs qui nous ont accordé de leur temps, pour nous dévoiler les coulisses de leur belle entreprise.

Visiter le site Ekoï : https://www.ekoi.fr/fr/

CANYON Endurace : la famille s’agrandit

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Après avoir dévoilé l’Endurace CFR sur les pavés des Classiques flandriennes juste avant Paris-Roubaix, CANYON décline désormais son ADN sur les nouveaux modèles CF SLX et CF. Entre intégration aéro, stockage malin et pneus de 38 mm, la famille est désormais complète.

Canyon Endurace CF SLX 2026
La famille CANYON Endurace enfin au complet – photo CANYON

Le vélo d’endurance moderne ne se contente plus d’être confortable. Il doit être rapide, technique et capable de s’affranchir des frontières du bitume. On se souvient avoir vu l’Endurace CFR s’illustrer sur les secteurs pavés au printemps dernier : aujourd’hui, cette technologie héritée de la course devient accessible au plus grand nombre.

Canyon Endurace CF SLX 2026 : l’ADN des Classiques pour tous

L’Endurace CF SLX n’est pas qu’une simple déclinaison. C’est une plateforme qui hérite directement des tests grandeur nature effectués par les pros sur les Classiques.

Canyon Endurace CF SLX 2026
CANYON Endurace CF SLX aussi à l’aise dans les Flandres qu’à Mallorque – photo CANYON

Une aéro héritée de la course

Ce nouveau modèle puise son inspiration aérodynamique chez son grand frère l’Aeroad, pour prétendre fendre l’air avec efficacité.

En soufflerie, il affiche une traînée de seulement 209 watts, une performance qui le place devant bien des vélos de pur sprint d’ancienne génération.

Toutefois, la géométrie a été ajustée pour l’endurance : le stack a été augmenté et le reach diminué.

Cette position légèrement plus relevée et confortable est l’assurance selon CANYON de pouvoir tenir toute la journée en selle avec une efficacité maximale face au vent.

Rangement LOAD : L’épuration totale

C’est la nouveauté pratique et dorénavant très répandue : le système LOAD. Une trappe intégrée dans le tube diagonal permet de loger l’outillage comme le CO2 ou un multi-outils. Finies, la sacoche de selle qui ballotte ou les poches du jersey remplies. Tout est centré et caché, préservant l’esthétique épurée du cadre en carbone.

Même la douille direction est épurée, évidée même – photo CANYON

Ergonomie et confort : Les détails qui comptent

CANYON a soigné les points de contact, un aspect crucial pour l’expérience utilisateur :

Filtration VCLS : Que ce soit la nouvelle tige de selle aéro VCLS Comfort sur le SLX (ci contre) ou la légendaire VCLS 2.0 à lames sur le CF, l’absorption des chocs est au cœur du concept.

Manivelles courtes : Le passage à des manivelles de 165 mm sur la taille M (au lieu de 172,5) permet de réduire les contraintes articulaires et de fluidifier le pédalage.

La liberté des 38 mm

C’est le point de convergence entre l’endurance et le All-Road.

Avec un dégagement permettant de monter des pneus de 38 mm, l’Endurace devient un véritable couteau suisse.

Pneus fins pour une sortie club rapide, ou sections larges pour explorer les pistes forestières et les routes blanches.

Le CANYON Endurace ne devrait vous imposer aucune limite de terrain.

Endurace CF : entrée de gamme à 1000 grammes

Pour ceux qui privilégient le rapport poids/prix, l’Endurace CF propose un cadre sous les 1000 grammes. S’il fait l’impasse sur le rangement interne, il gagne des fixations top tube pour sacoches vissées, parfaites pour le bikepacking léger ou les épreuves de longue distance.

L’avis de Bike Café

Canyon réussit le grand écart ! En s’appuyant sur l’aura de l’Endurace CFR vu sur les pavés du Nord, la marque propose deux versions qui incarnent parfaitement le vélo de route moderne : rapide sur l’asphalte et serein quand la route se dégrade. Je ne sais pas vous, mais moi, le CANYON Endurace CF SLX 2026, j’en ferais bien mon “daily” pour aller travailler… une façon très personnelle de concevoir le commuting !

En bref : La gamme et les prix

  • Endurace CF SLX (à droite) : Dès 3 999 €.
  • Équipement : Full carbone, groupes électroniques et roues carbone.
  • Endurace CF (à gauche) : Dès 1 699 €.
  • Équipement : L’accessibilité sans compromis sur le rendement avec en prime des oeillets pour le bikepacking.
  • Toutes les spécifications de la gamme sur le site CANYON.
Canyon Endurace CF SLX 2026
CANYON Endurace CF SLX – photo CANYON

UBF Cévennes 2026 : une aventure longue distance de 300 km

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Le retour du printemps marque pour beaucoup l’ouverture de la saison des BRM (Brevets de Randonneurs Mondiaux) et des courses ultra-distance. À l’occasion de la dernière édition de l’UBF Cévennes, lors du week-end de Pâques, j’ai eu l’opportunité de découvrir un évènement d’une rare qualité « humaine ». Et une une région qui offre un terrain de jeu souvent dépaysant, parfois rude, mais qui se montre toujours exceptionnel pour les amoureux d’aventure.

Une équipe de passionné(e)s à la manœuvre

L’association UBF (Ultra Bike France) c’est avant tout et comme bien souvent, une histoire de rencontres. La rencontre de Jean-Marc Beriou et Hubert Tissot, deux Toulousains passionnés de longues distances, dont l’objectif est de promouvoir la pratique de l’ultracyclisme auprès du plus grand nombre avec des formats médians allant de 200 km à 500 km. Notamment auprès de la nouvelle génération.

UBF organise plusieurs dates tout au long de l’année, le calendrier propose de parcourir diverses régions, dont les Alpes, les Pyrénées, ou encore la Provence. Le coup d’envoi de la saison 2026 fut donné dans les Cévennes, édition à laquelle nous avons été conviés. Bien que les évènements autour de la pratique se soient multipliés ces dernières années, le talon d’Achille de certains provient souvent de l’absence de repérage réel. Ce qui amène parfois quelques surprises.

Le profil du parcours 300 km – site UBF

Et c’est justement là une qualité des évènements UBF. Pour en avoir longuement discuté avec l’organisation, Hubert Tissot fait en sorte d’assurer la reconnaissance de chacun de ses évènements, par lui-même naturellement, mais également avec l’appui de cyclistes locaux sur place, en l’occurrence Valentin dans les Cévennes. Ce qui permet de mettre à jour les traces selon certains aléas (travaux, météo, etc.).

Une organisation UBF à dimension humaine

Pour cette première date de l’année, cet évènement UBF prenait place du samedi 4 jusqu’au lundi 6 avril dans le charmant village de Cornillon dans les Cévennes au Camping les Amarines – non loin de Bagnols-sur-Cèze -, à cheval entre les départements du Gard, de la Lozère et bien sûr de l’Ardèche. Pas moins de 80 cyclistes étaient réunis sur deux jours pour découvrir l’un des trois parcours proposés. C’est une bonne vingtaine de moins qu’à l’habitude, certes, cela n’en reste pas moins une superbe participation considérant que nous sommes en plein week-end de Pâques.

Le temps des vérifications obligatoires du matériel et des instructions d’usage – photo Gaëtan Vidal/organisation UBF

Après l’incontournable check-in, afin de vérifier la bonne présence du matériel obligatoire, le briefing d’une heure vient rappeler les règles du challenge UBF. À l’image de l’interdiction d’un véhicule d’assistance externe, qui va à l’encontre de l’autonomie. Mais également l’absolue nécessité de respecter la trace et donc, à fortiori, de reprendre le parcours là ou un participant le quitte. Le draft, qui consiste à enchaîner les relais pour aller plus vite (hors duo) est aussi interdit. Tandis que le respect du code la route et de l’environnement résonnent comme des évidences, sous peine de disqualification.

La journée se termina par une « pasta party », incontournable repas qui permet de partager des moments précieux avec tous les participants, et d’échanger sur les parcours, les échéances, et les objectifs de chacun. C’est l’occasion de constater, contrairement à d’autres évènements, que beaucoup de participants possèdent déjà une certaine expérience. Voire même un certain palmarès. J’y croise l’ancien coureur Élite Nicolas Châtelet, vainqueur de la Race Across Spain 1000 km en 2025 et de la récente Race Across Paris 1000 km en 2026. Mais aussi le très sympathique Jonas Verest, vainqueur de la Race Across France 2500 en 2025.

Premiers tours de pédales et premières rencontres

Avec l’arrivée d’autres échéances dans les prochaines semaines, et afin de mettre le moteur en route comme le dit l’expression consacrée, j’ai opté pour le format 300 km plus dynamique. Un parcours relativement exigeant, d’exactement 320 km pour un dénivelé de 4800 m. L’occasion de mettre à l’épreuve ma toute nouvelle monture, le Cube Attain C62 SLT monté avec des pneus de 30 mm, ainsi que le nouveau cuissard ASSOS Mille GT S11 testé récemment par Laurent.

Un départ très attendu par toutes et tous aux premières lueurs – photo Pierre Dubarry

Le départ est donné le dimanche de Pâques à 7h30 sur le parvis du camping. Il est neutralisé par la voiture rouge de l’organisation sur les premiers kilomètres pour nous mettre en jambe. Le début du parcours permet de se rendre compte des conditions idéales qui nous attendent. Le soleil est au rendez-vous, et le mercure affiche des températures plus que printanières. Un vrai plaisir après plusieurs semaines d’un Mistral particulièrement tenace et virulent en Provence.

Les 50 premiers kilomètres font office d’échauffement, le parcours est vallonné, mais sans difficulté particulière. Chacun commence à trouver son rythme, puisque l’objectif sur ce type d’épreuve reste de lisser son effort sur la durée. C’est au moment où le profil commence à se montrer progressivement plus pentu après le village de Vans, que je fais la rencontre de Franck. Un local de l’étape, gérant de plusieurs salons de coiffures dans la région, malgré sa pilosité crânienne peu reconnaissante, ce dont nous plaisantons ouvertement ensemble, vu le point commun que nous entretenons. Il participe pour la seconde fois à l’UBF Cévennes, et revient avec l’objectif d’obtenir le statut de finisher.

Nous échangeons sur nos expériences récentes, et il me confie assez volontiers qu’il est là avant tout pour prendre du plaisir. Bien qu’il commence à se préparer pour la prochaine RAF qu’il fera en binôme. Nos différences de rythme commençant à devenir une gêne pour sa gestion de l’effort. Je quitte ce personnage aussi attachant que sympathique à l’approche de Villefort dans les Cévennes Lozériennes.

Le col des Tribes, sur la ligne de partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée – photo Pierre Dubarry

Les premières difficultés à l’horizon

Il est désormais temps d’entamer le Col des Tribes, qui constitue un hors d’œuvre pour la première grosse difficulté du jour. Officiellement le col offre 25 km d’ascension, toutefois la montée s’avère très roulante jusqu’au kilomètre 19. Les pourcentages oscillent en effet entre 1 et 2 %, un faux plat montant. Seuls les 6 derniers kilomètres remontent, avec des portions comprises entre 4 et 6 %. Je rencontre à ce moment-là Salvatore, un participant espagnol venu de Vérone. Nous échangeons sur les évènements ultra organisés en Italie. Notre amour partagé pour notre pays respectif, et nos échéances à venir, parmi lesquelles les Race Across Series.

À peine le temps de redescendre sur le petit village de Bleymard, que nous enchaînons directement sur le col de Finiels à 1540 m d’altitude. Un très joli col de 11 km de long pour un dénivelé de 470 m, avec quelques belles portions pentues entre 7 et 11 %. L’occasion d’apercevoir quelques résidus de neige sur les bas-côtés du Mont Lozère. Celui-ci offre un point de vue magnifique sur le massif des Alpes, et des paysages de bruyères et de roches façonnées par le vent.

Une seconde partie piégeuse

Les sensations sont excellentes sur la première centaine de kilomètres, il est maintenant temps de redescendre sur Pont de Montvert. Et de profiter d’une superbe descente rapide mais technique de 10 km avec de très beaux lacets. La seconde partie du parcours permet de découvrir une partie des Gorges du Tarn, creusées par ladite rivière. Quelques belles pentes pour une section assez cassante en termes de rythme, avant d’entamer la descente jusqu’à Florac, la capitale du Parc National des Cévennes. J’y rencontre Thomas, un participant qui vient de crever pour la seconde fois. Je le dépanne d’une de mes deux chambres, dans l’espoir de le voir repartir. Ce qu’il fera.

Une superbe descente de 10 km, un régal après le Mont Finiels – photo Pierre Dubarry

Un col du Sapet retord

Cet interlude passé, nous entamons la seconde partie du parcours, avec l’enchaînement de deux cols particulièrement retords. Tout particulièrement le Sapet, long de 6 km pour un dénivelé de 455 m. La pente moyenne est de 7,5 %, mais elle est relativement rectiligne. Elle ne laisse aucun répit jusqu’aux trois derniers kilomètres « tenaces », où l’on flirte plutôt les 9 %. Après plus de 180 km, les jambes le sentent passer. D’autant plus lorsque la température flirte avec les 30 degrés, et que le mauvais revêtement donne le sentiment de rester accroché au bitume. Mais ce fut l’occasion d’échanger avec Tony, un autre compère, notamment sur le prochain Biking Man Aura, et la participation de sa femme à cet UBF en tant que bénévole. L’amour du vélo peut aussi se partager à deux, même lorsque son/sa partenaire ne pratique pas forcément.

La descente vers Pont de Monvert, que nous traversons pour la seconde fois, permet de remplir les bidons avant de repartir en direction de la Croix de Berthel. Ce n’est certainement pas la partie la plus difficile, mais le Sapet est encore présent dans les jambes. Ce faux plat montant de 2 % de moyenne, vient puiser dans les réserves à l’aube du passage des 200 km.

Le Bouquet final de l’UBF Cévennes

La dernière partie s’avère plutôt roulante, d’ailleurs le col des Brousses reste relativement court avec ses deux kilomètres à 5 % de moyenne. Mais ce n’est rien face au plus gros morceau que constitue le Mont Bouquet. Beaucoup d’autres cyclistes locaux m’avaient prévenu qu’il était très spécial. Je comprends mieux pourquoi désormais.

Il ne faut surtout pas se fier à ses 629 m d’altitude, mais plutôt à son profil particulièrement atypique. Seulement long de 4,60 km pour un dénivelé de 437 m, la pente moyenne se situe ici à 9,5 %. Et les pourcentages vous attaquent dès les tout premiers mètres, jusqu’à ne plus lâcher jusqu’à la fin. Certains passages flirtent avec les 17 %. Les sensations sont forcément différentes avec une ascension durant la nuit. Mais le soulagement de l’arrivée au point culminant fut au moins à la hauteur de l’effort. La descente demande d’ailleurs une attention particulière. Certains virages sont piégeux (plus encore de nuit). Sans compter la présence d’une faune peu habituée à la présence humaine durant ces heures, entre sangliers, renards et lièvres.

Le sentiment du devoir accompli

L’arrivée 25 km plus tard à Cornillon se déroule sans encombre, c’est le moment où l’on savoure les derniers kilomètres. Comme un instant suspendu. Jusqu’à entendre le son de l’incontournable cloche qui résonne sur la ligne d’arrivée. C’est là mon moment préféré. Celui où se mêlent le plaisir d’avoir rempli son objectif, et celui d’avoir désormais le luxe du temps. Celui d’échanger avec les autres participants et les bénévoles. Sur le parcours, nos sensations, tout en reprenant des forces avec une collation réconfortante.

La célèbre cloche pour annonce l’arrivée d’un participant – crédit photo Gaëtan Vidal/organisation UBF

J’y retrouve Franck, rencontré au tout début ce périple. Il termine un peu plus d’une heure plus tard, et me confie être tombé en panne de GPS après le mont Bouquet. Il a terminé les derniers kilomètres avec sa femme au téléphone, qui lui donnait les indications nécessaires pour suivre la trace. Une course ultra retient souvent une anecdote mémorable, ce n’est pas la seule du jour, mais c’est l’une de mes préférées.
Je tiens à remercier à nouveau Hubert Tissot, Jean-Marc Beriou et l’ensemble des bénévoles de l’association, dont je retiendrai la passion, la bienveillance et le savoir-faire. D’autres évènements sont déjà programmés, dans les Alpes, les Pyrénées orientales, et un dernier en Provence qui s’annonce des plus intéressants.

Comme un lundi : dans ma tribu

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dans ma tribu

L’édito de Bike Café

Les membres de certaines communautés minoritaires sur la route ont coutume de se saluer lorsqu’ils se croisent. Les motards, les randonneurs, les conducteurs de bus et bien sûr les cyclistes. Est-ce un signe de courtoisie ou plus vraisemblablement le salut d’appartenance à un groupe marginal d’usagers de la route ? Ce matin, j’essaye de comprendre pourquoi notre tribu de pédaleurs s’entre salue sur la route. La première explication que j’ai trouvée serait liée à la possibilité que nous avons, nous les cyclistes, de le faire. En effet, ce rituel confraternel est facilité par notre vitesse relativement faible, le fait que nous ne sommes pas enfermés dans un habitacle et la fréquence de ces rencontres qui ne nous oblige pas à saluer à tout moment. Je n’imagine pas que ce rite soit possible en vélotaf à Paris ou ailleurs dans un flot urbain. À vélo on peut voir le geste de salut et même entendre le « bonjour » qui l’accompagne. Cet échange peut aussi bien se faire lors d’un dépassement. La deuxième raison, et sans doute la plus vraisemblable, vient d’un réflexe tribal lié à une certaine solidarité organique. (photo de couv Matthieu Perusset)

Lors de mes sorties du week-end, je croise beaucoup de cyclistes sur nos routes. Seuls, en petit groupe ou en peloton, dès que les beaux jours arrivent, ils se font de plus en plus nombreux. Je leur fais généralement ce petit signe fraternel coutumier. En fait, ce ne sont pas forcément les cyclistes que je salue. Sauf quelques exceptions, je ne les connais pas. Le salut que je leur adresse bien volontiers se destine au miroir de mon propre plaisir de me trouver là sur cette route. Cette expression de liberté que je vois chez les autres me renvoie le reflet de la mienne. Je me sens solidaire et admiratif de cette pratique cycliste qui nous invite à rouler, sans objectif précis. Ce salut serait donc l’expression d’une sorte d’autosatisfaction d’être là, en plein bonheur cycliste.

dans ma tribu
Ce salut serait donc l’expression d’une sorte d’autosatisfaction d’être là, en plein bonheur cycliste – photo Mathieu Perusset lors de la Cezanne 2025

Il y a bien sûr des exceptions et quelques trous dans cette belle cordialité clanique. Je sais par exemple que, lorsqu’un groupe de cyclistes s’approche et que ça parle fort en refaisant le match du dernier Paris-Roubaix, je n’aurai pas de réponse à mon salut. Pareil si je croise un triathlète, couché sur ses prolongateurs, ou un groupe lancé en mode contre-la-montre par équipe. Le néocycliste qui n’aura pas encore compris nos rites sera étonné et, encore timide, il ne répondra pas. Le VTTiste, perdu dans ce monde routier qui n’est pas le sien, ne va pas saluer un guidon tordu. Des fois, je digère mal le non-retour de mon salut. Je me dis que dans notre peuple cycliste l’union des tribus n’est pas faite. Tant pis, je persiste car le prochain salut sera jovial. Pour moi cet édito du lundi est une façon de vous saluer, chers lecteurs, et de vous souhaiter une bonne route pour la semaine, en croisant, j’espère, nos articles sur Bike Café. Et si cette rencontre avec nous vous plait, abonnez-vous à notre newsletter, comme ça vous serez sûrs de ne pas manquer le rendez-vous.

Patrick.  

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Ekoï la Storia

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Ekoï la Storia
EkoÎ La Storia

Je vais être franc, mais lorsque nous avons démarré Bike Café en 2015, pour moi, Ekoï était une marque de grande diffusion plutôt ancrée route et son gigantisme apparent ne nous attirait pas plus que ça. Portés par l’avènement du gravel, nous nous étions éloignés de cette marque et de ses produits. Nous avons avancé dans notre connaissance de sa production au fur et à mesure des rencontres, des témoignages et de nos propres expériences en testant ses produits. Ce livre et ma rencontre récente avec Jean-Christophe Rattel parachèvent ma découverte de la “Storia” de cette marque.

L’auteur de l’ouvrage Ekoï la Storia, Salvatore Lombardo, est le créateur du magazine Top Vélo, devenu aujourd’hui avec son fils Alexandre un site d’informations réputé. Il connait bien le vélo et ses racines italiennes font vibrer ses écrits. C’est un esthète radical, un intellectuel rebelle et un journaliste engagé. Sa plume nous entraine à la rencontre d’Ekoï et de l’incroyable saga construite entre le cyclisme pratiqué à haut niveau et celui des pelotons du dimanche matin.

Ekoï la Storia
photo Patrick VDB

Dans sa forme, ce livre fait penser à un mook (livre-magazine). Couverture simple et reliure souple. L’ouvrage est organisé en 5 parties. Ce format est conforme à l’esprit d’Ekoï : pas de superflu, pas de présentation ostentatoire, mais de la qualité à toutes les pages, servie par une maquette soignée et de belles photos.

Ekoï la Storia
photo Patrick VDB

Cet ouvrage rassemble des portraits de la famille Ekoï. En le parcourant, on est invité à entrer dans cette famille que Jean-Christophe Rattel a construite. Avec ses “ambassadeurs” de luxe, on comprend qu’Ekoï avait besoin de cette caution pour légitimer le niveau de ses produits et les tester dans des conditions extrêmes. Au-delà de cette quête de notoriété, cette Storia me fait comprendre la véritable passion pour le cyclisme qui anime Jean-Christophe Rattel. Dans une famille, on s’offre des cadeaux d’anniversaire et le De Rosa Venti conçu pour les 20 ans d’Ekoï est le symbole de cette fusion entre la création de produits pour tous et celle de produits d’exception. Les innovations de la marque : pédale révolutionnaire, textile, lunettes… résultent de cette osmose entre le haut niveau et l’usage pour tous.

Ekoï la Storia
photo Patrick VDB

J’ai aimé cet ouvrage qui est bien plus qu’une plaquette écrite à la gloire d’une marque à succès. Je retiens cette belle phrase de Salvatore Lombardo : “Il y a des suiveurs. Nombreux. Et il y a des marqueurs d’époque. Ces personnages rares qui s’offrent des aventures qui incarnent un temps. Quelque chose qui tient du flagrant et de l’audace. Avec comme caractéristique la volonté insigne de changer les choses pour accompagner l’époque.” Elle résume ce que j’ai ressenti en rencontrant Jean-Christophe Rattel et ce que la lecture de cet ouvrage m’a apporté. Au-delà des critiques qui sont souvent le retour d’un succès populaire, lisez cette “Storia” pour entrer dans les coulisses d’une passion pour le cyclisme et l’innovation.

Informations

TitreEkoï la Storia
AuteurSalvatore Lombardo
EditeurExige Éditions
Site web éditeurhttps://www.ekoi.fr/fr/livres-cyclisme/16620-livre-ekoi-la-storia.html
Nombre de pages212 pages
Date de publicationjuillet 2025
Prix TTC19 €

Pitch de l’éditeur

Ekoï la Storia
photo Patrick VDB

Un livre hommage à 25 ans de passion, de défis et d’innovations.

Ce livre retrace les 25 années d’EKOÏ à travers les portraits de champions, de légendes du cyclisme et de managers visionnaires qui ont contribué à forger l’identité unique de la marque. Véritable témoignage de l’aventure EKOÏ, cet ouvrage s’adresse aux amoureux de la marque et à sa communauté. Il met en lumière celles et ceux qui ont participé à sa construction : coureurs, anciens champions devenus ambassadeurs, managers d’équipes qui ont cru en EKOÏ et ont accompagné son essor sur la scène internationale.

Fruit d’un méticuleux travail journalistique mené pendant plus de deux ans, ce recueil repose sur un contenu richement documenté et des illustrations de haute qualité. Instructif tout en étant aéré, il assure un véritable plaisir de lecture. Plus qu’un simple livre, EKOÏ – LA STORIA illustre l’ancrage profond de la marque dans l’histoire du vélo sous toutes ses formes : route, VTT, triathlon… À travers 212 pages, il révèle ce qui fait d’EKOÏ une marque différente, audacieuse, inspirée et résolument associée à la culture cycliste. 

Une lecture essentielle pour celles et ceux qui partagent la passion du vélo… et d’EKOÏ.

À propos de l’auteur

Salvatore Lombardo

EkoÎ La Storia
photo DR

Journaliste et écrivain, compagnon de route du prix Nobel de littérature 2000 Gao Xingjian et du Grand Prix national d’architecture Rudy Ricciotti, Salvatore Lombardo est l’auteur d’une trentaine de livres dont les thèmes vont de la géopolitique au cyclisme en passant par la création artistique. Dernier en date, « Coppi par Coppi », coécrit avec son ami Faustino Coppi. Coureur cycliste dans sa jeunesse, Salvatore est passionné par le cyclisme qu’il considère comme un fait culturel. Il applique au vélo les préceptes du nouveau journalisme qu’il a mis en exergue tout au long de sa carrière de grand reporter.

Dilecta Samara : un monster gravel pour repousser les limites

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Dilecta Samara

Le Dilecta Samara marque une nouvelle étape dans le développement de la marque française. Le Dilecta Samara s’inscrit dans une approche orientée aventure et longue distance, en proposant un format dit “monster gravel” capable de s’éloigner des standards traditionnels du gravel. Fondée en 1913 puis relancée récemment, Dilecta développe aujourd’hui des vélos qui cherchent à conjuguer usage, durabilité et polyvalence. Le Samara illustre cette orientation en visant les cyclistes qui souhaitent rouler sur tous les terrains, y compris lorsque la route disparaît.

Un monster gravel pour élargir le terrain de jeu

Avec le Dilecta Samara, la marque propose une lecture élargie du gravel. Présenté comme un “monster gravel”, ce vélo vise à couvrir un spectre d’usage plus large : routes, pistes, sentiers techniques et voyages longue distance.
Selon Dilecta, ce modèle s’inscrit dans la continuité du Forçat, figure historique associée à l’endurance et à la robustesse. L’objectif consiste à proposer un vélo capable d’aller plus loin, plus longtemps, sans se limiter à un terrain spécifique.

Dilecta Samara
Photo Dilecta

Une capacité de pneus qui redéfinit les usages

L’un des points clés du Dilecta Samara concerne son dégagement pour les pneus. Le cadre accepte des sections jusqu’à 700 x 60C ou des pneus VTT en 29″ x 2,30″.

Dilecta Samara
Photo Dilecta

Cette capacité ouvre plusieurs possibilités :

  • montage roulant pour le gravel rapide ;
  • pneus larges pour le confort et la motricité ;
  • profils cramponnés pour terrains techniques.

Dilecta indique que ces pneus de gros volume pourraient améliorer l’adhérence, la stabilité et l’absorption des chocs, notamment en configuration chargée.

Une géométrie orientée pour la stabilité et le franchissement

Le Dilecta Samara repose sur une géométrie pensée pour l’équilibre et le contrôle :

Dilecta Samara

La marque met en avant :

  • une stabilité renforcée en descente ;
  • une meilleure capacité de franchissement ;
  • un comportement adapté aux terrains irréguliers.

Cette approche vise à sécuriser le pilotage, notamment lorsque le vélo se charge ou que les conditions deviennent plus techniques.

Un cadre en acier Reynolds

Le choix du matériau s’inscrit dans la philosophie du projet.

Photo Dilecta

Le Dilecta Samara utilise un acier Reynolds 725, reconnu pour son équilibre entre rigidité, confort et robustesse. Dilecta explique que ce matériau permettrait de conserver un comportement homogène, que le vélo soit utilisé à vide ou en configuration chargée.

Une fourche orientée aventure et autonomie

Le vélo intègre une fourche carbone spécifique développée par Dilecta. Elle propose des inserts latéraux et un routage interne pour moyeu dynamo. Cette configuration vise à faciliter l’intégration d’équipements pour le voyage ou le bikepacking, tout en permettant d’alimenter des accessoires comme l’éclairage.

Un vélo pensé pour être réparable

Le Dilecta Samara adopte des standards techniques éprouvés.

On retrouve notamment :

  • un boîtier de pédalier en 68 mm ;
  • une patte de dérailleur UDH ;
  • un passage de gaines externe ;
  • une compatibilité mono et double plateau.

Selon la marque, ces choix permettent de faciliter l’entretien et les réparations, y compris en situation d’itinérance.

Un design entre héritage et modernité

Dilecta conserve une identité visuelle forte avec le Samara.

Dilecta Samara

Le vélo adopte des lignes sobres et intemporelles en arborant un logo “héritage” inspiré de 1913. Cette approche traduit la volonté de la marque de relier son passé à une lecture contemporaine du gravel.

Conclusion

Le Dilecta Samara propose une interprétation du gravel qui dépasse certains standards actuels. En s’appuyant sur une capacité à accueillir des pneus larges, une géométrie orientée sur la stabilité et des choix techniques favorisant la réparabilité, la marque explore une approche tournée vers l’aventure et la longue distance.
Ce positionnement pourrait séduire les cyclistes qui cherchent un vélo capable de s’adapter à des terrains variés, sans se limiter aux formats gravel traditionnels. Reste à voir comment ce type de “monster gravel” trouvera sa place face à des pratiques en constante évolution.