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Le gravel race : de la pratique alternative à la naissance d’un circuit mondial

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Gravel Race

Le gravel race désigne la version compétitive du gravel, discipline née aux États-Unis sur des routes en terre et des pistes agricoles. Au départ, ces épreuves rassemblaient surtout des amateurs attirés par l’aventure et l’autonomie. Puis, le calendrier s’est structuré avec des courses devenues références. On pense notamment à la Dirty Kansa devenue la Unbound Gravel, à la Belgian Waffle Ride ou encore à The Traka. Parallèlement, l’UCI a lancé ses Gravel World Series et un championnat du monde est né. Le gravel race s’est installé en peu de temps dans le paysage international. Il est devenu le segment le plus désirable auprès des cyclistes, confirmé par le niveau des ventes. Cela le rend évidemment stratégique pour une industrie du cycle en souffrance. (photo de couverture Virginie Govignon).
C’est l’UCI qui a favorisé le développement du gravel race au niveau international. Nous étions présents à Millau en 2022 pour la première manche UCI Gravel World Series. En 4 ans, le calendrier UCI Gravel World Series est passé de 13 à 45 épreuves : impressionnant ! Ce succès est lié au règlement qui permet aux premiers 25% des athlètes de chaque catégorie d’âge d’être qualifiés pour les championnats du monde Gravel UCI. Ajouté au fait que les catégories sont nombreuses (tranches de quatre ans), les amateurs entraînés sont potentiellement éligibles à cette sélection et font plusieurs manches en Europe dans l’espoir de se qualifier.

UCI Gravel

Ce développement rapide attire désormais les marques de vélo. Elles voient dans le gravel race un terrain d’expression différent du cyclisme sur route. Elles y trouvent une croissance à deux chiffres ces dernières années, une forte diversité d’usages et une grande source d’inspiration et de créativité. On constate cette année la forte émergence des teams et la stratégie suivie par les marques qui s’oriente vers le vélo performance. Ce mouvement est soutenu par la création d’épreuves inspirantes pour une puissante communication digitale, dans les décors de paysages spectaculaires où évoluent ensemble les pros et les amateurs.

Les teams de marques dans le gravel race international

Le gravel, ce n’est pas qu’une surface, c’est un mode de vie. 

Peter Stetina

Les premières années du gravel ont reposé sur des athlètes indépendants, mais la professionnalisation progresse. Les grandes marques de vélo et d’équipements structurent aujourd’hui de véritables équipes. Des marques historiques du cyclisme investissent massivement et recrutent des athlètes capables de performer sur des formats longue distance. Leur objectif est clair : associer leurs modèles gravel à la victoire. Nous ne sommes plus dans un contexte opportuniste mais dans la volonté des marques de maîtriser leur propre story telling.

Gravel race
Peter Stetina : ancien coureur WorldTour, il a opéré une transition assumée vers le gravel dès 2020. Il fait partie des pionniers de la scène américaine moderne – photo DR

D’autres acteurs plus récents utilisent le gravel race comme levier d’image. Ils ciblent un public sensible à l’aventure et à la polyvalence.
Pour cela, ils combinent performance sportive et récit. En France, la marque Wish One a devancé dans ce domaine des marques qui se contentaient des marchés route et VTT. Dans cette approche composite du discours, on observe également l’arrivée d’équipes hybrides. Certaines réunissent route, VTT et gravel dans une même structure. Cette stratégie permet de mutualiser les budgets et de renforcer la visibilité. Le gravel race mondial reste jeune même si beaucoup de leaders viennent du WorldTour route ou VTT : Alejandro Valverde, Laurens ten Dam, Greg Van Avermaet, Romain Bardet, Katarzyna Niewiadoma, Pauline Ferrand-Prévot… Cependant, une génération 100 % gravel émerge progressivement.

Une stratégie d’image centrée sur la performance

Le gravel véhicule une image d’authenticité et de liberté et pourtant, les marques s’appuient désormais sur la performance pour structurer leur discours. Elles mettent en avant les podiums et les victoires et elles relaient ces résultats sur les réseaux sociaux et les médias spécialisés. Cet élément de différenciation sur un marché saturé est un moteur d’envie. Dans cette stratégie de la performance, on distingue plusieurs objectifs. D’abord, elle crédibilise les nouveaux modèles issus de la R&D. Ensuite, elle rassure les consommateurs sur la fiabilité du matériel. Enfin, elle positionne la marque comme innovante dans un segment nouveau et en croissance.

Gravel Race
La marque Q36.5 équipera et soutiendra les athlètes Alexis Skarda, Maddy Nutt, Cassia Boglio et Maaike Coljé lors des principales compétitions de gravel du calendrier international 2026,
Traka et Unbound.- photo Q36.5

Contrairement au cyclisme sur route, le gravel race valorise l’endurance et la gestion de l’effort. Il agit sur l’imaginaire d’une compétition pure, accompagne la féminisation et valorise l’ancrage local des courses qui dépassent souvent les 200 kilomètres sur des terrains difficiles. Par conséquent, les marques insistent sur le confort, la robustesse et la polyvalence de leurs produits. La performance ne se limite plus à l’aérodynamique et à la puissance des watts. On remarque l’association forte sur ces valeurs avec des marques d’équipements : textile pour Factor avec Rapha et Café du Cycliste avec Willier, les roues pour Canyon avec DT-Swiss…

Gravel race et trail running : une ressemblance

Le développement des teams gravel rappelle ce qui s’est produit dans le trail running au début des années 2000. À cette époque, les grandes marques de running ont investi les ultras et les courses en nature qui ont elles-mêmes explosé. Elles ont soutenu des athlètes emblématiques pour crédibiliser leurs gammes. Le trail running incarnait alors une pratique alternative à la route. La médiatisation des épreuves comme l’UTMB a transformé cet univers en marché structuré. Les teams ont joué un rôle central dans cette évolution. La jeunesse d’un nouveau héros de l’ultra en route et gravel longue distance comme Victor Bosoni nous rappelle l’histoire de Kilian Jornet.

Gravel Race
Victor Bosoni sur l’Atlas Mountain Race – photo Stephen Sheleski

Le gravel race suit actuellement une trajectoire comparable. Il conserve une image d’aventure, mais il s’intègre progressivement aux logiques de performance. Les marques utilisent les compétitions comme autant de vitrines technologiques et humaines.

Des teams comme laboratoires produits

Gravel Race
Canyon x DT Swiss dévoile son équipe All-Terrain Racing composée de 13 athlètes

Les teams gravel servent aussi de terrain d’essai. Les athlètes testent cadres, roues et transmissions dans des conditions extrêmes.
Les retours permettent d’affiner la conception : géométrie et composants. Cette approche nourrit ensuite la communication produit. Les argumentaires commerciaux vont décliner ensuite ce message auprès d’une clientèle friande de technologie. La marque peut expliquer que tel modèle a évolué grâce à l’expérience en course. Le consommateur peut alors associer le produit à un usage réel.

The Grip - Café du Cycliste
Le Team Grip avec Willier et Café du Cycliste

Dans le gravel race, la dimension aventure reste importante et les marques doivent équilibrer performance et authenticité. Un discours trop proche du cyclisme professionnel pourrait brouiller l’image initiale.

Le gravel race proche de nous

Le gravel race a peiné à s’implanter en France comme dans d’autres pays où le cyclisme sous ses formes traditionnelles était bien implanté. Le gravel race devait trouver sa place dans une activité sportive cycliste très riche sur route comme à VTT. Des initiatives sont venues de la part de marques comme Wish One et Look ou de clubs régionaux qui ont adopté rapidement cette nouvelle pratique en compétition. Des challenges sont nés, la FFC qui voyait au départ le gravel comme une pratique de randonnée s’est impliquée dans la forme race de la discipline.
L’UCI, avec ses Gravel World Series, a apporté un modèle qui fonctionne désormais le week-end dans bon nombre de nos régions pour le plaisir des jeunes sportifs en quête de nouveaux challenges. L’initiative de Wish One avec la Wish One Cup est intéressante pour permettre à de jeunes talents nationaux d’éclore rapidement pour accéder au haut niveau. La FFC a mis en place une Coupe de France Gravel avec 4 épreuves. Cette coupe est ouverte aux catégories U17, U19, Élite et Masters. Chaque manche permet l’attribution de points en vue de l’établissement d’un classement général final. Le challenge NOAQ propose 14 épreuves, dont les championnats de France qui auront lieu à Thouars durant les Graviers Roses, du 11 au 13 septembre 2026. Le GRAVEL’TOUR WISH ONE organisé par LVO propose également un challenge national réunissant 9 épreuves Ultimate et 3 épreuves Experience, dont Bike Café est partenaire. En 2027 le mondial UCI Gravel se déroulera en France et il sera intégré pour la première fois à toutes les épreuves cyclistes. Nous espérons y voir briller nos jeunes champions nationaux.

Conclusion : le gravel race, entre liberté et marketing de la performance

Le gravel race connaît une structuration rapide. Les compétitions se multiplient et attirent des équipes soutenues par les marques. Cette dynamique rappelle l’essor du trail running il y a vingt ans. Les marques de vélo utilisent l’image de la performance pour consolider leur positionnement. Elles cherchent à démontrer la fiabilité et la compétitivité de leurs modèles gravel. Cependant, le gravel reste différent du cyclisme traditionnel. Il valorise l’autonomie, l’aventure et l’expérience personnelle.
La stratégie marketing repose donc sur cet équilibre et les teams apportent crédibilité et visibilité. Ils restent plus humains et accessibles pour garder cette proximité avec la jeunesse de ce marché. Le gravel s’étant construit sur l’idée de liberté, il ne faudrait pas qu’un excès de marketing lui fasse perdre la spontanéité qui a fait son charme. L’enjeu pour les marques sera de préserver l’esprit ouvert du gravel pour ne pas reproduire le modèle très codifié du cyclisme sur route.

Prymahl lance une nouvelle gamme d’équipements carbone

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Prymahl

Avec ses nouveaux composants Prymahl, la marque française Origine ouvre une nouvelle étape dans son développement. Connue jusqu’ici pour ses roues assemblées à Rouvignies, Prymahl élargit désormais son offre d’équipements carbone. Cette nouvelle gamme comprend un cockpit intégré, une tige de selle brevetée et une fourche rigide VTT. Avec cette gamme, Prymahl vise une cohérence globale entre rendement, fiabilité et usage terrain.

Une nouvelle gamme carbone pensée pour le terrain

Les composants Prymahl marquent une évolution stratégique. La marque ne se limite plus à produire des roues hautes performances. Elle développe dorénavant un cockpit intégré et des composants structurels en carbone. Prymahl revendique une approche rationnelle. Chaque produit répond à un usage concret. La marque parle d’une conception orientée terrain plutôt que d’un exercice de style.

Prymahl

Cette gamme s’adresse aux cyclistes route, gravel et VTT. Elle vise des montages cohérents, durables et adaptés aux pratiques engagées.

Le cockpit PR01 intégré

Le cockpit PR01 constitue la première pièce importante de cette gamme. Prymahl conçoit ce combo cintre-potence comme une pièce unique en carbone haut module, réduisant ainsi volontairement les interfaces mécaniques. L’objectif consiste à améliorer la lisibilité du pilotage. Le cockpit privilégie une rigidité maîtrisée sans excès. Selon Prymahl, ce choix favorise un comportement homogène sur longue distance.

Prymahl
Cockpit PR01

Géométrie et conception

Le drop atteint 125 mm et le reach 75 mm, alors que l’angle de la “potence” s’établit à -10°. Ces valeurs permettent d’abaisser le poste de pilotage sans compromettre le contrôle, alors que le carbone haut module offre un compromis entre légèreté et filtration des vibrations.
Le poids vérifié s’annonce à 320 g (selon les tailles). Au regard de ses caractéristiques, ce cockpit se destine prioritairement aux vélos de route, mais également à certains vélos gravel à vocation sportive.

Prymahl

Dimensions disponibles

Prymahl propose plusieurs combinaisons largeur/longueur de potence. On retrouve notamment 380/70 mm, 400/90 mm ou 420/110 mm.
Cette variété vise un ajustement précis sans forcer l’adaptation du cycliste.

Prymahl

Le cockpit intègre deux inserts au filetage M4 espacés de 20 mm. Ils permettent la fixation directe d’un support compteur compatible Garmin, Wahoo, Bryton ou Sigma.

Prix indicatif : 429 €

La tige de selle Prymahl Adapt

Avec la Prymahl Adapt®, la marque introduit un système de tige de selle breveté. Cet élément en carbone vise une liberté de réglage élargie. Traditionnellement, les rails de selle offrent environ ±10 mm d’ajustement. La Prymahl Adapt® propose une plage comprise entre –30 mm et +10 mm. C’est un chariot réversible breveté qui rend ce réglage possible.

Prymahl
Photo Origine

Conception et matériaux

La tige combine moulage carbone et usinage précis des pièces métalliques. Le drapage favorise une flexibilité contrôlée dans l’axe frontal.
Il conserve une rigidité latérale utile au rendement. Les mâchoires externes utilisent de l’aluminium 7075-T6 forgé alors que les mâchoires internes reçoivent un usinage CNC. La visserie 10.9 bénéficie d’une protection anticorrosion. Cette tige de selle devrait trouver sa place sur des vélos de route ou gravel.

Le poids annoncé atteint 190 g.
Prix indicatif : 149 €

La fourche Prymahl VTT Rigide 29”

Prymahl complète sa gamme avec une fourche rigide carbone 29 pouces. Elle s’adresse aux projets de VTT rigides, monster gravel ou encore beach race. La marque met en avant sa simplicité et sa fiabilité.

La longueur axe-couronne atteint 486 mm, alors que l’offset (déport) s’établit à 44 mm. Cette géométrie vise à offrir de la stabilité à haute vitesse et de la précision à faible allure.

Compatibilités et intégration

La fourche adopte un axe Boost de 15 x 110 mm et accepte des disques de 160 ou 180 mm en étrier Postmount. Le passage de durite peut être interne ou externe. Cette fourche autorise des pneus jusqu’à 29 x 2.40 pouces. Vous pouvez retrouver cette fourche en action dans notre test du monster gravel Origine Théorème GR Ultra :

Le poids a été mesuré à 585 g.
Prix indicatif : 390 €

Une gamme complète pour structurer l’offre Prymahl

Prymahl
Photo Origine

Avec ces nouveaux composants Prymahl, la marque élargit clairement son catalogue. Elle ne se limite plus aux roues assemblées dans le Nord de la France. Elle propose désormais un ensemble cohérent de pièces carbone qui viennent renforcer une identité technique déjà associée aux roues. Prymahl construit ainsi une offre plus globale, orientée montage complet. Selon la marque, cette stratégie vise une cohérence entre rendement, confort et durabilité. Les composants Prymahl traduisent donc une étape structurante dans son développement industriel. À vrai dire, il nous tarde de pouvoir les essayer sur le terrain !

Page fabricant : Composants Prymahl

Couvre-sac Riley, vestes Billie et Travis 2.0 de GoFluo : la visibilité à vélo

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Suite au test des gilet Sean et harnais Pace de GoFluo proposé le mois dernier (Gilet Sean et harnais Pace de GoFluo, visibles à vélo !), je reviens aujourd’hui vous parler de trois autres produits de l’innovante marque belge. Le couvre-sac Riley ainsi que les vestes Billie et Travis 2.0. Trois sérieux atouts pour être bien visible à vélotaf.
Des articles avec une orientation plus urbaine et moins sportive, parfaits pour une utilisation à vélotaf et déplacements du quotidien. Toujours motivé par le souhait de présenter des produits alliant le style avec une recherche de sécurité, GoFluo propose ici des produits facilement portables et extrêmement visibles.
GoFluo nous explique que ces produits assurent une visibilité jusqu’à 150 mètres. Et ce, quelles que soient les conditions, même sous la pluie ou dans la pénombre. Un plus indéniable de sécurité quand on circule dans de telles circonstances où les temps de réaction et les distances de freinage s’allongent.

Au déballage

Une fois de plus, les produits respirent la qualité et l’attention portée à leur conception et fabrication est évidente. Les deux vestes affichent une somme de petits détails intelligents. Manches à ourlets élastiques, fermetures éclair à double curseur, dos plus long, poches zippées ou encore aérations pour évacuer la chaleur du corps.
Comme le gilet et le harnais testés précédemment, les deux vestes rayonnent lorsqu’elles sont sous une source de lumière.

Le couvre-sac n’est pas en reste non plus. Celui-ci profite d’un élastique avec boucle de tension sur le pourtour ainsi que de deux bretelles à boucle plate en sécurité supplémentaire. De grande taille et plutôt profond, il devrait parfaitement convenir à des sacs ayant une contenance de 20 à 30 litres. Cependant, il risque de flotter exagérément avec des sacs de plus petite taille.

Utilisation GoFluo Travis 2.0 et Billie

Les vestes ont des coupes plutôt amples, ce qui est cohérent pour des vêtements du quotidien. Les manches sont de bonne longueur pour une utilisation à vélo et les mouvements restent totalement libres.

Toujours a l’aise sur les photos – Photo MP Bodot

On appréciera les aérations, la fermeture à double zip ainsi que les poches zippées qui permettent de bien sécuriser ses effets personnels. Je dis ça en connaissance de cause, ayant déjà égaré mes clés sur un trajet. Le dos plus long fait aussi très bien son office et protège bien des projections de la route. Ce dernier vous évitera également le petit courant d’air dans le bas du dos que nous connaissons tous.

De son côté, la veste Billie prend un avantage esthétique indéniable. Le choix de couleur est efficace et le rendu est vraiment sympathique. D’allure sportive, la veste est très facilement utilisable au quotidien.

Ravie dans sa Billie ! – Photo Benjamin Bodot

Nous retrouvons le même niveau de détails avec poches zippées, fermeture à double zip, aérations et dos plus long. L’aération devrait cependant être un peu moins efficace que sur la Travis 2.0 avec seulement 2 petits trous placés sous chaque bras.

La capuche de la Billie marque la différence avec la Travis 2.0. Personnellement, j’évite soigneusement les capuches pour faire du vélo, je trouve cela gênant lorsque je tourne la tête pour regarder derrière moi. Je suis donc ravi que la veste Travis 2.0 n’en ait pas. Inversement, mon épouse n’est pas gênée par la capuche et est plutôt contente d’en retrouver une sur la Billie.
Les fermetures éclair ne sont pas les mêmes non plus. La Travis 2.0 possède une fermeture assez large qui se manipule très facilement, même avec des gants, et coulisse parfaitement. La Billie, par contre, a une fermeture plus esthétique mais moins efficace, les boucles sont un peu plus difficiles à attraper et coulissent plus difficilement.

Zip un peu capricieux – Photo Benjamin Bodot

Les deux vestes sont parfaitement étanches et, encore une fois, profitent d’une visibilité incomparable. L’une comme l’autre vous transformera en véritable illumination au premier faisceau de phare croisé. On remarquera d’ailleurs que la partie rose de la veste Billie est également réfléchissante.

Utilisation du couvre-sac GoFluo Riley

J’ai utilisé le couvre-sac Riley sur des trajets vélotaf par-dessus mon sac à dos de 20 litres. Étanche, il s’ajuste parfaitement et tient très bien en place. L’élastique réglable en tension sur le contour fait parfaitement son office et les boucles plates ajoutent une sécurité sans gêner dans le dos.
Comme le modèle WOWOW Berlin que j’utilisais il y a des années, le couvre-sac Riley est d’assez grand volume. Je l’ai utilisé sur mon sac à dos plein ou presque plein et c’était parfait. À vide, le couvre-sac a un peu tendance à flotter. De plus, il ne trouve pas sa place sur un sac de plus petite dimension, privilégiez vraiment un sac d’au moins 20 litres.

Dans mon cas, aucun souci, parfait dans mes trajets vélotaf avec mon sac chargé, il apporte étanchéité et une visibilité indéniable.

Au bilan sur ces produits GoFluo

Je m’avoue assez satisfait de ces trois produits. On regrettera peut-être la fermeture éclair peu pratique de la veste Billie, mais sinon le constat est très positif. Pour être tout à fait honnête, les deux vestes Billie et Travis 2.0 ont été totalement adoptées et accompagnent nos déplacements cyclistes du quotidien. Mon épouse utilise très souvent la Billie sans même prendre le vélo.
Le couvre-sac Riley fait quant à lui partie de mon équipement vélotaf. Pratique et facile à enfiler, j’apprécie beaucoup la visibilité qu’il m’apporte en ces mois d’hiver où tous mes trajets se font de nuit.

Veste GoFluo Travis 2.0

Veste GoFluo Billie

Couvre-sac GoFluo Riley

Comme un lundi : ne pas attendre que la goutte tombe

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la goutte

L’édito de Bike Café

Ce matin, c’est l’expérience étrange consistant à observer l’écoulement d’un fragment de poix sur de nombreuses années qui m’a inspiré. C’est la plus longue étude en laboratoire fonctionnant en continu au monde. Elle a démarré en 1927, à l’initiative du professeur Thomas Parnell de l’université du Queensland de Brisbane, en Australie. Il voulait démontrer à ses étudiants que certaines substances d’apparence solide sont en réalité des fluides de très haute viscosité. La première goutte est tombée en 1938 et la 9ᵉ et dernière s’est écoulée en 2014. Comme une sorte de fatalité, les responsables de l’expérience n’ont jamais pu concrètement observer visuellement la chute de cette fameuse goutte. Je vous invite à écouter ce court podcast (3 minutes) pour découvrir le côté absurde de cette expérimentation. (Photo de couverture l’Ardéchoise-cevennes-ardeche.com)

Vous vous demandez sans doute pourquoi ce matin je vous parle de l’histoire loufoque de cette goutte de poix. À vrai dire, cette goutte, qui peine à s’écouler, m’a fait penser à l’envie parfois retenue de partir à l’aventure sur un vélo. Pour passer de l’état solide de l’idée de vivre en 2026 une expérience cycliste à l’état fluide de sa réalisation, il ne faut pas attendre que la goutte tombe. Comme ces scientifiques, qui ont loupé à chaque fois le moment de la chute de la fameuse goutte à cause de la vie qui les appelle ailleurs, votre frustration risque d’être importante. Nous sommes à la bonne période pour mettre en place nos projets cyclistes. Les propositions « solides » d’ultradistance, de bikepacking, de voyage à vélo… se multiplient. Vous en trouverez un nombre conséquent dans notre sélection sur notre portail événements. Nous serons présents sur certains d’entre eux et nous vous engageons à ne pas attendre pour vous lancer dans l’expérience, car vous aussi vous risquez d’attendre en vain que la goutte tombe, comme ceux qui n’ont jamais vu de leurs yeux le phénomène se réaliser. 

BRM Riviera
Mon premier BRM 200 en 2025 sur la Riviera italienne avec Alain – Self photo Patrick VDB

Cette année je me suis senti attiré par l’expérience classique du cyclotourisme qui, bien qu’il soit contemporain du début de l’expérience de la goutte de poix, est toujours fluide et vivant en 2026. Un ou plusieurs BRM avant de participer à l’Ardéchoise en 4 jours en juin. Cette immersion dans le creuset de l’histoire populaire du vélo m’intéresse pour ses aspects sociologiques et son authenticité cycliste. Ce matin, je me sens fluide, en voyant que ma goutte a fini par tomber sur mon bulletin d’inscription au coût modeste.

Patrick.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<        

Monster Gravel : 1200 km sur le Origine Théorème GR Ultra

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Chez Bike Café, nous avons toujours suivi de près les vélos Origine. Certainement parce que le fabricant français a été proactif sur le sujet gravel. Notamment avec le Graxx qui est devenu au fil de ses évolutions une valeur sûre du segment. Mais l’an passé, Origine surprend en dévoilant le Théorème GR Ultra. À mi-chemin entre VTT et gravel, ce Monster Gravel est-il pertinent ? Réponse après ce test dépassant les 1200 km. Photo de couverture – Jean-Alexis Duthoit.

Origine Théorème GR Ultra – photo Jean-Alexis Duthoit

Origine Théorème GR Ultra : présentation de ce Monster Gravel

Chez Origine, la série Théorème désigne la gamme VTT cross-country à cadre carbone. Sur ce point, pas de changement chez le fabricant : le kit cadre du Théorème GR est toujours fait de carbone. Ce kit cadre est disponible à partir de 1872 €, disponible en plusieurs coloris via le configurateur en ligne. De plus, depuis peu, Origine propose un service de visioconférence pour accompagner un potentiel acquéreur.

Origine
Kit cadre Théorème GR Ultra

Construit en fibre GTO, et selon le concept Dynamic Response, ce cadre reflète la recherche du rendement tout en conservant un certain confort. Le travail des fibres est pensé pour privilégier la nervosité. Ainsi, selon les ingénieurs de chez Origine, le cadre travaille comme un ressort afin d’avoir un retour extrêmement rapide après déformation. Il faut préciser que ce cadre est le même qui équipe le VTT semi-rigide Théorème GTO de cross-country. Seulement quatre inserts se répartissent sur ce cadre, permettant de fixer deux porte-bidons.

Une ligne très épurée – photo Laurent Biger

Le boîtier de pédalier est au format PressFit, ce qui n’est pas forcément un bon point pour la simplicité de son entretien. 

Boitier de pédalier PressFit – photo Jean-Alexis Duthoit

Par ailleurs, un blocage de direction équipe ce cadre. Ainsi, la direction dispose d’une amplitude de 72° de rotation. Ce système permet d’éviter tout contact entre le cintre et le cadre lors d’une chute ou d’un transport.

Théorème GR Ultra sur un contrefort du Mont Ventoux – photo Laurent Biger

Contrairement à la tendance actuelle – certes sur des cadres gravel – le tube oblique ne comporte aucun rangement intégré. Les haubans se rejoignent assez haut sur le tube de selle, comme la plupart des cadres typés XC.

Mont Ventoux
Théorème GR Ultra à l’approche du Mont Ventoux, visible en arrière plan – photo Laurent Biger

Un peu plus haut, le collier de serrage de selle est parfaitement intégré. Peu accessible, le serrage s’effectue dans l’angle formé par le top tube et le tube de selle.

Zone de jonction où se trouve également le système de serrage intégré – photo Laurent Biger

Plus à l’arrière, le cadre est compatible avec la norme UDH (brevet SRAM). Ce choix garantit une rigidité optimale, devenue essentielle pour les transmissions modernes, et une compatibilité avec les groupes SRAM de type T-Type / Full Mount (sans patte de dérailleur). En conséquence, l’axe traversant Boost de 148 × 12 mm est lui aussi standardisé, afin de pouvoir s’introduire dans l’interface UDH, qui impose un filetage M12 x 1.0. Pour en savoir plus sur l’UDH, je vous invite à lire mon article à ce sujet : UDH : trois lettres qui changent le marché.

 Montage T-Type grâce au standard UDH – photo Laurent Biger

Quant à la clearance (dégagement) qu’offre le Théorème, le fabricant évoque un maximum de 29″ x 2,4″. Par ailleurs, le cadre peut tolérer un pédalier mono équipé d’un plateau de 34 dents maximum. Une information qui peut être capitale au regard du programme possible pour ce Monster Gravel.

Même avec ces larges pneus en 29″ x 2,4″, le dégagement est confortable – photo Laurent Biger

Mais, revenons à l’avant du vélo, pour découvrir une douille de direction droite. Encore souvent conique il y a quelques temps, dorénavant ce format de douille de direction est devenu plus courant, conséquence de l’intégration totale des gaines. En effet, les concepteurs font désormais ce choix pour obtenir un volume intérieur plus conséquent, favorisant le routage interne des gaines. Les cadres de VTT n’y échappent pas, avec dans le cas présent une intégration parfaite.

La fourche

La douille de direction accueille une fourche intégralement en carbone. Elle est conçue autour d’un axe traversant au format Boost de 15 × 110 mm et d’un déport de 44 mm.

Une fourche en carbone et dénuée d’insert – photo Laurent Biger

Aucun insert n’équipe cette fourche. Comme le cadre, la fourche peut accueillir des pneus de 29″ x 2,4″, et se pare d’une sérigraphie assortie au cadre. On notera, par la présence d’un cache, la possibilité de procéder à un cheminement externe de la durite hydraulique.

Une fourche qui signe l’identité de ce Monster Gravel – photo Jean-Alexis Duthoit

Géométrie du Origine Théorème Ultra GR

La géométrie de ce Théorème GR Ultra mérite que l’on s’y attarde, puisque nous sommes en présence d’un cadre typique de VTT XC. Aussi, plusieurs constats se dressent à nous.

En premier lieu, la longueur des bases est dans la moyenne de la catégorie : 430 mm. Puis, on constate qu’Origine a choisi de conserver, même équipé de la fourche rigide, un angle de direction digne là aussi d’un VTT XC “moderne” (68,5 ° en taille M). D’ailleurs, celui-ci n’évolue pas selon la taille du cadre, ce qui prouve le sérieux de la conception. Quant au reach, il est conséquent, mais cohérent dans l’univers XC. Tout comme le boîtier de pédalier, qui est positionné assez haut pour le franchissement. Nous verrons plus bas les conséquences sur le pilotage.

Équipements de cet Origine Théorème Ultra GR

Tout d’abord, je vous rappelle que la gamme Théorème GR Ultra est vaste, et les modèles entièrement configurables. Cet exemplaire se base sur le Théorème GR Ultra M4, avec des équipements choisis sur le configurateur en ligne. Au final, voici la configuration retenue (sauf les pneus) :

Origine Théorème GR Ultra M4

Groupe SRAM Rival / Eagle AXS

Sur le plan de la transmission et du freinage, c’est SRAM qui équipe ce Théorème Ultra GR. Ce groupe électronique 12 vitesses SRAM AXS est le GX Eagle AXS, mais associé aux toutes dernières versions des leviers SRAM Rival AXS que je vous avais présentés dans ce test :

Ainsi, on retrouve une imposante cassette 12 vitesses de 10-52 dents, sur laquelle vient se déplacer le non moins imposant dérailleur SRAM GX Eagle AXS en montage T-Type, rendu possible par l’interface UDH.

Transmission SRAM GX Eagle AXS – photo Jean-Alexis Duthoit

Roues et pneus

Les roues sont les Polaris C25 Pro du catalogue Prymahl. Plus précisément, des moyeux usinés CNC équipent ces roues, dont la fixation des disques est au format Center Lock. Compatibles tubeless, les jantes sont en carbone, de 25 mm de hauteur et d’une largeur interne de 25 mm. Ces jantes sont en provenance de Taïwan, où elles sont fabriquées à la main. Côté rayons, Origine a fait le choix de l’inox sur cette série Pro.

Jante en carbone, percée pour 28 rayons – photo Laurent Biger

Ce set pèse autour de 1 462 g. Comme le reste du vélo, ces roues sont assemblées dans l’usine Origine de Rouvignies, près de Valenciennes (Nord).

Quant à la monte pneumatique, Hutchinson équipe ce Monster Gravel avec des Python Race en 29″ x 2,4″. Mais, pour l’adapter à la saison et à une épreuve VTT en ligne de mire, un Zleen Cheetah Pro a pris sa place à l’arrière, et un Zleen Leopard Pro à l’avant. Les deux en 29″ x 2,25″.

Périphériques

On retrouve sous les mains un cintre en aluminium Ritchey Beacon Comp d’une largeur de 440 mm. Un cintre doté d’un important flare, qui offre un excellent contrôle dans les descentes.

Cintre Ritchey Beacon Comp – photo Jean-Alexis Duthoit

Quant à la potence Ritchey Comp Trail, elle est en aluminium également, et d’une longueur de 45 mm pour un angle neutre.

Tout comme la tige de selle, ce cockpit affirme la personnalité de ce montage Monster Gravel – photo Laurent Biger

À l’opposé, se trouve une tige de selle en carbone Ritchey WCS Link Flexlogic dessinée pour apporter un léger flex. Là-dessus se dresse une selle Fizik TERRA AIDON X5 d’une largeur de 145 mm.
Pour finir cette présentation, le poids de cet exemplaire en taille M est de 9 kg. Cela en fait une belle surprise !

Le Monster Gravel Théorème Ultra GR à l’épreuve du terrain

En premier lieu, après avoir reporté mes réglages habituels, je constate une position de pilotage sportive. Il est vrai que le reach est important, mais cohérent. Et, je dois dire que j’ai tout de même abaissé le poste de pilotage. Ainsi, cette position m’apporte une position – encore plus – sportive, finalement à la manière des coureurs XC contemporains.

Selon les réglages, la position peut être sportive, à l’instar des VTT XC – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans un second temps, mes premières sorties laissent apparaitre une filtration modérée du kit cadre. Le triangle arrière filtre globalement bien les irrégularités, bien aidé par les larges pneumatiques. Pour autant, ce n’est pas non plus un modèle de confort. Cette caractéristique se confirmera au fil de mes sorties sur le Mont Ventoux, puis dans le Var : ce cadre favorise le dynamisme (vous pouvez retrouver mes parcours ici).

Taillé pour l’Off-Road

Si sur la route ce Monster Gravel se voit freiné par une surface frontale pas des plus aérodynamiques, il prend aisément sa revanche dès que l’on quitte le bitume.

Sur ce type de terrain, le Monster Gravel prend tout son sens – Photo Jean-Alexis Duthoit

D’une stabilité impériale, grâce à un généreux empattement, ce vélo se veut extrêmement rassurant sur les pistes. Inscrit sur une épreuve VTT en duo mixte avec Cassandra – en l’occurrence le Vétathlon du Château Maravenne – je vais pouvoir pousser machine et pilote…

Un cadre dynamique qui incite à l’attaque – photo Jean-Alexis Duthoit

Là-dessus, la fourche rigide, avec un angle et un déport rassurants, participe à cette sensation de facilité sur les pistes rapides. Quand d’étroits single-tracks se dévoilent devant moi sur ce parcours, j’apprécie le cintre, bien moins large qu’un flat bar de VTT. Un avantage certain pour doubler !

Moins large, le Monster Gravel a ses avantages pour doubler – photo Jean-Alexis Duthoit

Pour autant, le centre de gravité est élevé, et me change des gravel “classiques”, notamment parce que le boîtier de pédalier est haut (pour un gravel, mais normal pour un VTT). Il en résulte une maniabilité différente, où il faut engager tout le corps pour inscrire ce Théorème dans les bonnes trajectoires. Aussi, dans cet exercice, j’ai rapidement regretté l’absence de tige de selle télescopique qui m’aurait apporté bien plus d’efficacité dans les passages sinueux en descente.

Même en “tout-rigide”, on peut descendre à une bonne allure – photo Jean-Alexis Duthoit


Lors des relances, le dynamisme du cadre est excellent. La zone – cruciale – du boîtier de pédalier est d’une rigueur exemplaire, et cela se constate sur les chronos et autres segments Strava que je connais bien. Sur ce point, le concept de Dynamic Response du fabricant semble tout à fait abouti.

Et la fourche rigide alors ?

Quant à la fourche rigide, il y a du bon et du moins bon. En effet, comparé à une bonne fourche télescopique, on gagne environ 1 kg sur la balance. C’est loin d’être négligeable, et c’est particulièrement appréciable quand le relief s’élève. Fort logiquement, en descente, le constat est inverse : une bonne fourche télescopique bien réglée reprend aisément le dessus.

La fourche rigide permet aussi de contenir le poids global du vélo – Photo Jean-Alexis Duthoit

Du côté de la rigidité, le bilan est complexe. En effet, la filtration de la fourche est réelle et appréciable. Mais, quand le rythme s’accélère franchement, comme ici en compétition, la rigidité frontale de cette fourche peut être mise en défaut lors de puissants freinages. Dans ces cas précis, la fourche peut être amenée à avoir du dribble au freinage (sensation de mouvements parasites d’avant en arrière). On peut retrouver aussi ce phénomène sur route, lors de freinages appuyés, par exemple en descente de col.

Une fourche rigide qui a ses atouts et ses faiblesses – photo Jean-Alexis Duthoit

Pour finir sur cette fourche, on peut légitimement se poser la question de l’absence d’insert pour des accessoires d’emport. Probablement que c’est un choix assumé par le fabricant : une capacité de chargement aurait nécessité une conception plus robuste de la fourche, et par conséquent, sûrement une rigidité à la hausse, au détriment probablement du confort. Pourtant, c’est à réfléchir car un surcroît de rigidité limiterait sûrement le dribble évoqué plus haut.

Les roues Prymahl Polaris C25 Pro sur le terrain

Je me devais de consacrer quelques mots au sujet des roues qui équipent ce vélo. J’ai été comblé par la prestation que peuvent offrir ces roues en carbone. Elles sont d’un parfait équilibre entre dynamisme et confort, et pas désagréables non plus à regarder. Quant à la robustesse, je peux témoigner qu’elle est bien présente.

Les roues Prymahl Polalaris C25 Pro ont brillé sur tous les tableaux – photo Jean-Alexis Duthoit

Un Monster Gravel face aux VTT

Seuls en Monster Gravel au milieu de cette course où règnent en nombre les VTT, nous terminons à une surprenante deuxième place dans notre catégorie Duo Mixte (sur 10 équipes). Il faut dire que sur les passages les plus roulants, la position aero que peut offrir le cintre de type gravel m’a offert une pointe de vitesse inégalée face à la plupart des concurrents. Bien évidemment, sur un parcours plus engagé, le résultat aurait sûrement été à mon désavantage.

Au pied du podium, ce vélo étonne et intrigue public et participants – photo Jean-Alexis Duthoit

Pour conclure sur cet étonnant Monster Gravel Origine Théorème Ultra GR

Bien qu’ayant opté pour le drapage de fibre GTO, incarnant la polyvalence chez Origine, le fabricant a fait de ce Monster Gravel une machine qui se destine à un usage dynamique. Là où je l’attendais confortable, le Théorème Ultra GR m’a répondu qu’il préférait accélérer. Léger et performant, ce Théorème Ultra GR s’avère une belle machine pour s’amuser et s’aventurer au-delà des pistes stabilisées. À mon sens, il manque au catalogue une version dotée d’un cadre et d’une fourche équipés d’inserts. Ainsi, on pourrait imaginer une vocation bikepacking et même Ultra pour ce vélo. Quoi qu’il en soit, je trouve qu’Origine est courageux de développer et de commercialiser ce type de machine. Là où certains crieront à la seule motivation marketing, moi j’y vois un vrai sens de l’innovation et une prise de risque intéressante. Par ailleurs, les VTT équipés de Drop Bar ne sont plus si rares sur certaines grandes épreuves VTT, certes spécifiques. Si bien que l’organisateur américain Life Time a interdit les cintres de type gravel sur les courses Leadville Trail 100 MTB et Little Sugar races. Derrière cette décision radicale, on comprend que l’efficacité que peut apporter ce type de machine pose question…

Origine Théorème Ultra GR : une machine qui donne envie de tenter des choses – photo Jean-Alexis Duthoit

Caractéristiques Origine Théorème Ultra GR

Cet exemplaire se base sur le Théorème GR Ultra M4, avec des équipements choisis sur le configurateur en ligne. Le détail de la configuration finale est ici : Origine Théorème GR Ultra, pour un tarif de 4711 €.
Quant au kit cadre, il est disponible à partir de 1872 €.

Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition : entre performance et recherche

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Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition

Avec la Women’s Off Road Racing Expedition, Q36.5 lance une expérience féminine dédiée au gravel race international. La marque italienne accompagnera quatre athlètes sur la Traka et l’Unbound en 2026. Selon le communiqué officiel, ce projet associe compétition et recherche appliquée. Q36.5 présente cette initiative comme une plateforme de collaboration directe avec son département R&D. L’objectif consiste à adapter les équipements aux exigences spécifiques du gravel longue distance.

Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition
Photo Q36.5

Q36.5 développe depuis 2013 des vêtements techniques axés sur la thermorégulation. La marque fonde son approche sur l’idée d’une température corporelle idéale à 36,5 °C. Les athlètes porteront des modèles utilisant des technologies similaires à celles utilisées par l’équipe Pinarello-Q36.5 Pro Cycling Team. On retrouve notamment les combinaisons Dottore Pro et Dottore Clima. Le cuissard Dottore Pro et les maillots Gregarius Clima complètent l’équipement course.

Women’s Off Road Racing Expedition : l’épreuve du terrain

La Women’s Off Road Racing Expedition ne se limite pas à un simple partenariat sportif. Q36.5 structure ce projet comme un laboratoire en conditions réelles. Les athlètes participent activement au développement produit. La marque évoque un dialogue constant avec le département Recherche et Développement.

Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition
Photo Q36.5

Ce travail a pour but d’améliorer les modèles de coupe pour la morphologie féminine. Il s’agit de comprendre comment le vêtement se comporte en position gravel. Le terrain impose des vibrations, des variations de cadence et de posture. Selon Q36.5, ces contraintes demandent des ajustements spécifiques.

Luigi Bergamo, PDG et directeur de la recherche et du développement chez Q36.5, déclare à propos de cette collaboration : « L’objectif premier de ce projet est d’offrir aux athlètes le même niveau d’excellence que celui réservé à notre équipe professionnelle, en leur proposant un équipement complet et polyvalent de haute performance, garantissant un équilibre parfait entre thermorégulation, aérodynamisme et confort en compétition. Parallèlement, nous souhaitons créer un réseau d’ambassadrices, prônant une approche de la performance plus ouverte et accessible que celle traditionnelle du cyclisme sur route World Tour. »

Les athlètes engagées

Le projet réunit quatre profils internationaux :

Alexis Skarda coordonne l’équipe. Elle possède une solide expérience sur le circuit américain. Elle a terminé quatrième du Life Time Grand Prix 2025. Elle souligne que le confort influence directement la performance sur longue distance.

Maddy Nutt vise Traka 560 et Unbound XL en 2026. Elle a remporté une manche UCI Gravel Series en 2024. Son profil combine endurance et gestion stratégique.

Cassia Boglio apporte une double culture route et gravel. Elle a obtenu un podium aux championnats nationaux australiens sur route. Elle souhaite cibler les épreuves adaptées à ses capacités.

Maaike Coljé se concentre désormais pleinement sur le gravel. Elle possède une expérience solide en compétition sur route. Elle vise des courses de haut niveau comme Unbound.

Les technologies textiles

Q36.5 transfère vers le monde du gravel des technologies développées pour son équipe professionnelle. Les combinaisons Dottore Pro et Dottore Clima occupent une place centrale. La marque les conçoit pour équilibrer aérodynamisme et gestion thermique. Le système Foul Weather Thermal Racing complète la panoplie. Il cible les conditions changeantes, fréquentes en gravel race. Q36.5 intègre également des vêtements techniques pour l’entraînement hivernal.

La tenue de course associe un cuissard bleu Nautica à un maillot jaune acide et blanc. Le graphisme radar symbolise, selon la marque, concentration et orientation en environnement complexe.

Spécifications des équipements

Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition
Photo Q36.5

Thermorégulation : Q36.5 considère la gestion thermique comme centrale en gravel longue distance. Les tissus tissés favorisent la stabilité corporelle pendant l’effort prolongé. La marque associe cette stabilité à une meilleure efficacité énergétique.

Aérodynamisme à basse vitesse : le gravel impose des vitesses variables et souvent modérées. Q36.5 adapte donc la structure textile à ces conditions spécifiques. L’objectif vise une efficacité mesurable en environnement off road.

Fit féminin spécifique : le projet permet d’affiner les coupes adaptées aux morphologies féminines. La marque analyse la posture sur terrain irrégulier. Elle ajuste les panneaux et les tensions en conséquence.

Protection thermique modulaire : le système Foul Weather Thermal Racing apporte une réponse aux conditions instables. Il complète l’approche orientée longue distance et expédition.

Quels enjeux pour Q36.5 ?

Q36.5 Women’s Off Road Racing Expedition
Photo Q36.5

La Women’s Off Road Racing Expedition traduit une évolution stratégique. Q36.5 investit le gravel race comme espace d’innovation rapide. La marque utilise la compétition comme terrain de validation technique. Le projet renforce aussi la visibilité féminine dans le gravel performance. Selon Q36.5, il s’agit de proposer une approche plus accessible que le modèle route élite. Cette démarche associe recherche, représentation et développement produit.

Le gravel conserve une dimension aventure et autonomie. Q36.5 cherche donc un équilibre entre performance et authenticité. La Women’s Off Road Racing Expedition incarne cette tension constructive entre expédition et compétition.

Découvrez la marque Q36.5 : https://www.q36-5.com/fr-fr

Valve connectée Quarq TyreWiz, le test longue durée

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L’électronique s’immisce dans le monde du vélo avec des objets et équipements connectés. Une tendance forte, qui suit l’évolution de notre quotidien domestique. Quel peut être l’apport d’un énième bidule connecté dans notre pratique cycliste ? C’est ce que je vous propose de découvrir après plus d’un an d’usage de ces valves Quarq TyreWiz.

Pourquoi surveiller la pression ?

Les pneumatiques jouent un rôle crucial sur nos montures car ils assurent la liaison au sol. En ce sens, leur section, composition, dessin des crampons sont autant de paramètres variables qui influent sur le comportement du vélo. Une fois que ceux-ci sont arrêtés par le choix d’un pneu, un paramètre peut encore rebattre les cartes : la pression. Sa valeur est à choisir en fonction des pneus, du cycliste, du terrain, etc. Bref, le champ des possibles est vaste.
On pourrait ajouter à ce tableau les phases de mises au point sur le terrain où l’on est amené à modifier la pression pour vérifier un ressenti avec un nouveau profil de pneu ou améliorer son grip, son confort.
Vous l’aurez compris, la pression, c’est crucial, et je ne parle pas de celle qu’on partage avec les amis après une sortie. C’est là qu’un dispositif connecté peut nous apporter un coup de main pour maitriser cette valeur.

As Volume Increases, Pressure Decreases

Rappel des fondamentaux de la physique avec la loi de Boyle : le volume augmentant, la pression diminue.

Quarq TyreWiz : montage et appairage

On trouve deux valves connectées accompagnées de leur valve tubeless, optionnelle et seulement utile si la valve en place dépasse de moins de 6 mm de la jante. À noter que ce dispositif peut aussi être installé sur des montages avec chambre.

Dans mon cas, étant en tubeless, il suffit de retirer l’obus et de visser à sa place la valve connectée. Le montage est simplissime :

Quarq TyreWiz faisant partie de l’écosystème SRAM AXS, un passage par l’application SRAM AXS permet de vérifier que le capteur est bien reconnu et que son firmware est à jour.

L’appairage sur le Hammerhead Karoo est aisé et on définit pour chaque capteur (pneu) la valeur de consigne et l’écart toléré. La valeur de pression sera accessible pour affichage dans un écran, mais surtout, une alerte sera émise lorsque la valeur s’écarte de la plage de validité : (consigne +/- écart). Particularité à signaler : alors que dans l’App SRAM AXS les valeurs sont affichées en bar, dans le Karoo, on raisonne en kPa (kiloPascal) ; ceci dit la conversion est des plus simples : 1 bar = 100 kPa. La valeur affichée sera à diviser par 100 pour trouver son équivalent en bar.

Je n’ai pas eu l’occasion de tester sur un appareil Garmin, mais la compatibilité est assurée, comme l’indique cet article Garmin ConnectIQ.
Sur Karoo, la présentation des champs est variée : un champ dédié à chaque capteur ou un champ combiné (avec largeur double) affichant aussi la consigne et son respect avec un jeu de couleurs rouge/vert.

Le capteur lui-même possède une LED qui indique par sa couleur et son clignotement comment se situe la pression en fonction de la consigne définie dans l’App SRAM AXS :

  • vert, la pression est dans la plage définie ;
  • rouge : la pression est trop basse ;
  • rouge, mais avec une fréquence de clignotement plus élevée : la pression est trop forte.
SRAM Quarq TyreWiz

Le capteur est en sommeil lorsque la roue ne tourne pas pour préserver sa pile CR1632 (durée de vie constatée supérieure à un an) et il se réveille à la rotation ou lorsqu’on secoue le vélo.

À l’usage

C’est un accessoire qui se fait oublier tout en apportant un surcroît de sérénité et de praticité lors des sorties. La pression est sous surveillance, on peut se concentrer sur autre chose : le pilotage, le paysage, le nez au vent… Il est possible de l’afficher dans un écran (annexe ou pas) et l’alerte sera là pour rappeler à l’ordre. À la suite d’une crevaison, lors du regonflage, il suffit de se laisser guider par son écran, on est assuré de repartir à la bonne pression. En bikepacking ou en itinérance, le contrôle du matin avant une nouvelle journée de ride se fera aussi simplement.

Et côté contraintes ? Rien à signaler, si ce n’est au niveau esthétique, une taille relativement proéminente mais qui n’a révélé aucun inconvénient concret. Seul impératif : lors de l’installation d’un nouveau pneu tubeless, il faut retirer la valve et son capteur, comme on le ferait avec l’obus d’une valve traditionnelle, pour garantir un flux d’air conséquent et faciliter le claquage du pneu.

Quarq TyreWiz : au final

Je suis très satisfait de cet équipement — conservé depuis sur mon gravel — qui rend un vrai service sans ajouter de nouvelle contrainte. Complètement en phase avec l’idée qu’on se fait du progrès : si on rajoute de l’électronique (et de la complexité, soyons clair) sur un vélo, le ratio gains/contraintes doit être avantageux.
À noter que depuis le début de ce test longue durée, le modèle Quarq TyreWiz a évolué en version 2.0. Quelques mots sur les différences avec la version testée :

  • une forme plus compacte et moins proéminente ;
  • un couvercle de pile plus aisé à ouvrir ;
  • ne s’installe plus sur une valve traditionnelle ni sur une chambre à air. La partie valve interne (tubeless) est désormais spécifique.

Page Produit : TyreWiz 2.0 | WH-TRWZ-E1 | Quarq
Prix constaté pour la paire : 139,90 € sur ProbikeShop

Elastic Interface : 25 ans d’innovations

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Elastic Interface

Elastic Interface marque une étape importante cette année, après 25 ans d’innovations dans le monde du vélo. La marque italienne célèbre un quart de siècle dédié au confort et aux technologies de contact entre le cycliste et son vélo. Depuis ses débuts, la marque italienne développe des solutions pour améliorer l’interface entre le cycliste et son matériel. En soulignant cet anniversaire, l’entreprise rappelle son rôle dans l’évolution des inserts, des paumes de gants et des semelles. Elastic Interface s’inscrit ainsi dans une trajectoire centrée sur la recherche et la collaboration industrielle avec les marques d’équipements.

N3X chamois bibshort 3D print insert
photo CyTech S.r.l. Società Benefit

Nous avons largement parlé d’Elastic Interface à l’occasion de tests incluant ses solutions. Vous pouvez notamment lire ou relire un dossier que nous avons publié en 2019.

La naissance d’une référence du confort

Elastic Interface est née au sein de CyTech S.r.l., au début des années 2000. La marque a introduit le premier insert élastique qui est venu supplanter le “chamois” d’autrefois qui équipait nos cuissards de cyclisme. Cette innovation a modifié les standards de conception existant dans ce domaine. Le confort sur la selle est alors devenu un élément central de la performance. Selon la marque, cette approche a contribué à replacer le confort comme un critère objectif de l’amélioration des résultats sportifs.


Regardez l’insert de votre cuissard et vous découvrirez peut-être ce petit logo < > qui est la signature d’Elastic Interface. De nombreuses grandes marques d’équipements ont fait le choix d’adopter les produits de la marque italienne.

L’écosystème de solutions techniques d’Elastic Interface

Elastic Interface développe un ensemble de solutions couvrant plusieurs disciplines du cyclisme. La marque conçoit des inserts adaptés à la position sur la selle, qui n’est pas la même selon les pratiques allant du sport de haut niveau à la randonnée et au voyage. Elle développe aussi des paumes de gants pour réduire la pression sur le guidon. Elle propose des semelles qui visent à optimiser le confort et le transfert de puissance. Des accessoires complètent cette offre pour différentes conditions climatiques. Par cette démarche, qui reflète une approche globale du confort, la marque souhaite structurer un écosystème orienté vers les points de contact clés du cycliste avec son vélo.

La recherche appliquée chez Elastic Interface

La recherche et le développement occupent une place centrale chez Elastic Interface. Le laboratoire interne analyse les matériaux et les structures. L’objectif vise une meilleure interaction entre le corps et le vélo. La marque a récemment introduit la technologie d’impression 3D N3X™. Cette technologie permet un contrôle précis des caractéristiques du rembourrage. Selon l’entreprise, cette approche peut aussi réduire les déchets de production. La marque met en avant cette continuité dans la R&D qui lui permet d’être toujours en pointe sur ce sujet depuis 25 ans.

Une présence industrielle mondiale et un engagement environnemental

Elastic Interface s’appuie sur plusieurs sites de production internationaux. Le siège reste basé en Italie, à San Vendemiano.
La production s’étend aussi en Croatie, au Mexique, en Tunisie et en Roumanie. Cette organisation permet de servir plus de 300 marques partenaires. La capacité annuelle atteint environ 4 millions d’unités. Selon la marque, cette structure soutient une production adaptée aux besoins spécifiques des marques et des contextes locaux.

Elastic Interface
Photos Elastic Interface

Elastic Interface intègre la durabilité dans ses processus industriels. La marque détient les certifications ISO 9001 et ISO 14001.
Dans le groupe CyTech S.r.l., la société Benefit intègre des objectifs environnementaux et sociaux. Les programmes incluent l’utilisation de matériaux recyclés et biosourcés. Des technologies de production visent aussi la réduction des déchets. La marque s’inscrit dans cette logique de responsabilité.

Les partenariats

Elastic Interface fonctionne en mode collaboratif avec ses partenaires. La marque accompagne les projets dès la phase de co-création.
Elle propose aussi un support technique tout au long du cycle produit. Les collaborations avec des universités renforcent la crédibilité technologique. Selon la direction de la marque, cette approche soutient l’innovation continue. La marque souligne comme un facteur de progrès ce travail conjoint avec les marques.

Pour conclure

Elastic Interface
Photos Elastic Interface

Elastic Interface nous rappelle son rôle dans la transformation des standards de confort lors de ces 25 dernières années. Les investissements en R&D, la production internationale et les certifications structurent cette trajectoire. Selon la marque, l’objectif reste d’améliorer l’expérience cycliste, toutes disciplines confondues. Pour le vélo d’aventure, le gravel et l’Ultra, ces solutions peuvent jouer un rôle clé dans le confort, facteur de la performance.

Comme un lundi : dans la marge

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Rouler vintage en boyaux Continental Gatorskin
La roue libre BLB Supérieure ... un fonctionnement éphémère

L’édito de Bike Café

Vous connaissez peut-être ce défi intellectuel consistant à choisir un mot de la langue française, qui a pour caractéristique d’être peu utilisé et qu’il faut placer dans un texte écrit ou à l’oral. Le jeu impose que ça ne soit pas lourdingue et surtout il ne faut pas que ce mot tombe comme un cheveu dans la soupe. J’ai reçu récemment un message d’un cher ami – auteur à succès dans un genre littéraire particulier – dans lequel le mot « infrapaginale » m’a interpellé. J’ai repensé à ce défi, me demandant si celui qui a écrit ce texte, que mon ami m’a fait suivre, ne participait pas à ce jeu littéraire, en le plaçant dans une de ses phrases. J’ai bien sûr vérifié son sens sur Wikipedia, qui explique ainsi ce qualificatif : “Une note infrapaginale est une forme littéraire consistant en une ou plusieurs lignes ne figurant pas dans le corps du texte. Elle se place au bas de la page d’un livre et également dans les marges.

Cet usage permettant de documenter ou compléter un texte par une note a disparu de notre communication numérique. Les liens hypertexte et les astuces du référencement naturel (qui d’ailleurs n’a rien de naturel) ont remplacé ces notes. Ce concept non linéaire emmène le lecteur en dehors du texte qu’il consulte, comme le lien que j’ai mis plus haut pour vous envoyer sur Wikipedia. Aurait-on tendance à supprimer nos marges pour nous envoyer ailleurs ?

Single speed Brevet Cycles
En marge, dans les rues d’Aix-en-Provence – photo Gabriel Refait

Ce matin sur mon vélo, la note infrapaginale me fait penser à l’usage du vélo qui reste encore en marge ou en bas de page de la politique de transport public. Il peine encore à entrer dans le corps d’un texte qui affirmerait son déploiement. Le vélo, alternative à nos transports carbonés, va devoir encore convaincre pour jouer un rôle central dans la politique de mobilité. En enroulant le braquet unique de mon single speed, je pense aussi à ma propre marginalité cycliste. Je la savoure en dehors de la cyclo-économie du toujours plus. Je me demande si ma pratique infrapaginale ne traduirait pas une volonté de rester à part, tout en étant dedans. Elle m’éloigne des pelotons traditionnels, mais me rapproche de l’essence même du vélo. Être dans la marge ne veut pas dire être hors sujet. Cette singularité, dans une passion partagée, me vaut parfois quelques remarques flatteuses teintées d’incompréhension. En fait, j’aime bien être dans cette marge, peut-être parce que nous y sommes moins nombreux.

Patrick.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<       

Que valent les nouvelles valves tubeless ?

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Tubeless gravel

Depuis quelque temps, on voit fleurir des valves supposées renvoyer au placard la bonne vieille valve Presta. Certains fabricants n’hésitant pas à annoncer carrément “un nouveau standard”. Mais, qu’en est-il vraiment ? De façon pragmatique, je vous propose mon retour d’expérience sur quatre valves tubeless que j’ai utilisées à l’entrainement, en randonnée, et pour certaines en compétition. Illustration de couverture : Laurent Biger / Copilot IA

Muc-Off Big Bore Lite

Le fabricant Muc-Off avance des arguments de taille concernant sa valve Big Bore, avec notamment un débit d’air jusqu’à 230 % plus élevé que la valve Presta traditionnelle, grâce à la conception d’un alésage “droit”. Pareillement à certains robinets à boisseau sphérique pneumatiques ou hydrauliques, c’est une bille solidaire d’un levier qui ouvre et ferme le flux d’air.

Une conception modulaire en trois parties

Cette valve Muc-Off Big Bore Lite est réalisée en trois parties distinctes. Premièrement, une partie fixe vient se loger dans la jante, de façon traditionnelle (plusieurs interfaces en caoutchouc différentes sont incluses pour différentes formes de jantes).

Insertion classique du corps de la valve – photo Laurent Biger

L’orifice du côté interne de la jante possède plusieurs cavités, propices à une bonne performance d’injection d’air ou de liquide préventif :

Cette conception permet d’assurer une excelllente diffusion de l’air ou de liquide préventif, même avec un insert en mousse qui viendrait par dessus – photo Laurent Biger

Puis, à la main ou grâce à la mini-clé fournie, on vient fermement visser la deuxième partie équipée du robinet. Enfin, un embout vient se visser pour protéger l’orifice. Muc-Off propose plusieurs tailles afin de s’adapter à la plupart des jantes du marché.

Du côté du poids, pour cette version “Large”, la balance indique 10 g pour une valve complète. Contrairement aux autres produits qui vont suivre, sensiblement du même poids qu’une valve Presta, j’ai tenu à le préciser car c’est de loin la plus lourde (exactement le double du poids d’une valve complète Presta de longueur équivalente). Et ce, même dans cette version dite “lite“.

10 g par valve, même en version lite, c’est un poids lourd dans la catégorie – photo Laurent Biger

En pratique

En premier lieu, il faut bien admettre que la finition est excellente (construction en aluminium usiné CNC de qualité 7075 avec une vanne à bille en acier inoxydable). Le choix de coloris permettra de personnaliser facilement un beau montage. L’introduction du liquide préventif se fait soit en retirant la deuxième partie équipée du levier, soit de façon plus étroite par la partie finale, sans démontage. En cela, rien à redire, c’est sensiblement identique à une valve Presta quand on retire son obus, sauf qu’ici aucun risque de venir obstruer le système avec le liquide préventif, tant l’alésage est libre d’obstacle. Quant au débit, pour gonfler, dégonfler, ou “faire claquer” le pneu tubeless, il est effectivement très important. La conception parfaitement droite de l’alésage central est sur ce point une réussite. Pour ajuster, rien de plus simple en actionnant le levier.

Un design massif, même avec le robinet fermé – photo Laurent Biger

Pour venir se fixer sur la partie terminale, il faut une tête de pompe classique, filetée ou à pression. Pour autant, une de mes pompes à fixation par pression (à levier) n’a pas pu s’y connecter correctement.

Connexion parfaite avec ma pompe d’atelier Lezyne – photo Laurent Biger

En revanche, ma mini pompe Muc-Off est, elle, parfaitement fixée, tout comme ma pompe à pied Lezyne.

Fort heureusement, connexion parfaite également avec ma mini pompe de la même marque – photo Laurent Biger

Au fil des kilomètres, je n’ai constaté aucun problème, y compris en compétition lors de mon test du Origine Théorème GR Ultra (article à venir). Par son poids – élevé pour un élément en rotation – je conseille cette valve pour des montages VTT ou Monstergravel, où les vitesses moyennes sont bien moindres qu’en gravel. Idem pour l’aérodynamisme : quand on sait qu’une valve standard absorbe environ 1,5 W à 45 km/h (source Newmen), cette valve plus massive doit en “demander” bien plus. Pas forcément un bon choix sur route ou pour les compétiteurs en gravel race

Schwalbe CLIK VALVE

Le fabricant Schwalbe a dévoilé la CLIK VALVE à l’été 2024. Schwalbe présente alors cette “révolution” avec cette CLIK VALVE (SCV), communique même sur “un nouveau standard”. Le but de John Quintana, l’inventeur de ce système, était que ses enfants puissent gonfler les pneus de leur vélo sans difficultés. Il était agacé du fait que cela était trop compliqué pour eux avec les « anciennes » valves. Ainsi, la tête de la pompe peut être fixée sur la valve avec peu de force et retirée facilement après le gonflage. Le fabricant avance que le débit d’air est 50% plus important qu’avec une valve Presta classique.

valves tubeless
Schwalbe Clik Valve

Dans un premier temps, Schwalbe propose un kit de conversion pour les valves existantes et la plupart des raccords de pompes. Puis, certains fabricants, comme SKS notamment, ont développé des pompes spécifiques. Ce qu’il faut remplacer, c’est l’obus de la valve Presta (il y a aussi un adaptateur disponible pour les valves Schrader), afin de venir y visser manuellement la CLIK VALVE. Bien sûr, Schwalbe propose aussi des valves complètes, déjà équipées intégralement.

Kit de conversion Schwalbe Clik Valve

Hormis les pompes spécifiques ou équipées de têtes de pompes CLIK VALVE, ces valves peuvent aussi être utilisées avec des pompes pour valves Presta, mais sans contrôle possible de la pression.

Tête de pompe SKS compatible Schwalbe Clik Valve – photo Laurent Biger

Par ailleurs, un capuchon cache-poussière vient protéger la valve :

Mise en place du cache poussière – photo Laurent Biger

Du côté du poids et de la forme, c’est quasi comparable à une valve Presta de taille équivalente (que ce soit en conversion ou en valve complète).

En pratique

Concrètement, ce qui est appréciable d’emblée, c’est la rapidité de conversion. On dévisse l’obus classique Presta, et l’on visse à la place la Schwalbe CLIK VALVE. Sur ce point, rien à redire, c’est simple et efficace, d’autant plus que la finition du produit est bonne.

La conversion est simple et rapide – photo Laurent Biger

Puis vient alors le gonflage. Comme l’annonce le fabricant, une pompe classique Presta peut toujours remplir sa fonction de gonflage sur la Schwalbe CLIK VALVE. Enfin, pas tout à fait puisque dans ce cas précis, la pression ne pourra pas s’afficher sur le manomètre. Mais pour dépanner, c’est finalement suffisant. J’ai ensuite pu utiliser une pompe spécifique CLIK VALVE (SKS AIR-X-PLORER CLIK VALVE 10.0). Le constat est que le débit d’air est en effet à la hausse comparé à un système Presta traditionnel. Pour autant, ce n’est pas non plus révolutionnaire sur ce point.

La Schwalbe Clik Valve, ici avec son capuchon – photo Laurent Biger

Pour libérer de l’air (pour ajuster la pression lors d’un ride par exemple), il faut appuyer ou tapoter sur la tige au centre de la valve. On peut le faire avec l’ongle, mais Schwalbe recommande d’utiliser le bord du capuchon de valve. Sur ce point, cela n’est ni plus pratique ni plus précis qu’un système traditionnel Presta.

Ajuster la pression avec cette valve n’est ni plus pratique ni plus précis qu’un système traditionnel Presta – photo Laurent Biger

Quant à l’introduction de liquide préventif, pas de changement, puisqu’il suffit de dévisser la Schwalbe CLIK VALVE pour procéder de la même façon qu’avec un système Presta (le corps de la valve restant le même). Ce qui est le plus appréciable avec ce système est la facilité de connexion et de déconnexion (avec une tête de pompe spécifique), qui est effectivement un “jeu d’enfant”, comme le souhaitait son inventeur. Mais, finalement, je reste sur ma faim car je trouve un peu décevant de devoir s’équiper de pompes, ou de têtes de pompes compatibles avec ce système. Ainsi, je conseillerais cette valve pour des personnes peu à l’aise avec les manipulations “mécaniques”. On en connaît tous ! Et pas forcément des enfants…

Reserve Fillmore

La valve brevetée Fillmore de Reserve est garantie à vie par le fabricant, qui annonce un débit d’air trois fois plus important que le système Presta traditionnel. La fonction Micro-Adjust est censée ajuster parfaitement la pression des pneus. Vendues par paire, trois longueurs sont disponibles : 50, 70 et 90 mm. C’est un système complet, qui vient donc remplacer intégralement les valves traditionnelles installées (pas de conversion possible).

Reserve Fillmore

Le fabricant avance également de bonnes performances pour faire claquer les pneus tubeless, et la compatibilité avec les inserts en mousse que certains d’entre nous utilisent en gravel et VTT.

Focus sur la “soupape” délivrant l’air ou le liquide préventif

Pour ajuster la pression, il faut dévisser légèrement le capuchon de la valve et appuyer pour réduire la pression.

Ajustement de la pression – photo Reserve

En pratique

Tout d’abord, je vous rappelle que ce système a été testé en détail par Dan dans cet article :

Mais après avoir utilisé ces valves Reserve Fillmore sur plus de 2800 km, je souhaite tout de même apporter mon avis, complémentaire. En effet, ces valves équipaient les roues de deux vélos testés l’an passé : le Cannondale Topstone Carbon Lefty, ainsi que le Cannondale SuperX.

Valve Reserve Fillmore lors de mon test du Cannondale Topstone Lefty en 2025 – photo Laurent Biger

Sans revenir sur les qualités bien expliquées dans l’article ci-dessus, je vais insister sur quelques points. En effet, le débit est à la hausse et l’ajustement en pression est le plus précis de ce comparatif (attention toutefois à ne pas perdre le capuchon spécifique). Pour autant, l’injection de liquide préventif demande plus de pression qu’un système traditionnel car n’oubliez pas que dans le cas présent, le corps et le système de clapet ne font qu’un. Il faut donc passer le liquide en “force”. Contrairement à ce qu’affirme le fabricant, je ne suis pas entièrement d’accord avec lui sur la compatibilité avec les inserts. J’étais équipé d’inserts Vittoria (testés ici) pour deux Gravel Race (Sea Otter Europe et Roc d’Azur) avec ces valves.

Valve Reserve Fillmore lors de mon test du Cannondale SuperX en 2025 – photo Laurent Biger

J’ai pu constater que le clapet qui se trouve à l’intérieur de la jante, et donc en contact avec l’insert, se soulevait avec peine pour libérer l’air insufflé. Dans ces conditions, pour l’adjonction de liquide préventif, c’est pire. Là-dessus, Reserve devrait concevoir un orifice intérieur à plusieurs cavités, pour libérer latéralement l’air ou le liquide préventif, et se soustraire ainsi à la pression de l’insert supra. C’est un système que je conseille prioritairement pour un usage routier, où les manipulations de liquide préventif sont plus rares, et les inserts absents.

BBB CoreCap

Système le plus récent parmi ceux présentés dans cet article, voici le CoreCap de BBB. Le fabricant hollandais a dévoilé ce système en janvier 2026. Visuellement, il est très proche de la Schwalbe CLIK VALVE, dans le sens où il se résume à un kit de conversion, venant remplacer là aussi les obus du système Presta traditionnel. Le fabricant annonce un flux d’air supérieur à 300 % en comparaison d’un système Presta.

Kit de conversion CoreCap de BBB

Bien évidemment, BBB propose aussi des valves complètes de plusieurs longueurs et couleurs, déjà équipées du système CoreCap.

Valves complètes CoreCap de BBB – photo Laurent Biger

La conversion se fait en dévissant l’obus Presta existant, pour venir visser – sur le corps de la valve, et non pas à l’intérieur – le système CoreCap (cliquer sur l’image ci-dessous pour voir l’animation d’installation du système BBB CoreCap) :

Cliquer sur l’image pour voir l’animation d’installation du système BBB CoreCap

Ces valves BBB CoreCap peuvent s’utiliser avec des pompes classiques, en utilisant simplement l’orifice pour valve Schrader, à visser ou à pression (levier).

En pratique

Concrètement, ce qui est appréciable, c’est la rapidité de conversion. On dévisse l’obus classique Presta, puis l’on visse la valve BBB CoreCap sur le filet extérieur du corps de la valve. Sur ce point, rien à redire, c’est simple et efficace, d’autant plus que la finition du produit est excellente.

Pour introduire le liquide préventif, il suffit de dévisser la CoreCap pour procéder à l’injection de la même façon qu’avec un système Presta (le corps de la valve restant le même). Quant au gonflage, BBB marque là de sérieux points : il suffit d’avoir une pompe avec un embout de type Schrader (le même standard que sur votre voiture), aussi bien à vis qu’à pression. Pratique pour se dépanner à une station service !

Un embout de type Schrader, à vis ou à levier, même bas de gamme comme ici, suffit pour gonfler et mesurer la pression de ce système BBB CoreCap – photo Laurent Biger

Là-dessus, le flux d’air est clairement plus important qu’avec un système Presta, ou même CLIK VALVE. Il faut dire que BBB a eu la bonne idée de concevoir un système venant se visser sur le filetage extérieur du corps de valve, et non pas à l’intérieur. De ce fait, son système peut bénéficier d’un alésage supérieur en diamètre, et donc en débit. À l’usage, aucun souci sur plusieurs centaines de kilomètres dans des conditions climatiques variées (vélotaf quotidien). L’ajustement de pression lors d’un ride est facile et précis : il suffit d’appuyer sur le clapet qui clôture l’orifice. Vous l’aurez compris, c’est le système qui aujourd’hui a ma préférence en matière de valve tubeless.

Le bilan sur ces nouvelles valves tubeless

Finalement, n’attendez pas que dans cet épilogue je proclame la fin de nos bonnes vieilles valves Presta. Non, pour ceux qui entretiennent en nettoyant et/ou en changeant leurs obus de valves régulièrement, le système reste viable, même en tubeless, qui est l’utilisation qui nous intéresse dans cet article. Aussi, proclamer “un nouveau” standard comme le font certains fabricants allemands est totalement exagéré. Pour autant, le dernier système de valve tubeless en date de BBB – le CoreCap – qui est d’ailleurs aussi le plus simple dans sa conception, pourrait bien tirer son épingle du jeu. Annoncé avec moins de bruit que le CLIK VALVE de Schwalbe, il cumule pourtant de nombreux atouts. Dans tous les cas, avant de basculer vers un de ces systèmes, réfléchissez bien à tout l’environnement qui va avec : pompe, mini-pompe, liquide préventif, bombes anticrevaisons, etc. Sur ce, bon ride à tous, en Presta ou pas !