Actuellement en pleine série de rendez-vous à travers la France et l’Europe avec « L’Origine Test Tour 2026 », l’entreprise m’a permis de tester son dernier gravel électrique : l’Origine Newton[e]. Il est présenté comme le gravel électrique carbone le plus léger du monde et avait été testé en mode “expresso” par Colin et Patrick lors de sa sortie. Retrouvez leurs premières sensations dans “Origine Newton[e] : un VAE qui défie la gravité”. Cet artisan du cycle commercialise ses vélos exclusivement via son propre site internet, tout en ouvrant les portes de son atelier de Rouvignies, où le client peut découvrir à la fois le showroom et les coulisses de fabrication. Je vous invite à écouter le podcast Bike Café Bla Bla, que vous trouverez dans « Rencontre chez Origine Cycles avec ceux qui construisent nos vélos ».
En plein essai sur les pistes du massif des Maures – photo Cassandra Duméry
Origine Newton[e] GR : présentation du dernier-né de la gamme électrique
Origine possède deux modèles dans sa gamme E-Gravel : le Help GR, en aluminium, et le Newton[e] GR en carbone. Les concepteurs ont pensé à une version qui serait une machine avec un comportement plus proche d’un gravel sans assistance électrique. Pour conserver ces performances, un cadre en carbone a été spécialement développé afin d’intégrer les exigences d’un moteur.
Un VAE développé pour allier performance et confort – photo Cassandra Duméry
On retrouve ici un cadre aux lignes propres aux modèles Origine. Conçu pour supporter les contraintes liées à l’intégration d’un moteur sur la roue arrière. C’est un vélo que que l’on peux faire descendre selon la configuration à seulement 9,8 kg, ce qui en fait l’un des vélos gravel électriques les plus légers du marché. La peinture, de qualité automobile, est appliquée dans leurs ateliers et est pensée pour résister aux chocs et aux abrasions. La personnalisation constitue l’un des points forts de la marque, offrant une large variété de combinaisons lors de la configuration.
Portes-bidons et bagagerie
Un cadre qui possède plusieurs possibilités de montage de porte-bidons et de bagages – photos Cassandra Duméry
Origine a conçu son cadre pour permettre l’installation de plusieurs porte-bidons, selon les besoins du cycliste. Il est également compatible avec le bikepacking et l’ajout de bagages.
Boîtier de pédalier
Origine a fait le choix d’un boitier de pédalier PF86 mm – photo Cassandra Duméry
En ce qui concerne le boîtier de pédalier, on retrouve un modèle Press Fit 86 mm.
Un cadre UDH
Origine permet le montage en UDH – photo Cassandra Duméry
Nous pouvons constater qu’Origine a prévu un cadre compatible UDH. Si vous ne connaissez pas ce système, je vous invite à lire l’article sur le concept de l’UDH. Pour autant, ici, le montage est classique, tout en utilisant une patte de dérailleur universelle UDH.
Les possibilités de montage pneumatique et fourche
Un cadre qui admet une monte jusqu’en 700 x 45 mm – photo Cassandra Duméry
Quant à la clearance (dégagement) proposée, Origine évoque un maximum de 700 x 45 mm. Par ailleurs, le cadre tolère un pédalier mono équipé d’un plateau de 42 dents maximum. La fourche Origine OGV III 12×100 en carbone intègre des inserts permettant le montage de porte-bidons ou de bagages. Elle dispose d’un pivot conique en carbone renforcé et, grâce à sa conception, contribue à l’absorption des vibrations de la route, réduisant ainsi la fatigue sur les longues distances. Cette fourche existe également en version sans inserts, mais cela limiterait sa polyvalence.
Un freinage à disque efficace disponible en 160 ou 180 – photo Cassandra Duméry
Pour finir, la fourche du modèle présenté dans ce test permet un montage de disque de 160 et 180 mm.
Origine permet de configurer son VAE avec une fourche d’un débattement de 40 mm et de monter des pneumatique à l’avant de 50 mm – photo du site Origine Cycles
Possibilité intéressante de configuration, Origine propose des montages avec fourches de gravel télescopiques offrant 40 mm de débattement. Trois modèles sont disponibles : la RockShox XPLR, la XPLR Ultimate et la DT Swiss F 132 One. Ces fourches permettent d’augmenter la clearance et d’accueillir des pneumatiques jusqu’à 50 mm. Elles ouvrent également la voie à une pratique plus engagée, sur des terrains plus accidentés, tout en améliorant l’adhérence.
Jeu de direction
Jeu de directionUn cadre aux câbles intégrésPhotos Cassandra Duméry
Pour préserver une belle ergonomie, l’ensemble des câbles est intégré dans le cadre.
Géométrie du Origine Newton[e] GR
Image du site Origine Cycles
Équipements du Origine Newton[e] GR
Le choix d’un montage en Shimano GRX – photo Cassandra Duméry
Pour ce montage, les concepteurs de la marque Origine ont opté pour le groupe complet Shimano GRX 820. Cette série représente le haut de gamme des transmissions mécaniques en 1×12 vitesses, équivalente au groupe Ultegra sur route. Il apporte une bonne stabilité de chaîne, ce qu’exigent parfois nos pistes gravel. Le freinage reste en version hydraulique, et se montre efficace et fiable.
Un groupe mécanique en 1 x 12 vitesses qui allie efficacité et simplicité – photos Cassandra Duméry
Roues et pneus
Les roues sont de conception Origine : les PRYMAHL VEGA C31. Conçues pour les sorties longues et exigeantes, elles intègrent des flasques usinées CNC et des rayons Ultralite. Selon Origine, cette conception offre du confort en absorbant les vibrations des chemins, même sur les sentiers très rocailleux.
Un montage de roue made by Orgine Cycles – photo Cassandra Duméry
Pour ce test, Origine m’a envoyé ce VAE équipé de Hutchinson Touareg en 700 x 45 mm, soit le maximum que ce cadre puisse supporter. Ils sont très polyvalents et montés en tubeless. Ces pneus offrent de petits crampons ; pour des pneumatiques à la structure plus prononcée, il faudra se tourner vers des sections plus étroites.
Les Hutchinson Touareg Tubeless pour pallier aux difficulté des terrains rocailleux, tout en gardant un rendement efficace sur route – photo Sébastien Grand
Périphériques
Cintre et potence
Cotes du cintre Ritchey Road Ergomax WCS – photo du site Origine Cycles
Sur ce modèle, j’ai pu tester le Ritchey Road Ergomax WCS, un cintre doté d’une partie supérieure rehaussée de 10 mm, légèrement courbée et présentant une surface plus plate et arrondie. La partie basse affiche un faible drop de 128 mm et s’élargit de 4 cm de chaque côté. Il s’agit d’un cintre qui allie confort et polyvalence, permettant aussi bien de passer d’un pilotage gravel à un sprint sur route. Bien sûr, d’autres cintres sont possibles en configuration. Si vous êtes plutôt adepte du gravel avec un flare important, vous pouvez retrouver le Road Beacon Comp avec un flare de 36°.
Un confort de pilotage pour satisfaire les exigences du gravel et de la route – photo Sébastien Grand
Potence Ritchey Switch Comp RL1 semi-intégrée – photo du site Origine Cycles
En ce qui concerne la potence, on retrouve des composants Ritchey avec la Switch Comp RL1 (semi-intégrée) en aluminium. Elle est associée au jeu de direction Logic-E 1.5″, qui permet une semi-intégration des gaines et durites à l’intérieur du tube de direction. Il s’agit d’une potence non réversible avec un angle de -6°, disponible en longueurs de 60 à 120 mm.
Tige de selle
Tige de selle brevetée Origine Cycles en carbone Flex Fiber – photos Cassandra Duméry
Le serrage de selle s’effectue sur le côté à l’aide d’une simple clé BTR. Ce Newton[e] m’a été livré avec une tige de selle en carbone Flex Fiber en 27,2 mm, pesant 190 grammes, ainsi qu’une selle Italia SLR Superflow XBoost L3. La tige de selle Prymahl Adapt Carbon est une technologie brevetée par Origine, qui permet de choisir entre une version zéro offset et une version avec un déport de 20 mm. Elle offre la plage de déport la plus large du marché, allant de +10 mm à -30 mm.
La tige de selle Prymahl qui permet le choix d’un déport le plus important du marché – photo du site Origine Cycles
Moteur
Le moteur Mahle X20 avec ici son bouton de mise en route – photo Cassandra DuméryLe moteur Mahle est intégré dans la roue arrière – photo Cassandra Duméry
Venons-en au cœur de ce vélo : le moteur Mahle X20 avec e-shifters. Avec son moteur intégré dans le moyeu de la roue arrière, le dernier système Mahle pèse 3,2 kg. Il délivre un couple de 65 Nm et 275 watts de puissance de crête. Le moteur peut se connecter à un compteur GPS (si celui-ci est suffisamment récent) afin de réguler automatiquement, via l’application My SmartBike, l’assistance en fonction de la difficulté du terrain, du rythme cardiaque et de la puissance développée. L’un des points appréciables de ce modèle réside dans les e-shifters, placés sous les leviers de vitesse. Ils garantissent un confort d’utilisation pour le choix de l’assistance, en permettant de ne pas quitter son poste de pilotage.
Un e-shifter bien intégré pour un confort au pilotage du niveau d’assistance du moteur Mahle – photos Cassandra Duméry
Origine Newton[e] GR à l’épreuve du terrain
Origine Newton[e] GR : un gravel au poste de pilotage très confortable sur piste – photo Laurent Biger
La livraison
Recevoir un colis aussi imposant n’est pas toujours simple lorsque l’on travaille aux mêmes horaires que les transporteurs. Cependant, je tiens à souligner la qualité du service de livraison, qui contacte le destinataire à l’avance afin de confirmer aussi bien le jour que l’heure de livraison. Cela évite bien des complications pour récupérer le colis. Le livreur a d’ailleurs parfaitement respecté les consignes en m’appelant en amont, ce qui m’a permis de me rendre disponible pour réceptionner le vélo.
La mise en route
Après le montage et les derniers réglages, je mets immédiatement le vélo en charge afin de débuter le test au plus vite. Malgré une boîte neuve, je remarque avec une légère déception l’absence du câble reliant le chargeur à la prise secteur. Heureusement, mon chargeur d’appareil photo utilise le même connecteur, ce qui m’a permis de contourner rapidement le problème.
La déception est vite oubliée grâce aux goodies fournis avec le vélo : deux bidons, une tasse en métal, un tour de cou et un sac de transport pour le matériel. Ce sont ces petits plus qui rappellent le soin apporté au client.
En piste
Dès les premiers tours de roues, je trouve rapidement une position confortable grâce à un poste de pilotage relativement haut. Habituée à une position plus agressive, l’adaptation se fait néanmoins très vite. Ayant déjà roulé sur un VAE doté d’un moteur intégré au cadre, j’ai été agréablement surprise par la légèreté de ce modèle, même sans assistance. On ressent la présence du moteur dans la roue arrière, mais sa position ne me dérange pas.
Un décor d’un autre temps pour une machine tournée vers l’aventure moderne. – photo Cassandra Duméry
Endurance de la batterie
Mon premier objectif était de pousser la batterie dans ses retranchements lors de la plus longue sortie gravel avec du dénivelé. Pour maximiser l’autonomie, j’ai roulé en mode économie, en n’activant l’assistance que dans les montées et uniquement sur le premier niveau d’aide. La batterie est annoncée pour environ 100 km d’autonomie, mais sans doute dans des conditions moins exigeantes que cette sortie organisée par More Gravel. À l’arrivée, il restait encore une barre sur les huit du voyant de charge. J’ai particulièrement apprécié la souplesse du moteur dans l’accompagnement du pédalage, ainsi que l’absence totale d’à-coups une fois la limite des 25 km/h dépassée.
Une batterie additionnelle Mahle X20 Range Extender est également proposée aux alentours de 450 €. Avec ses 1,1 kg, elle permet de bénéficier d’une rallonge supplémentaire d’environ 60 kilomètres.
Un gravel en carbone confortable sur les pistes – photo Laurent Biger
Puissance
Pour la partie la plus engagée du test, j’ai participé à la randonnée VTT du Luc-en-Provence, un parcours particulièrement exigeant sur lequel certaines sections n’étaient clairement pas adaptées à ce type de vélo. L’objectif était avant tout de pousser la batterie et le moteur sur de forts pourcentages. Mais, j’ai apprécié son comportement ainsi que sa capacité à affronter des pentes importantes grâce aux e-shifters. Ceux-ci permettent une meilleure réactivité face aux obstacles, répondant ainsi au côté sportif de la monture. J’ai utilisé le niveau d’assistance le plus élevé dans les sections les plus pentues. Je l’ai trouvé assez agressif, et ce sont davantage les pneumatiques qui m’ont fait défaut que l’assistance elle-même. J’aurais aimé avoir une cassette plus importante, afin d’être plus véloce dans les montées exigeantes.
En conclusion
L’Origine Newton[e] GR représente parfaitement ma vision du vélo à assistance électrique. Un cadre carbone, pensé pour la performance, où l’on trouve un VAE avec les sensations d’un gravel classique. Cette version est au poids d’environ 11,6 kg. Une configuration légère comparée aux 15/16 kg de beaucoup de VAE du marché. Au premier regard, rien ne trahit sa motorisation qui montre tout son intérêt sur les terrains engagés. Mais une sollicitation importante de l’assistance impacte logiquement l’autonomie lors des longues sorties. Quant aux e-shifters, ils apportent un vrai plus sur les pistes les plus exigeantes. J’ai particulièrement apprécié son confort de pilotage ainsi que le dynamisme de ses roues. Elles sont capables d’encaisser les portions de terrain les plus dégradées. Pour finir, ce gravel polyvalent s’adresse aussi bien aux amateurs de voyages en bikepacking qu’aux cyclistes souhaitant continuer à suivre des sorties plus sportives, sans se limiter par le niveau physique.
Origine Newton[e] GR, un vélo pour s’engager sur des pistes ambitieuses – photo Sébastien Grand
C’est un communiqué récent de la belle marque d’équipements textiles Santini, annonçant la commercialisation d’une combinaison conçue pour le gravel race, qui m’a inspiré cet article. Aujourd’hui, le gravel s’ouvre à une logique plus compétitive. La combinaison cycliste dédiée au gravel race que je vois naître chez les équipementiers est un symbole fort de cette évolution. Pourquoi, dans un monde où le chrono semble avoir peu d’importance, ce symbole du dixième de seconde s’est subitement installé sur la grille de départ ?
Les gains marginaux font partie de l’arsenal du cyclisme de haut niveau
Depuis peu on constate que le textile devient un outil de la performance. Les maillots sont devenus aéro ainsi que les chaussettes. L’UCI a même encadré cette tendance qui faisait grimper de plus en plus haut la chaussette sur le mollet. La combinaison cycliste, apparue dans les années 80-90, est arrivée chez les pros. Aux origines de la combinaison, il y a la quête d’aérodynamisme, symbolisée par la victoire de Greg LeMond au Tour de France 89 pour 8 secondes devant Laurent Fignon, grâce à un guidon de triathlète.
La nouvelle combinaison MADSS Gravel de Santini, pour les longues distances. Quand l’aérodynamisme rencontre les chemins non goudronnés
Réduire la traînée apporte des secondes gagnantes. Depuis cette époque, la recherche de gains marginaux fait partie de l’arsenal du cyclisme de haut niveau pour construire des victoires. La question peut se poser en gravel race. En est-on déjà là, ou s’agit-il plutôt d’une tendance destinée à affirmer une différence entre le gravel rando et le gravel chrono ?
Quand l’aérodynamisme du chrono s’invite dans le gravel race…
Dans le sillage du triathlon
Utiliser le look pour s’identifier clairement…
La combinaison a été un marqueur fort de l’équipement vestimentaire du triathlon. La jeune discipline du triathlon ne s’embarrassait pas des carcans du passé : elle a inventé son sport et son équipement. Le look était très important, mais également la technique. On voyait des roues lenticulaires, des prolongateurs, des positions étranges sur le vélo. Très rapidement, on identifiait sur nos routes, et c’est encore vrai maintenant, un triathlète à l’entraînement. La combinaison trifonction, qui évitait les opérations pénalisantes de changement de vêtements lors des transitions, s’est imposée comme un gain non marginal.
La team The Grip habillé par le Café du cycliste – photo Café du cycliste
Est-ce que le gravel race entend utiliser le look pour se créer une identité différenciante, dans une pratique longtemps perçue (y compris par les instances fédérales) comme de la randonnée ? Je vois là une certaine similitude : discipline jeune et besoin d’identification.
La combinaison Cerise du Café du cycliste
L’influence du cyclisme pro
Photo Castelli
On ne peut pas nier l’influence du cyclisme pro dans l’adoption de la combinaison en gravel. Chaque nouvelle discipline sportive apporte son lot d’innovations. Pour le gravel race, on le voit nettement sur le matériel : les pneus, le poids des vélos typés race, les pédales… Il y a une véritable passerelle entre la route et le gravel race. Les coureurs du World Tour y viennent et pas seulement pour le plaisir de rouler une épreuve de “village”, comme certains esprits critiques avaient qualifié ces épreuves au début.
Rob Britton, professionnel sur route entre 2010 et 2021, est vainqueur de l’Unbound 2025 avec sa combinaison Castelli – photo DR
En rejoignant le circuit gravel race, ils ont apporté leurs coutumes. Ils roulent sur leur vélo de route comme l’avait fait Mathieu van der Poel lors de la finale UCI en Italie. Ils roulent sur la terre en chaussures blanches et chaussettes assorties. La recherche de gains marginaux fait partie de ce que le cyclisme pro apporte au gravel race et les vêtements font partie du lot. Voilà une autre explication à l’apparition de cette combinaison.
Gravel vs. aérodynamisme : une contradiction ?
Dorian Godon, coureur Elite du Team Decathlon AG2R La Mondiale, vainqueur en 2025 de la manche UCI Wish One Grands Causses – photo Virginie Govignon
Dans le vélo on n’est pas à une contradiction près. Pneus larges, manivelles courtes, guidons étroits… Ces choix animent les débats des sorties vélo du dimanche matin. Ce qui était bien avant, ne l’est plus maintenant. Le gravel repose sur des critères comme la liberté, l’aventure et la polyvalence. La combinaison évoque la performance, l’optimisation et la compétition. La question est : est-il nécessaire d’être “aéro” sur des pistes ? Ma réponse sera nuancée, même si cette notion est réservée aux sections de terrain roulantes qui ne manquent pas sur ces épreuves. J’entrevois même quelques problèmes de praticité qui limiteraient l’usage de la combinaison en gravel : gestion des pauses “pipi” (sujet réel) et adaptation à la météo (chaleur, intempéries). Dans notre équipe, Laurent, qui en utilise parfois une, me dit : “Sincèrement j’y trouve un confort d’usage vraiment intéressant, notamment lorsque l’on ouvre complètement le zip. Même ouvert, la partie haute ne vient pas faire parachute… C’est aussi mieux pour évacuer la transpiration, car il n’y a pas de superposition entre la zone lombaire du cuissard et la zone des poches du maillot.”
Un marqueur de la mutation du gravel
La combinaison symbolise la professionnalisation, la recherche de performance, l’influence des sponsors, mais elle me semble également signifier une possible fracture entre le gravel “race” et le gravel “aventure”. Je vois naître depuis un moment ces deux visions du gravel. Nous en avons largement parlé depuis un moment sur Bike Café, toujours en avance sur ces sujets. L’ouverture est à mon sens intéressante et n’est pas en opposition avec les autres pratiques du gravel. Nous sommes une même famille avec ceux qui roulent cool et ceux qui sont plus turbulents. Est-ce que ce simple vêtement ne serait pas le signal faible de cette coexistence ? Mon point de vue d’observateur des tendances vélo me fait dire que cette combinaison n’est pas anodine : elle marque une étape dans l’évolution du gravel.
Le Canyon Grizl AL revient avec une plateforme profondément revue afin d’élargir encore son champ d’usage. Avec cette nouvelle génération du Canyon GRIZL AL, Canyon fait évoluer son cadre aluminium pour répondre aux attentes des pratiquants gravel modernes, entre aventure, longue distance et usage quotidien. La marque allemande annonce une nouvelle géométrie, une intégration accrue, une compatibilité renforcée avec le bikepacking et l’optimisation du confort. Le tout avec une approche tarifaire qui cherche à conserver l’accessibilité du modèle dans la gamme gravel Canyon.
Canyon GRIZL AL : un cadre aluminium entièrement revu
Le principal changement concerne le cadre aluminium du Canyon GRIZL AL. Canyon explique avoir retravaillé cette plateforme afin d’améliorer le confort, la stabilité et la capacité d’emport. Le cadre utilise toujours de l’aluminium, mais avec des tubes redessinés et une intégration plus aboutie. Cette évolution rapproche visuellement le Grizl AL des versions carbone de la gamme tout en conservant une logique plus accessible économiquement.
Photo Canyon
Selon Canyon, cette nouvelle conception viserait également à améliorer la filtration des vibrations sur longues distances.
Une géométrie pensée pour le gravel moderne
Le Canyon GRIZL AL conserve une orientation aventure mais fait évoluer sa géométrie pour gagner en polyvalence.
Photo Canyon
La marque met en avant une stabilité accrue en terrain engagé, un comportement plus rassurant chargé et une position adaptée aux longues sorties. Cette évolution répond à la diversification des usages gravel :
bikepacking
ultra-distance
sorties sportives
déplacements quotidiens
Le vélo cherche ainsi à rester performant sans devenir trop exclusif.
Canyon GRIZL AL : davantage d’options pour le bikepacking
Le nouveau Canyon GRIZL AL développe encore sa compatibilité avec les équipements d’aventure. Le cadre et la fourche proposent de nombreux points de fixation :
porte-bagages
sacoches
porte-bidons additionnels
accessoires de voyage
Photos Canyon
Cette modularité fait partie de l’ADN du Grizl depuis son lancement. Canyon semble ici renforcer cette orientation afin de répondre à la montée des pratiques longue distance et du bikepacking.
Une compatibilité pneumatique élargie
Le nouveau cadre permet d’accueillir des pneumatiques larges afin d’adapter le vélo à différents terrains. Chaque Grizl AL est équipé de pneus de 45 mm, mais le cadre permet d’installer des pneus jusqu’à 54 mm, soit l’équivalent d’un pneu de VTT de 2,1 pouces (environ).
Photos Canyon
Cette évolution pourrait permettre davantage de confort, une meilleure motricité et plus de sécurité sur terrains irréguliers. Le Canyon GRIZL AL confirme ainsi son positionnement entre gravel rapide et vélo d’aventure capable de sortir des pistes roulantes.
Une gamme Canyon GRIZL AL élargie
Canyon décline le Grizl AL dans plusieurs configurations afin de couvrir différents usages et budgets. La gamme comprend notamment des versions orientées découverte gravel, des montages plus sportifs et des configurations compatibles voyage. Selon les versions, on retrouve des transmissions :
Shimano CUES ou GRX
SRAM Apex ou Rival
Photos Canyon
Les modèles
Grizl 5 : il a un potentiel pour s’imposer comme l’un des vélos gravel au meilleur rapport qualité-prix du marché, avec une transmission Shimano CUES monoplateau, un contrôle de frein à disque hydraulique et une tige de selle en carbone, le tout pour 1 299 €.
Photo Canyon
Grizl 6 : un cran au-dessus avec le groupe SRAM Apex 1×12 Double Tap, équipé de pneus Schwalbe G-One RX tubeless-ready, disponible pour 1799 €.
Photo Canyon
Grizl 7 ESC : un vélo gravel à 1 999 €, doté du poste de pilotage Full Mounty adaptable, de la dernière évolution de l’emblématique tige de selle flexible VCLS 2.0, du système de changement de vitesses Shimano RX610 GRX et d’une cassette 10-51 pour faciliter les montées hors route les plus raides, même chargé.
Photo Canyon
Cette diversité permet à Canyon de maintenir une offre large autour d’un même châssis aluminium.
Canyon GRIZL AL : un positionnement tarifaire stratégique
L’un des enjeux importants de cette nouvelle génération concerne le prix. Dans un marché gravel où les tarifs ont fortement progressé ces dernières années, Canyon continue de mettre en avant :
la vente directe
un rapport équipement/prix compétitif
une plateforme aluminium plus accessible que le carbone
Photo Canyon
Le Canyon GRIZL AL pourrait ainsi séduire :
les nouveaux pratiquants
les voyageurs au long cours
les cyclistes cherchant un vélo polyvalent sans basculer vers des budgets élevés.
Un gravel qui accompagne l’évolution des pratiques
Photo Canyon
Le développement du Canyon GRIZL AL reflète une tendance plus large du marché gravel. Aujourd’hui, les utilisateurs recherchent souvent :
un vélo capable de voyager
une machine adaptée au quotidien
un comportement rassurant hors route
une compatibilité avec le transport de charge
Le Grizl AL cherche précisément à répondre à cette polyvalence devenue centrale dans l’univers gravel.
L’avis de Bike Café
Avec cette nouvelle version du Canyon GRIZL AL, Canyon fait évoluer son gravel aluminium vers davantage de polyvalence et d’intégration. Le vélo conserve son orientation aventure tout en modernisant sa géométrie et ses capacités d’équipement. Cette évolution confirme également une tendance forte du marché : l’aluminium reste une solution pertinente pour les cyclistes qui recherchent un vélo robuste, adaptable et financièrement plus accessible que les plateformes carbone.
Retrouvez toutes les infos sur le site du fabricant : Canyon Grizl AL.
En 18 ans, LeCyclo.com a accompagné une transformation profonde du vélo en France. Né à Marseille en 2008, à une époque où le vélotaf restait marginal, le site a très tôt misé sur le e-commerce et sur une approche centrée sur les usages du vélo au quotidien. Avec son positionnement orienté sécurité, transport et confort, LeCyclo.com, 18 ans plus tard, continue de défendre une vision pratique et accessible du vélo, bien avant que la “vélorution” devienne un sujet central des politiques de mobilité.
L’histoire de la marque illustre aussi l’évolution d’un marché qui est passé d’une niche urbaine à un véritable secteur structuré autour de la mobilité active, du voyage à vélo et du gravel.
Un projet né au moment du déclic Vélib’
L’histoire de LeCyclo débute dans un garage du 5ᵉ arrondissement de Marseille, quelques mois après le lancement du Vélib’ à Paris. Nous l’avions évoqué en 2015 dans un de nos premiers articles sur Bike Café.
À cette époque, peu d’acteurs s’intéressent réellement au vélo du quotidien. Les boutiques vélo restent largement tournées vers le sport ou la performance. Othello Desurmont identifie alors un besoin émergent : accompagner les personnes qui souhaitent utiliser leur vélo pour aller travailler, faire leurs courses ou emmener leurs enfants à l’école. “Pour la passation et la rencontre de l’équipe, nous avions pris un verre à La Caravelle, et fini la nuit au Son des Guitares. Pour nous aider dans la transition et assurer la pérennité de sa création, il avait convaincu une ancienne collaboratrice partie pour une ONG en Amérique du Sud de remettre le pied à l’étrier et de prendre la direction marketing et communication“, déclare Charles Boschetto qui a repris LeCyclo.com en 2018.
La mission affichée dès le départ consiste à rendre le vélo aussi pratique, confortable et rassurant qu’un usage automobile sur les trajets courts du quotidien.
Une approche e-commerce pensée par l’usage
L’une des particularités de LeCyclo réside dans son organisation du catalogue. Là où les sites spécialisés classaient traditionnellement leurs produits par composant ou par marque, LeCyclo adopte une logique orientée usages. Le site structure son offre autour de trois axes : sécurité, transport et confort.
Cette approche s’accompagne d’un important travail pédagogique avec des guides pratiques, des conseils d’usage, des descriptions accessibles et des contenus éditoriaux.
Selon la marque, cette orientation visait à rassurer des utilisateurs souvent éloignés de la culture cycliste traditionnelle .
Citycle et la naissance d’une culture vélo urbaine
Dès 2008, LeCyclo lance également Citycle.com, un blog consacré au vélo urbain et à la mobilité douce. À une époque où le sujet reste encore marginal dans les médias spécialisés, Citycle contribue à diffuser des conseils pratiques accompagnés d’analyses sur les mobilités et d’un narratif autour du vélotaf.
LeCyclo ne se positionne donc pas uniquement comme un site marchand. La marque développe progressivement un rôle de prescripteur autour des nouveaux usages du vélo.
Cycletyres et l’élargissement de l’expertise
Une étape importante intervient avec la création de Cycletyres.com par Charles Boschetto en 2011. Le projet part d’un constat simple : l’offre pneumatique devient de plus en plus complexe avec la multiplication des standards. Cycletyres développe alors une approche spécialisée autour du conseil et du choix des pneumatiques adaptés aux pratiques. Cette expertise viendra ensuite enrichir l’univers LeCyclo.
Un picking spectaculaire dans le stock
Fusion, croissance et structuration
Charles Boschetto – photo Le Cyclo.com
En 2018, Charles Boschetto rachète LeCyclo afin de rapprocher les deux structures. Cette opération permet de réunir l’approche éditoriale et usage de LeCyclo et l’expertise produit et logistique de Cycletyres.
La fusion juridique intervient en 2020 sous le nom unique LeCyclo. Quelques mois plus tard, la pandémie accélère fortement la pratique du vélo au quotidien. Grâce à une logistique déjà structurée autour d’un entrepôt de 3 000 m² en Savoie, LeCyclo parvient à absorber cette croissance de la demande.
Le podcast avec Charles Boschetto
Du vélotaf au gravel : l’évolution des pratiques
Le cœur historique de LeCyclo reste le vélo utilitaire. Mais, les usages ont progressivement évolué. Le site accompagne désormais le bikepacking, le gravel, le voyage à vélo et les microaventures. Cette évolution reflète un phénomène plus large : de nombreux cyclistes urbains utilisent aujourd’hui leur vélo aussi bien pour les déplacements quotidiens que pour les loisirs outdoor.
LeCyclo adapte donc son catalogue avec : des sacoches bikepacking, des porte-bagages, des éclairages longue distance et des remorques cargo, tout en conservant son approche centrée sur l’usage réel du vélo.
Une autre vision du commerce vélo en ligne
Le marché du e-commerce vélo a fortement évolué depuis 2008 avec l’arrivée de grands acteurs spécialisés et des marketplaces internationales. Face à cette concurrence, LeCyclo continue de miser sur :
le conseil ;
la pédagogie ;
la spécialisation ;
la sélection produit.
Bike café a contribué par certains contenus à cette pédagogie. Le petit guide pour remettre sur la route un vélo ancien a connu un certain succès et il est d’ailleurs encore très consulté.
Un lot de pièces commandées sur le Cyclo.comPetit Guide de la restauration d’un vélo ancienPhoto Pierre De Meerler
La marque développe également une dimension engagée à travers son soutien à des structures comme la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB) ou le label Employeur Pro-Vélo.
L’avis de Bike Café
L’histoire de LeCyclo.com, 18 ans après sa création, raconte autant l’évolution d’une entreprise que celle du vélo du quotidien en France. En misant très tôt sur le e-commerce, l’approche par l’usage et l’accompagnement des cyclistes urbains, la marque a occupé une place particulière dans la montée de la mobilité active. Aujourd’hui, alors que les pratiques continuent de se diversifier entre vélotaf, voyage à vélo et gravel, LeCyclo semble chercher à conserver ce rôle de passerelle entre équipement, conseil et culture vélo. Un positionnement qui pourrait rester pertinent dans un marché devenu beaucoup plus concurrentiel qu’à ses débuts.
Ou plus simplement, mon aventure le long des 1000 kilomètres du BikingManMaroc 2026. Mais pourquoi ? Pourquoi y retourner ? Tu n’en as pas eu assez l’an dernier ? Pas assez de désert ? Pas assez de soleil ? Pas assez d’heures sur le vélo ? Pas assez de msemmens? Je crois que non, décidément le meilleur coup de vélo de ma vie. Pour le dépaysement, la déconnexion totale, la découverte d’un pays et d’une culture. Pour l’accueil hors du commun des Marocains aussi. Mais également pour l’organisation au top, la trace aux petits oignons, l’ambiance à l’hôtel au sein de la grande famille BikingMan, la chaleur des Race Angels (les volontaires de l’organisation) et la camaraderie entre participants.
Cela mérite bien un deuxième voyage – Photo organisation BikingMan
Puis les msemmens, je vous ai parlé des msemmens ? Rien que pour ça je prends mes billets. Vainqueur de l’édition 2025 – voir mon récit de la course de l’année dernière – je me suis inscrit dès l’ouverture à l’épreuve 2026. Non pas pour gagner, mais pour vivre une nouvelle aventure que je suis ravi de vous raconter ici.
L’arrivée à l’hôtel
Après une semaine de vacances en famille à Marrakech, j’arrive à l’hôtel qui fera office de village de course le vendredi en fin de matinée. Je retrouve avec plaisir l’ambiance du BikingMan avec ses Race Angels et les quelques coureurs déjà sur place. Le décor est posé, il fait beau, l’arche de départ est en train de se gonfler et il y a des vélos partout. On y est !
Je récupère les clés de ma chambre et les enfants filent à la piscine sous l’œil attentif de madame. Elle sait très bien qu’elle ne peut plus compter sur moi. Je n’attends qu’une chose, libérer le diable de sa boite.
On a connu mieux comme assistant – Photo MP Bodot
J’ai le plaisir de participer cette année avec la nouveauté gravel carbone de chez Officine Mattio, le Bisalta. Une véritable machine de course taillée pour la compétition. Un petit bijou fabriqué et monté à la main en Italie. Et, comme le diable se cache dans les détails, rien de moins qu’un groupe SRAM Red XPLR AXS en 13 vitesses équipe ce vélo. Un bon vélo n’allant jamais sans bonnes roues, DT Swiss m’a fait l’honneur de me confier une paire de DT Swiss GRC 1100 Dicut en 50 mm. Du sérieux fait pour envoyer.
Une machine de course équipée comme un bijou
En plus de ma selle et mon cintre personnels, ce très beau vélo fera office de laboratoire roulant. Il se pare d’une tige de selle Ergon CF Allroad Pro Carbon Setback, avec son ingénieux système d’amorti à double lame de carbone. Ainsi que d’un ensemble de poignées ergonomiques Redshift Cruise Control Drop Bar Grips. Des périphériques que je vais tester ici, spécifiquement choisis afin d’apporter du confort pour cette grande aventure. Au chapitre des tests, une nouveauté se trouvera aussi à mes pieds avec les dernières chaussures VTT XC/gravel d’Ekoi, les Perf XC R4. Une paire que je teste quotidiennement depuis un petit mois et que j’apprécie particulièrement.
Mon vélo pour cette aventure – Photo Benjamin Bodot
Mise en place du cintre, du dérailleur, des roues et enfin de la chaîne. Le vélo est sur ses roues. J’accroche ma bagagerie et tout mon matériel prend place. Le vélo est prêt à partir. Je fais trois tours de roues pour vérifier ça et file profiter de ma famille.
Un plateau très relevé !
Samedi 15 h, les vérifications. Je retrouve Abdellah Hidda, vainqueur du 1000 km en 2024 et du 500 km en 2025, qui m’annonce participer au 1000 km cette année. Le monsieur est un gros client et la victoire que je n’espérais déjà pas vraiment n’est même plus hypothétique. Il faut savoir aussi que cette année le plateau est très relevé. La liste compte Remi Borrion pour son dixième BikingMan et pas moins de quatre victoires, Erwan Guenneugues, double vainqueur du 555 gravel Alpes-Maritimes 2024 et 2025 et sérieux compétiteur sur les manches gravel UCI et enfin Simon Scodavolpe, deuxième sur l’épreuve Corse 2025 (où je finis cinquième). Si je fais cinquième, ce sera déjà beau !
Vérifications techniques – Photos MP Bodot
Comme l’an passé, la pesée de mon vélo confirme mon pessimisme, 18 kg sur la balance. Quatre chambres à air (j’en ai passé trois l’an dernier), trop de nourriture, des outils et toujours trop de vêtements. Les photos que je ferai à l’arrivée, pour illustrer mon prochain article sur le matériel, me confirmeront bien l’ampleur de l’excès. Elles me permettront, j’espère, d’affiner tout ça pour l’an prochain. Pour les férus d’équipement, un article spécifique suivra bientôt afin de vous présenter mon matériel de façon détaillée et vous donner mon retour d’expérience. Que les amateurs de belles machines ne se sentent pas lésés, des tests de ce vélo et de ces roues vous seront plus tard proposés. Et ce, bien au-delà de l’utilisation sur ce BikingMan.
Prêt à partir ! – Photo Benjamin Bodot
En avant !
Dimanche matin, 6 h 50. Je regarde mes pense-bêtes sur les prolongateurs. Ils m’annoncent la position de possibles ravitaillements et des checkpoints ainsi que les points kilométriques d’entrées et sorties des sections gravel. Le briefing d’hier a annoncé quelques légères modifications de trace suite aux dernières reconnaissances faites en début de semaine afin d’éviter des portions gravel trop difficiles. J’ai refait hier soir à la main mes belles listes imprimées avant mon départ de France.
La trace des 1000 km du BikingMan Maroc 2026 – Illustration organisation BikingMan
Profil de la trace, en hachuré les sections gravel – Illustration EpicRideWithGPS
Je suis en pole position sur la ligne de départ. Je dois faire le meneur d’allure en suivant Didier dans la voiture ouvreuse durant les 20 premiers kilomètres. Il reste deux minutes.
Départ imminent – Photo organisation BikingMan
C’est le moment où mon GPS décide de faire une mise à jour, fuck ! Je prends le départ en regardant la barre d’avancement faire tout doucement son chemin. J’espère que la trace s’affichera avant que Didier ne lâche la meute.
C’est parti ! – Photo organisation BikingMan
La trace apparaît enfin au bout de cinq minutes, mais je suis maintenant en prise avec un dérailleur récalcitrant. Les vitesses passent bien en haut de la cassette mais sautent en bas. J’ai dû faire une erreur au remontage. Je n’ai pas tout vérifié en passant juste deux-trois vitesses en haut de la cassette lors de mon test. Erreur de débutant, je m’en veux à mort. Je galère pendant 30 kilomètres en jonglant sur mon téléphone avec le micro adjust de l’application SRAM, mais rien n’y fait. Je m’arrête et démonte la roue, c’est la première fois que j’utilise un dérailleur en direct mount et j’ai vraisemblablement raté le montage. Je ne vois rien à régler et ne comprends pas ce qu’il se passe. Je remonte la roue, c’est pire. Trente kilomètres de plus, toujours la galère. Je ne peux pas faire 1000 kilomètres comme ça. Je suis sans doute sur l’un des meilleurs vélos de la course et je galère comme un imbécile. Une voiture de l’organisation arrive à mon niveau, Axel est à la fenêtre.
Tout va bien ?
Non ! Le dérailleur arrière fait n’importe quoi j’en peux plus !
T’as bien placé les deux traits en face au remontage ?
Les deux traits, quels deux traits ?
On s’arrête au bord de la route. Je démonte la roue et le shaman me montre ces fameux deux traits à simplement mettre en face l’un de l’autre au montage du dérailleur. Je replace la roue. Ça marche ! Je revis ! Je l’embrasserais ! Après l’épreuve, j’ai compris que je n’avais pas respecté intégralement la procédure d’un montage Direct Mount de type UDH, qui est le cas avec ce groupe. Pour les curieux, cet alignement de traits est d’ailleurs illustré dans cet article sur le sujet UDH.
Tu les vois ces deux traits ? – Photo organisation BikingMan
Je peux enfin rouler sereinement et continuer l’ascension de ce premier col. Il doit y avoir sept ou huit coureurs devant moi, avec notamment Abdellah qui m’a doublé tel une locomotive. Mais aussi Rémi, Erwan et Simon, les plus sérieux prétendants à la tête de course.
A l’attaque du premier col – Photo organisation BikingMan
J’attaque enfin l’imposant Tizi n’Afra qui culmine à plus de 2500 m et qui me sépare encore du premier checkpoint. Je retrouve l’un des coureurs qui s’était échappé sur le plat initial et me fait dépasser par un autre. Je n’ai aucune idée de ma position après mes déboires de dérailleur. De toute façon la course se jouera plus tard et la première nuit fera le tri, même s’il est toujours difficile de se retenir et de laisser filer les habituels (trop) motivés du premier jour. Pour ne rien gâcher, ma gastro de la semaine passée me fatigue encore et j’ai la tête qui tourne. Je vais éviter les envolées et attendre que ça passe.
Photo Organisation BikingMan
Petite section gravel assez roulante avant le sommet. Ensuite, je redescends droit vers Iguidi, pour retrouver l’hôtel Baba Jeamea qui était aussi le dernier checkpoint l’an passé. 171 km et 4000 m de dénivelé avalés, il est 15 h 30. Cette première section, très facile techniquement, était une bonne entrée en matière. Parfaite pour calmer la fougue du départ en usant les jambes dans les cols plutôt que les vélos dans les cailloux. Je retrouve Rémi Borrion qui finit de remplir ses bidons avant de s’échapper. Frédéric Chapelle est là lui aussi, le grand échappé du départ qui nous a tous surpris. C’est à ses côtés que j’engloutirai en vitesse mon poulet rôti et ma salade berbère avant de repartir.
En route pour N’Kob
350 km et 5700 m de dénivelé m’attendent avant le prochain checkpoint. J’attaque l’ascension qui mène au Tibet marocain sous une petite pluie fine. C’est le temps du questionnement : est-ce que la pluie va s’arrêter car mes pneus sont impossibles dans la boue ? Mais, pourquoi tu fais ça ? Tu ne serais pas mieux dans ton canapé plutôt que de passer trois jours sur ton vélo et dormir par terre ?
Retour de l’école – Photo Benjamin Bodot
J’essaie de me reprendre et pousse un peu plus pour me motiver. C’est alors que je ressens une forte douleur à l’arrière de mon genou gauche en me mettant en danseuse. Je sais ce que c’est, selle trop haute. J’ai récupéré le vélo trois jours avant de le mettre dans la caisse et j’ai remonté un peu la selle par rapport à mon réglage habituel, pour compenser les manivelles plus courtes que les miennes. Je m’arrête et redescends un peu ma selle. La douleur diminue peu à peu mais impossible de me mettre en danseuse. Pratique avec mon ratio de 40 x 46 relativement long pour ce type d’épreuve et ma tendance à tout passer en force (fixie addict). J’en suis réduit à marcher dès que les pourcentages passent les 10 %. Connaissant l’appétence du père Carion pour les pétards, il va y avoir un peu de randonnée…
À pied dès que les pourcentages dépassent les 10 %…
Je chemine comme ça, alternant marche et pédalage jusqu’au sommet.
Le Tibet marocain – Photo Benjamin Bodot
Le Tibet marocain s’ouvre devant moi pour une section gravel de près de 30 kilomètres. La piste est rapide et défile sous mes roues.
Photo Benjamin Bodot
Ça y est, j’y suis vraiment. Le temps et la distance n’ont plus de prise, j’oublie ma douleur au genou, c’est la déconnexion totale. Ce que je suis venu chercher ici. Après le checkpoint à près de 1250 m, je me retrouve à nouveau à 2500 m d’altitude pour redescendre et enfin retrouver la route. Une pause tardive dans un hanout, la petite épicerie traditionnelle marocaine, me permettra de profiter d’un paquet de Principe qui m’accompagnera toute la nuit.
Le paquet de Principe, compagnon de ma première nuit – Photo Benjamin Bodot
La section de route est assez courte mais la fatigue se fait sentir et la température descend doucement. J’enfile ma Gore-Tex et passe mes gants longs. 1 h 30 du matin, je décide de m’arrêter pour faire une première sieste dans le bas-côté de la route. Je fais signe à Frédéric qui passe à ce moment-là. Après 30 minutes de sommeil, retour sur la trace pour remonter vers le Tizi n’Talat que je franchirai au clair de lune, après une seconde sieste de 30 minutes au bord de la piste. J’alterne toujours le pédalage et la marche quand les pourcentages deviennent trop importants. Le reste de la nuit défile ensuite très rapidement pour passer les 80 kilomètres en faux plat descendant qui me séparent de la prochaine grosse section gravel.
Arrêt nocturne dans une station service – Photo Benjamin Bodot
Après un rapide arrêt dans une station-service pour remplir mes bidons et huiler ma chaîne, j’entre enfin dans une longue section gravel de plus de 50 kilomètres au cours de laquelle le soleil se lèvera face à moi. Instant magique, j’en profite pour prendre quelques photos. Ce sont ces moments que je suis venu chercher.
Je suis venu pour ça – Photo Benjamin Bodot
Retour sur la route pour descendre comme une flèche et me retrouver face au vent pour plus de 40 kilomètres de ligne droite. Un calvaire. Le checkpoint suivant est là, au bout de cette ligne droite qui n’en finit pas.
13 h 40, enfin le deuxième checkpoint. J’ai le plaisir de retrouver des Race Angels que je connais depuis ma première course. Neri (qui fête d’ailleurs son anniversaire), Armandio et Patrice. Frédéric, arrivé avant moi, est coincé devant son assiette. La nuit fut difficile visiblement et l’expérience le fait choisir d’aller se reposer plutôt que de repartir dans cet état. Comme à mon habitude, je dévore mon repas rapidement pour vite retrouver la route.
185 km pour Toundoute
Et 3280 m de dénivelé, avec une belle portion de 70 kilomètres de gravel dès la sortie du checkpoint. L’organisation nous a prévenu, la portion est longue et il faut être sérieux sur l’emport d’eau. Mes trois bidons sont remplis, mes deux flasques de trails pleines prennent place dans mes poches de maillot et je sangle une bouteille d’eau supplémentaire entre mes prolongateurs. 4,5 litres d’eau, je suis paré.
4,5 L d’eau, je peux attaquer la piste – Photo Benjamin Bodot
Je grimpe la piste et j’en profite à fond. C’est le Far West, magnifique, cette section gravel est longue, avec de belles parties techniques. Quelle claque, perdu au milieu de nulle part, oubliez-moi, je reste ici.
Le Far West – Photo organisation BikingMan et Benjamin Bodot
Rémi est loin devant, Frédéric est toujours au checkpoint, j’oublie la course et le classement, je me laisse aller à prendre des photos et j’en profite à fond.
FAIM !
Sorti de la section gravel, je trouve vite de l’eau et file sur la route pour rejoindre la ville toute proche. Je suis fatigué et j’ai faim. Je m’arrête une première fois dans un hanout pour acheter des gâteaux et profite du thé à la menthe qui m’est offert. Cinq kilomètres plus loin, les gâteaux ont disparu. Je m’arrête à nouveau pour acheter un batbout, le pain traditionnel marocain, que je plonge dans ma poche de cuissard. Voilà ensuite l’animation du centre-ville, il est 21 h, et la foule est partout. J’en profite pour m’arrêter à la terrasse d’un snack et m’offrir un réconfortant Ghimzi, un sandwich aux boulettes Kefta. Je le savoure bien chaud, assis sur un banc tout en regardant l’animation du centre-ville. Je suis repu, le moral est bon, c’est parti pour la nuit !
Mon sandwich nocturne – Photo Benjjamin Bodot
Vers 2 h du matin, je traverse un nouveau village et décide de m’arrêter dans un bosquet pour une courte sieste réparatrice. Réveillé par des chiens 30 minutes plus tard, je reprends la piste après avoir enfilé ma veste et mes gants longs. Il fait nuit noire quand je rentre dans la dernière section gravel. Portion technique en montée avec de jolis tronçons en single track.
L’entrée du single track – Photo Benjamin Bodot
Je mets pied à terre et pousse le vélo plusieurs fois. Je bascule enfin et ça descend sérieusement. Mon phare allumé à pleine puissance, je ne lâche pas les freins pendant plus de 15 kilomètres. Pas de pièges particuliers mais une déclivité tournant autour des 15 %. Enfin le dernier checkpoint, le gîte Amadou, où j’arrive à 5 h 15 du matin. Je peux profiter d’un bon tajine de poulet bien réconfortant, chaleureusement servi par le propriétaire des lieux.
Du réconfort – Photo Benjamin Bodot
Marrakech n’est plus très loin. Je prends un Coca-Cola et enchaine avec un café pour bien me réveiller, puis je repars dans la pénombre.
Marrakech me voila !
Enfin presque, 311 km et 3700 m, il me reste tout de même un beau morceau !
Dernier matin – Photos Benjamin Bodot
Le jour pointe son nez quand je franchis le petit col avant la longue descente vers Ouarzazate. Ce qui me semble être facile au départ devient vite une épreuve, c’est long, la route est droite et monotone.
L’entrée de Ouarzazate – Photo Benjamin Bodot
Enfin Ouarzazate, petit arrêt hanout pour acheter un nouveau paquet de Principe que je sangle dans mes prolongateurs. Je traverse la ville et passe devant les studios Atlas, célèbres studios cinématographiques où ont notamment été tournés Gladiator ou Asterix et Obélix : Mission Cléopâtre. Direction Aït Ben Haddou pour débuter mon ascension du Tichka. Dernier rempart avant Marrakech.
Début de l’ascension – Photo Benjamin Bodot
Je me dresse sur le vélo, la douleur est passée et le genou répond bien. Je peux enfin rouler comme j’en ai l’habitude. Gros braquet et faible cadence. Il fait beau, pas trop chaud, c’est le bonheur. Je monte à bon rythme en alternant les Principe, logés entre mes prolongateurs, et les séances de danseuses. Que demander de plus ? Quelques arrêts photos pour pouvoir vous partager ces paysages et je repars vers le col.
Les PrincipesDans l’ascension du TichkaPhotos Benjamin Bodot
À un kilomètre du sommet, la brume et le vent me saisissent, j’arrive enfin au sommet et m’arrête rapidement acheter de l’eau. Pas de photos, tellement j’ai froid. Le vendeur m’annonce que trois kilomètres plus bas la brume aura disparu. Je le crois sur parole et descends après avoir seulement enfilé mon coupe-vent. Cinq kilomètres plus bas, toujours dans la brume ! Je grelotte de froid. Je m’arrête sur le bas-côté et enfile veste et gants longs pour finir cette très longue descente dans le trafic routier. La trace quitte enfin la route pour bifurquer à droite et rejoindre une longue piste très rapide à travers les villages.
Photo Benjamin Bodot
La nuit commence à tomber et il y a du monde partout. Les enfants jouent au foot, les adultes rentrent des champs à mobylettes ou à dos d’ânes, l’animation est tout autour de moi. Je sens bien que la ville n’est plus très loin.
Les roues vont là où porte le regard
Motivé comme jamais, j’enchaîne plein gaz les petites bosses du parcours alors que la nuit progresse. Dernière petite section gravel du parcours, deux kilomètres qui débutent par un chemin muletier bien défoncé pour arriver dans le lit d’un ruisseau où il faut passer d’un flanc à l’autre, en évitant les profondes crevasses. C’est très amusant mais aucun droit à l’erreur. Je me répète la phrase de mes cours du permis moto : “Les roues vont là où porte le regard.”
L’entrée de la dernière section gravel – Photo Benjamin Bodot
Je sors du gravel et passe les petites bosses suivantes, il fait nuit dorénavant et j’aperçois les lueurs de Marrakech au loin. Encore 45 petits kilomètres devant moi.
Les lueurs de Marrakech – Photo Benjamin Bodot
La descente est rapide, le vélo sent l’écurie et la caféine que je prends depuis le checkpoint fait son effet. Je veux arriver avant minuit. L’an dernier, j’avais réservé une chambre seulement à partir du mercredi et j’avais dormi avec l’organisation le mardi soir. Cette fois, j’ai bien une chambre ce soir et je veux absolument pouvoir me vanter d’être arrivé le mardi. Même si ce n’est que de quelques minutes. Caché dans les prolongateurs, je pousse au maximum en jetant mes dernières forces dans les pédales. Le vélo file et les roues jouent leurs partitions à merveille dans ces longues portions droites pour me tirer jusqu’à la ligne d’arrivée, que je franchis enfin à 23 h 34. C’est fini, on est encore mardi ! Les Race Angels m’applaudissent chaleureusement et je descends enfin du vélo. Jérôme a même daigné quitter son match de foot pour m’accueillir. Sophie, la cheffe du protocole, me passe le t-shirt de finisher et la médaille. Photo d’arrivée et voici le repas qu’Elodie (bonne chance pour ton BikingMan Corsica !) a gentiment gardé pour moi, Merci !
C’est fini – Photo Organisation BikingMan
Alors ?
C’était bien ! Différent de l’an dernier. Le début fut fastidieux avec mes soucis mécaniques, ma fin de gastro et mes douleurs de genou. J’ai réussi à me détacher du chrono à mi-parcours pour profiter de la trace. Ce que je n’avais pas réussi à faire l’année passée, en tête à mi-course, je m’étais mis une pression folle. Le vélo a été absolument parfait, aucun souci, pas même une crevaison. La trace était globalement moins difficile qu’en septembre dernier et la météo bien plus clémente. Mais le dépaysement et le voyage restaient entiers.
Merci à tous !
Et surtout merci à tous pour cette aventure ! C’est mon quatrième BikingMan et je constate encore une fois le niveau de sérieux de l’organisation et la chaleur de la famille BikingMan. Clin d’œil à tous les Race Angels et tous les participants pour l’ambiance à l’hôtel, sur la route et pour leurs amitiés.
L’idée vous taraude ? Sautez le pas ! L’aventure est complète et l’ambiance incroyable, à vivre absolument. Un peu de préparation est bien entendu nécessaire tant physiquement que techniquement, mais ce genre d’aventure est loin d’être hors d’atteinte. Il faut avoir en tête que sur une telle épreuve, à peu près 10 % des coureurs roulent “fort” et ne dorment pas ou très peu. La majorité des participants le vit plus tranquillement en roulant plus calmement et en s’octroyant plus de pauses. Ils profitent de l’hospitalité marocaine et se reposent plus que nous, les idiots qui caracolent devant. Le temps limite est de 120 heures, vous avez donc jusqu’au vendredi pour rejoindre la ligne d’arrivée. Bien entendu vous ne ferez pas forcément des nuits de huit heures et il vous arrivera de peiner sur le vélo. Mais, vous viendrez aussi pour ça finalement. C’est le sel de l’aventure qui vous permettra de vivre encore plus fort la magie des lieux. Je ne pense pas me tromper en disant que tous ceux qui y ont goûté veulent déjà revenir.
Photos organisation BikingMan
La marche que représente 1000 km au Maroc vous semble trop importante pour commencer ? Vous trouverez bien une épreuve plus accessible. Plus facile à travers la France, qui peut aussi se limiter à un format de 500 km. Route ou gravel, le choix est vaste.
À L’année prochaine !
Pour ma part, je viens justement de me préinscrire pour l’année prochaine. En duo, cette fois-ci, pour vivre l’aventure différemment et la partager. Mais, chaque chose en son temps, il me faut d’abord préparer l’épreuve péruvienne. Pour conclure cet article, voici la vidéo officielle de l’édition 2026 qui résume si bien la magie de cette aventure :
Les msemmens ?
Ah oui, j’oubliais, les msemmens. Rien que pour ça il faut venir. Ce sont de délicieuses crêpes feuilletées, traditionnelles du Maghreb, que l’on mange généralement au petit déjeuner. C’est absolument divin avec du miel ou du Amlou, une pâte à tartiner marocaine à base d’huile d’argan et d’amandes grillées. Petit conseil, ne mangez pas celles de Diane, elle vous en voudra éternellement…
Après avoir lu un post de Thierry Seray sur le réseau LinkedIn, j’ai eu envie ce matin de vous parler comme lui de la jeunesse. Curieux pour un gars de mon âge d’évoquer une jeunesse qui peut sembler lointaine. Communément, on considère la jeunesse comme une période qui nous voit passer de l’adolescence vers l’âge adulte. Pour certains, elle peut durer longtemps, au point de ne jamais en voir la fin. Sans aller jusqu’au syndrome de Peter Pan, je pense que les rythmes et les caractéristiques de ce processus de passage sont complexes et variables selon les personnes et le contexte. La jeunesse est une réalité sociale qui n’existe pas en soi de façon stable et temporelle. En disant ça, je pense principalement au sport qui exprime la jeunesse. On entend dire souvent : “Faites du sport pour rester jeune !” Tout ça reste flou et le mot jeune – tantôt adjectif, adverbe ou nom – possède une sémantique très large allant au-delà de l’âge. Est-ce une coïncidence si sports, jeunesse et vie associative sont réunis dans un même ministère ? Pour moi la jeunesse est aujourd’hui une énergie et non un âge. (Photo de couv. Gabriel Refait – Poursuivi par ma jeunesse dans les rues d’Aix-en-Provence)
Belles pages du magazine Vieux, évocant cette belle formule de Groucho Marx
Comme le souligne Thierry, nous les boomers ou les Gen X, nous avons eu la chance de vivre l’émergence de nouveaux sports : triathlon, VTT, running, trail, sports de glisse, grimpe… Dans les années 70-80, j’ai joyeusement entamé un parcours sportif exploratoire grâce auquel je me suis fabriqué une condition physique qui me rend service aujourd’hui. Ces pratiques, essentiellement en nature, m’ont construit mentalement et physiquement. Grâce à tous les sports que j’ai découverts et pratiqués, j’ai appris beaucoup. J’ai découvert l’entraînement, la diététique, développé ma résilience et découvert l’énorme capacité du corps humain. J’ai apprécié l’esthétique de la gestuelle sportive et la culture de ces univers. Ces apports issus de ma jeunesse, comme leurs qualités et leurs défauts, sont toujours présents en moi, agissant comme un cocktail de jouvence. Je ne dirais pas “Il faut que jeunesse se passe…“, bien au contraire, il faut qu’elle dure.
Le vélo a été le point de départ de ma construction vers l’âge adulte. Je l’ai pratiqué puis mis de côté longtemps pour équilibrer une vie familiale, professionnelle et sportive qui s’est exprimée dans d’autres sports. Il est revenu dans ma vie à 60 ans, inspiré par le souvenir de mes entraînements solitaires dans les années 80. Les rayons en inox de mes roues brillaient dans le soleil matinal de la forêt de Rambouillet. Ces longues chevauchées solitaires me manquaient. Est-ce l’envie de revivre cette jeunesse qui m’a remis en selle ? Non, je ne pense pas. Je crois en fait que cette jeunesse ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui, ma pratique du vélo efface (pas totalement) les stigmates de l’âge et me donne cette fameuse énergie qui est l’expression de la jeunesse. Le vélo serait donc le trait d’union entre la recherche d’équilibre sur 2 roues de ma prime enfance et mon équilibre actuel qui m’inspire ces quelques lignes. Ce matin je me dis que c’est quand on ne croit plus en ses rêves que l’on abandonne sa jeunesse.
Ritchey est un des fabricants qui vient le premier à l’esprit quand on évoque le gravel. Et pour cause, puisque ce fabricant américain produit des cadres, des fourches et des cintres devenus des références pour notre pratique. Au regard de l’intérêt que vous avez porté à notre sélection Monster Gravel, j’ai souhaité tester le P29er. Selon le montage envisagé, ce vélo se veut l’interprétation Monster Gravel de Ritchey. Après plusieurs semaines d’essai, voici ce que j’en retiens. Photo de couverture – Jean-Alexis Duthoit.
Ritchey P29er : présentation de ce Monster Gravel
Chez le célèbre fabricant américain, le « P » signifie Project, et chaque modèle est une évolution de la vision de Tom Ritchey. Quand le 29″ commence à s’imposer dans le XC, Ritchey transpose l’esprit des P‑series dans un format moderne avec le P29. Le nouveau P‑29er n’est pas qu’une réédition nostalgique : c’est une version modernisée, qui, dans cette série Team Edition, se pare d’une magnifique peinture aux couleurs US.
Peinture Team Edition – photo Laurent Biger
On retrouve un cadre en acier Logic triple-butted fabriqué à Taïwan, traité thermiquement et soudé TIG, mais cette fois au standard Boost. Une géométrie modernisée et d’autres détails qui en font un cadre moderne à prix abordable, pour fourche rigide ou suspendue.
Cadre en acier Ritchey Logic triple-butted, traité thermiquement et soudé TIG – photos Laurent Biger
Le P29er est une évolution du P29 des années 2010, lui-même descendant des P-series : P21 → P23 → P20 → P29 → P29er. Voici en résumé les changements les plus marquants :
Élément
Ritchey P29
Ritchey P29er
Douille de direction
Droite 1″1/8
Conique (IS42/IS52)
Axe arrière (type et largeur)
QR 135 mm
BOOST 148 mm (traversant)
Pattes coulissantes
Oui (pour montage singlespeed)
Non
Passage de câble pour tige de selle télescopique
Non
Oui (interne)
Dimensions max. pneus
environ 29″ x 2.2″
environ 29″ x 2.3″
Seulement quatre inserts se répartissent sur ce cadre, permettant de fixer deux porte-bidons.
Le boîtier de pédalier est au format fileté BSA, ce qui est un bon point pour la simplicité de son entretien.
Les haubans se rejoignent haut sur le tube de selle, comme sur la plupart des cadres en acier de type VTT. Un peu plus haut, le collier de serrage de selle est typique de chez Ritchey. Parfaitement accessible, le serrage de la tige de selle de diamètre 27,2 mm s’effectue en confiance et avec efficacité.
Plus à l’arrière, on notera que le cadre n’est pas compatible avec le standard UDH. De ce fait, ce choix technique exclut la compatibilité avec les groupes SRAM de type T-Type / Full Mount (sans patte de dérailleur).
Pas d’interface UDH sur le Ritchey P29er – photo Jean-Alexis Duthoit
L’axe traversant est au format Boost de 148 × 12 mm. Par ailleurs, le support accueillant l’étrier de frein est au standard Post Mount.
Un cadre au standard Post Mount pour le système de freinage – photo Jean-Alexis Duthoit
Quant à la clearance (dégagement) qu’offre le P29er, Ritchey évoque un maximum de 29″ x 2,3″. Par ailleurs, le cadre peut tolérer un pédalier mono équipé d’un plateau de 38 dents maximum.
Ce pneu accuse pas moins de 60 mm de largeur, ce qui n’est pas sans conséquence puisque c’est très proche des bases du cadre – photo Laurent Biger
Mais, revenons à l’avant du vélo, pour découvrir une magnifique douille de direction conique qui accueille les roulements de direction. Enfin, vous aurez remarqué que l’ensemble du cheminement des gaines est externe, à l’exception de la partie finale du câblage destiné à actionner une éventuelle tige de selle télescopique.
Une douille conique qui arbore fièrement le logo du fabricant – photo Jean-Alexis Duthoit
La fourche Ritchey WCS Adventure : idéale pour un montage Monster Gravel
La douille de direction accueille une fourche intégralement en carbone. Elle est conçue autour d’un axe traversant au format Boost de 15 × 110 mm et d’un déport de 50 mm.
Une multitude d’inserts équipe cette fourche. Du côté du dégagement, elle peut accueillir des pneus de 29″ x 2,4″, et se pare d’une discrète sérigraphie Ritchey WCS.
On notera la possibilité de procéder à un cheminement interne d’un fil en provenance d’un moyeu dynamo. Comme le cadre, le support accueillant l’étrier de frein est au standard Post Mount. Cette fourche peut accueillir un disque de frein de 180 mm maximum.
Géométrie du Ritchey P29er
La géométrie de ce Ritchey P29er mérite que l’on s’y attarde, puisque nous sommes en présence d’un cadre de VTT XC. Aussi, plusieurs constats se dressent à nous.
En premier lieu, la longueur des bases est dans la moyenne haute de la catégorie : 440 mm. Puis, on constate que Ritchey a fait le choix de conserver un angle de direction digne d’un VTT XC un peu daté (69,5 °). Quant au reach, il reste mesuré, mais finalement cohérent dans l’univers XC. Même remarque pour le boîtier de pédalier, qui est positionné haut pour favoriser le franchissement.
Équipements de ce Ritchey P29er
Tout d’abord, je vous rappelle que Ritchey ne commercialise pas de vélo complet, seulement des kits cadre. Aussi, ce qui va suivre a simplement vocation à informer du contexte technique de ce test.
Groupe Shimano GRX & SLX/XT
Sur le plan de la transmission et du freinage, c’est Shimano qui équipe ce Ritchey P29er. Ce groupe mécanique 12 vitesses est de la série GRX RX610 et RX820, mais associé à un pédalier, une cassette et des étriers de la gamme VTT de Shimano (SLX et XT).
Les roues sont les 988 WHS du fabricant Miche, qui accusent environ 1600 g sur la balance. Ces roues ont un profil asymétrique, sont sans crochet et d’une largeur interne de 28 mm.
Quant à la monte pneumatique, Vittoria équipe ce Monster Gravel avec des Mezcal en 29″ x 2,25″. Mais, pour l’avoir mesuré monté sur la jante précitée, ce pneu accuse pas moins de 60 mm de largeur, ce qui n’est pas sans conséquence puisque c’est très proche des bases du cadre.
Périphériques
On retrouve sous les mains un cintre en aluminium Ritchey Corralitos d’une largeur de 440 mm. Un cintre doté d’un important flare (24 °), qui offre un excellent contrôle dans les descentes.
À l’opposé se trouve une tige de selle en aluminium Ritchey Comp Zero Seatpost. Là-dessus se dresse une selle San Marco Mantra d’une largeur de 154 mm. Pour finir cette présentation, le poids de cet exemplaire en taille M est de 10kg. Cela en fait une belle surprise compte tenu du cadre en acier.
Un vélo finalement assez léger – photo Laurent Biger
Le Monster Gravel Ritchey P29er à l’épreuve du terrain
En premier lieu, après avoir reporté mes réglages habituels, je constate une position agréable et polyvalente. Il est vrai que le reach est moins important que celui de certaines machines de XC contemporaines, à la géométrie bien plus agressive.
Une position qui favorise la polyvalence – photo Jean-Alexis Duthoit
Dans un second temps, mes premières sorties laissent apparaitre une belle filtration du cadre. Le triangle arrière filtre particulièrement bien les irrégularités, certes en étant bien aidé par les larges pneumatiques.
Un cadre qui offre un confort appréciable – photo Jean-Alexis Duthoit
C’est gage de confort, mais aussi de motricité quand le terrain se dégrade.
Un triangle arrière qui filtre bien, propice au confort et à la motricité – photo Jean-Alexis Duthoit
Cette caractéristique se confirmera au fil d’une belle randonnée sur la montagne de la Sainte-Victoire, à l’occasion des 10 ans de notre magazine :
Les sorties suivantes se sont étalées courant avril sur le massif des Maures ; avec une alternance de sorties courtes et techniquement engagées et de randonnées plus longues. J’aime alterner les terrains de jeux pour essayer d’être le plus objectif possible quant au vélo utilisé. Dans le cas présent, le plaisir fut, dans toutes les situations, au rendez-vous.
Le cintre permet de trouver des positions efficaces quand il faut forcer l’allure – photo Jean-Alexis Duthoit
En effet, que ce soit sur des single tracks pas toujours roulants ou sur de longues ascensions, le Ritchey P29er se révèle efficace, tout en étant ludique. Même au bout de 6 h, 100 km et 2100 m de D+, le poids (contenu) et le gabarit du Ritchey P29er ne sont pas une gêne. Au contraire, son confort devient un atout certain pour réduire la fatigue de son pilote !
Old School mais loin d’être dépassé
Derrière ce look qui évoque la nostalgie se cache un cadre plutôt contemporain. Ainsi, ce vélo est facile à prendre en main. Nul besoin d’être un pilote pour l’emmener efficacement sur les pistes et les sentiers. Si bien que son pilotage devient rapidement instinctif.
Ritchey P29ER – photo Jean-Alexis Duthoit
Notamment grâce à un subtil compromis entre tolérance et rigueur, à l’image des relances à son guidon, suffisamment efficientes. En descente, le Ritchey P29er est relativement prévisible, jamais piégeur.
Ludique, le Ritchey P29ER est facile à piloter dans les single track – photo Jean-Alexis Duthoit
Certes, il ne peut rivaliser avec certains cadres XC modernes dans les descentes les plus techniques. Mais, est-ce véritablement important dans le cas présent d’un montage en Monster Gravel ?
Quid de sa fourche rigide ?
Le pivot de direction conique apporte précision et intégration des roulements. Mais, cette précision dans le comportement de ce Ritchey P29er est également à mettre au crédit de la fourche Ritchey Adventure WCS.
Une fourche précise, qui facilite le placement du vélo – photo Jean-Alexis Duthoit
Concevoir une fourche rigide destinée à ce type de cadre n’est jamais simple. J’ai pu le constater au fil de mes essais : certaines sont certes confortables, mais trop imprécises. Alors qu’à l’opposé, certaines fourches seront précises mais excessivement rigides, rendant l’expérience de pilotage trop inconfortable.
L’excellent comportement de ce Ritchey P29er est également à mettre au crédit de la fourche Ritchey Adventure WCS – photo Jean-Alexis Duthoit
Fort de son expérience en la matière, le fabricant américain semble parfaitement maitriser son sujet. Ainsi, cette fourche m’apparaît comme le parfait compromis entre confort et rigidité. Même sur de puissants freinages, aucun dribble ne vient perturber le pilote. Pour autant, la filtration des vibrations qu’offre intrinsèquement cette fourche est suffisante. Assurément, une des meilleures fourches rigides que j’ai pu essayer jusqu’à présent.
Pour conclure sur ce Monster Gravel Ritchey P29er
Vous l’aurez sûrement déjà compris en lisant ce test, j’ai pris beaucoup de plaisir au guidon de ce vélo. Il faut dire que ce Ritchey P29er donne satisfaction dans un vaste domaine d’utilisation. Mieux, la plupart du temps, il donne même le sourire. Ludique et néanmoins efficace, Ritchey confirme – une nouvelle fois – son expertise dans le domaine des cadres en acier et des fourches. Héritier d’une longue lignée au glorieux passé, le P29er est sans aucun doute digne de ses illustres ainés.
Ritchey P29er – photo Jean-Alexis Duthoit
Caractéristiques et tarif
Cet exemplaire se base sur le cadre Ritchey P29er, avec des équipements choisis sur le site du fabricant. Tarifs et liens pour les caractéristiques ci-dessous :
Voilà un P29ER dans son pur esprit MTB – photo Massacan
Un vélo assemblé au Rifugio
Ce Ritchey a été assemblé par le Rifugio, que certains connaissent peut-être déjà à travers la marque Massacan. Voici quelques mots de l’équipe de passionnés qui en est à l’origine. « Nous avons ouvert en septembre 2024 dans une ancienne épicerie en centre-ville de Nice, près de la place du Pin.
Une équipe de passionnés – photo Massacan
C’est ici que nous travaillons, et que nous développons, entre autres, la marque Massacan. Ritchey s’est imposée comme une évidence : presque tous les montages de Massacan sont équipés de périphériques Ritchey.
Ritchey occupe une belle place au Rifugio – photo Massacan
Nous sommes ainsi devenus Certified Ritchey Assembler afin de proposer également des cadres différents. Ainsi, n’importe qui peut nous commander un Montebello, un Outback, etc.»
Samedi 23 mai aura lieu la quatrième manche du challenge Gravel’Tour Wish One. Après les Monts du Lyonnais le 12 avril, la gravel Sud Bourgogne le 26 avril et la Lozérienne cette nouvelle épreuve nous transporte à Laissac en Aveyron. Pour parler de cette étape, j’ai appelé un des organisateurs : Pierre Boyer. Participer à une course du Challenge, c’est aussi une façon de découvrir l’Aveyron, qui ne manque pas d’attraits pour les sportifs qui aiment pratiquer le vélo dans un environnement naturel.
Cette année, ce sera la 34ème édition du Roc Laissagais. Cette organisation revendique une aura internationale depuis 2008, édition qui a vu la victoire de Julien Absalon, alors champion du Monde. En 2011, le Roc organisait le championnat de France marathon et le championnat du Monde VTT Marathon en 2016 et 2023… Autant dire que sur le Roc, on sait organiser des épreuves importantes et les participants apprécieront la qualité des épreuves proposées.
Rendez-vous en Aveyron
Laissac est une ville étape touristique et agricole de 2000 habitants. “Laissac est connu bien au-delà du vélo. C’est ici que se tient le plus gros marché aux bestiaux de France“, me dit Pierre.
Le challenge Gravel’Tour Wish One
Les 9 épreuves du challenge version ultimate qui vont compter pour le classement final
En plein développement des épreuves de gravel, le Challenge Gravel’Tour Wish One est devenu en quelques années une référence en France. Avec ses 9 étapes, il assure une animation annuelle sur un calendrier qui s’étale d’avril à octobre. Deux parcours sont proposés à chaque date en mode rando ou chrono. Au terme du challenge, des titres seront décernés aux meilleurs.
J’appelle Pierre Boyer, organisateur et une “référence” en matière de VTT depuis ses débuts dans cette discipline avec notamment 36 participations au Roc d’Azur.
Écoutez le podcast de notre échange
Le gravel est arrivé au programme du Roc Laissagais en 2020, en pleine période covid. “Nous avons organisé une épreuve connectée…“, explique Pierre. Les concurrents pouvaient télécharger la trace. Ils la faisaient et envoyaient leurs résultats qui étaient enregistrés sur le site pour établir le classement. “Ça nous a permis de démarrer…“. La création du Roc Laissagais est inspirée de celle du Roc d’Azur, mais il existe bien un Roc ici aussi : il s’agit du Roc de la Fage. Pierre souligne que le Roc Laissagais a organisé des courses internationales qui ont forgé l’expérience des organisateurs. Laissac est une ville vélo : le Tour de France l’a choisie comme ville départ en 2017.
Photo Roc Laissagais
“On propose chaque année des parcours différents...”, me dit Pierre. Le dépaysement se prête à la pratique du gravel avec un choix de pistes important. La première année, il y avait une centaine de participants et depuis ça progresse régulièrement : “On ne court pas après le nombre, on préfère la qualitéet on doit veiller à la sécurité“. Pierre, en bon Aveyronnais, est heureux que ce soit Wish One, société basée à Millau, qui soit le partenaire de ce challenge.
À Fréjus, loin des grandes capitales industrielles du cycle, Ekoï a construit son histoire à contre-courant. Ici, pas de réseau de distribution traditionnel, ni de discours élitiste. La marque s’est développée en ligne, au contact direct des cyclistes, avec une idée simple : proposer des équipements techniques accessibles sans renoncer à la performance. (Le show room de Fréjus – photo Colin Gosse)
À l’origine de cette trajectoire, un entrepreneur au profil atypique, Jean-Christophe Rattel, qui a fait très tôt le pari d’un modèle différent. Un pari qui, au fil des années, a conduit Ekoï des ventes sur internet jusqu’aux routes du peloton professionnel.”La création de la marque Ekoï c’est un peu l’aboutissement de mon passage dans le monde du vélo. J’ai débuté chez l’Oréal et après j’ai été chez MBK. Ensuite j’ai été manager pour la France de Vetta : c’était des compteurs, des casques, des lunettes, des selles… Ekoï c’est quand même 15 ans dans le vélo avant.“
Une marque née d’une intuition
Ekoï vend 200 000 casques chaque année – photo Colin Gosse
Quand Jean-Christophe Rattel lance Ekoï, le marché du cyclisme fonctionne encore largement selon des circuits traditionnels. Les marques passent par des distributeurs, les prix s’envolent et l’accès à certains produits reste limité. Lui, choisit une autre voie. Vendre en direct, maîtriser les prix, dialoguer avec les utilisateurs. Une stratégie qui peut sembler évidente aujourd’hui, mais qui reste marginale à l’époque. Cette approche permet à Ekoï de construire rapidement une base de clients fidèles, attirés par ce positionnement différent. “Quand on a créé le site en 2008 on a mis des produits en vente et ça s’est vite enchaîné on est passé de 50000 à 1,5 million d’eurosde chiffre d’affaires en deux ans.” En 2010, Jean-Christophe arrête alors de travailler avec les grandes chaînes de sport comme Decathlon, Go Sport, Intersport pour se lancer seul sur sa marque qui avait pris son envol.
Derrière cette stratégie, il y a une conviction : le cycliste n’a pas forcément besoin de payer plus cher pour accéder à un produit technique.
Construire une marque sans passer par les circuits classiques
Un petit air d’Amazon dans le stock d’Ekoï situé à Puget-sur-Argens – Photo Colin Gosse
Ça s’est passé, car les clients nous l’ont demandé…
Jean-Christophe Rattel
Ce choix du direct façonne profondément l’ADN d’Ekoï. La marque développe son image sans boutique physique, sans intermédiaire, en s’appuyant sur le digital et le retour des utilisateurs. Ce lien direct devient un outil de développement. Il permet d’ajuster les produits, de tester des idées, mais aussi de construire une relation différente avec les cyclistes. Progressivement, la gamme s’étoffe : casques, lunettes, textile… Ekoï ne se limite plus à un produit, mais construit un univers complet autour du cycliste.
Le tournant du peloton professionnel
Les équipes pros, c’est notre service de R&D…
Jean-Christophe Rattel
Il y a un moment clé dans cette trajectoire : l’entrée dans le cyclisme professionnel. En équipant des équipes comme Israel–Premier Tech ou Arkéa–B&B Hotels, Ekoï change de dimension. La marque ne se contente plus d’être une alternative accessible, elle s’expose au plus haut niveau. Ekoï accompagne des équipes World Tour comme Lotto Intermarché, NSN Cycling Team, XDS Astana. Elle est présente également auprès de nombreuses équipes du circuit Pro & Continental, ainsi que d’autres équipes dans d’autres disciplines. Voir la page sponsoring de la marque.
Le maillot de l’équipe Word Tour NSN – photo Colin Gosse
Ce choix répond à plusieurs objectifs. Il renforce la crédibilité, bien sûr, mais il permet aussi de tester les produits dans des conditions extrêmes. Le peloton devient un laboratoire. Pour autant, Ekoï ne renonce pas à son positionnement initial. La marque continue de s’adresser à un public large, tout en gagnant en légitimité.
Binian Girmay de l’équipe NSN qui sera sur le Tour de France – photo équipe NSN
Entre accessibilité et performance
C’est sans doute l’un des équilibres les plus intéressants chez Ekoï. D’un côté, une image de marque accessible, construite sur le rapport qualité/prix. De l’autre, une présence au plus haut niveau, avec des athlètes qui recherchent la performance.
La performance rendue accessible par l’innovation – photos Colin Gosse
Cette dualité pourrait apparaître contradictoire. Elle devient en réalité un élément structurant. Ekoï ne cherche pas à devenir une marque élitiste, mais à rendre la performance plus accessible. Un positionnement qui tranche avec certains codes du marché.
L’évolution des pratiques, du quotidien au gravel
Le cyclisme a changé. Les usages se diversifient : mobilité quotidienne, vélo d’aventure, gravel, longues distances. Ekoï observe ces évolutions et adapte progressivement ses produits. Le gravel, notamment, introduit de nouvelles contraintes : confort, polyvalence, gestion des conditions météo, durabilité.
Équipements gravel développés avec le cycliste aventurier Axel Carion et présentés par les chefs de produits – photos Colin Gosse
Dans ce contexte, l’équipement ne se limite plus à la performance pure. Il doit accompagner des pratiques hybrides, parfois éloignées de la compétition.
Une marque qui continue de tracer sa route
Une route avec un peu plus de 80 employés, des clients fidélisés, des ambassadeurs champions – photos Colin Gosse
On vend plus de 200 000 casques par an…
Jean-Christophe Rattel
En visitant les locaux de Ekoï à Fréjus, on comprend que la marque reste fidèle à son idée de départ : avancer sans forcément suivre les standards du secteur. On a pu voir le SAV multilingues, la customisation des produits : casque, lunettes, chaussures. Le lieu de stockage qui reçoit les livraisons est une vraie cathédrale de cartons remplie de produits.
Le modèle direct, longtemps considéré comme marginal, s’est imposé. La présence dans le peloton a renforcé la crédibilité. Et la marque continue d’explorer de nouveaux terrains, entre performance et usages plus ouverts.
Le podcast avec Jean-Christophe Rattel
L’avis de Bike Café
Une autre lecture du cyclisme
L’histoire d’Ekoï raconte finalement autre chose qu’une simple réussite entrepreneuriale. Elle illustre une transformation du cyclisme lui-même. Un sport qui s’ouvre, qui se diversifie, et où les frontières entre amateur et professionnel, entre performance et plaisir, deviennent plus floues. Dans ce paysage en mouvement, Ekoï occupe une place à part. Ni totalement outsider, ni complètement institutionnelle. Juste une marque qui, depuis Fréjus, continue de tracer sa propre ligne.
Nous sommes revenus de Fréjus impressionnés par la simplicité et le parler juste de Jean-Christophe Rattel qui nous a reçu. Merci également à ses collaborateurs qui nous ont accordé de leur temps, pour nous dévoiler les coulisses de leur belle entreprise.
Après avoir dévoilé l’Endurace CFR sur les pavés des Classiques flandriennes juste avant Paris-Roubaix, CANYON décline désormais son ADN sur les nouveaux modèles CF SLX et CF. Entre intégration aéro, stockage malin et pneus de 38 mm, la famille est désormais complète.
La famille CANYON Endurace enfin au complet – photo CANYON
Le vélo d’endurance moderne ne se contente plus d’être confortable. Il doit être rapide, technique et capable de s’affranchir des frontières du bitume. On se souvient avoir vu l’Endurace CFR s’illustrer sur les secteurs pavés au printemps dernier : aujourd’hui, cette technologie héritée de la course devient accessible au plus grand nombre.
Canyon Endurace CF SLX 2026 : l’ADN des Classiques pour tous
L’Endurace CF SLX n’est pas qu’une simple déclinaison. C’est une plateforme qui hérite directement des tests grandeur nature effectués par les pros sur les Classiques.
CANYON Endurace CF SLX aussi à l’aise dans les Flandres qu’à Mallorque – photo CANYON
Une aéro héritée de la course
Ce nouveau modèle puise son inspiration aérodynamique chez son grand frère l’Aeroad, pour prétendre fendre l’air avec efficacité.
En soufflerie, il affiche une traînée de seulement 209 watts, une performance qui le place devant bien des vélos de pur sprint d’ancienne génération.
Toutefois, la géométrie a été ajustée pour l’endurance : le stack a été augmenté et le reach diminué.
Cette position légèrement plus relevée et confortable est l’assurance selon CANYON de pouvoir tenir toute la journée en selle avec une efficacité maximale face au vent.
Rangement LOAD : L’épuration totale
C’est la nouveauté pratique et dorénavant très répandue : le système LOAD. Une trappe intégrée dans le tube diagonal permet de loger l’outillage comme le CO2 ou un multi-outils. Finies, la sacoche de selle qui ballotte ou les poches du jersey remplies. Tout est centré et caché, préservant l’esthétique épurée du cadre en carbone.
Même la douille direction est épurée, évidée même – photo CANYON
Ergonomie et confort : Les détails qui comptent
CANYON a soigné les points de contact, un aspect crucial pour l’expérience utilisateur :
Filtration VCLS : Que ce soit la nouvelle tige de selle aéro VCLS Comfort sur le SLX (ci contre) ou la légendaire VCLS 2.0 à lames sur le CF, l’absorption des chocs est au cœur du concept.
Manivelles courtes : Le passage à des manivelles de 165 mm sur la taille M (au lieu de 172,5) permet de réduire les contraintes articulaires et de fluidifier le pédalage.
La liberté des 38 mm
C’est le point de convergence entre l’endurance et le All-Road.
Avec un dégagement permettant de monter des pneus de 38 mm, l’Endurace devient un véritable couteau suisse.
Pneus fins pour une sortie club rapide, ou sections larges pour explorer les pistes forestières et les routes blanches.
Le CANYON Endurace ne devrait vous imposer aucune limite de terrain.
Endurace CF : entrée de gamme à 1000 grammes
Pour ceux qui privilégient le rapport poids/prix, l’Endurace CF propose un cadre sous les 1000 grammes. S’il fait l’impasse sur le rangement interne, il gagne des fixations top tube pour sacoches vissées, parfaites pour le bikepacking léger ou les épreuves de longue distance.
L’avis de Bike Café
Canyon réussit le grand écart ! En s’appuyant sur l’aura de l’Endurace CFR vu sur les pavés du Nord, la marque propose deux versions qui incarnent parfaitement le vélo de route moderne : rapide sur l’asphalte et serein quand la route se dégrade. Je ne sais pas vous, mais moi, le CANYON Endurace CF SLX 2026, j’en ferais bien mon “daily” pour aller travailler… une façon très personnelle de concevoir le commuting !
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